ARTICLES

CORRELATS

 

8888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

_______________28________________

Pourquoi Emmanuel Macron a choisi le Louvre pour fêter son éventuelle victoire

<<<<<<<LFP<<<<<

En cas de victoire dimanche soir, le candidat d'En marche ! convie ses supporters sur l'esplanade du Louvre dans le centre de Paris. Un lieu plutôt «consensuel» et «neutre».

Finalement c'est au Louvre qu'Emmanuel Macron célébrera dimanche soir son éventuelle victoire. Une installation est prévue entre la pyramide et l'arc de triomphe du Carrousel, à l'entrée du jardin des Tuileries. Initialement, le candidat se voyait bien sur le Champ-de-Mars, avec la Tour Eiffel en arrière-plan. Mais la Mairie de Paris ne l'y a pas autorisé. «Des membres de la commission d'évaluation du CIO» sont censés venir faire des repérages le week-end suivant, dans le cadre de la candidature de Paris pour les jeux Olympiques de 2024, a expliqué à l'AFP Bruno Julliard, premier adjoint de la capitale. «Comme le Champ-de-Mars doit accueillir plusieurs épreuves, on ne peut pas prendre le risque que les pelouses soient détériorées, or on sait très bien qu'elles le sont systématiquement pour ce type d'événement» a-t-il précisé, attestant de la bonne foi de la maire de Paris dont l'inimitié pour Emmanuel Macron est pourtant notoire.

» Lire aussi - Emmanuel Macron à la Rotonde: les coulisses d'un dîner qui fait jaser

Ni Trocadéro, ni Bastille

D'autres lieux parisiens disponibles, mais trop connotés auraient été écartés par le candidat. La place de la Concorde? Trop «de droite». C'est en effet là que Nicolas Sarkozy a fêté sa victoire en 2007 et Jacques Chirac avant lui en 1995. Trocadéro? «On a encore bien en tête l'image de François Fillon», qui y a rassemblé ses soutiens le 5 mars pour relancer sa campagne, souligne auprès du Figaro Christian Delporte, historien et professeur à l'Université de Versailles-Saint Quentin. Écarté aussi l'esplanade des Invalides où le mouvement La Manif pour tous avait rassemblé ses partisans en 2013.

La Bastille? Trop à gauche. C'est là que François Hollande a rassemblé ses soutiens le soir du second tour en 2012. Trop connoté à gauche aussi la place de la République où Jean-Luc Mélenchon ou encore Benoît Hamon ont organisé tour à tour des rassemblements avant le premier tour. C'est aussi là que se rassemblaient les manifestants de Nuit Debout contre la loi Travail au printemps 2016, et que ce sont recueillis les Parisiens après les attentats de 2015. Pas question non plus d'aller place de la Nation où se terminent traditionnellement les manifestations syndicales. Ni place de Stalingrad, où le candidat de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon a organisé le premier meeting de sa campagne.

» Lire aussi - Présidentielle: où les deux candidats attendront les résultats du second tour

Un lieu «consensuel» et «neutre»

Emmanuel Macron, qui cherche à tout prix à effacer des mémoires sa soirée du dimanche 23 avril à la brasserie parisienne La Rotonde, n'avait donc plus beaucoup de possibilités. L'esplanade du Louvre a l'avantage d'être un lieu «complètement neuf, consensuel, neutre et pas bling-bling. C'est aussi un lieu patrimonial, chargé d'histoire. En plein centre de Paris. Mais pas chargé de politique» explique Christian Delporte, spécialiste de communication politique. En plus, «tout le monde connaît le musée du Louvre. Les scolaires, les Français, les étrangers».

Avec la pyramide du Louvre pour arrière-plan, «on pourrait éventuellement reprocher à Emmanuel Macron d'aller sur les pas de Mitterrand. Et encore. Maintenant, Mitterrand appartient à l'histoire. Même des personnalités politiques de droite, comme Eric Ciotti, citent l'ancien président» (1981-1995). Lors du débat d'entre-deux tours, le député LR des Alpes-Maritimes, a en effet déploré dans un tweet : «la médiocrité inédite» du débat. «Où sont les Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy?» a-t-il énuméré.

Ne risque-t-on pas de reprocher à Emmanuel Macron d'aller dans un lieu symbolisant la royauté? «Je ne pense pas, ajoute Christian Delporte. Les Français voient d'abord le Louvre comme le plus grand musée du pays et l'un des plus grands du monde. Le Louvre appartient à l'histoire de tous les Français. À défaut de la tour Eiffel qu'il espérait, l'image fera quand même le tour du monde. Une autre image de la France que tout le monde connaît.»

__________________27_______________

L’attaque la plus post-Vérité de tous les temps ?

<<<<<<<<<<<<Dedefensa<<<<<<<<<<<<

Comme nous avons l’habitude de ne jamais le cacher, il nous paraît aujourd’hui impossible de faire un commentaire direct sur les intentions, les calculs et les manipulations qui sont développées dans nombre, sinon dans la plupart des événements crisiques auxquels nous assistons. C’est donc logiquement le cas pour cette attaque de 59 missiles de croisière contre une seule base syrienne, dans des conditions effectivement étranges, pour des résultats apparemment étranges, selon des interprétations aussi nombreuses qu’étranges. Nous sommes bien dans l’aire et dans les temps de la post-Vérité, où plus rien ne peut être tenu pour assuré dans l’apparence des faits, ou de ce qui est présenté comme étant des faits. C’est dire combien notre prudence extrême et notre réticence à faire des commentaires directs sur les événements, ou plutôt l’apparence des événements, sont plus grandes que jamais.

Ci-dessous, nous allons signaler quelques affirmations, interprétations, considérations, etc., sans en prendre une seule à notre compte d’une façon affirmée. Les réactions de PhG dans son Journal-dde.crisis du jour rendent compte d’une perception des événements de cette attaque qui semble avoir été ordonnée par Trump, qui ne correspondent nécessairement pas à l’apparence de la réalité, mais dans ce cas selon l’argument que, pour nous, la réalité a été pulvérisée depuis au moins le début de la crise ukrainienne. Cette “perception”-là a beaucoup d’une interprétation ; elle correspond à la recherche d’une vérité-de-situation comme antidote à la doctrine de la post-Vérité qui, aujourd’hui, tente d’influencer l’observation des événements dans le sens d’une certitude faussaire et contrainte conduisant à en tirer des commentaires faussement assurés. C’est bien cela que nous distinguons dans le concept de post-Vérité qui est un concept du Système et nullement une accusation contre l’antiSystème : un piège tendu à la perception pour la conduire vers ce qu’elle croirait être la certitude d’un commentaire.

Justement dans le cas qui nous est offert aujourd’hui, on découvre tant d’interprétations qu’on se trouve rassuré d’avoir choisi cette voie du refus d’un commentaire assuré. Plus que jamais prévaut chez nous l’idée qu’il y a deux volets, deux plans différents dans les événements : celui de la post-Vérité, niveau des manigances humaines qui peuvent venir de différentes sources, de différents côtés, et qui est bien ce “piège tendu à la perception vers ce qu’elle croirait être la certitude d’u commentaire” ; et celui des événements eux-mêmes, tels qu’ils sont et tels qu'ils se déploient dans leur majesté, séparés des contingences humaines et indiquant les grandes dynamiques de force de la métahistoire.

(Citation pour ce dernier cas, de PhG du 6 avril : « Il y a longtemps que je ne peux me départir du sentiment que “les événements”, – expression passe-partout pour figurer la dynamique de la Grande Crise Générale de l’effondrement du Système, – sont totalement détachés de nous, hors de notre contrôle, qu’ils ont leur propre logique et j’irais même jusqu’à dire comme pour les personnaliser en un être leur propre essence. Je ne peux donc être que cet “observateur extérieur qui ne peut rien pour les modifier”. »)

Tout cela étant bien précisé, il s’agit effectivement du constat qu’on vit rarement sinon jamais une de ces attaques brutales et illégales, violatrices des souverainetés, de la part des USA, apparaître en quelques heures comme une énigme ou un grand désordre tant dans son opérationnalité, son exécution et les buts recherchés. Voici donc quelques thèses, observations, interprétations, etc.

• Du côté du “bloc-BAO”, avec l’UE, la France, etc., le soutien est d’une unanimité un peu surprise et dubitative, sans exactement savoir où l’on va, bien entendu en toute soumission à la thèse qui nous écrase depuis 2011 : “Il faut attaquer et abattre Bachar par tous les moyens pour résoudre merveilleusement et démocratiquement la crise syrienne”. Certains, comme le Français Hollande, prônent donc l’idée de la poursuite d’une riposte à l’attaque chimique, toujours selon la narrative classique, mais dans le cadre de l’ONU. D’autres émettent des serments de soutien, sans plus (Tusk, de l’UE) et d’autres annoncent prudemment qu’ils ne prévoient pas de participer à quelque action que ce soit (la Britannique Theresa May).

Le cas du Français Hollande est particulièrement marquant sinon réjouissant, lui qui disait hier, avant les frappes, qu’il fallait donc décider à l’ONU d’une enquête sur l’attaque chimique (sans doute pour déterminer et identifier les coupables ?) puis des sanctions à prendre contre Assad ; autrement dit, on décide en même temps d’une enquête pour déterminer qui est le coupable et des sanctions qui seront prises contre Assad puisque c’est lui qui est le coupable. (Après les frappes US et selon cette approche classique bloc-BAO, nous en sommes au point où nous avons déjà commencé à punir le coupable [Assad] avant de se lancer dans cette enquête pour identifier le coupable.) L’attitude de Hollande, qui affirme avoir été averti “avant les frappes” montre bien qu’il a été averti “après les frappes”, c’est-à-dire pas averti du tout, et qu’il est une fois de plus cocu, comme en août 2013 (Français lançant déjà leur premiers avions contre Assad lorsqu’Obama annonce, sans avoir consulté personne, qu’on remet l’attaque, puis bientôt qu’on l’abandonne.) Habile, Hollande espère bien reprendre la main à l’ONU, dont Trump se contrefiche, pour en faire profiter son candidat Micron qui s’est empressé d’approuver l’attaque.

... Bref, tout le monde a été pris à contre-pied à Paris, où l’on va élire un président dans 16-30 tout petits jours. Il fallait entendre cette remarque singulière d’inversion d’Alexis Brezet, du Figaro, ce matin sur LCI : “Tout le monde a été pris de court, à contre-pied ... On était tous sûrs que Trump était un fou-furieux, et voilà qu’il ne l’est pas du tout puisqu’il frappe la Syrie et Assad” ; ainsi, aujourd’hui, pour montrer patte-blanche et prouver que vous n’êtes pas un “fou-furieux”, il importe de taper illégalement sur un pays souverain, donc de commettre un acte d’illégalité et d’agression internationale ; ainsi, aujourd’hui, qui n’épouse pas la narrative de l’attaque à tout prix n’est rien d’autre qu’un “fou-furieux”. Dont acte, en hommage au langage automatisé des zombies-Système...  

• Une autre thèse est que, non non, l’objectif n’était pas Assad ni la Syrie, mais d’une façon générale divers pays dans le monde à qui il faut faire comprendre que les USA-Trump sont prêts à frapper n’importe où dans le monde. Par exemple, Alex Jones, de Infowars.com, qui a d’abord condamné l’attaque, s’est un peu rattrapé en expliquant qu’il s’agissait d’un message au président chinois Xi (alias “le dictateur chinois”), que Trump rencontre actuellement, à destination indirecte de la Corée du Nord avec laquelle la Chine a des liens, et éventuellement à destination de la Chine, – histoire de montrer aux uns en aux autres ce que America the Beautiful est capable de faire.

• Les Russes (officiels) ont été très diserts sur cette attaque US. (Il est souvent dit ici et là qu’ils ont été avertis de cette attaque, et même de l’objectif précis, de façon à ce qu’aucun soldat russe ni avion russe ne soit touché. En ont-ils touché un mot aux Syriens qui se trouvaient sur la base ?) Le Major Général Konachenkov, porte-parole du ministère de la défense, nous explique donc ce 7 avril que l’attaque des missiles de croisière était préparée de longue date, que l’attaque chimique en a été le prétexte, et que tout cela est fait comme “une démonstration de force militaire [...] justifiée exclusivement par des raisons de politique interne”...

« “It is evident that the US cruise missile strikes against a Syrian airbase have been prepared long before today’s events. A large system of measures of reconnaissance, planning, preparation of flight tasks and bringing the missiles to launch readiness needs to be carried out to prepare such an attack,” ministry's spokesman Maj. Gen. Igor Konashenkov said. According to Konashenkov, the Idlib chemical attack “served only as a formal pretext, while the demonstration of military force took place exclusively due to internal political reasons.” »

• Au reste, bien des interrogations planent également sur les conditions et les effets de l’attaque : 59 missiles de croisière dont 36 perdus dans la nature, – ce qui nous donnerait quelques préoccupations technologiques sur la superbe et la puissance irrésistible de notre contre-révolution, – et comme résultat, de 3 à 6 morts selon les versions du côté russe, où l’on est également très disert sur cet aspect des choses, et également très prolixe de documents filmés et autres dans le domaine de l’image ; 5 ou 6 avions détruits, l’un ou l’autre hangar, un poste radar, – et c’est à peu près tout... “Dégats insignifiants”, résume le gouverneur syrien de Oms, relayé par les médias russes. Sacré opération de l’hyperpuissance américaniste, résume le pékin moyen, – si tout cela est juste, sinon post-Vérité.

Donc, un résumé de cet aspect des choses selon ces mêmes sources russes, c’est-à-dire le ministère de la défense et son porte-parole Konachenkov : « “On April 7, at the time between 3:42 and 3:56 a.m. Moscow time [00:42-00:56 GMT] a massive missile attack by 59 Tomahawk cruise missiles was carried out from two destroyers of the US Navy [Ross and Porter], from the Mediterranean Sea, near the island of Crete, targeting Syrian airfield Ash Sha'irat [Homs Province]. According to the Russian data recording technology, only 23 cruise missiles reached the Syrian airbase. It is not clear where the other 36 cruise missiles landed,” Konashenkov said at a briefing. The spokesman stressed that the strike destroyed many facilities and equipment, including six planes.

» Two Syrian servicemen are missing as a result of the US attack on an airfield in the country, while four were killed and six were injured extinguishing the flames, Russian Defense Ministry spokesman Maj. Gen. Igor Konashenkov said Friday. “According to the information of the leadership of the Syrian airbase, two Syrian servicemen went missing, four were killed and six received burn injuries during the firefighting,” he said. »

• Allant dans une autre direction, DEBKAFiles affirme que l’ensemble de cette affaire a été montée d’abord par la coalition Syrie-Iran-Russie pour contrer des projets US d’évincer les Iraniens et le Hezbollah de Syrie, et qu’ensuite les conditions de l’attaque ont été très précisément négociées entre Russes et Américains pour éviter toute confrontation. Pour autant, DEBKAFiles se demande si la Russie ne va pas riposter, ou bien l’Iran ou la Syrie elle-même. Bref, on copine et on se castagne sans trop de mal de concert.

« Washington has no doubt that the Syrian SU-22 bomber which Tuesday dropped a sarin gas bomb on Khan Sheikhoun in Idlib province, killing up to 100 people, was a joint Russian-Iranian-Syrian gambit to divert the Trump administration from a comprehensive plan for Syria. As US President and commander-in-chief he could not ignore this provocation.

» Our sources report that the new US administration’s plans for Syria center on an offensive to evict the Islamic State from its Syrian capital, Raqqa, a mission for which US military preparations have been going forward for the past two weeks at five centers. To this operation Moscow, Tehran and Damascus were not averse. But that operation was also designed to rid Syria of Iranian and Hizballah forces - to which they were. [...]

