ARTICLES

  • 24) ...... Éric Vuillard, Goncourt 2017 : «L'histoire est une manière de regarder le présent» .....«Grâce aux archives, il est possible de raconter l'intimité des grands personnages, du même coup, cela permet de rincer la grande histoire, de la rendre moins imposante»
  • 23) ..........Guillaume Peltier : «Nos provinces, une chance pour la France !» ..............La nouvelle petite noblesse d'État, forgée dans le moule comptable et technocratique, a pris la mauvaise habitude de nous regarder avec commisération. Notre tort? Nous, les habitants de la France des provinces, nous refusons de lui ressembler. Singer des individus uniformes, aseptisés, ultraconnectés mais déracinés? Non merci, vraiment.
  • 22) ....Michel Onfray : «Dégageons les Robespierrots et lançons la révolution girondine !»..........La lecture d'un article de Guillaume Peltier intitulé «Nos provinces, une chance pour la France!» m'a ravi. Je sais que le trajet et la sensibilité politique de son auteur sont à mes antipodes, mais en touchant au mécanisme politique français jacobin, il fait mouche et me réjouit. Il écrit en effet des choses proprement révolutionnaires parce qu'elles vont à rebours de ce qu'affirment tous les partis récemment présents aux présidentielles, dont le sien, et qui sont tous centralisateurs, étatistes, jacobins, pour tout dire: parisiens.
  • 21)... Les populismes. Flux ou reflux ? Il y eut le Brexit et l’élection de Trump. Puis les élections autrichiennes où le représentant du FPÖ échoua de peu. Et les présidentielles françaises où les candidats classés comme populistes atteignirent plus de 40% des voix au premier tour. Les coups de boutoir des populistes sont-ils en train de saper les murailles de ce qu’ils appellent le « système » ?
  • 20) ... En Inde, avec les forçats du charbon. REPORTAGE - Dans la région de Jharia, premier bassin houiller de l'Inde, qui veut doubler sa production de charbon d'ici à 2020, les mines sont en feu depuis un siècle. Dans cet enfer survivent des dizaines de milliers de collecteurs de houille, entre les brasiers et les émanations toxiques.
  • 19) ... Dans le Grand Nord, les forçats des diamants de glace. ENQUÊTE - On y accède en avion ou par une dangereuse piste glacée. À Gahcho Kué, mine de diamants isolée dans l'immensité du Grand Nord canadien, les ouvriers, «Blancs» et Indiens «flanc-de-chien» s'adaptent aux rudes conditions de l'Arctique.
  • 18) .... Christophe GUILLUY ...a) ....dans la revue LIMITE : ...Vous décrivez la posture morale de la bourgeoisie qui décrédibilise toute critique. ......Comme elle n’assume pas sa position de classe, elle tente de décrédibiliser toute attaque qui révélerait sa position de classe. Quant j’intègre le concept de « bobo », on me reproche d’utiliser un terme « journalistique, américain, pas sérieux ». Toute critique est ringardisée, fascisée, selon la technique efficace qu’a très bien décrite Pasolini dans ses Ecrits Corsaires : « Pour se protéger, la bourgeoisie inventera un antifascisme contre un fascisme qui n’existe plus ».                  b) .....La metropolisation est une ideologie ....On a parfois du mal à comprendre la mondialisation. Si tel est le cas, convoquez mentalement un ouvrier de Montluçon au chômage et un ingénieur lyonnais, vous comprendrez instinctivement ce qu’il en est.                  c) . dénonce un "assèchement de la pensée", le rapport à la mondialisation détermine désormais le vote.
  • 17) ...WIKI : ....de l' ESCLAVAGE en Grèce antique ... hcq :...à la réification des peuples ...?  ...de la lutte des classes à la lutte des strates ...? ...  de l'homentranche ....?

    L’esclavage a été une composante essentielle du développement du monde grec antique pendant toute son histoire. Il est considéré par les Anciens non seulement comme indispensable, mais encore comme naturel : même les stoïciens ou les premiers chrétiens ne le remettront pas en cause.

    .............Il n’existe pas d’activité servile à proprement parler : toute tâche est susceptible d’être effectuée par un esclave, à l'exception de la politique48. Pour les Grecs, elle est la seule activité qui soit digne d’un citoyen, le reste devant être abandonné le plus possible aux non-citoyens49. C’est le statut qui importe, et non le type d’activité.

    ....  il voit en l’esclavage la condition du développement de l’élite, en l’espèce les citoyens
  • 16) ... Vincent Coussedière : « Le retour des peuples dépasse les partis populistes ".  ....Agrégé de philosophie, Vincent Coussedière a été révélé au grand public avec son premier livre Éloge du populisme. ...Vincent Coussedière tient à distinguer le «retour du peuple» aux partis dits «populistes».
  • 15) .... IVAN RIFIOUL .... " De l'urgence d'être populiste ............«Populiste» est une accusation qui interdit la critique du Système asphyxié. Le procédé veut clouer le bec, comme le procès en islamophobie est destiné à laisser l'islam politique en paix. Une même pensée intolérante, confrontée à ses échecs, use de l'invective pour se protéger.
  • 14) ... «Communautarisme juif» : des propos de François Fillon font réagir le grand rabbin. Sur Europe 1, l'ex-Premier ministre a déclaré que dans le passé les juifs étaient «une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République». Des propos qui ont fait réagir le grand rabbin. Fillon lui, dénonce une instrumentalisation.
  • 13) ... Écosse et Grande-Bretagne: la sécularisation en marche. En Ecosse ont été rendus publics en septembre 2016, les résultats de l’enquête religieuse menée en 2015 sur les foyers écossais.
  • 12) ... CCIF : "Des islamistes qui avancent mosquée" (Le Canard enchaîné, 17 août 2016)
  • 11) ... Agrégé de philosophie, Vincent Coussedière a été révélé au grand public avec son premier livre Eloge du populisme. Son second opus, Le retour du peuple, An I, vient de paraître aux éditions du Cerf.
  • 10) ..... TOURNANT ELECTORAL ....populiste ... EN IRLANDE DU NORD ..............
  • 9) ... Rencontre avec le populiste Alain de Benoist. CHRONIQUE - L'essayiste et philosophe n'aime ni nos élites, ni la mondialisation, ni le libéralisme. Il voit venir avec intérêt « le moment populiste » dont il décrit les facettes dans un livre ambigu mais érudit.
  • 8) ........CES AGRICULTEURS ... qui court-crcuitent la grande distribution ......
  • 7) ... Le sondage interdit. Le sondage CEVIPOF de janvier 2017 sur la confiance des Français devrait être le "livre de chevet" de tous les responsables politiques.
  • 6) ... L’islamisation de la France est-elle inévitable ? Comment la conjurer ?
  • 5) ... Pourquoi des Loubavitch chantent-ils la Marseillaise ?
  • 4) ... GEERT WILDER   ... et le peuple hollandais ...et la  liberté d'expression  ..
  • 3) ... Comment le peuple juif fut inventé
  • 2) ... Juif errant
  • 1) ... Khazars

 

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Éric Vuillard, Goncourt 2017 : «L'histoire est une manière de regarder le présent»

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Par Françoise Dargent
Mis à jour le 06/11/2017 à 13h21 | Publié le 06/11/2017 à 10h18

INTERVIEW - Il est le successeur de Leila Slimani, l'élu du prix le plus prestigieux de la littérature française. Dans Le Figaro Littéraire, le romancier explique comment, dans tous ses livres, il cherche à démystifier certains faits historiques grâce à la littérature.

Après la prise de la Bastille dans 14 Juillet, la conquête de l'Ouest dans Tristesse de la terre, la guerre de 14-18 dans La Bataille d'Occident, Éric Vuillard s'est intéresseé dans L'Ordre du jour à la montée du nazisme. Le nouveau Prix Goncourt explique ce que la littérature peut apporter à l'histoire.

LE FIGARO LITTÉRAIRE. - Vous relatez l'histoire à travers des faits rarement évoqués. Quel épisode a déclenché votre travail, cette fois?

ÉRIC VUILLARD. - Lentement, en lisant par intérêt personnel sur la Seconde Guerre mondiale, l'idée m'est venue que la représentation que nous avions du Blitzkrieg, de la modernité de l'armée allemande, ne correspondait pas aux faits. Dans le livre, je raconte une spectaculaire panne des Panzer lors de l'Anschluss, loin de la version triomphante que nous en avons. Dans les films d'actualités, les tanks parfaitement cadrés donnent une impression de force, or l'armée allemande était à ce moment principalement à pied et à cheval, et non pas motorisée. Nous avons beau savoir que c'est de la propagande, que ce sont pour l'essentiel des images commandées par Goebbels, elles sont notre fond de l'œil. En racontant cette panne inouïe, je tente d'écorner l'impression de toute-puissance que ces images nous imposent.

Vous évoquez aussi une réunion secrète des industriels allemands avec Hitler, ou le déjeuner d'adieu de Ribbentrop à Londres. Comment avez-vous choisi ces épisodes précis?

Je me suis servi de photographies, de bouts de films, des Mémoires que j'avais lus, des archives du procès de Nuremberg. C'est ainsi que notre pensée fonctionne, que nous fondons nos opinions, nous coulons dans nos jugements un matériau hétérogène. Il y a par exemple cette lettre frappante de Walter Benjamin: il raconte que la compagnie autrichienne du gaz refuse tout à coup de servir ses clients juifs parce qu'ils ne payent plus leur facture. Or, si elle refusait de fournir les Juifs, c'est qu'ils se suicidaient de préférence au gaz et laissaient des impayés. Lisant cette lettre, on se demande si l'auteur fait de l'humour noir ou s'il dit la vérité. En réalité, c'est sans doute les deux, l'ironie vertigineuse est ici une modalité de révélation de la vérité. Le grotesque macabre répond mieux qu'une analyse. J'ai essayé de rendre un climat, de suivre les petits sentiers de la compromission.

Qu'est-ce que la littérature peut faire entendre de plus que l'histoire?

Il me semble que pour comprendre certaines choses, nous avons besoin du récit. Si les chiffres peuvent être glaçants, bouleversants parfois, incarner les personnages permet de toucher la réalité d'une manière différente. Et puis, pour celui qui écrit, inscrire les événements dans le temps d'une intrigue oblige à un montage, à un parti pris, qui permet de saisir des choses que l'on n'aurait pas pu comprendre autrement. C'est l'effet «chandeliers de Jean Valjean»; emporté par l'histoire qu'on raconte, on est bien obligé de les prendre soi-même, ces chandeliers!

«Grâce aux archives, il est possible de raconter l'intimité des grands personnages, du même coup, cela permet de rincer la grande histoire, de la rendre moins imposante»

Qu'est-ce qui rapproche ces deux disciplines?

La littérature et l'histoire ont toujours eu des rapports endogames. L'Iliade est un poème, mais c'est aussi un livre d'histoire. Quand on lit Les Misérables, on rencontre sans cesse des épisodes de la vie collective. Il n'y a pas d'histoire sans composition, pas de science sans récit. Le savoir est agencé comme un roman, il a structure de fiction. L'art d'écrire, le style lui-même, est l'art des rapprochements.

Laisser de côté la grande histoire pour s'intéresser aux plus ordinaires n'est pas nouveau…

Tout au long du XXe siècle, les historiens et les écrivains se sont intéressés de plus près aux individus ordinaires, se rapprochant d'une certaine façon de la vie du peuple, de ses souffrances. Cela accompagne le processus démocratique. En revanche, cela oblitère les responsabilités, la vie quotidienne paraît abandonnée à elle-même, comme s'il n'y avait personne aux commandes. C'est frappant avec les romans sur la Grande Guerre ; chez Giono ou Céline, on est plongé dans le malheur commun, on est dans les tranchées. On n'est jamais en embuscade à l'intérieur du quartier général ou des ministères. On ignore ce qui s'y passe…

D'où votre volonté de raconter la montée du nazisme depuis les lieux de pouvoir européens?

Oui, c'est une forme de réalisme, une manière de pénétrer les endroits fermés. C'est d'ailleurs ce que réclame implicitement le terme de «transparence». Grâce aux archives, il est possible de raconter l'intimité des grands personnages, du même coup, cela permet de rincer la grande histoire, de la rendre moins imposante.

Votre livre résonne explicitement avec le présent. Pourquoi?

L'histoire est toujours une autre manière de regarder le présent. Bien sûr, le monde est aujourd'hui radicalement différent de celui des années 1930, et pourtant les coordonnées se ressemblent. Nous assistons à une montée de l'autorité, du racisme, mais aussi à une forte emprise de la finance, à une aggravation des inégalités. Avec ce livre, j'ai voulu suivre le développement des compromis, les paroles raisonnables, les négociations entre personnes responsables qui ont permis l'installation du fascisme.

Quelle est la part d'invention dans vos récits?

Au sens strict, elle est minime. Je peux prêter quelques pensées, des sentiments aux personnages. Lorsque je raconte l'entrevue du chancelier d'Autriche, Schuschnigg, avec Hitler, je n'invente pas le dialogue que Schuschnigg rapporte dans ses Mémoires, mais je le réinterprète. Je n'ai pas la même idée que lui de son rôle. Ce qui dans son attitude lui semble grand peut nous paraître ridicule. Ce qui lui semble sans conséquence peut nous paraître décisif. C'est cela qui est de l'ordre de l'invention au sens fort; et ça ne relève pas vraiment de l'imagination.

Revendiquez-vous un rôle moralisateur en tant qu'écrivain?

Je ne parlerais pas de morale. Mais on n'écrit pas hors du monde. Je suis imprégné de mon époque et mes livres sont également des productions sociales. Il y a deux positions concurrentes: faire comme si le monde était transparent, sans idéologie, comme si les faits étaient des données brutes, et que les romans pouvaient être neutres. Ce n'est bien sûr pas le cas. L'autre solution consiste à tenter d'écarter ou de dévoiler une part de l'idéologie qui nous traverse. Dans une époque trouble, comme la nôtre, où l'avenir est incertain, une plus grande clarté me semble nécessaire. Et si l'écriture est une manière de trancher, d'y voir un peu plus clair, cela n'est possible qu'en s'exposant.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 18/05/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Guillaume Peltier : «Nos provinces, une chance pour la France !»

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Par Guillaume Peltier
Publié le 08/11/2017 à 16h54

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TRIBUNE - La France des provinces devrait être la première bénéficiaire des politiques publiques, argumente le député LR de Loir-et-Cher.

La nouvelle petite noblesse d'État, forgée dans le moule comptable et technocratique, a pris la mauvaise habitude de nous regarder avec commisération. Notre tort? Nous, les habitants de la France des provinces, nous refusons de lui ressembler. Singer des individus uniformes, aseptisés, ultraconnectés mais déracinés? Non merci, vraiment.

Paris n'est pas toute la France et toute la France ne rêve pas comme Bercy

Disons-le franchement, les enfants gâtés de l'ultralibéralisme, pour leur part, tentent d'imposer leur vision du monde: un modèle individualiste, ultraconsumériste, négateur de notre histoire et de notre exception culturelle, vénérant San Francisco mais ne sachant pas situer Châteauroux ou Montauban, prônant l'ouverture mais érigeant des ghettos aux remparts invisibles, symboliques ou financiers ; un modèle de la métropole mondialisée ressuscitant des petites féodalités. Pour ma part, avec une grande majorité de Français, je rejette ce modèle imposé d'en haut: loin des nouveaux jacobins enfermés dans l'obsession du chiffre, de la statistique et de la rentabilité, nous croyons tout à la fois en un État fort et protecteur mais aussi en notre Nation unissant nos identités provinciales. Paris n'est pas toute la France et toute la France ne rêve pas comme Bercy.

