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«L’Église est nulle en communication». On l’entend souvent, ça. L’Église est nulle en communication. Non seulement on l’entend souvent, mais on se prend aussi à le penser nous-mêmes à force de l’entendre sur France-Info, au journal de 20 heures ou quelque autre breuvage du même tonneau. L’Église est nulle en communication! Ça ne date pas d’hier ce problème, à en juger par l’évangile de ce jour. Eh quoi! Si nous faisons le compte des valeurs chrétiennes qui ont encore la cote dans notre monde post-chrétien, deux doigts suffisent: il y a l’amour, et il y a la paix. Eh bien, ça y est, on peut rayer la paix de la liste. Voici en effet ce que nous venons d’entendre de la bouche du Seigneur Jésus Lui-même:

«Vous pensez que je suis venu donner la paix sur la terre? Je vous le dis, non pas la paix, mais la séparation». «Je suis venu pour envoyer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé!» Et ce que rapporte saint Matthieu est encore plus clair: «Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive.»

Vous voyez déjà les gros titres: «Jésus-Christ: le mot de trop»; «Jésus-Christ dérape: malaise chez les chrétiens»; «Jésus-Christ, incendiaire et va-t-en-guerre». Et tous nos bons spécialistes de faire des émissions spéciales sur les problèmes de communication de Jésus-Christ. Et ça c’est énorme. C’est énorme parce que Jésus-Christ n’est pas n’importe qui. Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu par qui le monde a été fait, Celui par qui toutes les richesses de Dieu nous sont communiquées. Il est la communication en personne. Autrement dit, croire que Jésus-Christ a un problème de communication, c’est à peu près aussi idiot que de penser que le soleil a un problème de luminosité. Ce n’est pas notre Seigneur qui a un problème de communication, c’est nous qui avons un problème de réception. Essayons donc d’ajuster nos cœurs à ce qu’il veut nous dire.

Et tout d’abord il y a un lien étroit entre le Seigneur Jésus et la paix. Isaïe prophétisait la venue du «Prince de la Paix» (Is 9,5), au jour de sa naissance les anges célèbrent la paix pour les hommes qui aiment Dieu, le Christ lui-même dit à ses disciples à l’heure de sa mort: «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix» (Jn 14,27), et quand il les retrouvera après la résurrection, il les saluera par un: «La paix soit avec vous» (Jn 20,26).

Cependant, le Christ nous en avertit: «Je vous donne ma paix, cependant je ne vous la donne pas comme le monde la donne». Qu’est-ce que veut dire Jésus? quelle est cette paix qu’il vient nous donner à sa manière à lui et non à la manière du monde? C’est justement ce que nous explique l’évangile de ce jour. Et pour le comprendre, il faut se poser trois questions: 1. Que veut dire et que veut faire Jésus? 2. Comment donne-t-il sa paix? 3. À qui donne-t-il sa paix?

La réponse à ces trois questions tient en une phrase: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui. Détaillons cela.

1. Que veut dire et que veut faire Jésus?

Il n’est pas si fréquent que Jésus nous dévoile le fond de son cœur. Et là, il le fait. «Je suis venu pour porter le feu et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé». Jésus est tout tendu par ce désir, il est comme un barrage de montagne qui contient avec peine toute l’eau qu’il retient. Il en est comme «oppressé» nous confie-t-il. Il a une richesse intérieure qu’il veut communiquer et qui bouleversera le monde comme un feu.

Cette richesse intérieure, cette richesse qu’il possède en lui-même, c’est la vie de Dieu, cette unité et cette paix infiniment parfaites des personnes divines entre elles. Et les deux images qu’il emploie sont très instructives: «Je suis venu apporter le feu» rapporte saint Luc; «Je suis venu apporter le glaive» rapporte Matthieu. Le glaive, dans le langage de Dieu, c’est la Parole, parce que la Parole fait la lumière, elle tranche sans bavure entre la vie et les ténèbres, elle sépare, elle distingue, elle met de l’ordre dans l’univers. Le glaive de la Parole vient aussi dans les jointures de l’âme séparer la vie du péché. Et cette Parole, c’est le Christ, le Verbe de Dieu. Quant au feu, dans le langage de Dieu il désigne l’Esprit-Saint, qui enflamme les cœurs du désir des biens éternels et de la charité de Dieu.

Quand Jésus dit qu’il est venu apporter le glaive et le feu, il nous parle donc de ce don du Verbe et de l’Esprit-Saint, de cette communication que les personnes divines font d’elles-mêmes. Le Christ, Verbe de Dieu, vient à nous pour se donner et nous donner l’Esprit-Saint qui est, dit saint Paul, vie et paix (cf. Rm 8,6).

Je le redis donc: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

2. Comment Jésus communique-t-il sa paix?

Dans notre évangile, avons-nous dit, Jésus exprime le fond de son cœur, ce désir de se communiquer et de communiquer l’Esprit-Saint, en deux phrases: «Je suis venu jeter un feu sur la terre» et «Je dois être baptisé d’un baptême» qui est une annonce de sa mort sur la Croix. Le baptême et le feu. Le baptême où le corps submergé un temps par la mort ressurgit à la vie, et le feu qui est cette vie de l’Esprit-Saint que les eaux de la mort ne peuvent atteindre.

