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CORRELATS

EXTRAITS :

  • 42) ... Myard.
  • 41) ... La Manif pour tous appelle à s'opposer à Macron et dénonce son programme «anti-famille». Estimant qu'«il fait passer l'argent avant l'humain» et qu'il poursuivra la politique de François Hollande, la Manif pour tous appelle à s'opposer à Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle le 7 mai prochain.
  • 40) ... Des sympathisants LR adhèrent à Debout La France. Ce lecteur du Salon Beige écrit au responsable local DLF :
  • 39) ... Marine Le Pen émue de se séparer définitivement de son père. VIDEO
  • 38) ... Attali qualifie le sort des salariés de Whirlpool d'«anecdote». VIDÉO - Le soutien d'Emmanuel Macron a estimé que le sort des salariés ne dépendait pas du chef de l'État mais que c'était «aux ouvriers de se prendre en main». Alors que le candidat d'en Marche! vit une journée de campagne compliquée à Amiens, plusieurs cadres du mouvement lui ont enjoint de se taire.
  • 37) ... Pour Marine Le Pen, le projet d'Emmanuel Macron est «fratricide». Mardi soir sur TF1, la candidate du Front national s'est posée en alternative en appelant les Français à la «raison».
  • 36) ... Les quatre malentendus que recouvre le succès d'Emmanuel Macron. Le favori des sondages est auréolé d'une image trop belle pour être vraie. Il serait, à la fois, le candidat de la société, de la nouveauté, de la vision et de l'empathie. A y regarder d'un peu plus près, le tableau est pourtant bien différent.
  • 35) ... Marile Le Pen : "L'enjeu de cette présidentielle est un enjeu de civilisation". À cinq jours du premier tour, la candidate FN se dit «convaincue» d'arriver en tête dimanche soir.
  • 34) ... TF1 retire un drapeau européen à la demande de Marine Le Pen. Invitée de l'émission «Demain président» mardi soir, la candidate du Front national a conditionné sa venue au fait que le drapeau de l'Union européenne soit supprimé du décor. La première chaîne a accédé à sa demande
  • 33) ... Emmanuel Macron s'engage formellement à faire avancer les revendications des LGBT. Emmanuel Macron s'engage de manière franche et directe dans une lettre ouverte publiée sur son site de campagne :
  • 32) ... François Fillon - Jean d'Ormesson: «La France que nous voulons». Jean d'Ormesson et François Fillon ont accepté la proposition du Figaro Magazine de se rencontrer. Un dialogue savoureux entre l'écrivain, membre de l'Académie française, et le candidat de la droite et du centre, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle.
  • 31) ... Sept obédiences maçonniques lancent un "appel républicain" inédit à dix jours de la présidentielle. Sans donner de consignes de vote, plusieurs obédiences maçonniques ont appelé à voter «de manière éclairée» à la présidentielle. Parmi elles, le Grand Orient de France souhaite très précisément barrer la route à Marine Le Pen.
  • 30) ....  L'Elysée, le palais de tous les plaisirs ...Entre la Révolution et l'Empire, l'hôtel de l'Élysée, qui n'est pas encore un palais, va devenir un lieu de débauche, avec tripot, salle de bal et salons à louer...
  • 29) .... ce dimanche 23.04 ...., transformer en conscience l'expérience la plus large possible ...

    Liberté politique et France Audace présentent les notations de 11 candidats concernant la position sur les mesures indispensables au redressement de la France développées dans Le Manifeste que nous leur avons envoyé. Dans cette campagne atypique, ce baromètre souhaite informer le plus objectivement possible sur les orientations politiques, économiques, sociales, morales et culturelles des candidats, afin que les bulletins déposés dans les urnes le soient en pleine connaissance et conscience.

  • 28) ... Nicolas Sarkozy se voit reprendre "la tête de la droite". Le candidat malheureux de la primaire de la droite et du centre préparerait à nouveau son retour, selon Le Canard Enchaîné. Nicolas Sarkozy voit François Fillon échouer dès le premier tour de l'élection présidentielle.
  • 27) ... Mathieu Bock-Côté : le discours de Macron à Marseille, ou le multiculturalisme en marche ! Pour Mathieu Bock-Côté, en égrenant l'origine des citoyens venus à son meeting, Emmanuel Macron a dévoilé sa vision idéologique multiculturaliste.
  • 26) ... Alain Finkielkraut : «À la présidentielle, on veut nous imposer un scénario écrit d'avance". S'il est resté, jusqu'ici, discret sur l'élection présidentielle, Alain Finkielkraut n'en a pas perdu une seconde. C'est en philosophe qu'il a observé, avec effarement, le feuilleton judiciaire et médiatique. De vote-utile-pour-faire-barrage-au-FN en Christine Angot, la politique, selon lui, abandonne l'école, la nation, la laïcité, la culture, pour se réduire à une simple dialectique entre les ouverts et les fermés, à une simple marche pour le progrès et contre « le péril brun ».
  • 25) ... À Marseille, Christian Estrosi reçoit Emmanuel Macron. Le leader d'En Marche! a loué «l'estime réciproque, voire l'amitié» qui le lie au président LR de la région Paca. Ce dernier «devrait faire attention à ce qu'il dit», estime François Fillon.
  • 24) ... Hamon Benoît ....Les fréquentations nauséabondes ... à Bézier , fief de Ménard ...   ...la République par Medhi Roland ....
  • 23) .... Jean-Pierre Jouyet, l'autre ami de Macron à l'Elysée ... Le secrétaire général de la Présidence a contribué plus que tout autre à placer Emmanuel Macron sur orbite. Dans un livre à paraître cette semaine, Anne Fulda décrit la relation complexe qui lie ces deux hommes. En voici des extraits exclusifs... Et instructifs !
  • 22) ... Charles Millon ou la revanche d'un réactionnaire. L’ex-ministre de la défense de Jacques Chirac, qui avait été soutenu par le Front national en 1998, affirme avoir rejoint l’équipe de campagne de François Fillon.
  • 21) .... Yvan Rioufoul : " Francois Fillon accélère la crise du système" ....«Cette victoire de la société civile contre le despotisme d'élites peu éclairées dit ce que sera la nouvelle révolution française»
  • 20) ... Éric Zemmour: «Pierre, Jacques, Alain, Bernard et Daniel, embarrassants soutiens d'Emmanuel Macron». Les Attali, Minc, Bergé, Kouchner, ou encore Tapie ou Cohn-Bendit qui soutiennent Macron aujourd'hui incarnent un petit morceau de la vraie croix d'une gauche qui a imposé ses valeurs depuis quarante ans.
  • 19) ... Natacha Polony: «Politiques en panne de décence».  La colère populaire que provoque l'affaire Fillon est la même que celle qui a aboli les privilèges de l'Ancien Régime. Pour l'essayiste, la mécanique est lancée et nul ne peut dire où s'arrêtera cette interminable nuit du 4 août 1789.
  • 18) ... L’alliance entre le FN et le bloc des droites patriotes, clé du succès de Marine Le Pen en 2017. À quinze mois de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a officialisé sa décision de briguer le suffrage des Français.
  • 17) ... Il y a des premières fois que l’on peut encore s’éviter… La dernière fois que la France s’est donnée à un homme de moins de 40 ans, ce fut avec Napoléon Bonaparte.
  • 16) ... Emmanuel Macron « ne renie pas sa dimension christique » ! L’argent peut rendre fou, la politique aussi. Mais la politique de l’argent, lorsque teintée de mysticisme, voilà qui a de quoi vous catapulter quelque part entre Sirius et Alpha du Centaure.
  • 15) ... Et si la victoire de Marine était voulue par les islamo-gauchistes ? L’affaire du jeune Théo, malmené par la police à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), n’en finit plus de rebondir à travers de plus en plus de manifestations et de plus en plus d’incidents
  • 14) ... Les protestants français combattent ouvertement le Front national. Lors d'une cérémonie des voeux en présence du premier ministre Bernard Cazeneuve, mercredi soir à Paris, le président de la Fédération Protestante de France, François Clavairoly, a estimé qu'une victoire du FN lors de la prochaine élection présidentielle serait une «honte» pour la France.
  • 13) ... La droite est née dimanche dernier. Par la voix de François Fillon, la droite affirme enfin ses valeurs au lieu de quêter l'approbation craintive de la gauche, explique l'universitaire.
  • 12) ... La gauche peut-elle remporter la présidentielle ? Réponse : oui !
  • 11) ... Marion Maréchal Le Pen recadre Florian Philippot
  • 10) .....Et maintenant, sus à Fillon ! ....Sarko, on t’a eu ! Juppé, on t’a renvoyé sur le Mont Chauve ! Hollande, encore cinq mois et ciao ! Fillon, tu as du sourcil à te faire, on t’aura !
  • 9)  ..... La fin de la longue tradition du président-candidat
  • 8)  .... Stephen Hawking : «Nous sommes au moment le plus dangereux de l'histoire de l'humanité»
  • 7)  .... Norbert Hofer : «Il nous faut un nouveau contrat avec l’UE»
  • 6)  .... Fillon, le dernier pion du système
  • 5)  .... Fillon, primaire, Hollande : les formules-choc d'Emmanuel Macron
  • 4) .... Vu de Londres, le «putsch» de Valls ..... Le quotidien relate «une bataille extraordinaire au sommet de l’Etat» dans laquelle le premier ministre a «montré clairement qu’il jugeait que le président était trop discrédité pour avoir la moindre chance de remporter un second mandat». Mais l’affrontement pourrait être fatal aux deux hommes.
  • 3) .... F. Fillon : Un drôle de paroissien ! .....il y a tout de même quelque hypocrisie à faire état de sa foi privée en… public .... afin de tenter de piper les voix catholiques pour affirmer ensuite que cette foi n’aura aucune incidence sur sa vie publique. Cette dissociation de l’homme privé et de l’homme politique ne relève pas de la morale catholique mais d’une forme de schizophrénie, ou, plus simplement, d’un double jeu électoraliste.
  • 2) .... François Fillon, candidat patronal du Wall Street Journal et des actionnaires du CAC 40  .... Bref, une « casse sociale » qui correspond très exactement au programme du MEDEF.
  • 1) ... Hollande : le goudron et les plumes ....Sur Internet circule, en ce moment, un bouquet – que dis-je, un bouquet ? , une gerbe de citations au caractère extrêmement prémonitoire....

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Myard

Le 14 mai 2017 LFP <<<<<<<<<<<<<<<<<

 

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La Manif pour tous appelle à s'opposer à Macron et dénonce son programme «anti-famille»

Le 25 avril 2017   <<<<<<<<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<<

Estimant qu'«il fait passer l'argent avant l'humain» et qu'il poursuivra la politique de François Hollande, la Manif pour tous appelle à s'opposer à Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle le 7 mai prochain.

Dénonçant un «candidat ouvertement anti-famille», la Manif pour tous a publié sur son site internet un communiqué intitulé : «Le 7 mai, Macron c'est non !». Elle rappelle qu'elle n'a jamais donné de consigne de vote jusqu'ici, mais qu'elle a décidé de faire une exception dans le cadre de cette campagne d'entre-deux-tours de l'élection présidentielle.

«Soutenu par François Hollande, Christiane Taubira, Manuel Valls, Jean-Paul Delevoye, Jacques Attali, Pierre Bergé… Emmanuel Macron entend prendre la suite du quinquennat qui s’achève et poursuivre le bouleversement de civilisation», estiment les auteurs du texte. Ils en concluent qu'«il revient à chacun [...] de donner la priorité aux enjeux d’humanité et à voter de manière responsable».

L'appel du mouvement, qui s'est toujours revendiqué apolitique, contient une liste des mesures du programme d'Emmanuel Macron jugées incompatibles avec la défense des intérêts de la famille : «Maternités et filiations dissociées (PMA sans père et régularisation des grossesses pour autrui (GPA) faites à l’étranger), fin du droit des orphelins et de l’intérêt supérieur de l’enfant, identité de genre, matraquage fiscal des familles, prélèvement à la source ouvrant la porte à l’individualisation de l’impôt...»

Cette déclaration intervient alors que le Parti chrétien-démocrate de Jean-Frédéric Poisson a d'ores et déjà refusé d'appeler à voter pour Emmanuel Macron. Sens commun, mouvement des Républicains issu de la Manif pour tous et qui s'est illustré par son soutien sans faille à François Fillon, a également «refusé de choisir».

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Des sympathisants LR adhèrent à Debout La France

29 avril 2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<LSB<<<<<<<<<<<<<<<<<<

Ce lecteur du Salon Beige écrit au responsable local DLF :

"Bonjour Cher Monsieur,

Dimanche dernier fût le Munich des « républicains ». Moins de deux minutes après la défaite François Fillon se prosternait devant la dictature socialiste et faisait allégeance à ceux-là même qu’il accusait d’être, via un « cabinet noir » , à l’origine de ce qu’il appelait un « coup d’état contre la démocratie ».

Ceux qui accusent aujourd’hui Nicolas Dupont Aignan de trahison et de collabos se sont tous soumis au dictat de la mediatico-socialisto bien pensance prônant justement un gouvernement de collaboration avec les LR et Macron (qui est soutenu par la sinistre Taubira, Cohn Bendit Cohn, Robert Hue et l’apprenti dictateur Emmanuel Valls).

 Ces gens qui n’ont de mot à la bouche que « De Gaulle » et qui s’auto – déclarent héritiers des résistants de la guerre de 1940 me dégoutent désormais car ils ne sont que l’humiliante image d’une France de l’abandon, de la corruption, de la trahison et de la capitulation. Le pire c’est que leur motivation unique est d’obtenir une pitance éventuelle par les fossoyeurs socialistes que représente Macron aujourd’hui.

J’admire le courage de Monsieur Dupont Aignan, d’être digne et droit dans les circonstances dramatiques que traversent notre pays. J’ai adhéré ce matin à Debout la France pour vous soutenir (à mon humble niveau) car vous savez parfaitement que depuis hier soir Monsieur Dupont Aignan vous  allez devenir l’aversion du système médiatico-politique et que vous allez rejoindre le camps des «  mauvais français » pour subir la haine, le mensonge, l’insulte de ceux qui essayent de sauver leurs fesses ( comme disait Marion Maréchal Le Pen).

Grâce à l’action et à la décision de Monsieur Dupont Aignan et de toute l’équipe de Debout la France le combat des capitulards est, à mon sens définitivement perdu. En effet je suis persuadé qu’hier soir sur France deux, un grand mouvement de résistance, ou plutôt, un grand « conseil national de la résistance patriotique » vient de se créer. Le 9 novembre 1989 le mur de l’est est tombé, le 28 avril 2017 le mur de la honte médiatico-politico -bienpensante française vient également de tomber." 

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Marine Le Pen émue de se séparer définitivement de son père.

Le 30 avril 2017

Vidéo <<<<<<<<<<<<<<<<<youtube<<<<<<<<<<<<<<

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Attali qualifie le sort des salariés de Whirlpool d'«anecdote»

Par Mathilde Siraud
Publié le 26/04/2017 <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

VIDÉO - Le soutien d'Emmanuel Macron a estimé que le sort des salariés ne dépendait pas du chef de l'État mais que c'était «aux ouvriers de se prendre en main». Alors que le candidat d'en Marche! vit une journée de campagne compliquée à Amiens, plusieurs cadres du mouvement lui ont enjoint de se taire.

C'est une maladresse qui passe mal en cette journée de campagne compliquée pour Emmanuel Macron. Mercredi matin, alors que le candidat d'en Marche! avait prévu de rencontrer l'intersyndicale de Whirlpool à Amiens mais pas les salariés, Jacques Attali a laissé entendre que le cas de l'usine d'Amiens n'était qu'une «anecdote». Cet ancien conseiller de François Mitterrand, interrogé sur LCI sur le sort des 300 salariés de Whirlpool actuellement menacés par un plan social, a fait comprendre que c'était le contexte plus large de la campagne qui lui importait. «C'est en effet une anecdote dans un contexte plus large, c'est une anecdote non pas au sens péjoratif du mot mais cela s'inscrit dans un contexte de la mondialisation ou de la fermeture», a commenté ce proche de Macron. «Je ne voudrais pas que cette campagne se réduise à des anecdotes», a-t-il mis en garde. «La priorité pour moi, dans les dix jours qui viennent, c'est de voir les candidats avoir la chance de confronter leurs programmes», a déclaré Attali.

Sommé par la journaliste de s'expliquer davantage, celui qui a joué le rôle d'entremetteur entre Macron et Hollande a fait porter la responsabilité du sort des salariés à eux-mêmes et aux actionnaires. «C'est la compétence des ouvriers eux-mêmes de se prendre en main, des détenteurs du capital, du ministre des Affaires sociales», a-t-il expliqué. «Le président de la République n'est pas là pour régler chaque cas individuel, il est là pour créer les conditions d'un contexte global et pas là pour faire des fausses promesses à des ouvriers», a ajouté Attali, se plaçant ainsi sur la même ligne que Macron qui s'était engagé, concernant Whirlpool, à ne pas «monter sur un camion pour faire de fausses promesses», contrairement à ce qu'avait fait Hollande à Florange en 2012.

En déplacement à Amiens, sa ville natale, sur le site de l'usine Whirlpool, Emmanuel Macron a été pris de court par son adversaire Marine Le Pen. Alors qu'il rencontrait l'intersyndicale et avait prévu une conférence de presse, la candidate du Front national s'est invitée elle aussi à Whirlpool, mais sur le parking, au contact direct des salariés. L'après-midi, l'ancien ministre de l'Économie a finalement rencontré les ouvriers, au cours d'une visite improvisée et chahutée. Dans ce contexte très tendu, plusieurs responsables d'en Marche! ont recadré Jacques Attali. «Ce que dit Attali sur Whirlpool est une méprisable anecdote: qu'il se taise! Avec Emmanuel Macron nous luttons pour l'emploi», a écrit sur son compte Twitter Richard Ferrand, le secrétaire général du mouvement. Depuis Amiens, selon plusieurs journalistes sur place, le porte-parole Benjamin Griveaux a lui considéré que Jacques Attali venait de «démontrer qu'il appartenait au monde d'avant». «Il est heureux qu'il y reste», a-t-il ajouté.

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Pour Marine Le Pen, le projet d'Emmanuel Macron est «fratricide»

Par Emmanuel Galiero
Publié le 25/04/2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<

Mardi soir sur TF1, la candidate du Front national s'est posée en alternative en appelant les Français à la «raison».

«Je ne crois pas qu'on arrive au second tour de l'élection présidentielle avec un vote de protestation.» cette phrase, marine le pen l'a prononcée mardi soir, sur TF1, en répondant à une question sur sa capacité à gouverner le pays.

Vantant son projet, qu'elle croit majoritaire dans l'opinion française face au projet «ultraminoritaire»d'Emmanuel Macron, elle a voulu s'adresser directement aux téléspectateurs, en leur demandant «d'essayer de changer de politique». «Regardez ce que vous dit votre raison et votez pour le candidat qui vous apparaît être le plus proche des convictions qui sont les vôtres», a-t-elle suggéré.

L'enjeu pour Marine Le Pen était notamment d'envoyer des messages aux électeurs de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon

Invitée à s'exprimer sur les réserves face aux solutions qu'elle propose pour le pouvoir d'achat, Marine Le Pen a estimé qu'il ne s'agissait pas d'un «domaine réservé de la gauche». «Moi, je suis ni de droite ni de gauche», a expliqué la candidate, alors que les sondages estiment qu'il lui faudrait gagner une douzaine de points pour atteindre plus de 50 % des voix le 7 mai.

L'enjeu pour elle, mardi soir, était notamment d'envoyer des messages aux électeurs de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon. Pointant les menaces d'une «loi El Khomri fois mille», d'une «augmentation de la CSG» ou encore d'une «ubérisation de la société», elle a vivement attaqué son adversaire de gauche. «Le projet de M. Macron est un projet fratricide car il vise à jeter les communautés et les salariés contre les autres». «Je vais dire aux électeurs de Mélenchon, a-t-elle ajouté, est-ce que sérieusement vous envisagez de voter pour M. Macron qui a annoncé qu'il allait mener une guerre sociale éclair, dès son élection, par ordonnance?»

Marine Le Pen a affirmé qu'elle n'admettait pas qu'il y ait «des Français qui s'appauvrissent», tout en s'adressant également aux «patrons des petites entreprises». Au passage, elle a saisi l'occasion de blâmer son rival du second tour pour son bilan, en évoquant «35 milliards d'impôts et de taxes supplémentaires du dernier gouvernement, celui dans lequel était premier conseiller de Monsieur Hollande pour l'économie, Emmanuel Macron».

Confiante aussi sur l'issue de cette présidentielle, Marine Le Pen a rejeté l'idée que celle-ci pouvait être déjà écrite

«Débarrassez-vous des a priori. On est plus que deux, c'est plus simple. Allez regarder précisément dans mon projet», a-t-elle demandé sur le plateau d'«Élysée 2017», en insistant sur l'enjeu de cette élection qu'elle voit comme un choix entre la «survie» de la France ou sa «dilution dans une mondialisation sauvage». Tout au long de l'émission, la candidate s'est appliquée à exposer ses projets pour l'Afrique, la défense ou l'école. Elle s'est dite confiante sur la possibilité d'avoir une majorité à l'Assemblée nationale si elle était élue. Confiante aussi sur l'issue de cette présidentielle, Marine Le Pen a rejeté l'idée que celle-ci pouvait être déjà écrite et s'est inscrite dans un cycle de «révolte des peuples contre les élites». «L'élection n'est pas faite. Il n'y a que quelques voix qui nous séparent avec M. Macron. Je sais que l'oligarchie a déjà installé M. Macron dans le fauteuil de président mais le peuple, lui, ne l'a pas fait. Par conséquent, il faut attendre que le peuple s'exprime. Et moi, je vous le dis, le peuple va probablement réserver une très grande surprise à l'oligarchie.»

«Brouillard artificiel»

Avant ce rendez-vous télévisé tardif, la candidate du FN s'était rendue à Rungis, à l'aube. Arpenter les pavillons de ce temple des produits frais était une occasion pour elle de s'afficher en candidate des «régulations», fermement opposée aux dégâts de la «concurrence internationale déloyale» qu'elle anticipe en cas de victoire de son rival. Selon elle, celui-ci aurait profité, jusqu'à présent, d'un «brouillard artificiel». «En face-à-face, il lui sera beaucoup plus compliqué de se planquer dans la pénombre», a prévenu Marine Le Pen, sans cacher son impatience de l'affronter «sur le fond».

Au terme de sa visite à Rungis, comme elle eut l'occasion de le faire une nouvelle fois sur TF1 le soir, elle a lâché une confidence en guise de reproche à François Fillon. «J'ai une petite pensée pour ses électeurs. Voilà des gens qui ont défendu leur candidat dans des conditions extrêmement difficiles, qui sont restés fidèles jusqu'au bout et se sont fait récompenser en écoutant, à 20 h 02, leur candidat les appeler à voter Macron. Vous rendez-vous compte de la trahison?» La question avait du mal à dissimuler un calcul.

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Les quatre malentendus que recouvre le succès d'Emmanuel Macron

Eric Dupin

Marile Le Pen : "L'enjeu de cette présidentielle est un enjeu de civilisation"

Par Anne Rovan, Fabrice Nodé-Langlois, Marc de Boni, Cécile Crouzel et Emmanuel Galiero Publié le 17/04/2017 <<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<

À cinq jours du premier tour, la candidate FN se dit «convaincue» d'arriver en tête dimanche soir.

