EXTRAITS:

  • 7) ... Sous la pression, l’ONU enterre le rapport accusant Israël d’apartheid. Le document publié mercredi par une commission régionale onusienne a été retiré de son site Internet. En signe de protestation, sa responsable a démissionné.
  • 6) ... En silence, les rebelles quittent Alep entre des soldats russes. Ce jeudi, les observateurs de l'ONU n'ont pas surveillé le départ des combattants anti-Assad vers Idlib, dans l'ouest de la Syrie.
  • 5) ... Satan mène le bal USA-2016
  • 4) .... VIDÉO 1h45.. BADIOU Alain ....PENSER LES MEURTRES DE MASSE 
  • 3) ....Crimes contre l’humanité : L’ultime retour des barbares ....« Eh bien, oui, proclame Hitler, nous sommes des barbares et nous voulons être des barbares. C’est un titre d’honneur. Nous sommes ceux qui rajeuniront le monde. Le monde actuel est près de sa fin. Notre tâche est de le saccager… »
  • 2) ....La franc-maçonnerie  ...nouvelle religion universaliste  .... La laïcité, un pont vers l'avenir de notre civilisation
  • 1) .... " Barbares, le retour" l'éternelle question des civilisations  .... « Le barbare a besoin d’un ennemi (toujours considéré comme « sous-homme »), et cette rivalité mimétique provoque toujours le massacre du bouc émissaire ».

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Sous la pression, l’ONU enterre le rapport accusant Israël d’apartheid

Benjamin Barthe  (correspondant, Beyrouth) le 18 mars 2017

<<<<<<<<<<<<<<<<<<LeMonde<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

Le document publié mercredi par une commission régionale onusienne a été retiré de son site Internet. En signe de protestation, sa responsable a démissionné.

Il n’aura pas fallu plus de quarante-huit heures à Israël et aux Etats-Unis pour parvenir à leurs fins. Vendredi 17 mars, sous la pression de sa hiérarchie, la cheffe de la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale (ESCWA – Economic Commission for Western Asia), l’organe onusien à l’origine de la publication, deux jours plus tôt, d’un rapport accusant I’Etat hébreu de soumettre le peuple palestinien à un régime d’apartheid, a démissionné de son poste.

Lire aussi :   Un rapport de l’ONU accuse Israël d’apartheid envers les Palestiniens

Le document en question avait suscité l’ire des ambassadeurs américain et israélien, qui avaient appelé le nouveau secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, à le retirer immédiatement. Dans la soirée de vendredi, le texte n’était plus disponible sur le site Internet de l’ESCWA, une des cinq commissions régionales des Nations Unies, chargée des questions de développement dans le monde arabe.

Rédigé par deux spécialistes du droit international, les professeurs américains Richard Falk et Virginia Tilley, le texte concluait, après analyse des multiples discriminations dont sont victimes les Palestiniens, qu’« Israël est coupable de politique et de pratiques constitutives du crime d’apartheid ». Il appelait les pays membres des Nations unies à soutenir la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qui prône le boycottage de l’Etat d’Israël.

« Nous sommes fiers d’elle »

Dans une conférence de presse organisée à Beyrouth (Liban), où se trouve le siège de l’ESCWA, sa secrétaire exécutive, la Jordanienne Rima Khalaf, a présenté sa démission comme un acte de protestation contre les pressions de M. Guterres

« Il m’a demandé hier matin de retirer [le rapport], je lui ai demandé de repenser sa décision mais il a insisté. Sur ce, je lui ai présenté ma démission de l’ONU. Je démissionne parce qu’il est de mon devoir de ne pas dissimuler un crime, je soutiens toutes les conclusions du rapport. »

Cette économiste de formation, âgée de 63 ans, fut ministre de la planification et premier ministre adjoint du royaume de Jordanie dans les années 1990, avant de faire carrière aux Nations Unies. Au sein de l’organisation internationale, elle a notamment contribué au premier rapport sur le développement humain dans le monde arabe, en 2002, une étude qui a fait date.

« Sa démission est un choc, mais la plupart d’entre nous sommes fiers d’elle, confie une source au sein de l’ESCWA, sous couvert d’anonymat. C’est ce qu’elle pouvait faire de mieux. Elle proteste contre un acte de censure qui va à l’encontre de tous les principes des Nations unies. »

Une accusation rejetée par le porte-parole d’Antonio Guterres, Stéphane Dujarric : « Il ne s’agit pas du contenu, mais de la procédure. Le secrétaire général ne peut pas accepter qu’un secrétaire général adjoint ou un autre haut fonctionnaire de l’ONU placé sous son autorité soit autorisé à publier sous le nom de l’ONU, sous le logo de l’ONU, sans consulter ni les services compétents, ni lui-même. »

« Promouvoir des objectifs anti-israéliens »

C’est la première fois dans l’histoire de l’ONU qu’un rapport publié en son nom accuse l’Etat hébreu d’apartheid. Le terme revient pourtant régulièrement, depuis une dizaine d’années, dans le débat sur la politique d’occupation israélienne. L’ancien président américain Jimmy Carter l’avait employé dans un livre qui avait fait beaucoup de bruit à sa sortie, en 2006, intitulé Palestine : Peace, not Apartheid (Palestine : la paix, pas l’apartheid).

A l’époque, l’ancien architecte de la paix de Camp David, entre Israël et l’Egypte, avait estimé que les pratiques israéliennes dans les territoires occupés étaient « pires que l’apartheid en Afrique du Sud ». En 2014, John Kerry alors chef de la diplomatie américaine, avait prévenu que l’Etat hébreu risquait de devenir « un Etat d’apartheid », si une solution au conflit israélo-palestinien n’était pas trouvée rapidement.

Les autorités israéliennes, qui avaient comparé le rapport au journal Der Stürmer, un organe de propagande nazie, se sont félicitées de la démission de Mme Khalaf. « Les militants anti-israéliens n’ont rien à faire aux Nations unies, a déclaré Danny Dannon, l’ambassadeur de l’Etat hébreu auprès de la communauté internationale. Il est temps de mettre un terme à ces pratiques où des responsables de l’ONU utilisent leur position pour promouvoir des objectifs anti-israéliens. Depuis des années, Khalaf œuvrait pour nuire à Israël et promouvoir le mouvement BDS. Sa mise à l’écart des Nations unies n’a que trop tardé. »

Lire aussi :   Qu’est-ce que le mouvement BDS, à l’origine des appels au boycott d’Israël ?

Au siège de l’ESCWA, au moment de tirer sa révérence, Rima Khalaf n’a laissé paraître aucun regret. « Les conclusions du rapport sont désormais publiques, a-t-elle déclaré. Elles ont été diffusées largement, tout le monde peut les utiliser. »


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2017/03/17/sous-la-pression-l-onu-enterre-le-rapport-accusant-israel-d-apartheid_5096546_3218.html#hWWeSFk76pKyvffu.99

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En silence, les rebelles quittent Alep entre des soldats russes

Par Georges Malbrunot
Publié le 22/12/2016 <<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<

Ce jeudi, les observateurs de l'ONU n'ont pas surveillé le départ des combattants anti-Assad vers Idlib, dans l'ouest de la Syrie.

Notre envoyé spécial à Alep

La scène est surréaliste. Un soldat russe en uniforme, kalachnikov en bandoulière, grimpe pour inspecter le toit d'un camion de rebelles syriens qui sont évacués d'Alep-Est. Hissé au sommet du véhicule, un insurgé, armé lui aussi, tend la main au Russe pour qu'il soulève la bâche et vérifie que ses ennemis ne cachent pas des explosifs dans leurs bagages. C'était jeudi, peu après 13 heures, sur une route à l'entrée du quartier de Ramoussa à Alep.

En quarante minutes environ, une quinzaine de bus de combattants ont franchi un dernier barrage, avant de gagner des secteurs de la province à l'ouest d'Alep, toujours tenus par les opposants à Bachar el-Assad. À l'intérieur, des jeunes pour la plupart, portant la barbe, les visages fermés. Certains ont le faciès dissimulé sous une cagoule, mais d'autres n'hésitent pas à se montrer.

La scène en dit long sur les véritables maîtres du drame syrien. Lorsque le car marque l'arrêt, un soldat russe monte à bord. Mais pas de vérifications: le militaire se contente de demander si quelqu'un veut sortir. Mercredi, une femme en pleurs s'était jetée sur un humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Elle voulait partir. Elle a quitté les rebelles.

