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Des neuroscientifiques publient une cartographie de l’évolution profonde du cerveau entre 14 ans et 26 ans.....

 
 

....extrait ........ces différences étaient associées à leurs scores aux tests de contrôle attentionnel et de régulation émotionnelle.» La piste est prometteuse.

 

«Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils», se souvenait Charles Baudelaire. Un siècle et demi plus tard, l’intuition du poète est confirmée par un consortium composé de neuroscientifiques de l’université de Cambridge et l’University College de Londres appelé «Neuroscience in Psychiatry Network» (NSPN), avec un financement du Wellcome Trust.

L’orage dont parle Baudelaire est clairement visible sur les cartographies qu’ils ont réalisées en IRM fonctionnelle (IRMf) sur près de 300 jeunes de 14 à 26 ans ; des résultats publiés dans les comptes rendus de l’Académie nationale des sciences des États-Unis (Pnas). À 14 ans, certaines régions du cortex cérébral sont déjà fortement connectées mais de nombreuses autres zones sont en pleine réorganisation.

 

«Le travail que nous venons de publier se concentre spécifiquement sur le développement de réseaux fonctionnels qui signent l’activité cérébrale», explique au Figaro Frantisek Vasa, «chercheur post-doctoral en neuro-imagerie au Kings College London et premier auteur de l’étude dont le but est de caractériser le développement sain du cerveau humain durant l’adolescence. Un préalable indispensable pour tenter de comprendre l’émergence de diverses maladies mentales durant cette période.

Évidemment, ce n’est pas la première fois que des neuroscientifiques s’attaquent à la question mais jusqu’ici les résultats étaient confus pour des raisons techniques, car une fois allongé dans l’IRM, le moindre mouvement de tête, même d’un millimètre, suffisait à brouiller les données recueillies. «Nous avons utilisé une méthode récemment développée à l’Université de Cambridge pour acquérir les images d’IRMf et corriger les effets de mouvement de tête», explique Frantisek Vasa.

Cette fois, les résultats semblent robustes. Ils montrent que certaines régions du cerveau sont déjà fortement connectées à l’âge de 14 ans et ne feront que se renforcer ensuite (en rouge sur l’infographie ci-contre). «Ce sont principalement les régions du cortex primaire, responsables des fonctions somato-sensorielles tels que le mouvement, la sensation et la vision, explique Frantisek Vasa. Nous qualifions de conservateur ce mode de développement cérébral.» Sur ces plans, la maturité cérébrale semble en effet déjà largement acquise à l’entrée dans l’adolescence.

 

 D’autres régions du cerveau (en bleu sur les images) «se développent sur un mode perturbateur, ajoute le neuroscientifique, avec à la fois des connexions faibles qui se renforcent et des connexions fortes qui s’affaiblissent». Un résultat convaincant selon le Pr Catherine Lebel, spécialiste de neuro-imagerie et professeure associée à l’université de Calgary (Canada): «Les différences observées dans cette étude sont passionnantes car elles indiquent des schémas de développement distincts entre les régions sensori-motrices et les zones cérébrales plus cognitives et émotionnelles, explique-t-elle au Figaro. Elles vont dans le sens des théories actuelles sur le développement cognitif, comportemental et émotionnel.»

Le Pr Daniel Siegel (université de Californie à Los Angeles) met en avant quatre moteurs essentiels pour les adolescents dans son livre Le Cerveau de votre ado. Comment il se transforme de 12 à 24 ans (Éditions Les Arènes, 2018): «recherche de nouveauté, engagement social, intensification des émotions, exploration créatrice».

Une question critique

«Il sera particulièrement intéressant de voir dans les travaux futurs si les schémas de développement identifiés sont modifiés chez les jeunes atteints de pathologies particulières, explique le Pr Lebel, et aussi comment les trajectoires de développement sont liées aux mesures de la santé mentale ou des capacités cognitives.»

C’est aussi l’avis d’Anthony Singhal, neuroscientifique cognitif et titulaire de la chaire de psychologie de l’université de l’Alberta à Edmonton (Canada), séduit par la publication des Pnas. «Comprendre la nature de ces observations différentielles pendant l’adolescence est une question critique à laquelle il faudra répondre dans le cadre plus large du développement du cerveau chez les individus en bonne santé et malades», remarque-t-il.