Marine Le Pen lance dans Le Figaro un appel aux élus «attachés à la souveraineté et à l'identité de notre nation». «Venez participer, venez constituer cette majorité présidentielle!», martèle-t-elle.

LE FIGARO. - Vous proposez la sortie de l'euro. Une majorité de Français y sont opposés, notamment les retraités tentés par le vote FN mais qui redoutent de voir fondre leurs économies. Que leur dites-vous?

Marine LE PEN. -Je leur dis d'abord que je suis la seule qui leur demandera leur avis sur l'Union européenne, par référendum. Une fois élue, j'entrerai immédiatement en négociation, je demanderai une réunion des chefs d'État, sans les instances européennes. Beaucoup de pays européens, au sud et à l'est, attendent que la grande et puissante France prenne le leadership pour obliger l'UE à venir à la table des négociations. Je dis aussi aux Français que la sortie de l'euro n'aura aucune conséquence sur leur épargne. Au contraire. Le grand danger pour eux est la situation actuelle, avec l'union bancaire liée à l'euro, qui oblige à ponctionner l'épargne des ménages en cas de crise financière. Les Français sont très majoritairement convaincus que l'euro est un boulet. Retrouver une monnaie nationale adaptée va créer des millions d'emplois et nous redonner notre liberté.

Si vous êtes élue, les taux d'intérêt vont flamber dès le 8 mai…

Non! Il n'y aura pas de mouvement de panique. Ce que l'on observe actuellement sur les taux est minime et, en plus, artificiellement organisé, précisément pour peser sur l'élection.

«Je ne supporte pas qu'on demande en toutes circonstances des sacrifices aux Français sans avoir fait au préalable des économies sur les dépenses nocives de l'État»

Les marchés pourraient toutefois juger que le risque sur la France est plus élevé…

On peut toujours inventer mille hypothèses. La plupart seront fausses. On l'a vu avec le Brexit: les prévisions apocalyptiques visaient à effrayer les électeurs mais ont été démenties par les faits.

Les Français ne seraient-ils pas tentés, comme en 1981, de placer leur argent à l'étranger?

Je ne le crois pas un instant. Les Français savent que je leur demanderai leur avis. Il sera plus rentable d'investir en France qu'aujourd'hui.

En cas d'échec au référendum, partiriez-vous?

Je ne considère pas la politique comme du rodéo, où il faut à tout prix rester sur son cheval.

Vous proposez la retraite à 60 ans avec 40 annuités de cotisations. Il s'agit là d'une mesure très coûteuse, en contradiction avec les évolutions démographiques.

Je ne supporte pas qu'on demande en toutes circonstances des sacrifices aux Français sans avoir fait au préalable des économies sur les dépenses nocives de l'État: l'argent versé en pure perte à l'Union européenne, la fraude fiscale et sociale, les délires de la décentralisation, le coût de l'immigration légale et clandestine. Mon projet va créer en trois ans 1,7 million d'emplois qui généreront 25 milliards d'euros de recettes supplémentaires pour la Sécurité sociale. La retraite à 60 ans, c'est un coût de 17 milliards d'euros.

En quoi votre programme économique est-il différent de celui de Jean-Luc Mélenchon?

M. Mélenchon veut faire 100 milliards d'impôts supplémentaires! Il est pour l'immigration massive, qui pèse à la baisse sur les salaires. Prenons la directive détachement des travailleurs. C'est entre 300.000 et 500.000 travailleurs qu'on fait venir pour des raisons de coût. C'est une forme de délocalisation sur place. Je note que son opposition à cette directive est très récente… Il est depuis toujours un immigrationniste fou.

Sur la sécurité et l'immigration, François Fillon affiche un programme ferme. Quelle différence avec le vôtre?

«Le fondamentalisme islamiste s'est introduit partout dans notre société avec la complicité et la trahison des pouvoirs politiques, nationaux et locaux»

Tout. Moi, je l'ai vu au pouvoir M. Fillon. Je ne le juge pas sur ses promesses, il les a déjà faites il y a dix ans. Je le juge sur ce qu'il a fait: 54.000 militaires et 12.500 policiers de moins, désorganisation des services de renseignements, refus de retrouver les frontières nationales, inauguration de la plus grande mosquée d'Europe, autorité donnée à l'UOIF, soutien à la guerre en Libye… Pourquoi M. Fillon a-t-il changé d'avis sur l'UOIF? Moi, je n'ai jamais changé d'avis. Le fondamentalisme islamiste s'est introduit partout dans notre société avec la complicité et la trahison des pouvoirs politiques, nationaux et locaux.

Comment lutter contre ce fondamentalisme?

Il y a des mesures à mettre en œuvre immédiatement: expulsion des étrangers fichés S, abrogation de la circulaire Valls sur les régularisations, moratoire sur la délivrance de certains titres, gel des crédits pour les demandeurs d'asile et l'aide médicale de l'État… Je veux aussi organiser, dès septembre, un référendum sur la révision constitutionnelle pour, notamment, rétablir l'autorité de la loi nouvelle sur les traités européens antérieurs. Il faut reprendre la main.

Ne craignez-vous pas de susciter une hostilité chez les musulmans de France?

Pas du tout. Les Français musulmans n'attendent qu'une chose: qu'on les libère de la pression quotidienne que font peser sur eux les fondamentalistes islamistes.

Les idées du FN gagnent du terrain, mais des hostilités fortes demeurent, notamment dans la haute fonction publique. Par ailleurs, il y a eu récemment un début d'incendie devant votre QG.

Une partie de l'extrême gauche non démocratique exprime violemment son refus de se soumettre à la volonté du peuple. Et si un ou deux diplomates ne veulent pas continuer à travailler, alors bon vent!

L'État d'Israël, qui n'est pas d'extrême gauche, a vivement critiqué vos propos sur le Vél' d'Hiv…

L'État d'Israël est trompé par des associations soi-disant représentatives qui ont tenu, à mon égard, des propos abjects et sans aucun fondement. J'ai tenu sur ce sujet la position gaulliste.

«Cette présidentielle, c'est presque un référendum pour ou contre la mondialisation sauvage»

Pensez-vous que la France, c'était mieux avant?

La France, ce sera mieux demain, si je suis élue. Cette présidentielle, c'est presque un référendum pour ou contre la mondialisation sauvage. Nos valeurs, codes, mœurs, notre mode de vie sont en train de se dissoudre. Lorsqu'un pays perd son identité, il ne sait plus ce qu'il est, d'où il vient, où est sa vraie richesse, alors il se dissout. Je veux inscrire dans la Constitution la défense et la promotion du patrimoine historique et culturel de la France et redonner à notre pays son statut de puissance politique. C'est la rampe de lancement de notre nouvelle conquête du monde! Parce que moi, je veux partir à la conquête du monde! Je veux relancer les relations avec l'Afrique, défendre la francophonie.

Votre vision de la France est donc bien mondialisée.

Vous vous trompez. Le mondialisme, c'est l'effacement des limites, dans tous les domaines. C'est la suppression des frontières, la disparition des racines… Moi, je suis la candidate des limites et je serai la présidente des limites. Nous devons les retrouver pour protéger le peuple français. Elles sont nécessaires à l'école pour rétablir l'autorité, en matière de justice, contre la mondialisation sauvage, contre la concurrence internationale déloyale, contre les abus, les dérives de l'évasion fiscale. Il n'y a pas de liberté sans limites.

Pour conduire les réformes que vous proposez, il faut une majorité. Comment l'obtenir?

Les Français sont cohérents et logiques. Lorsqu'ils élisent quelqu'un à la tête de l'État, ils lui donnent les moyens de gouverner. Je ne vois pas ce qui pourrait contredire cette règle.

«Je tends la main à tous ceux qui sont attachés à la souveraineté et à l'identité de notre nation. Je leur dis : venez participer, venez constituer cette majorité présidentielle»

Certains éléments de votre programme sont très à gauche, d'autres très à droite. Comment «stabiliser» cette majorité?

Je ne crois pas au clivage gauche-droite. Il est artificiellement maintenu par ceux qui souhaitent se maintenir au pouvoir. Le vrai clivage est entre les patriotes et les mondialistes. Du côté de ma rive, celle de la nation française, il y a des responsables politiques dont je souhaite, de tout cœur, qu'ils nous rejoignent, avant la présidentielle, entre les deux tours ou après l'élection. Je tends la main à tous ceux qui sont attachés à la souveraineté et à l'identité de notre nation. Je leur dis: venez participer, venez constituer cette majorité présidentielle! La nation est un lien amoureux. Ensemble, nous referons un peuple qui s'aime.

Si vous arriviez au pouvoir, votre légitimité ne serait-elle pas fragilisée par les affaires?

Ces affaires, comme vous dites, ne touchent en rien à ma probité et sont très artificielles. Il y a une immunité présidentielle, ce sont les institutions de la Ve République: le but, c'est la stabilité.

Quel candidat aimeriez-vous affronter au second tour?

M. Macron est un mondialiste décomplexé, là où M. Fillon est un mondialiste honteux. Je préfère toujours avoir un mondialiste décomplexé face à moi. Au moins, les choses sont claires. Dans les sondages, je remarque que je fais mieux que M. Fillon face à M. Macron. Le vote en ma faveur est plus utile que le vote Fillon.

Si on assiste à une coalition de LR et du PS au second tour, il en émergera un grand parti mondialiste. Au moins les choses seront claires

Le front républicain pourrait toutefois hypothéquer votre élection.

Si on assiste à une coalition de LR et du PS au second tour, il en émergera un grand parti mondialiste. Au moins les choses seront claires! L'enjeu de cette présidentielle est un enjeu de civilisation. Les Français le sentent. Et si M. Fillon appelait à voter pour M. Macron, je ne suis pas sûre qu'il serait suivi par une majorité de ses électeurs.

Que pensez-vous de votre tassement dans les sondages?

Le tassement des grands blocs est un phénomène tout à fait classique lorsque les dénommés «petits candidats» émergent.

Les quatre favoris du scrutin sont dans un mouchoir de poche…

M. Mélenchon était donné à 17 % en 2012 et moi à 13. Il a terminé à 11 et moi à 18 %.

Comment vous sentez-vous à l'approche de ce premier tour?

Je suis sereine, confiante. Je suis confiante dans mes équipes et confiante dans les Français. Ils vont me permettre de tout mettre en œuvre. Je terminerai en tête du premier tour. J'en suis convaincue.

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TF1 retire un drapeau européen à la demande de Marine Le Pen

 
Publié le 19/04/2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<<

Invitée de l'émission «Demain président» mardi soir, la candidate du Front national a conditionné sa venue au fait que le drapeau de l'Union européenne soit supprimé du décor. La première chaîne a accédé à sa demande.

Le diable se cache dans les détails. Neuvième invitée de l'émission quotidienne de TF1 «Demain président», Marine Le Pen s'est prêtée au même exercice que les autres candidats à la présidentielle... ou presque. Contrairement à celles et ceux qui l'ont précédée, la candidate du Front national - qui prône une sortie de l'UE et de l'euro - s'est exprimée devant un décor élyséen amputé du traditionnel drapeau européen.

 

«Pour accepter de participer à cette émission, Mme Le Pen, vous nous avez demandé de retirer le drapeau européen qui devait figurer derrière vous», a «précisé» le présentateur Gilles Bouleau dès le début de l'émission. Il a ensuite été rejoint par sa collègue Anne-Claire Coudray, qui a pour sa part évoqué un «geste symbolique» de la part de l'élue d'Hénin-Beaumont.

«L'UE se comporte, à l'égard de la France, comme une ennemie»

Interrogé sur le message qu'elle cherchait à véhiculer, l'eurodéputée a dit vouloir «être présidente de la République française, pas de la Commission européenne». «Je considère que l'UE a fait beaucoup de mal à notre pays et à notre peuple, en matière économique, sociale, de disparition des frontières...», a-t-elle martelé, promettant que «(sa) première mesure sera de rendre leurs frontières nationales aux Français».

» EN DIRECT - Suivez les dernières informations sur la présidentielle

Sur RMC/BFMTV ce mercredi matin, Marine Le Pen est revenue une nouvelle fois sur cet épisode. «Encore une fois je suis candidate à l'élection du président de la République française», a-t-elle affirmé, ajoutant que «l'UE se comporte à l'égard de la France comme une ennemie» car, assure-t-elle, elle «brime son économie (et) nous empêche de nous protéger contre la concurrence déloyale».

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Emmanuel Macron s'engage formellement à faire avancer les revendications des LGBT

Philippe Carhon, le 20 avril 2017

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Emmanuel Macron s'engage de manière franche et directe dans une lettre ouverte publiée sur son site de campagne :

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On comprend mieux le tweet enflammé de Pierre Bergé

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François Fillon - Jean d'Ormesson: «La France que nous voulons»

Par Carl Meeus et Guillaume Roquette  Publié le 20/04/2017

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ENTRETIEN EXCLUSIF - Jean d'Ormesson et François Fillon ont accepté la proposition du Figaro Magazine de se rencontrer. Un dialogue savoureux entre l'écrivain, membre de l'Académie française, et le candidat de la droite et du centre, à quelques jours du premier tour de l'élection présidentielle.

Jean D'ORMESSON. - On a beaucoup dit de cette campagne présidentielle qu'elle a été stupéfiante, extraordinaire, atroce, inédite. J'imagine qu'elles sont toutes extrêmement dures, mais la vôtre, me semble-t-il, a été particulièrement cruelle. Je ne suis pas sûr que les deux débats successifs, notamment celui avec les onze candidats, aient pu éclairer les électeurs. Alors que nous sommes à quelques heures du premier tour, quel souvenir gardez-vous de cette campagne?

- Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

François FILLON. - C'est, jusqu'ici, l'épreuve la plus dure que j'ai dû affronter dans mon existence! Toutes les campagnes présidentielles ont été difficiles depuis le début de la Ve République. Il y a toujours eu de basses attaques, des procès personnels faits aux candidats, de droite la plupart du temps. Mais celle-ci a vraiment été particulière. Cette campagne révèle la crise politique que traverse le pays. Et François Hollande a une responsabilité dans cette situation. Voilà un homme qui n'a jamais vraiment exercé de responsabilités nationales avant son élection et qui, à mon sens, n'a jamais été vraiment un chef de l'Etat. En revanche, c'est un manœuvrier d'une extrême habileté. Un homme qui, tout au long de sa vie, a développé une capacité à monter des coups, tirer les ficelles dans les coulisses, élaborer d'impossibles synthèses pour noyer ses adversaires. N'est-il pas arrivé à cet exploit que cette campagne se déroule sans que jamais son bilan ne soit discuté? C'est incroyable! Il a complètement échoué dans sa politique, il ne peut même pas se représenter tellement son bilan est calamiteux et pourtant on est prié de passer à autre chose comme si son jet d'éponge avait fonctionné comme une ardoise magique!

Jean D'ORMESSON. - Exactement! Il y a eu un rejet très fort de François Hollande. Enfin, tout de même, il y a eu 80 % d'opposition à son quinquennat. Tout à coup, on a l'impression que ces 80 % d'opposition à Hollande ont disparu! Et, en fin de compte, ce sont les surgeons de Hollande qui représentent vos concurrents.

«Il est impossible, aujourd'hui, de croire à cette fable qui fait d'Emmanuel Macron un Brutus»

François Fillon

François FILLON. - Parce qu'il n'a pas pu être candidat, il a inventé un candidat pour jouer les prolongations. Il est impossible, aujourd'hui, de croire à cette fable qui fait d'Emmanuel Macron un Brutus.

Jean D'ORMESSON. - Emmanuel Macron est une créature de Hollande. Je me rappelle avoir déjeuné avec lui dans les derniers mois de son ministère. Je lui avais dit: «Vous serez acculé à partir à un moment donné. Vous ne pourrez pas jouer la chauve-souris continuellement. “Je suis oiseau, voyez mes ailes. Je suis souris, vivent les rats”.» Certes, il critiquait le gouvernement mais, finalement cela revenait à s'attaquer lui-même. Après tout, il a longtemps été le conseiller économique de Hollande à l'Elysée, puis son ministre de l'Economie.

François FILLON. - L'opération Macron a permis d'éviter le débat sur le hollandisme tout en mettant en place une forme de continuité politique avec un candidat se parant des habits de la nouveauté et d'une certaine transgression. Mais le caractère artificiel, voire grossier, de l'opération a été dévoilé. Les changements de pied sont tellement nombreux qu'ils donnent le tournis. Emmanuel Macron a pris position contre la déchéance de nationalité. À l'Assemblée, pendant une séance je lui avais envoyé un petit mot. Je lui écrivais: «Après les 35 heures, l'ISF… vous venez une nouvelle fois sur mes positions. Jusqu'où irez-vous?» Il m'avait répondu: «Mais j'y suis déjà. Voyons-nous.» Evidemment, on ne s'est pas vus, mais il est inquiétant de voir un projet varier de façon aussi considérable pour des raisons de pures tactiques électorales. Mais c'est grâce à cet enfumage permanent que Macron est apparu comme libéral au départ. Du coup, certains de mes amis libéraux ont hésité quand ils ne nous soutenaient pas tous les deux. Quand je leur dis qu'ils ne peuvent pas continuer à le soutenir, compte tenu de ce qu'il propose maintenant, c'est-à-dire un projet qui s'inscrit dans la continuité socialiste, avec énormément de dépenses publiques, pas de diminution du déficit, ils me répondent que cela n'a aucune importance car ce n'est pas ce qu'il fera. Une fois élu il fera autre chose, me disent-ils. Or cette attitude est précisément ce qui jette du discrédit sur la politique.

«Il me semble que vous êtes le seul à concilier le sursaut national qui s'impose après le quinquennat Hollande et le refus catégorique d'une sortie de l'Europe qui serait monstrueuse pour la France»

Jean d'Ormesson

Jean D'ORMESSON. - Quand on vous écoute, on comprend que le seul renouvellement raisonnable, c'est vous. Alors bien sûr, il peut y en avoir d'autres. Avec Jean-Luc Mélenchon, qui a énormément de talent, ou Marine Le Pen, mais ce serait un bouleversement catastrophique. Il me semble que vous êtes le seul à concilier le sursaut national qui s'impose après le quinquennat Hollande et le refus catégorique d'une sortie de l'Europe qui serait monstrueuse pour la France. Que se passe-t-il dans les six mois qui suivent votre élection?

- Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

François FILLON. - Le pays va très mal et, sans une dynamique de compétitivité très puissante, je pense que nous n'arriverons pas à redresser la situation et à arrêter la glissade. Mon projet vise à agir fortement sur les leviers bloqués de la compétitivité de l'économie française. C'est-à-dire la réforme du marché du travail, la réforme de la fiscalité et les mesures qui amorcent la baisse de la dépense publique. Je sais que ces mesures seront difficiles à prendre mais, en même temps, la campagne a été tellement dure que, si je gagne ce scrutin, il y aura une dynamique pour les élections législatives très puissante qui permettra d'agir vite. L'effet de surprise sera considérable. Une grande partie du système médiatique a tellement répété que je ne pouvais pas être élu que l'impulsion sera énorme. Ma victoire sera vraiment celle d'un pays qui veut reconquérir sa fierté et passer à l'action. Mon élection permet de renouer avec le cours normal de la politique: pour l'élection législative, nous sommes prêts, nous avons 577 candidats issus de l'alliance de la droite et du centre. La gauche dite plurielle sera devenue la gauche plus rien en raison de ses divisions. Les Français comprendront que je n'ai pas accepté pendant trois mois et demi la violence du traitement qui m'a été réservé pour baisser les bras au lendemain de l'élection présidentielle. Si j'ai fait tout ce chemin, c'est pour aller au bout du redressement national. La persévérance que j'ai mis dans cette candidature c'est pour changer notre pays et en faire la première puissance européenne.

Jean D'ORMESSON. - Vous avez fait preuve d'une fermeté, d'un courage, d'une audace qui devraient vous rapporter des voix. Mais beaucoup de voix de la droite vous manquent pour le moment. La rumeur a joué contre vous de manière extrêmement forte. Il n'est pas impossible cependant, aucun de nous ne peut le dire avec certitude, que tout le débat se retourne en votre faveur. Si les gens reconnaissent qu'il y a eu des problèmes, ils considèrent aussi que l'acharnement contre vous, dont Mme Angot a été le symbole, est allé trop loin.

«L'économie médiatique a besoin de dévorer les événements et les hommes»

François Fillon

François FILLON. - Le système, en raison de la concurrence entre les chaînes d'information, de l'immédiateté liée aux réseaux sociaux, agit comme un miroir déformant. L'économie médiatique a besoin de dévorer les événements et les hommes. Cela a fini par se retourner en ma faveur. La première réaction des Français devant l'avalanche d'informations est évidemment de la déception, de l'hostilité ou de la critique, mais il y a un moment où l'acharnement révèle une entreprise systématique de démolition politique.

- Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

Jean D'ORMESSON. - Vous avez toujours assuré que vous seriez au second tour. Etes-vous toujours aussi optimiste à quelques heures du scrutin?

François FILLON. - Plus que jamais!

Jean D'ORMESSON. - Plus que jamais?

François FILLON. - Oui, pour deux raisons. Tout d'abord, il y a une volonté majoritaire dans le pays d'une alternance en faveur de la liberté et, plus largement, des valeurs que je défends comme l'autorité, la transmission ou la souveraineté. Le deuxième élément qui m'a fait tenir, c'est la mobilisation des électeurs. Cela a été bien peu relayé, mais moi je peux vous dire que dans mes meetings j'ai senti une mobilisation comme je n'en avais jamais connu.

Jean D'ORMESSON. - On l'a senti lors du meeting du Trocadéro. On a eu l'impression, dans cette période, que vous aviez touché le fond de la piscine…

François FILLON. - C'est assez juste!

Jean D'ORMESSON. - … et que vous remontiez. La foule du Trocadéro était très impressionnante.

François FILLON. - Le Trocadéro a été un moment absolument clef. La veille, je réfléchissais sérieusement à la question de savoir si je pouvais maintenir ma candidature…

Jean D'ORMESSON. - Vous vous êtes posé la question?

«Si la mobilisation au Trocadéro avait été faible, je crois que j'aurais renoncé parce que la seule chose qui me donnait de la légitimité et de la force, c'était de retrouver le peuple de France»

François Fillon

François FILLON. - Ah oui vraiment, je peux vous le dire. Je suis un homme, je ne suis ni une machine ni un produit de marketing. Le samedi soir, je me suis interrogé. Si la mobilisation avait été faible, je crois que j'aurais renoncé parce que la seule chose qui me donnait de la légitimité et de la force, c'était de retrouver à cet instant crucial le peuple de France. Et puis, rapidement, il s'est avéré qu'il n'y avait pas de plan B. Mon devoir était de me défendre et de faire gagner «une certaine idée de la France».

Jean D'ORMESSON. - Un des arguments qui vous est opposé c'est qu'au second tour, face à Marine Le Pen, vous attireriez moins de voix de gauche qu'Emmanuel Macron n'attirerait de voix de droite s'il se qualifiait. En fin de compte, ceux qui défendent cette thèse expliquent que, voter utile contre le FN, c'est voter Macron.

- Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

François FILLON. - Je récuse totalement cette idée selon laquelle Macron serait un meilleur rempart contre le FN. Je pense même exactement l'inverse ; ce serait faire un fantastique cadeau concédé à Madame Le Pen qui aura vite fait d'endosser la défense, même illusoire, des déçus de la politique et des désespérés de la situation sociale pour nous jouer la France contre les bobos. Le seul et véritable rempart, c'est moi et mon projet contre le déclin national.