La France populaire et rurale n'est pas ringarde. La France périphérique, si bien décrite par Christophe Guilluy, ne doit plus se sentir en déclin. Bien loin des poncifs de la pensée dominante fondée sur le diptyque métropolisation-mondialisation, la majorité des Français vit aujourd'hui dans une commune de moins de 10.000 habitants. Le sait-on? Le dit-on? Non. L'État déverse, depuis des décennies, des sommes astronomiques pour toujours plus de rénovation urbaine, toujours plus de rapidité dans les échanges et les transports, toujours plus de densité urbaine, de mobilité embouteillée et d'anonymat social. Pourtant, ce n'est pas ce à quoi aspirent les Français.

Face aux idéologues du vivre-ensemble, aux illuminés du vivre-plus-vite-et-plus-loin, je prône le modèle du vivre-mieux

On ne peut pas comprendre la France des provinces quand on n'a pas, chaque matin, l'occasion d'aller travailler en admirant le soleil se lever sur un étang de Sologne ou sur les champs millénaires façonnés par des générations d'agriculteurs dans l'Aube ou le Tarn, l'émotion de voir la faune s'éveiller dans l'écrin de nos montagnes ou du Marais poitevin, l'honneur d'aimer la France industrielle abandonnée et pourtant déterminée à se relever ou la chance de profiter des odeurs du marché provençal qui s'installe sur la place du village. Ce modèle-là n'est pas celui d'un métro souterrain où, résigné et contraint, l'Homo œconomicus s'engouffre pour aller travailler au service du village global, sans prêter la moindre attention à son propre voisin.

Face aux idéologues du vivre-ensemble, aux illuminés du vivre-plus-vite-et-plus-loin, je prône le modèle du vivre-mieux. Ce vivre-mieux n'est possible que dans l'enracinement, la relocalisation et l'épanouissement de la France des villages et des visages, celle des solidarités et des cercles d'appartenance. Bien sûr que nous devons avoir l'ambition d'une France conquérante. Bien sûr que nous ne devons pas opposer mais réconcilier la France des métropoles et des provinces. Mais pour atteindre l'universel, il faut des ailes et des racines. Encore faut-il que nous en prenions conscience.

Je suis convaincu que le redressement de la France viendra de la force tranquille de nos provinces qui abritent les héros de demain

Il est temps, au nom de l'équilibre et de la justice, que la France des provinces bénéficie en priorité des politiques publiques. Il ne s'agit pas d'entretenir une quelconque nostalgie mais d'entrer de plain-pied dans la modernité. Le vivre-mieux de la société française est la condition de son unité et du renforcement de notre adhésion collective à la Patrie. En tant que député, j'ai proposé des idées concrètes: accession sociale à la propriété, «chèque-carburant» pour les travailleurs du monde rural, obligation d'installation des jeunes médecins, contraintes financières pour les opérateurs téléphoniques pour l'accès de tous au numérique…

Élu de Loir-et-Cher, je suis convaincu que le redressement de la France viendra de la force tranquille de nos provinces qui abritent les héros de demain. Je pense aux élus locaux qui donnent tout pour servir le Bien commun, aux ouvriers qui ne se plaignent jamais, aux Français qui se lèvent tôt, aux entrepreneurs qui prennent des risques, aux familles qui se battent pour élever leurs enfants, aux instituteurs qui élèvent l'esprit de notre jeunesse, aux jeunes qui ne rêvent pas d'être milliardaires dans une «start-up nation». À tous ceux qui croient à la permanence d'une culture française, tramée dans 2000 ans d'histoire et dans l'étoffe des songes, aux immigrés qui aiment la France, aux anciens combattants à qui nous devons notre liberté, aux fragiles et aux silencieux, à tous les Français de gauche, de droite et d'ailleurs qui sont cette France oubliée des territoires, je dis: soyez fiers et conquérants car vous êtes l'avenir et la chance de la France. C'est par le bas que se forge le haut. Ce sont les provinces de France qui nous feront renouer avec le chemin de la grandeur.

Vice-président du groupe LR à l'Assemblée.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 09/11/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

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Michel Onfray : «Dégageons les Robespierrots et lançons la révolution girondine !»

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Par Michel Onfray
Mis à jour le 12/11/2017 à 22h39 | Publié le 12/11/2017 à 16h46

TRIBUNE - Le philosophe* réagit à une tribune de Guillaume Peltier parue dans  Le Figaro  et plaide à son tour pour une décentralisation assumée et réelle.

La lecture d'un article de Guillaume Peltier intitulé «Nos provinces, une chance pour la France!» m'a ravi. Je sais que le trajet et la sensibilité politique de son auteur sont à mes antipodes, mais en touchant au mécanisme politique français jacobin, il fait mouche et me réjouit. Il écrit en effet des choses proprement révolutionnaires parce qu'elles vont à rebours de ce qu'affirment tous les partis récemment présents aux présidentielles, dont le sien, et qui sont tous centralisateurs, étatistes, jacobins, pour tout dire: parisiens.

Que dit ce jeune député de Loir-et-Cher? Que «les habitants de la France des provinces» sont regardés de haut par la technocratie parisienne car elle estime que le seul modèle viable est urbain, cosmopolite, individualiste, inculte, consumériste, mondialiste, déraciné, anhistorique. Il précise qu'on ne dit jamais que «la majorité des Français vit aujourd'hui dans une commune de moins de 10.000 habitants». Il ajoute que l'État verse des sommes considérables pour rendre les villes plus tentaculaires encore avec leur cortège de maux: déshumanisation, hyperconcentration, atomisation sociale, anonymisation, à quoi il aurait pu ajouter: pollutions, aussi bien des corps que des âmes. Il renvoie aux paysages façonnés par les hommes depuis des siècles, aux parfums des marchés, au sublime de la nature qu'il oppose aux vies souterraines des usagers du métro. Je souscris.

Il y a en province bien des talents que la technocratie centralisée tient sous son talon.

Je souscris également à son idée selon laquelle une sortie de cette religion des villes doit viser l'invention d'une vie des territoires, avec les enracinements qui, seuls, rendent possible l'universalité.

Le cosmopolitisme est devenu un nationalisme qui méprise les provinces, de la même manière que les Jacobins de 1793 méprisaient les Girondins, qu'ils ont fait raccourcir parce qu'ils souhaitaient, entre autres, que Paris ne pèse que 1/83de la représentation nationale - il y avait alors 83 départements.

Les Robespierrots, pour parler comme Olympe de Gouges, elle aussi raccourcie par le prétendu Incorruptible, ne se trouvent pas que chez les actuels dévots bien connus de Robespierre: ils sont chez tous ceux qui estiment que Paris doit faire la loi aux provinces - d'autant que Paris n'est plus que la chambre d'enregistrement de Bruxelles…

Je partage ce désir de révolution par le retour du pouvoir des provinces. Et, pour ce faire, je cosigne cette idée qu'«il est temps, au nom de l'équilibre et de la justice, que la France des provinces bénéficie en priorité des politiques publiques». Il y a en effet en province bien des talents que la technocratie centralisée tient sous son talon.

De Marine Le Pen à Philippe Poutou en passant par Macron et Mélenchon, Hamon ou Fillon, tous communiaient dans une même religion jacobine.

Il y a peu, dans un livre intitulé Décoloniser les provinces et sous-titré Contribution aux présidentielles, je défendais cette idée que seule une révolution girondine pourrait donner de l'air à cette France jacobine qui a échoué. De Marine Le Pen à Philippe Poutou en passant par Macron et Mélenchon, Hamon ou Fillon, tous communiaient dans une même religion jacobine. C'est ce logiciel qu'il faut jeter à la poubelle. L'ampleur de l'abstentionnisme puis du vote blanc et nul témoigne que ce vieux modèle a fait son temps.

Dans ce livre, je renvoyais aux analyses du penseur anarchiste Pierre-Joseph Proudhon et à son communalisme libertaire, aux parlements provinciaux, aux autogestions départementales, aux fédérations de communautés, aux mandats impératifs, à la nécessité de maisons du peuple comme de forums citoyens qui activeraient une véritable démocratie directe (en rupture avec les actuels dispositifs démocratiques qui singent le modèle jacobin avec féodalités locales, départementales, régionales…), à la restitution du pouvoir aux entités viables, à l'extension de monnaies locales, à la création d'écoles expérimentales, et à de nombreuses autres pistes.

La capitale se décharge de l'intendance sur les provinces sans jamais leur donner de pouvoir authentique.

La plupart du temps, la régionalisation consiste à transférer des pouvoirs secondaires aux régions pendant que les régaliens sont conservés par Paris. La capitale se décharge de l'intendance sur les provinces sans jamais leur donner de pouvoir authentique. La gestion et l'administration des écoles, des déchets, des transports, du patrimoine et de la qualité de l'air, qui relèvent de la région, sont de pitoyables hochets alors que les régions devraient disposer d'une véritable autonomie dont il faut désormais penser la nature.

C'est le seul projet qui puisse mobiliser à nouveau les citoyens lassés par le jeu médiatique et politique, qui a pris le pas sur ce que devrait être la démocratie: le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple. Ce devrait être une évidence, c'est devenu un programme révolutionnaire.

Que pour ce faire soient rédigés d'authentiques cahiers de doléances régionaux et que se tiennent de véritables états généraux des provinces aux fins de création d'une Constituante girondine qui économiserait les professionnels de la politique. C'était tout le sens du projet proudhonien.

Je ne sais si Guillaume Peltier, qui en appelle «à tous les Français de gauche, de droite et d'ailleurs» y souscrirait, mais son appel ouvre d'immenses perspectives pour la France d'en bas qui est bien lasse des frasques de la France d'en haut.

*Auteur de «Décoloniser les provinces. Contribution aux présidentielles»,Éditions de l'Observatoire, 2017.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 13/11/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

La rédaction vous conseille :

 

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Les populismes. Flux ou reflux ?

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Éditorial de Pascal Gauchon

Il y eut le Brexit et l’élection de Trump. Puis les élections autrichiennes où le représentant du FPÖ échoua de peu. Et les présidentielles françaises où les candidats classés comme populistes atteignirent plus de 40% des voix au premier tour. Les coups de boutoir des populistes sont-ils en train de saper les murailles de ce qu’ils appellent le « système » ?

Curieux terme que celui de « système ». Il paraît encore plus vague que celui de « populisme », il permet aux critiques d’assimiler ce dernier à un mouvement inconsistant qui part à l’assaut d’une chimère à coups d’arguments approximatifs et grossiers – une sorte de Don Quichotte monté sur Sancho Panza.

Pourtant il existe bien une convergence des intérêts et des élites.

Voyez tous les scrutins que nous avons évoqués : les syndicats de patrons et de salariés, les présidents d’université et les mouvements étudiants, la grande presse et le showbiz, les obédiences maçonniques et les représentants des religions, les partis socialistes et libéraux… les voilà tous unanimes, tous mobilisés (1). Ces organisations que tout oppose parlent alors d’une même voix. N’est-ce pas avouer que le terme de «système» n’est pas dépourvu de signification ?

Tentons dès lors de le définir : une société composée d’organisations et de communautés qui, avec le temps, ont établi entre elles des compromis (les populistes parleraient de compromissions), chacune régentant un territoire comme un fief que les autres lui reconnaissent. On peut voir dans cet équilibre la preuve d’une société intégrée, apaisée et démocratique. Sauf que la grande masse de la population est censée faire confiance aux dirigeants de ces organisations – les « élites » – et rester silencieuse.

Le « système » peut se défendre.

Réagissant en bloc, il avait déjà forcé Tsipras à se déjuger. Il a contenu les populistes lors des dernières élections en Europe, ainsi aux Pays-Bas ou en France, avec comme principal argument la peur de l’inconnu. Nul doute que ces résultats encourageront l’abstention, arme suprême. Au Royaume-Uni, les adversaires du Bréxit n’ont pas renoncé à le faire capoter en jouant sur le temps. Aux États-Unis, les élites ont réussi à paralyser les premières initiatives de Trump – manifestations hostiles, révolte des grandes villes contre les décrets sur l’immigration, protestations des patrons de la Silicon Valley, action des juges, attaques de la presse. Et l’on a vu Donald Trump revenir sur une partie de ses engagements, du moins pour l’instant. Qu’il change encore d’avis et la procédure d’impeachment sera enclenchée. Si la menace devient trop forte, on peut toujours modifier le mode de scrutin comme certains l’ont suggéré après le Bréxit. D’ores et déjà le référendum est discrédité, assimilé à la «fausse démocratie»: en 2005 le vote très clair des Français et des Néerlandais avait été modifié par un tour de passe-passe et déjà on se prépare à jeter aux poubelles de la démocratie la consultation plus modeste de juin 2016 sur la construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Le « système » peut être rassuré. Les populistes sont divisés (entre gauche et droite), leurs moyens limités, leur capacité à diriger incertaine, leurs maladresses surprenantes. Ils ont été contenus partout ou presque. Un immense « ouf ! » a retenti. Ce soulagement se double d’une arrogance qui ne se dément pas (2).

N’ont-ils pas compris que c’est ce mépris qui nourrit la colère ? Que les causes profondes du surgissement du populisme n’ont pas disparu ? Et qu’après le reflux peut revenir le flux ?

  1. La cohésion du « système » n’est pas toujours aussi nette qu’elle l’a été en France. Au Royaume-Uni, la grande presse n’est pas monochrome. Aux États-Unis, le monde des affaires s’est divisé à propos de Trump et une partie des Églises l’a soutenu.
  2. Voir Jacques Séguéla sur C News, évoquant la supériorité de la France des villes – il avait d’abord parlé de « la France d’en haut ». À noter aussi Christophe Barbier expliquant que les éditorialistes sont des « tuteurs sur lesquels le peuple, comme du lierre rampant, peut s’élever » (Journal du Dimanche, 14 avril). Ou Lord John Kerr, sous le coup du Bréxit : « Nous, Britanniques de souche, sommes si stupides que nous avons besoin d’une injection de gens intelligents et jeunes venus de l’extérieur. » Ou encore James Traub dans Foreign Policies (28 juin 2016) : « Il est temps que les élites se dressent contre les masses ignorantes. » Provocation ou inconscience ?

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En Inde, avec les forçats du charbon

Par Célia Mercier, Publié le 29/01/2016 <<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<<

REPORTAGE - Dans la région de Jharia, premier bassin houiller de l'Inde, qui veut doubler sa production de charbon d'ici à 2020, les mines sont en feu depuis un siècle. Dans cet enfer survivent des dizaines de milliers de collecteurs de houille, entre les brasiers et les émanations toxiques.