Les Russes à la manoeuvre

Les soldats russes n'ont pas de listes de noms des insurgés qui sortent au terme de quatre mois d'un impitoyable siège imposé à Alep-Est par le régime syrien et ses alliés russe et iranien.

Pendant que le Russe est dans le car, une poignée de militaires syriens fouillent les bagages des rebelles sortis des soutes. Ils découvrent parfois des balles et des explosifs. Ils les récupèrent. Ce qui ne veut pas dire que les insurgés ont dû abandonner leurs armes. Aux termes d'un accord âprement négocié entre la Russie, l'Iran, le Hezbollah, la Syrie et la Turquie au nom des rebelles, ceux-ci ont été autorisés à garder leurs armes légères qu'on aperçoit parfois derrière les vitres.

«Ils ont aussi sorti de l'armement lourd et des munitions», affirme au Figaro une source indépendante qui suit, depuis une semaine, ces opérations d'évacuations des civils et des insurgés de la deuxième ville de Syrie. Pendant l'arrêt du bus, aucune parole n'est échangée. Aucun contact direct n'a lieu entre soldats syriens et rebelles anti-Assad.

Les troupes de Damas sont peu nombreuses. Ce sont les Russes qui sont à la manœuvre. Et si le rebelle a tendu la main à son ennemi, «c'est peut-être qu'il savait que sans la Russie, jamais ces évacuations n'auraient pu avoir lieu», estime le CICR, présent avec le Croissant-Rouge syrien depuis le début des sorties, il y a une semaine.

«Les Iraniens et le Hezbollah étaient très présents et très nerveux»

Un témoin

Damas ne voulait pas que les rebelles quittent leur réduit avec leurs armes. Mais le pouvoir syrien n'a, semble-t-il, pas eu son mot à dire. D'autant que ses autres alliés, l'Iran et le Hezbollah étaient eux aussi impliqués dans ces très délicates négociations pour en finir avec un siège qui coûta la vie à près de 500 civils d'Alep-Est et plus de 100 à l'Ouest dans des ripostes insurgées. Un siège qui s'est terminé jeudi soir avec l'évacuation du dernier convoi d'insurgés et de civils. Depuis, l'armée de Bachar el-Assad a annoncé le contrôle total de la ville.

Jeudi, autour des bus de rebelles quittant Alep, des combattants du Hezbollah étaient encore là. Mais en moins grand nombre que dimanche et lundi lorsque les civils sortaient. «Les Iraniens et le Hezbollah étaient alors très présents et très nerveux», se souvient un témoin. Téhéran et son allié chiite libanais exigeaient que plusieurs centaines de chiites syriens puissent à leur tour sortir de deux villages non loin d'Alep, assiégés depuis des années par les rebelles sunnites.

«Ce n'était pas prévu dans les accords initiaux, mais on a changé au moins dix fois de texte depuis une semaine», souligne notre témoin. Finalement, l'Iran et le Hezbollah ont eu gain de cause: les chiites de Foua et Kefraya sont sortis en même temps que les rebelles d'Alep-Est. «Cette synchronisation a dû impliquer un accord à très haut niveau», relève le témoin.

Une opération ultrasensible

Le silence des évacuations contraste avec le fracas des armes pendant la guerre. Mais l'opération est ultrasensible. On redoutait un attentat suicide, en cas de problème. Dans une récente vidéo, deux hommes avaient menacé de garder leurs ceintures d'explosifs durant le trajet.

Combien de rebelles étaient finalement assiégés à Alep-Est? C'était une des nombreuses énigmes du drame. 1 500 à 4 000, affirmait il y a huit jours Staffan de Mistura, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie. En 24 heures, mercredi et jeudi, 5 000 sont déjà sortis, selon le CICR. Il en restait environ un millier jeudi après-midi qui devaient être évacués dans la soirée. Soit un total d'environ 6 000 insurgés, sans compter les quelques milliers qui avaient préféré partir auparavant.

Selon une source officielle syrienne, 350 à 400 combattants étrangers étaient à Alep-Est, pour la plupart membres de l'Armée du Levant, l'ex-branche locale d'al-Qaida, dont le nombre de militants était également sujet à caution - 200 selon la France, 900 selon l'ONU, 1000 à 1500 selon la Russie.

Où sont les observateurs mandatés par une récente résolution de l'ONU? «Ils sont deux, affirmait jeudi un humanitaire à Ramoussa. Ils sont restés dans leurs voitures à distance» des évacuations.

Et combien de civils subissaient les bombardements de l'armée syrienne? Depuis jeudi dernier, 27.000 sont sortis d'Alep-Est, selon le CICR qui en a escorté dans des villes situées à l'ouest d'Alep, comme Hourem, entre les mains des insurgés. Beaucoup de ces civils ont été pris en charge par des associations caritatives du Qatar, du Koweït ou par l'Union des organisations de secours et de soins médicaux.

Les rebelles ont été défaits, mais ils ne sont pas sortis d'Alep la tête basse

Fin novembre, entre 30.000 et 40.000 autres civils avaient déjà quitté le réduit d'Alep-Est pour se réfugier à Alep-Ouest, en secteur gouvernemental. Si l'on y rajoute 10 .000 ou 15.000 autres, on atteint le chiffre d'environ 100.000 civils, soit très loin de l'estimation de 250.000 personnes prisonnières des violences, fournie par les Nations unies au démarrage du siège d'Alep-Est, le 15 novembre. «Il fallait aider les insurgés», confie depuis Genève un fonctionnaire onusien.

Les rebelles ont été défaits, mais ils ne sont pas sortis d'Alep la tête basse. Ils avaient également exigé de partir avec certains de leurs équipements qu'ils avaient entassés sous des couvertures dans des voitures, des vieux camions et des taxis qui suivaient leur bus. Au total une bonne vingtaine de véhicules, souvent en très mauvais état. Là encore, les soldats russes n'ont procédé qu'à une vérification de routine. Surréaliste face-à-face entre des rebelles, tous barbus, assis sur leur fatras à l'arrière de leurs vieilles carcasses, défilant, kalachnikov à la main, à cinq mètres d'une poignée de soldats syriens, de militaires russes et de quelques miliciens chiites du Hezbollah. Pas un mot, pas une photo, pas un geste. Mais la haine, le dépit et l'accoutumance aux violences se lisaient sur les visages de ces acteurs d'une guerre, loin d'être terminée.


Vingt-neuf civils, dont huit enfants, tués dans des frappes turques à al-Bab

Au moins 29 civils, dont huit enfants, ont été tués jeudi dans des frappes aériennes de l'armée turque contre  la ville syrienne d'al-Bab, fief du groupe État islamique (EI) dans la province d'Alep (Nord), a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La Turquie a lancé en août une opération baptisée «Bouclier de l'Euphrate» dans le nord de la Syrie  qui vise à lutter contre deux groupes qu'elle considère comme «terroristes»: l'EI, mais aussi les combattants des Unités de protection du peuple kurde (YPG), alliées de Washington dans la lutte contre les djihadistes.

Les combats se sont intensifiés ces derniers jours autour d'al-Bab entre  les rebelles soutenus par l'armée turque et l'organisation État islamique retranchée dans la ville du nord de la Syrie. Les rebelles appuyés par les soldats turcs ont quasiment achevé  de prendre le contrôle d'un secteur  en hauteur situé autour de l'hôpital  de la ville. «Lorsque cette zone aura été capturée, l'emprise de Daech  sur al-Bab sera brisée dans une large mesure», a affirmé l'armée turque.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 23/12/2016. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Satan mène le bal USA-2016

 

de Philippe Grasset

<<<<<<<<<<Dedefensa.org<<<<<<<<

Satan mène le bal USA-2016

J’avoue n’avoir pas eu le réflexe qui s’imposait lorsque l’imposant staff de dedefensa.org mit en ligne la nouvelle, aimablement imprimé par la Guardian, selon laquelle certains officiers et agents du FBI estiment qu’Hillary est l’antéchrist. (« The currently serving FBI agent said Clinton is “the antichrist personified to a large swath of FBI personnel...” ») J’avais compris qu’ils traitaient Hillary d’antéchrist de la même façon qu’il m’arrive, lorsque je retrouve une coquille que j’ai laissée passer dans un texte de dde.org, de me traiter, par exemple, de quelque chose comme “Judas grammatical”... Mais non, pas du tout, ils sont sérieux : certains, au sein du FBI, ont bien le sentiment, en poursuivant Hillary, de poursuivre une mission quasi-divine. C’est une nouvelle dimension qui nous apparaît dans ce sublime et fabuleux, et terrible, et catastrophique spectacle que nous offre l’exceptionnelle République.