Jean D'ORMESSON. - C'est un élément qui me paraît important. Vous êtes déjà le mieux placé des candidats en ce qui concerne l'opposition à François Hollande. En tout cas, mieux placé que Macron! Si en plus vous êtes le meilleur rempart contre le FN, cela vous donne un deuxième avantage qui me paraît décisif.

François FILLON. - J'ajouterai un autre argument: les élections législatives. Chacun voit bien que Macron est dans l'incapacité de réunir une majorité. Ses candidats internet ne tiennent pas la route une minute. Je ne sais pas combien seront élus, mais ça se comptera sur les doigts de la main. Nos candidats aux législatives sont déjà en place et font campagne. Beaucoup bénéficient déjà d'une forte implantation locale. Les Français doivent comprendre que Macron ne peut pas avoir de majorité. Ou alors, s'il en a une, ça ne peut être qu'une majorité de gauche. Moi, je serai un président avec une majorité d'action cohérente. La France a besoin d'être dirigée, pas d'être gérée selon les méthodes de la IVe République.

«Vous représentez une certaine continuité de l'histoire de France quand Macron représente une continuité de la pensée hollandaise»

Jean d'Ormesson

Jean D'ORMESSON. - Emmanuel Macron a commis plusieurs erreurs dans cette campagne. Quand il a parlé de crime contre l'humanité à propos de la colonisation de l'Algérie, quand il a expliqué qu'il n'y avait pas de culture française, évidemment. J'ai trouvé aussi assez ennuyeux qu'il prononce en anglais un discours quand il est allé en Allemagne. Pendant le Brexit! C'est un détail, mais c'est un détail important, je trouve. D'une certaine façon, vous représentez une certaine continuité de l'histoire de France quand Macron représente une continuité de la pensée hollandaise. Une histoire qui, comme disait Napoléon, est solidaire à la fois du Comité de salut public et de Jeanne d'Arc. Je me demande encore pourquoi il a dit qu'il n'y avait pas de culture française.

François FILLON. - Parce qu'il le croit (rires). Il ne connaît pas la France. Hollande la connaissait, par son ancrage corrézien. Macron, c'est une équipe de financiers et de communicants qui pensent qu'on peut prendre le pouvoir en utilisant des technologies modernes pour faire ce qu'ils ont toujours fait: des fusions-acquisitions (rires).

Jean D'ORMESSON. - En vous écoutant, on se dit que le plus raisonnable, c'est de voter pour vous. Vous représentez un équilibre entre la continuité française et l'appartenance à l'Europe, entre la culture et la modernité, entre le pouvoir présidentiel et le pouvoir parlementaire. Nous sommes quelques-uns à refuser la sortie de l'Europe et le rejet de l'Europe tout en reconnaissant toutes les difficultés que représente une Europe menacée par la faillite. N'êtes-vous pas le seul à défendre une certaine conception de l'Europe?

«L'Allemagne est puissante mais inhibée par son passé et paralysée par son système politique fondé sur le compromis, le consensus»

François Fillon

François FILLON. - Ma filiation politique est souverainiste. Certains s'étonnent et m'interrogent sur le fait que je sois aujourd'hui un défenseur aussi vigoureux d'une Europe puissante. C'est pour une raison simple. Le monde a changé, les menaces qui pèsent sur l'Europe sont considérables: la domination politique américaine, qui s'est accentuée, la domination économique chinoise, qui est sous-estimée, l'instabilité liée au totalitarisme islamique, qui fait peser des risques terroristes et de guerres. Je suis gaulliste: la France doit être souveraine dans une Europe souveraine! Aujourd'hui, notre pays a perdu sa capacité d'influence dans l'Union européenne en raison de son chômage, de ses déficits, de sa faiblesse politique. La France a disparu du pilotage politique de l'Europe, laissant l'Allemagne seule. Or l'Allemagne n'est pas en mesure de diriger l'Europe. Elle est puissante mais inhibée par son passé et paralysée par son système politique fondé sur le compromis, le consensus. Du coup, il n'y a plus de pilote dans l'avion européen. C'est pour cela que je défends une initiative franco-allemande très puissante pour relancer l'Europe autour de quelques priorités stratégiques comme la monnaie, les frontières, la sécurité et la recherche.

- Crédits photo : Sandrine Roudeix pour Le Figaro Magazine

Jean D'ORMESSON. - La clef de l'avenir de la France et de l'Europe, c'est l'entente franco-allemande. L'essentiel est là. C'est très bien d'avoir une alliance avec l'Angleterre, mais c'est le couple franco-allemand qu'il faut défendre absolument. Nier que l'Angleterre soit liée aux Etats-Unis, c'est absurde. Comme disait Oscar Wilde, ces deux pays ont tout en commun sauf la langue. J'aime l'Italie et la Grèce, la Méditerranée a compté pour moi mais, pour défendre une politique européenne, je me tourne vers la France et l'Allemagne, plus que vers l'Italie ou la Grèce.

François FILLON. - La relation entre la France et l'Allemagne est unique. Elle tient à la géographie, à l'histoire, à la culture, au poids des économies. Tous ceux qui ont voulu nier cette relation se sont cassé les dents sur ces réalités. Il n'y a pas de front possible des pays du sud de l'Europe contre ceux du nord, pas d'entente cordiale qui puisse permettre de contrebalancer cette réalité. Il y aura toujours la Manche entre l'Angleterre et nous. Je partage avec vous une grande attirance et une grande proximité avec l'Italie et l'Espagne. Mais c'est justement parce que je les connais bien que je sais qu'il n'y a aucune possibilité de front du Sud.

Jean D'ORMESSON. - Je vais vous parler d'un problème que j'ignore complètement mais ne faudrait-il pas remettre sur le tapis la question d'une harmonisation fiscale de l'Europe?

François FILLON. - La fiscalité, c'est le cœur de mon projet européen. Je préconise une initiative de la France et de l'Allemagne en faveur d'une harmonisation fiscale dans le cadre de la zone euro. Avec un calendrier précis. En cinq ans, on peut harmoniser la fiscalité des entreprises et en dix ans celle des ménages. Ça ne veut pas dire des fiscalités identiques mais des fiscalités comparables.

«Il faut absolument garder le latin et le grec comme une excellence liée à nos origines»

Jean d'Ormesson

Jean D'ORMESSON. - À propos de l'Europe, je ne peux m'empêcher de penser à ses racines judéo-chrétiennes et gréco-romaines. Mme Belkacem a fait beaucoup de mal avec le latin et le grec. Je sais bien que Raymond Aron disait qu'on ne pourrait pas défendre éternellement un système éducatif fondé exclusivement sur le latin et le grec, mais il faut absolument garder le latin et le grec comme une excellence liée à nos origines. Je ne suis pas sûr que M. Bayrou ait fait mieux que Mme Belkacem à l'Education nationale.

François FILLON. - Notre système éducatif doit revenir à des choses simples, de bon sens. L'école a échoué parce qu'elle a perdu de vue l'essentiel. Une école primaire qui forme aux savoirs fondamentaux, qui hisse les élèves vers l'excellence, assume son autorité, son sens de la transmission des valeurs républicaines. Avant de faire la réforme du système éducatif, il y a une décision importante à prendre: mettre à la tête de l'Education nationale une personnalité qui ait une autorité intellectuelle et académique. C'est fondamental. On ne peut pas demander aux enseignants, qui sont pour beaucoup des gens dévoués et de qualité, de reconnaître une quelconque autorité à des militants politiques sans prestige. Quant à cette place du latin et du grec qui, je le sais, vous tient à cœur comme à beaucoup de nos compatriotes, j'ajouterai qu'il est vain de parler en permanence d'humanisme si on refuse l'apprentissage de nos humanités.

Jean D'ORMESSON. - Plusieurs personnes m'ont parlé d'une espèce de froideur que vous auriez montrée à l'égard d'infirmières au cours d'un reportage pendant cette campagne. J'ai été très frappé de la qualité du personnel hospitalier français. Je ne parle pas seulement des mandarins mais aussi des infirmières, des filles de salle. J'ai pu, ayant été malade, constater à quel point ce sont des gens merveilleux. Il faudrait peut-être mettre un peu d'humanité là-dedans, vous ne trouvez pas?

François FILLON. - Je n'aurais jamais dû accepter…

Jean D'ORMESSON. - Ce déjeuner?

«J'ai le plus grand respect pour le personnel hospitalier. Dans le dialogue avec les infirmiers, j'expliquais qu'on allait recruter du personnel pour les maisons de retraite»

François Fillon

François Fillon. - Non (rires). Ce piège de «L'Émission politique» de France 2. C'était un montage, avec des coupes. J'ai le plus grand respect pour le personnel hospitalier. Dans le dialogue avec les infirmiers, j'expliquais qu'on allait recruter du personnel pour les maisons de retraite. Une partie de la souffrance du personnel vient de la désorganisation du système. Si l'hôpital n'était pas devenu le seul lieu d'accueil de toutes les pathologies, les infirmières seraient plus sereines et les personnels hospitaliers pourraient mieux se consacrer à leur travail. On a bureaucratisé le système de santé, tué progressivement la médecine libérale et les alternatives privées. L'hôpital ne peut pas accueillir toutes les urgences, à tout moment. Il faut retrouver un équilibre.

Jean D'ORMESSON. - Au fond, je crois qu'on peut dire en conclusion de notre échange que vous êtes le seul souverainiste capable de sauver l'Europe, le seul démocrate qui puisse avoir assez d'autorité pour assurer la sécurité des Français et le seul conservateur qui soit en même temps un libéral.

François FILLON. - Il y a une phrase de votre cher Chateaubriand que j'aime beaucoup. Elle est tirée des Mémoires d'outre-tombe: «Le péril s'évanouit quand on ose le regarder.» Tel est bien l'enjeu de cette campagne.

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Sept obédiences maçonniques lancent un "appel républicain" inédit à dix jours de la présidentielle

Le 14 avril 2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

Sans donner de consignes de vote, plusieurs obédiences maçonniques ont appelé à voter «de manière éclairée» à la présidentielle. Parmi elles, le Grand Orient de France souhaite très précisément barrer la route à Marine Le Pen.

Rassemblant quelque 90 000 membres, soit la moitié de la maçonnerie française, sept obédiences ont lancé le 13 avril un «appel républicain» et unitaire. Elles ont appelé à faire barrage «au racisme, à la haine de l'autre et aux murs», revendiquant «leur idéal humaniste universaliste» et rappelant «leur attachement à la République». 

«C'est une initiative rare que nous prenons, à dix jours du premier tour», a souligné lors d'une conférence de presse à Paris le grand maître de la la Fédération française du Droit humain, Alain Michon. «Il va de soi que nous ne donnons pas de consigne de vote. Mais nous voulions rappeler quels sont nos principes et valeurs», a-t-il ajouté.

Cet «appel républicain» qui invite à voter «de manière éclairée» à la présidentielle a été signé par le Grand Orient de France (GODF), la Fédération française du Droit humain (FFDH), la Grande Loge féminine de France (GLFF), la Grande Loge féminine de Memphis Misraïm (GLFMM), la Grande Loge mixte universelle (GLMU), la Grande Loge mixte de France (GLMF) et la Grande Loge des cultures et de la spiritualité (GLCS). 

Le Grand Orient veut faire barrage au FN et demande une autocritique des partis traditionnels

«Marine Le Pen, aujourd'hui, c'est du néo-boulangisme», a accusé le grand maître du Grand Orient, Christophe Habas, en référence au général Boulanger, figure nationaliste de la seconde moitié du XIXe siècle. «L'entreprise de "respectabilisation" qui est la sienne ne doit pas occulter les racines avec lesquelles elle n'a pas coupé», a-t-il ajouté, estimant que la candidate FN s'inscrivait «dans un vaste mouvement européen de résurgence des néopopulismes». 

Selon le dirigeant de la première obédience française (environ 50 000 membres), «appeler à la vigilance et à faire barrage au Front national, c'est aussi appeler les partis traditionnels à faire leur autocritique». Le grand maître du GODF a appelé de ses vœux «des politiques qui arrêtent de nous servir toujours la même eau tiède, ce qui aujourd'hui ne marche plus et renforce les extrêmes».

Plusieurs mouvements philosophiques, spirituels et religieux ont également pris la parole avant la présidentielle, certains rompant ainsi avec leur habituelle discrétion. Ainsi la principale Eglise protestante, l'EPUdF (luthériens et réformés), a dit craindre une «catastrophe» autour de la «double tentation» de l'abstention et du vote FN.

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L'Elysée, le palais de tous les plaisirs

Par

 Publié le | Le Point.fr

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Entre la Révolution et l'Empire, l'hôtel de l'Élysée, qui n'est pas encore un palais, va devenir un lieu de débauche, avec tripot, salle de bal et salons à louer...

L’Élysée sommeille au début du XIXe siècle en attendant sa bonne fée : ce sera Caroline Murat, sœur de Napoléon Ier.

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Pour transformer en conscience, ce dimanche 23.04, l'expérience la plus large possible ...

Liberté politique et France Audace présentent les notations de 11 candidats concernant la position sur les mesures indispensables au redressement de la France développées dans Le Manifeste que nous leur avons envoyé. Dans cette campagne atypique, ce baromètre souhaite informer le plus objectivement possible sur les orientations politiques, économiques, sociales, morales et culturelles des candidats, afin que les bulletins déposés dans les urnes le soient en pleine connaissance et conscience.

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Nicolas Sarkozy se voit reprendre "la tête de la droite"

Le candidat malheureux de la primaire de la droite et du centre préparerait à nouveau son retour, selon Le Canard Enchaîné. Nicolas Sarkozy voit François Fillon échouer dès le premier tour de l'élection présidentielle.

Le 05 avril 2017 <<<<<<<ActuOrange<<<<<<<<<<<

Pour lui, son ancien Premier ministre ne fera pas plus de 20%, "entre 19 et 20%" a-t-il estimé, selon l'hebdomadaire satirique dans son édition du mercredi 5 avril. L'ancien chef de l'État donne Marine Le Pen et Emmanuel Macron au second tour, 30% des voix pour la première, 22% pour le second. "Je serai le premier à appeler à voter Macron contre Le Pen", a-t-il déclaré, selon l'hebdomadaire satirique.

Cette défaite cuisante de François Fillon, Nicolas Sarkozy compte bien l'utiliser comme un marchepied pour reprendre le contrôle de son camp politique. "Comme Fillon sera mort, je suis prêt à prendre immédiatement la tête de la droite pour mener la campagne des législatives. Car on peut les gagner, ces législatives !", aurait-il prédit.

En 2012, battu à la présidentielle par François Hollande, Nicolas Sarkozy annonçait son retrait définitif de la vie politique. En 2017, une nouvelle défaite plus tard, Nicolas Sarkozy serait donc bien décidé à faire feu de tout bois.

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Mathieu Bock-Côté : le discours de Macron à Marseille, ou le multiculturalisme en marche !

Par Mathieu Bock-Côté
Publié le 04/04/2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

FIGAROVOX/TRIBUNE- Pour Mathieu Bock-Côté, en égrenant l'origine des citoyens venus à son meeting, Emmanuel Macron a dévoilé sa vision idéologique multiculturaliste.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d' Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012), de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007) et de Le multiculturalisme comme religion politique (éd. du Cerf, 2016).

C'est la grande prouesse d'Emmanuel Macron depuis le début de cette campagne présidentielle: il arrive à se faire passer pour un candidat post-idéologique, réconciliant les contraires et faisant éclater les vieux clivages qui étoufferaient la vie politique française. Loin des passions idéologiques, il délivrerait un pays otage des extrêmes et de leurs fantasmes. Il se veut de gauche et de droite, sans être ni à gauche ni à droite. Il confesse par coquetterie une nostalgie monarchiste tout en se voulant le chantre de la modernité la plus radicale. Il applique cette logique à presque tous les enjeux, au point où sa candidature devient l'objet de récurrentes moqueries, comme si le macronisme n'était qu'un hollandisme revampé et relooké, carburant essentiellement à l'art de la synthèse bancale, au point de rassembler sur sa barque bien des éclopés de la politique française des dernières décennies, qu'ils soient communistes, ultralibéraux ou chiraquiens.

Il y a un noyau idéologique du macronisme, il s'agit du multiculturalisme.

Il y a pourtant un noyau idéologique du macronisme, à tout le moins lorsqu'émerge la question identitaire, dont on ne saurait contester l'importance vitale pour notre temps. Et il s'agit du multiculturalisme, que le candidat fait semblant de dénoncer alors qu'il en embrasse la logique. Ce n'est pas surprenant: l'adhésion à l'idéal diversitaire est la marque distinctive du progressisme contemporain. On le sait depuis quelques semaines déjà, il n'y a pas pour Emmanuel Macron de culture française. L'art français ne semble pas lui dire grand-chose non plus. En fait, la culture française ne serait qu'un communautarisme parmi d'autres dans un univers soumis à la loi du multiple. Et on ne voit pas pourquoi ce communautarisme surplomberait les autres et se poserait comme culture de convergence. La déclaration est tellement grosse qu'elle colle à sa candidature depuis. Comment ne pas y voir une représentation presque caricaturale de l'hostilité profonde des élites mondialisées aux nations?

À Marseille, Macron en a rajouté. L'homme qui confond manifestement la vocifération avec l'éloquence a terminé son discours en égrenant l'origine des citoyens présents dans la salle, comme s'il avait le souci de n'en oublier aucune. Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Marocains, Tunisiens et bien d'autres: tous étaient convoqués, dans une étonnante célébration d'une république renvoyant chacun à ses origines, ce qui est radicalement contradictoire avec le principe assimilationniste qui invitait chacun à se fondre dans la nation. La nation selon Macron se définit plutôt comme un rassemblement de communautés cohabitant grâce à la magie sémantique du «vivre-ensemble». On se demandera quelle est la place, dans cette mosaïque, des Français que faute de mieux, on dira «d'origine française» - à moins que ce terme aussi ne fasse scandale. De quelle histoire sont-ils les héritiers et quelle origine peuvent-ils revendiquer?

On retrouve là le dogme fondamental de l'orthodoxie multiculturaliste : nous sommes tous des immigrants.

On retrouvait là le dogme fondamental de l'orthodoxie multiculturaliste: nous sommes tous des immigrants. La trame fondamentale d'un pays serait d'abord celle des vagues d'immigration l'ayant constitué. Faut-il arracher la France à son histoire pour la rendre inclusive? Ne risque-t-on pas ainsi de radicaliser le sentiment de dépossession de bien des Français qui craignent de devenir étrangers chez eux et qui ne voient pas trop pourquoi ils devraient s'en réjouir? L'angoisse identitaire n'est pas un fantasme régressif, à moins qu'on ne considère que le besoin d'enracinement et de continuité historique relève des pathologies politiques à combattre au nom de l'émancipation. L'histoire du monde serait celle d'une perpétuelle migration et la fixation de certaines populations sur certains territoires serait à la fois arbitraire et provisoire. Un peuple n'aurait pas le droit de vouloir se sentir chez lui: ce sentiment relèverait de l'extrême-droite.

Poursuivons le décryptage de la logique macronienne: Marseille serait une ville modèle parce qu'elle serait une ville-monde, dont l'histoire serait finalement étrangère, ou du moins distincte, de celle de la nation française. D'ailleurs, dans la philosophie multiculturaliste, la métropole est appelée à se substituer à l'État-nation, une tendance qu'encourage aussi la mondialisation avec laquelle Emmanuel Macron entretient un rapport quasi-euphorique. La philosophie du candidat Macron converge à bien des égards avec celle qui traverse l'Histoire mondiale de la France pilotée par Patrick Boucheron. À tout le moins, la grande ville mondialisée serait un meilleur cadre pour chanter la diversité heureuse que la nation, otage souvent de populations ancrées dans des schèmes culturels dépassés - c'est la fameuse France périphérique qui se reconnaît bien peu dans le candidat Macron, alors qu'il est célébré dans la France mondialisée. Cette grande ville célébrant la diversité serait appelée à s'extraire du cadre national - on a vu cette tentation s'exprimer à Londres et à Paris au moment du Brexit.

Il s'agit d'expliquer aux Français qu'ils ont tort de s'inquiéter de la dissolution de leur patrie et de leur civilisation.

Macron suscite le même enthousiasme médiatique qu'Alain Juppé du temps où ce dernier était célébré par les rédactions au nom de sa philosophie de l'identité heureuse, même si nous sommes passés de la célébration du père rassembleur à celle du jeune leader dynamique. Il s'agit chaque fois d'expliquer aux peuples en général et aux Français en particulier qu'ils ont tort de s'inquiéter de la dissolution de leur patrie et de leur civilisation et qu'il leur suffit de s'adapter à la nouvelle époque de bonne foi pour voir leurs craintes se dissiper. Il n'est pas certain que si cette élection se transformait en référendum sur l'avenir de la nation française, la philosophie d'Emmanuel Macron serait majoritaire dans les urnes. De là l'importance pour le système médiatique de centrer pour encore quelques semaines son attention sur les «affaires», pour détourner l'élection des véritables enjeux qui devraient mobiliser la population.

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Alain Finkielkraut : «À la présidentielle, on veut nous imposer un scénario écrit d'avance»

Par Vincent Tremolet de Villers
Publié le 31/03/2017  <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<<

ENTRETIEN - S'il est resté, jusqu'ici, discret sur l'élection présidentielle, Alain Finkielkraut n'en a pas perdu une seconde. C'est en philosophe qu'il a observé, avec effarement, le feuilleton judiciaire et médiatique. De vote-utile-pour-faire-barrage-au-FN en Christine Angot, la politique, selon lui, abandonne l'école, la nation, la laïcité, la culture, pour se réduire à une simple dialectique entre les ouverts et les fermés, à une simple marche pour le progrès et contre « le péril brun ». Alain Finkielkraut, depuis longtemps, n'est d'aucun mouvement. Il ne se dérobe pas, pourtant, devant le spectacle désolant de cette campagne. Avec hauteur, il se fait le meilleur représentant du véritable parti majoritaire : celui de l'inquiétude.

LE FIGARO. - À trois semaines du premier tour, que pensez-vous de cette élection présidentielle? Qu'est-ce qui la caractérise?

Alain FINKIELKRAUT. - Jamais une ambiance aussi lourdement prescriptive n'a pesé sur une élection présidentielle. On n'attend pas comme naguère le verdict des urnes, on attend la confirmation dans les urnes d'un verdict déjà rendu. Les citoyens que nous sommes sont mis en demeure de valider ce scénario écrit d'avance: éliminer au premier tour le candidat de la droite et du centre discrédité par les affaires, puis élire au second le candidat d'En marche! pour faire barrage au Front national. Il ne s'agit plus, en votant, de choisir, mais d'obéir.

«Les ­citoyens sont mis en demeure de valider ce scénario écrit d'avance : éliminer au premier tour le candidat de la droite, puis élire au second le candidat d'En marche ! pour faire barrage au FN»

Rien de tel ne serait arrivé, me dira-t-on, et nous n'étoufferions pas sous le règne humiliant de cette injonction permanente, si Fillon n'avait pas lui-même dérogé à son image d'homme irréprochable. Il a fallu l'accaparement familial de son enveloppe parlementaire et les largesses consenties à son épouse par la Revue des deux mondes pour que se mette en place le scénario de l'élection obligatoire. C'est vrai. Ayant moi-même été très choqué de l'entendre dire: «Qui imaginerait le général de Gaulle mis en examen?», car cette phrase ne respectait ni la présomption d'innocence ni la séparation des pouvoirs dans la mesure où elle conférait à la justice le soin d'arbitrer sa rivalité avec Nicolas Sarkozy, je me suis remémoré, dans les premiers jours du «Penelopegate» ce sage proverbe africain: «Quand on monte au cocotier, il vaut mieux avoir le cul propre.»