» ...The question now is whether Vladimir Putin will decide to hit back at the US operation. Russia did not retaliate for the Israel air strike on March 17 over the northern Syrian T4 air base. If Putin chooses to sit on his hands once again, the same question may be addressed to Iran and Hizballah.

» Very possibly, Trump and Putin reached accord on the limits of the US punitive attack in Syrian in long hours of debate during the day between the US State and Defense Departments and the Russian Foreign and Defense Ministries, which were first reported by DEBKAfile 24 hours ago... »

• Stephen Bryan, sur Asia Times, donne le 7 avril une version aussi complexe que DEBKAFiles, mais avec une répartition différente des rôles. Cette fois, Russie et US sont main dans la main et Assad joue en solo... Selon Bryan, l’attaque au sarin est une initiative du seul Assad, avec le but, en obligeant les USA à réagir, d’empêcher l’application d’un accord secret entre les USA et la Russie qui transformerait la Syrie en une sorte d’entité confédérale où les Alawites de Assad ne contrôleraient plus que les régions essentiellement peuplées d’Alawites. Il s’agit du projet ou de la menace récurrente de partition de la Syrie comme solution au conflit.

• Enfin (pour notre compte, mais il y a bien d’autres versions), il y a l’interprétation de WSWS.org. Elle est bien entendu globale et apocalyptique. Pour le site de la IVème internationale trotskiste, il s’agit d’un épisode normal de remise dans le rang de Trump et de ses divers projets populistes, d’un regroupement de la “ruling class” (le Deep State, si l’on veut, ou l’oligarchie dirigeante, etc.), pour entamer un nouveau conflit majeur au Moyen-Orient. Le risque d’une confrontation avec la Russie débouchant sur un affrontement nucléaire est réel, majeur sinon catastrophique selon cette analyse, mais la “ruling class” est prête à le courir...

« ...An attack on Syria carries with it the direct threat of a far wider and potentially world catastrophic war. What will be the reaction of Russia, a nuclear power, if American missiles kill its military personnel on the ground in Syria? The American ruling class is willing to take the risk. Confronted with the protracted decline of its once unchallenged dominance of the world economy, it is forced to rely more and more on its military power as a means of asserting global hegemony. That such a course points inevitably to a new world war that would threaten the survival of humanity will not cause it to change course.

» The actions of the US oligarchy recalls nothing so much as Trotsky’s description of the world bourgeoisie on the eve of World War II, hurtling “with closed eyes toward an economic and military catastrophe.”The conflict that has erupted will not end with Tomahawk missiles. The drive of the United States for global hegemony cannot be resolved outside of an endless series of military escalations, each more reckless than the one before, leading ultimately to catastrophe. »

... Et, pour conclure, on constatera une fois encore que le fait est que rarement, sinon jamais, une opération “classique” d’agression illégale et sans la moindre dissimulation des USA du type très spectaculaire, avec flamboiement du départ des missiles de croisière dans la nuit, une chose à laquelle nous sommes désormais accoutumés depuis bien plus de deux décennies mais pourtant conviés à continuer à nous en extasier, jamais une telle opération n’est apparue productrice de tant d’interprétations différentes. On notera que chacune a son charme, sa cohérence, voire sa séduction, et toutes sont avancées d’une plume autoritaire et selon les meilleures sources. La question se pose si, finalement, ceux qui l’ont lancée savent exactement pourquoi ils l’ont lancée, s’il n’y a pas différentes intentions et versions chez les lanceurs, et si même, finalement et pour faire brutalement bref, – si quelqu’un, quelque autorité est capable de dire précisément qui a conçu cette opération, et comment, et pourquoi, et bla-bla-bla...

Ainsi règnent les temps de post-Vérité...

___________________26__________

Robert Redeker : «La loi sur la discrimination linguistique dissout la langue française»

<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Une loi de novembre 2016 fait de la langue un critère de discrimination. Pour Robert Redeker, cette disposition symbolise toute la tyrannie du marginal alors qu'aucune société ne peut se constituer sans «discrimination», au sens propre du terme.

 


Professeur agrégé de philosophie, Robert Redeker est écrivain. Il a notamment publié Le soldat impossible (éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2014) ; Bienheureuse vieillesse (éd. du Rocher, 2015) et dernièrement L'École fantôme (éd. Desclée De Brouwer, 2016).


FIGAROVOX. - La loi de modernisation de la justice a amendé l'article 225 du Code pénal. Désormais, est considérée discriminatoire «toute distinction entre les personnes physiques [ou morales] sur le fondement [...] de la capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français ». Que cela vous inspire-t-il?

Robert REDEKER. - Notre pays est pris depuis une décennie d'une folie anti-discriminatoire ravageuse. On oublie ainsi l'essentiel: certaines discriminations sont fondées, utiles au bien public ou à la cohérence historique de la nation. C'est que l'anti-discrimination est devenu un absolu, une idéologie absolutiste au lieu de rester un outil dont il faut savoir faire un usage modéré. Sans discriminations aucune société ni aucun corps politique ne peuvent se constituer. Être, c'est tracer des frontières, délimiter un dedans et un dehors, inclure et exclure, c'est donc discriminer. Poussé jusqu'à son terme, le délire antidiscriminatoire est dissolvant: il communautarise et atomise les unités politiques, les fait exploser. Son horizon est un retour à l'état de nature, celui de la guerre de tous contre tous. Hobbes nous l'a appris: l'égalité parfaite est la source des guerres civiles, des plus violents déchirements. Plus on va vers l'égalité, plus on va vers la guerre. L'égalité de toutes les langues transformerait notre pays en un état de nature linguistique. Il importe de rapprocher cette décision de l'affirmation par certaines autorités du Ministère de l'Éducation nationale que les règles de grammaire sont négociables avec les élèves.

Nous avons quitté les sociétés de norme pour entrer dans les sociétés d'une forme encore inédite de conformismes, ceux du minoritaire.

Le chemin indiqué par cette disposition anti-discrimination, en complément de dizaines d'autres, est celui de la disparition de la norme, de la dénormalisation de la société, pour lui substituer le conformisme du marginal, du différent, de l'anormal, l'égalité de toutes les différences. Ou plutôt: pour lui substituer la tyrannie du marginal, du minoritaire, du différent, de l'anormal. Nous avons quitté les sociétés de norme pour entrer dans les sociétés d'une forme encore inédite de conformismes, ceux du minoritaire.

N'y a-t-il pas plusieurs manières de comprendre la tournure de l'expression qui modifie l'article en question du Code pénal?

Le texte de la loi est mal écrit parce qu'il est dicté par la peur de stigmatiser ce qui vient d'ailleurs, l'exotique.

La loi, désormais, dit: «Constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur (…) leur capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français». Le législateur se montre très obscur dans sa formulation. Il voulait sans doute dire: leur incapacité à s'exprimer en français. Mais le crétinisme du politiquement correct, qui exige que l'on dise malvoyant pour aveugle, personne à mobilité réduite pour handicapé moteur, élève en difficulté pour cancre ou sale gosse, et mal comprenant pour imbécile, exigeait le remplacement d'une approche positive (leur capacité à parler une autre langue que le français) à une approche négative, qui eût encouru le reproche d'être stigmatisant («leur incapacité à s'exprimer en français»). Le texte de la loi est mal écrit parce qu'il est dicté par la peur de stigmatiser ce qui vient d'ailleurs, l'exotique ; il est le fruit cette allophilie nourrie par l'autophobie à laquelle se réduit la mentalité de gauche aujourd'hui.

Dans les faits, même s'il faut attendre de voir quelle jurisprudence sera établie, il apparaît que cette loi tendra à protéger tant les langues régionales que les langues étrangères. N'est-ce pas dangereux pour le français, consacré par la Constitution en son article 2 comme langue officielle de la République française?

Il faut faire un sort différent aux langues régionales et aux langues étrangères. Ces langues (abusivement appelées «régionales») ne sont pas des langues étrangères.

Les langues régionales font partie du patrimoine spirituel et littéraire de notre pays, elles ont droit au titre de « langues de la nation française ».

Les langues régionales font partie du patrimoine spirituel et littéraire de notre pays, elles ont droit au titre de «langues de la nation française». À Verdun, on mourait pour la France en langue d'oc, en breton, et en corse. Un groupe vocal corse, Arapà, mettra en vente ces jours-ci, dans la langue de leur île, un magnifique CD d'hommage aux poilus de la guerre de 14: «In Memoriam 1914-1918». Le français est la langue nationale de tous les citoyens, mais le gascon, par exemple, est la langue nationale (c'est-à-dire: qui appartient de façon indivisible à la nation française) des habitants du Gers et des Landes en plus du français. L'écrivain Joë Bousquet a dit que l'occitan (en fait l'ensemble des parlers d'oc, du limousin au provençal) du XIIIe est le tournant de la langue française. On ne saurait mieux affirmer la solidarité de ces deux langues, si différentes pourtant. Il n'y a pas concurrence entre les langues régionales et le français. Ces langues sont les langues autochtones du sol de France et de son peuple, elles sont aussi intimement liées à notre nation que nos paysages. Elles sont les langues de ceux qui ont fait notre pays. C'est pourquoi il faut les protéger et les revitaliser. Il ne faut pas oublier non plus que l'histoire de France ne commence pas en 1792! Qu'elle ne se réduit pas à la République. Que personne ne sait quel type de régime viendra après la République et la démocratie. La France est une entité plus grande dans le temps que la République. Il vaut mieux énoncer les choses ainsi: le français est la langue du régime républicain, mais pas la seule langue nationale de la France.

De quoi l'extension infinie des objets de discrimination est-elle le nom?

La gauche mène une politique des identités minoritaires. Toutes les identités sont valorisées, sauf une seule, l'identité française, ou l'identité nationale.

La gauche mène une politique des identités minoritaires. Toutes les identités sont valorisées, à longueur de journée et de textes de lois, sauf une seule, dont la prononciation même du nom appelle les insultes et les crachats, la risée et le mépris, l'identité française, ou l'identité nationale. Il n'en a pas toujours été ainsi. Il suffit de regarder les affiches de propagande du Parti Communiste Français des années 1960 et 1970 pour s'en rendre compte. Si elles tombaient sous leurs yeux, les petits-bourgeois écolo-responsables socialisants d'aujourd'hui y dénonceraient avec dégoût des thèmes «nauséabonds» chers au Front National. Outre qu'elle est le nom de cet émiettement de la société qui prépare le retour à l'état de nature (la guerre civile), la démence du fanatisme antidiscriminatoire est aussi le nom de la trahison de la gauche (sa haine la pousse à trahir aussi bien le petit peuple que la France).

Cette loi n'est-elle pas un obstacle supplémentaire à l'assimilation, qui passe d'abord par l'apprentissage de la langue?

Je répondrai en deux temps. D'une part, elle est un message de défaite adressé par la représentation nationale aux locuteurs des langues étrangères. Ne faites pas l'effort! Elle donne raison aux rappeurs: vous pouvez ni...r la France, elle vous dira merci. Elle sous-entend: pas la peine d'aimer la France, sa langue et son histoire. La France, ce n'est rien! D'autre part, elle dissout le français, dont la grammaire est devenue, selon certains pédagogues, à géométrie variable, dans un magma linguistique mondial appelé à relativiser le français sur sa terre d'origine. C'est une forme de disparition du français en France que prépare cette loi. Le croisement de ces deux remarques donne ceci: cette mesure est bien entendu un obstacle de plus à l'assimilation des populations d'origine extra-européennes et extra-chrétiennes récentes. Elle semble signifier que la gauche ne veut pas de cette assimilation.

----------------------------25------------------------

Ivan Rioufol : «Premiers effets du réveil des Français»

<<<<<<<<<<<<<<<<<<>>>>>>>>>>>>>>>>>

CHRONIQUE - Une mobilisation spontanée a été lancée en réaction à la décision du Conseil d'État de faire retirer la croix surplombant une statue de Jean-Paul II installée en 2006 à Ploërmel.

Une bouffée d'air frais, dans la puanteur qui stagne autour du slogan féministe: «Balance ton porc». Tandis que s'étalent des accusations sans juges et qu'une police des mœurs voit dans chaque mâle un prédateur, apparaît sur Twitter cet autre combat, venu d'une autre planète: «Montre ta croix». La mobilisation spontanée a été lancée en réaction à la décision du Conseil d'État de faire retirer la croix surplombant une statue de Jean-Paul II installée en 2006 sur une place de Ploërmel (Morbihan). L'œuvre avait été offerte par l'artiste russe Zourab Tsereteli. Elle avait été contestée par la fédération morbihanaise de la libre-pensée et par deux habitants de la commune. Après 11 ans de recours, la juridiction administrative a estimé, le 25 octobre, que la croix, seule, contrevenait aux principes de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État. La municipalité a six mois pour enlever le symbole chrétien. Le maire semble décider à n'en rien faire. Un vent de résistance se lève.

Cet acharnement contre une croix est compris comme une violence par beaucoup de ceux qui observent l'effacement de la mémoire catholique au profit d'une toujours plus grande visibilité musulmane. C'est le Conseil d'État qui, ici ou là, interdit des crèches dans des lieux publics. Mais il ouvre les plages au burkini, ce signe de ralliement salafiste. Il ne trouve rien à redire aux mosquées cathédrales qui fleurissent avec le soutien indirect des pouvoirs locaux. Il reste également muet, ce Conseil si peu équitable, devant les prières de rues qui bloquent l'espace public. L'un de ses membres, Thierry Tuot, avait d'ailleurs jeté le masque dans un rapport de 2013: il y faisait sans nuance l'éloge du multiculturalisme afin d'enterrer l'ancien monde. Même si la loi de 1905 fournit des arguments, dans son article 28, pour obliger à ôter la croix, il apparaît à certains que ces juges sont devenus partiaux. Cette trahison autorise la rébellion des citoyens concernés.

Les coups de boutoir des intégristes laïcards et des islamistes, unis dans une même christianophobie, ont éveillé bien d'autres somnolences

Se battre pour le respect d'une culture millénaire menacée est potentiellement plus mobilisateur que l'éphémère et hystérique campagne médiatique qui voit jusque dans la courtoisie une misogynie masquée. La gauche matérialiste et blasée ne comprend rien à ce mouvement protestataire, qui émerge des profondeurs du pays. Cette insoumission-là ne réclame aucun droit, sinon celui de protéger un héritage en péril. Il est sans doute trop tôt pour parler d'une renaissance du catholicisme. Cependant, la Manif pour tous avait déjà démontré, en faisant descendre plusieurs fois des centaines de milliers de gens dans les rues, la puissance de cette France silencieuse. Depuis, les coups de boutoir des intégristes laïcards et des islamistes, unis dans une même christianophobie, ont éveillé bien d'autres somnolences. L'absence de discernement du Conseil d'État a été l'agression de trop. Dans ce bras de fer, l'opinion a l'avantage du nombre.

La société civile est devenue, en effet, une force politique à part entière. Sa maîtrise des réseaux sociaux lui donne un poids que les dirigeants ne peuvent ignorer. Même si Emmanuel Macron a dénaturé ce nouveau pouvoir en embrigadant quelques amateurs dans son parti godillot, la voix directe des Français reste plus importante que jamais. D'autant que la classe politique connaît un tel délabrement qu'il ne faut attendre d'elle aucune initiative, sinon pour suivre éventuellement un mouvement venu de la base. C'est pourquoi seule la société civile peut tenir tête au Conseil d'État, coupable d'appliquer un droit flexible sur un sujet inflammable. Derrière le hashtag #MontreTaCroix, qui invite chacun à publier sur Twitter la croix qu'il a sous les yeux, ce sont les racines chrétiennes de la France et de l'Europe qui revivent. Elles appartiennent à tous ceux qui, au-delà des croyances, se reconnaissent dans la culture occidentale. La France en colère saura-t-elle maintenir la pression? Cette belle cause le mériterait.