La phrase est reprise partout chez nombre de mal-pensants et, chez certains d’entre eux, elle en fait leur titre du jour. (Leur plaisir est grand, chez ces mal-pensants, c’est-à-dire ces sites de piètre réputation mais de grande fréquentation, antiSystème et prompt au sensationnalisme complotiste, de pouvoir citer une source aussi chic-Système que l’est le vertueux Guardian.) Ils parlent donc réellement de l’antéchrist, le vrai, celui qui a sa place dans le grand récit eschatologique de nos diverses cultures religieuses. Pour cette fois, la religion a son intérêt, en donnant une clef de communication pour dramatiser encore plus une situation : il s’agit de rien moins que de la présence de Satan au cœur de cette exceptionnelle élection USA-2016... Personne ne l’y avait invité mais quoi, il semble bien qu’il se soit imposé de lui-même et, ma foi, il ne dépare pas, non pas du tout et en aucune façon.

Là-dessus, un des e-mails parmi les tonnes saisies, un du chef de la campagne d’Hillary, John Podesta, donne du relief à cette présence de Satan. Antiwars.com, qui n’en rate pas une, nous donne un résumé succinct de la chose dans une vidéo qui est accompagné de ce très court texte nous contant que Podesta est convié (autour de 2015 selon l’e-mail) à un “cooking spirit dinner”, – quelque chose disons comme un “dîner-barbecue spirite-satanique”, – par l’une des reines newyorkaises de l’Art Contemporain (AC) Marina Abramovic, par ailleurs très haute placée dans la hiérarchie du culte satanique institué par Aleister Crowley. Vous voyez, ça swingue terriblement, AC, Satan, la postmodernité... Voici le très court texte que chacun identifiera aisément comme concernant absolument la pratique de l’AC, dont on sait le goût pour le sacré d’ailleurs applaudi par l’Église (ceux-là, ils ont dû se tromper d’Evangiles ou ben c’est le bon script, c’est selon) ; et je fais en plus l’hypothèse que Podesta fut ravi de cette invitation  et qu’il se rendit avec empressement à l’invitation, car on le dit amateur de la chose.

« Dans ce qui s’avère la révélation la plus bizarre que nous ait fourni WikiLeaks, le président de la campagne Clinton John Podesta est invité à un “dîner-barbecue spirite-satanique” par l’“artiste de performance” Marina Abramovic, pour prendre part à un rituel occulte créé par le Sataniste Aleister Crowley. Le “dîner-barbecue spirite” est “un sacrement dans la religion de Thelema qui fut fondée par Aleister Crowley” et implique une “performance occulte” durant laquelle du sang de menstruation, du lait de mamelles humaines, de l’urine et du sperme sont utilisés pour créer une “peinture”. »

Parallèlement à la nouvelle sont apparues de très nombreuses autres nouvelles impliquant, celles-là, Hillary elle-même comme une adepte de l’un ou l’autre culte satanique. Pêle-mêle quelques indications sur la chose, également sur divers tweets reprenant la matériel publié (vidéos, photos, les uns et les autres d’un grand intérêt anthropologique). Tout cela éclaire, pour les esprits encombrés d’obscures pensées, des déclarations de juillet dernier, jugées alors énigmatiques et insultantes d’un des candidats républicains aux primaires, Ben Carson, – pourtant black, d’une communauté censée être la chasse gardée d’Hillary si l’on en croit la presse-Système et les bienpensants ; cela était rapporté par TownHall.com, le 28 juillet :

« Dr. Ben Carson raised some eyebrows last week at the Republican National Convention when he mentioned Hillary Clinton and Lucifer. At first blush, it may have sounded over the top. The press went to town on this remark, castigating Carson for it.

» Here is what Carson said, “Now one of the things that I have learned about Hillary Clinton is that one of her heroes, her mentors, was Saul Alinsky and her senior thesis was about Saul Alinsky. This was someone that she greatly admired and that affected all of her philosophies subsequently.” He added, “This is a nation where every coin in our pocket and every bill in our wallet says, ‘In God we trust.’ So are we willing to elect someone as president who has as their role model somebody who acknowledges Lucifer?” »

Drôle d’atmosphère, agrémentée de détails déplorables (The Deplorable, selon Hillary) sur les déplacements de Bill (une vingtaine) et même d’Hillary (six) vers une sorte de Sex Island (Orgy Island ou Sex Slaves Island, selon d’autres sources) fournie en mineures de bas âge et tenue par un pédophile notoire  et confirmé puisque déjà condamné pour ce délit, Jeffrey Epstein ; la petite île faisant partie semble-t-il, – cela ne s’invente pas quoique restant à confirmer, – des Virgin Islands, ou Îles Vierges. Grâce aux 650.000 e-mails du couple Abedin-Wiener, dont on dit qu’il a accepté de coopérer avec le FBI en témoignant contre les Clinton, on n’en finit pas de détailler ce qu’un policier du NYPD (New York Police Department), le premier service à avoir saisi ce matériel et à en avoir conservé une copie au cas où l’affaire serait étouffée par ailleurs, a décrit comme “absolument dégueulasse” (je traduis approximativement mais le sens est là).

Cette “drôle d’atmosphère” (dans le genre phoney plutôt que funny), à la fois faite d’une évolution marquée vers le satanisme de plus en plus institutionnalisé, c’est-à-dire vers une atmosphère d’ésotérisme de l’inversion, en même temps qu’une perversion accéléré des mœurs, tout cela d’une façon structurelle et touchant les milieux les plus en vue de la direction-Système et des élites-Système, n’est pas une nouveauté aux USA sous cette forme structurée. Cela nous ramène essentiellement aux années 1930, mais pas au sens où l’entendent nos braves et vigilants petits idéologues qui reniflent du fascisme à chaque page de l’Almanach Vermot de la bienpensance, dans sa version postmoderne. Dans les années 1930, à Hollywood, la magie noire et nombre de croyances et pratiques diverses battaient leur plein, dans ce qui allait devenir (Hollywood) une terre d’élection de l’Église de la Scientologie établie en 1952. Parallèlement, il existait un véritable mouvement de mysticisme technologico-suprémacisme, avec une nette tendance mystique, également en Californie, où s’établissaient les base du Complexe Militaro-Industriel à partir de 1935-1936. (La dimension militaire étant alors totalement absente ; on la trouvera présente à partir de 1941 puis, à partir de 1945-1946 plus précisément pour mon propos, avec l’introduction dans les secteurs les plus secrets du CMI des conceptions technologico-mystiques empruntées à la science nazie dont les USA firent grand usage.) Los Angeles elle-même, dont certains aspects de l’architecture étaient marqués d’un symbolisme ésotérique, témoignaient à l’époque de cette dimension, – Mike Davis l’a superbement montré dans son City of Quartz. (On trouve des indications de cette situation, – CMI, mysticisme, Los Angeles ; etc., – dans deux articles du site, en janvier 2003 et en février 2006.)

Il y a une grande similitude aussi dans les caractères des périodes : les années 1930, aux USA, mélangeant une pauvreté incroyable (La Grande Dépression) et les nantis qui le restèrent, après un déchaînement technologique, boursier et surtout psychologique dans les années 1920 ; des mouvements populaires sinon populistes, un Corporate Power appuyant des conceptions mystiques sur l’avancement technologique (l’aviation dans les années1930, l’informatique aujourd’hui) ; une époque de tensions suprémaciste... Mais tout cela sur des espaces géographiques différents (confiné surtout à la Californie dans les années 1930, alors que toutes les directions-Système des USA sont concernées aujourd’hui) ; avec un grand désordre idéologique par contraste dans cette période ; avec un affrontement bien marqué aujourd’hui entre progressistes déstructurants et populistes traditionnalistes ; avec un grand patronat anti-gouvernemental dans les années 1930 alors qu’aujourd’hui le Corporate Power, surtout le plus avancé du secteur de l’informatique, est complètement acquis au gouvernement et au gang Clinton pour former un establishment uni sur un programme déstructurant favorisant le globalisme et la mort de l’identité. Le cas du suprémacisme est également assez similaire mais à  front renversé, avec un suprémacisme du Corporate Power et du monde scientifico-universitaire californien favorisant les blancs anglo-saxons et autres “races nordiques” dans les années 1930, d’une façon très différente du racisme traditionnel, beaucoup plus agressive et non sans similitude avec le nazisme ; aujourd’hui un suprémacisme du même type agressif et communautaire, et qui ne rejeterait pas les mêmes sources dans la méthode, s’affiche anti-blanc à partir des groupes de couleur et des groupes sociétaux (voir par exemple l’actrice et réalisatrice [blanche] Lena Dunham et son père Carroll Dunham, exprimant leur soutien à « l’extinction des hommes blancs... L’extinction des hommes blancs n’est pas la fin des hommes, c’est une évolution des hommes vers des hommes meilleurs ».)