Mais je me demande aujourd'hui ce qui rend la justice si expéditive et les journalistes si hargneux. Parce qu'il ne disposait pas d'éléments assez graves et concordants pour renvoyer François Fillon devant un tribunal correctionnel, le parquet national financier a confié le dossier à trois magistrats instructeurs. Saisis le 24 février, soit deux jours avant l'entrée en vigueur de la loi qui aurait provoqué la prescription de la plupart des faits incriminés, ces juges ont épluché le dossier pendant le week-end, alors même que les policiers n'avaient pas eu le temps de produire un rapport de synthèse, ce qui, selon le journal Le Monde lui-même, est très inhabituel en procédure. Dès le lundi, c'est-à-dire sans avoir procédé à la moindre investigation, les magistrats envoyaient une lettre recommandée aux époux Fillon en vue d'une mise en examen. Et François Fillon était convoqué le 15 mars, soit deux jours avant la clôture des parrainages. Cette précipitation n'a pas été plus critiquée que la médiatisation instantanée des procès-verbaux des auditions. On y a même vu un acte de salubrité publique. Peu importe le respect des règles: tout devait être fait pour empêcher la vénalité d'entrer à l'Élysée. C'est le mandat moral que s'est assigné la plus grande partie de la presse. Ainsi, le lendemain de la mise en examen de Penelope Fillon, a-t-on appris au journal télévisé de France 2 qu'elle risquait dix ans de prison pour ses abominables forfaits.

«Nos sociétés se partagent désormais entre planétaires et sédentaires, globaux et locaux, hors sol et autochtones, ouverts à toutes les innovations et attachés aux traditions»

Avez-vous regardé Christine Angot face à François Fillon?

Le face-à-face Christine Angot-François Fillon sur France 2 est le spectacle politique le plus douloureux et le plus dégradant qu'il m'ait été donné de voir. Ce n'était pas un face-à-face, d'ailleurs. Angot n'avait pas d'interlocuteur, le visage convulsé par la haine, elle déversait un torrent d'invectives sur un scélérat. À François Fillon qui lui demandait: «Qu'est-ce qui vous permet de dire que je suis coupable?», elle a répondu: «C'est ce que je ressens», comme si l'instinct pouvait faire office de preuve, et elle a refusé d'admettre que le châtelain de Sablé-sur-Sarthe ait été blessé par la violence des attaques dont il fait l'objet depuis deux mois. Elle n'envisageait pas que cette âme noire pût souffrir d'être désignée quotidiennement à la vindicte universelle. Et que le monstre qu'il était ait osé dire qu'il comprenait Pierre Bérégovoy, ce fils d'ouvrier, c'était pour elle un véritable sacrilège.

Quand j'ai vu des journalistes s'incliner devant la puissance littéraire de cette diatribe féroce et quand j'ai lu sous la plume d'un lecteur de Télérama: «Merci, Christine Angot, d'avoir hissé haut le pavillon de l'indignation chère à Stéphane Hessel face à ce bloc de froideur et d'impudeur. Dans vos paroles, on entendait votre cœur battre très fort», j'ai d'abord pensé avec une infinie tristesse à cette phrase du poète Bernard Delvaille: «Je n'ai jamais hué personne», et je me suis dit que ce qui se joue dans l'affaire Fillon ce ne sont pas les infractions qu'il a pu commettre. On déteste en lui non les médiocres magouilles ni l'argent qu'il a amassé (Macron s'est enrichi beaucoup plus et beaucoup plus vite), mais le côté vieille France. Nos sociétés se partagent désormais entre planétaires et sédentaires, globaux et locaux, hors sol et autochtones, ouverts à toutes les innovations et attachés aux traditions. Du fait même de leur mode d'être et d'agir, la majorité des journalistes appartiennent à la première catégorie et Fillon, aussi geek, aussi connecté qu'il se veuille, représente à leurs yeux le monde d'avant. C'est à ce monde qu'à travers lui ils ont le sentiment de donner tous ensemble le coup de grâce.

«Emmanuel Macron ne conçoit pas la France comme une nation, il la voit ­comme un open space»

Quels sont, selon vous, les contours politiques et intellectuels d'En marche?

Si aujourd'hui vous avez le malheur de dire que dans tel ou tel domaine la situation empire, les choses se dégradent, le journaliste qui vous questionne vous regarde interloqué et s'exclame: «Vous n'allez tout de même pas prétendre que c'était mieux avant!» C'était mieux avant est la phrase que la doxa vous interdit de prononcer sous peine de passer pour le dernier des cons. Pangloss mène la danse et persécute la nostalgie. Macron est le candidat de Pangloss. À l'heure où la langue française dépérit, où la nation se disloque, où l'école s'effondre, où la production animale remplace l'élevage fermier et fait disparaître veaux, vaches, cochons, couvées, il explique doctement que le vieux clivage droite-gauche doit être remplacé par l'opposition des progressistes et des conservateurs. Et qu'est-ce que le progrès pour Emmanuel Macron? C'est d'abord de ne jamais oublier de dire «celles et ceux» quand il désigne une pluralité d'individus, c'est ensuite la dissolution de toute permanence, la liquidation de tout ce qui est solide, la libération de tous les flux. Les flux contre l'identité, la circulation contre l'héritage, l'avenir ubérisé contre l'expérience partagée, la diversité et la mobilité contre l'idée même d'une culture française et d'un art français: avec ses «helpers», ses «coworkers» et son «pôle event», Emmanuel Macron ne conçoit pas la France comme une nation, il la voit comme un open space.

Mais il n'est pas seul en cause. J'ai été frappé par l'indigence du premier débat présidentiel sur la question éducative. Aucun candidat n'a pris la mesure du désastre. François Fillon a certes insisté sur la nécessité de revenir «aux fondamentaux», mais ce mot, «fondamentaux», est un éteignoir bureaucratique. Il faut nommer les choses pour prendre conscience de leur disparition. Ce qui est réduit à la portion congrue par la propagande inepte des enseignements pratiques interdisciplinaires, c'est l'apprentissage de la langue, de la syntaxe, de l'orthographe, de la littérature. «Il y a un abîme pour une culture, pour une histoire, pour une vie passée dans l'histoire de l'humanité, entre figurer à son rang linéaire dans la mémoire et dans l'enseignement de quelques savants et s'incorporer, au contraire, par des études secondaires, par des humanités dans tout le corps pensant et vivant, dans tout le corps sentant de tout un peuple», écrivait autrefois Péguy. Maintenant, ce sont des spécialistes, ce sont des chercheurs, ce sont des surdiplômés qui veulent «travailler en profondeur sur comment développer le vivre-ensemble». Y a-t-il tâche intellectuelle et politique plus urgente que de repenser de fond en comble l'école qui a produit ça?

«Si on abandonne toujours davantage la défense de la laïcité, de la République, de la culture, de la langue à Marine Le Pen, on ne fait que le renforcer et rendre à terme sa victoire inéluctable»

Ne pensez-vous pas, néanmoins, qu'Emmanuel Macron est le mieux placé pour battre Marine Le Pen?

Faire barrage au Front National: tel est, en effet, l'argument massue que l'on oppose aujourd'hui à tout effort de réflexion.Vous dénoncez les méfaits de la vision purement économique du monde? Vous tenez au respect de la laïcité? Vous croyez aux vertus du modèle français d'intégration? Vous n'avez aucune envie de voir la discrimination positive aggraver encore la fracture de notre nation en nourrissant l'amertume de ceux qui se sentiront nécessairement lésés par sa mise en œuvre? Vous pensez avec Anne-Marie Le Pourhiet qu'une «société qui remplace la méritocratie républicaine par la médiocratie sociale et instaure un système où les catégories ethno-raciales et sexuelles se partagent le gâteau, se met en péril et menace gravement la paix civile»? Surmontez votre inquiétude. Ravalez vos réticences. Ne pensez pas à ce qui se passe mais à ce qui s'est passé et votez comme un seul homme contre le péril brun. Ce chantage abêtissant est d'autant plus insupportable que si, pour mieux combattre la préférence nationale, on abandonne toujours davantage la défense de la laïcité, de la République, de la culture, de la langue et de la continuité françaises au parti de Marine Le Pen, on ne fait que le renforcer et rendre à terme sa victoire inéluctable.

On invoque beaucoup Trump et la notion de post-vérité, dans cette campagne. Notamment vis-à-vis de François Fillon et de ses accusations contre le cabinet noir de l'Élysée. La France est-elle en voie de «trumpisation»?

«La certitude que tous nos malheurs nous viennent du prochain, que de tout, il y a responsabilité, le droit d'accuser et de juger, la civilisation, c'est peut-être cela: un monde qui a un sens», a écrit Emmanuel Lévinas. Mais qu'advient-il à la civilisation quand deux corporations se soustraient à l'obligation de rendre des comptes? Des juges et des journalistes peuvent saccager des vies, il ne leur arrive rien, ils ne répondent de rien, et si l'on s'avise de s'interroger sur leurs pratiques, on tombe dans la trumpisation. Un nouveau syllogisme est à l'œuvre: Trump critique les médias, Trump critique les magistrats ; critiquer les médias et les magistrats, c'est donc se ranger sous la bannière du mégalomane infantile qui met la planète en danger. C'est trop facile. Et pour ma part, je ne vois rien de trumpiste dans la volonté de connaître l'origine des fuites qui ont  déclenché l'affaire Fillon. Une telle information ne peut en aucun cas lui servir d'excuse, mais, comme dit Edwy Plenel, nous avons le droit de savoir. La démocratie ne saurait s'accommoder d'une investigation à géométrie variable. Cessons donc de dénoncer le complotisme pour justifier l'incuriosité et laissons Trump là où il est. Imaginez, en effet, qu'il émette demain un jugement négatif sur Staline ou Pol Pot. Faudra-t-il, pour montrer de quel bois on se chauffe, envisager leur réhabilitation?

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À Marseille, Christian Estrosi reçoit Emmanuel Macron

Par Arthur Berdah et Judith Waintraub

Publié le 01/04/2017 <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<

VIDÉOS - Le leader d'En Marche! a loué «l'estime réciproque, voire l'amitié» qui le lie au président LR de la région Paca. Ce dernier «devrait faire attention à ce qu'il dit», estime François Fillon.

De nos envoyés spéciaux à Marseille et Bastia

Le secret avait été bien gardé. Alors qu'Emmanuel Macron, en visite à Marseille ce samedi, était censé se contenter d'un meeting au Parc Chanot, il a finalement donné un tout autre relief à sa visite dans la cité phocéenne. Le leader d'En Marche! a en effet rencontré le président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca), Christian Estrosi, dans les locaux de l'Hôtel de région. La rencontre, révélée vendredi soir par BFMTV, a été proposée par l'ancien ministre de l'Économie, et a immédiatement été acceptée par l'ex-député-maire de Nice. Elle s'est tenue en tête-à-tête samedi matin, et a duré un peu plus d'une demi-heure, dans une ambiance «courtoise et républicaine», selon un proche d'Emmanuel Macron.

» EN DIRECT - Le fil politique du week-end

«Je crois que les républicains se reconnaissent à cela, à savoir : où sont les vrais dangers pour la République, et où sont les vrais ennemis»

Emmanuel Macron

«Je considère que c'était tout à fait normal et naturel de rendre cette visite de courtoisie. Je n'oublie pas le combat qui a été livré aux dernières régionales par Christian Estrosi - avec l'esprit de responsabilité qu'a eu Christophe Castaner dans cette bataille, et qui, comme vous le savez est un de mes soutiens de la première heure», a insisté le leader d'En Marche! auprès de La Provence, rappelant que le député-maire PS de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) s'était à l'époque retiré pour faire barrage au Front national. «Je crois que les républicains se reconnaissent à cela, à savoir: où sont les vrais dangers pour la République, et où sont les vrais ennemis. Il y en a qui parfois le perdent de vue dans la période que nous vivons, nous non», s'est-il encore félicité, louant «l'estime réciproque, voire l'amitié» qui le lie à Christian Estrosi.

 

Faut-il y voir le signe d'un prochain ralliement, alors que l'ancien maire de Nice a été hué en marge du meeting de François Fillon, vendredi soir à Toulon? Non, à en croire l'intéressé. «Quels sont les républicains qui auraient pu comprendre que je ne reçoive pas, à l'occasion de sa visite à Marseille, Emmanuel Macron? (…) Moi je considère que les républicains de cette région, de tous bords, n'auraient pas compris que je ne le reçoive pas», s'est-il défendu auprès de La Provence. «Nous avons toujours eu des relations de respect et d'amitié parce que, au-delà des clivages politiques, cela existe aussi entre responsables publiques soucieux de l'intérêt général de la France», a-t-il encore évacué auprès du quotidien.

Fillon incrédule puis offensif

Depuis la Corse, François Fillon n'a pas été tendre en apprenant l'existence de cette rencontre. Un «non?» incrédule, suivi d'un éclat de rire: c'est ainsi que le candidat LR a réagi. C'était à l'aéroport de Marseille, à 08h30. Le candidat, qui ne «regarde plus» la télévision, n'avait pas non plus pris le temps de consulter son téléphone, puisque que ce sont des journalistes qui lui ont appris la nouvelle.

Revenant sur les huées et les sifflets qui avaient couvert le discours du président de Paca au meeting de Toulon, le candidat a lâché: «Estrosi devrait faire attention à ce qu'il dit». Les supporters de Fillon ne lui ont pas pardonné d'avoir souhaité son retrait.

Lundi de Pâques, François Fillon doit tenir un meeting à Nice, la ville dont Chrisitian Estrosi a longtemps été maire. «Ce sera dur pour lui!», a prédit le candidat. Interrogé vendredi par Corse-Matin sur les «pas de coté» de certains élus à son égard, il a répondu: «Je pardonne tout cela dans la mesure où ce qui compte, c'est de gagner». Il parlait surtout de Laurent Marcangeli, maire d'Ajaccio et ex-juppéiste. Christian Estrosi, lui, souhaite-t-il être «pardonné»? C'est toute la question.

Il n'en demeure pas moins que la présence de ce sarkozyste au côté d'Emmanuel Macron devrait défrayer la chronique. Surtout à l'heure où ce dernier cherche à se défaire de l'image d'héritier de François Hollande.

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Hamon Benoît ....Les fréquentations nauséabondes ... à Bézier , fief de Ménard ...

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...la République par Medhi Roland ....

 

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Jean-Pierre Jouyet, l'autre ami de Macron à l'Elysée ...

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Par Anne Fulda
 Publié le 31/03/2017 à 09h00

Le secrétaire général de la Présidence a contribué plus que tout autre à placer Emmanuel Macron sur orbite. Dans un livre à paraître cette semaine, Anne Fulda décrit la relation complexe qui lie ces deux hommes. En voici des extraits exclusifs... Et instructifs !

«Lorsque nous le rencontrons en ce jour de janvier 2017, alors que la veille Le Canard enchaîné vient de consacrer un article qui a mis le feu aux poudres du camp Fillon(«Pour Fillon Pénélope est un bon filon»), Jean-Pierre Jouyet se révèle d'humeur badine. «Il y a de l'actualité, c'est fou ce qui se passe en ce moment», dit-il d'un air gourmand. Il reçoit à déjeuner au premier étage du palais présidentiel, dans un petit salon tristounet où trônent une photo de François Hollande et quelques décorations florales flottantes déprimantes. Au menu, maquereau aux petits aromates, lotte rôtie, purée de légumes et Finger caramel ivoire.

Emmanuel, il le connaît bien. Très bien même. Il a été de tout temps, hormis une petite période de glaciation après sa démission du gouvernement, l'un de ses plus fervents soutiens. Il l'a poussé au côté de François Hollande et a encouragé le Président son ami à le faire travailler pour lui (comme secrétaire général adjoint de l'Elysée, ndlr). L'a présenté à beaucoup de monde, notamment lors des fameux dîners organisés à la bonne franquette dans son appartement du XVIe arrondissement de Paris, tout près de Saint-Jean-de-Passy, où ont défilé François Hollande et Valérie, puis Hollande et Julie, mais aussi Serge Weinberg, Charles-Henri Filippi, Alexandre Bompard, Martin Hirsch et tant d'autres.

«Il y avait trois-quatre personnes qui m'avaient sauté aux yeux, que j'avais trouvées extrêmement brillantes : Alexandre Bompard, Marguerite Bérard, Sébastien Proto et Emmanuel Macron.»

Jean-Pierre Jouyet

«Emmanuel», Jouyet l'a repéré depuis quelque temps déjà et l'ancien ministre de l'Economie lui doit probablement autant qu'à Jacques Attali dans sa promotion éclair. Jouyet fait la connaissance du jeune Macron alors que lui-même est à la tête de la puissante administration, chef du service de l'Inspection générale des finances. Le cœur du réacteur du pouvoir. (...) En être ou pas, pour ces fonctionnaires d'élite, là est la question. On est en tout cas bien loin des aspirations littéraires et philosophiques du jeune Macron qui rêvait d'être écrivain. Jean-Pierre Jouyet se souvient: «Il y avait trois-quatre personnes qui m'avaient sauté aux yeux, que j'avais trouvées extrêmement brillantes: Alexandre Bompard, Marguerite Bérard, Sébastien Proto et Emmanuel Macron.» Des jeunes gens, beaux, à la tête bien faite, qui ont consacré des heures et des heures de travail afin d'assouvir leur ambition et qui se sont tous, cursus traditionnel en France, servi de la fonction publique et d'un passage en cabinet ministériel pour dynamiser une carrière dans le secteur privé. (…) Emmanuel Macron le «littéraire», l'admirateur de Paul Ricœur, ne dépare pas dans cet univers, si ce n'est qu'il a, relève Jouyet, «un caractère amical, original, allant toujours vite, intellectuel aussi avec des goûts extrêmement variés», sans parler de sa fameuse «empathie».

Jean-Pierre Jouyet qui, comme chef du service de l'Inspection distribue des rapports aux jeunes inspecteurs avec lesquels il travaille en liaison étroite («Tu reçois leurs rapports, tu les corriges, ils viennent te voir pour, ce que j'aime, avoir tes conseils sur la suite de leurs carrières»), fait de cette manière la connaissance d'Emmanuel Macron, avec lequel il s'entend tout de suite très bien. Il le choisit donc comme chargé de mission. «Un poste toujours dévolu à un jeune qui travaille de manière très proche avec le chef.» Nous sommes en 2007. Les deux hommes s'entendent à merveille. Emmanuel invite l'ancien directeur de cabinet adjoint de Lionel Jospin à son mariage (mais il ne peut s'y rendre). Ils parlent politique, littérature, mais partagent aussi un goût commun pour la variété. L'un et l'autre aimant la bonne vieille chanson française.

«On ne le souligne pas assez, Emmanuel est un bon vivant, il mange bien, il boit bien.»

Jean-Pierre Jouyet

Jouyet a écrit un livre, Nous les avons tant aimés (Laffont), où il dresse les portraits en chansons de toute une génération politique, la sienne. Macron a des goûts de vieux en la matière. Il aime Léo Ferré (comme Hollande), Brassens mais aussi Claude François. Et il leur arrive, lors de séminaires à l'Inspection, d'entonner des refrains ensemble. «On ne le souligne pas assez, relève Jouyet, Emmanuel est un bon vivant, il mange bien, il boit bien.» Sous-entendu, il n'est pas comme un autre banquier d'affaires, qui a écrit avant lui un livre titré Révolutions (Plon) et a aussi tâté de la politique: Matthieu Pigasse, le directeur de Lazard France, qui surveille sa ligne au haricot près en écoutant du rock alternatif… «Emmanuel est quelqu'un qui faisait les choses sérieusement sans se prendre au sérieux», résume-t-il.

Il arrive donc que ces deux-là se retrouvent autour d'un verre de whisky, voire sur un terrain de foot où, selon Jean-Pierre Jouyet, celui qui n'est pas encore candidat à la présidentielle«ne fait pas du foot de jeune fille». Tout comme au tennis où «il ne donne pas sa part au chat non plus. Il est battant», assure le mentor. Bref, les deux hommes tissent des liens étroits. Quand Jean-Pierre perd sa mère, Macron, qui a lui-même été affecté par la mort de sa grand-mère à peu près à la même époque, lui envoie «un très beau livre de Roland Barthes sur le souvenir et la mort». Les deux hommes discutent aussi religion et sont proches par le réseau invisible liant ceux qui ont fréquenté les écoles privées catholiques. «C'était un autre truc qui nous rapprochait, le côté chrétien. Avec sa femme aussi», reconnaît Jouyet. Dans la grande famille recomposée Jouyet-Taittinger, certains enfants ne sont-ils pas élèves de Franklin où enseigne Brigitte Macron et où elle est très populaire?

«C'est à partir de [...] 2010, dans le cadre de la campagne des primaires citoyennes de gauche, [...] que Macron prend sa place dans l'univers de François Hollande»

Anne Fulda

La politique? Ils en parlent, bien sûr, mais quand il est encore à l'Inspection, l'ancien directeur du Trésor ne perçoit pas d'ambition farouche chez son protégé. Ou alors il la cache bien. En 2009, alors que le jeune Macron est plus proche de Laurent Fabius et pense se présenter dans les Hautes-Pyrénées (le département de sa grand-mère), Jouyet attire l'attention de son protégé lorsqu'il le voit à un dîner chez Serge Weinberg: «Je lui ai dit: “Fabius ne sera pas candidat. Tu sais, il y a un type que tu devrais regarder quand même, parce qu'il a des chances, c'est François Hollande.”»

Toujours prêt à rendre service et à huiler les rouages, Jean-Pierre en parle à «François» et organise un dîner chez lui où Macron vient avec sa femme, Brigitte. Sont également présents, croit se souvenir Jouyet, Alexandre Bompard, Charles-Henri Filippi. En réalité, les deux hommes se sont déjà croisés une fois chez Jacques Attali, lors d'un dîner au domicile de l'ancien conseiller de François Mitterrand, à Neuilly, en 2008. Mais c'est à partir de cette époque, en 2010, dans le cadre de la campagne des primaires citoyennes de gauche, et grâce au coup de pouce de Jean-Pierre Jouyet, que Macron prend sa place dans l'univers de François Hollande. Il anime un petit groupe d'économistes se réunissant régulièrement à La Rotonde (...) Comme le relate Marc Endeweld dans L'Ambigu Monsieur Macron,le jeune inspecteur des finances devenu banquier chez Rothschild fait également partie de ceux qui vont rassurer les investisseurs internationaux après le fameux discours de François Hollande du Bourget, le 22 janvier 2012, où le candidat socialiste désigne la finance comme son «véritable adversaire». Il se rend notamment à Londres pour apaiser les financiers et leur expliquer que la taxe à 75 % sur les revenus supérieurs à un million d'euros annoncée, «risquée du point de vue économique», pourrait être «indolore» grâce à des niches.