C’est sur la Croix, de son côté laissant couler l’eau et le sang, que le Christ déverse son cœur sur le monde, que le barrage s’ouvre en grand et répand la richesse qu’il tenait en réserve. «Dieu nous a réconciliés par la Croix de son Fils» dira saint Paul. Autrement dit, il nous a apporté la Paix de Dieu (cf. Rm 5,1).

Il y a bien une violence dans la manière qu’a Jésus de communiquer la paix de Dieu, quelque chose du glaive et du feu. Mais cette violence, celle de la résistance du péché à la séparation par le glaive, c’est Jésus qui la prend sur lui. Il la laisse venir à lui pour trancher les chaînes du mal. «En sa chair, il a détruit la haine» (Eph 2,14).

Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

3. À qui Jésus donne-t-il sa paix?

Le Seigneur Jésus est le glaive de la Parole venu répandre le feu de l’Esprit-Saint sur la terre. Rencontrer le Christ sur les chemins de Palestine revenait donc à se heurter au tranchant d’un glaive: «Je suis la Résurrection, dit-il à Marthe. Le crois-tu?» (Jn 11,25). Le crois-tu, oui ou non? Par la venue du Verbe sur terre s’opérait donc une séparation entre les hommes, entre ceux qui l’accueillaient et ceux qui ne voulaient pas l’accueillir: «Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.» (Jn 1,11). À ceux qui, rencontrant le Christ, refusaient de croire, la paix du Christ ne pouvait être donnée. Au contraire, celui qui croyait acceptait que l’œuvre du glaive et du feu s’accomplisse dans sa vie. Et le Christ pouvait lui dire: «Ta foi t’a sauvé. Vas en paix» (Lc 8,48). La paix du Christ se communique à ceux qui croient en lui, c’est-à-dire à ceux qui ouvrent leur cœur au glaive de la Parole et au feu de l’Esprit. Jésus «nous comble de joie et de paix dans la foi» dit saint Paul (Rm 15,13).

C’est cette expérience que nous fait revivre la célébration de l’eucharistie après la consécration: l’Église, offrant à son Dieu le sacrifice de la Croix, lui demande de répandre sa paix sur le monde. Et juste avant la communion, le geste de paix nous invite à prendre part à cette grande œuvre de communication de la paix. Donner à son voisin, à son prochain, la paix du Christ, ce n’est pas faire lui un bisou ou lui tendre une main molle, c’est le faire entrer dans le grand flot de la paix qui s’épanche du côté du Christ, c’est l’inviter à accueillir dans sa vie le glaive et le feu.

Alors, l’Église à-t-elle un problème de communication? Pour ceux qui ne croient pas, pour ceux qui n’ont pas accueilli le glaive de la Parole, il en sera toujours de même: le Christ restera un signe de contradiction, et l’Église une institution dont la communication qui ne passe pas. Mais pour ceux qui croient au Christ, qui désirent la paix de Dieu, qui ont reçu dans leur cœur le glaive et le feu et qui s’ouvrent à leur action, l’Église c’est le lieu même de la communication, une entreprise obstinée de communication de la vie divine jusqu’aux confins de la terre et des cœurs.

«L’Église est nulle en communication». On l’entend souvent, ça. L’Église est nulle en communication. Non seulement on l’entend souvent, mais on se prend aussi à le penser nous-mêmes à force de l’entendre sur France-Info, au journal de 20 heures ou quelque autre breuvage du même tonneau. L’Église est nulle en communication! Ça ne date pas d’hier ce problème, à en juger par l’évangile de ce jour. Eh quoi! Si nous faisons le compte des valeurs chrétiennes qui ont encore la cote dans notre monde post-chrétien, deux doigts suffisent: il y a l’amour, et il y a la paix. Eh bien, ça y est, on peut rayer la paix de la liste. Voici en effet ce que nous venons d’entendre de la bouche du Seigneur Jésus Lui-même:

«Vous pensez que je suis venu donner la paix sur la terre? Je vous le dis, non pas la paix, mais la séparation». «Je suis venu pour envoyer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé!» Et ce que rapporte saint Matthieu est encore plus clair: «Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive.»

Vous voyez déjà les gros titres: «Jésus-Christ: le mot de trop»; «Jésus-Christ dérape: malaise chez les chrétiens»; «Jésus-Christ, incendiaire et va-t-en-guerre». Et tous nos bons spécialistes de faire des émissions spéciales sur les problèmes de communication de Jésus-Christ. Et ça c’est énorme. C’est énorme parce que Jésus-Christ n’est pas n’importe qui. Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu par qui le monde a été fait, Celui par qui toutes les richesses de Dieu nous sont communiquées. Il est la communication en personne. Autrement dit, croire que Jésus-Christ a un problème de communication, c’est à peu près aussi idiot que de penser que le soleil a un problème de luminosité. Ce n’est pas notre Seigneur qui a un problème de communication, c’est nous qui avons un problème de réception. Essayons donc d’ajuster nos cœurs à ce qu’il veut nous dire.

Et tout d’abord il y a un lien étroit entre le Seigneur Jésus et la paix. Isaïe prophétisait la venue du «Prince de la Paix» (Is 9,5), au jour de sa naissance les anges célèbrent la paix pour les hommes qui aiment Dieu, le Christ lui-même dit à ses disciples à l’heure de sa mort: «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix» (Jn 14,27), et quand il les retrouvera après la résurrection, il les saluera par un: «La paix soit avec vous» (Jn 20,26).