Le mois dernier, il publiait avec des collègues américains et canadiens, dans la revue Brain Imaging and Behavior, une étude de la microstructure anatomique du cerveau (en IRM) de jeunes en bonne santé mentale comparés à une vingtaine d’autres présentant des troubles affectifs, de l’attention et du comportement. «Par rapport aux jeunes en difficulté, ceux qui étaient en bonne santé affichaient des niveaux de connectivité accrus dans certaines régions et plus faibles dans d’autres. Et, ces différences étaient associées à leurs scores aux tests de contrôle attentionnel et de régulation émotionnelle.» La piste est prometteuse.

 

 

À lire aussi : Le cerveau, mature à 25 ans mais en constant remaniement

» À voir aussi - Les inégalités sociales, un facteur qui aggravent (encore) la santé des adolescents français

 

 

 

COMMENTAIREs relevès ...

Ce livre s’adresse aux parents, mais il peut aussi servir aux ados, enseignants et tout autre intervenant auprès des adolescents. D’ailleurs, l’auteur encourage les parents et leurs ados à le lire ensemble. Il contient 4 chapitres et quelques illustrations. L’ouvrage est plutôt scientifique, mais comporte plusieurs exemples de la vie de tous  les jours. La base de cette oeuvre est la claire conscience (mindsight) qui contient trois aptitudes fondamentales : l’introspection, l’empathie et l’intégration. J’y ai appris que l’adolescence est une période longue, très longue. De 12 à 24 ans. Ouf!

L’adolescent est à la recherche de son identité, qu’il bâtit tout au long de son adolescence, et ce livre nous donne des outils pour bien accompagner notre enfant dans ce passage. Il faut retenir que nous ne devons pas prendre l’adolescence simplement comme un mauvais moment à passer, comme si c’était pénible à passer. C’est une époque de la vie à part entière, dont il faut exploiter toutes les richesses. Le conflit intergénérationnel n’est pas nécessaire.

Au chapitre 2 (À quoi ressemble le cerveau de l’ado?), je me suis amusée à faire certains exercices proposés. L’auteur suggère des exercices que l’adulte peut faire autant que l’ado. Par exemple, prendre le temps de faire une introspection nous permettrait davantage de mieux accompagner notre ado. Je vais maintenant les proposer à mon fils.

Au chapitre 4 (Face aux grands défis de l’adolescence), on parle, entre autres, de puberté, de sexualité, de premier amour, de dépendance, du départ du nid familial et parfois du retour… Ce chapitre contient aussi des exercices. On nous explique quel sont les sept clés pour garder notre corps, cerveau et esprit en santé.

Comme parent, je retiens que nous devons rester réceptifs, ouverts et sensibles, parler plutôt que punir. L’adolescence est une période de transformation importante et nécessaire qui permet à notre enfant de s’épanouir et de s’enrichir.

Voici 3 passages du livre qui m’ont interpellée :

«  L’adolescence n’est pas une période de “pétage de plomb” ou d’immaturité. Elle est une époque essentielle de la vie, faite d’intensité émotionnelle, d’engagement social et de créativité. »

« Vues de l’intérieur, ces transformations sont parfois si bouleversantes que l’adolescent peut se sentir submergé, perdu, dépassé par le sentiment qu’il doit gérer trop de choses à la fois. »

« Nous vivons à 200 à l’heure, le pied constamment sur l’accélérateur. Et cet état peut être stressant aussi bien pour les ados que pour les adultes de leur entourage. »

En conclusion, l’adolescent d’aujourd’hui est l’adulte de demain. Ce livre nous aide à comprendre et à bien accompagner notre ado. Un beau cadeau à se faire à nous-mêmes, à notre ado et à notre famille. Ça rend ce passage plus léger qu’il nous paraît!

 

L’adolescence est un moment difficile. Vous souvenez-vous de la vôtre ? Alors, vous devez savoir que pour vos parents, ça a également été un moment compliqué.

La bonne nouvelle, c’est que le fait de savoir comment fonctionne le cerveau adolescent aide à ce que les parents et les enfants puissent dépasser cette phase de la manière la moins traumatique possible.

L’adolescence est une période d’exploration et de croissance, une étape d’opportunités, mais aussi de vulnérabilités.