Au bord du gouffre, des jeunes hommes ivres s'amusent par défi à sauter entre les crevasses. Sous leurs pieds, le brasier rougeoyant dévore avec appétit le sous-sol et lance par intermittence ses flammes dans l'obscurité. Le feu est l'attraction des soirées du village de Lantenganj, perché en surplomb d'une mine à ciel ouvert de l'Etat du Jharkhand, en Inde occidentale. A la nuit tombée, les habitants viennent observer son avancée. Plus de 300 habitations, dont les restes noircis sont parfois encore visibles, ont déjà été englouties. Dans ce village condamné, les émanations toxiques empestent l'atmosphère. Hommes, femmes, enfants souffrent de quintes de toux.

Depuis des années, le feu se propage dans les veines de la mine. Peu à peu, le sous-sol s'affaisse, menaçant de destruction plusieurs maisons des villages alentour.
Depuis des années, le feu se propage dans les veines de la mine. Peu à peu, le sous-sol s'affaisse, menaçant de destruction plusieurs maisons des villages alentour. - Crédits photo : © Serge Sibert / Cosmos

Arti, 19 ans, enveloppée dans un sari vert pâle, lave sa vaisselle à même le sol devant sa maisonnette repeinte avec soin pour célébrer Diwali, la fête des lumières. Une mise en beauté bien vaine: la bicoque sera la prochaine à disparaître, elle est déjà grignotée par la fournaise. «Nous avons déménagé à l'arrière du village. Le feu va mettre encore deux ans à nous atteindre, espère-t-elle. Ensuite, nous devrons partir.»

Assise dans sa courette, Urmila Devi, une veuve d'âge mûr, soupire: «Personne ne sait d'où vient ce feu, il est apparu il y a dix ans. Nous avons demandé aux autorités de l'éteindre, on nous a juste répondu: “Vous devez quitter les lieux.”» Elle se souvient d'un conducteur brûlé vif dans un tracteur qui s'est enflammé soudainement. D'une jeune femme avalée par une crevasse. Pourtant, Urmila rechigne à s'éloigner de cet enfer du feu. L' or noir qui abonde dans les mines alentour est son unique gagne-pain.

A Lantenganj, la majorité des habitants vit du ramassage sauvage de morceaux de houille. Devant la maison d'Urmila, ses enfants ont enflammé un tas de charbon qui dégage une fumée âcre et épaisse. Il brûlera six heures d'affilée pour enlever les résidus toxiques du minerai, avant d'être refroidi sous une couche de terre. Au matin, la mère de famille le vendra au bazar à des ménagères, pour alimenter les fourneaux de cuisine. «Ce tas-là, nous en tirerons 200 à 300 roupies (3 à 4 euros, ndlr)», estime Urmila. Rabindar, son fils de 15 ans, remonte tous les matins 100 kilos de charbon d'une mine voisine, en plusieurs voyages harassants, avant de rejoindre les bancs de l'école. Une récolte illégale qu'effectuent quotidiennement près de 40.000 villageois installés dans la région, alimentant un marché noir du minerai. Les managers des mines les appellent les «pilleurs» et leur imputent une perte de 5 à 10 %.

Depuis la découverte de gisements par les Britanniques en 1896, l'exploitation du charbon est devenue la principale ressource de la région de Jharia. La houille fournit les hauts-fourneaux de sidérurgie, une fois transformée en coke, ainsi que les centrales thermiques et les usines de ciment. Le minerai a attiré des milliers de paysans pauvres, des intouchables souvent, originaires des Etats voisins du Bengale-Occidental, de l'Uttar Pradesh et du Bihar. Installés sur le bassin depuis maintenant des décennies, ils sont considérés comme des «squatteurs», sans titres de propriété.

500.000 personnes doivent à présent être déplacées de leurs habitations

Le bassin est aussi devenu un territoire lucratif pour les «mafias du charbon» qui se sont constituées au fil des ans, avec de célèbres parrains locaux comme les hommes de la Singh Mansion. Ces réseaux sont toujours impliqués dans divers rackets et marchés noirs, contrôlant les syndicats, infiltrant les compagnies charbonnières et monopolisant les ventes aux enchères des lots. Les rivalités sanglantes entre clans ont même inspiré Bollywood, avec le film Gangs of Wasseypur, d'Anurag Kashyap. Un véritable far west établi sur un brasier menaçant.

Les premières mines appartenaient à des propriétaires privés qui n'ont pas pris la peine de sceller leurs galeries une fois l'extraction terminée. Dans ces mines abandonnées, les veines de charbon se sont enflammées au contact de l'air et des feux souterrains se sont propagés dans tout le bassin. La terre brûle maintenant depuis un siècle à Jharia, 40 millions de tonnes de charbon auraient déjà été perdues. Près de 70 feux ont été dénombrés, provoquant des effondrements de terrain et des émissions toxiques. Selon le recensement effectué en 2009 par les autorités, 500.000 personnes doivent à présent être déplacées de leurs habitations. Seules 3 % ont été relogées pour le moment, l'opération devant s'achever en 2021, financée par la compagnie de charbon et l'Etat.

Il faut quatre heures à  une dizaine d'hommes pour remplir un camion au chargement de 15 tonnes. 
Il faut quatre heures à  une dizaine d'hommes pour remplir un camion au chargement de 15 tonnes.  - Crédits photo : © Serge Sibert / Cosmos

Les mines ont été nationalisées en 1972 par Indira Gandhi, l'entreprise publique Coal India Limited récupérant les exploitations. Dans la région de Jharia, sa filiale, la Bharat Coking Coal Limited (BCCL), règne en maître dans le premier bassin houiller du pays. Sous sa responsabilité, les feux souterrains ont été officiellement combattus par divers moyens: creusement de tranchées, infiltration de sable, de nitrogène, d'eau. Sans résultat. Impuissance, incompétence, malversations…, les feux ont continué de se propager. Ce qui n'a pas empêché la poursuite de l'exploitation. La BCCL, rongée par la corruption et victime d'une gestion catastrophique, affichait pourtant année après année des déficits record. Depuis la fin des années 90, la compagnie s'est lancée dans une nouvelle stratégie: le creusement de mines à ciel ouvert. Bien plus profitable puisqu'elle permet d'extraire rapidement d'énormes quantités de minerai, cette technique a bouleversé la région.

L'excavation est effectuée avec de gros engins de chantier, une mécanisation massive du travail qui a provoqué une baisse draconienne du besoin en main-d'œuvre. «La BCCL employait 130.000 personnes en 1990, contre 55.000 aujourd'hui», explique R.R. Prasad, un représentant de la compagnie. L'entreprise externalise aussi certaines exploitations. Les sous-traitants emploient des journaliers, payés 5 euros la journée quand les mineurs salariés disposent, eux, de 450 euros par mois et d'une couverture maladie et vieillesse. La région forestière a aussi changé de visage, l'extraction à ciel ouvert a défiguré le paysage avec ces immenses cratères lunaires qui perforent les sols, et provoqué une pollution massive de l'air. Elle est surtout bien plus gourmande en terrain qu'une exploitation souterraine.

«Nous avons supplié les ministres, les députés, les managers de la BCCL de sauver notre village. Avant chaque élection, on nous promet d'éteindre le feu. Mais personne n'a rien fait. Ils convoitent le charbon et c'est tout.»

Mohammed, épicier du village de Bokapahari

Dans une ruelle de terre battue des faubourgs de Jharia,où plane comme ailleurs l'odeur âcre du charbon, Ashok Agarwal dirige son commerce de pièces de rechange pour les engins de chantier. Ce vieil homme énergique défend aussi les «déplacés» de Jharia avec son association Jharia Coalfield Bachao Samiti (comité pour la sauvegarde du bassin houiller de Jharia). Selon lui, le brasier souterrain est une opportunité pour la BCCL. «Cela leur donne un prétexte pour expulser les gens et récupérer les gisements sur lesquels il y a des habitations», assure-t-il, malgré les dénégations de la compagnie. Depuis 2002, le commerçant a pris fait et cause pour les habitants victimes du feu: «Il fallait faire entendre leur voix. Quand les grosses opérations de mines à ciel ouvert ont commencé, les villageois étaient délogés avec des compensations dérisoires. Nous avons fait appel à la Cour suprême pour leur rendre justice, et nous avons obtenu la mise en place d'un plan de réhabilitation. Les “déplacés” doivent disposer d'au moins deux pièces dans leur nouveau logement. Ils reçoivent aussi un revenu minimum pendant deux ans. Car là où ils sont relogés, à Belgaria, loin d'ici, il n'y a aucune source de revenus.»

Les habitants sont relogés, mais très loin des mines.

Dans le village de Bokapahari, les maisonnettes s'élèvent paisiblement à flanc de colline, les enfants jouent entre les tas de charbon, et les vaches déambulent. Là aussi, la fournaise ronge le sous-sol. Sous la demeure en torchis de Mantu, 45 ans, une faille dégage un gaz sulfuré qui empeste les environs. L'ouvrier, assis sous un banian, se souvient qu'après l'ouverture de la mine voisine, en 1994, le feu s'est répandu massivement sous le village. «La BCCL laisse ce feu s'étendre, ils veulent le gisement qui est sous nos maisons, déclare Mantu. Bokapahari va disparaître…» Bientôt, il devra partir avec sa famille à Belgaria, là où ont déjà été relogés 85% de ses voisins. Mohammed, l'épicier du village, se désole: «Nous avons supplié les ministres, les députés, les managers de la BCCL de sauver notre village. Avant chaque élection, on nous promet d'éteindre le feu. Mais personne n'a rien fait. Ils convoitent le charbon et c'est tout.»

Chaque jour, les villageois  de Liloripathra font brûler,  en fin de journée et pendant  la nuit, le charbon ramassé dans la mine bordant leurs habitations.
Chaque jour, les villageois  de Liloripathra font brûler,  en fin de journée et pendant  la nuit, le charbon ramassé dans la mine bordant leurs habitations. - Crédits photo : © Serge Sibert / Cosmos

Plus haut, des décombres s'amoncellent. Les maisons déjà évacuées ont été détruites pour éviter d'être squattées. Une crevasse fumante apparue soudainement dans la mosquée a été rebouchée tant bien que mal. Le feu souterrain provoque aussi des effondrements soudains. Dans la bicoque de Rita Devi, 40 ans, les murs se sont fissurés. Cette femme au verbe haut proclame qu'elle aimerait bien être relogée, «mais il faut payer des pots-de-vin pour avoir un appartement à Belgaria». Elle a perdu son fils de 18 ans l'an dernier: «A cause des gaz qu'on respire ici, le docteur a dit que son sang a tourné.» Son époux, mécanicien, est mort il y a sept ans, «la faute des gaz aussi, pense-t-elle. Ces fumées nous donnent des vertiges, des migraines, des problèmes d'estomac. Tout le village est atteint.»

Les feux dégagent du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone, du méthane et du dioxyde de soufre. Sans oublier les particules de charbon qui attaquent le tissu des poumons, provoquant des pneumoconioses et de l'asthme. Les problèmes respiratoires sont un fléau dans la région et touchent aussi les jeunes enfants. Mais seuls les salariés de la BCCL ont accès à des soins gratuits ; les autres, journaliers, collecteurs, doivent payer de leur poche et s'en remettent souvent à des charlatans. «Si on prenait en compte le coût des dépenses de santé, le prix du charbon exploserait», estime Ashok Agarwal.

«Si on prenait en compte le coût des dépenses de santé, le prix du charbon exploserait»

Ashok Agarwal, commerçant des faubourgs de Jharia

Dans le centre de Jharia, rickshaws, voitures et camions à benne se disputent la route dans un embouteillage baigné de smog, tandis que des hommes au visage grimaçant sous l'effort poussent à pied des vélos chargés de 200 kilos de charbon. Ils se rendent dans une grande ville de la région, à trois jours de marche, pour vendre leur cargaison issue de la collecte sauvage. Un camion fléchit tout à coup, du charbon se déverse sur la chaussée. Immédiatement, des femmes et des enfants se ruent au milieu du trafic pour ramasser les morceaux épars.

A 15 kilomètres de là, dans un coin de campagne, se trouve Belgaria, le village où ont été relogés 8000 habitants. Dans les nouveaux immeubles de trois étages, déjà délabrés, les familles s'entassent dans des appartements de 25 m². Certaines ont posé des enclos devant les bâtiments pour leurs vaches et leurs cochons. Pintu, 29 ans, vit ici depuis quatre ans. «Mon père travaillait pour la BCCL, mais moi je suis journalier, il n'y a plus d'embauche à la compagnie. Dans mon village, le feu était partout, un jeune homme est mort dans une crevasse. Quand la situation est devenue intenable, nous avons déménagé. Ici, nous sommes bien, l'air est pur, mais il n'y a pas de travail.» Comme tout le monde, Pintu retourne tous les matins à Jharia en quête d'un camion à charger. Certains font le trajet à pied pour économiser les 15 roupies (environ 20 centimes d'euro) que coûte le rickshaw.

La région de Jharia est la plus polluée de toute l'Inde.

A proximité de Jharia, en bordure de route, se trouve la mine en feu de Sendra Bansjora. En surplomb, on aperçoit le ballet des pelleteuses et des chargeuses flambant neuves, monstres de métal perchés sur d'énormes roues qui soulèvent un nuage de poussière au milieu des fumerolles s'échappant du gouffre. Dans la zone de chargement, sur la partie plane des hauteurs, le manager dirige les opérations, installé dans un cube de béton couvert mais délabré. Cinq cents personnes travaillent ici, dont 300 journaliers. A terme, la mine s'étendra sur un kilomètre, un village sera déplacé. Et les parties en feu vont être progressivement éteintes grâce à un arrosage permanent d'eau pompée, avant d'être creusées. «C'est la seule technologie qui permet de venir à bout du feu,explique M.P. Singh, le dirigeant de l'exploitation. Ce feu ne nous pose aucun problème pour l'exploitation, et la perte de minerai ne représente que 1 %.»

Chaque matin, des grossistes viennent prendre livraison  du charbon collecté la veille par les femmes du village de Ganshadia ; 250 kg de sacs sont transportés à bicyclette.
Chaque matin, des grossistes viennent prendre livraison  du charbon collecté la veille par les femmes du village de Ganshadia ; 250 kg de sacs sont transportés à bicyclette. - Crédits photo : © Serge Sibert / Cosmos

Derrière les terrils, Lata, frêle veuve de 52 ans, aide son amie Nanou à positionner son lourd panier de charbon sur sa tête. Le front en sueur, elle déverse ensuite sa corbeille d'osier à l'arrière d'un camion de transport sous le regard blasé des chauffeurs qui patientent en buvant un thé. Avec six journaliers, payés 5 euros chacun, le chargement de 15 tonnes prendra trois à quatre heures. Pour assurer du travail et éviter une agitation sociale dans la région, la BCCL continue de payer des chargements manuels. Mais ce métier risque à terme de disparaître. A proximité, une pelleteuse remplit en un quart d'heure un autre camion. Lata soupire: «Bien sûr, les machines vont plus vite que nous. Je ne sais pas ce que nous allons devenir.» Surendar, petit homme râblé, couvert de suie, renchérit: «La mécanisation des mines va très vite. Nous devons faire pression avec notre syndicat, sinon on risque de perdre notre travail.»

Le soleil se lève sur la mine Libra. Un paysage minéral de fin du monde apparaît dans la brume, un immense cratère ouvert il y a six ans, où le feu fait rage. Dans le froid du petit matin, hommes, femmes, enfants se pressent en file indienne, pieds nus sur un sentier bordé de pierraille qui serpente vers leur village de Liloripathra. Ils ploient sous les fardeaux noirs portés sur la tête, des corbeilles de 20, 30, 40 kilos de houille. Les saris colorés des femmes détonnent dans ces dégradés de grisaille où s'élèvent des vapeurs nauséabondes.