Les Jouyet ont dormi en décembre 2016 chez les Macron au Touquet

Mais tout ça, c'était avant. Avant que François Hollande soit le vainqueur de 2012. Au lendemain de l'élection, Jouyet vient rue Cauchy, dans l'appartement du XVe arrondissement qu'habite le nouvel élu avec Valérie Trierweiler, pour discuter de l'organigramme de l'Elysée avec le futur secrétaire général, Pierre-René Lemas. Evidemment, Jouyet dit à «François»: «Pour l'Economie, il faut absolument que tu prennes Emmanuel.» François était d'accord. Grâce à son appui, le jeune Macron au sourire d'ange entre donc dans la bergerie. Par la suite, Jouyet militera avec Manuel Valls pour que son protégé devienne ministre du Budget du gouvernement Valls 1 (ce que Hollande refusera), puis, suite au départ d'Arnaud Montebourg, pour qu'il soit désigné ministre de l'Economie du gouvernement Valls 2. Il n'est qu'à se souvenir du sourire du secrétaire général de l'Elysée, sur le perron du palais présidentiel, en lisant le nom de son dauphin à cette fonction éminente pour le savoir sincèrement content de cette nomination.

- Crédits photo : DR

Evidemment, quand aujourd'hui il se remémore ces appuis, ces coups de pouce, Jouyet a forcément un petit pincement au cœur. Mais il est sentimental, Jean-Pierre. Un gentil. Après la distance imposée, dans un premier temps, par le départ du gouvernement d'Emmanuel Macron, en août 2016, il a renoué les liens avec son protégé. Et, alors que sa fille qui détestait jusqu'alors la politique s'est rendue à un meeting de Macron et en est revenue conquise (elle lui a dit: «Papa, j'ai pleuré»), sa femme et lui sont allés dormir dans la maison du Touquet d'Emmanuel et Brigitte, en décembre 2016, alors qu'ils avaient un mariage dans la région. Un mois après la déclaration de candidature à la présidentielle de l'ancien ministre.

...2017 ... première pour un Président en exercice ...

«Je crois qu'on a été amis», dit Jean-Pierre Jouyet, avant de se reprendre: «Je crois qu'on est amis.» Mais quand certains lui ont déclaré: «Jean-Pierre, tu t'es fait avoir comme un bleu!» il n'a pas protesté. A souri un peu tristement. Tellement sentimental, Jean-Pierre Jouyet, on ne le refera pas.»

Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait, par Anne Fulda. Plon, 205 p. 17,90 €. A paraître le 6 avril.

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Charles Millon ou la revanche d’un réactionnaire

Philipe Ridet le 17 mars 2017 <<<<<<<<<<<<<<LeMonde<<<<<<<<<<<<<<<<<<

L’ex-ministre de la défense de Jacques Chirac, qui avait été soutenu par le Front national en 1998, affirme avoir rejoint l’équipe de campagne de François Fillon.

Finalement, il lui a suffi d’attendre vingt ans. Comme pour les phénomènes de mode d’une saison, il a fallu une génération à Charles Millon, 71 ans, ancien ministre de la défense de Jacques Chirac (1995-1997) pour se retrouver au goût du jour. Un goût un peu nostalgique, voire carrément réactionnaire, qui imprègne la campagne de François Fillon.

Partisan du rapprochement entre la droite classique et le Front national époque Jean-Marie, il avait payé cash son incursion au-delà de la frontière qui les sépare encore. En 1998, pour garder la présidence de la région Rhône-Alpes qu’il dirige depuis dix ans, il reçoit – « sans l’avoir négocié », dit-il – le soutien du FN, auquel il offre des vice-présidences, dont celle de la culture. Exclu de l’UDF, il voit son élection invalidée et doit céder son fauteuil de président à Anne-Marie Comparini, sa colistière.

Une longue traversée du désert

Commence alors une longue traversée du désert. Tricard, infréquentable, il disparaît de la vie politique, abandonne sa mairie de Belley, dans l’Ain, et tente de gagner celle de Lyon, qui lui paraissait promise. En vain. Il essaie de se relancer en fondant La Droite, un parti qui affiche clairement sa ligne. Un échec. On le retrouve, amer et désabusé, en 2003 à Rome, où le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin l’a nommé « ambassadeur » auprès de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. « Si j’avais su quelles seraient les conséquences, je ne referais pas la même chose », dit-il aujourd’hui. Consolation : ses idées triomphent à droite. « Les thèmes de l’enracinement, du respect de la vie, de la responsabilité de la personne, de la famille sont devenus tendance. »

 

À la tête d’une association baptisée Ensemble pour la France, Charles Millon a intégré l’équipe afin de mobiliser la France des diversités.

Mais la polémique provoquée par l’annonce, dimanche 12 mars, de l’arrivée de Charles Millon dans le volet société civile de l’équipe de campagne de François Fillon prouve que l’homme de la réunion des droites reste un épouvantail. Le candidat Les Républicains a mollement démenti ; Millon, lui, a fièrement confirmé sa présence dans le staff, bien décidé à ne plus faire profil bas. C’est cet homme que Fillon rencontre régulièrement. À la tête d’une association baptisée Ensemble pour la France, Millon a intégré l’équipe afin de mobiliser la France des diversités. « Des Français issus de l’immigration qui ont le sentiment d’appartenir à la communauté nationale, mais qui veulent aussi protéger leurs traditions », explique-t-il.

Un clin d’œil à la droite catholique et traditionnelle

Les deux hommes se connaissent depuis plus de trente ans. Ils se sont croisés au début des années 1980 au sein du Cercle (Centre d’études et de recherches constitutionnelles, législatives et économiques), qui regroupe de jeunes élus de droite prêts à ferrailler avec le pouvoir socialiste. Ils se retrouvent en 1989 dans l’aventure des Rénovateurs, ces quadras impatients qui voulaient se débarrasser de Jacques Chirac. « Le soir où Fillon a remporté la primaire de la droite et du centre, c’était le plus enthousiaste », se souvient un des participants à la soirée de victoire du candidat. Samedi 4 mars, Charles Millon assistait au meeting de François Fillon à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) avec des petits patrons ; le lendemain, il était au premier rang du rassemblement de la place du Trocadéro, à Paris.

En enrôlant Charles Millon sous sa bannière, le député de Paris fait un énorme clin d’œil à la droite catholique et traditionnelle, qui le soutient toujours après le départ des juppéistes. Cette « droite Trocadéro », comme on l’appelle désormais sur les plateaux télé. Car s’il reste sulfureux pour beaucoup, Charles Millon évolue comme un poisson dans l’eau dans cette mouvance où il passe à la fois pour un héros, un martyr et un précurseur. Chantre du personnalisme – une doctrine qui oppose la personne à l’individu, développée dans les années 1930 autour du philosophe Emmanuel Mounier et de la revue Esprit –, l’ex-ministre de la défense retrouve au sein de l’équipe du candidat LR les représentants de Sens commun, la branche politique de La Manif pour tous. Sa famille d’accueil après avoir rompu avec sa famille politique.

« Millon a été prémonitoire. Il a eu raison de vouloir casser le faux antagonisme entre droite classique et Front national. » Jacques de Guillebon, éditorialiste à « La Nef »

« On se connaît tous, se réjouit-il. Cette jeunesse est davantage tournée vers les valeurs que ne l’était ma génération. » « C’est notre vieil oncle réac », s’amuse Eugénie Bastié, journaliste au Figaro, elle-même proche de La Manif pour tous. Que ce soit au travers du Cercle Charles Péguy ou du mouvement anti-mariage gay, Les Veilleurs, au détour d’une collaboration à la revue d’écologie intégrale Limite ou dans le mensuel anti-libéral et antilibertaire La Nef, l’ancien président de région n’a jamais cessé d’être une référence au sein de la droite tradi dont son épouse, la philosophe Chantal Delsol, est une des théoriciennes les plus appréciées. « Ce sont des courants non sectaires et profonds », s’enthousiasme Millon au mépris des apparences, en traçant le portrait de sa France idéale et réconciliée, ni mondialisée, ni étatiste, ni communautariste, dans laquelle on reconnaît un peu de la Suisse, de la Bavière et de l’Italie du Nord…

« Millon a été prémonitoire. Il a eu raison de vouloir casser le faux antagonisme entre droite classique et Front national, explique Jacques de Guillebon, éditorialiste à La Nef. Mais c’est le Front qui est aujourd’hui en position de force. Je ne sais pas si Fillon aura le courage d’aborder cette problématique, mais Millon peut l’y aider. » « Il veut accompagner les nouvelles générations pour faire les bons choix, avance l’homme d’affaires Charles Beigbeder, qui se dit « prêt à voter FN » et avec qui Millon a fondé le réseau L’Avant-Garde pour accompagner des initiatives sur le terrain (écoles hors contrat, associations culturelles, etc.). C’est un homme de convictions et qui n’a jamais varié. » On ne sait s’il faut s’en féliciter.

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Francois Fillon accélère la crise du système

Par Ivan Rioufol
Publié le 09/03/2017 à 16h35  >>>>>>>>>>le Fig>>>>>>>>>>>>>>>>

CHRONIQUE - Le Système, cet entre-soi des puissants et de leurs valets, s'asphyxie. Il ânonne, derrière François Hollande et Bernard Cazeneuve, qu'il lui faut battre absolument Marine Le Pen, sans s'alarmer sur lui-même.

Panique au sommet! Le Système ne fonctionne plus. La coalition des politiques et des médias perd de son emprise sur les Français. Même les barons de la droite ne sont plus maîtres chez les Républicains. Ils avaient décidé, en fin de semaine, de remplacer François Fillon par Alain Juppé, voire François Baroin. Pour eux, l'affaire était entendue puisque le parquet national financier et les commentateurs avaient baissé le pouce ; coupable ou pas d'«emploi fictif», il fallait que le candidat à la présidentielle cède la place.

«Cette victoire de la société civile contre le despotisme d'élites peu éclairées dit ce que sera la nouvelle révolution française»

Oui, mais non: les électeurs ont fait savoir, en répondant massivement à l'appel de l'homme traqué, dimanche place du Trocadéro, qu'ils ne se laisseraient pas voler leur primaire. Lundi, les putschistes ont admis leur défaite. «Le débat est clos», a annoncé Gérard Larcher, président du Sénat, comploteur parmi d'autres. Cette victoire de la société civile contre le despotisme d'élites peu éclairées dit ce que sera la nouvelle révolution française.

Le spectacle donné par les Républicains n'a pu qu'accentuer le dégoût que disent avoir les sondés pour la politique. C'est ce mot, le dégoût, que Fillon a fait sien, dimanche, pour juger l'attitude des traîtres et des lâches. En dénonçant, chez ceux de son camp, «la fuite en canard (…), la désertion assumée, sans honte et aussi sans orgueil», il s'est habilement mis en marge de ce monde décadent. Des opportunistes ont été vus sautillant d'un «plan B» à un autre avant de revenir en dévoués. Pour autant, les socialistes ne se montrent pas plus respectables: nombre de ceux qui reprochent à Fillon de ne pas tenir son engagement à se retirer, en cas de mise en examen, trahissent aussi leur promesse en se désolidarisant du vainqueur des primaires, Benoît Hamon, pour rejoindre Emmanuel Macron. Ce dernier, qui aimerait symboliser la politique de demain, attire à lui les vieux acteurs comme autant de boulets.

«La prise en otage du processus électoral par le parquet national financier, qui a des liens avec l'Élysée, et par une poignée de juges militants, a tout d'un coup de force»

Seuls les Français peuvent sauver la démocratie, malade de partis éloignés des gens, de journalistes perroquets, de magistrats indifférents à la séparation des pouvoirs. Un risque totalitaire existe quand les gardes-chiourmes veulent interdire les moindres critiques contre la presse, la justice, l'immigration, l'islam, etc. La prise en otage du processus électoral par le parquet national financier, qui a des liens avec l'Élysée, et par une poignée de juges militants, a tout d'un coup de force. Marine Le Pen, également ciblée, parle de «fumet de persécution» («fumus persecutionis»). Contre Fillon, se déploie un «procès stalinien», dénoncé en ces termes par Jean-Éric Schoettl, ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel (Le Monde, 3 mars). La tentation de son limogeage s'inscrit dans ce registre. Anne Hidalgo, maire de Paris, a même espéré annuler le rassemblement du Trocadéro, vu comme «un acte grave de faillite morale et politique». L'élue n'a jamais eu ces répulsions face aux gauchistes sectaires de Nuit debout.

Le Système, cet entre-soi des puissants et de leurs valets, s'asphyxie. Il ânonne, derrière François Hollande et Bernard Cazeneuve, qu'il lui faut battre absolument Marine Le Pen, sans s'alarmer sur lui-même. Résultat, elle rencontre l'adhésion d'un Français sur trois. Les accusations d'emplois fictifs n'enrayent pas sa dynamique. Mais la gauche institutionnelle reste incohérente quand elle persiste à mettre en garde contre le «populisme», cette aspiration des citoyens à être entendus. La droite officielle s'enferme dans le même piège en feignant d'ignorer le projet libéral-conservateur qui a porté Fillon aux primaires. Les hiérarques LR qui ont cru possible de remplacer le défenseur de l'assimilation par Juppé, qui porte un projet opposé, ont démontré leur incompréhension du malaise identitaire. Le maire de Bordeaux a bien fait, lundi, de se retirer de ce jeu pipé et grotesque.

Réticence à franchir le Rubicon

«Pourtant, persiste chez Fillon une réticence à franchir le Rubicon, afin de rompre avec ses faux amis. Tous veulent l'instrumentaliser encore et le détourner du peuple en colère»

Fillon peut au moins s'enorgueillir de s'être mis à dos toute la machine politico-médiatique, détestée par une bonne partie de l'opinion. Un bon signe pour lui. D'autant que la meute n'est mobilisée, Canard enchaîné en tête, que pour obtenir le retrait de l'entêté et de son programme. Aux États-Unis, un même front s'était ligué contre Donald Trump, pour son plus grand profit. Certes, le pudique Français est aux antipodes de l'exubérant l'Américain. Dimanche, Fillon s'est d'ailleurs employé à éviter les attaques frontales dans lesquelles se serait jetée la bête noire du politiquement correct. Pour autant, la crise de régime atteint une telle intensité que les coups qui partent des agonisants ont de plus en plus de mal à atteindre leurs cibles. Le salut de Fillon ne peut être que dans le positionnement antisystème, que revendiquent aussi Le Pen et Macron. Gagnera celui qui sera le plus en adéquation avec les électeurs frustrés.

Pourtant, persiste chez Fillon une réticence à franchir le Rubicon, afin de rompre avec ses faux frères, faux amis, faux alliés, faux témoins. Tous veulent l'instrumentaliser encore et le détourner du peuple en colère. Quand Juppé estime que la manifestation du Trocadéro a «montré que le noyau des militants et des sympathisants LR s'est radicalisé», il ne cache rien de la répugnance que lui inspire une foule qui brandit calmement des drapeaux tricolores et applaudit un homme qui lui parle de la France. Entendre Jean-Pierre Raffarin conseiller au candidat d'«écarter le risque de proximité avec le FN», confirme l'incapacité des «humanistes» à aborder les problèmes centraux liés à l'immigration de peuplement et à l'islam radical. Or Fillon n'est pas clair lorsqu'il déclare, lundi à Orléans: «Je ne me soumets pas», avant d'inviter les fuyards centristes de l'UDI à le rejoindre en échange de circonscriptions. Ne voit-il pas que cette tambouille est indigeste?

Ponts avec le FN

Fillon a tout à perdre à participer à l'hystérie anti-Le Pen qui se met en place. Elle est destinée à faire oublier la menace Macron, qui peut accéder au second tour.«Ma principale adversaire, c'est Madame Le Pen, qui s'approche du pouvoir», a déclaré Fillon, dimanche sur France 2, dans un propos bien peigné.

Il ne peut pourtant ignorer qu'une partie de son électorat cousine avec celui du FN sur les questions sociétales. Dynamiter ces ponts jetés serait irrationnel.

Risques économiques

Oui, Macron est le danger pour Fillon. Ce dernier peut néanmoins espérer affronter Le Pen au second tour. Il sera alors temps de faire valoir les risques, réels, du programme économique du FN.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 10/03/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

 

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Éric Zemmour: «Pierre, Jacques, Alain, Bernard et Daniel, embarrassants soutiens d'Emmanuel Macron»

ar Eric Zemmour Publié le 03/02/2017

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CHRONIQUE - Les Attali, Minc, Bergé, Kouchner, ou encore Tapie ou Cohn-Bendit qui soutiennent Macron aujourd'hui incarnent un petit morceau de la vraie croix d'une gauche qui a imposé ses valeurs depuis quarante ans.

Ils l'aiment. C'est beau comme ils l'aiment. Ils lui déclarent leur flamme, le trouvent beau, jeune, intelligent, moderne, humaniste. Et plus encore. Leurs patronymes incarnent les années Mitterrand, mais la plupart ont été très proches de Sarkozy aussi.

Ils s'appellent Attali, Minc, Bergé, Kouchner, ou encore Tapie ou Cohn-Bendit. Macron est leur chouchou, Macron est leur chéri, Macron est leur candidat. Macron ne leur demande rien comme ils ne lui demandent rien. Ni poste ni circonscription: ils sont au-dessus de ça!

Ils sont au-dessus de tout. Ils incarnent, avec un éclat souvent hautain, l'establishment. Les «élites mondialisées», comme disait naguère Jean-Pierre Chevènement. Le «système», comme dit Marine Le Pen. Les «belles personnes», comme dit Mélenchon.

Chacun incarne un petit morceau de la vraie croix d'une gauche qui a imposé ses valeurs depuis quarante ans. Minc, c'est «la mondialisation heureuse» ; Bergé, c'est «le Mariage pour tous» ; Attali, c'est entre autres, la guerre aux rentes et l'ubérisation de la société ; Kouchner, l'ingérence humanitaire ; Tapie, le capitalisme débridé des années 80 et la politique de la ville ; Cohn-Bendit, l'héritage libéral-libertaire de Mai 68. Tous sont pour l'Europe, le libre-échange, le multiculturalisme. Tous sont probusiness et promigrants. Anti-Brexit et anti-Trump.

Macron a raison de se dire et de droite et de gauche : il est le candidat de la gauche qui se veut libérale et de la droite qui se veut moderne

Depuis le début de sa campagne, Emmanuel Macron ne dit pas grand-chose. Ne propose rien de précis. Reste dans une ambiguïté protectrice. Incarne la nouveauté, la modernité, le changement.

Parfois, il laisse échapper un mot, un signe, un geste qui le révèle, comme son discours fait en anglais devant un parterre allemand. Ses soutiens parlent pour lui. L'éclairent malgré lui. Lui donnent une épaisseur idéologique, historique, politique. Sociologique aussi.

On sait aussitôt d'où il vient et où il va. On détermine «d'où il parle», selon le vieux langage marxiste. Il est le candidat de l'establishment de gauche. Le candidat de la mondialisation, de l'Europe, du multiculturalisme.

Il a raison de se dire et de droite et de gauche: il est le candidat de la gauche qui se veut libérale et de la droite qui se veut moderne. Plus encore que les élus centristes qui l'ont soutenu, et leurs collègues socialistes qui, écœurés par la victoire d'Hamon sur Valls, le rejoindront, ces quelques noms prestigieux fixent la candidature Macron dans sa «pureté de cristal».

Déjà, Ségolène Royal le couve du regard de Chimène, tendresse qui annonce le ralliement ultime de François Hollande. Avec des amis comme ça, Macron n'a pas besoin d'ennemis.

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Natacha Polony: «Politiques en panne de décence»

Par Natacha Polony
Publié le 03/02/2017

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CHRONIQUE - La colère populaire que provoque l'affaire Fillon est la même que celle qui a aboli les privilèges de l'Ancien Régime. Pour l'essayiste, la mécanique est lancée et nul ne peut dire où s'arrêtera cette interminable nuit du 4 août 1789.

 

Natacha Polony
Natacha Polony - Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

La République française est un paysage dévasté. Celui que laisse la nature quand elle s'est déchaînée, réduisant à rien les savantes constructions humaines. Ceux qu'épargne pour l'instant le sort, ceux, à gauche, au centre ou ailleurs, dont le champion paraît profiter du désastre, auraient tort de se croire quittes. Le bâtiment qu'un tremblement de terre a laissé debout souffre en général d'invisibles fissures qui ont attaqué ses fondations. C'est le mal qui ronge aujourd'hui notre démocratie.

«Comme la foudre cherche le paratonnerre, les électeurs cherchent celui qui incarnera leur désir d'en finir avec le monde d'avant, celui de la politique professionnelle»

La question n'est pas celle de la culpabilité d'un François Fillon dans une affaire d'emploi fictif. Les citoyens se moquent des considérations sordides sur le nombre d'appels téléphoniques ou de rencontres avec l'association des joueurs de bridge de la Sarthe qui permettraient d'établir l'authenticité d'un poste d'attaché parlementaire. La mécanique qui fut celle de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, la même qui a porté Benoît Hamon, la même aussi qui fait marcher sur les eaux Emmanuel Macron, la même enfin, qui conduit un nombre jamais égalé de Français à se porter vers le Front national, c'est le rejet absolu d'une classe politique qui s'est nourrie de compromis et de faux-semblants idéologiques pour se reproduire et se perpétuer. Comme la foudre cherche le paratonnerre, les électeurs cherchent, chacun avec son biais idéologique, son histoire politique, sa foi, qui en le libéralisme et le dieu Progrès, qui en une gauche mythifiée, celui qui incarnera leur désir d'en finir avec le monde d'avant, celui de la politique professionnelle, celui de la démocratie confisquée par des gens qui avancent masqués et se rient de ces promesses électorales qui n'engagent que ceux qui les écoutent.

«Dans l'affaire Fillon, ce n'est pas la légalité qui est en cause mais la décence, ce mot cher à Georges Orwell et qui désigne une morale spontanée»

Alors, bien sûr, la foudre peut se tromper de paratonnerre. Les électeurs peuvent jeter leur dévolu sur un apparatchik héritier de la gauche sociétale jospinienne et dont le principal mérite est d'avoir passé son tour lors de la précédente primaire, il y a cinq ans. Ils peuvent aussi s'enflammer pour un homme qui veut, certes, en finir avec la politique des partis, mais se retrouve plébiscité par Alain Minc, Jacques Séguéla, Bernard Kouchner, Jacques Attali, Pierre Bergé, Xavier Niel, Patrick Drahi, Claude Bébéar… En fait de révolution, l'élite financière a décidé de s'affranchir de ces politiques devenus inutiles et de faire le boulot directement. Et puis, les électeurs peuvent retrouver la foi devant un libéral conservateur «à la fois catholique et gaulliste». Jusqu'à ce qu'ils s'aperçoivent que pour lui non plus, s'engager en politique ne consistait pas à enfiler une robe de bure.

Nicolas Sarkozy a perdu l'électorat conservateur, les catholiques, la petite bourgeoisie de province, les classes moyennes, en 2009, quand il a envisagé de confier l'EPAD, l'établissement public gérant les millions de l'aménagement du quartier d'affaires de la Défense, à son fils de 23 ans. Des Français qui craignent le déclassement pour leurs enfants ne pouvaient accepter cette morgue incroyable de ceux qui pensent qu'ils peuvent tout se permettre. Dans l'affaire Fillon comme dans celle de l'EPAD, ce n'est pas la légalité qui est en cause mais la décence, ce mot cher à Georges Orwell et qui désigne une morale spontanée, avant toute référence à des principes religieux, toute norme conventionnelle. Le sens de ce qui ne se fait pas.