Comme on voit, il y a des précédents, mais d’une puissance bien moindre, et dans une époque malgré son extrême gravité beaucoup moins explosive pour la cohésion intérieure US, et même malgré la Seconde Guerre mondiale qui bouleversa bien moins les USA que l’Europe. Cela, comme si les années 1930 avaient été un galop d’essai pour cette “drôle d’atmosphère” d’aujourd’hui dont je parle plus haut... Aujourd’hui, par contre, les USA sont au cœur de leur propre crise, et la politique des groupes déstructurants, autant que les projets de globalisation et autres sont beaucoup plus en phase de cohérence avec la renaissance visible sinon affichée du satanisme. (Ce phénomène-là de la résurgence du satanisme est d’ailleurs identifié depuis quelques années : voir le texte de la spécialiste danoise des religions Iben Thranholm « What the Hell? Satan worship on rise in America », du 29 août 2016 sur RT.)

Je suis conduit à considérer, dans ces conditions, que le satanisme et la dégradation accélérée des mœurs ne représentent pas seulement une dynamique accélérée de décadence mais plus encore, une tension extrême au niveau des conceptions spirituelles, avec un mouvement “spirituel” d’inversion tendant à représenter les manifestations du Mal (déstructuration, dissolution, etc.) et le Mal lui-même comme la marche vers le Bien ou le Meilleur, – exactement tendance de spiritualité invertie parfaitement en phase avec la postmodernité. C’est à la fois un fait étrange, un fait extraordinaire et un fait absolument révélateur que des personnages de la valeur vénale et morale des Clinton et aussi de leur entourage politique (Podesta notamment), soient amenés au fil des révélations à se trouver involontairement dans la position d’afficher contre leur gré leur engagement “spiritualiste-inverti” ; c’est à la fois bouffon, comme nombre de manifestations de magie noire et, pour la postmodernité, de l’Art Contemporain, mais aussi sacrilège par l’aspect le plus bas ; à la fois le signe de l’errance psychologique et métaphysique, et le désir d’en découdre non plus sur les terrains habituels (politique, social, même sociétal), mais sur les terrains pseudo-spirituels, justement pseudo-métaphysiques et tout ce qui va avec, avec ambiance de Fin des Temps garantie... C'est bien sur ce terrain-là qu'il faut s'affronter, et c'est sur ce terrain-là que nous les affronterons : ils verront bien vite qu'il y a du marécageux sous leurs pompes si bien cirées.

Cela les perdra beaucoup plus vite qu’on peut imaginer, parce qu’ils entrent dans un domaine où leur extrême faiblesse psychologique ne leur permettra pas de tenir. Ils font des gâteries au diable et croient que cela suffit, comme toujours l’ésotérisme de salon et la magie noire en toc l'ont fait croire à cette sorte de gens  ; mais ils n’ont pas la force du martyr ni l’âme qui va avec, et leur colonne vertébrale a la tenue de l'éclair au chocolat. Ils font des extravagances sacrilèges mais restent des bouffons qui ont besoin d’avions privés et de tout le confort pour aller à confesse avec Lucifer. Ils sont à la fin de leur aventure. En soi, ce n’est que d’une importance accessoire, selon ce qu’ils valent, mais comme cela se passe au moment de la Grande Crise Générale d’effondrement du Système, cela acquiert soudain une importance colossale. Le Système va en crever d’avoir produit des sapiens-Système de si piètre qualité. Bon débarras.

On dit qu’actuellement le diable s’en mord les cornes d’avoir encore choisi toujours le même cortège de zombies ; on dit même qu’il médite la phrase de Guénon qu’il a pêchée dans dedefensa.orgOn dit même que le diable, quand il veut, est fort bon théologien; il est vrai, pourtant, qu’il ne peut s'empêcher de laisser échapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature...») ; on dit enfin qu’il se mord la queue qu'il a fort fourchue de dépit d’être encore tombé dans le piège de sa propre faiblesse, d’avoir cru à ses propres fadaises qu’il développe pour convaincre les sapiens de monter à bord avec lui...  

 

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BADIOU Alain ....PENSER LES MEURTRES DE MASSE 

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Crimes contre l’humanité : L’ultime retour des barbares

« Eh bien, oui, proclame Hitler, nous sommes des barbares et nous voulons être des barbares. C’est un titre d’honneur. Nous sommes ceux qui rajeuniront le monde. Le monde actuel est près de sa fin. Notre tâche est de le saccager… »

  cité par    Jean-Claude Guillebaud,  La Refondation du monde, 1999, Seuil

 « Invasions barbares » est une expression rejetée depuis quelque temps par les historiens allemands et germanophones. Ces derniers lui préfèrent le terme, moins péjoratif, de Völkerwanderung, qui veut dire « marche des peuples » ou « migration des peuples ». La plupart des historiens anglo-saxons parlent aujourd’hui de « Migration Period » pour évoquer cette longue et douloureuse agonie de l’empire romain. Mais tout est affaire de point de vue me diriez-vous.

 

Au XIIIème siècle, les hordes mongoles se ruèrent sur l’ensemble de l’Asie pour envahir ensuite l’Europe de l’Est et l’Europe centrale et finirent par atteindre les Balkans et l’Autriche. De la Chine jusqu’en Hongrie, elles ne laissèrent sur leur passage que ruines et désolation. En 1258, Hulagu Khan, petit-fils de Gengis Khan décida de s’attaquer à l’empire abbasside alors sur le déclin. Bagdad qui demeurait néanmoins la capitale la plus florissante de l’époque comptait environ deux millions d’habitants. Le siège de la ville n’aura duré que trois semaines, à l’issue desquelles, le calife abbasside al-Musta‘sim signa sa reddition pour épargner la population. Mais faisant fi de la parole donnée, Hulagu investit la ville et procéda à un  massacre systématique des bagdadis. Selon certains historiographes, 800000 personnes passèrent au fil de l’épée. On parlait de milliers de savants égorgés. Bayt al-Hikma, la bibliothèque la plus richement dotée au monde, ainsi qu’un nombre impressionnant d’écoles, d’universités, de mosquées, d’hôpitaux disparaîtront, dévorés par les flammes. On rapportait que les eaux du Tigre virèrent au noir, souillées qu’elles étaient par l’encre de dizaines de milliers d’ouvrages jetés dans le fleuve par les barbares venus de la steppe. La destruction de Bagdad sonna ainsi le glas de  la dynastie Abbasside et accéléra la décomposition de l’empire arabo-musulman déjà chancelant. Deux des plus grands empires que l’humanité ait connus, minés par leurs dissensions internes, succombèrent et se désintégrèrent sous les coups répétés et incisifs de tribus plutôt démunies.

 

Ce mouvement cyclique des invasions barbares s’est cependant apaisé à la renaissance. Du moins c’est ce qui transparait à travers les écrits des historiographes européens . Or peut-on douter un seul instant de ce que pensaient les Aztèques et les Mayas des conquistadors, les africains de la traite des noirs ou encore les peuples colonisés piétinés par la maréchaussée française et britannique ?…

 

La barbarie cruelle et dévastatrice n’a en fait jamais disparu sauf à travers les euphémismes hypocrites et les antiphrases trompeuses des envahisseurs. En réalité, la barbarie est un phénomène régressif et redondant qui a toujours ponctué le devenir de l’humanité. A chaque fois qu’une civilisation s’essouffle à cause de ses contradictions internes et qu’elle perçoit l’inanité de son projet, elle prête le flanc aux envahisseurs comme si elle les invitait à lui assener le coup de grâce. L’historien des civilisations,  Arnold Joseph Toynbee n’affirme-t-il pas que les « civilisations meurent de suicide et non par meurtre.»

