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La formidable créativité de la contestation libanaise

La mobilisation populaire que connaît le Liban contre le système confessionnel, depuis octobre dernier, s’accompagne d’une passionnante effervescence artistique.

 

 

La vague de fond qui dénonce le régime confessionnel au Liban, depuis le 17 octobre 2019, a été marquée, le week-end dernier, par une poussée inédite de violence, avec quelque cinq cents blessés, très majoritairement dans les rangs des manifestants. Une escalade aussi préoccupante se nourrit de la frustration populaire face à la faillite de la classe politique, incapable durant des semaines de constituer un gouvernement de technocrates, finalement annoncé le 21 janvier. Cette paralysie au sommet se double d’une aggravation très sensible de la vulnérabilité, voire de la précarité du plus grand nombre, sur fond de restrictions bancaires ressenties comme autant d’injustices.

Une telle crispation générale n’entrave pourtant pas la créativité impressionnante de cette mobilisation que les militants qualifient eux-mêmes de « révolution » (thawra).( hcqs :......). Les comptes Instagram Thawra Artists et Art of Thawra, avec leurs multiples publications quotidiennes, créditées de leurs créateurs, constituent, avec bien d’autres, un « musée virtuel de l’art révolutionnaire », selon la profession de foi du deuxième de ces sites. La sélection ci-dessous ne vise qu’à donner un aperçu de la diversité de cette expression artistique. Les trois premières oeuvres sont inspirées par la campagne de solidarité avec les manifestants ayant tout récemment été éborgnés par des tirs de balle en caoutchouc des forces de sécurité.

 

 

« Notre révolution, ce sont vos yeux » Cynbeef, Thawra Artists, 21 janvier 2020

Reeemssaleh, Thawra Artists, 21 janvier 2020

Nourthesun, Thawra Artists, 21 janvier 2020

 

 

 

( hcqs : ... suite...)

L’unité du peuple libanais, dans toute sa diversité sociale et religieuse, est aussi le thème de nombreuses créations, dont les quatre ci-dessous, mises en ligne par Art of Thawra, avec à chaque fois signature de l’artiste.

Dans cette « Monnaie de la révolution, monnaie du peuple« , de Dan Osman, les deux derniers billets reprennent deux des icônes de la révolution: d’une part, la jeune Malak, qui avait, au tout début de la contestation,  neutralisé, d’un coup de pied dans le bas-ventre, le garde du corps armé d’un ministre; d’autre part, l’unijambiste inconnu qui balaie après une manifestation, en démonstration de civisme. Ci-dessous, deux des déclinaisons de ces icônes.

« A l’attaque », la création devenue mondialement célèbre de Rami Kanso

 

« Les héros de la révolution », par Krystiansarkis

La mobilisation populaire au Liban, comme les mouvements comparables au Soudan, en Algérie et en Irak, compte sur une importante participation féminine, qui garantit en retour sa dimension non-violente. Mais le Liban est sans doute le pays arabe où la dimension féministe d’une telle contestation est la plus revendiquée, avec le slogan « La révolution est femme » (révolution, en arabe comme en français, est du genre féminin). La féminité de cette révolution est ci-dessous incarnée en la chanteuse Aline Lahoud, une des « voix » de la contestation libanaise.

« La révolution est femme », Artorgism, Thawra Artists, 18 janvier 2020

 

Enfin, la contestation libanaise s’affiche de moins en moins en français, auquel elle préfère l’arabe, langue nationale, et l’anglais, afin de diffuser son message hors des frontières. Elle se veut déterminée à démanteler le système confessionnel, institué il y a près d’un siècle par le colonialisme français. Et elle  martèle ci-dessous sa volonté à aller « jusqu’au bout » (en anglais), car « la révolution continue » (en arabe).

TILL THE END Ahmad Tallawi, Thawra Artists, 20 janvier 2020

 

 


 

 

 

CORRELATs

 

  • µµµµµ*** .... Albert Camus .... 
  • les guerres civiles apparaissent aujourd’hui comme la forme de violence politique la plus meurtrière, ce n’est donc certainement pas à cause de l’intensité nouvelle du phénomène, mais plus probablement à cause du déclin relatif d’une autre forme de violence organisée, les guerres interétatiques. Dans la deuxième moitié du xxe siècle, les hommes semblent être devenus plus prudents face au danger de guerre, et la société internationale moins inefficace pour les éviter ou les limiter. Dans le dernier chapitre, nous verrons pourquoi, même s’il est plus difficile de contrôler les guerres civiles que les guerres interétatiques, la société internationale est peut-être en train de commencer à apprendre comment il faut intervenir dans une guerre civile pour la limiter ou y mettre fin.  >>>>>>