L'histoire s'écrit à droite

En réalité, le réveil des Français est un phénomène qui se retrouve partout où les peuples ont été relégués dans les oubliettes du «populisme», par des pouvoirs acquis au mondialisme, à l'indifférenciation des cultures, à la culpabilisation occidentale. Plus la rhinocérite associe les sentiments identitaires à un nouveau fascisme, plus les insultés s'estiment en légitime défense. Le Brexit en Grande-Bretagne et l'élection de Donald Trump aux États-Unis ont été les prémices d'un mouvement de fond. L'élection de Macron, ce hold-up électoral, s'annonce comme un intermède. Il n'a interrompu la vague qu'en apparence. Après la Hongrie, la Pologne, les Pays-Bas, l'Allemagne, c'est l'Autriche et la République tchèque qui se sont ouvertes aux mouvements patriotiques. Toutes ces victoires ont été conduites sur la même critique de l'immigration, de l'islam conquérant et d'une Union européenne incapable de désigner les vrais dangers. L'histoire, d'évidence, s'écrit à droite.

Les Républicains «constructifs», Thierry Solère en tête, hurlaient à l'extrême droite quand ils entendaient Laurent Wauquiez aborder ces mêmes problèmes dans sa campagne pour la présidence du parti. Depuis mardi, ce petit groupe puéril a été exclu de LR. Mais ce départ n'a pas effacé la caricature d'une droite singeant la gauche et ses leçons. Les liens avec le politiquement correct sont loin d'avoir été tous coupés. Wauquiez et ses deux concurrents, Florence Portelli et Maël de Calan, persistent à faire du Front national le pestiféré. Or cette posture devient incompréhensible dès lors que le favori, Wauquiez, ne l'est devenu que parce qu'il tient, sur les questions sociétales, les mêmes propos que Marine Le Pen. La droite perdra encore si elle ne fait pas bloc, comme le fit la gauche dès les années soixante-dix. Faudra-t-il que, là aussi, la société civile s'en mêle, pour secouer les puces des navrants politiciens?

Désamorcer la bombe

L'attentat islamiste de New York (8 morts, mercredi) a été l'occasion pour Donald Trump de renforcer encore les contrôles aux frontières. Macron, lui, a décidé le même jour de lever l'état d'urgence. Il veut aussi accueillir qui veut. Pourtant, le procès du frère de Mohamed Merah, achevé jeudi, a confirmé la réalité de la contre-société, établie dans les cités musulmanes *. Les salafistes n'y reconnaissent que les lois de l'islam. C'est cette bombe qui doit être désamorcée, en stoppant l'immigration et en brisant les reins du totalitarisme islamique. Or Macron ne fera rien.

* François Billot de Lochner, Chronique de l'islamisation ordinaire de la France, Pierre-Guillaume de Roux

 

VOIR AUSSI

--------------------------------24------------------------

La Révolution Gnostique - Entretien avec Pacôme Thiellement

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Dans cette interview avec Pacôme Thiellement nous parlons de la gnose et des gnostiques, ces individus qui refusaient l'enseignement officiel de l'église, et qui voulaient se libérer d'un monde perçu comme une prison. Cette vision du monde ressurgit tout au long de l'histoire — par exemple à travers l'alchimie, la kabbale, le soufisme, mais aussi avec les Beatles ou Philippe K. Dick —, et est toujours d'actualité. Quel est le message des gnostiques pour nous aujourd'hui? Pacôme Thiellement sort bientôt un livre sur le sujet : La Victoire des Sans Roi — Révolution Gnostique —. En attendant, vous avez cette interview.

---------------------------------23--------------------------

Spiritualité du Père FRANCOIS VARILLON, théologien

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

___________________22_______________

Chômage de masse, revenu universel ou grand projet national ?

Bernard Plouvier, auteur, essayiste

<<<<<<<<<<<<<METAMAG<<<<<<<<

Telle est l’angoissante question pour les années à venir en France. Et chacun de nos politiciens y répond selon ses motivations, c’est-à-dire selon ses intérêts… qui sont, bien entendu, ceux de ses généreux bailleurs de fonds électoraux.

L’économie globale telle qu’elle est pratiquée n’offre, en pays de hauts salaires et de forte protection sociale, un travail bien rémunéré que dans les industries de pointe, les services haut de gamme, l’agriculture spécialisée (encore faut-il noter, pour ce dernier secteur, que les intermédiaires s’enrichissent beaucoup plus que les producteurs).

De ce fait, l’instruction publique devrait être orientée vers la formation de savants et de techniciens de très haut niveau, tandis que l’éducation (dévolue à la famille) devrait être élitiste, reposant sur une exigence quantitative et qualitative en matière de travail scolaire, puis supérieur.

On en est très loin en France. Tout est fait, au contraire, pour produire des niais paresseux, bourrés de sentiments humanitaires et de propagande tiers-mondiste, mais à la cervelle aussi vide que celle d’un dinosaure.

Saül de Tarse, plus connu sous l’appellation de saint Paul, a écrit il y a deux mille ans dans sa 2ème Épître aux Thessaloniciens (III-10, selon le découpage de saint Jérôme) : « Qui refuse de travailler ne doit pas non plus manger ». C’est un raisonnement d’une logique imparable, mais obsolète. Car la grande distribution, l’une des reines de notre société, a ses impératifs. Elle vit de l’hyper consommation des riches, mais aussi de la consommation quotidienne, nécessaire à la survie, des pauvres : ceux qui vivent d’allocations-chômage, d’allocations-immigrés (clandestins compris), de revenu minimum, etc.

Effectivement, confrontés à un chômage de longue durée car structurel, les politiciens de base en France, chevaliers servants de la globalo-mondialisation, n’ont ni le pouvoir de renvoyer les 14 à 15 millions d’allogènes dans leurs continents d’origine, ni l’honnêteté de reconnaitre le parasitisme interne d’une majorité des 5 à 6 millions de fonctionnaires et l’échec lamentable du corps enseignant qui fabrique 35 à 40% de futurs petits salariés et 50% de futurs chômeurs, permanents ou intermittents… l’élite, la vraie, se forme en grande partie elle-même par son exigence éthique et grâce à de rares enseignants d’élite.

Le chômage n’est structurel, en France, que du fait de la mollesse de la jeunesse autochtone et de la démission d’une énorme majorité de parents et d’enseignants. Il est facile d’y remédier, à l’unique condition de le vouloir.

Aucun emploi ne doit être distribué à des immigrés tant qu’il reste un seul Français de souche européenne au chômage et les consommateurs allogènes doivent être renvoyés impitoyablement dans leur continent d’origine. C’est le premier principe.

Les sommes ainsi économisées doivent être investies dans une véritable instruction de la jeunesse française, avec prime à l’efficacité. C’est assez dire qu’il y a un gigantesque travail de remotivation de la Nation et du corps enseignant, de façon à ce que les Français redeviennent performants et compétitifs, comme ils ont si souvent démontré, durant les deux derniers millénaires, qu’ils pouvaient l’être.

C’est l’unique grand projet national pour notre temps. Cela exige des chefs dignes de ce nom : honnêtes, efficaces, durs, mais dévoués au Bien commun et à l’idée nationale. Cela exige un effort de la part de chaque citoyen. À population larvaire, gouvernants lamentables. Cela fait trente ans que nous vivons de cette façon. Il est plus que temps de changer de mode de vie en commun.

_______________21________________

Les Faits et la vérité dangereuse

Bernard Plouvier, auteur, essayiste

<<<<<<<<<<<<METAMAG<<<<<<<<<<

Il est évident, pour tout esprit libre de dogme(s), qu’il n’existe pas plus de vérité politique, philosophique ou juridique qu’il n’existe de vérité historique ou religieuse. Toutefois, il existe une vérité factuelle : les faits d’observation forment des évidences et nier ces évidences définit médicalement le délire.

Fait : le terrorisme mahométan est devenu un risque permanent un peu partout dans le monde et rien ne permet de différentier a priori un fidèle d’allah calme d’un djihadiste en puissance. De même qu’une canaille d’affaires peut un jour décider de ne plus escroquer son prochain, de même qu’il arrive qu’un alcoolique ou un drogué cessent d’être esclaves de leur poison, un homme pieux peut devenir un illuminé, fou de son dieu.

Un jour peut-être, les « penseurs » comprendront-ils qu’il n’est pire criminel de masse que celui qui impose un dogme où l’extermination des ennemis est présentée comme chose belle et bonne, agréable à la divinité ou à son substitut politique.

Il arrivera fatalement qu’un historien « révisionniste », versé dans l’exploitation prudente des statistiques modernes et des estimations chiffrées antiques et médiévales, estimera que les religions monothéistes ont été aussi meurtrières que le marxisme qui a endeuillé le XXe siècle.

Ce ne sera pas une chose aisée à présenter, ni dépourvue de risque judiciaire dans un monde où le milieu politique est prosterné devant les divinités économiques (et le pétrole en est une aussi puissante que la finance cosmopolite dont Wall Street et la City ne sont plus que des bases historiques)… sans même évoquer « l’action directe » dont le courageux auteur pourrait être l’objet de la part de tueurs fanatiques.

Fait : les races de chiens, de vaches, de chevaux, etc. existent. Aucun politicien n’a été assez stupide pour légiférer sur ce point ni aucun juriste assez carriériste pour condamner un vétérinaire au titre du racisme canin ou caprin. En revanche, selon la Loi française, il n’existe pas de race humaine, mais « de prétendues races ». Toutefois, il existe un racisme, qu’en bonne logique on devrait dénommer « supposé » ou « présumé » puisque son objet n’existe pas ou plus.

Parler de races était autrefois un sujet d’anthropologie, pouvant déboucher sur des constatations sociologiques dénommées ethnologie et cela pouvait mener à devenir membre d’une académie ou titulaire d’une chaire d’université. En nos jours de progrès continu des connaissances (et des législations toquées), cela mène à la case prison ou à un « stage de rééducation civique ».

Fait : l’Europe, où les autochtones les moins certifiés, mais aussi parfois de jeunes diplômés connaissent un chômage massif et de longue durée, n’a nul besoin d’une immigration d’extra-européens dont une grande partie est analphabète (les autorités scandinaves et allemandes l’ont reconnu), dépourvue de toute connaissance professionnelle… sans même parler de la délinquance voire des activités criminelles d’un nombre effarant de jeunes hommes importés, avec la bénédiction pontificale, à la demande de la grande distribution pour accroître ses bénéfices grâce à une consommation en partie parasitaire, alimentée par les contribuables.

Présenter cette réalité quotidienne, évoquer la menace d’une substitution de population majoritaire et les risques de guerres de « prétendues races » et de religion au sein de notre continent qui se remet à peine du précédent épisode, mènent au lynchage médiatique et à de ruineux procès.

Fait : l’omniprésente corruption, dans les milieux politique, médiatique et administratif. On peut en parler de façon vague, mais citer précisément ses mécanismes, ses institutions, notamment sectaires, les agents corrupteurs mène devant un juge… lui-même pouvant appartenir à un parti, une secte maçonnique ou une tribu corrompue ou corruptrice.

Et l’on pourrait multiplier ces vérités factuelles qui sont tellement dérangeantes pour nos véritables maîtres que leur évocation en est devenue périlleuse. Auparavant, l’on disait : « Toute vérité n’est pas bonne à dire ». Il se pourrait bien que dans un avenir pas trop éloigné on en revienne à l’application d’un rituel mongol : le messager porteur de mauvaises nouvelles est exécuté.

L’histoire le prouve abondamment : une civilisation meurt peu après avoir atteint son apogée. Mais une société où le délire – c’est-à-dire : nier l’évidence des faits – est institutionnalisé, sanctifié par des lois de circonstances aussi bien que par « l’idole que l’on adore au Vatican » (saluons « Voltaire »), ne peut que s’effondrer sous le poids de sa bêtise, de sa médiocrité, de son absence de référence éthique, comme l’ont fait les sociétés marxistes.

______________20______________

Après la PMA et la GPA, le SMA ?

 mardi 10 octobre 2017, Dr. Jacques Michel Lacroix, Médecin urgentiste et généraliste

<<<<<<<<<<<<BV<<<<<<<<<<<<

Après la PMA et la GPA, le SMA ?

 mardi 10 octobre 2017, Dr. Jacques Michel Lacroix, Médecin urgentiste et généraliste

La médiatisation orchestrée du suicide de madame Bert, cette femme atteinte d’une maladie incurable qui a décidé d’aller se faire euthanasier en Belgique début octobre, destinée à attirer l’attention du public sur les problèmes de fin de vie est non seulement malsaine – en faisant appel à l’émotionnel, elle banalise un acte qui ne doit être envisagé qu’avec le recul nécessaire à toute prise de position importante – mais également indécente, car elle étale en place publique une détresse et un désespoir que seule l’intimité avec des proches peut permettre de partager.

Après la PMA et la GPA, le SMA ?

 mardi 10 octobre 2017, Dr. Jacques Michel Lacroix, Médecin urgentiste et généraliste

La médiatisation orchestrée du suicide de madame Bert, cette femme atteinte d’une maladie incurable qui a décidé d’aller se faire euthanasier en Belgique début octobre, destinée à attirer l’attention du public sur les problèmes de fin de vie est non seulement malsaine – en faisant appel à l’émotionnel, elle banalise un acte qui ne doit être envisagé qu’avec le recul nécessaire à toute prise de position importante – mais également indécente, car elle étale en place publique une détresse et un désespoir que seule l’intimité avec des proches peut permettre de partager.

La médiatisation orchestrée du suicide de madame Bert, cette femme atteinte d’une maladie incurable qui a décidé d’aller se faire euthanasier en Belgique début octobre, destinée à attirer l’attention du public sur les problèmes de fin de vie est non seulement malsaine – en faisant appel à l’émotionnel, elle banalise un acte qui ne doit être envisagé qu’avec le recul nécessaire à toute prise de position importante – mais également indécente, car elle étale en place publique une détresse et un désespoir que seule l’intimité avec des proches peut permettre de partager.

Sans doute y a-t-il dans cette publicité le fait, pour certains, de vouloir changer le regard de la société sur ce sujet afin de faire avancer leurs propres idéaux, et peut-être aussi le désir, pour l’intéressée, de sortir de l’anonymat en s’offrant une petite gloire forcément éphémère.

Mais ces offensives médiatiques ne doivent pas cacher le fond du problème : a-t-on le droit d’aider quelqu’un à mourir et, si oui, comment ?

Après la PMA (procréation médicalement assistée), aura-t-on bientôt le SMA (ou suicide médicalement assisté), évitant ainsi d’avoir recours au mot « euthanasie », qui suscite depuis des années des polémiques dès qu’il est prononcé ? De plus, l’utilisation du terme « médicalement assisté », en faisant référence à l’usage curatif de la médecine, discipline censée soigner et soulager, ne peut que faire admettre cette aide au suicide sans discussion, à moins, bien sûr, d’avoir l’esprit chagrin. Mais ce n’est pas un simple aménagement social à visée humanitaire auquel font référence les partisans de l’euthanasie, c’est aussi l’amorce d’un grand changement sociétal, tout comme la vulgarisation de la PMA ou de la GPA.

On peut parfaitement admettre le désir de ne pas souffrir et d’en finir au plus vite devant une situation où il n’y a plus d’espoir, et les raisons d’envisager un suicide sont complexes, multiples, et souvent difficiles à comprendre et à admettre pour celui qui n’est pas directement concerné. Cela relève d’un choix qui, à défaut d’être parfaitement libre, est toujours très personnel. Mais faut-il, pour cela, institutionnaliser un service faisant appel à un officiant chargé d’exécuter la volonté du futur défunt ? Ce serait pousser un peu loin le bouchon et ouvrir la voie à tous les excès.