Si, en tant que parent et/ou éducateur, vous souhaitez mieux comprendre et analyser comment réagit un adolescent, il est bon de savoir que cela va lui permettre de grandir mais aussi l’aider à éviter des traumatismes qui le hanteront toute sa vie.

Pour cela, découvrez ici ce qui se passe dans le cerveau d’un adolescent, pour mieux faire face à la situation.

ESSENCE: Les caractéristiques essentielles de l’adolescence

Daniel Siegel, dans son livre « Brainstorm: The Power and Purpose of the Teenage Brain » (Tempête cérébrale : le pouvoir et l’intention du cerveau adolescent), dit qu’il existe quatrecaractéristiques de l’adolescence, qui sont vitales pour le développement de la propre identité de l’adolescent.

Siegle les appelle ESSENCE, qui provient du mot « essence » en anglais (le même en français).

        • L’étincelle émotionnelle(ES: emotional spark)
        • L’engagement social (SE: social engagement)
        • La recherche de la nouveauté(N: novelty seeking)
        • L’exploration créative (CE:  creative exploration)

Tout cela est lié à quelque chose qui provoque des sentiments contradictoires chez les parents : l’augmentation de l’autonomie et l’indépendance de l’adolescent.

Cependant, les parents se sentent menacés car leur enfant a besoin de se réaffirmer en lui-même et de développer sa propre identité.

Reconnaître qu’un enfant est devenu un esprit libre, qu’il a changé, qu’il a de nouveaux centres d’intérêt et de nouvelles émotions n’est pas quelque chose de simple.

Les changements à l’adolescence 

Siegel dit que les changements à l’adolescence se produisent entre 12 et 24 ans, et transforment le cerveau de manière décisive et compliquée.

Les changements dans le cerveau pendant cette période de temps impliquent :

      • Une « taille » ou une réduction du nombre de neurones et de connexions neuronales qui se défont des non-utilisées.
      • Une « myélinisation » ou un recouvrement autour des connexions neuronales, qui permet une meilleure synchronisation et une plus grande vitesse du flux d’informations (ce serait comme transformer un champ plein d’épines en autoroute)

Ces changements à l’adolescence aident le cerveau à être mieux agencé et favorisent la création d’une meilleure coordination à l’intérieur.

C’est un processus de remodélisation du cerveau adolescent qui favorise l’opportunité, mais aussi la vulnérabilité.

C’est pour cela que pendant cette période de la vie, se produisent la plupart des troubles de la santé mentale.

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L’adolescence est aussi un moment de changement pour les parents

Avoir des enfants est une étape de transition dans la vie, qui symbolise la fin de la propre enfance des parents.

Quand les enfants passent à l’âge adulte, les parents se confrontent à une autre transition dans leur propre évolution.

Les parents sont aussi traversés par un changement qui éveille leur conscience ou leur crainte émotionnelle.

Les parents se défendent souvent contre ces réalités en s’accrochant à leurs propres enfants adolescents et en les influençant pour qu’ils ne se développent pas complètement comme des adultes.

Un enfant est un individu unique avec ses propres expériences mentales

Pour favoriser le passage à l’âge adulte d’un jeune, les parents doivent le voir comme un individu unique avec ses propres expériences mentales.

Mais cela n’est pas possible si les parents souhaitent continuer à vivre à travers leurs enfants.

Quand les parents sont capables de commencer à se voir eux-mêmes et leurs enfants comme des individus séparés, et qu’ils les traitent avec le respect et l’autonomie qu’ils méritent, ils sont préparés à renoncer à toute idée préconçue sur leur enfant, qui a d’ailleurs souvent un rapport direct avec l’histoire des parents.

 

Une première étape importante pour changer la relation entre parents et enfants : les parents doivent comprendre ce qui se passe dans l’esprit de leurs enfants.

L’évolution dans la relation entre parents et enfants 

La transformation constante qui définit l’enfance est encore plus importante à l’adolescence, quand la relation parent-enfant prend un tournant plus décisif.

De fait, il n’y a peut-être pas meilleure opportunité que la période de l’adolescence où les parents peuvent connaître leurs enfants à fond et apprendre véritablement ce qui se passe dans leur esprit.

Pour cela, il est indispensable que les parents séparent ce qui se passe dans leur propre tête de ce qui peut se passer dans l’esprit de leur enfant.

 

 

 

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