Cependant, le Christ nous en avertit: «Je vous donne ma paix, cependant je ne vous la donne pas comme le monde la donne». Qu’est-ce que veut dire Jésus? quelle est cette paix qu’il vient nous donner à sa manière à lui et non à la manière du monde? C’est justement ce que nous explique l’évangile de ce jour. Et pour le comprendre, il faut se poser trois questions: 1. Que veut dire et que veut faire Jésus? 2. Comment donne-t-il sa paix? 3. À qui donne-t-il sa paix?

La réponse à ces trois questions tient en une phrase: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui. Détaillons cela.

1. Que veut dire et que veut faire Jésus?

Il n’est pas si fréquent que Jésus nous dévoile le fond de son cœur. Et là, il le fait. «Je suis venu pour porter le feu et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé». Jésus est tout tendu par ce désir, il est comme un barrage de montagne qui contient avec peine toute l’eau qu’il retient. Il en est comme «oppressé» nous confie-t-il. Il a une richesse intérieure qu’il veut communiquer et qui bouleversera le monde comme un feu.

Cette richesse intérieure, cette richesse qu’il possède en lui-même, c’est la vie de Dieu, cette unité et cette paix infiniment parfaites des personnes divines entre elles. Et les deux images qu’il emploie sont très instructives: «Je suis venu apporter le feu» rapporte saint Luc; «Je suis venu apporter le glaive» rapporte Matthieu. Le glaive, dans le langage de Dieu, c’est la Parole, parce que la Parole fait la lumière, elle tranche sans bavure entre la vie et les ténèbres, elle sépare, elle distingue, elle met de l’ordre dans l’univers. Le glaive de la Parole vient aussi dans les jointures de l’âme séparer la vie du péché. Et cette Parole, c’est le Christ, le Verbe de Dieu. Quant au feu, dans le langage de Dieu il désigne l’Esprit-Saint, qui enflamme les cœurs du désir des biens éternels et de la charité de Dieu.

Quand Jésus dit qu’il est venu apporter le glaive et le feu, il nous parle donc de ce don du Verbe et de l’Esprit-Saint, de cette communication que les personnes divines font d’elles-mêmes. Le Christ, Verbe de Dieu, vient à nous pour se donner et nous donner l’Esprit-Saint qui est, dit saint Paul, vie et paix (cf. Rm 8,6).

Je le redis donc: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

2. Comment Jésus communique-t-il sa paix?

Dans notre évangile, avons-nous dit, Jésus exprime le fond de son cœur, ce désir de se communiquer et de communiquer l’Esprit-Saint, en deux phrases: «Je suis venu jeter un feu sur la terre» et «Je dois être baptisé d’un baptême» qui est une annonce de sa mort sur la Croix. Le baptême et le feu. Le baptême où le corps submergé un temps par la mort ressurgit à la vie, et le feu qui est cette vie de l’Esprit-Saint que les eaux de la mort ne peuvent atteindre.

C’est sur la Croix, de son côté laissant couler l’eau et le sang, que le Christ déverse son cœur sur le monde, que le barrage s’ouvre en grand et répand la richesse qu’il tenait en réserve. «Dieu nous a réconciliés par la Croix de son Fils» dira saint Paul. Autrement dit, il nous a apporté la Paix de Dieu (cf. Rm 5,1).

Il y a bien une violence dans la manière qu’a Jésus de communiquer la paix de Dieu, quelque chose du glaive et du feu. Mais cette violence, celle de la résistance du péché à la séparation par le glaive, c’est Jésus qui la prend sur lui. Il la laisse venir à lui pour trancher les chaînes du mal. «En sa chair, il a détruit la haine» (Eph 2,14).

Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

3. À qui Jésus donne-t-il sa paix?

Le Seigneur Jésus est le glaive de la Parole venu répandre le feu de l’Esprit-Saint sur la terre. Rencontrer le Christ sur les chemins de Palestine revenait donc à se heurter au tranchant d’un glaive: «Je suis la Résurrection, dit-il à Marthe. Le crois-tu?» (Jn 11,25). Le crois-tu, oui ou non? Par la venue du Verbe sur terre s’opérait donc une séparation entre les hommes, entre ceux qui l’accueillaient et ceux qui ne voulaient pas l’accueillir: «Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.» (Jn 1,11). À ceux qui, rencontrant le Christ, refusaient de croire, la paix du Christ ne pouvait être donnée. Au contraire, celui qui croyait acceptait que l’œuvre du glaive et du feu s’accomplisse dans sa vie. Et le Christ pouvait lui dire: «Ta foi t’a sauvé. Vas en paix» (Lc 8,48). La paix du Christ se communique à ceux qui croient en lui, c’est-à-dire à ceux qui ouvrent leur cœur au glaive de la Parole et au feu de l’Esprit. Jésus «nous comble de joie et de paix dans la foi» dit saint Paul (Rm 15,13).