«Le charbon est à tout le monde. Les gens de la BCCL en vivent, et nous aussi. Nous sommes 400 familles ici, nous allons mourir de faim si on nous empêche de prendre de la houille.»

Champa, 50 ans

Il faut faire vite, la collecte est tolérée jusqu'à 8 heures du matin par le patron de la mine. L'an dernier, la police a bloqué l'accès. Les villageois se sont allongés devant les excavatrices pendant deux jours pour protester. «Après, on nous a laissés reprendre du charbon…», sourit tristement Budhi, une jeune mère de famille analphabète. Elle fait partie de la caste des intouchables, et vit sans électricité ni eau courante.

50% des patients qui se rendent à l'hôpital le font pour des problèmes respiratoires.
50% des patients qui se rendent à l'hôpital le font pour des problèmes respiratoires. - Crédits photo : © Serge Sibert / Cosmos

Deux jours plus tard, les villageois reviennent bredouilles. Les forces de sécurité ont à nouveau interdit l'entrée de la mine. Des femmes ont été malmenées, les habitants ont protesté en lançant des pierres, la police a répondu à coups de bâton. Un villageois marmonne: «Les policiers veulent nous faire payer un bakchich, 15 roupies par personne comme dans les autres mines.» Champa, 50 ans, le visage buriné, s'exclame: «Le charbon est à tout le monde. Les gens de la BCCL en vivent, et nous aussi. Nous sommes 400 familles ici, nous allons mourir de faim si on nous empêche de prendre de la houille.»

Dans son bureau de la BCCL, R.R. Prasad soupire: «Nous sommes incapables de faire face à ce pillage, des dizaines de milliers de personnes sont impliquées, on risque une révolte…» Pour A.K. Dutta, un responsable de mine de la BCCL, la situation est sous contrôle: «Nous tiendrons nos objectifs de doubler la production. Bientôt, on aura endigué le feu. En vingt ans, la surface en feu est passée de 17 km² à 2,2 km². Les squatteurs, eux, vont être déplacés et la sécurité sera renforcée autour des mines.» Ashok Agarwal, lui, entrevoit une «tragédie massive» : «On doublera la production certes, mais au prix de l'appauvrissement et de la précarisation des habitants, nous aurons des “réfugiés du développement”.»

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Dans le Grand Nord, les forçats des diamants de glace

Par Ludovic Hirtzmann, Publié le 28/04/2017  <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

ENQUÊTE - On y accède en avion ou par une dangereuse piste glacée. À Gahcho Kué, mine de diamants isolée dans l'immensité du Grand Nord canadien, les ouvriers, «Blancs» et Indiens «flanc-de-chien» s'adaptent aux rudes conditions de l'Arctique.

Gahcho Kué, Canada Territoires du Nord-Ouest

Le vieux Jumbolino, un petit quadriréacteur de facture britannique des années 1980, décrit un large cercle au-dessus de la banquise formée par une myriade de lacs gelés. À bord, les 90 mineurs se réveillent. «Bienvenue à Gahcho Kué», entonne la voix rauque de la chef de cabine aux cheveux gris et bleus. Pour les Amérindiens, en langue chipewyan, Gahcho Kué est «le lieu où se trouvent des gros lapins». Pour les Blancs, après deux heures de vol nord-nord-est depuis Edmonton dans l'Alberta vers les Territoires du Nord-Ouest (TNO), Gahcho Kué est la mine de diamants de la compagnie De Beers. Une sorte de base lunaire échouée sur la toundra, plate à perte de vue, et en ce début de printemps, encore blanche à l'infini.

Les quatre réacteurs de l'avion rugissent une dernière fois. Deux autobus scolaires attendent les mineurs. Les gars sont silencieux. C'est l'entrée du camp composé de baraques préfabriquées disposées en parallèle. Un jeune homme austère demande le silence. C'est le porte-parole des bonnes et des mauvaises nouvelles survenues au cours des deux dernières semaines pendant lesquelles ces travailleurs ont quitté la mine. Point de nouvelles maladies, d'événements graves, seulement des blessures secondaires. Les mineurs filent vers leurs dortoirs, prêts à travailler.

À Gahcho Kué, 280 employés vivent coupés du monde. La durée de l'isolement est de deux semaines, suivie de deux semaines de congé pour le personnel d'exécution. Les cadres sont, eux, soumis au «quatre par trois»: quatre jours de travail, trois jours de repos. Les équipes effectuent des rotations par avion, comme avec ce vieux Twin Otter équipé de skis qui emmènera une quinzaine de personnes. Il ira se poser à l'aéroport de Yellowknife, où l'on croise encore d'antiques DC3. Autre époque. Après tout, Yellowknife, 22 .000 habitants et capitale des Territoires du Nord-Ouest, la ville des Indiens «couteaux jaunes», a été l'un des foyers de la ruée vers l'or du Klondike au tournant du XXe siècle. La fièvre du diamant y a remplacé celle du métal jaune.

«Gérer Gahcho Kué, c'est comme faire marcher une petite ville»

Allan Rodel, directeur général de la mine de diamants Gahcho Kué

Gahcho Kué, à 280 km au nord de la capitale de ce territoire de 41.000 habitants deux fois et demie plus étendu que la France, elle, est encore plus isolé. Ni route ni train. La mine doit être totalement autonome. «Gérer Gahcho Kué, c'est comme faire marcher une petite ville», résume Allan Rodel, son directeur général. La mine compte une station de pompiers, une clinique et un restaurant où le chef, Mark Plouffe, s'assure que les mineurs mangent fruits, légumes et viandes.

Non loin de la «base vie», une usine traite les diamants. De l'autre côté, s'ouvre un vaste cratère où des pelleteuses géantes enfoncent leurs crocs monstrueux dans les tréfonds le la terre. Nuit et jour. Le sous-sol de la toundra rend gorge, crache les pierres précieuses. Oubliez les images d'Épinal! Les mineurs ne piochent pas la roche comme des forcenés. Ce sont désormais des opérateurs de machinerie lourde et sophistiquée. La technologie n'a pourtant pas totalement remplacé l'homme et quand bien même beaucoup de procédures sont automatisées, il faut parfois se frotter avec ce Klondike glacial. Le froid est coupant. Le thermomètre affiche - 35 °C en ce début de printemps. «On a connu une fois - 53 °C avec le vent», dit Allan Rodel. Dans cette condition inhumaine, près de la moitié des mineurs proviennent des TNO et un sur cinq est amérindien. La région compte une dizaine de tribus et onze langues officielles. Outre trois langues inuites, on y parle le «flanc-de-chien» ou le cri. On s'interpelle en «Esclave du Nord» et en «Esclave du Sud»! Réminiscence du grand lac des Esclaves qui borde Yellowknife.

«J'ai un bon job. J'ai travaillé dans des mines au Nunavut. Là-bas, les entreprises se moquaient de notre sécurité»

Lee, chauffeur de bus tlicho

Soudain, un grondement déchire le ciel. Explosion? Fausse alerte. Ce sont les mineurs qui repartent en avion pour deux semaines de repos. Lee, le chauffeur de bus tlicho, la tribu amérindienne la plus puissante de la région, autrefois appelée «flanc-de-chien», n'y prête plus attention. «J'ai un bon job. J'ai travaillé dans des mines au Nunavut. Là-bas, les entreprises se moquaient de notre sécurité», confie le Tlicho. «Nous tentons de privilégier l'embauche d'Amérindiens et de travailleurs de la région», assure Allan Rodel.

Dix mille carats sous haute sécurité

Une démarche sociale, mais aussi intéressée, car à l'exception des populations habituées à la région, peu s'habituent aux très grands froids. Rares sont les Canadiens du Sud, où il ne fait que - 20 °C, à résister à ce désert blanc. Un vrombissement dans le fond de la mine. C'est un mastodonte dont les roues sont plus hautes qu'un homme. Les pelleteuses y déversent des tonnes de roches. Un ballet de camions géants mène le minerai vers l'usine. Là, des concasseurs séparent la caillasse des pierres précieuses. Et les diamants, où sont-ils? 99 % des mineurs ne voient jamais de pierres précieuses. Trop d'argent en jeu. C'est la tragédie des mines de diamants. Serge Benoit, le gestionnaire du traitement du minerai, nous emmène dans le saint des saints, à la poursuite des diamants de glace.

Photographie, prise d'empreintes et des dizaines de caméras. Telle est une partie des mesures de sécurité pour éviter les tentations. Voici les cailloux. Ils sont dans des ramequins, triés par taille, de 7 à plus de 23 carats. Il y en a pour environ 10.000 carats, la production d'une journée, disposés derrière une vitre blindée en attendant d'être placés dans un coffre. Les yeux brillent. Les visiteurs se taisent. «Tout ça pour cela», lance, émerveillé, Serge Benoit.

La production a débuté en août dernier. Le filon doit durer douze ans. Si les diamants ne sont pas éternels, le Canada a un futur plus prometteur que d'autres pays producteurs. Les premières mines de diamants n'ont été exploitées qu'au début des années 1990. Troisième producteur avec 10 % de la valeur produite dans le monde derrière la Russie (29 %) et le Botswana (21 %), le Canada possède un vaste empire de diamants et de métaux précieux. Il existe trois mines dans les TNO, une en Ontario et une au Québec. Le marché mondial est essentiellement aux mains de De Beers et du russe Alrosa. C'est en 1995, que la compagnie minière canadienne, Mountain Province Diamonds (MPV) a découvert un filon à Gahcho Kué. Deux années plus tard, De Beers s'est associé à MPV, prenant 51 % des parts. Entre la découverte et le début des travaux de construction de GK, il faudra vingt ans. Il a fallu passer des accords économiques et environnementaux avec les tribus amérindiennes et avec le gouvernement des TNO. En vertu de ces derniers, De Beers remet en vente 10 % de sa production sur le marché local.

La construction de GK a coûté un milliard de dollars. Les salaires sont infiniment plus élevés qu'en Afrique. Il n'y a point d'Étienne Lantier ici, ce n'est pas Germinal. Les travailleurs sont bien traités, bien payés. Dans un pays où le taux de syndicalisme est élevé, de l'ordre de 30 %, la question sur l'éventuelle présence d'un syndicat dérange pourtant.

«Il y a la route et puis l'environnement hostile»

Les baraques préfabriquées, où sont logés les ouvriers de la mine de diamant de la compagnie De Beers, à Gahcho Kué.
Les baraques préfabriquées, où sont logés les ouvriers de la mine de diamant de la compagnie De Beers, à Gahcho Kué. - Crédits photo : DE BEERS

À cause de sa situation géographique, Gahcho Kué est un défi logistique coûteux. La mine n'est reliée que quelques semaines par an à Yellowknife par une route de glace. Afin de réduire les coûts d'expédition des quelque 9 tonnes de nourriture nécessaires chaque semaine, les équipes construisent en décembre une route de glace sur les innombrables lacs de la région. La piste part de Yellowknife, traverse une partie du grand lac des Esclaves pour relier trois mines. «L'épaisseur de la glace est d'environ 1,5 mètre», estime Robert Smith, logisticien. Près de 98 % du fret annuel de GK est ainsi expédié par camion sur cette route hivernale, jusqu'en avril. Le reste transite par avion. La mort guette les camionneurs qui s'éloigneraient du chemin de glace. «C'est un très bon métier, très bien payé. Je gagne 10.000 dollars par mois (7000 euros) et pour ceux qui possèdent leur propre camion, c'est plus», explique Kyle, sympathique camionneur. Il amène aujourd'hui 50.000 litres de fuel dans son camion-citerne. «Nous partons en convois de six camions. Il faut faire attention, garder la tête froide. On se perd très vite. Beaucoup de gars ne tiennent pas», ajoute-t-il. Pour relier les trois mines sur près de 1000 km, il faut compter trois jours. «Nous roulons au pas. Il y a la route et puis l'environnement hostile», dit-il. Loups, renards, ours, les prédateurs guettent, parfois aux abords du camp. «Si c'est un ours noir, réplique et bats-toi. Si c'est un grizzly, fais le mort. Et si c'est un ours blanc, prie», conseille Terry, un journaliste baroudeur basé à Yellowknife depuis quarante ans. Le 63e parallèle est un autre monde.

Le soir, le camp est un bagne polaire dont on ne s'échappe pas. Les naufragés du froid n'ont pas le droit à une gnôle pour se réchauffer. La consommation d'alcool est interdite sur le site. La sécurité y veille, allant jusqu'à fouiller les bagages à la recherche d'une bouteille. Alors à défaut, on s'épuise sur un vélo rameur dans le gymnase. Pourtant, tout a été conçu pour plaire aux personnels. De Beers a bien fait les choses. Dans la salle attenante, les gars jouent aux fléchettes ou au baby-foot. Le jour meurt doucement. Il cède la place aux aurores boréales pour lesquelles des hordes de touristes japonais se déplacent jusqu'à Yellowknife. Les travailleurs, eux, sont trop épuisés pour s'en soucier.

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Christophe GUILLUY

a)  ....dans le Figaro .... >>>>>>>>>>>>>     Présidentielles : Christophe GUILLUY, l'homme qui avait tout prévu ...  J'ai vu en direct la gentrification. Pour les autochtones, l'autochtone étant aussi bien le prolo blanc que le jeune issu de l'immigration, ce qui a provoqué le plus de problèmes, ce n'est pas l'arrivée des Maghrébins, mais celle des bobos.»

b) ....dans LIMITE ....la metropolisation est une ideologie .>>>>>>>>>>>>>>>>>> ...............On a parfois du mal à comprendre la mondialisation. Si tel est le cas, convoquez mentalement un ouvrier de Montluçon au chômage et un ingénieur lyonnais, vous comprendrez instinctivement ce qu’il en est. Schématiquement, c’est un peu cela Christophe Guilluy. Le lire, c’est comprendre la mondialisation à travers la géographie et la sociologie de nos sociétés occidentales. En trois essais – Fractures françaises (2010), La France périphérique (2014) et Le Crépuscule de la France d’en haut (2016) – Christophe Guilluy s’est imposé comme le géographe incontournable des effets de la mondialisation. Adulé ou décrié, il ne cesse ne nous alerter : il existe une France en dehors des métropoles connectées. C’est même là où vit la majorité, ne l’abandonnons pas.

A l’instar de Christopher Lasch, vous faites état d’une « révolte des élites ». Ceux-ci n’habitent plus avenue Foch mais à Belleville. Vous les appelez les « Rougon-Macquart déguisés en hipster ». Pourquoi ce bobo-bashing ?

Je préfère le terme de « France d’en-haut » à celui d’ « élites ». Les élites renvoient aux « 1% » les plus riches. Avec la « France d’en-haut », j’englobe les catégories supérieures et les classes moyennes supérieures que l’on retrouve principalement dans les métropoles et qui représentent 30 à 40% de la population. Ce ne sont pas uniquement les riches mais plutôt la grosse minorité privilégiée. D’ailleurs, cette France d’en-haut est la première à critiquer les 1%. Tout le monde déplore la financiarisation du monde et les paradis fiscaux. Même Sarkozy, c’est dire… Cette critique, par ailleurs légitime, me semble totalement inoffensive car elle ne remet pas le système en cause. Il s’agit plutôt d’une intégration de la critique du système dans le système.