 

A la Renaissance, La civilisation occidentale produit de la refondation de l’humanisme antique se voulait une élévation de l’homme à la hauteur des anciens dieux. Le cogito de Descartes viendra au 17ème siècle consacrer la transcendance de l’esprit humain et annoncer implicitement les prémices de la mort de dieu. La raison raisonnante s’imposa alors comme puissance transformatrice de l’humanité et de la nature. Cependant, ni l’idéalisme humaniste chrétien  d’Erasme brisé par la violence des guerres de religion, ni les illusions de l’humanisme des Lumières ne purent résister aux aléas de l’histoire. Si l’humanisme a réussi à ébranler le joug de l’Eglise, il a par contre poussé l’égo de l’homo-europeanus à la démesure. Ce dernier, débarrassé de son surmoi se laissera emporter par une frénésie pulsionnelle qui marquera de son sceau toute l’histoire moderne. Ainsi le « JE PENSE » cartésien s’avéra  une exclusivité européenne alors que le reste de l’humanité ne constituait qu’un fragment végétatif d’une  nature bonne à être exploitée jusqu’à la moelle. Cette division du monde en deux humanités distinctes  ne cessera de structurer le rapport au monde de l’Europe et de ses excroissances, au mépris des principes humanistes les plus élémentaires. L’idée d’une infériorité naturelle, essentielle, de l’homme de couleur est si incrustée que le scandaleux  Code noir, ou édit sur la police des esclaves, rédigé par Colbert et promulgué par Louis XIV en1685 (1) laissa indifférents tous ces chantres de l’égalité naturelle qu’étaient les philosophes des Lumières  (2). Le principe de l’abolition de l’esclavage énoncé dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 resta lettre morte. Napoléon Bonaparte n’hésita pas à renforcer la pratique de l’esclavage et à réprimer dans le sang l’insurrection des esclaves  de Saint Domingue.

 

Lors de la conquête fiévreuse du nouveau monde, les pays européens  se livrèrent avec acharnement à la mise en valeur des territoires conquis. L’exigence  d’une main d’œuvre abondante et à bon marché conduisit vers la solution la plus simple et la plus rentable : la traite des noirs. C’est donc la mise en place d’un système économique lucratif qui est à la base de la métamorphose  d’une catégorie d’hommes en “nègres”. Cette déshumanisation d’une partie de l’humanité sera avalisée après coup par l’Eglise romaine apostolique, l’église Anglicane, puis par l’ensemble des mouvements protestants.  Assimilés aux descendants de Cham, les noirs héritèrent de la malédiction qui le poursuivait. Selon le récit biblique, Cham père de Canaan, fils de Noé fut condamné à être « pour ses frères, le dernier des esclaves » pour avoir vu tout nu son propre père. La malédiction de Cham devint alors l’argument fondamental de tous les esclavagistes européens qui n’hésiteront pas à se soumettre à la volonté de dieu.

 

C’est seulement au XIXème siècle que l’argumentaire religieux s’essouffla et céda la place à des justifications de type rationaliste. Une pléiade de philosophes et de penseurs se mettait à l’œuvre pour démontrer la supériorité biologique de l’homme blanc. La déshumanisation s’étendra cette fois-ci à l’ensemble des races non blanches. La vague abolitionniste à la seconde moitié du XIXème siècle s’explique non par une quelconque élévation morale mais par l’apparition d’une nouvelle forme, plus élaborée et plus systématique, de l’exploitation de l’homme par l’homme : le colonialisme. En effet, les deux tiers de la planète furent soumis en un tour de main à l’impérialisme européen et des centaines de millions d’humains se retrouvèrent asservis et déshumanisés au nom d’une prétendue hiérarchie raciale. Le fameux code noir, tombé en désuétude, fut promptement remplacé par un texte tout aussi dégradant : le code de l’indigénat (3). Ainsi La brèche ouverte par l’ancien régime se transforma avec ce nouveau mode d’exploitation en béance divisant irrémédiablement  l’humanité en deux entités irréconciliables. Ce racisme colonial qui dans un élan faussement universaliste voyait dans le colonialisme une prétendue entreprise civilisatrice des races « inférieures », emportait l’adhésion de tous les courants politiques de l’époque. Quelqu’un comme Friedrich Engels trouvait que «… la conquête de l’Algérie était un fait important et heureux pour le progrès de la civilisation… » (4). Le pas sera toutefois vite franchi vers un racisme plus radical, le racisme différentialiste qui pose les races non blanches comme biologiquement impures, et porteuses de tares transmissibles. Plusieurs auteurs du XIXe siècle, tels que Joseph Arthur Gobineau (1816-1882), George Vacher de Lapouge (1854-1936) et Karl Von Chamberlain (1855-1927), considéraient toute forme de métissage des races comme une atteinte à la pureté des races supérieures. Dans son Essai sur l’inégalité des races humaines, Gobineau soutenait que l’hybridation des races entrainait inéluctablement la dégénérescence de la race aryenne, l’affaiblissement de ses qualités et ultimement, sa dissolution. Le darwinisme social viendra renforcer ce courant de pensée. Pour le philosophe et sociologue Herbert Spencer (1820-1903),  le mécanisme de la sélection naturelle décrit par Darwin serait totalement applicable au corps social. La lutte pour la vie entre les êtres humains est par conséquent l’état naturel des relations sociales. Les conflits deviennent ainsi la source fondamentale du progrès et de l’amélioration de l’espèce. La concurrence entre les êtres ou groupes humains ne doit aucunement être entravée par une quelconque mesure de protection ou d’assistance. Seule la lutte acharnée pour l’existence est en mesure de favoriser la survie des “plus aptes” et l’élimination des “moins aptes”. Le physiologiste britannique Francis Galton (1822-1911), ira encore plus loin. Pour lui, l’Européen moderne est l’être humain qui possède les meilleures capacités génétiques. Pour les préserver et éviter que le patrimoine génétique humain ne dépérisse, les porteurs de «mauvais» gènes devraient être stérilisés ou empêchés de se reproduire.

 

Il n’en fallut pas plus pour qu’une bonne partie du monde occidental se trouvât secouée par une folle vague eugéniste. Ce mouvement connut un essor particulièrement rapide aux États-Unis. Dans les premières années du XXème siècle, au nom de lois diverses prétextant entre autres le «déclin de l’intelligence américaine», des dizaines de milliers de citoyens américains asiatiques, noirs, européens du Sud et de l’Est furent stérilisés malgré eux. Le phénomène s’étendra ensuite au Canada, aux pays scandinaves, à la Grande Bretagne, en Suisse et en Allemagne.

 

Faut-il alors prêter foi aujourd’hui à toutes ses âmes sensibles horrifiées par les exactions nazies pendant la deuxième guerre mondiale? Voilà près de soixante-dix ans que l’immense majorité de l’intelligentsia occidentale et de ses crieurs publics ne se lasse point de jouer les vierges effarouchées face aux horreurs commises par Hitler. Or ce dernier n’est ni une exception pathologique ni une parenthèse macabre ayant entaché pour un moment le cours normal de l’histoire, mais la quintessence, l’aboutissement, le produit final de ce mythe fondateur de la modernité occidentale : la barbarie raciste. Les crimes nazis, faut-il le rappeler à tous ceux qui souffrent d’amnésie lacunaire, n’ont rien à envier au génocide des amérindiens et des aborigènes, ni à la traite impitoyable des noirs par les esclavagistes européens ni aux massacres systématiques des « indigènes » révoltés des colonies. Fervent lecteur des Gobineau, Spencer, Chamberlain ou encore Galton, Hitler était avant tout autre chose le disciple d’auteurs racistes français et britanniques. Cependant, à l’inverse du racisme conquérant des adeptes universalistes du « progrès », le racisme nazi, découle du mouvement völkisch (5) apparu en Allemagne à la fin du XIXème siècle; un mouvement que le sentiment de frustration lié à la défaite de 1918 et la crise de 1929 ont renforcé. Ce courant raciste foncièrement anti-juif et anti-slave, ravivant un passé germanique mythique, rêvait d’une expansion continentale, seule en mesure d’offrir un espace viable au génie du volk (6) germanique. Cet espace vital ne souffre aucune promiscuité et se doit d’être purifié des autres volk qui menacent sa vitalité. Toutefois, malgré sa particularité et sa vision romantique réactionnaire, le racisme allemand s’inscrit bien dans la logique raciste européenne ; il en constitue l’étape ultime, celle de l’épuration pure et simple de l’altérité impure. Or ce violent repli identitaire allait paradoxalement fleurir et se concrétiser chez ceux-là même dont les nazis projetaient l’extermination. Hitler doit bien sourire de satisfaction dans sa tombe, lui qui avec la création d’Israël, a certainement réussi ce qu’il a lamentablement raté dans son propre pays : une entité tournée vers un passé mythique, raciste, ségrégationniste et qui depuis soixante-dix ans use de tous les moyens sordides pour épurer son « espace vital » (6). Ce tribalisme nazi et sioniste, signe précurseur de l’échec de l’universalisme libéral, annonce déjà l’éclatement identitaire qui secoue l’humanité en ce début du XXIème siècle.