«La colère de l'électorat n'est que la prolongation d'un mouvement né en France en 1789 et symbolisé par cette nuit du 4 août où furent abolis les privilèges de la noblesse et du clergé»

La colère qui semble saisir tous les électorats des pays développés n'a rien d'irrationnel. Elle n'est que la prolongation d'un mouvement né en France en 1789 et symbolisé par cette nuit du 4 août où furent abolis les privilèges de la noblesse et du clergé. Que les uns et les autres réclament plus ou moins de redistribution, plus ou moins de régulation, ils réclament avant tout de revenir aux fondements de la démocratie. Non l'égalité de conditions mais l'égalité de devoirs, le respect par tous des mêmes règles. Non le refus de toute élite mais le refus d'une élite fermée, nouvelle noblesse de robe se distribuant les avantages et les postes. Non la remise en cause du principe de la représentation mais le respect par les représentants des intérêts du peuple qui les mandate. Non la transparence à la scandinave mais le sens de l'État pour gouverner un pays qui veut se vivre encore comme une puissance.

Le pathétique épisode des salaires de Madame Fillon aura plusieurs conséquences. La première est de polluer une campagne qui devrait permettre de débattre des options qui s'offrent à la France pour qu'elle demeure ce qu'elle a vocation à être. Débattre de la place de notre pays dans l'Europe et dans le monde, du visage de ce pays selon qu'on sauve les paysans et la ruralité ou que l'on perpétue le pouvoir de la grande distribution, des limites à imposer aux intérêts privés, aux appétits individuels, aux réclamations séparatistes… Les sujets sont innombrables. Mais on ne bouscule pas un système avec ceux qui en sont les rouages. La mécanique est lancée et nul ne peut dire où s'arrêtera cette interminable nuit du 4 août.

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L’alliance entre le FN et le bloc des droites patriotes, clé du succès de Marine Le Pen en 2017

mercredi 10 février 2016, Karim Ouchikh, Avocat au barreau de Paris

Président du SIEL, Administrateur national du RBM

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À quinze mois de l’élection présidentielle, Marine Le Pen a officialisé sa décision de briguer le suffrage des Français. Pour l’emporter l’année prochaine, elle devra rallier à son panache tous nos compatriotes, de droite comme de gauche, et donc s’appuyer sur un projet politique et une stratégie présidentielle de nature à séduire les Français des deux rives.

En portant le FN vers des cimes électorales jamais atteintes, la ligne politique actuelle du parti frontiste, celle, au fond, du « ni droite-ni gauche », s’est avérée payante dans les urnes. Jusqu’à un certain point toutefois. Pour gagner à sa cause nombre d’électeurs qui votaient traditionnellement à gauche, le FN a concentré son discours sur les questions économiques et sociales, en négligeant volontairement de traiter, dans le même temps, les sujets qui préoccupent les électeurs de droite (modèle familial traditionnel ; loi Taubira ; PMA/GPA ; questions bioéthiques ; liberté d’éducation).

Résultat : alors qu’ils furent bien souvent tentés de voter pour le FN, des électeurs de droite firent le choix, en des proportions importantes, de porter leurs suffrages sur des candidats ou des listes UMP/LR et parfois de DLF, privant ainsi le FN, lors des derniers scrutins, d’un capital de voix considérable…

L’apport des voix de gauche ayant probablement atteint ses limites historiques, compte tenu notamment de la capacité éprouvée des partis du système à serrer les rangs et à diaboliser médiatiquement le FN, la marge de progression électorale de la formation frontiste se situe, en définitive, clairement à droite. Pour reconquérir ce vote conservateur, dont le potentiel politique est de l’ordre de 8 à 15 % des suffrages, il importe de bâtir dans les prochains mois une force nouvelle qui assumerait une ligne authentiquement de droite, hors du périmètre d’un Rassemblement Bleu Marine inaudible qui n’est jamais parvenu à s’émanciper fonctionnellement du parti frontiste.

Souverainiste au plan institutionnel, conservatrice au plan sociétal et « libérale » au plan économique, n’hésitant pas à affronter les angoisses culturelles et identitaires de nos compatriotes, cette coalition de forces de droite serait alors en mesure d’occuper et de structurer un espace électoral actuellement délaissé afin d’apporter à Marine Le Pen une réserve de voix qui lui manque systématiquement dans l’entre-deux-tours.

Au lendemain du séminaire du FN des 5, 6 et 7 février derniers, Marine Le Pen a fait le choix, prévisible, d’écarter cette stratégie d’alliance en lui préférant, dans l’immédiat, celle du statu quo, autrement dit la conquête du pouvoir en 2017 à partir des seules forces frontistes : les quelques ajustements à la ligne politique actuelle, adoptés à l’issue de ces trois jours de réflexion – reformulation du discours sur les problématiques de l’Union européenne ou de l’euro, effort de pédagogie sur son programme économique, création d’un collectif dédié aux PME -, ne seront pas suffisants pour provoquer un électrochoc salvateur et créer une dynamique forte parmi les électeurs de droite.

Pour écarter le risque d’une défaite en 2017, Marine Le Pen doit reconsidérer, en somme, sa stratégie présidentielle en pondérant franchement la ligne politique actuelle du FN par une alliance programmatique avec le bloc des droites patriotes. Loin d’être une option, cette alliance inédite est donc une nécessité absolue qu’il importe de réaliser au plus vite. Les Journées de Béziers des 27, 28 et 29 mai prochains, auxquelles le SIEL participera, doivent permettre, à l’invitation de Robert Ménard, d’accoucher de cette « UDI patriotique » qui sera promise à un bel avenir politique auprès des électeurs conservateurs, pour beaucoup orphelins d’un Philippe de Villiers…

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Il y a des premières fois que l’on peut encore s’éviter…

dimanche 12 février 2017, Georges Michel, Colonel à la retraite

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La dernière fois que la France s’est donnée à un homme de moins de 40 ans, ce fut avec Napoléon Bonaparte. Accessoirement, ce jeune général était auréolé d’une gloire militaire, inégalée sans doute depuis Turenne et le Grand Condé. La France qui voulait de l’ordre – comme aujourd’hui ! – sentit sans doute intuitivement qu’il était l’homme de la situation. Louis-Napoléon Bonaparte, lui, bénéficiant de la gloire de son oncle, fut élu président de la République en décembre 1848, alors qu’il était âgé de 40 ans et quelques mois. Raté !

La dernière fois que la France s’est donnée à un homme qui n’avait jamais été père de famille, ce fut avec le maréchal Pétain qui, avant de devenir le père de la nation en 1940, n’avait jamais été vraiment un père la vertu, n’en déplaise à certains ! C’est un détail peut-être, mais, bon, puisque nous en sommes au temps des confessions et ambitions intimes, pourquoi ne pas rappeler cela ?

La dernière fois que la France s’est donnée à un homme qui n’avait jamais été élu – maire, conseiller général, député, sénateur ou président de comice agricole –, ce fut avec le général de Gaulle en 1958. Il est vrai que celui-ci avait tout de même – n’en déplaise à d’autres certains ! – un minimum de légitimité : celle d’avoir réussi l’exploit de faire entrer la France dans le concert des nations victorieuses en 1945, alors qu’elle avait subi la pire défaite de son histoire en 1940. Ce n’était pas à la portée de n’importe qui, avouons-le.

La dernière fois que la France s’est donnée à un banquier, ce fut avec Georges Pompidou en 1969.

Il avait travaillé quatre ans à la banque Rothschild de 1954 à 1958. Mais l’on serait malhonnête si l’on ne précisait pas que ce passage par la banque fut un court intermède chez ce serviteur de l’État : professeur, maître des requêtes au Conseil d’État. Sans compter six ans à blanchir sous le harnois de Matignon… et sans oublier qu’à la demande du général de Gaulle, il alla se frotter au suffrage universel en 1967 en se présentant à la députation dans le Cantal.

La dernière fois que la France s’est donnée à un homme qui voulait « gouverner la France au centre », ce fut avec Valéry Giscard d’Estaing en 1974. Une bonne intention qui ne résista pas à la réalité des rapports de force : Giscard gouverna en s’appuyant sur la droite et le centre droit. Il voulut décrisper la vie politique française ; la crispation atteignit son comble dans les débats télévisés qu’il eut avec Mitterrand. Il partit de l’Élysée sous les sifflets.

Si l’on en croit les sondages d’opinion, dont l’infaillibilité reste à démontrer, la France pourrait au printemps 2017, pour la première fois de son histoire, se donner à un homme qui cumule, non pas les mandats (on l’a bien compris) mais tous les critères suivants : encore trentenaire, jamais père de famille, jamais élu au suffrage universel – si, peut-être, délégué de classe, la chose reste à vérifier -, ancien banquier et se disant n’être ni de droite ni de gauche – mais à gauche quand même.

Une première fois, somme toute assez factice, que l’on peut encore s’éviter pour une autre première fois, plus vraie…

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Emmanuel Macron « ne renie pas sa dimension christique » !

lundi 13 février 2017, Nicolas Gauthier, Journaliste, écrivain

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L’argent peut rendre fou, la politique aussi. Mais la politique de l’argent, lorsque teintée de mysticisme, voilà qui a de quoi vous catapulter quelque part entre Sirius et Alpha du Centaure.

Ainsi, Emmanuel Macron, à l’occasion de l’entretien accordé au Journal du dimanche du 12 février dernier : « La politique, c’est une magie. Il faut définir le cœur de ce qu’on veut porter. » Et d’assurer : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur. » On lui connaissait déjà des tendances de télévangéliste ; il se prend désormais pour David Copperfield, capable d’escamoter un programme invisible tout en exhibant un cœur aux contours indéfinissables, ou quelque chose d’approchant. Prière de ne pas rire, s’il vous plaît, ce ne serait pas chrétien.

Délicat, néanmoins, de ne pas s’exploser les zygomatiques, sachant que dans la foulée, il affirme ne pas « chercher à un être un prédicateur christique ». Peut-être qu’il entend des voix – pas celles des urnes, mais celles de cette Jeanne d’Arc à laquelle il rendit naguère un hommage inattendu… Quoi qu’il en soit, Emmanuel Macron, manifestement branché sur courant triphasé et confondant à coup sûr extase et ecstasy, déclare : « La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. »

D’où un François Fillon, à la « dimension christique » peut-être moins évidente, malgré son Golgotha médiatique qui le traite de « gourou ». Ou un Jean-Luc Mélenchon qui, malgré un évident talent d’ubiquité christique – hologramme oblige -, appelle « à se méfier des champignons hallucinogènes qui poussent dans la jungle politique et la bulle médiatique ».

Bref, à défaut de multiplier pains et poissons, ce probable enfant caché d’un autre prophète – Raël, pour ne pas le nommer – accumule gaffes et sorties pataphysiques dans ses sermons.

Et Jean Pisani-Ferry, l’un de ses disciples – et peut-être lui aussi ancien élève de Brigitte Macron, professeur de français grâce à laquelle frère Emmanuel manie aujourd’hui les concepts linguistiques avec toute l’aisance d’un trapéziste manchot -, de révéler : « Début mars, Emmanuel Macron récapitulera ses propositions et les grands engagements sur lesquels il investira le capital politique conféré par l’élection. »

Banquier un jour, banquier toujours. « Investir le capital politique » ? C’est effectivement un talent évangélique que de s’exprimer en langues, à condition toutefois qu’au moins l’une d’entre elles soit intelligible par le commun. Lequel « capital » serait « conféré par l’élection »» ? Mais le calendrier, grégorien ou non, est formel : le premier tour est en avril et le second en mai. En mars, donc, il n’y aura pas encore d’élection. Ou alors cela pourrait signifier qu’Emmanuel Macron ne « récapitulera ses propositions » qu’une fois élu Président. Curieux timing.

Pour conclure, cette petite suggestion : la France en marche, c’est un peu mou du genou comme slogan de campagne. La France en marchant sur l’eau, voilà qui aurait véritablement une « dimension christique »… Sacré Manu, qui confond arcanes de l’Élysée et services psychiatriques de l’Hôtel-Dieu !

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Et si la victoire de Marine était voulue par les islamo-gauchistes ?

mardi 14 février 2017

J.-P. Fabre Bernadac

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

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L’affaire du jeune Théo, malmené par la police à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), n’en finit plus de rebondir à travers de plus en plus de manifestations et de plus en plus d’incidents. Rien qu’à Bobigny, les CRS engagés samedi soir ont tiré plus de 100 grenades lacrymogènes pour faire reculer les assaillants. Dans le Val-de-Marne, le domicile du syndicaliste policier ayant qualifié le mot « bamboula » d’« à peu près convenable » fait l’objet d’une « sécurisation », par peur de représailles. Le policier soupçonné de viol lors de l’interpellation d’Aulnay, lui, est ouvertement menacé de mort sur Internet.

Pour l’heure, les échauffourées où s’illustrent les bandes restent circonscrites au 93 : Aulnay, Bobigny, Tremblay-en-France, Le Blanc-Mesnil, Stains, Neuilly-sur-Marne. Mais un préfet, sous couvert d’anonymat, déclare : « Le risque de contagion ne saurait être négligé. » D’autant que la liste des grandes villes françaises où se déroulent des manifestations violentes s’allonge : Nantes, Rennes, Bordeaux, Rouen, Toulouse, Marseille. À Paris, vendredi soir, 150 manifestants mobilisés via les réseaux sociaux par la mouvance d’extrême gauche s’étaient rassemblés aux Halles, dans une ambiance très tendue. Le centre commercial a dû être plongé dans un nuage de gaz lacrymogène.

L’affaire d’Aulnay n’est peut-être pas aussi explosive que l’embrasement des banlieues en 2005, mais les policiers savent que la période électorale actuelle crée une surchauffe avec une écoute accrue des médias. De plus, les forces mobiles, avec Sentinelle, sont sur-employées, sans compter les surveillances exténuantes de points frontaliers comme Calais et Menton.

Face à cette situation, les services de renseignement tentent d’anticiper les troubles car il est impossible d’écarter l’hypothèse d’un embrasement des banlieues.

Or, cet embrasement circonstancié est voulu. Soyons clair : le cas Théo n’est qu’un prétexte derrière lequel la gauche la plus radicale s’affaire. Mais pourquoi cette attitude alors que la mayonnaise des incidents s’amplifiant ne peut que favoriser le vote Marine ? Pourquoi l’extrême gauche, mais aussi les islamistes, jouent-ils un jeu avantageant la candidate patriote ? La réponse est simple et se conjugue en deux facteurs :

– Pour l’ultragauche, le Grand Soir est toujours la motivation première. Or, la victoire de Marine à la présidentielle serait déclencheur d’un maximum d’incidents relayés avec gourmandise par 90 % de la presse. Pour en prévoir les effets, les antifas et autres n’ont pas besoin de Mme Irma : il suffit de voir ce qui se passe aux USA, où Trump est empêtré dans une myriade de contestations et de manifestations, cela sous le regard bienveillant des médias américains. La DGSI sait parfaitement que l’extrême gauche s’active dans l’ombre dans l’espoir d’une « convergence des luttes ». Convergence qui fait apparaître la deuxième composante : les islamistes.

– Ceux-ci savent parfaitement que les attentats ne suffisent pas pour déstabiliser le pays. Ils n’ignorent pas qu’un jour ou l’autre, il faudra qu’ils s’acoquinent avec « l’idiot utile » : le gauchisme libertaire. Ces naïfs boboïsés deviendront leur caution, leurs troupes de choc qui enflammeront banlieues et grandes villes. Eux aussi ont analysé la situation, ils ne doutent pas que la venue au pouvoir de Marine jettera une majorité de musulmans modérés et de « racailles » dans un islamisme communautarisé. Leur combat religieux bénéficiera, alors, de forces considérables.

La seule parade à cette situation cataclysmique et notre seule chance de succès est la fermeté de Marine, l’attitude résolue des forces de l’ordre ainsi que de l’armée, et le courage retrouvé de la France « périphérique ».

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Les protestants français combattent ouvertement le Front national

 
Par Jean-Marie Guénois

Lors d'une cérémonie des voeux en présence du premier ministre Bernard Cazeneuve, mercredi soir à Paris, le président de la Fédération Protestante de France, François Clavairoly, a estimé qu'une victoire du FN lors de la prochaine élection présidentielle serait une «honte» pour la France.

Il est rare qu'un responsable religieux se mouille explicitement en France sur une question aussi politique que l'élection présidentielle. Mercredi soir à Paris, François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, n'a pas hésité à mettre en garde les Français contre un vote en faveur du Front national.

À la Cité du Refuge, construit par Le Corbusier et tenue pour les pauvres, par l'Armée du Salut, il présentait alors ses voeux annuels, en présence du premier ministre, Bernard Cazeneuve et du ministre de l'intérieur, Bruno Le Roux. Une occasion de lancer également en France l'année de commémoration des 500 ans de la réforme luthérienne.

«J'espère que les discours et les ricanements des parleurs du Front national, a déclaré François Clavairoly, n'auront pas l'écho que certains observateurs lui prédisent et que nous n'aurons pas honte de nos choix lors de la présidentielle qui s'annonce. Je forme le vœu que l'on ne dira jamais en une forme d'analyse prédictive que l'extrême droite sera bientôt le premier courant de pensée dans notre pays.»

«Des discours populistes auxquels même les plus vigilants se laissent parfois prendre»

Ce responsable protestant venait de déplorer le contexte «désenchanté» de cette campagne politique qui a perdu «sa dynamique d'inclusion»: «L'absence d'un grand projet pour le pays crée de la désillusion et ouvre la voie au cynisme et au repli sur soi. Et dans un contexte international peu rassurant, la prise de conscience de la fragilité de notre système et surtout de notre démocratie elle-même - à laquelle le protestantisme a tant contribué - n'empêche pas de laisser de plus en plus de place à des discours populistes auxquels même les plus vigilants se laissent parfois prendre.»

Sur le plan des «spiritualités et des croyances», François Clavairoly a aussi déploré «les tentations nombreuses de reformulation du discours religieux sur le mode identitaire» avec des prédications sur le «réarmement confessionnel», avec la reprise de «recettes anciennes et de traditions religieuses imaginaires» mais qui sont autant de «remparts illusoires».

«Penser les nouvelles façons de dire la foi»

De même s'est-il inquiété du climat médiatique où il faudrait «offrir des événements religieux à vivre sur le mode du divertissement et du spectacle» et non sur le mode «du véritable recueillement et du discernement de l'intelligence».

Mais, a-t-il insisté, «le défi de notre engagement et l'exigence de notre foi ne sont pas de faire la une des journaux, ni même de compter nos succès comme l'on se regarde dans un miroir». Le défi demeure de «penser les nouvelles façons de dire la foi».

Le défi sociétal consiste aussi à aider à ce que «le pays puisse se parler à lui-même sans se déchirer, sur tous les sujets, dans l'espace public, y compris sur les questions spirituelles» car «l'enjeu est celui de l'avenir de notre vivre ensemble» où «chacun se respecte». Ce qui revient à prendre «le parti de croire que le politique fait sens par ses débats» afin de «redonner confiance à ce pays» par une «parole fiable dans l'espace public», loin donc des «confusions» et des «simplifications falsifiées». Nettement au rebours, en tout cas, du «temps de la ‘post-vérité' où les faits objectifs ont moins d'influence pour modeler l'opinion que les appels à l'émotion».

En France, les festivités du 500e anniversaire de la réforme protestante - c'est en 1517 que Luther afficha ses fameuses 95 thèses à Wittemberg - seront notamment marquées par un rassemblement national à Strasbourg (27, 28, 29 octobre), «Protestants en fête», sur le thème «vivre la fraternité» et d'un colloque international sur le même sujet à Paris les 22 et 23 septembre.

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Chantal Delsol: «La droite est née dimanche dernier»

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TRIBUNE - Par la voix de François Fillon, la droite affirme enfin ses valeurs au lieu de quêter l'approbation craintive de la gauche, explique l'universitaire.

 


Membre de l'Institut. Professeur de philosophie politique à l'université Paris-Est. Dernier ouvrage paru:  La Haine du monde. Totalitarismes et postmodernité  (Cerf, 2016).


L'élection sans appel de François Fillon comme candidat de la droite et du centre est inattendue et pleine de sens. Il s'agit bien d'un «événement» au sens de ce qui, arrivant sans crier gare, dévoile un arrière-fond de réalité qu'on n'avait auparavant pas pu ou, en l'occurrence, pas voulu voir. Certains évoquent une «révolution conservatrice». L'expression est allemande, et décrit d'abord ce courant multiforme qui au début du XXe siècle récusait la modernité en mettant en cause la démocratie et le libéralisme. Mais on a ensuite parlé d'une «révolution conservatrice» dans les années 1980 à propos de Thatcher et de Reagan. On peut se demander pourquoi utiliser la même expression pour des courants si divers, car ces deux personnalités n'ont aucunement récusé la démocratie ni le libéralisme, au contraire… Mais il est vrai que ces courants réclament de revenir sur des soi-disant progrès qui, selon eux, n'en sont pas. Et quand on parle de «révolution conservatrice», il s'agit moins du contenu à conserver, ou à retrouver, que de la démarche elle-même.

La conjonction du libéralisme économique et du conservatisme n'est pas neuve, et n'a rien de contradictoire

Ainsi le libéralisme est-il un retour, dans une France assistée par l'État-providence depuis si longtemps, où la responsabilité individuelle se voit constamment découragée. Se dire libéral aujourd'hui signifie considérer l'assistance étatique comme une tutelle qui infantilise, et vouloir en limiter l'emprise pour rendre aux citoyens la liberté qu'ils n'ont plus. La conjonction du libéralisme économique et du conservatisme n'est pas neuve, et n'a rien de contradictoire. Conservateur est celui qui nous voit enracinés: dans l'histoire, dans les groupes d'appartenance comme la famille, dans le temps long de l'avenir. Un conservateur va répugner à aller emprunter de l'argent chaque matin pour acheter du pain, laissant la facture de sa consommation courante à ses petits-enfants, comme le fait l'État français depuis des lustres. Il sait que pour faire cesser cela il faudra annoncer des mesures non démagogiques.

C'est la première fois que nous nous trouvons devant un candidat qui ne promet pas d'augmenter les droits de toutes sortes, d'augmenter les allocations et les salaires, d'abaisser encore l'âge de la retraite. Au contraire, il promet par exemple d'augmenter le temps de travail et l'âge de la retraite. Ce candidat est un objet non identifié, et les journalistes ne savent pas très bien comment le prendre, parce qu'il a été élu en réclamant une forme d'austérité. Tout porte à croire que la démagogie ne fait plus recette. On pensait que l'électeur était toujours un individu qui réclamait plus-plus-plus, insoucieux du tonneau des Danaïdes dans lequel on va puiser ce plus. Mais les électeurs ont du bon sens, ce sens commun dont parlait Orwell, ils savent que rien ne s'obtient sans effort, et que les cadeaux déversés par un État qui s'endette sont des déjeuners de soleil.

Nous avons devant les yeux l'apparition de la droite, jusqu'à présent tenue de se cacher sous les vêtements de la gauche si elle voulait seulement exister

Ce processus appelé dans l'histoire «révolution conservatrice» monte dans une société qui se rebelle contre ce qu'elle considère comme un débordement et une sorte de dévergondage politique et social, auquel il faudrait mettre fin, faute de casser la confiance et l'avenir tout court. Aujourd'hui il s'agit d'une débauche de l'État-providence, qui va jusqu'à déprécier la responsabilité individuelle pour protéger tous azimuts des citoyens qu'elle infantilise et que finalement elle appauvrit encore ; d'une démagogie hystérique, institutionnalisant les 35 heures ou la retraite à 60 ans, au prix de la désorganisation et de l'appauvrissement des services qu'elle prétendait relever ; d'une «bagatellisation» de tout, qui ridiculise l'autorité, dégrade le sacré, caricature les fondements, les principes, l'histoire, l'identité, autrement dit tout ce qui n'est pas le pur reflet du désir de l'instant. C'est une mise en cause de politiques par lesquelles l'égalitarisme produit des inégalités criantes: un fonctionnariat jouant un rôle de caste dans une situation de chômage extrême, une école publique produisant l'ignorance au point que depuis longtemps nos gouvernants de gauche comme de droite n'y mettent plus leurs propres enfants.