Quand j’utilise le concept de « bobo » (popularisé par David Brooks qui désignait la bourgeoisie démocrate), je m’intéresse surtout au premier « bo », celui de bourgeois. Quelle différence entre un loft de Belleville d’une valeur d’un million d’euros et les hôtels particuliers de l’époque des Rougon-Macquart ? J’estime légitime de critiquer la bourgeoisie pour ce qu’elle est.

Mais aujourd’hui, et c’est l’intérêt du second « bo », la bourgeoisie a compris qu’elle ne pouvait plus être frontale. La domination existe encore mais celle-ci s’appuie désormais sur un brouillage de classe qui me semble lui être bénéfique. Elle donne l’image d’une classe contestataire, cool, qui a envie de plus d’égalité. C’est la bourgeoisie de la Silicon Valley façon Steve Jobs. Il portait certes un jean et un col roulé au lieu du costume cravate, mais il n’en était pas moins un redoutable business man. Le cool ne doit pas faire oublier la critique sociale.

Vous allez très loin dans votre dernier livre. Vous décrivez la posture morale de la bourgeoisie qui décrédibilise toute critique.

Comme elle n’assume pas sa position de classe, elle tente de décrédibiliser toute attaque qui révélerait sa position de classe. Quant j’intègre le concept de « bobo », on me reproche d’utiliser un terme « journalistique, américain, pas sérieux ». Toute critique est ringardisée, fascisée, selon la technique efficace qu’a très bien décrite Pasolini dans ses Ecrits Corsaires : « Pour se protéger, la bourgeoisie inventera un antifascisme contre un fascisme qui n’existe plus ».

Sur la question de l’immigration par exemple, je déplore un discours stupide et manichéen – entre racistes et antiracistes. Nos réactions humaines éminemment complexes méritent mieux qu’une disqualification morale. Dans une société multiculturelle où l’autre ne devient pas soi (car il n’y a pas d’assimilation), la question centrale est celle-ci : dans mon quartier, dans ma ville, vais-je me trouver en minorité ? La question concerne tout chacun d’entre nous, qui que nous soyons. Prenons l’exemple de la petite bourgeoisie maghrébine de Seine-Saint-Denis qui actuellement, craint de se trouver en minorité par rapport à une population subsaharienne. Les stratégies d’évitement concernent toutes les catégories sociales.

Le géographe Gérard-François Dumont écrit que la métropolisation est une idéologie. Il faut l’admettre comme telle, alors qu’au contraire, elle est présentée comme un phénomène factuel et rationnel.

Une certaine bourgeoisie ostracise la France d’en bas qui pourtant, accueille depuis 30 ans des populations immigrées avec un calme absolu. Les violences racistes en France sont minimales par rapport à ce qu’elles sont aux Etats-Unis, aux Pays-Bas ou même en Allemagne ou en Suède. On devrait s’en féliciter alors qu’on condamne cette France « xénophobe », cette France « du repli sur soi ». A l’inverse, dans mon dernier livre, je me moque un peu de ces milieux qui prêchent l’ouverture alors que la diversité y est quasi-inexistante. Rappelez-vous de cette cérémonie des Césars de 2016 qui récompense le film Fatima devant une salle 100 % blanche…

Pensez-vous que la carte fait le territoire ? Autrement dit, les représentations ont-elles raison de l’objectivité scientifique ?

Le géographe Gérard-François Dumont écrit que la métropolisation est une idéologie. Il faut l’admettre comme telle, alors qu’au contraire, elle est présentée comme un phénomène factuel et rationnel. Or, dessiner une carte relève d’un acte politique. Vous connaissez la sentence d’Yves Lacoste : « la géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre ». Quand on représente quelque chose, on choisit en angle, on ne décrit jamais les faits totalement objectivement.

Avec une carte des métropoles, on part du principe que chaque territoire est intégré à celles-ci, que chacun en bénéficie. Cette représentation corrobore la théorie libérale du ruissellement, selon laquelle les richesses des uns profiteraient mécaniquement à tous. Les fractures se réduiraient ainsi du fait de la péréquation (transferts fiscaux des territoires riches aux territoires pauvres NDLR). Ce raisonnement me semble aussi fallacieux que celui qui pose le numérique comme solution aux disparités territoriales. Bien qu’internet soit accessible depuis New York ou Guéret, les cadres supérieurs n’ont cessé de se concentrer dans les métropoles.

hcq : .....ai acheté le Numéro de LIMITE dont est extrait cet article ...

c) ______________________________________

"Il n'existe aucune connexion entre le monde d'en haut et celui d'en bas"

<<<<<<<<<<<<<<<<le Point 2.5.17<<<<<<<<<<<<<<<<<

Pour le géographe Christophe Guilluy, qui dénonce un "assèchement de la pensée", le rapport à la mondialisation détermine désormais le vote.

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de l'ESCLAVAGE en Grèce antique ... ...à la réification des peuples ...?  ... de la lutte des classes à la lutte des strates ...?

>>>>>>>>>>>>>>>WIKI 25.04.17>>>>>>>>>>>>>>>>>>

L’esclavage a été une composante essentielle du développement du monde grec antique pendant toute son histoire. Il est considéré par les Anciens non seulement comme indispensable, mais encore comme naturel : même les stoïciens ou les premiers chrétiens ne le remettront pas en cause.

.............Il n’existe pas d’activité servile à proprement parler : toute tâche est susceptible d’être effectuée par un esclave, à l'exception de la politique48. Pour les Grecs, elle est la seule activité qui soit digne d’un citoyen, le reste devant être abandonné le plus possible aux non-citoyens49. C’est le statut qui importe, et non le type d’activité.

La principale activité utilisant des esclaves est probablement l’agriculture, base de l'économie grecque. Certains petits propriétaires terriens possédaient un esclave, voire deux50. Une abondante littérature de manuels pour propriétaires terriens atteste la présence de plusieurs dizaines d'esclaves dans les grands domaines, à la fois en tant que travailleurs de base et en tant qu'intendants. Si la proportion du recours à l'esclavage dans le travail agricole est encore disputée51, il est certain d'une part que l'esclavage rural est très courant à Athènes, et d'autre part qu'on ne trouve pas en Grèce les immenses populations d'esclaves des latifundia romaines52.

Dans les mines et les carrières, le travail servile est de loin le plus important. On y trouve d’importantes populations d’esclaves, souvent loués par de riches particuliers. Le stratège Nicias loue un millier d’esclaves aux mines d’argent du Laurion, en Attique, Hipponicos 600 et Philomidès, 300. Le pseudo-Xénophon indique qu’ils rapportent une obole par esclave et par jour, soit 60 drachmes par an53,54. C’est l’un des placements les plus prisés des Athéniens. On a pu estimer au total à 30 000 le nombre d’esclaves travaillant au Laurion ou aux moulins de traitement du minerai attenants55. Il propose même que la cité se dote d’une importante population d’esclaves d'État, à hauteur de trois par citoyen, dont la location permettrait d’assurer l’entretien de tous les citoyens54.

Les esclaves sont également utilisés dans l’artisanat. À l'instar de l’agriculture, on y recourt dès que l’activité dépasse la famille. Cependant, la proportion de main-d’œuvre servile est beaucoup plus importante dans les ateliers. La fabrique de boucliers de Lysias emploie ainsi 120 esclaves56 et le père de Démosthène, 32 couteliers et 20 fabricants de lits57. Enfin, les esclaves sont également employés à la maison. Le domestique a pour rôle de remplacer le maître de maison dans son métier et de l’accompagner dans ses trajets et voyages. En temps de guerre, il sert de valet d'armes à l’hoplite ; on a suggéré que leur rôle réel était bien plus important58. La femme esclave s’occupe quant à elle des tâches domestiques, en particulier de la cuisson du pain et de la fabrication des tissus. Seuls les plus pauvres n'ont pas d'esclave domestique

..... Joseph Vogt, il voit en l’esclavage la condition du développement de l’élite, en l’espèce les citoyens. Inversement, il insiste sur les possibilités offertes aux esclaves de s’agréger à l’élite. Il estime que la société moderne, fondée sur des valeurs humanistes, a permis de dépasser ce mode de développement. L’esclavage grec fait toujours l’objet de débats historiographiques, en particulier sur deux questions provenant de l'école marxiste, à savoir peut-on dire que la société grecque était esclavagiste, c'est-à-dire que son économie repose sur l'esclavage - et les esclaves grecs formaient-ils une classe sociale.

 

 HCQ

..à la réification des peuples ...

de la lutte des classes à la lutte des strates ...? ...

de l'homentranche ....?

 

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Vincent Coussedière : « Le retour des peuples dépasse les partis populistes »

18/03/2017 – EUROPE (NOVOpress)

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Agrégé de philosophie, Vincent Coussedière a été révélé au grand public avec son premier livre Éloge du populisme.

Vincent Coussedière tient à distinguer le «retour du peuple» aux partis dits «populistes» :

Lorsque je parle du «retour du peuple», je n’identifie pas ce retour aux partis dits «populistes». En effet l’idée selon laquelle le «peuple» ferait son retour à travers un parti serait contradictoire. Le peuple n’est par définition pas un parti, aucun parti ne peut prétendre être le peuple, mais seulement une partie de celui-ci. Je ne cesse en effet de répéter depuis 2012 (Voir mon Éloge du populisme) que le «populisme du peuple» ne se confond avec aucun parti, mais doit plutôt s’interpréter comme la pression exercée par des peuples voulant conserver leur existence sur des systèmes partisans incapables de les protéger. Les peuples européens ont bien compris que ces mêmes partis étaient plutôt disposés à accélérer leur liquidation! Le «retour du peuple» s’exprime donc tout autant dans le vote pour des partis «populistes» que dans la désaffection à l’égard de systèmes partisans sur les ruines desquelles ces mêmes partis tentent de faire fortune, désaffection qui peut aussi se traduire par l’abstention ou par la volatilité du vote. Le «populisme du peuple» que je définis comme la réaction des peuples à leur décomposition ne se traduit donc pas forcément par l’adhésion aux partis «populistes». Ceux-ci ont certes une longueur d’avance sur les partis traditionnels mais rencontrent en même temps une méfiance de la part des peuples. Après tout ils sont aussi des «partis» et l’on se demande s’ils sont vraiment différents des autres… Il est donc sans doute encore trop tôt pour parler de «recomposition politique» comme vient de le montrer ce relatif échec de Wilders aux Pays Bas.

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IVAN RIFIOUL .... " De l'urgence d'être populiste" ............

Par Ivan Rioufol
Publié le 23/03/2017 à 18h02 >>>>>>>>>>>le Fig>>>>>>>>>>>>>>>

CHRONIQUE - Le rejet du populisme, cette idée fixe de la gauche de salon partagée par François Fillon, consiste à fuir le peuple en colère. Une faute lourde, explique l'auteur de La Guerre civile qui vient.

Le rejet du populisme, cette idée fixe de la gauche de salon partagée par François Fillon, consiste à fuir le peuple en colère. Cette débandade est une faute lourde. Elle est au cœur de la crise démocratique. La lâcheté est de refuser d'écouter les plaintes des plus touchés par la mondialisation, de peur d'avaliser des constats du Front national. Cela fait quarante ans que les sujets dérangeants sont mis sous le tapis, pour ne pas «faire le jeu de l'extrême droite».

Ceux qui proclament vouloir combattre l'extrême droite en profitent pour maltraiter un peuple jugé infréquentable. Ce mépris pour des Français trop français finira mal pour les prolophobes

Résultat de ce ménage de souillon: non seulement le FN est en tête dans les sondages pour le premier tour, mais l'abstention représenterait, à ce jour, 32% des intentions (étude Cevipof). Plus de la moitié de l'électorat ne jouerait plus le jeu des appareils politiques, effarés devant les Oubliés. Ceux qui proclament vouloir combattre l'extrême droite en profitent pour maltraiter un peuple jugé infréquentable. Ce mépris pour des Français trop français finira mal pour les prolophobes.

«Populiste» est une accusation qui interdit la critique du Système asphyxié. Le procédé veut clouer le bec, comme le procès en islamophobie est destiné à laisser l'islam politique en paix. Une même pensée intolérante, confrontée à ses échecs, use de l'invective pour se protéger. La violence de l'humanitarisme n'est certes pas comparable à celle de l'islamisme, qui peut tuer pour soumettre. Quand Clémentine Célarié refuse de serrer la main de Florian Philippot, samedi soir sur France 2, l'insulte dévoile le sectarisme de l'actrice et du show-biz. Mais la haine se fait déjà plus guerrière chez Christiane Taubira qui a qualifié, lundi, les responsables du FN d' «ennemis de la République et de la démocratie». Les idéologues du vivre ensemble et de la charia ont en commun d'être convaincus de détenir la vérité. Les premiers sont même devenus les «idiots utiles» des seconds, devant qui ils ont déjà rendu les armes. Entre doctrinaires, on se comprend.

«Si le populisme est un danger, c'est pour le politiquement correct qui s'est consolidé sur le déni des réalités et l'intimidation morale. Ce conformisme tyrannique cousine avec la pensée totalitaire»

Si le populisme est un danger, c'est pour le politiquement correct qui s'est consolidé sur le déni des réalités et l'intimidation morale. Ce conformisme tyrannique cousine avec la pensée totalitaire, qui fait obstacle à l'usage de la raison et de la démocratie. En fait, le populisme n'est autre qu'une parole libre et réaliste. L'assimiler à une démagogie revient à confondre le peuple et la foule. Le premier est en haut, la seconde est en bas, nous a appris le vieil Hugo. Combattre le populisme en prétextant y voir l'extrême droite amène à museler la parole, à obscurcir le regard. C'est sous la pression du populiste Geert Wilders que le gouvernement néerlandais a tenu tête aux agressions verbales du sultan Erdogan et a retrouvé la confiance des électeurs.

L'opération de déstabilisation contre Fillon a toutes les caractéristiques du procès moral dont la gauche est friande. L'offensive est soutenue par François Hollande, qui a réclamé mercredi «l'exemplarité» des candidats. Le PS a même demandé le «retrait» du Républicain, en dévoilant bêtement ses motivations. Pour les donneurs de leçons, l'insinuation vaut accusation. La rigueur du droit ne compte pas davantage que la présomption d'innocence ou le secret de l'instruction. Cette semaine,Le Canard Enchaîné et Le Monde en rajoutent dans les accusations unilatérales. Cette pratique stalinienne est habituelle chez ceux qui craignent la voix des urnes. Le mécanisme s'emploie à ne promouvoir que des opinions tièdes et élastiques. Emmanuel Macron, cheval de Troie du hollandisme, a donné, lundi soir sur TF1, un bel aperçu de la pensée creuse. C'est pourquoi, quand Fillon s'en prend au populisme ou à «l'imprévisible» Donald Trump, il avalise ses justiciers, qui disent la même chose. Or il ne peut oublier que seul le peuple pourra peut-être lui venir en aide.