 

L’extermination de millions de tziganes et de juifs et l’anéantissement monstrueux des habitants d’Hiroshima et de Nagasaki, toutes ces horreurs n’ont pas réussi à ébranler d’un iota ce mythe abominable. La hiérarchisation raciale qui constitue l’assise économique de la modernité continue malgré tout à hanter l’imaginaire occidental. En effet, la vague des indépendances des années soixante et l’avènement du néo-colonialisme vont favoriser une nouvelle forme de  racisme à tendance «culturaliste». Maintenant, ce ne sont plus les races mais les cultures qui forment des blocs homogènes dont les différences sont incommensurables et irréconciliables. L’altérité se trouve alors dotée d’une « nature culturelle » essentialisée et irrémédiablement figée.  La crise économique qui s’installe depuis les années soixante-dix ne fera qu’attiser ce « racisme sans race » qui rappelle à bien des égards  l’antisémitisme d’antan, mais sous une forme bien plus généralisée. Aujourd’hui, en lieu et place de la culture essentialisée du juif, c’est la culture de l’arabo-musulman ou de l’africain qui se trouve stigmatisée et infériorisée, voire même diabolisée. Ainsi voit-on se développer à travers toute l’Europe un discours de l’exclusion  à l’encontre  des immigrés issus des « anciennes » colonies en les rendant responsables de tous les maux d’une société en crise. Le paradoxe est qu’on n’hésite pas à taxer certains groupes ethniques de communautarisme alors qu’on use de tous les moyens pour les empêcher de s’intégrer. Les émeutes d’octobre 2005 illustrent l’impasse dans laquelle se trouve empêtré le système politique français qui n’arrête pas de bafouer les valeurs républicaines tout en prétendant les défendre. L’épouvantail de l’islamiste et du musulman confondus, brandi en tout lieu et jeté en pâture aux peuples occidentaux malmenés par les retombés de la crise capitaliste mondiale ne manque pas de nous rappeler le sort réservé aux juifs et aux communistes pendant les années trente en Europe. Mais cette fois-ci, la chasse aux sorcières prend des proportions énormes et couvre depuis plus de vingt ans l’ensemble du monde arabo-musulman.

 

La névrose expansionniste occidentale  atteint aujourd’hui sa culminance  avec son ultime variante idéologique : le choc des civilisations. Les centaines de chaines de télévision wahhabites du Golfe d’un côté et les médias occidentaux de l’autre, obéissant  tous aux ordres du même maître, ne font qu’attiser les haines et asseoir cette thèse si chère au feu Samuel Huntington.  Avec la diabolisation du monde arabo-musulman, il ne s’agit plus de justifier le bien-fondé de l’esclavage ni de défendre les bienfaits de la colonisation mais de légitimer l’épuration pure et simple de toute une civilisation. En effet, le volk anglo-saxon, dans le cadre de son projet euro-atlantique compte  aplanir l’espace allant de l’Europe du nord aux confins de l’Oural. La mondialisation néolibérale a bien besoin d’un espace vital à la hauteur de sa démesure. Tous les volk qui font obstacle seront systématiquement réduits. La tragédie du monde arabe est de se trouver géographiquement et énergétiquement en travers  du chemin de cette vaste entreprise de démolition.

 

Depuis les années quarante la guerre ne semble plus avoir pour objet la domination  du vaincu mais son extermination. Les horreurs commises par Hitler et par Truman ainsi que  les massacres en Algérie, au Vietnam, à Sabra et Chatila, au Rwanda, à Gaza  pour ne citer que ceux-là, ne sont que la conséquence  directe de ce long processus de déshumanisation qui atteint aujourd’hui sa phase terminale. L’oxymore du « chaos constructeur » est d’une limpidité aveuglante. Pour les néo-conservateurs la guerre devient ainsi synonyme d’éradication. C’est cette logique qui oriente les stratèges américains dans les guerres qu’ils mènent depuis le début des années 90 contre le monde arabe. L’embargo imposé à l’Irak pendant plus de dix ans a fait plus d’un million de morts dont une majorité d’enfants privés de médicaments. L’utilisation intensive de munitions à l’uranium appauvri pendant la première et la deuxième guerre du Golfe a contaminé de manière indélébile le sol irakien et condamné des millions d’Irakiens à mourir de leucémie ou par d’autres formes de cancers. Les euphémismes ridicules tels que « guerre propre » ou encore « frappes chirurgicales » cachent piteusement cette stratégie de l’extermination. Or ces empoisonneurs ne se doutaient nullement de ce que le sort leur réservait.  La « guerre à zéro mort » promise par Colin Powell s’avère un gros mensonge lorsqu’après quelques années, un grand nombre de vétérans des guerres du Golfe se trouvent atteint de leucémies, de cancers des ganglions, de perte de poids, de déficiences pulmonaires, sans compter les malformations congénitales dont souffre leur progéniture. Sur les 697 000 soldats américains engagés dans l’opération «Tempête du désert» de 1991, 183 000 touchent aujourd’hui une pension d’invalidité et 10 000 sont décédés des suites de leurs maladies.

 

Si la première guerre du Golfe n’était pas allée à son terme, c’était simplement pour  apeurer l’Arabie Saoudite et d’autres pays de la région et de les pousser ainsi à solliciter le déploiement de l’armée américaine sur leur sol. L’épouvantail surmédiatisé d’un Saddam Hussein  belliqueux et vindicatif a suffi pour jeter tous ces rois et roitelets dans les bras tendus de l’oncle Sam. Mais c’est la deuxième guerre du Golfe qui allait constituer le vrai champ d’expérimentation du chaos, une avant-première de la tragédie qui secoue aujourd’hui  l’Afrique du nord et le Moyen Orient. Il ne s’agit plus de vaincre une armée ou de renverser un pouvoir ou même d’occuper un pays mais de détruire des états avec toutes leurs institutions et de diviser dans le sang des sociétés en dressant les groupes ethniques et confessionnels les uns contre les autres. Il faut toutefois préciser que cette gigantesque manœuvre de déstabilisation du monde arabe, cyniquement  appelée « printemps arabe » s’inscrit dans une démarche dont les racines remontent bien loin dans le temps. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis, jouant sur le sentiment identitaire religieux des Tchétchènes, des Kazakhs, des Ouzbeks, ont réussi à dresser ces peuples contre les communistes athées. Les Américains s’empresseront de prendre le relais. En juillet 1953 alors que la guerre froide battait son plein, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis. Elle est reçue à la Maison-Blanche par le président Dwight Eisenhower. Celui-ci s’adresse à ses invités en ces termes : «notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme». Saïd Ramadan, gendre et successeur de Hassan Al-Banna, fondateur du mouvement des « frères musulmans » faisait partie de la délégation (7). Il sera désormais l’acteur principal de la guerre d’usure menée contre le régime nassérien et contre tous les régimes et courants politiques progressistes du monde arabe. Un prosélytisme religieux tous azimuts s’étendra alors de l’Europe occidentale jusqu’en  Asie centrale, généreusement financé par l’Arabie Saoudite et soutenu par l’ensemble des pays occidentaux.  Des milliards de dollars seront investis dans la création partout dans le monde d’universités théologiques, d’écoles coraniques, de mosquées et d’institutions religieuses de toute sorte qui auront pour rôle d’encadrer les musulmans de l’intérieur ainsi que ceux de la diaspora. Il ne fallut pas plus de vingt ans pour que des couches importantes de la jeunesse arabe et islamique se soient « convertis » à l’intégrisme wahhabite. Les étasuniens n’ont plus que l’embarras du choix pour puiser parmi ses masses fanatisées autant de combattants qu’ils veulent. Des Moudjahidines de tous les coins et recoins du  monde arabe et islamique sont envoyés en Afghanistan combattre les mécréants soviétiques(8). Une armée d’exaltés qui ne coute  presque rien à ses commanditaires a fini après des années d’harcèlement par épuiser une économie soviétique déjà  chancelante et accélérer de la sorte l’implosion de l’URSS. Les occidentaux ne s’arrêteront pas là, ils useront du même stratagème pour provoquer l’implosion de la Yougoslavie. Il faut cependant se rappeler que bien avant l’instrumentalisation des islamistes, l’OTAN a levé dans tous les pays de l’Europe occidentale une armée secrète au nom de Stay-behind (9). Chaque pays avait son propre réseau. Celui de l’Allemagne de l’Ouest par exemple portait le nom de Schwert (glaive en allemand), créé à la fin des années 1940, Il était composé à l’origine d’anciens SS. Le réseau italien Gladio (glaive en italien) recrutait ses membres parmi les organisations fascistes. Il s’agissait pour l’OTAN d’armer, d’entrainer et d’entretenir des groupes armés d’extrême droite connus pour leur haine viscérale du communisme. Ces réseaux étaient constitués de cellules éparpillées sur l’ensemble des territoires des « démocraties » occidentales à l’insu de leurs parlements. A l’origine, ces cellules auraient constitué autant de poches de résistance à une probable invasion soviétique. Mais la montée fulgurante de certains partis de gauche comme par exemple le parti communiste italien allait changer la donne. Il devenait alors impératif de pointer ses armes contre cette menace venue de l’intérieur. D’après l’historien Daniele Ganser (10), L’essentiel des attentats terroristes qui ont ensanglanté l’Europe Occidentale jusqu’à la fin des années quatre-vingt et que l’on attribuait faussement à l’extrême gauche étaient en fait l’œuvre de ces groupuscules fascistes commandés par l’OTAN. L’attentat de la gare de Bologne en 1980 ou encore celui de la fête de la bière de Munich en 1980 sont deux épisodes douloureux d’une longue série d’actions terroristes non revendiquées et non élucidées pour la plupart. Ces crimes abominables commis à l’aveugle contre des concitoyens s’inscrivent selon Ganser dans une « stratégie de la tension » consistant à discréditer l’ennemi en lui imputant des actions terroristes qu’il n’a point commis. L’assassinat de civils innocents, en suscitant la peur et la haine chez le reste de la population finit par diaboliser celui qu’on veut disqualifier ou agresser. Cependant, tous ces attentats sous fausse bannière, en semant la terreur en Europe pendant la guerre froide, n’ont surtout servi qu’à soumettre définitivement la politique européenne aux exigences des Etats-Unis.