Nous avons devant les yeux davantage qu'un épisode de l'alternance droite-gauche. Plutôt l'apparition de la droite, jusqu'à présent tenue de se cacher sous les vêtements de la gauche si elle voulait seulement exister, ou bien qui pouvait se traduire dans ses extrêmes, façonnant ainsi un ennemi commode pour servir de pâture à la vindicte. Interdits d'existence parce que constamment assimilés au fascisme, les gouvernants de droite n'osaient jamais défendre leurs propres convictions, et leurs électeurs, moins craintifs, votaient pour les extrêmes. Lesquels prospéraient, pour la plus grande joie de la gauche. Et il est fort probable que l'extrême droite perdra ses atouts et sa force dans une société où s'exprimera ouvertement une véritable droite, dont elle n'était là que pour suppléer l'absence dans le désarroi et l'excès. On s'interroge depuis des années pour savoir comment faire chuter le Front national, et c'est même presque l'unique question posée par les commentateurs. Seule une droite affirmée et paisible fera chuter le Front national, non parce que ce sera sa seule préoccupation, mais parce qu'elle apportera un projet attendu à des millions d'électeurs conservateurs qui ont choisi les extrêmes par dégoût pour la pusillanimité de ses représentants.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 01/12/2016. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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La gauche peut-elle remporter la présidentielle ? Réponse : oui !
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Gestionnaire de fonds d’investissement
La désignation de François Fillon comme candidat de la droite à la présidentielle est une mauvaise nouvelle pour Marine Le Pen. Je l’ai écrit ici il n’y a pas plus d’une semaine et je le confirme aujourd’hui avec d’autant plus de détermination que l’élimination de François Hollande rebat les cartes encore une fois en défaveur de la candidate du Front national.

Pendant toute l’année 2016 – sondages à l’appui -, nous nous sommes habitués à l’idée que Marine Le Pen était assurée de participer au second tour. Or, tous ces sondages partaient de l’hypothèse que François Hollande serait le candidat de la gauche et que le candidat de la droite ne pouvait être autre qu’Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy. Dans cette configuration, Marine Le Pen bénéficiait à plein du score misérable anticipé pour François Hollande et, avec Nicolas Sarkozy en lice, elle bénéficiait aussi du rejet viscéral que suscite ce dernier chez les électeurs centristes, qui d’ailleurs se seraient portés sur François Bayrou. Force est de constater qu’en quinze jours, cet échafaudage s’est effondré.

Exit François Hollande, donc : une réconciliation, même de façade, des divers courants de gauche devient maintenant possible. Je ne serais d’ailleurs pas étonné que ce soit cet argument qui ait été décisif dans la décision du président de la République.

Manuel Valls a, en effet, un argument massue pour forcer la gauche à s’unir : la nécessité absolue de faire barrage au Front national dès le premier tour pour éviter de disparaître aux législatives. Certes, de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron, la marge est grande, mais le risque est bien réel, lorsqu’à la fin il en va du gagne-pain des élus et – suprême humiliation – de la naissance d’un groupe parlementaire frontiste, plus important encore que le groupe socialiste. Alors s’unir derrière qui ? Bien malin qui pourrait répondre à cette question aujourd’hui, mais le but non avoué de cette primaire, contrairement à la primaire de droite, n’est pas de désigner le futur président de la République car plus personne ne croit, à gauche, à l’hypothèse d’une victoire finale en mai, mais seulement le plus rassembleur afin de parvenir à se qualifier pour le second tour et perdre avec un score honorable – une particularité qui pourrait donner ses chances à des personnalités de second plan, plus lisses que Manuel Valls.

À droite, avec François Fillon, exit le candidat du rassemblement. Grand triomphateur à l’intérieur de son propre camp, combien pèse-t-il réellement dans le pays ? Marine Le Pen peut compter, au premier tour de la présidentielle, sur un minimum de six millions d’électeurs. Au total, la primaire de droite a rassemblé 4 millions d’électeurs : où François Fillon va-t-il trouver des voix ? Pour avoir observé le désarroi des partisans d’Alain Juppé le soir de la défaite de leur candidat – Fillon a été sifflé et son discours couvert par une musique poussée volontairement à plein volume -, il y a de quoi être inquiet.

La sortie des trois dinosaures de la politique française bouleverse donc la donne. Théoriquement, nous devrions assister dans les semaines à venir à un resserrement des intentions de vote entre les cinq principaux candidats. Dans ces conditions, la présence de la gauche au deuxième tour ne peut plus être exclue, ce qui ouvre la porte à deux possibilités toutes les deux aussi cauchemardesques pour le camp des patriotes : soit Marine Le Pen n’arrive que troisième, soit Marine Le Pen – même en tête au soir du premier tour – est battue au second tour par le candidat de la gauche, dans une sorte de renvoi d’ascenseur des régionales.

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11 décembre 2016

Marion Maréchal Le Pen recadre Florian Philippot

Posté le 11 décembre 2016  par Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

<<<<<<<<<<<Le Salon Beige<<<<<<<<<<<<<<

Via le JDD :

"Maintenez-vous, malgré les vives critiques de Florian Philippot, votre proposition de revenir sur le remboursement intégral et illimité de l’avortement?

Je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d’opinion. J’aurais aimé un peu plus de respect de la part de Florian Philippot. Il parle de moi dans les médias en disant "cette personne" ; je trouve cette appellation assez inadéquate. Il y a un minimum de bienséance et de respect mutuel à avoir. Rien ne pouvait justifier une telle agression.

Florian Philippot suggère que vous êtes minoritaire…

Quand on définit la ligne du FN ou qu’on décide d’un changement stratégique, on le fait dans les instances du parti ; on ne le fait pas tout seul sur BFMTV! J’accepte l’idée qu’au FN, certains puissent être issus de parcours différents. Je rappelle que Florian a pris des positions sur lesquelles il était minoritaire au sein du Front, notamment sur la campagne gouvernementale de lutte contre le SIDA qui m’apparaissait, à moi, très gênante, pour les enfants mais aussi pour les homosexuels. La majorité, au FN, ne partage pas du tout ce choix.

Comment apprécier ce qui est majoritaire ou pas, au sein de votre parti?

La seule unité de mesure, c’est l’élection de Marine Le Pen au congrès de 2011. Elle a été élue sur un programme qui est sans ambiguïté sur ce sujet de l’IVG. Qu’elle veuille écarter un certain nombre de sujets pendant la campagne, c’est son droit. Mais ce congrès demeure l’unité de mesure majeure. Et je rappelle que je suis arrivée première à ce congrès. C’est donc que je ne suis ni minoritaire ni isolée."

Puis à propos de François Fillon :

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Et maintenant, sus à Fillon !

>>>>>>>>>> Présent >>>>>>>>>>

Le coup de gueule d’Alain Sanders.

N’ayant ni de près ni de loin participé à cette mascarade pseudo-démocratique de la primaire de la droite (sic) et du centre, ce n’est pas sans un certain étonnement que j’ai vu quelques-uns des nôtres se transformer en groupies de Droopy, à savoir Fillon, l’homme à la jungle sourcilière. Caroline Parmentier et Guy Rouvrais lui ont, à juste titre, taillé un short sur mesure.

Fillon, c’est l’homme qui a refusé de serrer la main à Marion Maréchal-Le Pen. Mais qui, en revanche, a gentiment devisé sur i Télé avec Tareq Oubrou, le pote d’Ali Juppé. L’homme qui a inauguré une mosquée à Argenteuil, entouré d’une femme enburkannée et d’une gamine portant le voile. L’homme qui a fait de Roselyne Bachelot, chantre des LGBT et pasionaria de l’avortement, un de ses ministres.

C’est l’homme qui a supprimé l’avantage fiscal pour les nouveaux mariés. Qui a sucré les majorations CAF à onze et seize ans depuis le 1er mai 2008 (perte de 600 euros par famille). Qui a déclaré que, s’il avait été encore maire de Sablé-sur-Sarthe, il aurait accueilli des migrants. Et qui déclare aussi : « C’est un leurre et une démagogie sans nom de prétendre rétablir les frontières nationales » (avec un « souverainiste » comme ça, les européistes peuvent dormir sur leurs deux oreilles). Etc.

Fillon, qui a été cinq années durant le porte-coton de Sarkozy, est issu du sérail du « gaulliste social » (ce qui relève de l’oxymore) Philippe Béguin, alias Haroun el-Poussah. C’est le candidat du grand patronat et des classes dominantes. Son élection à la primaire, il la doit aux nantis, aux favorisés, aux gens des beaux quartiers. C’est l’ennemi des petits, des sans-grades, des « pue-la-sueur », des laissés pour compte, des ouvriers.

C’est la raison pour laquelle je crois, à la différence de ceux qui voient dans son émergence une « mauvaise nouvelle » pour Marine Le Pen, que c’est au contraire une « divine surprise ». Ce sera le porte-flingue de la mondialisation sauvage face au porte-oriflamme du patriotisme identitaire et patriotique.

Fin observateur de la chose politique, Patrick Buisson résume bien la situation : « La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires qui ne sont pas allées voter (…). L’élection de Fillon ne dit rien sur le comportement des vingt millions d’électeurs de la France périphérique qui feront l’élection présidentielle. Et pour cause, ceux-là ne se sont pas déplacés pour la primaire ».

Ceux-là qui le donnent gagnant pour 2017 sont les mêmes qui portaient Juppé au pinacle, assuraient que le « non » au Brexit l’emporterait, prophétisaient une défaite sans appel de Trump.

Sarrau, on t’a eu ! Juppé, on t’a renvoyé sur le Mont Chauve ! Hollande, encore cinq mois et ciao ! Fillon, tu as du sourcil à te faire, on t’aura !

Alain Sanders

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La fin de la longue tradition du président-candidat

Par Jules Pecnard <<<<<<<<<<<<<<<<Le Fig<<<<<<<<<<<<<<<

En renonçant de se présenter à sa propre succession, François Hollande rompt avec une pratique en vigueur depuis le début de la Ve République.

En France, davantage que dans d'autres démocraties modernes, un président en exercice est présumé candidat à sa réélection. Et cette candidature s'impose en théorie à son parti. Mais mandat après mandat, cette automaticité a été progressivement remise en cause, jusqu'au renoncement, ce jeudi soir, de François Hollande. Il n'y a que deux exemples où la question n'a même pas été évoquée. Celui de Georges Pompidou, décédé des suites de la maladie de Waldenström en avril 1974, qui n'a pu mener son septennat jusqu'au bout. Et celui du général de Gaulle, à qui il paraissait inconcevable de devoir se mettre au niveau de ceux qu'il percevait comme de vulgaires aspirants. Mis en ballottage à la surprise générale lors de l'élection de 1965, il a été réélu sans difficulté, en se contentant du minimum syndical. Une pratique inenvisageable depuis.

» 1981 - Valéry Giscard d'Estaing, le pêché d'orgueil

En 1981, Valéry Giscard d'Estaing est le premier président sortant à devoir (et vouloir) faire campagne pour sa réélection. Celle-ci relève d'ailleurs de l'évidence pour l'intéressé. À aucun moment Giscard n'envisage une autre issue que sa reconduite dans un fauteuil. Une posture très gaullienne pour un président qui, auparavant, disait vouloir moderniser la politique. Il est à la fois convaincu de pouvoir brandir un bon bilan face aux Français et déterminé à faire gagner l'UDF, le grand parti libéral qu'il a fait lancer en 1978. Mais la vigueur du «Kennedy français», comparaison utilisée à outrance lors de sa victoire sept ans plus tôt, s'est atténuée. Son mandat est terni par l'enracinement du chômage, l'inflation, le second choc pétrolier, et entâché par l'affaire des diamants de Bokassa. Cela ne l'empêche pas de croire en sa bonne étoile. Il bénéficie de bons sondages jusqu'à sa déclaration de candidature, le 2 mars. Mais il mène une campagne désincarnée, distante, et handicapée par celle de Jacques Chirac, dont le RPR conquérant a juré la perte des giscardiens. Il est défait par François Mitterrand au second tour.

 
» 1988 - François Mitterrand, le goût du suspense

À quelques mois de l'élection présidentielle de 1988, François Mitterrand plane dans les sondages alors qu'il n'est même pas candidat. Il profite de la cohabitation: le premier ministre Jacques Chirac, qui a déclaré sa candidature à la mi-janvier, est plombé par les séquelles de l'affaire Malik Oussekine et les turbulences économiques et sociales. Le président de la République, lui, se permet d'entretenir le doute. Il refuse de quitter son rôle de président-arbitre qui le protège des attaques de ses adversaires. Devant ses intimes, il reste ambigu, évoquant à la fois son âge (72 ans au moment du scrutin) et la possibilité de passer la main à son éternel rival, Michel Rocard. En septembre 1987, il lui demande de se tenir prêt en menant une sorte de campagne parallèle. Pourtant, lors d'une réunion secrète à Latche, le président demande à ses fidèles de préparer discrètement sa candidature. Rocard expliquera avoir «occupé le terrain pour ne pas laisser s'estomper l'idée de (s)a candidature dans l'hypothèse où Mitterrand ne solliciterait pas un nouveau mandat». Bénéficiant d'une communication hors-normes construite par Jacques Pilhan et Gérard Colé, François Mitterrand éclipse peu à peu les alternatives. Il déclare sa candidature à un mois du premier tour, et se voit réélire triomphalement.

 

» 2002 - Jacques Chirac, reconduit par défaut

Il faudra attendre 14 ans avant qu'un président en exercice ne postule de nouveau pour être reconduit. Et les circonstances ne sont similaires à celles de 1988 qu'en apparence. Les cinq années de cohabitation avec Lionel Jospin ont permis à la gauche, malgré l'usure du pouvoir, d'engranger des résultats positifs aux yeux de l'opinion. Mais de l'avis de tous, Jacques Chirac n'est pas habité par la même flamme qu'en 1995. En janvier 2002, alors que Jospin bat le pavé, le président (qui a fêté ses 69 ans) est en baisse de régime. Il rêve d'être réélu sans faire campagne, en misant sur sa réputation d'homme sympathique. Il tarde à former son équipe, et Nicolas Sarkozy, réadmis dans le cercle présidentiel après en avoir été excommunié, milite pour une déclaration de candidature précoce. «Votre mois de janvier a été médiocre, février sera franchement mauvais si vous ne bougez pas», lui aurait-il lancé. C'est que, depuis plusieurs années, Claude Chirac ferme les écoutilles de l'Elysée, afin de protéger son père des éclaboussures liées aux scandales qui ont émaillé son parcours politique. Cette stratégie de communication a isolé le chef de l'État et explique, en partie, son retard à l'allumage. C'est une victoire par défaut dont bénéficiera finalement le président sortant face à Jean-Marie Le Pen, et en l'absence de Lionel Jospin au second tour.

 

» 2012 - Nicolas Sarkozy, le sortant qui peine à fédérer

Premier président de la République à retourner aux urnes à l'issue d'un quinquennat, Nicolas Sarkozy aborde l'année 2012 en position compliquée. Crises financière et européenne sans précédents, chômage et dette records mettent le pays sous tension. Sur le plan politique, la majorité rue dans les brancards. Depuis le discours controversé de Grenoble, le curseur de l'UMP est placé résolument à droite. Un coup de barre qui déplait à beaucoup de ténors du gouvernement, notamment François Fillon, Alain Juppé, Roselyne Bachelot ou Nathalie Kosciusko-Morizet. Même son de cloche dans l'aile centriste du parti, que le président a beaucoup de mal à fédérer. Qu'à cela ne tienne, Nicolas Sarkozy adopte la stratégie mitterrandienne du président au-dessus de la mêlée. Une posture qu'il comptait tenir jusqu'au mois de mars, avant d'être contraint par les mauvais sondages à se déclarer dès la mi-février.

 

» 2017 - François Hollande renonce

Pour le cas de François Hollande, la question de l'automaticité de la candidature du président sortant se posait plus que jamais. Au-delà de la position de faiblesse dans laquelle François Hollande était englué depuis plusieurs années, la notion de primaire s'est enracinée dans le paysage politique. Face aux candidatures concurrentes déjà déclarées dans le cadre du scrutin interne à la gauche, François Hollande aurait dû redoubler d'efforts pour convaincre sa majorité, qu'il pouvait être le candidat indiscutable. Sans oublier l'opinion publique, pour qui le renouvellement des élites devient un thème de plus en plus prégnant: 8 Français sur 10 ne souhaitaient pas que François Hollande soit candidat.

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Stephen Hawking : «Nous sommes au moment le plus dangereux de l'histoire de l'humanité»

Selon le célèbre scientifique, l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis et la sortie imminente du Royaume-Uni de l'UE vient à un moment qui serait le plus dangereux pour la race humaine.

Selon le professeur de Cambridge, le changement général de politique dans le monde montre que la majorité des humains se sentent complètement abandonnés par les dirigeants et ne leur vouent plus aucune confiance.

«Nous vivons un moment où les oubliés ont pris la parole pour rejeter unanimement les élites qui les dirigent», explique Stephen Hawking, ajoutant que «l'aspect le plus préoccupant de cette situation est que désormais, plus qu'à n'importe quel moment de notre histoire, notre espèce a besoin de cohésion».

Le scientifique affirme que le monde est confronté à des défis immenses, dont le changement climatique, la production alimentaire, la surpopulation, la disparition d'espèces, les maladies épidémiques et l'acidification des océans.

«Tous ces facteurs nous rappellent que nous nous situons bien au moment le plus dangereux du développement de l'humanité», déclare-t-il.

«Nous pouvons surmonter ces défis. Je dis cela car j'ai toujours été optimiste. Mais il faudra pour cela que les élites, qu'elles soient à Londres ou à Harvard, à Cambridge ou à Hollywood, tirent les leçons de l'année qui vient de s'écouler et apprennent à retrouver une once d'humanité», fait savoir Stephen Hawking.

Pour l'éminent professeur, l'humanité a atteint un stade d'avancée technologie où elle peut s'autodétruire en réduisant à néant la planète Terre, tout en n'ayant toujours pas développé les possibilités de se réfugier ailleurs.

«Il est possible que dans quelques centaines d'années, nous aurons établi des colonies humaines dans le cosmos ou sur d'autres planètes. Mais pour le moment, nous n'avons qu'une seule et même planète et nous nous devons de nous serrer les coudes pour la préserver».

Le chercheur britannique a également averti que l'intelligence artificielle et l'automatisation croissante de la société qui progresse à une vitesse fulgurante allaient finir par anéantir les emplois de la classe moyenne et aggraver les inégalités, ce qui risque de créer un bouleversement politique significatif partout dans le monde.

«Les emplois disparaissent, mais aussi les industries. Nous devons aider les gens à se reprendre pour créer un monde nouveau et à les soutenir financièrement dans leur démarche», a ajouté Stephen Hawking.

Ce n'est pas la première fois que le professeur fait part de son opinion à propos notamment de l'élection de Donald Trump. Dans une interview au réseau télévisé britannique ITV plus tôt dans l'année, il avait qualifié le président élu de «démagogue qui fait appel au plus petit dénominateur commun».

Lire aussi : Pour Stephen Hawking, les étoiles et l'espace sont l'avenir de l'humanité

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Norbert Hofer : «Il nous faut un nouveau contrat avec l’UE» (EXCLUSIF)

Norbert Hofer, candidat à l'élection présidentielle en Autriche et chef du Parti de la liberté (FPÖ), la personne dont la victoire pourrait être un bouleversement pour l'Europe, confie à RT son état d'esprit deux jours avant le scrutin.

Norbert Hofer a déjà été proche de remporter l'élection présidentielle le 22 mai 2016, dont les résultats ont été annulés en raison d'irrégularités. La nouvelle élection se tiendra le 4 décembre.

Mais quel avenir Norbert Hofer veut-il pour l'Union européenne et son pays ? Quelles sont en réalité les affiliations politiques de l'homme souvent qualifié de nationaliste ? A la veille de l'élection, le chef de FPÖ expose dans une interview exclusive quelques-unes des idées sur la politique intérieure et extérieure de l'Autriche qu'il entend promouvoir s'il devient président.

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Fillon, le dernier pion du système

Samedi 3 décembre 2016 <<<<<<<BV<<<<<<<<<<<<<<<<

Fillon ouvre un boulevard inespéré à gauche, tout en créant une division dans le camp national et patriote.

 

Cadre dans une entreprise internationale
 
 

 

Fillon ouvre un boulevard inespéré à gauche, tout en créant une division dans le camp national et patriote. Nous voyons déjà qu’il n’est là que pour essayer de nuire à Marine Le Pen, au lieu de lui proposer une alliance, qui serait logique… s’il était sincère.

Il faut une clarification politique, en France. D’un côté, les libéraux-mondialistes LRPS et leurs satellites centristes et gauchistes et, de l’autre, les patriotes, attachés à l’identité et à la souveraineté nationales, au rétablissement démocratique, qui vont des identitaires comme Marion Maréchal aux nationaux-libéraux de type Philippe de Villiers en passant par les gaullistes sociaux. Marine Le Pen représente toutes ces sensibilités, totalement complémentaires.

Mais le système est résilient et a donc pondu un « nouveau » pion, qui balance des mots-clés en pâture aux moutons qui se jettent dans la gueule du loup sans se poser de questions.

Car ce monsieur Fillon, nouveau héros de la « droite dure », a soutenu il y a quelques semaines la folle libérale-mondialiste russophobe Clinton, contre Trump, durant la campagne présidentielle américaine. Quand Marine Le Pen et tout le FN furent les seuls à défendre, justement, Trump. Certains osent parler de « gauchisation » ? Du FN ?

Monsieur Fillon, c’est un million d’immigrés légaux supplémentaires entre 2007 et 2012 – quand il était Premier ministre de Sarkozy – sans compter, bien sûr, les illégaux. Il a approuvé le plan de répartition des clandestins en France et dit vouloir en accueillir dans sa ville (mais pas dans son manoir).

Il se réveille subitement sur l’islamisme en… 2016 : quel visionnaire ! Mais, Premier ministre, il a inauguré la mosquée d’Argenteuil, se félicitant du passage du chiffre de 100 à 2.000 mosquées en France durant son discours. Il a fait voter la défiscalisation des investissements qataris, ce pays financier de ceux qui nous tuent.

Il a conservé le CFCM et l’UOIF. Et, aujourd’hui, prétend vouloir combattre l’islamisme et l’islamisation ?

En politique étrangère, il a conduit la France dans la guerre de Libye et poussé à la guerre de Syrie, demandant le départ d’Assad, et soutenant des groupes armés islamistes. Quand Marine Le Pen fut la seule à s’opposer à toutes ces guerres et ingérences qui apportèrent le chaos islamique et des flux de clandestins massifs en Europe. 

Sur le mondialisme, cet homme a montré sa soumission à l’Union européenne et à l’euro en votant le traité de Lisbonne, qui a réinstitué celui rejeté par les Français par référendum en 2005, et s’est s’opposé au Brexit (« très mauvaise nouvelle »). Il soutient l’Union européenne qui détruit l’Europe. Il a, ainsi, cautionné les funestes traités commerciaux de libre-échange sur lesquels l’Union européenne a compétence exclusive ; et qui sont le fait de lobbies, banques et corporats globaux sur lesquels nous n’avons aucun pouvoir, qui minent les États-nations, nos industries, et poussent au sans-limite des flux migratoires, commerciaux et financiers. 