Fillon: remonter la pente

«C'est en assumant une démarche lucide, populiste en somme, que le candidat libéral-conservateur peut espérer reconquérir un électorat choqué par son goût pour l'argent»

Oui, Fillon peut encore espérer remonter la pente. Il a déjà entrepris de dénoncer, hier, une «machination» qui reste à étayer. La démission, mercredi, du ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, soupçonné d'emplois parlementaires fictifs dont auraient bénéficié ses enfants alors mineurs, n'enlève rien au stratagème destiné à faire gagner Macron, très majoritairement rallié par la gauche. C'est en assumant une démarche lucide, populiste en somme, que le candidat libéral-conservateur peut espérer reconquérir un électorat choqué par son goût pour l'argent, mais qui attend prioritairement des réponses aux insécurités économiques et culturelles. Les politiques vont devoir se faire à l'idée neuve d'une société civile qui a choisi d'en finir avec les concubinages entre les politiques, les médias et les juges. C'est parce que cette caste juge «nauséabonds» les problèmes posés par l'immigration ou l'islam qu'il faut justement les résoudre. Une enquête du CNRS montre (Le Figaro, mardi) que 44% des élèves musulmans pensent qu'il est acceptable «dans certains cas» de «combattre les armes à la main pour sa religion». Continuer à dormir?

Quand Mélenchon dit vouloir être «le président de la paix», il oublie les errements de la gauche pacifiste des années 1930 face au nazisme. C'est dans ses rangs que se recrutèrent beaucoup des «collabos» de Vichy. Or ce même processus s'est enclenché chez les nouveaux angéliques, rejoints par une extrême gauche fascinée par l'islam révolutionnaire et sa haine de l'Occident. L'Europe en guerre est un thème qui aurait dû être central lundi. Or, seuls François Fillon et Marine Le Pen ont abordé ce défi du siècle, qui a encore frappé Londres mercredi (3 morts, 40 blessés). Inutile de chercher plus loin les causes de la désespérance d'électeurs confrontés à la légèreté de dirigeants incapables de désigner l'ennemi et ses alliés. «Plus l'ennemi islamiste nous tue pour ce que nous sommes (…) plus on lui déclare la paix», fulmine Alexandra Laignel-Lavastine (1). L'essayiste salue le choix de son fils, parachutiste, de renouer avec l'homme du sacrifice et la figure du combattant. Les droites sauront-elles être à la hauteur de l'Histoire?

Le tweet de Hollande

Ce tweet de Hollande, du 18 mars: «Aujourd'hui, ma fierté est de pouvoir remettre à mon successeur un pays plus fort, plus digne, plus soudé, plus cohérent qu'en 2012.» Quand un pouvoir épuisé mêle en si peu de phrases le mensonge à l'irréalisme, il est urgent qu'il s'en aille, et ses héritiers avec.

(1) Pour quoi serions-nous encore prêts à mourir? Éditions du Cerf.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 24/03/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

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«Communautarisme juif» : des propos de François Fillon font réagir le grand rabbin

Novembre 2016 <<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<

Sur Europe 1, l'ex-Premier ministre a déclaré que dans le passé les juifs étaient «une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République». Des propos qui ont fait réagir le grand rabbin. Fillon lui, dénonce une instrumentalisation.

Le 23 novembre sur les ondes d'Europe 1, François Fillon a estimé que «les intégristes sont en train de prendre en otage la communauté musulmane, il faut combatte cet intégrisme».

Avant d'ajouter : «Comme d'ailleurs dans le passé on a combattu une forme d'intégrisme catholique. Comme on a combattu la volonté des juifs de vivre dans une communauté qui ne respectait pas toutes les règles de la République française». 

Le grand rabbin outré, rappelle «l'attachement des juifs aux valeurs de la république»

Quasi immédiatement, le grand rabbin de France Haïm Korsia a téléphoné à l'ex-Premier ministre pour «réaffirmer l'attachement des Français de confession juive à la France et à ses valeurs et leur souci d'intégration à la société française».

Selon sa conseillère en communication, Haïm Korsia a également souligné que «le communautarisme juif qui a pu exister par le passé n'était en rien le fait ni le choix des citoyens de confession juive, mais la conséquence de la non-acceptation par la société française d'alors de leurs semblables».

Le grand rabbin «a par ailleurs rappelé le rôle du Grand Sanhédrin mis en place par Napoléon en 1806, qui n'est autre que la proclamation de la garantie de pouvoir vivre le judaïsme dans le respect des lois de la République», a ajouté la conseillère.

De son côté, dans un post sur Facebook qui n'est plus disponible, l'union des étudiants juifs de France (UEJF) «se demande à quelle période François Fillon fait référence lorsqu'il évoque le fait que les Juifs aient refusé de respecter les règles de la République française, si ce n'est l'époque de Vichy où les Juifs étaient contraints à vivre dans la clandestinité et à porter l'étoile jaune».

Interrogé sur la chaîne d'information israélienne i24 News, le porte-parole de François Fillon, Jérôme Chartier, député (LR) du Val-d'Oise a assuré que les propos de l'ex-Premier ministre avaient été mal compris.

«François Fillon est très clair sur le fait qu'il peut exister dans tout mouvement religieux des dérives sectaires. Cela existe, chacun le sait. Mais en même temps il a toujours salué l'intégration des juifs de France, qui ne date pas d'hier puisque le Consistoire date de Napoléon», a observé ce proche.

«Les juifs de France sont Français, comme les chrétiens de France sont Français, comme les musulmans de France sont Français... Sauf ceux qui participent à l'intégrisme islamique, au totalitarisme islamique et qu'il faut combattre», a-t-il poursuivi.

Fillon dénonce une «instrumentalisation» 

Plus tard dans la journée, le candidat favori à la primaire de droite a lui-même tenu à s'expliquer sur les propos tenus sur l'antenne d'Europe 1, assurant que ses paroles faisaient l'objet d'une instrumentalisation de la part de personnes mal intentionnées en cette période de fin de campagne.

«Il n'a jamais été dans mon intention de remettre en cause l'attachement de la communauté juive de France à nos valeurs communes et au respect des règles de la République», a écrit François Fillon sur sa page Facebook.

«Cet attachement est ancien et sincère, je le sais. Je déplore donc qu'en cette fin de campagne certains aient osé instrumentaliser mes propos», a-t-il ajouté.

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Écosse et Grande-Bretagne: la sécularisation en marche

Novembre 2016 <<<<<<<<<<<<<<<<Metamag<<<<<<<<<<<<

Michel Lhomme, philosophe, politologue

En Ecosse ont été rendus publics en septembre 2016, les résultats de l’enquête religieuse menée en 2015 sur les foyers écossais.

Alors qu’en 2009, 40 % des adultes interrogés déclaraient ne pas avoir d’appartenance religieuse, ce pourcentage est monté à près de 50 % en 2015. Quant aux personnes disant appartenir à l’Église d’Écosse, leur part est passée de 34 % en 2009 à 25 % en 2015. En baisse moins forte, les catholiques romains constituent 14,1 % de la population et les autres chrétiens 7,7 %, tandis que les musulmans ne dépassent pas 1,4 %. Le rapport Scotland’s People: Results from the 2015 Scottish Household Survey (2016) peut être téléchargé gratuitement à partir du site du gouvernement écossais.

En Grande-Bretagne, c’est l’incertain destin des lieux de culte chrétiens dans une société de moins en moins religieuse et de plus en plus islamisée qui inquiète les autorités. Les indicateurs statistiques  ne laissent en effet là-bas aucun doute sur le déclin de la pratique religieuse parmi les fidèles britanniques de l’Église anglicane. En 2015, pour la première fois, le nombre de pratiquants est descendu en dessous de 1 million, tandis que chute également le nombre des baptêmes (-12% depuis 2004), de mariages religieux (-19%) et de funérailles à l’église (-29%) (The Economist du 13 août 2016).

De fait, le nombre de personnes se considérant comme sans religion dépasse maintenant celui des chrétiens. Or, cette baisse de la pratique religieuse entraîne inéluctablement la fermeture de certains lieux de culte, qu’il devient trop coûteux d’entretenir et de rénover pour des communautés devenues trop peu nombreuses (un quart des services religieux anglicans du dimanche attirent moins de 16 fidèles). Ainsi, de nombreuses églises anglicanes ont été vendues.

Nous constatons la même chose en France avec cette question qui se pose : qu’est-ce qui pourra remplacer et se substituer au rôle social, politique et éthique des Églises et des paroisses d’autrefois ? Les centres commerciaux ? Mais ils sont eux-aussi appelés à terme à disparaître par le développement du commerce en ligne et de son service de distribution par drones. Aux États-Unis, on ferme déjà les grands Mall.

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Mars 2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Motsclés<<<<<<<<<<<<<<<<

CCIF : "Des islamistes qui avancent mosquée" (Le Canard enchaîné, 17 août 2016)

ccif canard enchaîné

 

Article du Canard enchaîné du 17 août 2016 sur Le CCIF (Collectif contre l’Islamophobie en France). « [...] Le CCIF s’est spécialisé dans la rédaction de « rapports » instruisant le procès de la laïcité à la française devant les instances internationales, comme l’ONU et la Commission européenne. C’est ainsi qu’à l’occasion d’une visite officielle, le 8 juillet, la ministre des Familles, Laurence Rossignol, a été sommée de répondre devant les instances de l’ONU à Genève, aux accusations développées tout au long des 44 pages du rapport relatif à la période 2014-2015 « Etre musulmane aujourd’hui en France : les femmes, premières victimes de l’islamophobie ». « En France, l’islamophobie, une forme de racisme et de sexisme, est largement institutionnelle, affirme le CCIF. En effet, l’Etat français et ses institutions sont responsables de 70 % des actes islamophobes recensés. » Recensés par qui ? Par le CCIF, pardi ! [...] Les rédacteurs de ce rapport appellent donc logiquement à l’abrogation des lois de 2004 et 2010 sur le port du foulard [de signes et tenues qui manifestent ostensiblement une appartenance religieuse] [1] à l’école et l’interdiction du voile intégral [de la dissimulation du visage] [2] dans l’espace public. Le CCIF a, par le passé, défendu des imams expulsés pour radicalisme. Son actuel directeur, Marwan Muhammad [...] a utilisé son poste de rédacteur à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour y faire du lobbying pro-islamiste, ce qui lui a valu des remontrances et a conduit à sa démission. [...] En France, le président du CCIF n’hésite pas à se produire en public pour défendre ses thèses en compagnie d’orateurs qu’il apprécie. parmi ces derniers, Hassen Bounamcha, imam radical d’Aubervilliers, Nader Abou Anas, prédicateur de la mosquée d’Aubervilliers, ou encore Rachid Abou Houdeyfa, le célèbre imam de Brest. Ce dernier, pour mémoire, avait naguère affirmé que « ceux qui aiment la musique [seraient] transformés en singes et en porcs » ou que « la femme non voilée n’[avait] pas d’honneur et mérit[ait] le viol. » » [1] Note du CLR (Comité Laïcité République). [2] Note du CLR.

laicite-republique,  Salon Beige et  fdesouche.com



Rappel : 

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Agrégé de philosophie, Vincent Coussedière a été révélé au grand public avec son premier livre Eloge du populisme. Son second opus, Le retour du peuple, An I, vient de paraître aux éditions du Cerf.

De la montée du FN à la percée de l'AFD en passant par les surprises Trumps et Sanders le jeu politique apparaît totalement bouleversé dans les pays occidentaux. S'agit-il d'une «dérive populiste» ou du «retour du peuple» annoncé dans votre livre?

Vincent Coussedière: En 2012, à la suite de mon essai Eloge du populisme, je définissais dans un entretien le populisme comme le «retour du refoulé des peuples européens». Il semble qu'on puisse aussi parler d'un retour du refoulé du peuple américain dont le phénomène Trump est le symptôme… Poursuivons la métaphore freudienne, on sait qu'une pulsion, lorsqu'elle est refoulée, n'est pas détruite, elle disparaît de la conscience pour poursuivre son existence sous une forme inconsciente, elle reviendra donc se manifester sous forme de symptôme. Il en va de même avec le peuple dont le populisme est le retour symptômatique: le peuple a été refoulé par les élites de leur vision de la politique. Ce n'est pas d'abord le peuple qui s'est détourné des élites, ce sont les élites qui se sont détournées du peuple, qui ont fait sécession, comme l'a remarquablement compris très tôt Christopher Lasch. Lorsque je parle donc désormais de «retour du peuple», cela ne signifie pas que j'annonce le retour du peuple comme acteur collectif, cela signifie que je tente de comprendre de quel refoulement le peuple a été l'objet, et pourquoi le peuple revient s'exprimer désormais sous la forme du «populisme». Le retour du peuple, c'est aussi son retour comme question politique et philosophique.

On reproche au « populiste » de s'adresser au peuple, la belle affaire ! On ne voit pas à qui d'autre devrait s'adresser un homme politique dans les conditions de la démocratie…

Ces phénomènes sont-ils comparables, en quoi?

L'utilisation du terme de «populisme» pour qualifier et unifier une offre partisane par delà les contextes nationaux me paraît artificielle et fausse. Elle crée la confusion et évite d'examiner chaque discours en lui accolant l'étiquette disqualifiante de «populisme». Trump n'a pas la même conception de l'économie que Marine le Pen, ni même de l'immigration ou de l'islam. On reproche au «populiste» de s'adresser au peuple, la belle affaire! On ne voit pas à qui d'autre devrait s'adresser un homme politique dans les conditions de la démocratie… On lui reproche de faire œuvre de démagogie, de proposer des solutions irréalistes, de flatter le peuple. Soit. Mais alors il faut faire l'effort de montrer en quoi ces solutions sont irréalistes, ce dont le qualificatif de «populiste» dispense justement. Bref, l'usage du terme permet de faire l'économie d'un débat politique et vérouille la démocratie.

Si le terme de «populisme» me semble cependant pertinent à conserver, c'est à condition de l'utiliser pour décrire une certaine situation des peuples eux-mêmes. Ce qui est comparable dans les phénomènes dont vous parlez, c'est la situation des peuples et non l'offre politique «populiste» qui ne vient qu'après, et tente de capter cette situation. C'est du côté de la demande des peuples qu'il y a quelque chose de comparable: les peuples veulent continuer à être des peuples, c'est-à-dire qu'ils veulent continuer à conserver une certaine unité de mœurs, une forme «nationale», et une souveraineté, une capacité libre de prendre les décisions qui leur importe. Ceci s'exprime par une inquiétude profonde quant à l'impact de l'immigration sur les mœurs auxquelles on tient, et par une inquiétude toute aussi profonde quant à une souveraineté paralysée par des alliances post-nationales. Bref, l'unité du phénomène vient de la résistance de vieux peuples politiques à leur dissolution dans la mondialisation.

. Nos élites « avancent masquées », comme le dit très justement Marcel Gauchet dans son dernier essai, et les Français ont mis beaucoup de temps à comprendre qu'ils étaient menacés de désintégration.

«La crise de souveraineté et de légitimité de nos gouvernements actuels est tout aussi grave que celle qui souleva De Gaulle contre Vichy», écrivez-vous. N'est-ce pas un peu exagéré?