 

C’est cette stratégie du mensonge et de la manipulation qui a modifié l’art de la guerre depuis plus d’un demi-siècle en érigeant en système le terrorisme d’état. Ayant amplement atteint ses objectifs pendant la guerre froide, la « stratégie de la tension » n’a pas désarmé pour autant. Une fois débarrassés du péril rouge, les états occidentaux s’empresseront dès les années 1990 d’inventer le péril vert. Les impératifs géostratégiques ont besoin plus que jamais de maintenir la « tension ». Voilà que les moudjahidines, applaudis lors de la guerre sovieto-afghane retournent subitement leurs armes contre leurs anciens commanditaires. Vraie révolte ou pure simulation ? Là est la question ! Mais a-t-on vraiment besoin de le savoir ?! Le décor est déjà bel et bien planté et l’ange du mal a vite fait d’entrer en scène. A chaque attentat, hommes politiques et médias, piégés par leur racisme culturaliste, partent en croisade et dans la confusion la plus totale contre l’islamisme, le djihadisme, le salafisme, l’islam… Mais qu’à cela ne tienne, l’amalgame, dans le contexte de cette guerre mondiale qui ne dit pas son nom, devient une arme de destruction massive des esprits. Quelques milliers de mercenaires et de fanatiques qu’on agite d’une télévision à l’autre ont suffi pour scinder le monde en croisés et en sarrasins en moins d’une décennie. L’attentat du 11 septembre viendra alors à point nommé constituer le nœud de l’intrigue. Les preux et très chrétiens marchands d’armes et de pétrole, courroucés par tant de sauvagerie, partent en chasse, décidés d’en finir avec ces hordes barbares de Gog et Magog, tout cela au grand soulagement du bon peuple et au bénéfice de la divine démocratie. Oui, il faut bien s’y résoudre, les guerres d’aujourd’hui ne sont plus celles de la liberté contre l’égalité, deux utopies du siècle précèdent, tombées en désuétude mais celles des intégrismes.

 

Cette guerre mondiale contre le terrorisme qui broie l’Irak et l’Afghanistan depuis une dizaine d’années aura largement suffi à l’incubation du mal qui depuis 2011 explose et embrase  l’ensemble du monde arabe. L’extraordinaire est que l’OTAN et à sa tête les Etats-Unis, en imposant une guerre dissymétrique à l’Irak puis à la Libye a abandonné en toute diligence ces deux pays aux mains de terroristes métamorphosés, je ne sais par quel miracle, en « révolutionnaires ». Qui ne se souvient du spectacle surréaliste du sioniste Bernard-Henri Lévy haranguant en Matamore les islamistes d’Al Qaeda à Benghazi ! On doit au moins reconnaitre au « printemps arabe » d’avoir mis à nu les plans atlantistes : l’instauration du chaos au sein du monde arabe en livrant ce dernier, pieds et poings liés au terrorisme. Faut-il alors continuer à se perdre en vaines conjectures alors que l’OTAN joue à visage découvert ! Les condamnations proférées hypocritement après chaque abomination commise par les intégristes font sourire les plus crédules. Il devient clair aujourd’hui que l’OTAN ne s’est jamais départi de sa « stratégie de la tension ». Le soutien inconditionnel apporté en ce moment aux extrémistes islamistes par l’Occident et par ses vassaux du Golfe porte à croire que les attentats commis par Al Qaeda tout au long des années 1990 n’auraient été que des false flag operations, des crimes ourdis sous faux pavillon servant à légitimer la déstabilisation de tous ces pays qui de l’Afrique du Nord à la mer Caspienne reposent sur d’énormes réserves de gaz et de pétrole. C’est probablement la première fois dans l’histoire  moderne qu’une hyperpuissance opte pour une guerre asymétrique par terroristes interposés, une guerre beaucoup moins couteuse et où toutes les atrocités et tous les coups bas sont permis.

 

Si l’armée secrète de l’OTAN, formée pour l’essentiel de fascistes er d’anciens nazis, avait pour mission de  discréditer la gauche européenne pendant la guerre froide, les extrémistes islamistes ont quant à eux la double mission de diaboliser le monde arabo-musulman aux yeux de l’opinion publique et de  déstabiliser par la violence  les pays qui recomposeront le Nouveau Moyen-Orient. Dans des pays comme la Tunisie ou l’Egypte, la montée au pouvoir des frères musulmans par la voie démocratique servira à démanteler en douce les institutions étatiques et à aplanir ainsi le terrain avant l’entrée en scène des djihadistes. Par contre dans des pays comme la Libye, où l’état est inconsistant, on choisit d’instaurer immédiatement le chaos en détruisant le pouvoir politique et en mettant le pays entre les mains de bandes armées rivales. Dans les deux cas de figure, le délitement de l’Etat par la généralisation de la contrebande et par l’exacerbation des luttes intestines interethniques et interconfessionnelles constitue l’objectif premier du « printemps arabe ». En effet, avec la destruction de l’Etat, la classe politique, les acteurs économiques ainsi que l’ensemble des composants  de la société, dépourvus de garde-fou, finissent toujours par se livrer une lutte à mort dans la confusion la plus totale. Sans nul doute que les promoteurs du nouvel ordre mondial tiennent ainsi à vérifier l’hypothèse de « l’état de nature » si chère à Hobbes, tout en y mettant bien entendu leur grain de sel. Lynchages, viols, lapidations, scènes d’anthropophagie…C’est de loin  plus palpitant que tous ces  western d’antan où de  méchants peau-rouge torturaient à mort de paisibles visages pâles. Mais ce n’était alors que de la fiction. Aujourd’hui, quelques milliers de cabotins sanguinaires, armés jusqu’aux dents, font office de fossoyeurs attitrés d’une civilisation millénaire. Tous ces fanatiques manipulés tentent à travers les horreurs qu’ils commettent d’exclure du présent le monde arabo-musulman  en l’ensevelissant sous les décombres d’une histoire mythique qu’on veut sombre et barbare. A trop vouloir déterrer leur mythe,  ces fous-furieux de Dieu ne font en fait que creuser leur propre tombe et celle de ceux qu’ils combattent, tout cela sous l’œil sadique de l’Empire en construction. Générer la barbarie pour asseoir les bases d’un nouvel  empire, tel est probablement le dernier acte de cette tragédie qui ensanglante  depuis plus de deux siècles la planète. Cet ultime retour de la barbarie est certainement le signe annonciateur d’une civilisation qui s’autodétruit, impuissante face à l’inanité de son projet. La désacralisation des religions séculières plonge depuis quelque temps le monde dans l’incertitude et la confusion la plus totale. En effet, Les idéaux de liberté et d’égalité qui ont tenu en haleine tout le  XXème siècle ne sont plus en mesure d’entretenir l’illusion des lendemains qui chantent promis par la modernité. Ce vide symbolique insupportable ne tardera pas à être comblé par toutes sortes de replis identitaires. Un tel  processus permet dans les situations de troubles et de mutations rapides de verbaliser l’anxiété et même  de l’atténuer en redonnant, grâce à des référents historiques,  territoriaux, culturels ou religieux du sens à ce qui semble ne plus en avoir. C’est dans ce contexte que la machine à remonter le temps s’est mise en branle,  embarquant à son bord   des légions d’intégristes désespérés tentant d’échapper magiquement à l’asphyxie du présent.  Mais une fois radicalisée, cette « proclamation identitaire » s’exacerbe et  aboutit à une polarisation antagoniste où  l’altérité menaçante   devient un danger  imminent qu’il faut immédiatement détruire. C’est cette logique de l’anéantissement de l’autre promue par le nazisme  qui réapparait en ces temps troubles d’une civilisation qui agonise. En effet, à  l’image du mouvement volkisch qui a fait le lit du nazisme en Allemagne, l’intégrisme juif et l’intégrisme islamiste s’accordent  pour ressusciter chacun de son côté sa propre histoire mythique.  Les sionistes en procédant depuis plus d’un demi-siècle à des massacres ponctuels de palestiniens, s’adonnent en quelque sorte à un rite sacrificiel  sensé épurer leur prétendu espace sacré.  Les takfiristes usent de la même violence pour exterminer les apostats, épuration  nécessaire à l’exhumation de leur khalifat mythique.  Il importe toutefois de souligner que bien que s’identifiant aux fondamentalismes religieux, ces obsessions identitaires pathologiques ne sont autres qu’un pur produit d’une modernité aux abois.