Sur l’économie, 600 milliards de dette supplémentaire, des millions de chômeurs, la destruction de services ou infrastructures publics pour des oligopoles privés. RSI. Cet homme qui a vécu par nos impôts prône l’ultralibéralisme pour le peuple.

Sur le sociétal, il est pour le mariage gay et contre l’abrogation de la loi Taubira. Promet de « réécrire » la loi… Quand le FN s’est engagé à l’unanimité à l’abroger, Philippot inclus.

Enfin, il voterait PS face au FN, serait élu grâce au PS contre Marine Le Pen. Il combat le seul parti et la seule candidate qui voient juste sur tout depuis des années !

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Fillon, primaire, Hollande : les formules-choc d'Emmanuel Macron

Par Le figaro.fr
Publié le 04/12/2016 <<<<<<<<<<<<<<Le Fig<<<<<<<<<<<<

LE SCAN POLITIQUE - Dans LeJDD, le candidat à la présidentielle dénonce la primaire de la gauche «querelle de clans», s'en prend à François Fillon qu'il qualifie d' «ultralibéral» et en appelle « à tous les progressistes ».

Dans une interview au Journal du Dimanche , le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron lâche ses coups et s'en prend à la fois à la tenue d'une primaire à gauche et au candidat de la droite François Fillon, affichant sa volonté de rassembler «tous les progressistes»

• «Cette primaire, c'est OK Corral»

Alors que le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis a appelé samedi Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, tous deux crédités entre 12 et 15% d'intentions de vote dans les sondages, à participer à la primaire, l'ancien ministre de l'Économie lui répond par la négative. «Quand on prétend présider aux destinées d'un pays, on n'est pas là pour s'enfermer dans des querelles de clans», explique-t-il, ajoutant que, selon lui, «cette primaire, c'est OK Corral!», en référence à la fusillade d'O.K. Corral dans l'Arizona en 1881 où des cow-boys se sont entretués.

«La gauche est éliminée du second tour depuis dix-huit mois! Il n'y en a pas un qui va au second tour! Pas un! Quand bien même cette primaire se passerait bien, le vainqueur n'y arriverait pas. Si Arnaud Montebourg sort de la primaire, vous pensez que Valls le soutiendra? Si Manuel Valls gagne, pensez-vous que les soutiens d'Arnaud Montebourg ou de Benoît Hamon iront derrière lui?», s'agace le candidat.

• Hollande?«C'est quelqu'un de secret et d'inattendu»

Lorsqu'on lui demande s'il s'attendait au renoncement du chef de l'État à briguer un second mandat, le candidat d'En Marche! répond: «je ne m'attendais à rien parce que c'est quelqu'un de secret et d'inattendu» .

• Fillon? «Ce n'est pas un projet libéral, mais ultralibéral»

Si Emmanuel Macron assume le qualificatif de «libéral», il s'en prend au programme de François Fillon qu'il qualifie d'«ultralibéral». Son «discours est inhumain et dégradant pour les fonctionnaires». Il s'oppose au projet de déremboursement des petits soins porté par le candidat de la droite, qu'il juge «injuste et inefficace». François Fillon veut concentrer les remboursements de la Sécu sur les risques lourds, comme les affections graves ou de longue durée, ce qu'il appelle le panier de soins «solidaire», tandis que le reste, les petits risques serait plutôt remboursé par les mutuelles.

• «J'aime les combats à visage découvert»

Interrogé sur le président, il estime que celui-ci a été victime d' «un piège construit par l'appareil et jusqu'au sein du gouvernement» qui s'est refermé sur lui. N'a-t-il pas lui-même joué un rôle dans sa disqualification? «Je n'ai jamais manqué de respect au président de la République. J'ai eu des désaccords stratégiques que j'ai toujours assumés ouvertement (...) J'aime les combats à visage découvert. Tout le contraire des tireurs couchés», commente-t-il. Puis il se tait quand on lui demande: «le tireur couché, c'est Valls?»

• «Êtes-vous un rebelle? Sans doute»

À la question «êtes-vous un rebelle?», l'ancien ministre de l'Économie répond «Sans doute», ajoutant: «C'eût été plus facile pour moi de rester dans le gouvernement et d'essayer de jouer dans des cadres établis». Emmanuel Macron a quitté le gouvernement le 30 août 2016.

• «Ce n'est pas une aventure d'un jour. Nous resterons et nous durerons»

Interrogé sur son avenir, Emmanuel Macron affirme qu'il a déjà réuni «plusieurs centaines» de parrainages, et s'affiche «confiant». En cas d'échec en 2017, il n'envisage pas de quitter la politique: «Ce n'est pas une aventure d'un jour. Nous resterons et nous durerons», prévient-il.

 

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Vu de Londres, le «putsch» de Valls

>>>>>>>>>>>>Direct du Fig le 2.12.16 à 10h28 >>>>>>>>>

10h28 Vu de Londres, le «putsch» de Valls

Pour le Times, François Hollande a été poussé à renoncer par un «putsch de palais» de son «protégé» Manuel Valls. Le quotidien relate «une bataille extraordinaire au sommet de l’Etat» dans laquelle le premier ministre a «montré clairement qu’il jugeait que le président était trop discrédité pour avoir la moindre chance de remporter un second mandat». Mais l’affrontement pourrait être fatal aux deux hommes. L’échec du tandem à relancer la croissance de l’économie risque de coûter la victoire à la gauche. Et «maintenant, M. Valls risque d’être entraîné vers le bas par la chute de son mentor», estime le journal conservateur.

Le Guardian s’intéresse à la galerie de candidats de la gauche, et au combat qui s’annonce entre le réformiste Manuel Valls et plusieurs anciens ministres représentants d’un «mouvement frondeur de gauche», dont Arnaud Montebourg, ainsi qu’Emmanuel Macron. 

Pour le Financial Times, le «désarroi» de la gauche sera  une aubaine pour Marine Le Pen qui devrait «renforcer son appel populiste aux déçus du socialisme».

De notre correspondant à Londres, Florentin Collomp

 

à 10:12
Le mystérieux SMS envoyé à des élus et journalistes
 
C'était sans doute le premier signe annonciateur. Jeudi à 16H30, plusieurs parlementaires proches de Manuel Valls et des journalistes ont reçu un texto de la part d'une collaboratrice de Manuel Valls, indiquant que le premier ministre allait changer de numéro de téléphone "à partir de 20H", rapporte L'Express. Un nouveau numéro leur est alors transmis.

À cet instant, on ignore que François Hollande va annoncer son retrait de la course à la présidentielle. Que signifie ce mystérieux SMS ? "J'ai senti que quelque chose était en train de se passer", raconte à l'hebdomadaire un élu, destinataire du texto. Finalement, de nombreux proches de François Hollande apprendront la nouvelle en direct, en regardant l'allocution du président à 20H. 
 
à 09:55
Le silence d'Alain Juppé
 
Alain Juppé, candidat malheureux à la primaire de la droite, s'est refusé à commenter le choix du président, affirmant qu'il avait "décidé de se retirer de la vie politique nationale, pour l'instant". "Je suis en cure (...) Au risque de décevoir les journalistes envoyés par leurs rédactions nationales, je ne ferai aucun commentaire sur ce pour quoi vous êtes venus", a-t-il dit aux médias venus l'interroger sur l'annonce de François Hollande, avant une réunion du conseil de Bordeaux Métropole. "J'ai décidé de me retirer de la vie politique nationale pour l'instant (...) J'ai tourné la page de la politique nationale et je m'abstiendrai de tout commentaire, je suis passé à autre chose".
 
à 09:42

VIDEO - L'intervention de François Hollande dans son intégralité  >>>>>>VIDEO>>>>>>>

 

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Un drôle de paroissien !

Si l’on en croit les commentateurs et les experts électoraux, cette primaire de la droite et du centre a déjà fait une victime, au-delà du cercle des candidats disparus : Marine Le Pen. Mauvaise affaire pour elle, quel que soit le cas de figure ! Elle aurait eu du souci à se faire si Sarkozy l’avait emporté : ne chassait-il pas sur les mêmes terres qu’elle et n’atteignait-il pas les couches populaires, vivier de l’électorat frontiste ?

Dans ce cas, Juppé n’eût-il pas été un adversaire facile à terrasser étant idéologiquement plus éloigné et ne bénéficiant pas des suffrages populaires ? Nullement ! Car, de son côté, le maire de Bordeaux voyait les électeurs de gauche se porter sur lui dès le premier tour, au point qu’il était le seul à la devancer. Encore raté pour elle ! Ah ! Fillon, c’est pain bénit alors, puisque, lui, n’a ni les voix du peuple, à l’instar de Sarkozy, ni celles de la gauche comme Juppé ? Eh bien non, pas davantage ! Il n’a pas les atouts de ses concurrents, mais, fatalité pour Marine, il en aurait un autre : il recueille les suffrages des catholiques sur lesquels elle pouvait compter et qui vont donc lui manquer.

Au-delà de ces variations sur le thème éculé et toujours démenti du recul annoncé de la candidate nationale, on constate qu’elle est toujours au cœur de la politique française. La question reste la même dans la classe politique : « comment s’en débarrasser et continuer à jouer entre nous sans cet élément perturbateur qui vient dénoncer nos connivences ? »

Revenons à Fillon qui serait le nouveau « tombeur » de Marine Le Pen. Déjà, des sondages montreraient que c’en serait fini de sa course en tête au premier tour et ce au profit du député de Paris. S’il est un candidat qui devrait se méfier plus que d’autres de ces sondages, c’est pourtant bien Fillon. Que sa victoire sur ses rivaux lui donne un élan dans l’opinion n’est pas extraordinaire ! C’est même banal. Ségolène Royal, en 2007, avait bénéficié de cet effet primaire, devançant Sarkozy ; or, trois mois plus tard, en janvier, elle voyait fondre ses intentions de vote, jusqu’à sa chute finale. Dans une campagne présidentielle, cinq mois sont une éternité. Personne ne sait qui sera le prochain président de la République, c’en est fini de l’idée qu’il se confondra avec le vainqueur de la primaire de la droite et du centre.

Quant aux catholiques, y compris pratiquants, ils votent désormais pour le FN à peu près comme les Français : ils sont passés en trente ans de 5 % à 26 %. Ceux qui ont rallié les nationaux viennent de la droite traditionnelle qui les a déçus comme le reste de nos compatriotes. Ce n’est pas Fillon qui les fera revenir. Car c’est un drôle de paroissien qui se vante de n’avoir jamais fait quoi que ce soit, hier, en tant que chef du gouvernement pour ne serait-ce que limiter l’avortement et qui ne fera rien, demain, pour abroger le « mariage » entre personnes de même sexe. Et puis, il y a tout de même quelque hypocrisie à faire état de sa foi privée en… public afin de tenter de piper les voix catholiques pour affirmer ensuite que cette foi n’aura aucune incidence sur sa vie publique. Cette dissociation de l’homme privé et de l’homme politique ne relève pas de la morale catholique mais d’une forme de schizophrénie, ou, plus simplement, d’un double jeu électoraliste.

Guy Rouvrais

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François Fillon, candidat patronal du Wall Street Journal et des actionnaires du CAC 40

>>>>>>>>>>>les amis d'Alain de Benoist 30.11.16 >>>>>>>>>>>>

Breizh-info.com : La victoire de François Fillon signifie-t-elle une «révolution conservatrice» comme beaucoup, à droite, le laissent entendre. Avec Fillon assiste-t-on au « triomphe de la droite des valeurs » ?

Alain de Benoist : Des valeurs cotées en Bourse, c’est en effet probable. Pour les autres, vous me permettrez d’en douter.

La droite HLM (« hors les murs ») cherchait depuis des mois un candidat qui soit plus libéral en matière économique et plus « conservateur » en matière sociétale que ne l’est aujourd’hui le Front national. Ce candidat, elle l’a trouvé. Il s’appelle François Fillon. Il présente bien, il est convenable, propre sur lui, bien élevé, fidèle à sa femme, il n’épile pas ses sourcils, il vote en faveur de l’IVG et n’a pas la moindre intention de revenir sur la loi Taubira mais en son for intérieur il n’en pense pas moins (sic). De surcroît il va à la messe, et puis il habite un manoir, ce qui fait décidément de lui un homme très bankable.

Personnellement, je me réjouis bien entendu de la défaite du maire de Bordeaux, qui avait cru intelligent de faire une campagne de gauche dans une primaire de droite, comme de celle du mari de Carla Bruni, qui n’a pas vu qu’une primaire « ouverte » lui serait fatale. Fillon, me semble-t-il, a d’ailleurs surtout été perçu comme un moyen de se débarrasser de ces deux-là. Mais à mes yeux, cela ne suffit pas à en faire un héros.

D’abord et avant toute chose, je suis un adversaire du capitalisme libéral. Or, François Fillon, si sympathique qu’il puisse être (mais ce ne sont pas les individus qui m’intéressent), est de toute évidence un libéral. Si j’en crois les médias, c’est même un « ultra-libéral ».

Je ne peux donc que lui être ultra-hostile. Son programme nous ramène directement au XIXesiècle : destruction des services publics, suppression de l’impôt sur la fortune et hausse de deux points de la TVA (ce qui augmentera le coût des produits de première nécessité), démantèlement du système de santé (exclusion des « petits risques » de la couverture maladie), simplification des licenciements, diminution des allocations chômage, proposition faite aux travailleurs de travailler plus en étant payés moins, baisse des retraites et des salaires, soumission à la Commission de Bruxelles, problème des banlieues réduit à l’emploi, nouveaux cadeaux aux entreprises pour faciliter l’embauche (alors que celle-ci dépend de la demande, et que la demande est tuée par la baisse du pouvoir d’achat induite par les politiques d’austérité). Bref, une « casse sociale » qui correspond très exactement au programme du MEDEF.

Henri Guaino, qui n’est pas à proprement parler un gauchiste, parle déjà du « pire programme de casse sociale imaginé depuis 1944 ». Il ajoute, non sans raison, que « ce sont les politiques économiques absurdes qui minent la protection sociale, et non la protection sociale qui détruit l’économie ». François Fillon, c’est d’abord le candidat patronal du Wall Street Journal et des actionnaires du CAC 40.

Cela dit, je suis bien conscient que ce n’est pas ce programme qui lui a permis de remporter la victoire. Et que ceux qui ont voté pour Fillon ont d’abord voté pour sa personne. Mais pour être franc, je suis vraiment fatigué de cette droite bourgeoise imbécile, dénuée de la moindre structuration idéologique, toujours à la recherche d’un « homme providentiel », et à laquelle il suffit de faire de vagues promesses qui n’engagent à rien pour qu’en toute bonne conscience elle puisse se concentrer sur la seule chose qui l’intéresse vraiment, à savoir la défense de ses intérêts. Comme disait Céline, « ce sont les surfaces les plus lisses qui prennent le mieux la peinture ». Cette droite conservatrice et « nationale-libérale », qui n’a jamais été capable de comprendre qu’elle adhère à un système économique qui détruit tout ce qu’elle prétend conserver, qui mélange libéralisme économique et conservatisme social, logique du profit et appel aux « valeurs », ordre moral réactionnaire et xénophobie, n’a rien pour me plaire – et c’est pourquoi je la combat depuis toujours.

On le sait, certains cathos ont préféré voter pour Fillon plutôt que pour Jean-Frédéric Poisson, plus proche pourtant de leurs convictions, mais qui avait aussi pris position pour un revenu de citoyenneté et qui estime que « le libéralisme est la pensée unique d’aujourd’hui, qu’il soit majoritairement économique comme le libéralisme de droite, ou majoritairement sociétal, comme le libéralisme de gauche, les deux n’étant évidemment pas incompatibles ». Poisson se prononçait aussi « contre la domination du marché sur tous les domaines de la société humaine ». Un discours insupportable pour ceux qui, oubliant les critiques du pape François dirigées contre le néolibéralisme, voient avant tout dans l’Église une « gendarmerie sacrée » (Georges Sorel) destinée à mater les « classes dangereuses ».

Breizh-info.com : François Fillon peut-il être un « Victor Orban » ou un « Donald Trump » comme certains semblent le croire ?

Alain de Benoist : Ni l’un ni l’autre, pour l’excellente raison que François Fillon est tout sauf un populiste. A la limite, c’est même son antipopulisme qui a convaincu ceux qui l’ont élu. Le fait dominant des primaires auxquelles nous venons d’assister, c’est en effet que les classes populaires ne se sont pas déplacées pour aller voter, sans doute parce qu’elles ne se reconnaissaient dans aucun des candidats – et qu’elles savaient bien que les trois problèmes qui les préoccupent le plus, à savoir l’immigration, l’Europe et la mondialisation, ne seraient abordés par personne.

Le sarkozyste Gérard Darmanin, maire de Tourcoing, en a fait le constat : « Les classes populaires ne sont pas venues voter […] Or, ces électeurs constituent la majorité des voix pour une élection présidentielle ». Les couches populaires abandonnées, en France, cela représente en effet 24 millions de voix. On voit par là que Fillon n’est nullement le « candidat du peuple de droite », mais seulement le candidat de la moyenne bourgeoisie de province, et plus particulièrement des seniors, plutôt riches et inactifs, qui se fichent bien des questions sociales, puisqu’ils font partie des classes protégées. C’est ce que Patrick Buisson vient de déclarer lui aussi : « La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n’est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter ».

Fillon avait commencé par être « gaulliste social » avec Philippe Séguin (c’est à son exemple qu’il avait appelé à voter « non » au traité de Maastricht, choix qu’il déclare regretter maintenant). Aujourd’hui, il se réclame de l’abominable Margaret Thatcher, qui représente très exactement tout ce que Séguin détestait.

Breizh-info.com : Peut-on dire néanmoins qu’après ce scrutin, les jeux sont déja faits ?

Alain de Benoist : J’ai déjà eu l’occasion de dire que le système des « primaires », que l’on a importé des États-Unis en France, est une absurdité. Les primaires se conçoivent très bien outre-Atlantique, où l’élection présidentielle ne comporte qu’un seul tour, ce qui impose aux partis de ne présenter qu’un seul candidat. En France, où l’élection se déroule en deux tours, elles ont pour seul but de donner aux partis le monopole de la désignation des candidats en même temps qu’elles instituent une sorte de vote censitaire parfaitement contraire à nos institutions. Les vraies primaires, en France, ce devrait être le premier tour.

Cela dit, voir dans cette primaire de la droite et du centre l’annonce du résultat final de la présidentielle est d’autant plus absurde que ce scrutin a rassemblé moins de 4,5 millions de voix (dont il faut encore déduire 600 000 voix « venues d’ailleurs »), alors que l’on dénombre en France près de 45 millions d’électeurs, dont 36 millions qui devraient participer à l’élection présidentielle soustraction faite des abstentionnistes. Sur ces 36 millions, il y a encore au moins 20 millions d’électeurs de droite. Ce sont eux qu’il va falloir convaincre, ce qui n’est pas gagné.

Il y a six mois, l’élection de Hillary Clinton ne faisait aucun doute, mais c’est Trump qui l’a emporté. Il y a deux mois, l’élection d’Alain Juppé à la primaire ne faisait aucun doute, mais c’est Fillon qui l’a emporté au terme d’une campagne qui a également démontré l’extraordinaire versatilité des électeurs de droite. Croire que l’élection présidentielle ne va pas nous réserver d’autres surprises est extrêmement naïf. On ne sait pas si Bayrou va se présenter. On ne sait pas si les libéraux auront à choisir entre Fillon, Bayrou, Valls et Macron. On ne sait pas ce qui va se passer à gauche. On ne sait pas ce que va faire Mélenchon.

On ne sait même pas si Marine Le Pen sera au second tour. Considérer que les jeux sont faits et que le second tour opposera immanquablement Marine et Fillon est donc pour le moins aventuré. Cinq ou six mois à l’avance, une élection présidentielle n’est jamais jouée.

Breizh-info.com : Marine Le Pen est-elle plus en danger pour l’élection présidentielle avec François Fillon qu’avec Alain Juppé ?

Alain de Benoist : A supposer qu’elle soit présente au deuxième tour, Marine Le Pen aurait probablement préféré se retrouver face à Juppé, voire à Sarkozy. Mais face à Fillon, elle conserve toute ses chances à condition d’employer la bonne tactique : d’un côté mettre en accusation Fillon sur l’immigration, et chercher à rallier les ex-sarkozystes qui ne se reconnaissent pas dans le programme de l’ancien Premier ministre, mais surtout s’adresser en priorité aux classes populaires directement menacés par le libéralisme patronal de Fillon en s’attachant à faire comprendre à une gauche aujourd’hui en déshérence qu’elle ne peut pas, en conscience, aller voter pour un ultra libéral qui ne rêve que de renforcer l’emprise du Capital, d’augmenter la précarité et le nombre des travailleurs pauvres.

Le rôle naturel de Marine Le Pen est de s’adresser à une France périphérique qui se sent aujourd’hui exclue et abandonnée, qui voudrait voir embaucher plus de gendarmes, de policiers, de pompiers, d’infirmières et d’enseignants, qui ne veut pas travailler plus pour gagner moins ni voir démanteler les derniers mécanismes de protection sociale auxquels elle peut encore avoir accès. Cette France périphérique ne se reconnaîtra jamais dans un représentant de la bourgeoisie traditionnelle. Contre Fillon l’ultra-libéral, le FN n’a donc qu’une chose à faire : durcir et amplifier impérativement sa critique du libéralisme.

Propos recueillis par Yann Vallerie

 

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Hollande : le goudron et les plumes

Sur Internet circule, en ce moment, un bouquet – que dis-je, un bouquet ? -, une gerbe de citations au caractère extrêmement prémonitoire. L’auteur eût été bien inspiré, à l’époque, de tourner sept fois ses doigts sur le clavier avant d’envoyer ses tweets, car il est bien connu que verba volant, scripta manent. Et, justement, ces citations, elles scribent méchamment. Jugez-en.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Toutes ces phrases ont été tweetées en 2012 par François Hollande, lors de la campagne présidentielle.

Ce florilège serait un excellent moyen de passer un bon moment agréable en se tordant les côtes, une sorte de résurrection de l’arroseur arrosé qui fit tant rire nos grands-parents, avec force tartes à la crème et soubrettes empressées.

Comique de situation, vaudeville de répétition…

Oui, mais ! C’est de la France que l’on parle. L’homme qui nous dirige et qui croyait bon, il y a cinq ans, de canarder ainsi le Président en poste à l’époque, pèse, aujourd’hui, entre 5 et 10 % (par charité chrétienne). Voici ce qu’écrivait Le Huffington Post (peu suspect de sarkolâtrie !), le 14 mai 2012, sous le titre « La fin d’un quinquennat d’impopularité » : « Si la cote de popularité du chef de l’État se stabilise, elle se maintient néanmoins à un niveau très bas: 34 % de satisfaits. » Un tiers de satisfaits et le niveau est très bas. Voilà un pourcentage que Hollande, dans ses rêves les plus foldingues, ne peut même pas imaginer approcher.

La question que ce champion toutes catégories du rejet se pose aujourd’hui est : « Est-ce que je me représente ? » Tout ce qu’il a dit, il y a cinq ans, est donc bidon, du flan, du vent, de l’esbroufe tapageuse, de la frime. Voilà bien le personnage.

Du reste, qu’il se présente ou pas n’a plus aucune espèce d’importance : il est cuit, laminé, foutu et, s’il a l’indécence de proposer de remettre le couvert, ce sera jouissif de le voir pointer au mieux à la quatrième place à l’issue du premier tour. Le goudron et les plumes