Que signifie l'épisode de Vichy, si ce n'est d'avoir été l'expérience d'un gouvernement qui a cherché à se maintenir en conservant les apparences de la république, c'est-à-dire de la souveraineté et de la légitimité? Nous nous trouvons dans la même situation, dans une apparence de république qui a en réalité perdu sa légitimité comme sa souveraineté. La différence ne réside pas dans la situation elle-même, qui approche du point où, comme le dit Marc Bloch: «le sort de la France a cessé de dépendre des Français.». La différence réside dans la rapidité du «blitzkrieg» qui a conduit à la situation de 1940, et dans la lenteur et le carcatère souterrain et masqué d'une «guerre» menée par nos élites contre le peuple, et qui a conduit à la situation actuelle. Nos élites «avancent masquées», comme le dit très justement Marcel Gauchet dans son dernier essai, et les Français ont mis beaucoup de temps à comprendre qu'ils étaient menacés de désintégration. Au final le résultat est le même: nous héritons d'une république qui est une coque vide: privée de souveraineté comme de l'unité d'un peuple qui puisse la rendre légitime. Tout est à recommencer. Il ne s'agit pas seulement de refonder une république mais de réinstituer un peuple. Lorsque je développe ce parallèle dans mon livre, ce n'est pas pour en rajouter par rapport à notre dépression collective, c'est au contraire pour montrer que nous nous sommes déjà relevés d'un précédent aussi grave.

Quelle responsabilité de l'Europe dans cette «étrange défaite»? Le populisme est-il le problème ou la solution?

La responsabilité de l'Europe n'est que seconde dans cette affaire, puisque c'est en grande partie nous qui avons voulu cette Europe, en tout cas nos dirigeants, qui se sont accrochés à elle comme à une utopie de remplacement de l'utopie socialiste. J'explique en effet dans mon livre que le populisme est à la fois le problème et la solution. Il est le problème parce qu'il ne trouve pas encore d'expression politique et partisane qui soit à la hauteur des enjeux: non seulement refonder la république, mais réinstituer un peuple qui la fasse vivre. Il est la solution parce qu'il témoigne d'un attachement à la nation républicaine, et non d'un retour aux «heures les plus sombres de notre histoire», comme voudraient nous le faire croire les interprètes paresseux, qui sont, comme le disait Marc Bloch à propos des élites de 1940,: «Mals instruits des ressources infinies d'un peuple resté beaucoup plus sain que des leçons empoisonnées ne les avaient inclinés à le croire (…).

Car pour moi le populisme n'est ni de droite ni de gauche, en tant qu'attachement à la nation républicaine, il est un phénomène trans-partisan. J'ai défini dans Eloge du populisme le populisme comme « le parti des conservateurs qui n'ont pas de partis »

Selon vous, «il existe en France une majorité conservatrice qui peine à prendre une forme politique tant elle est écartelée entre la droite républicaine et la droite populiste». Qui regroupez-vous au sein de cette majorité éclatée? Est-ce la France du non au Traité constitutionnel européen? Comment réconcilier nation et république?

Cette phrase n'est pas de moi mais de Mathieu Bock Côté, je la trouve excellente, et je la reprends en élargissant encore la perspective. Car pour moi le populisme n'est ni de droite ni de gauche, en tant qu'attachement à la nation républicaine, il est un phénomène trans-partisan. J'ai défini dans Eloge du populisme le populisme comme «le parti des conservateurs qui n'ont pas de partis». Mais le conservatisme, contrairement à la doxa régnante sur le sujet, n'est pas forcément de droite. Conservatisme et progressisme sont des catégories qui en elles-mêmes ne veulent rien dire, tout dépend de ce qu'on veut conserver et de ce que vers quoi on veut progresser. Il y a eu une droite révolutionnaire qui ne voulait rien conserver comme une gauche révolutionnaire… Sortons donc de ce clivage droite-gauche idéologique et demandons-nous ce que nous voulons conserver et ce vers quoi nous voulons progresser. Cela permettra peut-être de redéfinir des clivages qui permettent de recouper des options politiques réelles… La caractéristique de la France du non au Traité contitutionnel de 2005 est justement qu'elle dépassait ce clivage droite-gauche. Le populisme est une situation qui va forcer les clivages partisans à se redéfinir autour de la conservation de mœurs qui sont à la fois nationales et républicaines. Nous avons à droite comme à gauche des gens qui ne sont plus attachés à des mœurs nationales, ni à des institutions républicaines, mais à une autre proposition «politique» que j'analyse dans mon livre, et qui est celle du multiculturalisme. Nous avons d'autre part des gens qui ne peuvent concevoir l'horizon de la république en dehors de la nation. Que chacun éclaircisse ses positions et en tire les conséquences… Mon propos dans Le retour du peuple est effectivement de réconcilier nation et république. Nous nous apprêtons à vivre une campagne présidentielle qui va opposer les «nationaux» et les «républicains», cette opposition est idéologique. Dépasser l'idéologie, c'est revenir à la philosophie, pour faire revivre une tradition perdue de la république qui comprenait la «nation» comme son horizon indépassable. C'est cette tradition perdue du nationalisme républicain que je tente de redécouvrir dans mon livre pour en tirer les leçons qui s'imposent.

 

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MARS 2017 ...TOURNANT ELECTORAL (caché) EN IRLANDE DU NORD

Par Julie Connan
Publié le 05/03/2017 >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

REPORTAGE - La percée historique du Sinn Féin risque de retarder la formation d'un gouvernement de coalition.

Envoyée spéciale à Belfast

Les deux grands partis d'Irlande du Nord, le DUP et le Sinn Féin, se retrouveront dans un rapport de force inédit, ce lundi, autour de la table des négociations. Les élections anticipées, qui se sont tenues jeudi dans la région semi-autonome, ont débouché sur une triple surprise. Contre toute attente, les Nord-Irlandais se sont rendus massivement aux urnes, avec un taux de participation de 65 %, un record depuis la signature des accords de paix du vendredi saint en 1998. La deuxième surprise est la percée historique des républicains du Sinn Féin. Le parti nationaliste, qui milite pour la réunification de l'Irlande, n'est devancé que d'un seul siège par son adversaire unioniste DUP, avec respectivement 27 et 28 sièges sur les 90 que compte désormais l'Assemblée régionale de Stormont. À peine plus d'un millier de voix les séparent (28,1 % pour le DUP et 27,9 % pour le Sinn Féin).

«Ici tout recensement est une élection et toute élection est un recensement» 

Paul Nolan, analyste politique

C'est enfin la première fois que le basculement démographique en faveur des catholiques se traduit dans les urnes. Le phénomène, visible depuis plusieurs années à Belfast et à Derry, ainsi que dans des bastions de province historiquement protestants, est dû à une baisse de natalité et une émigration plus forte côté protestant (majoritaires chez les unionistes), au profit d'une communauté plus jeune côté catholique (majoritaires chez les nationalistes). «Ici tout recensement est une élection et toute élection est un recensement», résume l'analyste politique Paul Nolan.

Pour le Sinn Féin, «la notion même de majorité éternellement unioniste a été abolie» à la faveur de ce vote, selon son président, Gerry Adams. La vice-première ministre pressentie Michelle O'Neill a salué «une journée formidable». Côté unioniste, la première ministre sortante, Arlene Foster, a édulcoré son discours, appelant son camp à «avancer avec l'espoir que la civilité puisse désormais revenir dans notre (système) politique». La dirigeante du DUP, qui fait l'objet d'une enquête judiciaire suite à un scandale ayant précipité la chute de son gouvernement, a fait savoir qu'elle n'avait toutefois aucune intention d'abandonner le pouvoir.

Dommage collatéral du Brexit

Les négociations entre les deux partis ennemis, qui ont trois semaines pour trouver un accord, s'annoncent ardues, le Sinn Féin ayant fait du retrait de Foster, le temps de l'enquête, un prérequis. Ils sont aussi diamétralement opposés sur des questions comme l'adoption d'une loi reconnaissant les droits des habitants parlant le gaélique, le mariage gay ou encore le Brexit.

S'ils ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente, le ministre britannique pour l'Irlande du Nord, James Brokenshire, pourra soit convoquer de nouvelles élections, soit plus certainement reprendre les pouvoirs dévolus à l'Assemblée de Stormont, et réadministrer la province depuis Westminster, en vertu de la direct rule, une première en dix ans. Ce scénario que tout le monde voit se profiler avec résignation interviendrait à un moment peu opportun pour Londres et Dublin, empêtrés dans les négociations autour du Brexit, mais aussi pour Belfast, qui craint d'ores et déjà d'en être un dommage collatéral.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 06/03/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Rencontre avec le populiste Alain de Benoist

CHRONIQUE - L'essayiste et philosophe n'aime ni nos élites, ni la mondialisation, ni le libéralisme. Il voit venir avec intérêt « le moment populiste » dont il décrit les facettes dans un livre ambigu mais érudit.

Par Charles Jaigu
Publié le 08/02/2017

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«Je ne suis pas sûr que les élites et le prolo moyen respirent le même air», nous dit Alain de Benoist. Cet homme est un étrange sujet d'étude. Il nous reçoit dans son pied-à-terre parisien du côté de la rue de Charonne, en plein Paris populaire reconquis par les bobos. Philosophe graphomane, traduit un peu partout, surtout en Italie, nous dit-il, il est de ceux qui n'aiment pas écrire une page sans citer au moins trois ou quatre auteurs. Ainsi passe-t-on, en quelques lignes, de Walter Lippmann, éditorialiste américain des années trente, à Cornelius Castoriadis, philosophe politique, ou l'historien Christopher Lasch, pourfendeur de la «culture du narcissisme». Cet homme de soixante-dix ans passés est un gros lecteur, précédé d'une réputation sulfureuse de banni du débat intellectuel. Il a fondé la Nouvelle Droite dans les années soixante-dix, après quelques années de militance dans le groupe Europe-action (1961-1966), quand d'autres frayaient du côté des maos. Il est vrai que la frénésie rouge a toujours connu une réception plus indulgente que la brune.

La difficulté est plutôt de faire la part entre les propos mesurés de l'analyste, auquel il se tient le plus souvent avec prudence face à ses interlocuteurs trop mouillés avec le système (votre serviteur) et la militance du philosophe contre l'ordre démocratique en place.

Benoist a en horreur l'«expertocratie», de la droite orléaniste, de cette droite qui a «l'imbécillité» de croire qu'on peut être libéral en économie et conservateur dans les mœurs

Être intempestif est requis en matière philosophique, c'est même le b.-a. ba. A-t-on déjà vu un philosophe content du monde comme il va? Benoist suit donc la pente contestataire de sa discipline. Son arrière-pays philosophique est post-heideggerien: critique du tournant technique de l'humanité occidentale et de son triomphe dans la société libérale et marchande. On lui doit d'ailleurs d'avoir inventé dans les années quatre-vingt «la pensée unique», qui a connu depuis une incroyable fortune. Le problème, c'est qu'on ne voit pas, mais alors pas du tout, ce qu'Alain de Benoist veut mettre à la place.

Dans son livre, il décrit l'avènement d'un «moment populiste» en agrégeant un certain nombre de phénomènes que les politistes ont bien identifié: critique impitoyable de la «classe politique», détestation du modèle parlementaire représentatif et de la distinction droite-gauche, refus d'un gouvernement des experts au profit d'un volontarisme politique survalorisé. Benoist a en horreur l'«expertocratie», de la droite orléaniste, de cette droite qui a «l'imbécillité» de croire qu'on peut être libéral en économie et conservateur dans les mœurs, alors que «le libéralisme est un tout». Il a plus encore en horreur la mondialisation dans sa variante américaine. Il pense qu'on est à la fin de ce temps-là. «Nous ne sommes pas à la fin du monde, mais à la fin d'un monde, l'après-guerre se termine et les populismes sont des formes politiques de la transition, ils annoncent quelque chose qui va se mettre en place», parie Benoist. Quoi? Le politologue n'en sait rien. Le militant qu'il est, c'est autre chose. Il semble hésiter. Sera-ce le ralliement au socialisme proudhonien d'un Jean-Claude Michéa, auquel il consacre un chapitre élogieux, ce dernier lui envoyant toujours ses livres assortis d'un mot amical. Ils sont tous les deux d'accord pour détester l'option libérale. Sera-ce la refondation d'une Europe politique intégrale - et donc entièrement fédérale - dotée de frontières et raisonnablement protectionniste? «J'y ai été favorable, mais je n'y crois plus beaucoup.» Les autres solutions sont plus nébuleuses.

«Une désertion civique»

Le journaliste Éric Dupin, auteur d'un livre intéressant intitulé La France identitaire (La Découverte), consacre un chapitre à Benoist et cite ses accointances avec Alexandre Douguine, intellectuel russe influent, chantre de «l'eurasisme» et qui voit dans le poutinisme une alternative au «libéralisme nihiliste». «J'ai rencontré Douguine, mais ce qu'il propose est très spécial et trop russe», corrige Benoist quand nous l'interrogeons à ce sujet. Bon. Laissons donc de côté la tentation poutinienne.

Benoist rêve d'un monde affranchi du « fétichisme de la marchandise » et « libéré du travail en tant que forme d'organisation du rapport social »

Que reste-t-il? Se libérer du capitalisme? En fait, oui… Benoist rêve d'un monde affranchi du «fétichisme de la marchandise» et «libéré du travail en tant que forme d'organisation du rapport social», écrit-il finalement, dans un élan lyrique, à la fin d'un chapitre de son livre. Mais cette ligne très «Nuit debout» n'est pas vraiment développée par l'auteur. Enfin, il défend aussi l'intégrité des communautés culturelles, y compris la communauté musulmane, avec ses us et coutumes. Un facteur explosif pour les nations occidentales qui justement se sentent défiées par l'affirmation communautaire musulmane.

À vrai dire, c'est toujours la même chose: on comprend la critique du système, mais on ne voit pas quelle alternative au système est possible. Benoist vomit les partisans du TINA («There is no alternative»), le fameux mot d'ordre de Margaret Thatcher qui avait prévenu les tenants du statu quo qu'il n'y avait pas d'alternative au libéralisme économique. Il déteste ce «consensus libéral» qui crée «une désertion civique». Car, explique-t-il, «la démocratie est forcément agonistique». Son ennemi principal est «la Nouvelle Classe», cette bourgeoisie philistine dont il propose une description assez drôle en citant le philosophe marxisant Costanzo Preve: «elle est autistique, incestueuse et narcissique, caractérisée par son aisance à voyager, l'anglais touristique, l'usage modéré des drogues, le contrôle des naissances, une nouvelle esthétique androgyne, un humanisme tiers-mondiste, un multiculturalisme sans vraie curiosité culturelle, un goût pour les thérapies douces et le relativisme communicationnel».

Le moment populiste ; Droite-gauche c'est fini! d'Alain de Benoist (Éd. Pierre Guillaume de Roux), 333 p, 23,90 €.
Le moment populiste ; Droite-gauche c'est fini! d'Alain de Benoist (Éd. Pierre Guillaume de Roux), 333 p, 23,90 €.

Mais l'option thatchérienne n'est pas la seule voie pour prendre acte d'un monde interdépendant où la concurrence mondiale pèse très violemment sur les populations actives des pays développés. Il y a tout une gamme de nuances et de dosages qui sont la clé de toute bonne politique. Celle que proposent les Scandinaves est un compromis plus intéressant. Mais ce n'est pas vraiment la tasse de thé de Benoist. En réalité, il préfère pointer le phénomène populiste plutôt que d'imaginer les solutions, qui sont soit impraticables (sortir du capitalisme, revenir à un socialisme proudhonien), soit trop vagues (inspirer de modèle suisse de citoyenneté active, instaurer de nouvelles formes de participations citoyennes).