J’ai, hélas, vu dans ma vie professionnelle suffisamment de suicides pour affirmer que tous ces malheureux n’ont eu besoin de personne pour passer de la vie à trépas ; j’ai aussi vu suffisamment de fins de vie pour affirmer que les traitements bien conduits permettent d’éviter douleur et désespoir. Le cadre juridique est maintenant suffisant pour permettre au médecin d’avoir une approche efficace et non répréhensible lors de ces moments si particuliers.

Doit-on remplacer par des formulaires administratifs ce qui ne peut faire l’objet que d’un dialogue intime entre le malade et son soignant au plus profond de leur conscience ?

Entrer dans cette logique administrative, c’est déjà envisager une société nouvelle, avec de nouveaux critères, c’est envisager de vivre autrement. Est-ce la société que nous désirons où tout serait formaté, réglementé, y compris ce qui ressort de l’intime ?

--------------------19---------------------------

les cathos face au nihilisme

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

CULTURE EN BREF : Disons le franchement ce qu’il y a de mieux chez les cathos c’est quand ils sont et restent conservateurs.

C’est pour cela que nous recommandons la revue Catholica dans son dernier numéro 137 consacré au nihilisme de nos mécontemporains.

catholica-Couverture_137En voici la présentation par le comité éditorial de la revue elle-même : « Le psaume 126 célèbre la fin de la captivité à Babylone. Il s’achève ainsi : « Ceux qui sèment dans les larmes, moissonneront dans l’allégresse. Ils vont, ils vont en pleurant, portant et jetant la semence ; ils reviendront avec des cris de joie, portant les gerbes de leur moisson. »

La grande prophétie moderne, formulée à l’époque des Lumières, lorsque Kant annonçait l’arrivée de l’humanité à l’âge adulte et Hegel l’épiphanie universelle de la liberté, se réalise maintenant en sens rigoureusement inverse : elle a commencé en chantant l’avenir radieux, elle finit aujourd’hui dans les angoisses et à certains égards dans la folie. Même si l’appareil politique, économique, technique, culturel de la modernité dans sa phase tardive s’autocélèbre en permanence, il faut être aveugle volontaire pour ne pas voir que le programme annoncé ne s’accomplit pas sans dégâts tout autres que collatéraux. De cela, tout le monde a en fait une conscience au moins diffuse, mais celle-ci est étouffée ou contrebalancée par la gestion collective des préoccupations à court terme et l’automatisme de la fuite en avant.

Une esthétique nouvelle est élaborée et diffusée par le système des médias, entendu au sens le plus large, tendant à relancer perpétuellement cette fuite en avant. Elle opère à travers la publicité, les circuits de production littéraire, le cinéma, la mode, la musique populaire, le simple mimétisme social. Sont ainsi banalisés, banalisés voire donnés en exemple à satiété la grossièreté de langage, la pornographie, la drogue, les tatouages, toutes les formes de déviance, les cultes sataniques, les vies familiales désaxées, le suicide comme acte de suprême liberté…ML

 

_______________18________

Éric Zemmour : «Les racines religieuses de la gauche et de la droite»

<<<<<LFP<<<<<<<<<<

CHRONIQUE - Le clivage droite-gauche ne peut pas être dépassé, car il est indépassable. Jean-Louis Harouel, grand connaisseur de l'histoire de la religion chrétienne, en fait la démonstration brillante dans son livre Droite-gauche. Ce n'est pas fini*.

 

Droite-gauche. Ce n'est pas fini. Jean-Louis Harouel. DDB. 275 p. 18,90 €, en librairie le 18 octobre.
Droite-gauche. Ce n'est pas fini. Jean-Louis Harouel. DDB. 275 p. 18,90 €, en librairie le 18 octobre. - Crédits photo : DDB

Connaissez-vous Marcion? Non, pas Macron! Cette presque homonymie est mieux qu'un hasard. Ce livre aurait pu s'intituler De Marcion à Macron. Ou encore: Macron par Marcion. Mais qui est ce Marcion? Un prédicateur religieux du IIe siècle qui entreprit de débarrasser le christianisme de ses racines juives et de substituer au «Dieu juste» de l'Ancien Testament un «Dieu bon», seulement incarné en Jésus. Pour lui, les hommes sont tous des Dieux et n'ont que faire des interdits du Décalogue: ne pas tuer, ne pas voler… Il fut condamné par l'Église et cette hérésie s'appelle la gnose.

Mais quel rapport avec Macron? Un peu de patience. Les gnostiques rejettent tout ce qui entrave leurs hommes-Dieux: famille, mariage, procréation, patrie ; ils ont une passion pour le criminel, l'ennemi, la prostituée, l'homosexuel, tous ceux qui paraissent en marge ou en rupture de la société. Vous commencez à comprendre: les gnostiques sont les ancêtres du libéralisme sociétal qui fait de l'individu un roi et de ses caprices une règle d'or.

Clair, lumineux même, notre professeur nous emmène aux sources religieuses de la pensée de gauche en nous décrivant ses deux branches principales, le libertarisme sociétal et le communisme, comme deux hérésies du christianisme

On peut aisément récapituler la descendance de Marcion et de ses gnostiques: avortement, divorce, mariage homosexuel, PMA et GPA pour tous, mais aussi laxisme pénal ou encore internationalisme militant. Même si cette révélation afflige l'orgueil de notre Jupiter tonnant, les sociétés occidentales vivent dans l'ombre, non de Macron, mais de Marcion. Et ce n'est pas fini: une autre hérésie chrétienne, le millénarisme, version prosaïque du messianisme religieux, promet le bonheur sur terre ; un bonheur collectif, au nom de l'égalité. Ce millénarisme est bien sûr l'ancêtre de Marx et des mouvements communistes. Le millénarisme et la glose sont les deux branches de la gauche, les deux gauches, l'autoritaire et la libérale, la collectiviste et la libertaire, la gauche-caserne et la gauche-phalanstère. Elles s'allient et se combattent alternativement.

On a coutume de dire après Chesterton que les utopies de la gauche sont «des idées chrétiennes devenues folles». Notre auteur précise: pas folles, hérétiques. Jean-Louis Harouel est un professeur de droit éminent qui, depuis plusieurs ouvrages déjà, tourne sa réflexion autour de l'influence du facteur religieux sur les comportements idéologiques et politiques. Il a enfin trouvé un éditeur qui ne gâche pas son travail. Ce dernier livre est l'aboutissement de sa réflexion: clair, lumineux même, notre professeur nous emmène aux sources religieuses de la pensée de gauche en nous décrivant ses deux branches principales, le libertarisme sociétal et le communisme, comme deux hérésies du christianisme.

Hérésie, car, comme nous l'explique Paul Veyne, le christianisme est une religion du salut dans l'au-delà et non un projet social ou politique pour ce bas monde. Hérésie car «c'est un contresens que de construire un droit sur la base des préceptes évangéliques alors que Jésus n'a pas voulu être créateur de droit, qu'il n'a aucunement judiciarisé la vie quotidienne». Avis aux chrétiens de gauche qui ont fait de l'accueil des migrants une religion qui se moque des patries, avis aux droit-de-l'hommistes, qui ont pris la place des communistes comme les nouveaux millénaristes: ils sont tous des enfants de Marcion. Tous hérétiques.

Seconde leçon que notre auteur ne tire pas explicitement : la droite n'existe plus. Elle n'est qu'une autre gauche d'une société déchristianisée

Et la droite dans tout ça? Elle est tout ce que la gauche n'est pas. Elle est le christianisme. Elle est le contraire de l'utopie, ce qui la protège de la violence révolutionnaire. Elle ne coupe pas l'universalisme chrétien du nationalisme du peuple juif de la Bible. Elle respecte l'individu, maître de son destin, car le christianisme est une religion du salut individuel. Elle pense que le mal est en l'homme et non à l'extérieur, dans la société ; qu'il faut d'abord punir le criminel, et non le rééduquer. Elle est au fond indifférente envers l'organisation politique et sociale de la cité terrestre, car l'objectif du christianisme est de changer les âmes, pas la société. Elle est libérale mais pas libertaire, car le libéralisme sociétal est contre la société et contre la liberté. Pas libre-échangiste non plus si cela va à l'encontre des intérêts de son pays. Elle fait passer, à la manière d'un Burke ou d'un Joseph de Maistre, les droits des Anglais ou des Français avant les «droits humains».

On tire ainsi une double leçon de ce livre remarquable. La première donne le titre à l'ouvrage: le clivage droite-gauche ne peut être dépassé car il est indépassable, puisque ses racines religieuses millénaires ne peuvent être arrachées. L'actuelle fracture entre populisme et progressisme, entre homme enraciné et hors-sol, ressuscite la traditionnelle opposition entre la gauche et la droite. Les partis politiques qui incarnaient ce clivage depuis plusieurs décennies meurent sous nos yeux, mais le clivage droite-gauche renaît.

Ce livre est un bréviaire pour une droite en quête de programme. Mais on ne voit personne capable de l'assumer

Seconde leçon que notre auteur ne tire pas explicitement: la droite n'existe plus. Elle n'est qu'une autre gauche d'une société déchristianisée. Elle est, elle aussi, une hérésie, une utopie, se veut le parti de demain, comme la gauche, libérale et libre-échangiste, mondialiste et droit-de-l'hommiste, faisant de l'individu roi un terrible bélier enfonçant les structures traditionnelles.

La conclusion de notre professeur se veut peut-être incantation optimiste alors qu'elle est d'un pessimisme qui fait froid dans le dos: «Parce qu'elle a hérité du christianisme le refus de l'utopie et les valeurs qui font durer les sociétés humaines, la droite peut prendre le relais de la religion pour continuer à fonder et guider notre civilisation. Parce qu'elle a seule les moyens d'empêcher la mort de la France et des autres pays européens post-chrétiens, la droite est notre dernière chance.» Ce livre est un bréviaire pour une droite en quête de programme. Mais on ne voit personne capable de l'assumer.

Et Macron dans tout cela? Il est bien le lointain héritier de son quasi-homonyme, Marcion. Il est de gauche. On comprend après avoir lu cet ouvrage qu'il n'est qu'un hérétique du christianisme de plus. Mais il n'a pas d'opposition de droite. Il n'est pas le meilleur, il est le seul.

__________17__________

Kerbala, cet autre Irak qui prospère grâce à la religion

<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<

REPORTAGE - Venus du monde entier, des millions de pèlerins affluent chaque année dans les mausolées de la ville sainte chiite, bien gérés par des fondations, qui rejettent l'interventionnisme du gouvernement corrompu de Bagdad. Un modèle qui pourrait à terme faire de l'ombre au grand frère iranien, voisin.

Envoyé spécial à Kerbala

À l'intérieur du mausolée tapissé de mosaïques, la foule immense se presse pour toucher du doigt la paroi argentée du tombeau de l'imam Hussein. Manjour, 37 ans, est venu du Gujarat, en Inde, pour pleurer le martyre de son «guide» Hussein, le troisième imam des chiites. Abdolfaz, un Iranien en transe, les mains ouvertes, a fait trente heures de bus depuis la frontière avec l'Azerbaïdjan pour se recueillir sur la dépouille d'Hussein, à côté duquel reposent son fils aîné, Ali al-Akhbar, et les 77 autres martyrs de la bataille de Kerbala en 680, qui lança la guerre entre chiites sunnites, toujours sanglante quatorze siècles plus tard.

Face à la mosquée d'Hussein se dresse le majestueux mausolée de son demi-frère, Abbas, avec ses deux minarets en or qui dominent Kerbala, à 70 km au sud de Bagdad. Une ville tout entière tournée vers son passé héroïque lors des pèlerinages de l'Achoura ou pendant les célébrations, en mai, de l'anniversaire d'Hussein. Dehors, sous une chaleur déjà étouffante, des centaines de femmes engoncées dans leurs tchadors sont assises sur les dalles brûlantes. En attendant d'entrer dans le sanctuaire, certaines ont allumé des cierges. Une entrée avec fouille au corps, sous haute sécurité. Ces rassemblements monstres sont des cibles pour Daech, leur ennemi sunnite ultraradical. «Hussein et Abbas incarnent le courage, c'est un exemple que nous devons suivre», insiste Mohammed Rahim, un autre Iranien, présent pour la septième fois à Kerbala.

Des milices contre Daech

Chaque année, près de trente millions de pèlerins chiites convergent vers la ville sainte. Une manne gérée par deux fondations religieuses associées à chacun des mausolées. Des mini-empires qui pèsent lourd. Mais pas question que le gouvernement de Bagdad, fût-il dominé par des chiites, mais rongé par la corruption, vienne y mettre son nez.

«Avec nos 6500 employés, nous sommes un mini-État qui fonctionne bien, ici il n'y a pas de corruption»

Cheikh Ahmad Safi

«Avec nos 6500 employés, nous sommes un mini-État qui fonctionne bien, ici il n'y a pas de corruption», assure Cheikh Ahmad Safi. Ce jeune ayatollah, qui dirige la fondation du mausolée d'Abbas, est proche d'Ali Sistani, le dignitaire chiite le plus respecté d'Irak. «Tous les investissements que nous avons réalisés ont été faits sans que Bagdad intervienne. Les hommes politiques irakiens viennent nous voir pour nous demander des renseignements, mais ils ne suivent jamais nos conseils», regrette ce dignitaire, coiffé du turban noir des seyyed, les descendants du Prophète. Sa fondation ne reçoit que 10% de l'ensemble des dons, legs et impôts religieux perçus par le clergé chiite au profit des sanctuaires de Kerbala. Celle du mausolée d'Hussein en perçoit 80%: c'est la plus dotée de toutes les fondations religieuses du monde chiite. Son budget annuel se compterait en milliards de dollars. À l'entrée de Kerbala, à deux pas du «Triangle de la mort» où al-Qaida kidnappait des étrangers, le visiteur est accueilli dans un vaste complexe hôtelier avec bungalows flambant neufs, sorte de Club Med pour pèlerins, où les jeunes mariés viennent consommer leur nuit de noces à l'abri des regards indiscrets.

Plus qu'à Bagdad ou Bassora, l'ancienne Venise du Sud, minée elle aussi par une gabegie endémique, c'est ici, au cœur du «pays chiite», que se construit l'avenir de la plus importante communauté irakienne, qui pourrait un jour devenir autonome. Voire celui de l'«Axe chiite» reliant l'Iran au Liban en passant par la Syrie, qui fait peur au monde sunnite.

«La fondation de l'imam Hussein a fait part de son intérêt pour l'acquisition de deux Airbus ATR/A320»

Un diplomate français

Ce n'est pas un hasard si, dans cette région du «Moyen Euphrate», entre Kerbala et Nadjaf, verra bientôt le jour un immense aéroport, baptisé «Imam Hussein», capable d'accueillir 20 millions de passagers chaque année, grâce à l'ouverture d'une compagnie aérienne qui reliera Kerbala aux principaux foyers de population chiite en Iran, Syrie, Liban, Yémen, Pakistan et Inde.

«La fondation de l'imam Hussein a fait part de son intérêt pour l'acquisition de deux Airbus ATR/A320», confie un diplomate français. En janvier, elle a également ouvert un bureau à Paris, doté d'un représentant permanent. «Nous avons une maison des sciences du Coran en Indonésie et un centre culturel au Danemark», détaille Cheikh Ali al-Qarawi, de la Fondation de l'imam Hussein, dont le département Médias publie chaque trimestre une revue en français intitulée Renaissance. Un mot qui résume bien l'état d'esprit des chiites d'Irak. «Kerbala a été en partie détruite par l'armée de Saddam Hussein, après notre révolte de 1991», se souvient seyyed Riad al-Hakim, fils d'un des plus grands ayatollahs chiites, emprisonné entre 1983 et 1991, avant sa fuite en Iran, juste après la répression sanglante qui s'abattit sur les disciples d'Ali.