C’est cette expérience que nous fait revivre la célébration de l’eucharistie après la consécration: l’Église, offrant à son Dieu le sacrifice de la Croix, lui demande de répandre sa paix sur le monde. Et juste avant la communion, le geste de paix nous invite à prendre part à cette grande œuvre de communication de la paix. Donner à son voisin, à son prochain, la paix du Christ, ce n’est pas faire lui un bisou ou lui tendre une main molle, c’est le faire entrer dans le grand flot de la paix qui s’épanche du côté du Christ, c’est l’inviter à accueillir dans sa vie le glaive et le feu.

Alors, l’Église à-t-elle un problème de communication? Pour ceux qui ne croient pas, pour ceux qui n’ont pas accueilli le glaive de la Parole, il en sera toujours de même: le Christ restera un signe de contradiction, et l’Église une institution dont la communication qui ne passe pas. Mais pour ceux qui croient au Christ, qui désirent la paix de Dieu, qui ont reçu dans leur cœur le glaive et le feu et qui s’ouvrent à leur action, l’Église c’est le lieu même de la communication, une entreprise obstinée de communication de la vie divine jusqu’aux confins de la terre et des cœurs.

«L’Église est nulle en communication». On l’entend souvent, ça. L’Église est nulle en communication. Non seulement on l’entend souvent, mais on se prend aussi à le penser nous-mêmes à force de l’entendre sur France-Info, au journal de 20 heures ou quelque autre breuvage du même tonneau. L’Église est nulle en communication! Ça ne date pas d’hier ce problème, à en juger par l’évangile de ce jour. Eh quoi! Si nous faisons le compte des valeurs chrétiennes qui ont encore la cote dans notre monde post-chrétien, deux doigts suffisent: il y a l’amour, et il y a la paix. Eh bien, ça y est, on peut rayer la paix de la liste. Voici en effet ce que nous venons d’entendre de la bouche du Seigneur Jésus Lui-même:

«Vous pensez que je suis venu donner la paix sur la terre? Je vous le dis, non pas la paix, mais la séparation». «Je suis venu pour envoyer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé!» Et ce que rapporte saint Matthieu est encore plus clair: «Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive.»

Vous voyez déjà les gros titres: «Jésus-Christ: le mot de trop»; «Jésus-Christ dérape: malaise chez les chrétiens»; «Jésus-Christ, incendiaire et va-t-en-guerre». Et tous nos bons spécialistes de faire des émissions spéciales sur les problèmes de communication de Jésus-Christ. Et ça c’est énorme. C’est énorme parce que Jésus-Christ n’est pas n’importe qui. Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu par qui le monde a été fait, Celui par qui toutes les richesses de Dieu nous sont communiquées. Il est la communication en personne. Autrement dit, croire que Jésus-Christ a un problème de communication, c’est à peu près aussi idiot que de penser que le soleil a un problème de luminosité. Ce n’est pas notre Seigneur qui a un problème de communication, c’est nous qui avons un problème de réception. Essayons donc d’ajuster nos cœurs à ce qu’il veut nous dire.

Et tout d’abord il y a un lien étroit entre le Seigneur Jésus et la paix. Isaïe prophétisait la venue du «Prince de la Paix» (Is 9,5), au jour de sa naissance les anges célèbrent la paix pour les hommes qui aiment Dieu, le Christ lui-même dit à ses disciples à l’heure de sa mort: «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix» (Jn 14,27), et quand il les retrouvera après la résurrection, il les saluera par un: «La paix soit avec vous» (Jn 20,26).

Cependant, le Christ nous en avertit: «Je vous donne ma paix, cependant je ne vous la donne pas comme le monde la donne». Qu’est-ce que veut dire Jésus? quelle est cette paix qu’il vient nous donner à sa manière à lui et non à la manière du monde? C’est justement ce que nous explique l’évangile de ce jour. Et pour le comprendre, il faut se poser trois questions: 1. Que veut dire et que veut faire Jésus? 2. Comment donne-t-il sa paix? 3. À qui donne-t-il sa paix?

La réponse à ces trois questions tient en une phrase: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui. Détaillons cela.

1. Que veut dire et que veut faire Jésus?

Il n’est pas si fréquent que Jésus nous dévoile le fond de son cœur. Et là, il le fait. «Je suis venu pour porter le feu et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé». Jésus est tout tendu par ce désir, il est comme un barrage de montagne qui contient avec peine toute l’eau qu’il retient. Il en est comme «oppressé» nous confie-t-il. Il a une richesse intérieure qu’il veut communiquer et qui bouleversera le monde comme un feu.

Cette richesse intérieure, cette richesse qu’il possède en lui-même, c’est la vie de Dieu, cette unité et cette paix infiniment parfaites des personnes divines entre elles. Et les deux images qu’il emploie sont très instructives: «Je suis venu apporter le feu» rapporte saint Luc; «Je suis venu apporter le glaive» rapporte Matthieu. Le glaive, dans le langage de Dieu, c’est la Parole, parce que la Parole fait la lumière, elle tranche sans bavure entre la vie et les ténèbres, elle sépare, elle distingue, elle met de l’ordre dans l’univers. Le glaive de la Parole vient aussi dans les jointures de l’âme séparer la vie du péché. Et cette Parole, c’est le Christ, le Verbe de Dieu. Quant au feu, dans le langage de Dieu il désigne l’Esprit-Saint, qui enflamme les cœurs du désir des biens éternels et de la charité de Dieu.