 

Les massacres perpétrés par les sionistes à Gaza, déchiquetant jour après jour et sans jamais se lasser les corps de femmes et d’enfants et les horreurs commises par Daech en Syrie et en Irak… une telle violence insensée finit par fissurer l’image que nous avons  de nous-même. Mais Lorsqu’on voit des israéliens exulter de joie sur les réseaux sociaux, savourant en barbares les carnages commis par leur armée et lorsqu’on voit des djihadistes exhiber triomphalement les entrailles de leurs victimes, on finit par comprendre que le processus de déshumanisation entamé depuis des siècles  vient d’être parachevé. La crise identitaire consécutive à la crise de valeurs d’une civilisation qui chavire tombe au bon moment pour  ces Machiavel du néolibéralisme. Incapables de continuer à tirer profit du capitalisme productif et sachant pertinemment que les jours du capitalisme financier sont d’ores et déjà  comptés, ils choisissent de rafler la mise. Si la destruction  des sociétés arabo-musulmanes par la manipulation et l’exacerbation des conflits ethniques et confessionnels bat aujourd’hui son plein, la faillite imminente des états européens risque de plonger de son côté  les peuples d’Europe dans un cycle de violence inouïe. Le chaos constructeur aura ainsi parachevé son œuvre destructrice.

 

 

 

1)http://fr.wikisource.org/wiki/Code_noir/1685                                  

 

2)Laurent Estève : Montesquieu, Rousseau, Diderot : du genre humain au bois d’ébène . Les silences du droit naturel  Ed. Unesco

 

3)http://inter.culturel.free.fr/textes/indigenat.htm

 

4)http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article1315

 

5)http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_v%C3%B6lkisch)

 

6)Volk qui signifie peuple en allemand constitue pour le mouvement volkisch un tout unique, une communauté immuable tournée vers un passé mythique que les évolutions de la société dans les années 1860 désorganisent et disloquent. Pour le  mouvement, les agents de division de la nation allemande sont les libéraux et les Juifs fervents défenseurs de l ’universalisme.

 

7)Ian Johnson, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident, JC Lattès

 

8)http://www.youtube.com/watch?v=Osc2o5Vs4Z8&hd=1#

 

9)http://www.youtube.com/watch?v=Z7LmCs51Z5g&hd=1

 

10)Daniele Ganser,  Les armées secrètes de l’OTAN , édit. DemiLune

 

 

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La franc-maçonnerie  ...nouvelle religion universaliste

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La laïcité, un pont vers l'avenir de notre civilisation

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" Barbares, le retour" l'éternelle question des civilisations

>>>>>>>>>>>Le Nouveau Cénacle 5.10.16>>>>>>>>>>>>>>>>

 

 

Publié aux éditions Desclée de Brouwer, « Barbares : le retour » est un essai historique et philosophique écrit par Vincent Aucante. Spécialiste de Descartes et d’Edith Stein, l’ancien directeur culturel du Collège des Bernardins livre une analyse détaillée de cet éternel retour des barbares dans nos civilisations.

Des Vandales qui ravagent Carthage et massacrent saint Augustin jusqu’aux bourreaux du Bataclan, une constante se dégage : le monde dit civilisé a toujours été confronté à la figure du barbare, que ce dernier vienne d’une autre contrée ou qu’il ait été enfanté par la civilisation. A l’origine, ce terme de « barbare » désigne le non-grec, parlant une langue qu’on ne comprend pas, qui se trouve en dehors de la cité, mais ne serait-ce pas devenu plus complexe au fil des temps et des massacres ? La barbarie, pour reprendre les termes de Vincent Acanthe en introduction, « serait-elle le miroir de la civilisation » ? 

« Cette négation de soi-même que l’on retrouve au coeur de la stratégie de l’Etat islamique prend racine dans un antique terreau ».

« Qu’ils soient nomades iraniens de la steppe, Germains sédentaires des forêts, Bédouins des déserts, Turcs ou Mongols d’Asie centrale, les barbares qui ont fait trembler les civilisations de l’Antiquité et du Moyen Âge se retrouvent dans des valeurs communes » (p. 36), poursuit-il, et parmi ces traits communs il y a cette notion d’individualité qui n’existe pas. Terrible écho des temps passés ! Cette négation de soi-même que l’on retrouve au coeur de la stratégie de l’Etat islamique prend racine dans un antique terreau. 

La barbarie, ce miroir déformant

Notre civilisation a engendré, et engendre toujours la barbarie. L’Autre n’est pas toujours ce réceptacle de nos peurs. L’auteur montre bien qu’en aidant Al Qaida pour faire face aux armées soviétiques en Afghanistan, les services secrets britanniques et américains ont mésestimé les conséquences de cette stratégie. Puis, c’est au sein de notre civilisation occidentale que la barbarie d’Etat est née : « Des Etats modernes peuvent revendiquer et justifier rationnellement leur choix d’un retour collectif à la barbarie », que ce soit lors de la Révolution française et ses milliers de têtes tranchées, sous Lénine puis Staline et, bien sûr, sous le nazisme. 

« Le barbare a besoin d’un ennemi (toujours considéré comme « sous-homme »), et cette rivalité mimétique provoque toujours le massacre du bouc émissaire ».

Vincent Acante, se basant sur les réflexions de René Girard ou d’Edith Stein, démontre brillamment que « la barbarie à l’échelle individuelle habite toute personne » (p.145). Hitler, Staline ou Mao, en créant la figure d’un individu idéal qui aurait seul le droit d’exister ont précédé l’Etat islamique et sa charia. Le barbare a besoin d’un ennemi (toujours considéré comme « sous-homme »), et cette rivalité mimétique provoque toujours le massacre du bouc émissaire. 

L’auteur avance des solutions pour contrer ce fléau, et nous laissons le soin au lecteur de les découvrir. Cet ouvrage, de par son épaisseur philosophique et historique, permet de mieux saisir les enjeux contemporains : non, nous ne sommes pas face à une situation inédite. « Des communautés égalitaires et guerrières, le mépris de la mort, la présence de femmes guerrières, la tendance au morcellement, le mépris des frontières » (p.244) sont les bases structurantes des barbares depuis toujours. Si le mal trouve toujours de nouvelles figures, son essence ne change pas fondamentalement puisque comme le montrait déjà Aristote, l’homme peut aussi se servir de sa raison pour être maléfique. 

« La barbarie est accessible à quiconque : il suffit d’y prendre goût », comme le note Cioran dans La Tentation d’exister. Redonner de la saveur au monde et retrouver le doux parfum de la civilisation, ne serait-il donc pas un début pour enrayer ce fléau planétaire ?

 

 

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