«Nos hommes ont participé à la bataille de Mossoul, après avoir été déployés à al-Dour, Baiji, Tikrit et Qayyara» 

Ahmed Rida al-Khafaji, du Comité des martyrs de la Brigade d'Ali al-Akhbar

Lutte contre Daech oblige - et même si participer à l'effort de guerre a réduit les investissements des fondations - chacune d'elles s'est dotée d'une milice populaire. «Nos hommes ont participé à la bataille de Mossoul, après avoir été déployés à al-Dour, Baiji, Tikrit et Qayyara», insiste Ahmed Rida al-Khafaji, du Comité des martyrs de la Brigade d'Ali al-Akhbar, la milice liée au mausolée de l'imam Hussein, forte de 3500 hommes. «Mais, quand on entre dans un village sunnite, ce n'est pas pour y appliquer des règles religieuses», précise-t-il, en réponse aux accusations d'exactions perpétrées par certaines milices.

«Il y a de la concurrence entre nous pour rendre service aux gens», reconnaît Ahmad Safi. Chacun des 5000 combattants de la milice liée à l'imam Abbas perçoit une solde mensuelle de 750 dollars de la société Kafeel, qui gère la fondation. Un mini-empire là encore. Yaourt Kafeel, Pepsi-Kafeel, eau Kafeel: impossible d'y échapper à Kerbala. L'Iran leur vend aussi des armes. Et c'est Kafeel qui paie. Son fleuron est à une dizaine de km de la ville sainte: un hôpital ultramoderne, le 5e plus moderne au Moyen-Orient, selon un classement établi par un site spécialisé à Dubaï. L'établissement de 220 lits fait venir des médecins australiens, indiens ou français pour des missions de quelques semaines. «Les patients qui veulent se faire opérer à cœur ouvert doivent aller au Liban et payer 30.000 dollars, ici ça coûte la moitié», explique un chirurgien qui montre un IRM acheté à la société américaine General Electric. «On commence même, dit-il, à recevoir des patients de Bahreïn et d'Arabie saoudite», issus des communautés chiites marginalisées par leurs pouvoirs respectifs.

Relations aigres-douces avec l'Iran

Les fondations se substituent à un État défaillant. Le système rappelle les toutes-puissantes fondations iraniennes, censées venir en aide aux déshérités. Mais la ressemblance s'arrête là. «Les fondations iraniennes ne sont pas vraiment un modèle», tranche Alaa, un intellectuel.

Les institutions de Kerbala entretiennent des rapports complexes avec l'Iran. Pour mieux se faire accepter, Téhéran a multiplié les dons pour la rénovation des mausolées d'Hussein et d'Abbas. Mais la rivalité reste sous-jacente. Nadjaf et la ville sainte iranienne de Qom sont en concurrence pour imposer leur suprématie sur le monde chiite. Et des désaccords doctrinaires subsistent. «Nous refusons le système de gouvernement iranien fondé sur le velayat-faqui (la suprématie du religieux sur le temporel)», assure Alaa. Comme l'immense majorité de ses coreligionnaires irakiens, il se sent certes chiite, mais un chiite arabe et non perse.

 «La plupart des pèlerins iraniens ne parlent même pas l'arabe» 

Ali, un guide

«La plupart des pèlerins iraniens ne parlent même pas l'arabe», regrette Ali, un guide, on doit sans arrêt leur indiquer le chemin.» Pointe un zeste d'agressivité à l'égard d'un encombrant voisin. Comme une relation aigre-douce, nourrie par l'histoire. À tel point que ce sont des Iraniens, dissimulés parmi leurs pèlerins, qui assurent la sécurité de ces derniers, très nombreux, hébergés dans leurs propres hôtels et dépensant en toman, la monnaie d'Iran.

Dans sa hawza - son centre d'études - de Nadjaf, à une trentaine de km au sud de Kerbala, Cheikh Ali al-Boudeiri reçoit ses disciples sous les portraits des marjas, les maîtres à penser du chiisme. «L'Irak et l'Iran partagent des intérêts, mais les retombées politiques ne profitent qu'à un seul côté», dit-il, en dénonçant les «deux faces de l'intervention iranienne» dans son pays. «La première, visible, consiste à faire des échanges, l'autre, plus souterraine, c'est le contrôle général de l'Irak». D'où le souci de Téhéran de garder un œil sur l'émancipation des chiites entre Kerbala et Nadjaf. «L'Iran n'a-t-elle, comme l'assurent les dirigeants des fondations, aucune influence dans la conduite de celles-ci?», s'interroge, dubitatif, le diplomate précité.

______________16___________

Kilian Jornet, alpiniste de l'extrême : « L'aventure, c'est la découverte de la nature et de soi-même »

<<<<<<<<<LM<<<<<<<<<<

Entretien

Course à pied, ski, alpinisme, ski-alpinisme, le Catalan Kilian Jornet a réussi par deux fois en moins de cinq jours à gravir l’Everest, sans oxygène et sans corde, en des temps record ( 26 heures, puis 17 heures). Plus de 3 800 m de dénivelé positif, dont 30 km de moraines, et 2 300 m d’ascension sur une pente à plus de 50°.

Cette ascension, considérée comme plus difficile que par la voie népalaise, prend en moyenne entre trois et cinq jours à un alpiniste acclimaté. Pour Le Monde Festival, Kilian Jornet revient sur la notion d’aventure et sur son engagement écologique.

_______________15___________

Attentat de Nice : Paris Match ne sera pas retiré des kiosques

<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

Le parquet de Paris a demandé en urgence le retrait de Paris Match qui publie des captures d'écran de la vidéo surveillance de la ville de Nice le jour de l'attentat du 14 juillet 2016. Finalement, Paris Match, ne sera pas retiré des kiosques, mais toute nouvelle publication des photos a été interdite.

La parution de Paris Match fait polémique cette semaine. Dans ce numéro, en kiosque ce jeudi 13 juillet, l'hebdomadaire publie sur une double page des images de l'attentat de Nice le 14 juillet 2016. Ces photos sont des captures d'écran issues de la vidéo surveillance de la ville de Nice et sont versées dans l'enquête judiciaire. Ce jeudi matin, le parquet de Paris a demandé en urgence au tribunal de grande instance (TGI) d'ordonner le retrait de Paris Match et «l'interdiction de sa diffusion sous tous formats, notamment numérique». Et ce, avec astreinte de 50.000 euros par jour de retard pour le journal papier et 50.000 euros par heure de retard pour les supports numériques.

Lors de l'audience, conduite à partir de 14 heures par le président du TGI de Paris Jean-Michel Hayat, le procureur Olivier Christen a dénoncé la «logique mercantile» de l'hebdomadaire, rapporte l'AFP: «Il n'y a pas là d'information, il y a du commerce.» Il n'y a «aucun doute sur le fait que les victimes soient identifiables», a soutenu le procureur. Selon lui, il est «inédit» que des images de «l'attentat lui-même», «des victimes en train d'être tuées lors d'un acte de terrorisme» soient diffusées. Des arguments que l'avocate de Paris Match, Me Marie-Christine de Percin, a réfuté en bloc. Ce ne sont pas des photos «dégradantes», «humiliantes», «on voit des silhouettes, on ne montre que ce qui est nécessaire», a-t-elle argumenté, selon des propos rapportés par l'AFP. «Ca ne nous rapporte pas d'argent», a-t-elle plaidé, rappelant que c'est une «tradition», au nom du «devoir de mémoire», que l'hebdomadaire revienne un an après sur de grands événements «qui ont marqué l'opinion».

La justice devait dire à 18 heures ce jeudi si elle ordonnait ou non le retrait de la publication. Peu après 19 heures, l'information est tombée: pas de retrait de Paris Match, mais toute nouvelle publication des photos est interdite. Le tribunal a ainsi demandé le retrait, sur les éditions numériques du magazine, de deux photos de l'attentat de Nice montrant le camion qui écrase la foule, moyennant une astreinte de 50. 000 euros par heure de retard pour les supports numériques. «Le retrait des kiosques (...) ne saurait constitué une mesure efficiente, dès que le numéro litigieux est d'ores et déjà en vente. En revanche, pour mettre fin au trouble et prévenir tout nouveau dommage, il convient d'interdire toute nouvelle publication», peut-on lire dans le jugement. Le TGI a donc estimé qu'il y avait bien et bel eu «trouble manifestement illicite» et «atteinte à la dignité de la personne».

«Créer une atmosphère morbide»

Dès mercredi, les associations de victimes FENVAC et l'Association Promenade des Anges avaient publié un communiqué - via leur avocat Maître Eric Morain - dénonçant des captures d'écran qui «portent atteinte à la dignité des victimes et de leurs proches». «Les victimes de Nice n'avaient pas besoin de ça. Vraiment pas», écrit également l'avocat, à la veille des commémorations de l'attentat auxquels assistera le président de la République Emmanuel Macron.

 

De son côté, le maire de Nice- Christian Estrosi - avait écrit au ministre de la Justice «afin qu'il se saisisse de cette parution». Il a également dénoncé des images «insoutenables et abjectes». Plusieurs kiosquiers niçois ont d'ailleurs décidé de boycotter le titre, rapporte Nice Matin . «La tristesse d'une ville et de ses victimes ne se monnaie pas! Pas de Paris Match cette semaine. Merci de votre compréhension», a par exemple affiché Alex Routier sur ses cinq points de vente de la région. Son appel aurait été suivi par une trentaine de kiosquiers, selon le quotidien local.

 
 

Paris Match défend le droit à l'information

Face à la polémique, le directeur de la rédaction de Paris Match - Olivier Royant - avait réagi dès mercredi dans la soirée. «Paris Match entend défendre becs et ongles le droit des citoyens, au premier chef le droit des victimes, de savoir ce qui s'est passé exactement lors de l'attentat commis à Nice le 14 juillet 2016», explique-t-il notamment. Concernant les photos qui font polémique, il poursuit: «Il s'agit de vues de loin, de plans larges, sans identification possible des victimes ni atteinte à leur dignité. Elles sont publiées dans un souci de compréhension des événements».

Il est dangereux pour la liberté de l'information qu'une telle requête soit encouragée

Syndical national des journalistes (SNJ)

Paris Match est vivement défendu par le Syndical national des journalistes (SNJ) qui, dans un communiqué, «affirme qu'il est dangereux pour la liberté de l'information qu'une telle requête soit encouragée». Le SNJ relève que la procédure est «rarissime, quasiment plus mise en oeuvre depuis l'époque de la guerre d'Algérie il y a plus de 50 ans». De plus, insiste le syndicat, «en matière de liberté de l'information, depuis la loi de 1881, les cours de justice, aussi bien françaises qu'européennes ont toujours récusé la censure 'a priori'». Concernant les clichés publiés, le SNJ juge en outre que «si l'on peut évidemment comprendre la douleur et l'émoi des victimes, et s'y associer pleinement, le caractère informatif de ces photos et leur publication comme témoignage de l'horreur d'un acte barbare commis contre une population civile, n'est pas discutable».

 

Le soir du 14 juillet 2016, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel - un Tunisien de 31 ans domicilié à l'est de Nice - avait foncé dans la foule au volant d'un poids-lourd sur la promenade des Anglais à Nice, à l'issue du feu d'artifice donné pour la fête nationale. Cet attentat revendiqué par l'État islamique avait fait 86 morts.

 ______________14___________

L’IRM le plus puissant au monde s’installe à Saclay pour explorer le cerveau humain

<<<<<<<<<<<<<<<<LFS<<<<<<<<<<<<

Grâce à un gigantesque aimant d’une puissance inédite de 11,7 teslas, l’instrument Iseult servira à améliorer la connaissance du cerveau humain.

Il ne s’appelle pas Tristan, mais c’est sans nul doute «son» Iseult qui vient d’arriver dans les locaux de l’institut NeuroSpin, qu’il dirige. Denis Le Bihan, médecin et physicien, l’un des pionniers de l’imagerie par résonance magnétique (IRM), est visiblement ravi, presque ému, de présenter à la presse ce nouvel aimant de 11,7 teslas (unité de mesure du champ magnétique) qui constituera dans les années à venir le fer de lance de son centre de neuro-imagerie cérébrale en champ intense situé au CEA, sur le plateau de Saclay (Essonne). À titre de comparaison, les champs développés par les aimants des appareils d’IRM utilisés dans les hôpitaux ne dépassent pas 3 teslas. Iseult devrait ainsi pouvoir fournir des images ayant une résolution 100 fois meilleure, avec une taille de pixel ne dépassant pas l’épaisseur d’un cheveu. Avec comme objectif pour ses utilisateurs de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau humain.

Fruit d’un partenariat franco-allemand, financé en grande partie par la BPI côté français, Iseult deviendra l’appareil d’IRM le plus puissant au monde lors de sa mise en service, prévue aux alentours de 2019. Il devancera le système à 10,5 teslas installé à Minneapolis. «Nous allons raccorder l’aimant et commencer à monter en champ progressivement, explique Anne-Isabelle Etienvre, directrice de l’Institut de recherche fondamentale sur les lois de l’Univers du CEA. Des collègues américains ont brisé un aimant de 11,7 teslas en allant trop vite. Notre design est différent, nous ne devrions pas connaître la même mésaventure, mais nous allons rester prudents.»

L’énergie d’un éclair

Iseult n’est pas très féminine. C’est un cylindre creux épais de deux mètres, pesant 132 tonnes et mesurant cinq mètres de long pour cinq mètres de diamètre. Il prend quasiment toute la place de l’une des six arches du bâtiment NeuroSpin, dont l’aspect extérieur évoque les replis du cortex, cette structure caractéristique du cerveau destiné à maximiser les connexions entre neurones. «Ce n’est pas un hasard, confie Denis Le Bihan. Tout l’institut a été conçu autour du projet Iseult.»

Au total, la bobine de l’aimant est constituée de plus de 180 kilomètres de fil réalisé dans un alliage niobium-titane. La bobine sera refroidie à - 271,35 °C, à moins de deux degrés du zéro absolu, grâce à un bain d’hélium liquide. À cette température, l’alliage niobium-titane devient supraconducteur, c’est-à-dire qu’il conduit parfaitement l’électricité. Le courant circule indéfiniment, sans se dissiper sous forme de chaleur par effet joule. On peut ainsi faire circuler un courant électrique extrêmement intense et stable. En l’occurrence, son intensité sera de 1 500  ampères. L’énergie stockée dans la bobine complète en cours de fonctionnement est de l’ordre de 340 mégajoules, similaire à celle libérée par un éclair pendant un orage.

Ce courant permettra de développer le champ magnétique extrêmement intense visé par les chercheurs. Mais ce n’était pas le seul enjeu. Encore fallait-il maîtriser une telle puissance. «Nous avons besoin d’un champ extrêmement stable sur un volume de 22 cm, ce qui correspond en moyenne à la taille d’un cerveau adulte, rappelle Anne-Isabelle Etienvre. La conception de l’aimant est telle que le champ ne doit pas varier de plus d’un demi-millionième de tesla sur ce volume. Mais il doit aussi être très stable dans le temps et ne pas dévier de plus d’un demi-dix-millionième de tesla sur une heure.» C’est toute l’expertise acquise par le CEA sur les aimants des accélérateurs de particules tels que le LHC, le plus grand au monde, enfoui à Genève, ou les projets de confinement de plasma pour la fusion nucléaire, comme Iter, qui ont été mis à profit ici.

L’un des grands enjeux sera de mettre au jour l’existence possible d’un code neural»

Denis Le Bihan, directeur de l’Institut Neurospin.