Quand Jésus dit qu’il est venu apporter le glaive et le feu, il nous parle donc de ce don du Verbe et de l’Esprit-Saint, de cette communication que les personnes divines font d’elles-mêmes. Le Christ, Verbe de Dieu, vient à nous pour se donner et nous donner l’Esprit-Saint qui est, dit saint Paul, vie et paix (cf. Rm 8,6).

Je le redis donc: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

2. Comment Jésus communique-t-il sa paix?

Dans notre évangile, avons-nous dit, Jésus exprime le fond de son cœur, ce désir de se communiquer et de communiquer l’Esprit-Saint, en deux phrases: «Je suis venu jeter un feu sur la terre» et «Je dois être baptisé d’un baptême» qui est une annonce de sa mort sur la Croix. Le baptême et le feu. Le baptême où le corps submergé un temps par la mort ressurgit à la vie, et le feu qui est cette vie de l’Esprit-Saint que les eaux de la mort ne peuvent atteindre.

C’est sur la Croix, de son côté laissant couler l’eau et le sang, que le Christ déverse son cœur sur le monde, que le barrage s’ouvre en grand et répand la richesse qu’il tenait en réserve. «Dieu nous a réconciliés par la Croix de son Fils» dira saint Paul. Autrement dit, il nous a apporté la Paix de Dieu (cf. Rm 5,1).

Il y a bien une violence dans la manière qu’a Jésus de communiquer la paix de Dieu, quelque chose du glaive et du feu. Mais cette violence, celle de la résistance du péché à la séparation par le glaive, c’est Jésus qui la prend sur lui. Il la laisse venir à lui pour trancher les chaînes du mal. «En sa chair, il a détruit la haine» (Eph 2,14).

Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

3. À qui Jésus donne-t-il sa paix?

Le Seigneur Jésus est le glaive de la Parole venu répandre le feu de l’Esprit-Saint sur la terre. Rencontrer le Christ sur les chemins de Palestine revenait donc à se heurter au tranchant d’un glaive: «Je suis la Résurrection, dit-il à Marthe. Le crois-tu?» (Jn 11,25). Le crois-tu, oui ou non? Par la venue du Verbe sur terre s’opérait donc une séparation entre les hommes, entre ceux qui l’accueillaient et ceux qui ne voulaient pas l’accueillir: «Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.» (Jn 1,11). À ceux qui, rencontrant le Christ, refusaient de croire, la paix du Christ ne pouvait être donnée. Au contraire, celui qui croyait acceptait que l’œuvre du glaive et du feu s’accomplisse dans sa vie. Et le Christ pouvait lui dire: «Ta foi t’a sauvé. Vas en paix» (Lc 8,48). La paix du Christ se communique à ceux qui croient en lui, c’est-à-dire à ceux qui ouvrent leur cœur au glaive de la Parole et au feu de l’Esprit. Jésus «nous comble de joie et de paix dans la foi» dit saint Paul (Rm 15,13).

C’est cette expérience que nous fait revivre la célébration de l’eucharistie après la consécration: l’Église, offrant à son Dieu le sacrifice de la Croix, lui demande de répandre sa paix sur le monde. Et juste avant la communion, le geste de paix nous invite à prendre part à cette grande œuvre de communication de la paix. Donner à son voisin, à son prochain, la paix du Christ, ce n’est pas faire lui un bisou ou lui tendre une main molle, c’est le faire entrer dans le grand flot de la paix qui s’épanche du côté du Christ, c’est l’inviter à accueillir dans sa vie le glaive et le feu.

Alors, l’Église à-t-elle un problème de communication? Pour ceux qui ne croient pas, pour ceux qui n’ont pas accueilli le glaive de la Parole, il en sera toujours de même: le Christ restera un signe de contradiction, et l’Église une institution dont la communication qui ne passe pas. Mais pour ceux qui croient au Christ, qui désirent la paix de Dieu, qui ont reçu dans leur cœur le glaive et le feu et qui s’ouvrent à leur action, l’Église c’est le lieu même de la communication, une entreprise obstinée de communication de la vie divine jusqu’aux confins de la terre et des cœurs.

«L’Église est nulle en communication». On l’entend souvent, ça. L’Église est nulle en communication. Non seulement on l’entend souvent, mais on se prend aussi à le penser nous-mêmes à force de l’entendre sur France-Info, au journal de 20 heures ou quelque autre breuvage du même tonneau. L’Église est nulle en communication! Ça ne date pas d’hier ce problème, à en juger par l’évangile de ce jour. Eh quoi! Si nous faisons le compte des valeurs chrétiennes qui ont encore la cote dans notre monde post-chrétien, deux doigts suffisent: il y a l’amour, et il y a la paix. Eh bien, ça y est, on peut rayer la paix de la liste. Voici en effet ce que nous venons d’entendre de la bouche du Seigneur Jésus Lui-même:

«Vous pensez que je suis venu donner la paix sur la terre? Je vous le dis, non pas la paix, mais la séparation». «Je suis venu pour envoyer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé!» Et ce que rapporte saint Matthieu est encore plus clair: «Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive.»