Les premiers tests seront menés, comme le veut la tradition en neuro-imagerie, sur des fruits, tels que le kiwi, dès 2018. Puis il faudra passer progressivement au cerveau humain, sain et pathologique, afin d’en étudier les propriétés fondamentales. «L’un des grands enjeux sera de mettre au jour l’existence possible d’un code neural, c’est-à-dire d’un ensemble de règles d’agencement des neurones permettant de comprendre pourquoi certaines régions du cerveau ont des capacités particulières, explique Denis Le Bihan. Cette idée est encore débattue, mais je pense que nous aurons les moyens de répondre à cette grande interrogation grâce à la résolution très fine d’Iseult.» Chaque pixel ne contiendra plus qu’un millier de neurones, contre quelques dizaines à centaines de milliers actuellement. À cette échelle plus fine, les chercheurs devraient aussi être capables de détecter les petites plaques amyloïdes suspectées d’être responsables de la maladie d’Alzheimer. Le projet Iseult prévoit d’ailleurs le développement de nouveaux marqueurs venant se fixer sur cette cible afin d’en rehausser le contraste sur les images.

Le champ fort présente d’autres intérêts. Il va permettre d’effectuer des images plus rapidement, et ainsi de suivre plus finement l’évolution temporelle de l’activité cérébrale, par exemple. Ou de mieux comprendre les mécanismes d’action de molécules médicaments.

Par ailleurs, l’IRM classique s’intéresse principalement aux molécules d’eau. Ce sont en effet les atomes d’hydrogène qu’elles contiennent qui sont excitées lors de l’examen. La rapidité et l’ampleur de leur réponse à cette stimulation donne des informations sur les types de tissus dans lesquels elles se trouvent (pour des raisons encore mal comprises d’ailleurs). En augmentant le champ, la réponse d’autres atomes, tels que le sodium, le chlore, le phosphore ou le potassium, présents dans des neurotransmetteurs ou des métabolites, pourra être détectée. Avec de potentielles découvertes considérables à la clé.

_____________________13_____________

En France, le nombre d'exorcismes en nette augmentation

<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<

Chacun des cent diocèses de France dispose désormais d'un prêtre exorciste.

Les exorcismes sont en croissance exponentielle dans l'Hexagone. Il y a dix ans, et pour la seule Île-de-France, le nombre d'exorcismes pratiqués par des prêtres catholiques avoisinait une quinzaine de cas par an. Une cinquantaine d'exorcismes sont désormais accomplis annuellement. «Il y a un accroissement très net. Les exorcistes sont frappés de voir que le phénomène prend de plus en plus d'ampleur», constate le père Emmanuel Coquet, secrétaire général adjoint de l'épiscopat. Il accompagne, entre autres fonctions, le «bureau national des exorcistes». Car chacun des cent diocèses de France dispose d'un prêtre exorciste. «En réalité, explique-t-il, c'est l'évêque qui est l'exorciste du diocèse mais il confie cette tâche par une délégation formelle à un ou deux prêtres qui sont assistés par une équipe de laïcs et de religieux pour cette mission.»

Un vrai travail de discernement

La première difficulté est de trier les dossiers. Le service n'a pas de chiffres nationaux mais le père Coquet assure que près de 2500 demandes environ arrivent chaque année dans les diocèses d'Île-de-France. «Ces requêtes, très variées, note-t-il, nécessitent un vrai travail de discernement. On n'est plus dans le “tout symbolique” d'il y a quelques années ou dans le tout “diabolique” d'il y a quelques décennies. Mais des personnes sont vraiment affectées par l'emprise du “Malin”. C'est une réalité que l'on ne peut pas cantonner dans le registre du symbolique. Il est d'ailleurs frappant de voir combien le Pape en parle régulièrement. Mais tout ne relève pas d'un exorcisme, loin de là. L'enjeu de ce travail est d'abord d'accueillir toutes ces personnes en souffrance, de discerner, de les accompagner avec la communauté de l'Église.»

«Nous assistons après l'exorcisme à d'authentiques apaisements, libérations et guérisons inté­rieures.»

Père ­Emmanuel Coquet, secrétaire général adjoint de l'épiscopat

Avant de décider un «exorcisme majeur», l'Église catholique fait appel à des expertises psychiatriques pour évaluer si la personne aurait plutôt besoin de soins médicaux. Si l'exorcisme est opportun, il est alors très encadré en termes liturgiques. Le rituel contenant les prières de l'exorcisme n'est pas public. Seul l'évêque le reçoit et le transmet au prêtre pour sa mission d'exorciste.

Un exorcisme majeur se déroule comme une liturgie de la parole: lectures de textes de la Bible, prières de litanies, profession de foi, imposition des mains et formule de l'exorcisme. Pour cet acte, le prêtre est toujours accompagné de plusieurs personnes qui prient et qui peuvent l'aider: «Il peut arriver que les forces de la personne soient soudain décuplées, explique le père Coquet. On laisse la personne exprimer la violence qu'elle porte en elle mais il faut se protéger en cas de difficultés. D'autres ne supporteront pas la vue d'un crucifix ou l'évocation de tel ou tel saint. D'autres encore se mettent à parler une langue qu'ils n'ont jamais apprise… Nous assistons après l'exorcisme à d'authentiques apaisements, libérations et guérisons intérieures. Tout cela est bien réel, conclut-il, cela ne s'invente pas.»

 

_____________________12_______________

La question de l'existence du diable agite l'Église catholique

<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<

Le supérieur des Jésuites estime que «Satan» n'est qu'un «symbole». Le Pape n'est pas sur cette ligne.

L'existence réelle du diable est l'une des questions les plus mystérieuses qui soit. Les théologiens en parlent peu. Mais quand le sujet sort de l'ombre, il fait du bruit. Ainsi de la déclaration récente du père Arturo Sosa, vénézuélien et surtout nouveau supérieur général de la Compagnie de Jésus (les Jésuites) depuis le 14 octobre dernier. Dans une interview accordée au journal espagnol El Mundo, le 31 mai, le père Sosa a considéré, contre l'enseignement le plus classique - le catéchisme de l'Église catholique en parle à trente-sept reprises -, que le «diable» n'est qu'un «symbole» sans réalité.

«Nous, les chrétiens, nous croyons que nous sommes faits à l'image de Dieu, parce que Dieu est libre. (...) Nous avons créé des figures symbo­liques, comme le diable, pour exprimer le mal»

Le père Arturo Sosa

La question posée fut: «Croyez-vous que le mal soit un produit de la psychologie humaine ou provient-il d'une entité supérieure?» Il a répondu: «De mon point de vue, le mal fait partie du mystère de la liberté. Si l'être humain est libre, il peut choisir entre le bien et le mal. Nous, les chrétiens, nous croyons que nous sommes faits à l'image et à la ressemblance de Dieu, parce que Dieu est libre, mais Dieu choisit toujours de faire le bien parce qu'il est toute bonté. Nous avons créé des figures symboliques, comme le diable, pour exprimer le mal.»

«On a fait croire que le ­diable est un mythe, une image, une idée, l'idée du mal. Mais le diable existe et nous devons lutter contre lui»

Le pape François
Le père Arturo Sosa, supérieur général de la Compagnie de Jésus, le 22 décembre 2016 à Caracas.
Le père Arturo Sosa, supérieur général de la Compagnie de Jésus, le 22 décembre 2016 à Caracas. - Crédits photo : FEDERICO PARRA/AFP Forum

Ce qui n'est pas l'avis du Pape, jésuite également. Dans l'histoire récente, François est le souverain pontife qui aura le plus nommé et mis en garde contre «Satan» et «la puissance des ténèbres». Ainsi le 30 octobre 2014 avait-il lancé: «À cette génération, et tant d'autres, on a fait croire que le diable est un mythe, une image, une idée, l'idée du mal. Mais le diable existe et nous devons lutter contre lui. C'est ce que dit saint Paul, ce n'est pas moi qui le dis! La Parole de Dieu le dit. Mais pourtant, nous n'en sommes pas vraiment convaincus.» Ce n'est pas non plus l'avis du père Sante Babolin, prêtre exorciste du diocèse de Padoue.

Cette question théologique de l'existence du diable, que le pape François a de facto relancée, demeure un sujet de controverses entre théologiens parce qu'elle ouvre l'énigme fondamentale du mal. Mais si cette déclaration du supérieur des Jésuites a fait mouche, c'est aussi parce qu'elle est la dernière d'une série de prises de position qui ont étonné de ce «pape noir» - c'est le surnom toujours donné au supérieur des Jésuites en raison de son pouvoir ecclésial - sur la place des femmes dans l'Église, sur l'homosexualité, sur l'immigration. Ou sur les divorcés-remariés: il estime en effet que «les paroles de Jésus» sur l'indissolubilité du mariage «doivent être contextualisées (…)» car «la parole est relative». Pour en «discerner» le sens, «l'Église a toujours rappelé la priorité de la conscience personnelle».

 

_______________11_____

«Je ne croyais pas possible qu'un baptisé puisse être possédé par le démon…»

<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<

INTERVIEW - Le père Sante Babolin, professeur de philosophie à la retraite de la prestigieuse université jésuite la Grégorienne, est le seul prélat à avoir réagi publiquement contre les propos du supérieur général des Jésuites, qui estime que «Satan» n'est qu'un symbole. Des propos qui ne sont pourtant pas passés inaperçus en Italie, en Espagne, en Amérique latine et aux États-Unis.

LE FIGARO. - Pourquoi avez-vous réagi publiquement aux propos du père Sosa?

Père Sante BABOLIN. - Je suis un prêtre catholique et professeur émérite de l'Université pontificale grégorienne de Rome, où j'ai enseigné la philosophie pendant trente-trois ans. Mon évêque m'a confié la responsabilité d'accomplir le rite de l'exorcisme majeur. Depuis 2006, j'ai ainsi célébré 2300 rites d'exorcisme. C'est donc sur la base de cette expérience concrète que j'ai réagi.

Le diable existerait donc?

Pour tout vous dire, quand l'évêque m'a confié ce ministère, je ne croyais pas possible qu'un baptisé puisse être possédé par le démon… Mais j'ai dû me rendre à l'évidence! Les actions du diable sur l'homme peuvent être ordinaires: ce sont les tentations. Ou extraordinaires: ce sont les vexations, les obsessions et les possessions. La discipline de l'Église réserve l'exorcisme aux seules personnes possédées. Et avant d'exorciser une personne, nous demandons systématiquement une visite psychiatrique.

» Lire aussi - La question de l'existence du diable agite l'Église catholique

En quoi le père Arturo Sosa a-t-il tort, selon vous?

Le démon est diable, du grec diabolos, le «diviseur». Et non symbole, du grec simbolos, l'«unificateur». Le titre de symbole revient précisément à Jésus de Nazareth, en tant qu'il a uni l'humanité avec la divinité et la nature humaine avec la nature divine, dans la personne divine du Verbe de Dieu.

«Les démons ont été créés bons, mais libres également. Ils sont devenus mauvais par leur choix libre»

Que dit l'Église sur la question du diable?

Le pape Paul VI a donné une remarquable synthèse sur ce thème en 1972: «Nous trouvons, a-t-il dit, le mal dans le règne de la nature où beaucoup de ses manifestations mettent en évidence un désordre. Nous trouvons le mal dans les désordres humains où nous rencontrons la faiblesse, la fragilité, la douleur, la mort et quelque chose de pire: une double loi contradictoire, une loi voudrait le bien, l'autre loi se tourne vers le mal. Ce tourment, saint Paul l'explique pour démontrer à la fois la nécessité mais aussi la chance de la grâce salvatrice du salut apporté par le Christ… Ensuite nous trouvons aussi le péché, la perversion de la liberté humaine, cause profonde de la mort parce que détaché de Dieu qui est source de la vie. Et puis, parfois, nous trouvons un agent ennemi et obscur, le démon qui intervient en nous et dans notre monde. Le mal n'est plus alors seulement une déficience mais une efficience, un être vif, spirituel, perverti et pervertissant. Une terrible réalité. Mystérieuse et à craindre.»

Des théologiens catholiques estiment toutefois que le thème du diable est dépassé…

Moi aussi, j'étais de cet avis! Mais j'ai dû me rendre à l'évidence, non par le débat d'idées mais par cette expérience concrète et empirique d'exorciste.

«Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent :« Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas»

Père Sante Babolin

Beaucoup de croyants et de non-croyants ne comprennent pas pourquoi un Dieu bon permettrait le mal…

Dieu nous a créés capables de répondre à l'amour par l'amour. Mais sans liberté, il n'est pas possible d'aimer. Les démons ont aussi été créés bons, mais libres également. Ils sont devenus mauvais par leur choix libre. Dieu ne peut rien faire pour eux parce qu'ils sont métaphysiquement obstinés dans le mal. Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent: «Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas.»

Pourquoi le pape François, jésuite, parle-t-il autant du diable?

Le pape François s'inscrit dans la tradition de l'Église. Quand il a inauguré une nouvelle statue dédiée à saint Michel Archange au Vatican, en 2013, il a dit: «Michel lutte pour rétablir la justice divine et défendre le peuple de Dieu de ses ennemis, et surtout de l'ennemi par excellence, le diable. Saint Michel gagne parce que Dieu agit en lui. Cette sculpture rappelle que le mal est vaincu parce que le salut est accompli une seule fois et pour toujours dans le sang du Christ. (…) En consacrant l'État de la cité du Vatican à saint Michel Archange, nous lui demandons qu'il nous défende du Malin et qu'il le jette dehors.»

Il semble que l'on ne croie plus, ou peu, au diable dans l'Église catholique…

Paul VI demandait: «Il y a des signes de la présence de l'action diabolique, mais quels sont-ils? Et quels sont les moyens de se défendre contre des périls aussi insidieux?» La réponse à la première question demande beaucoup de précautions, même si les signes du Malin semblent parfois se faire évidents… Mais tout l'enjeu est de répondre à la seconde question: tout ce qui nous protège du péché, de façon décisive, c'est la grâce de Dieu. Elle nous fortifie contre l'ennemi invisible.

 

__________________10______________

Robert Redeker: «L'enseignement du français, mission primordiale pour Jean-Michel Blanquer»

<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

FIGAROVOX/TRIBUNE - On peut être bachelier aujourd'hui sans maîtriser l'orthographe, la syntaxe et la conjugaison, s'alarme le philosophe.

Après le passage de Najat Vallaud-Bellkacem - Attila en jupons ravageant tout sur son parcours, ne connaissant d'autre politique scolaire que celle de la terre brûlée -, l'école française n'est plus qu'un désolant champ de ruines. L'enfance et la jeunesse elles-mêmes ont été massacrées: les jeunes Français sont beaucoup moins cultivés, beaucoup plus ignorants de la langue dans laquelle ils sont censés s'exprimer, beaucoup moins aptes à raisonner de façon correcte et conséquente, beaucoup moins sagaces que leurs devanciers.

L'orthographe désastreuse, la syntaxe calamiteuse et la conjugaison approximative des nouveaux adultes, des adultes de la dernière pluie, attestent de cet effondrement. Il suffit de tendre l'oreille dans la rue ou d'écouter la radio - même et surtout la radio publique - pour prendre la mesure de la profondeur du mal. La maladie de la langue est la plus grave des maladies: celle de l'âme de la nation. C'est cette maladie qui décompose la nation, qui la détache de son passé, qui la coupe de ses racines.

Les objectifs fixés à l'Éducation nationale par les gouvernements successifs, surtout depuis la sinistre loi Jospin (1989), n'étaient pas scolaires ; ils étaient sociaux et sociétaux: l'égalité, pervertie en un égalitarisme éradiquant l'excellence, et le «vivre-ensemble». Pire: l'école n'avait plus pour but que de fabriquer des éco-citoyens responsables et écervelés, connaissant mieux le tri des déchets et la protection des hérissons que la vie de Saint Louis et la concordance des temps, des chasseurs impitoyables du sexisme et de l'homophobie.

Tout se passa comme s'il avait fallu interdire aux enfants l'accès à l'héritage déposé pour eux par les siècles passés : la langue française et l'histoire de leur pays

Pour réussir ce programme, il fallut rabaisser sans cesse le niveau intellectuel des élèves, transformer les écoles en centres aérés, changer les austères professeurs en animateurs sympathiques, fusionner étude et récréation. Tout se passa comme s'il avait fallu interdire aux enfants l'accès à l'héritage déposé pour eux par les siècles passés: la langue française et l'histoire de leur pays. À travers sa vision de l'école, la gauche, mal inspirée par Pierre Bourdieu et Philippe Meirieu, poursuivait une fin anthropologique: priver les nouvelles générations de tout héritage, les déshériter, les priver de passé comme d'avenir. Bien entendu, l'enseignement de la langue française et de l'histoire (qu'on s'appliqua à évider de son contenu national, renvoyant les cours d'histoire de France à la poussière des souvenirs) devait être sacrifié sur l'autel de cette tâche.

Qu'est-ce que la langue? Non seulement la différence anthropologique (la pratique qui sépare les hommes des bêtes, enfermées dans le langage), mais aussi la différence nationale: une langue est toujours la langue d'une nation. La langue en soi, la langue abstraite, n'existe pas. Historiquement, le réveil des nations, le nationalisme, s'est, dès le XIXe siècle, appuyé, à travers le mouvement romantique, sur la redécouverte de la langue. Ce caractère national de la langue était le caillou dans la chaussure de tous les récents réformateurs de l'école, aussi bien les ministres que les idéologues dont ils aimaient à s'entourer. Dénationaliser la langue française, la défranciser, devint leur souci du jour et de la nuit, leur obsession constante. L'anglais standard et fade, anglais des halls d'aéroport et des supermarchés que tout le monde sur la planète finit par savoir baragouiner, rachitique espéranto du pauvre à l'ère de la globalisation, devint leur idéal pour la langue française. Il fallait que les nouvelles générations sorties de l'école baccalauréat en poche ne parlassent français qu'à la façon dont la jeunesse du monde entier parle anglais. Il fallait un français qui ne rappelait pas la nation, la France, son histoire. Un français déraciné, oublieux de sa propre histoire, rendu amnésique - un français dans lequel le mot «territoire» a remplacé le mot «terroir». D'où la destruction, acharnée et obstinée, dès l'école primaire, de l'enseignement systématique de notre langue.

La communication est à la langue ce que le territoire est au terroir : le déracinement, la négation du passé

C'est bien parce que notre langue est française, qu'elle met en valeur, comme celles de nos voisins d'outre-Pyrénées ou d'outre-Rhin, l'idée de nation, d'irréductibilité du national, de puissance du national, d'enracinement du national dans le temps long de l'histoire, que les réformateurs de l'école, rejoints en cela par la doxa des journalistes et du show-business, la prirent en haine. Qu'ils s'affairèrent à la transformer en une langue sans consistance ni histoire: celle des participants aux émissions de téléréalité et des chasseurs de Pokémon. Vint le jour où à l'enseignement de la langue se substitua celui de la communication et du langage ; il ne fallait plus étudier la langue française, la connaître, il fallait s'exprimer, communiquer, traiter la langue comme un langage. La communication est à la langue ce que le territoire est au terroir: le déracinement, la négation du passé. L'école a insisté sur la communication et le langage au détriment de la langue pour pouvoir dénationaliser la langue française.

La guérison de la maladie de la langue est la mère de toutes les guérisons. Restaurée, l'école fera exemple pour nos contemporains, pour les journalistes et les politiciens, qui ne savent plus parler français, et au-delà d'eux pour nos compatriotes. Devant ce diagnostic et cette ordonnance, l'arrivée de Jean-Michel Blanquer a, si l'on se fie à ses intentions explicites, quelque chose de providentiel. Autant qu'en ministre de l'Éducation, le salut de la langue française exige de lui qu'il agisse en médecin de la culture.

* Dernier ouvrage paru: «L'École fantôme», Éditions du Rocher, septembre 2016.

_________________9__________________

Un violoncelliste français vainqueur du Concours Reine Élisabeth

<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

Victor Julien-Laferrière, 26 ans, a remporté en Belgique l'une des compétitions les plus suivies au monde. Une première, car le violoncelle n'avait pas encore reçu les honneurs du prestigieux concours.

Ils étaient quatre! Quatre Français parmi douze finalistes. Quatre Français à rivaliser avec tout le reste de la planète violoncelle. Dans toute l'histoire du Concours Reine Élisabeth, jamais l'instrument de Rostropovitch n'avait figuré au programme. En quatre-vingts ans, seuls le piano, le violon et le chant avaient, en effet, eu les honneurs de la compétition belge, l'une des plus suivies au monde.

C'est finalement l'un de nos quatre mousquetaires qui l'emporta, le 3 juin dernier, au terme d'un mois de concours acharné dont une semaine de «mise en loge» à travailler une partition inédite… En loge, c'est-à-dire coupé de toute aide et du reste du monde. Sans même un téléphone portable!

Une histoire de personnalités et de liberté

Un concours d'endurance, comme le concède bien volontiers Victor Julien-Laferrière. Cet heureux lauréat de 26 ans vient de se hisser au premier rang de l'une de nos plus anciennes écoles d'excellence. Plutôt que d'école, ce Parisien préfère parler de «tradition». Pour ce fils de musiciens, qui commença l'apprentissage de l'instrument à l'âge de 4 ans, le violoncelle français est avant tout une histoire de personnalités et de liberté. Non d'académisme. L'efficacité, en la matière, de nos conservatoires de région, viviers de violoncellistes de grand talent, semble lui donner raison. Tout comme son propre parcours.

En dépit de sa victoire, Victor Julien-Laferrière garde la tête froide. L'humilité et la modestie ont toujours fait partie de son ADN

Entré au Conservatoire national supérieur de Paris à l'âge de 13 ans, dans la classe de Roland Pidoux, pour mieux en partir quelques années plus tard et s'affranchir de ses enseignements passés au contact de personnalités telles que Heinrich Schiff ou Clemens Hagen. De ce dernier, il héritera le goût de la musique de chambre. Au point de créer, il y a quatre ans, son propre trio: les Esprits, avec le pianiste Adam Laloum et la violoniste Mi-sa Yang. Ensemble, ils ont déjà un premier disque à leur actif, consacré à Beethoven et Schumann et paru chez Mirare, le label du tout-puissant René Martin, directeur de la Folle Journée. Un second devrait suivre à la rentrée. Il sera dédié à Brahms et Dvorak.

En dépit de sa victoire, Victor Julien-Laferrière garde la tête froide. L'humilité et la modestie ont toujours fait partie de son ADN. Pas peu fier de jouer un anonyme du XVIIIe siècle, sans doute fabriqué à Milan, il se sait l'héritier d'une longue lignée qui, d'André Navarra à Philippe Muller, de Maurice Gendron à Edgar Moreau, n'a eu de cesse de démontrer notre suprématie dans le domaine du violoncelle. Les trois autres Français qui l'ont accompagné dans le carré final bruxellois en sont, eux aussi, les dignes représentants. De son parfait contemporain Yan Levionnois (également âgé de 26 ans) à Bruno Philippe, en passant par le cadet, Aurélien Pascal, qui s'est quant à lui vu remettre le quatrième prix. Tous les deux s'étaient affrontés sur le même concerto: le Premier Concerto en mi-bémol majeur de Chostakovitch, largement plébiscité par les candidats. Ils se retrouveront tous les deux le 15 juin prochain au Bozar de Bruxelles, pour le gala de clôture du concours.

 

_______________8_______________

L'agence Roger-Viollet dans le rouge

<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

Le personnel de cette institution a manifesté, mardi à Paris, pour pouvoir continuer à protéger le fabuleux patrimoine dont elle a la charge.

Le triste sort de l'une des plus célèbres agences de photographies anciennes émeut ces jours-ci le Tout-Paris de la presse et de l'édition. Sur décision de Bruno Julliard, adjoint à la culture placé sous la responsabilité de Noël Corbin, directeur des affaires culturelles, la Ville de Paris aurait décidé de fermer la maison Roger-Viollet, qui va bientôt fêter ses 80 ans. L'activité de commercialisation, confrontée à la double crise du marché de la photographie et de la presse, n'est pas suffisante pour financer les missions de production et de conservation. Sous-traiter la numérisation à des entreprises extérieures serait plus rentable, au mépris du savoir-faire des 35  professionnels de l'image hautement qualifiés qui veillent depuis toujours à la conservation, à l'indexation et à la diffusion de cet exceptionnel patrimoine.

Le couple lègue ses biens à la Ville de Paris, qui se voit confier près de 4 millions de négatifs et environ 2 millions de positifs

L'agence Roger-Viollet, c'est d'abord une histoire romanesque riche en rebondissements. Créée en 1938 par Hélène Roger-Viollet et son mari Jean Fischer, la «Documentation photographique générale» s'établit au 6 rue de Seine à Paris, où elle réside encore aujourd'hui. Le couple de grands voyageurs rachète la boutique de Laurent Ollivier, riche de 20.000 plaques de verre, et rassemble les collections de négatifs du père et de l'oncle d'Hélène. La société se développe rapidement après-guerre, en constituant un fonds photographique unique en Europe. Quatre grands axes sont privilégiés: les grands événements historiques, Paris, les portraits de personnalités et les reproductions d'œuvres d'art. L'agence, témoin de l'évolution du médium photographique, couvre 150 ans d'histoire.

En 1985, un drame secoue l'entreprise: Jean Fischer assassine son épouse de 83 ans et simule une tentative de suicide dans la boutique. Il meurt en prison.

Le couple lègue ses biens à la Ville de Paris, qui se voit confier près de 4 millions de négatifs et environ 2 millions de positifs. En 2005, l'agence rejoint la Parisienne de photographie, société publique locale, qui assure la numérisation et la diffusion des fonds iconographiques de la ville, comprenant les collections des musées et bibliothèques municipales. Un trésor que le public amoureux de la délicieuse boutique bleue de la rue de Seine ne veut pas voir disparaître.

 

_____________7_______________

Pour Erdogan, isoler le Qatar est «inhumain» et «contraire à l'islam»

<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié d'«inhumaines» et de «contraires à l'islam» les sanctions imposées à Doha par ses voisins du Golfe, ajoutant qu'il allait s'entretenir avec les dirigeants de la France et du Qatar.

«S'efforcer d'isoler un pays dans tous les domaines [...] est inhumain, contraire [aux valeurs de] l'islam», a déclaré le dirigeant turc Recep Tayyip Erdogan lors d'un discours retransmis à la télévision. Le Qatar est un pays contre lequel «une peine de mort a en quelque sorte été prononcée», a-t-il dénoncé.

«Aujourd'hui, nous allons avoir un entretien en téléconférence avec le président de la France (Emmanuel Macron) et l'émir du Qatar (cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani)», a ajouté Recep Tayyip Erdogan. Peu avant, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, avait déclaré que le président turc allait s'entretenir du Qatar avec le président américain Donald Trump «dans les prochains jours».

«Le Qatar est le pays qui, avec la Turquie, adopte l'attitude la plus résolue face à Daesh [lacronyme arabe du groupe Etat islamique]», a encore affirmé le 13 juin le chef d'Etat turc. «Arrêtons ce jeu de dupes», a-t-il ajouté.

Mais s'il défend le Qatar, Recep Erdogan se garde bien de critiquer frontalement la puissante monarchie saoudienne, avec laquelle la Turquie s'efforce de développer ses relations. «Je pense qu'en tant qu'aîné du Golfe, le roi d'Arabie saoudite devrait résoudre cette affaire, faire preuve de leadership», a ainsi déclaré le président.

Depuis le début de la crise autour de Qatar, Recep Erdogan s'est affiché comme le principal défenseur de Doha, rejetant les accusations de soutien au terrorisme lancées par les voisins du Qatar.

Le Golfe est plongé depuis le 5 juin dans une grave crise diplomatique qui a éclaté lorsque l'Arabie saoudite, les Emirats et Bahreïn, pays voisins du Qatar, mais aussi l'Egypte et le Yémen, ont rompu leurs relations diplomatiques avec Doha, qu'ils accusent de «soutenir le terrorisme». Les trois pays du Golfe ont également fermé leurs frontières terrestres et maritimes avec le petit émirat et lui ont imposé de sévères restrictions aériennes.

La Turquie entretient des rapports privilégiés avec le Qatar, richissime émirat gazier avec lequel elle a des relations commerciales importantes.

_________6______________

Tunisie : un mois de prison pour avoir fumé en public en plein ramadan

<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<

Un tribunal de la ville tunisienne de Bizerte a condamné à un mois de prison un homme accusé d'«atteinte aux bonnes mœurs» pour avoir fumé en public en plein mois de ramadan, selon une source judiciaire.

«Un homme a été arrêté et déféré devant la justice [le 12 juin] après qu'un responsable judiciaire eut rapporté à la police l'avoir vu en train de fumer dans le jardin du tribunal», a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère public près le tribunal de première instance de Bizerte, Choukri Lahmar.

Le tribunal cantonal de Bizerte a condamné l'homme «à un mois de prison conformément» au code pénal tunisien, qui incrimine «toute personne portant atteinte aux bonnes mœurs». L'accusé a dix jours pour faire appel.

Début juin, quatre hommes ont été condamnés à un mois de prison pour «outrage public à la pudeur» après avoir mangé et fumé dans un jardin public pendant le ramadan.

Lors du jeûne du ramadan, les fidèles musulmans s'abstiennent de boire, de manger mais aussi de fumer du lever au coucher du soleil. En Tunisie, aucune loi n'interdit de boire ou manger en public pendant le ramadan mais le débat sur cette question revient chaque année. 

Durant les premiers jours du ramadan cette année, un prédicateur très médiatique s'était rendu dans des cafés ouverts pendant la journée pour filmer les clients et jeter l'opprobre sur eux, une intervention qui a été très critiquée sur les réseaux sociaux.

Une condamnation sur fond d'un vaste mouvement populaire

Le 11 juin, des dizaines de personnes ont manifesté à Tunis pour réclamer le droit de manger et de boire en public durant le ramadan et pour protester contre l'arrestation des non-jeûneurs, une première en Tunisie.  A l'appel du mouvement Mouch Bessif (pas contre notre volonté), les manifestants se sont rassemblés au centre de Tunis criant notamment «la liberté individuelle est garantie par la Constitution».

«En quoi ça te dérange si tu jeûnes et si je mange?», «Arrêtez les terroristes et laissez tranquilles les non-jeûneurs», «Non aux arrestations des non-jeûneurs», pouvait-on lire sur des affiches brandies par les protestataires.

«Nous sommes ici pour protester contre les poursuites judiciaires contre les non-jeûneurs et pour réclamer (le respect de) la liberté individuelle. Celui qui veut jeûner, il jeûne, et celui qui ne veut pas, il ne jeûne pas», a dit à l'AFP un des manifestants prénommé Karim Chaïr (près de 30 ans). «Je jeûne et je suis venu pour participer à cette manifestation et appeler avec ces gens au respect de la liberté de la croyance et de la conscience», a affirmé Kamel Jalouli, un sexagénaire.

C'est la première fois qu'a lieu en Tunisie une manifestation avec une telle revendication. Depuis la révolution de 2011, des voix se sont élevées pour revendiquer le droit à ne pas jeûner mais cela n'avait jamais pris la forme d'une manifestation. 