Vous voyez déjà les gros titres: «Jésus-Christ: le mot de trop»; «Jésus-Christ dérape: malaise chez les chrétiens»; «Jésus-Christ, incendiaire et va-t-en-guerre». Et tous nos bons spécialistes de faire des émissions spéciales sur les problèmes de communication de Jésus-Christ. Et ça c’est énorme. C’est énorme parce que Jésus-Christ n’est pas n’importe qui. Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu par qui le monde a été fait, Celui par qui toutes les richesses de Dieu nous sont communiquées. Il est la communication en personne. Autrement dit, croire que Jésus-Christ a un problème de communication, c’est à peu près aussi idiot que de penser que le soleil a un problème de luminosité. Ce n’est pas notre Seigneur qui a un problème de communication, c’est nous qui avons un problème de réception. Essayons donc d’ajuster nos cœurs à ce qu’il veut nous dire.

Et tout d’abord il y a un lien étroit entre le Seigneur Jésus et la paix. Isaïe prophétisait la venue du «Prince de la Paix» (Is 9,5), au jour de sa naissance les anges célèbrent la paix pour les hommes qui aiment Dieu, le Christ lui-même dit à ses disciples à l’heure de sa mort: «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix» (Jn 14,27), et quand il les retrouvera après la résurrection, il les saluera par un: «La paix soit avec vous» (Jn 20,26).

Cependant, le Christ nous en avertit: «Je vous donne ma paix, cependant je ne vous la donne pas comme le monde la donne». Qu’est-ce que veut dire Jésus? quelle est cette paix qu’il vient nous donner à sa manière à lui et non à la manière du monde? C’est justement ce que nous explique l’évangile de ce jour. Et pour le comprendre, il faut se poser trois questions: 1. Que veut dire et que veut faire Jésus? 2. Comment donne-t-il sa paix? 3. À qui donne-t-il sa paix?

La réponse à ces trois questions tient en une phrase: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui. Détaillons cela.

1. Que veut dire et que veut faire Jésus?

Il n’est pas si fréquent que Jésus nous dévoile le fond de son cœur. Et là, il le fait. «Je suis venu pour porter le feu et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé». Jésus est tout tendu par ce désir, il est comme un barrage de montagne qui contient avec peine toute l’eau qu’il retient. Il en est comme «oppressé» nous confie-t-il. Il a une richesse intérieure qu’il veut communiquer et qui bouleversera le monde comme un feu.

Cette richesse intérieure, cette richesse qu’il possède en lui-même, c’est la vie de Dieu, cette unité et cette paix infiniment parfaites des personnes divines entre elles. Et les deux images qu’il emploie sont très instructives: «Je suis venu apporter le feu» rapporte saint Luc; «Je suis venu apporter le glaive» rapporte Matthieu. Le glaive, dans le langage de Dieu, c’est la Parole, parce que la Parole fait la lumière, elle tranche sans bavure entre la vie et les ténèbres, elle sépare, elle distingue, elle met de l’ordre dans l’univers. Le glaive de la Parole vient aussi dans les jointures de l’âme séparer la vie du péché. Et cette Parole, c’est le Christ, le Verbe de Dieu. Quant au feu, dans le langage de Dieu il désigne l’Esprit-Saint, qui enflamme les cœurs du désir des biens éternels et de la charité de Dieu.

Quand Jésus dit qu’il est venu apporter le glaive et le feu, il nous parle donc de ce don du Verbe et de l’Esprit-Saint, de cette communication que les personnes divines font d’elles-mêmes. Le Christ, Verbe de Dieu, vient à nous pour se donner et nous donner l’Esprit-Saint qui est, dit saint Paul, vie et paix (cf. Rm 8,6).

Je le redis donc: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

2. Comment Jésus communique-t-il sa paix?

Dans notre évangile, avons-nous dit, Jésus exprime le fond de son cœur, ce désir de se communiquer et de communiquer l’Esprit-Saint, en deux phrases: «Je suis venu jeter un feu sur la terre» et «Je dois être baptisé d’un baptême» qui est une annonce de sa mort sur la Croix. Le baptême et le feu. Le baptême où le corps submergé un temps par la mort ressurgit à la vie, et le feu qui est cette vie de l’Esprit-Saint que les eaux de la mort ne peuvent atteindre.

C’est sur la Croix, de son côté laissant couler l’eau et le sang, que le Christ déverse son cœur sur le monde, que le barrage s’ouvre en grand et répand la richesse qu’il tenait en réserve. «Dieu nous a réconciliés par la Croix de son Fils» dira saint Paul. Autrement dit, il nous a apporté la Paix de Dieu (cf. Rm 5,1).

Il y a bien une violence dans la manière qu’a Jésus de communiquer la paix de Dieu, quelque chose du glaive et du feu. Mais cette violence, celle de la résistance du péché à la séparation par le glaive, c’est Jésus qui la prend sur lui. Il la laisse venir à lui pour trancher les chaînes du mal. «En sa chair, il a détruit la haine» (Eph 2,14).

Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

3. À qui Jésus donne-t-il sa paix?