Lors du ramadan, les fidèles musulmans s'abstiennent de boire et de manger jusqu'à la tombée du jour, comme le préconise le Coran. En Tunisie, la plupart des cafés et restaurants ferment ainsi pendant la journée. Ceux qui restent ouverts le font discrètement.

_____________5__________________

Refus des réfugiés : l'UE va lancer des procédures contre Varsovie, Budapest et Prague

<<<<<<<<RT<<<<<<<<

La Commission européenne a annoncé le 13 juin qu'elle allait lancer des procédures légales contre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, pour leur refus catégorique d'accueillir des demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce.

L'exécutif européen a décidé d'engager des procédures d'infraction contre Varsovie, Budapest et Prague parce qu'ils n'ont pas rempli «les obligations juridiques qui leur incombent» en matière de répartition des demandeurs d'asile depuis ces l'Italie et la Grèce vers le reste de l'UE, a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Cette décision intervient après plusieurs mises en garde de Bruxelles, qui a tenté en vain de convaincre ces pays d'appliquer le plan de «relocalisations» adopté en septembre 2015, pour soulager l'énorme pression sur Rome et Athènes, en première ligne dans la crise migratoire.

L'UE avait décidé de répartir en deux ans 160 000 demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce — où plus d'un million de migrants ont débarqué lors de la seule année 2015 — vers le reste de l'Union, en partie en fonction de quotas contraignants fixés pour chaque pays.

Mais seulement un peu moins de 21 000 personnes ont été réparties dans le cadre de ce plan, conçu comme une dérogation temporaire à la règle décriée confiant la responsabilité des demandes d'asile aux pays de première entrée dans l'UE.

Les procédures d'infraction seront déclenchées formellement le 14 juin. Il s'agit de la première étape d'échanges pouvant aboutir à une saisine de la Cour de justice de l'UE (CJUE) et à de lourdes sanctions financières s'il est établi qu'un pays viole la législation de l'Union.

«Nous avons épuisé tous les moyens» avant d'en arriver à ces procédures, a déclaré Dimitris Avramopoulos, le commissaire en charge des migrations, lors d'une conférence de presse au Parlement européen à Strasbourg.

«J'ai été contraint de faire ces annonces», a-t-il regretté. «J'espère que les trois gouvernements vont changer leur position, il est encore temps», a-t-il ajouté, disant compter sur «la raison et l'esprit européen».

«L'Europe, ce n'est pas seulement pour demander des financements et assurer la sécurité», a également insisté Dimitris Avramopoulos, faisant appel à la solidarité entre Etats membres en matière de partage de la pression migratoire.

 

_____________4_______________

«Leader du monde libre», «appel du 1er juin»: des éloges de Macron dans la presse moqués sur Twitter

<<<<<<RT<<<<<<<<

Après que l'Obs et Le Point ont publié des articles particulièrement élogieux à l'égard du président français, pour sa réponse à Donald Trump sur l'accord de Paris, un certain nombre d'internautes ont dénoncé un manque de déontologie journalistique.

L'engouement autour d'Emmanuel Macron se poursuit de plus belle chez certains de nos confrères. Déjà largement applaudi pour sa prestation lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Versailles le 29 mai dernier, le chef de l'Etat se voit désormais ériger en maître du jeu international par des grands titres de presse français.

Très enthousiasmé par la réponse ferme du président de la République à son homologue américain, après l'annonce de la sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, Le Point titrait solennellement un article en ligne, le 2 juin : «Comment Emmanuel Macron est devenu "leader du monde libre"». Avant d'opter pour une formule plus modeste : «Le coup de maître d'Emmanuel Macron» (néanmoins, l'URL de l'article atteste du titre original).

Selon Le Point, par sa prise de parole le soir du 1er juin – et notamment son «Make our planet great again» – le locataire de l'Elysée «a ringardisé le dirigeant de la première puissance mondiale en 3 minutes et 6 secondes».

L'Obs de son côté, a publié un photomontage d'Emmanuel Macron en général de Gaulle... appelant le 18 juin 1940 à résister au nazisme. Et de titrer : «L’appel du 1er juin : Macron-De Gaulle, même combat ?»

Une entorse à la déontologie journalistique pour certains internautes 

L'emballement du Point et de L'Obs pour le discours écologiste d'Emmanuel Macron a été vivement critiqué par de nombreux internautes, qui y ont vu un manque d'étique journalistique. 

«Je crois qu'on les a perdus au Point», a par exemple tweeté l'un d'entre eux, en partageant l'article titrant sur le «leader du monde libre».

Un autre internaute a également dénoncé, en des termes crus, la supposée «hystérie» des rédactions du Point et de L'Obs.

«Il n'a encore rien fait à part de la com, mais pour les médias propagandes c'est un "coup de maître !"», s'est emporté un utilisateur de Twitter.

Le parallèle entre l'appel de De Gaulle et celui d'Emmanuel Macron établi par L'Obs, en particulier, a soulevé des critiques sévères.

Certains utilisateurs de Twitter ont jugé cette comparaison déplacée.

Un autre internaute est allé jusqu'à parler de procédé médiatique «pire que de la propagande».

Pour rappel, quelques jours plus tôt, c'est RT et Sputnik qui avaient été accusés d'être «des organes d'influence et de propagande» par Emmanuel Macron lui-même, lors de sa conférence de presse à Versailles avec Vladimir Poutine... Ces propos avaient fait vivement réagir sur Twitter, de manière diverse.

Des internautes à l'unisson avec les articles pro-Macron

D'autres internautes, au contraire, ont salué les choix éditoriaux de L'Obs et du Point. «Merci Le Point qui met à sa juste valeur le discours d'[Emmanuel Macron]», a par exemple tweeté l'un d'eux.

La défense inflexible par Emmanuel Macron de l'accord de Paris et de la lutte contre le changement climatique, en outre, avait soulevé en France une vague d'applaudissements sur les réseaux sociaux.

________3_________

Les candidats LREM auraient-ils pour stratégie de refuser tout débat avec leurs adversaires ?

<<<<<<RT<<<<<<<

Par dizaines, des candidats de tous horizons politiques dénoncent les refus systématiques des candidats de La République en marche de débattre, certains allant jusqu'à évoquer une consigne donnée par le parti présidentiel.

Les législatives se prêtent moins aux débats que l'élection présidentielle. Néanmoins, dans de nombreuses circonscriptions, candidats et électeurs tiennent à cette tradition, qu'il s'agisse de simples rencontres devant les électeurs ou de discussions sur un plateau télévisé. Pourtant, depuis plusieurs jours, les plaintes se multiplient de candidats qui dénoncent le refus systématique de leurs adversaires de La République en marche (LREM) de débattre. 

«Faire un débat sur les différentes idées n’apporte rien»

«J'ai donné mon accord hier pour débattre devant la presse avec le candidat En Marche [Hubert Julien Ferrière], l'occasion pour moi de parler une nouvelle fois de mes priorités», explique dans un communiqué sur sa page Facebook le maire du premier arrondissement de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, dont la candidature est soutenue par le Parti communiste et plusieurs dissidents du Parti socialiste. «Et bien ça ne sera pas possible : tous les candidats En Marche ont pour consigne de refuser tous les débats d'entre deux tours !», affirme-t-elle, déplorant que son adversaire se refuse à discuter avec elle. 

Dans certains départements, comme le Val-de-Marne, les cas de refus de la part des candidats LREM se multiplient. Guy Geoffroy, le député sortant LR de la 9e circonscription du département, a ainsi essuyé le refus de son adversaire LREM, Michèle Peyron. Sur sa page Facebook, il dénonce une «machination» et «un manque de courage». Michèle Peyron, quant à elle, se défend d'obéir à une règle dictée par la direction de son parti. «C’est une ligne de conduite que j’ai adoptée depuis le départ», justifie-t-elle.

Dans la 11e circonscription du même département, le député sortant socialiste Olivier Faure avait proposé un débat à son adversaire LREM pour le second tour, Amandine Rubinelli. Celle-ci a également décliné, refusant que le député socialiste lui «dicte ses conditions». «Cette campagne, c’est une mascarade, du marketing ! Ces candidats n’ont rien à dire !», s'agace Olivier Faure, interrogé par La République de Seine-et-Marne

Toujours dans le Val-de-Marne, le candidat LR dans la 7e circonscription, Vincent Jeanbrun, rapporte avoir lui aussi essuyé une fin de non recevoir de la part de son concurrent, le député sortant Jean-Jacques Bridey (ex-PS, désormais LREM). «Le temps de la polémique est terminé. C’est le temps du rassemblement derrière le président», argumente ce dernier. Selon lui, le second tour n'est plus propice à la discussion, puisqu'«il y avait un premier tour, pour poser tous les arguments», déclare-t-il au Parisien.

Dans la 4e circonscription, dès avant le premier tour, la candidate du MoDem soutenue par LREM, Maud Petit, avait également refusé un débat proposé par son adversaire socialiste Zakaria Zaidane, auquel avait pourtant favorablement répondu d'autres candidats, dont Marie-Carole Ciuntu (LR), qui s'est qualifiée pour le second tour. «Faire un débat sur les différentes idées n’apporte rien d’une manière générale», estime Maud Petit dans les colonnes du Parisien, pour expliquer sa décision – qui reste donc valable pour l'entre-deux-tours.

Des refus inhabituellement nombreux

Dans la première circonscription de l'Aube, le député sortant Nicolas Dhuicq (LR) s'indigne également du refus que lui aurait opposé son adversaire LREM, Grégory Besson-Moreau.

Candidate dans la 2e circonscription de la Somme, Barbara Pompili (ex-Europe Ecologie-Les Verts passée au parti écologiste en 2016 avant de rejoindre LREM en 2017) a également refusé de débattre avec son adversaire pour le second tour, le candidat de la France insoumise Cédric Maisse. 

Dans la 2e circonscription de l'Oise, le candidat FN Gaétan Dussausaye accuse la candidate LREM Agnès Thill d'avoir refusé un débat proposé par France 3 Picardie. «Le retour des vieilles magouilles politiciennes», estime-t-il.

Même cas de figure dans la première circonscription du Gard, où le candidat du FN Yoann Gilet dénonce le refus de Françoise Dumas, son opposante LREM pour le second tour, de débattre avec lui sur le plateau de France 3 Languedoc-Roussillon. Informé de ce désistement par la chaîne, il pointe du doigt un «mépris de la démocratie».

Dans la 2e circonscription du Cher, la candidate LREM Nadia Essayan a également refusé de participer à un débat proposé par Le Berry républicain, face à Nicolas Sansu, le candidat du Parti communiste.

Sur les réseaux sociaux, les témoignages se comptent par dizaine de militants du PS, de LR, du FN ou de FI rapportant le refus du candidat LREM dans le circonscription de rencontrer leur adversaire.

Il convient également de noter que certains candidats de la majorité présidentielle ne suivent pas la tendance et ont ainsi accepté de rencontrer leurs adversaires, comme dans la première circonscription du Cher, où François Cormier-Bouligeon a consenti à rencontrer Wladimir d'Ormesson (LR).

Faut-il voir dans cette vague de refus du débat une volonté stratégique de LREM, ou une simple coïncidence ? S'ils sont moins médiatisés que ceux organisés dans le cadre de la campagne présidentielle, les débats de l'entre-deux-tours aux législatives sont souvent des moments forts de la campagne. Organisés par la presse régionale ou dans des petites salles, ils ont principalement pour but de convaincre les indécis ainsi que les électeurs des candidats éliminés au premier tour... Or, la totalité des candidats cités ci-dessus ont pour autre point commun d'être en situation de ballottage favorable pour le second tour.

_____________2______________

Une prière du Ramadan devant une statue de la vierge Marie fait scandale en Espagne

<<<<<<RT<<<<<<<<<

Une prière de musulmans à Grenade devant une statue de la vierge Marie à l'occasion du ramadan a provoqué la colère de catholiques espagnols. Un parti nationaliste est allé jusqu'à appeler à répondre avec une «nuit de prière» sur le lieu.

Le 10 juin, plusieurs dizaines de musulmans se sont réunis aux Jardins du triomphe à Grenade, où se trouve une statue de la vierge Marie, afin de prier avant de casser le jeûne du ramadan. 

Bien que l’événement ait été autorisé par la mairie et vu d'un bon œil par le maire Francisco Cuenca, qui a décrit sa ville comme «une ville de co-existence et de tolérance», d'autres se sont indignés que cette prière se fasse dans un lieu chéri par les catholiques. 

Lire aussi : #TerroristasWelcome : une série d’actions anti-islam a secoué l’Espagne

Des hommes politiques ont exprimé leur mécontentement sur Twitter, comme le député Luis Salvador.

«Francisco Cuenca confond la tolérance et le respect religieux avec la provocation. Appeler à une prière musulmane à la Vierge du triomphe ??», a posté ce député représentant la ville de Grenade. 


Un sentiment partagé par un autre homme politique, Manuel Olivares, qui a exprimé sur Facebook sa colère, affirmant que la décision de la ville était «regrettable», «incompréhensible», et «irrespectueuse». Le message, supprimé depuis, a été enregistré par le site Granada Digital

Le parti nationaliste VOX a appelé à organiser un «acte de réparation» dans le parc le 13 juin au soir, où des catholiques viendront prier. 

Dans un communiqué cité par le site internet anglophone The Local, le parti a fait savoir que l'événement était organisé pour «ceux qui veulent montrer leur foi et défendre leurs traditions, valeurs et leur culture héritée de [leurs] parents», ainsi que pour «protester contre la décision de la municipalité qui [...] a permis et consenti au fait qu'un lieu public symbolique soit investit par la communauté musulmane». 

Néanmoins, un élu socialiste du PSOE, Jemi Sanchez, a défendu la position du maire de la ville de Grenade. «Le multiculturalisme ne peut jamais être une menace, c'est une valeur ajoutée», a-t-elle écrit sur Facebook. 

«Pour la première fois, la ville de Grenade soutient sa communauté musulmane en lui souhaitant un joyeux ramadan dans les Jardins du triomphe. [...] Cela est sans précédent et nous rapproche davantage», a-t-elle ajouté dans un autre post.  

La ville de Grenade, située dans le sud de l'Espagne, est restée sous contrôle islamique durant près de 800 ans, jusqu'à la reconquête achevée en 1492 par les souverains catholiques Fernando et Isabelle.

_______________1_______________

Pour éviter la «consanguinité», le ministre des Finances allemand vante l'ouverture des frontières

<<<<<<<RT<<<<<<<<

Pour Wolfgang Schäuble, l'ouverture des frontières allemandes à l'immigration va au-delà du simple devoir d'accueil des réfugiés. C'est une nécessité, pour éviter que le pays de 80 millions d'habitants ne sombre dans la consanguinité.

Dans les colonnes du Zeit, le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble s'est fendu d'un vibrant plaidoyer en faveur de l'immigration, mettant en avant les dangers que représenterait selon lui une fermeture des frontières.

«S'isoler nous ruinerait. Cela dégénérait en consanguinité», a jugé tout en mesure Wolfgang Schäuble. Il a ajouté : «Les musulmans enrichissent l'ouverture et la diversité [allemande].»

«Regardez la troisième génération des Turcs, en particulier des femmes», a-t-il fait valoir pour étayer son propos. «C'est un énorme potentiel d'innovation», a-t-il ajouté sans développer son point de vue.

Depuis l'année 2015, Angela Merkel a pris la décision d'ouvrir les portes de l'Allemagne à plus d'un million de migrants. Cette décision a durement entamé la popularité de la chancelière allemande, de nombreux Allemands considérant que l'accueil d'un nombre aussi élevé de migrants pourrait générer des problèmes d'ordre culturel et sécuritaire.