Le Seigneur Jésus est le glaive de la Parole venu répandre le feu de l’Esprit-Saint sur la terre. Rencontrer le Christ sur les chemins de Palestine revenait donc à se heurter au tranchant d’un glaive: «Je suis la Résurrection, dit-il à Marthe. Le crois-tu?» (Jn 11,25). Le crois-tu, oui ou non? Par la venue du Verbe sur terre s’opérait donc une séparation entre les hommes, entre ceux qui l’accueillaient et ceux qui ne voulaient pas l’accueillir: «Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.» (Jn 1,11). À ceux qui, rencontrant le Christ, refusaient de croire, la paix du Christ ne pouvait être donnée. Au contraire, celui qui croyait acceptait que l’œuvre du glaive et du feu s’accomplisse dans sa vie. Et le Christ pouvait lui dire: «Ta foi t’a sauvé. Vas en paix» (Lc 8,48). La paix du Christ se communique à ceux qui croient en lui, c’est-à-dire à ceux qui ouvrent leur cœur au glaive de la Parole et au feu de l’Esprit. Jésus «nous comble de joie et de paix dans la foi» dit saint Paul (Rm 15,13).

C’est cette expérience que nous fait revivre la célébration de l’eucharistie après la consécration: l’Église, offrant à son Dieu le sacrifice de la Croix, lui demande de répandre sa paix sur le monde. Et juste avant la communion, le geste de paix nous invite à prendre part à cette grande œuvre de communication de la paix. Donner à son voisin, à son prochain, la paix du Christ, ce n’est pas faire lui un bisou ou lui tendre une main molle, c’est le faire entrer dans le grand flot de la paix qui s’épanche du côté du Christ, c’est l’inviter à accueillir dans sa vie le glaive et le feu.

Alors, l’Église à-t-elle un problème de communication? Pour ceux qui ne croient pas, pour ceux qui n’ont pas accueilli le glaive de la Parole, il en sera toujours de même: le Christ restera un signe de contradiction, et l’Église une institution dont la communication qui ne passe pas. Mais pour ceux qui croient au Christ, qui désirent la paix de Dieu, qui ont reçu dans leur cœur le glaive et le feu et qui s’ouvrent à leur action, l’Église c’est le lieu même de la communication, une entreprise obstinée de communication de la vie divine jusqu’aux confins de la terre et des cœurs.

«L’Église est nulle en communication». On l’entend souvent, ça. L’Église est nulle en communication. Non seulement on l’entend souvent, mais on se prend aussi à le penser nous-mêmes à force de l’entendre sur France-Info, au journal de 20 heures ou quelque autre breuvage du même tonneau. L’Église est nulle en communication! Ça ne date pas d’hier ce problème, à en juger par l’évangile de ce jour. Eh quoi! Si nous faisons le compte des valeurs chrétiennes qui ont encore la cote dans notre monde post-chrétien, deux doigts suffisent: il y a l’amour, et il y a la paix. Eh bien, ça y est, on peut rayer la paix de la liste. Voici en effet ce que nous venons d’entendre de la bouche du Seigneur Jésus Lui-même:

«Vous pensez que je suis venu donner la paix sur la terre? Je vous le dis, non pas la paix, mais la séparation». «Je suis venu pour envoyer un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé!» Et ce que rapporte saint Matthieu est encore plus clair: «Je ne suis pas venu apporter la paix sur la terre, mais le glaive.»

Vous voyez déjà les gros titres: «Jésus-Christ: le mot de trop»; «Jésus-Christ dérape: malaise chez les chrétiens»; «Jésus-Christ, incendiaire et va-t-en-guerre». Et tous nos bons spécialistes de faire des émissions spéciales sur les problèmes de communication de Jésus-Christ. Et ça c’est énorme. C’est énorme parce que Jésus-Christ n’est pas n’importe qui. Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu par qui le monde a été fait, Celui par qui toutes les richesses de Dieu nous sont communiquées. Il est la communication en personne. Autrement dit, croire que Jésus-Christ a un problème de communication, c’est à peu près aussi idiot que de penser que le soleil a un problème de luminosité. Ce n’est pas notre Seigneur qui a un problème de communication, c’est nous qui avons un problème de réception. Essayons donc d’ajuster nos cœurs à ce qu’il veut nous dire.

Et tout d’abord il y a un lien étroit entre le Seigneur Jésus et la paix. Isaïe prophétisait la venue du «Prince de la Paix» (Is 9,5), au jour de sa naissance les anges célèbrent la paix pour les hommes qui aiment Dieu, le Christ lui-même dit à ses disciples à l’heure de sa mort: «Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix» (Jn 14,27), et quand il les retrouvera après la résurrection, il les saluera par un: «La paix soit avec vous» (Jn 20,26).

Cependant, le Christ nous en avertit: «Je vous donne ma paix, cependant je ne vous la donne pas comme le monde la donne». Qu’est-ce que veut dire Jésus? quelle est cette paix qu’il vient nous donner à sa manière à lui et non à la manière du monde? C’est justement ce que nous explique l’évangile de ce jour. Et pour le comprendre, il faut se poser trois questions: 1. Que veut dire et que veut faire Jésus? 2. Comment donne-t-il sa paix? 3. À qui donne-t-il sa paix?

La réponse à ces trois questions tient en une phrase: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui. Détaillons cela.

1. Que veut dire et que veut faire Jésus?

Il n’est pas si fréquent que Jésus nous dévoile le fond de son cœur. Et là, il le fait. «Je suis venu pour porter le feu et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé». Jésus est tout tendu par ce désir, il est comme un barrage de montagne qui contient avec peine toute l’eau qu’il retient. Il en est comme «oppressé» nous confie-t-il. Il a une richesse intérieure qu’il veut communiquer et qui bouleversera le monde comme un feu.

Cette richesse intérieure, cette richesse qu’il possède en lui-même, c’est la vie de Dieu, cette unité et cette paix infiniment parfaites des personnes divines entre elles. Et les deux images qu’il emploie sont très instructives: «Je suis venu apporter le feu» rapporte saint Luc; «Je suis venu apporter le glaive» rapporte Matthieu. Le glaive, dans le langage de Dieu, c’est la Parole, parce que la Parole fait la lumière, elle tranche sans bavure entre la vie et les ténèbres, elle sépare, elle distingue, elle met de l’ordre dans l’univers. Le glaive de la Parole vient aussi dans les jointures de l’âme séparer la vie du péché. Et cette Parole, c’est le Christ, le Verbe de Dieu. Quant au feu, dans le langage de Dieu il désigne l’Esprit-Saint, qui enflamme les cœurs du désir des biens éternels et de la charité de Dieu.

Quand Jésus dit qu’il est venu apporter le glaive et le feu, il nous parle donc de ce don du Verbe et de l’Esprit-Saint, de cette communication que les personnes divines font d’elles-mêmes. Le Christ, Verbe de Dieu, vient à nous pour se donner et nous donner l’Esprit-Saint qui est, dit saint Paul, vie et paix (cf. Rm 8,6).

Je le redis donc: Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

2. Comment Jésus communique-t-il sa paix?

Dans notre évangile, avons-nous dit, Jésus exprime le fond de son cœur, ce désir de se communiquer et de communiquer l’Esprit-Saint, en deux phrases: «Je suis venu jeter un feu sur la terre» et «Je dois être baptisé d’un baptême» qui est une annonce de sa mort sur la Croix. Le baptême et le feu. Le baptême où le corps submergé un temps par la mort ressurgit à la vie, et le feu qui est cette vie de l’Esprit-Saint que les eaux de la mort ne peuvent atteindre.

C’est sur la Croix, de son côté laissant couler l’eau et le sang, que le Christ déverse son cœur sur le monde, que le barrage s’ouvre en grand et répand la richesse qu’il tenait en réserve. «Dieu nous a réconciliés par la Croix de son Fils» dira saint Paul. Autrement dit, il nous a apporté la Paix de Dieu (cf. Rm 5,1).

Il y a bien une violence dans la manière qu’a Jésus de communiquer la paix de Dieu, quelque chose du glaive et du feu. Mais cette violence, celle de la résistance du péché à la séparation par le glaive, c’est Jésus qui la prend sur lui. Il la laisse venir à lui pour trancher les chaînes du mal. «En sa chair, il a détruit la haine» (Eph 2,14).

Le Christ, Verbe de Dieu, communique la paix de Dieu, par le sang de sa Croix, à ceux qui croient en Lui.

3. À qui Jésus donne-t-il sa paix?

Le Seigneur Jésus est le glaive de la Parole venu répandre le feu de l’Esprit-Saint sur la terre. Rencontrer le Christ sur les chemins de Palestine revenait donc à se heurter au tranchant d’un glaive: «Je suis la Résurrection, dit-il à Marthe. Le crois-tu?» (Jn 11,25). Le crois-tu, oui ou non? Par la venue du Verbe sur terre s’opérait donc une séparation entre les hommes, entre ceux qui l’accueillaient et ceux qui ne voulaient pas l’accueillir: «Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli. Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu.» (Jn 1,11). À ceux qui, rencontrant le Christ, refusaient de croire, la paix du Christ ne pouvait être donnée. Au contraire, celui qui croyait acceptait que l’œuvre du glaive et du feu s’accomplisse dans sa vie. Et le Christ pouvait lui dire: «Ta foi t’a sauvé. Vas en paix» (Lc 8,48). La paix du Christ se communique à ceux qui croient en lui, c’est-à-dire à ceux qui ouvrent leur cœur au glaive de la Parole et au feu de l’Esprit. Jésus «nous comble de joie et de paix dans la foi» dit saint Paul (Rm 15,13).

C’est cette expérience que nous fait revivre la célébration de l’eucharistie après la consécration: l’Église, offrant à son Dieu le sacrifice de la Croix, lui demande de répandre sa paix sur le monde. Et juste avant la communion, le geste de paix nous invite à prendre part à cette grande œuvre de communication de la paix. Donner à son voisin, à son prochain, la paix du Christ, ce n’est pas faire lui un bisou ou lui tendre une main molle, c’est le faire entrer dans le grand flot de la paix qui s’épanche du côté du Christ, c’est l’inviter à accueillir dans sa vie le glaive et le feu.

Alors, l’Église à-t-elle un problème de communication? Pour ceux qui ne croient pas, pour ceux qui n’ont pas accueilli le glaive de la Parole, il en sera toujours de même: le Christ restera un signe de contradiction, et l’Église une institution dont la communication qui ne passe pas. Mais pour ceux qui croient au Christ, qui désirent la paix de Dieu, qui ont reçu dans leur cœur le glaive et le feu et qui s’ouvrent à leur action, l’Église c’est le lieu même de la communication, une entreprise obstinée de communication de la vie divine jusqu’aux confins de la terre et des cœurs.

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