La solution au déclassement d'une partie des peuples n'est pas le protectionnisme, Monsieur de Benoist. La mondialisation est au cœur de l'âme occidentale depuis 1500 ans. Elle se paye cher, et notamment pour ceux-là mêmes qui l'ont voulue. Peut-être entrons-nous dans des temps sombres, mais les jeux ne sont pas faits. Vous n'aimez pas les médias qui présentent notre société «comme la moins mauvaise de toutes». C'est pourtant ce que nous pensons. Pour le moment.

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CES AGRICULTEURS  ... qui court-crcuitent la grande distribution ......

Par Mathilde Golla
Publié le 25/02/2017 à 08h00 >>>>>>>le Fig>>>>>>>>>>>>>>

FIGARO DEMAIN - 35 paysans du Grand-Est se sont regroupés pour acheter un supermarché et ainsi vendre leurs produits directement aux consommateurs. Retour sur cette initiative à l'occasion du Salon de l'agriculture.

Le Salon de l'agriculture qui débute ce samedi fait la part belle aux circuits courts. De fait, les initiatives pour «court-circuiter» la grande distribution se multiplient. A l'image des 35 agriculteurs du Grand-Est qui se sont regroupés pour racheter une grande surface et y vendre leurs produits directement du producteur au consommateur.

«L'idée m'est venue il y a longtemps. Je suis maraîcher et pratique la vente au détail depuis longtemps mais j'en avais assez de livrer mes produits à la grande distribution, de cette pression perpétuelle sur les prix et les services et la situation ne cesse de se détériorer», souligne Denis Digel, président des maraîchers réunis de Sélestat et à l'initiative du projet. Avec d'autres agriculteurs, le paysan a ainsi racheté un ancien magasin Lidl «pour livrer le consommateur directement». Le magasin rebaptisé «Cœur Paysan» est un lieu de vente directe où les agriculteurs tiennent des permanences régulières.

Ce lieu est un moyen de proposer d'autres produits, de valoriser les savoir-faire ancestraux des producteurs, ceux dont la grande distribution ne veut pas «où tout est calibré et standardisé», affirme le maraîcher. Lui-même cultive 35 sortes de tomates, «mais les supermarchés ne m'en prennent que deux sortes».

«A produits identiques, nous sommes moins chers qu'en grande surface».

Denis Digel, président des maraîchers réunis de Sélestat et à l'initiative du projet

L'objectif est aussi de répondre à une demande grandissante pour les produits locaux. Les agriculteurs sont situés à moins de 40km du magasin. En termes de prix, le porteur du projet indique qu'«à produits identiques, nous sommes moins chers qu'en grande surface. Les fruits et légumes sont moins onéreux, par exemple le kilo de mâche est vendu 10 euros alors que les grossistes les revendent 12 à 13 euros le kilo», indique Denis Digel. «Certains produits sont plus chers, concède le maraicher comme les fromages artisanaux, mais la qualité n'est pas la même», souligne l'agriculteur.

Concernant le modèle économique du magasin, là encore le mode fonctionnement est différent de celui de la grande distribution. Les agriculteurs sont propriétaires de leurs produits jusqu'au passage en caisse où une commission de 22 à 32% est prélevée par le magasin. Les producteurs sont ainsi responsables de leurs produits face aux consommateurs et ce sont eux qui en fixent les prix. Les paysans tiennent en outre des permanences, de deux demi-journées par mois minimum.

Une présence appréciée par les consommateurs qui y voient ainsi un moyen d'avoir une transparence totale sur ce qu'ils achètent. «C'est la fin de l'anonymat alimentaire», souligne Denis Digel. Pour les producteurs l'échange est aussi très important. «On a besoin du retour du consommateur, c'est valorisant et puis nous adaptons, si possible, notre offre à leur demande. Par exemple, des clients ont demandé des nems au volailler pour le nouvel an chinois. Ils ont tous été écoulés!», indique Denis Digel. Ce «supermarché» hors du commun semble avoir de beaux jours devant lui.

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Le sondage interdit

 

Le sondage CEVIPOF de janvier 2017 sur la confiance des Français devrait être le « livre de chevet » de tous les responsables politiques. Pourtant, largement passé sous silence, boycotté par la France dite « d’en haut », tant il dérange ses habitudes de pensée. Chaque année, en janvier, il exprime le sentiment de la majorité silencieuse. En cette période préélectorale, entre les primaires de droite et les primaire de gauche, il souligne que la fracture entre la France dite d’en haut, celle de la politique nationale, médiatisée, et la France dite d’en bas, celle de la majorité silencieuse, ne cesse de s’aggraver, malgré la déferlante de la posture « anti système ». Pour 89% des Français, les responsables politiques nationaux « ne tiennent aucun compte de ce que pensent les gens comme eux ». 64% font confiance à leur maire, mais 25% au président de la République. 70% pensent que la « démocratie fonctionne mal ». 83% font confiance aux hôpitaux,  82% à l’armée, 81% aux PME, mais 24% aux médias et 11% aux partis politiques… La politique inspire à 40% de la méfiance, 28% du dégoût, 10% de l’ennui, 3% de la peur, soit 81% de perception négative. 75% estiment que le notions de droite et de gauche ne veulent plus dire grand chose. 77% jugent les politiques devraient moins communiquer et « prendre des mesures » dans l’intérêt général. 79% pensent que les grandes décisions engageant l’avenir doivent « faire l’objet d’un débat approfondi », et 79% que « les camps opposés devraient s’entendre dans l’intérêt du pays ». 91% sont « attachés à la démocratie » et 62% veulent que « les citoyens participent davantage à la décision ». 32% se sentent « uniquement français, 34% plus Français qu’Européens et 33% autant Français qu’Européens ».

Le spectacle actuel de la politique française, au niveau national, médiatisé, est en effet consternant: obsession carriériste, démagogie forcenée (le revenu universel), exaltation factice de personnages qui n’ont jamais rien prouvé, idolâtrie nihiliste  (Macron, le Pen), culte de la polémique et de la provocation, mépris de la France profonde à travers le déni des sujets fondamentaux, notamment la réforme de la démocratie. Sous l’effet d’une mode idéologique venu d’outre-Atlantique, les candidats se proclament tous « anti système » mais se vautrent dans la routine politicienne sans tenir le moindre compte de l’attente d’une transformation radicale de la vie publique qui  s’exprime des profondeurs de la Nation: démocratie de proximité, recours au référendum, recomposition générale de la politique française, réhabilitation de l’autorité du gouvernement sous le contrôle d’un Parlement représentatif des citoyens, prise en compte systématique de l’avis des Français sur les grands sujets, maîtrise des frontières, l’Europe, l’école, l’autorité, l’économie, la sécurité, etc. La question centrale de la fracture démocratique entre la classe dirigeante, influente, médiatisée et la majorité silencieuse est largement ignorée de la campagne électorale en cours. La fuite dans la logorrhée « anti système », devenue le paroxysme de la banalité,  ni changera rien. La vérité est que les gens ne supportent plus de subir des orientations et des décisions sur lesquels ils n’ont pas le sentiment d’avoir été écoutés. La remise à plat concrète de la vie politique française, du système des partis, des modes de décision, le renforcement de la démocratie de proximité, la sortie de la personnalisation excessive du pouvoir qui corrompt la politique en la soumettant aux passions idolâtres, au détriment de la raison et de l’intérêt public: tel est le sujet fondamental qui détermine tous les autres. Mais le sondage remet en question nombre de rentes de situation et de droits acquis, bouscule trop de rêves narcissiques et mégalomanes. Voilà pourquoi, sans doute, cette enquête passionnante du CEVIPOF, qui n’épargne personne de la politique nationale, médiatisée, de l’extrême droite à l’extrême gauche,  dérange tellement, fait l’objet d’un véritable boycott et d’un enterrement médiatique de première classe…

Maxime TANDONNET

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L’islamisation de la France est-elle inévitable ? Comment la conjurer ?

 

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Yves-Marie Laulan, Président de l’Institut de Géopolitique des Populations ♦

Introduction au colloque du 13 octobre 2016 de l’Institut de Géopolitique des Populations.

 Qui dit islamisation dit Islam. Parlons donc de l’Islam d’entrée de jeu.

 Le constat 

 L’Islam attaque la France sur deux fronts, en tenaille . La première branche de la tenaille sont les attentats terroristes qui ont endeuillé notre pays depuis presque deux années faisant plus de 360 victimes. Leur objectif avoué est d’intimider , voire de terroriser la population française de façon à provoquer progressivement sa soumission, un peu comme la Wehrmacht et la Gestapo avaient tenté de le faire, non sans quelque succès, entre 1940 et 1945.

 La deuxième branche, conformément aux enseignements d’Antonio Gramsci, consiste à agir, avec le même objectif, sur la « culture », cad les moeurs, les comportements, les attitudes sociales, et nous avons affaire ici à la burka dans nos rues, la viande hallal dans nos restaurants et la burkini sur nos plages. Ceci pour commencer.

L’invasion culturelle, bien que plus insidieuse, n’est pas moins redoutable que les attentats terroristes
.

La démarche est claire et bien déterminée

 Il s’agit , dans un premier temps, d’affirmer la présence et l’identité de l’Islam au sein de la société française et de bien marquer son territoire sur le sol national.

 Dans un deuxième, d’assurer sa domination sur une société intimidée et apeurée.

 En présence de cette menace, la France , tel Gulliver enchaîné, empêtrée dans ses contradictions , prise au piège de son droit datant d’une époque révolue, de ses engagements internationaux totalement inadaptés à la situation d’urgence que nous vivons aujourd’hui, est bien mal armée pour y faire face efficacement . Clairement , il faut changer de paradigme . En temps de guerre, et nous sommes en guerre, -c’est Emmanuel Valls qui nous le dit-, le droit et la justice , le régime des libertés publiques et privées du temps de paix ne sont plus de saison. Sinon il faudra se résigner à changer de régime.

 Jusqu’ici la seule riposte des pouvoirs publics a été la répression policière . Elle a été certes nécessaire, voire indispensable. Mais comme le disait le bon Jean Louis Debré en son temps, on ne peut pas mettre un policier devant chaque poubelle. Et pourtant c’est bien ce que fait le gouvernement avec la dérisoire opération Sentinelle qui poste des soldats armés jusqu’aux dents devant chaque synagogue, ce qui n’a nullement empêché les attentats de Charlie Hebdo, du Bataclan, du stade France, de Nice- je dois en oublier quelques uns- sans compter le dernier projet d’attentat , les bombonnes de gaz de Notre-Dame de Paris déposées par d’aimables jeunes femmes, radicalisées nous dit-on . Si les femmes s’y mettent , ou va-t-on ? A quand les enfants aux cartables bourrés d’explosifs pour se faire sauter dans une salle de classe ? A quand les voitures piégées comme en Irak ?

 Attaquer le mal à la racine

 Au-delà de l’action policière, il faut attaquer le mal à la racine. Si on ne fait pas dans le cadre démocratique, cela se fera dans un cadre despotique. Ainsi le veut la loi de l’histoire. Or le mal est sur nous, autour de nous, en nous, comme un cancer en voie de métastase. L’Islam pénètre la société civile par tous les pores. Mais comment agir sans cautériser le tissu sain environnant ? En effet, L’islam évolue et prolifère tranquillement chez nous comme le poison dans l’eau, pour reprendre la métaphore de Mao Tsé Toung. Car on l’a appelé, accueilli, dorloté avec nos lois sociales, conforté avec le regroupement familial, bref une série de lois, de règlements et de décrets promulgués par les gouvernements infantiles , les gouvernements des étourdis et des irresponsables que nous nous sommes donnés depuis 30 à 40 ans (lesquels ignorent pieusement les enseignements de la démographie). Le meilleur agent de l’Islam en France a été, est toujours la classe politique française .

 Le malheur veut que nous avons été dressés à la soumission et à l’acceptation par plusieurs décennies de lavage de cerveaux médiatique. Nous avons largement perdu l’esprit de rébellion, de résipiscence ou de révolte qui avaient animé les résistances d’antan , et même tout bon sens . C’est ainsi que nous célébrons à l’envie comme des héros les vaillants gardes côtes italiens lesquels, au péril de leurs vies -la mer est si profonde au large des côtes italiennes-vont repêcher des migrants, musulmans bien sûr, venus du Moyen Orient ou d’Afrique pour mieux les relâcher, leur devoir accompli, au frais de la Sécu dans les mosquées radicalisées de France ou d’ailleurs.

 La compassion et la générosité sont trop souvent les sœurs jumelles de la stupidité ». « Tout le monde il est bon, tout le monde il est gentil » C’est le nouvel évangile selon saint Jean Yanne. Car comment détecter les futurs « fous de Dieu » qui se dissimulent dans les rangs serrés des migrants qui s’engouffrent vers le paradis européen ?

 Que faire ?

 Mais vous parlez de l’Islam, de l’Islam, mais nous dit-on, ce qui est en cause, c’est l’Islam ra -di -ca – li -sé, pas l’Islam bon enfant, ni l’Islam modéré et  ( même s’ils chassent en meutes). Pas d’amalgame, je vous prie. De toute façon, comment les reconnaitre ? Faudra-t-il les contraindre à porter un croissant rouge ?

 Le problème est que de plus en plus, c’est blanc bonnet et bonnet blanc. Le passage de l’un à l’autre qui, naguère, prenait des années, , se fait aujourd’hui , semble-t-il en quelques mois ou semaines , voire quelques jours. Il suffit de quelques actes de délinquance, d’un bref passage en prison , voire d‘un séjour sympa en Syrie et nous héritons d’un tueur supplémentaire en puissance sur les bras.
.
En fait, le crétinisme contemporain n’a pas de limites. Cela s’appelle le déni de réalité, sport favori pratiqué en France de longue date. En réalité, l’Islam tout court est la matrice de l’Islam radical. L’un engendre l’autre comme la nuée porte l’orage. C’est son milieu naturel et il fallu tout l’angélisme contemporain pour nier béatement cette réalité, d’une part parce qu’elle est gênante, d’autre part et surtout, parce que l’on ne sait vraiment pas quoi faire pour y faire face.

Car soyons clair. Nous sommes dans une totale impuissance face à ce défi monstrueux, qui succède à celui du nazisme des années 30, du communisme dans les années 50 . Certes, avec le temps, ils ont été l’un et l’autre, surmontés  victorieusement. Mais ici c’est une toute autre histoire. Car nous avons monté de toute pièce à partir de rien, une solide communauté musulmane , forte de 4 à 8 millions de personnes, on ne sait pas trop, (1) soit au moins 12 % , voire davantage de la population, confortablement implantée sur notre sol car nourrie de toute sorte d ‘aides sociales et en pleine expansion avec une fécondité double ou triple de la nôtre. Le problème ne va pas disparaître de lui-même .

 Le problème, c’est clairement la présence de l’Islam en France

 Car les auteurs des attentats ne sont pas chrétiens ( quoiqu’en pense le bon Pape François , qui ne lit pas la presse), ni les Bouddhistes, ni les Taoïstes, ni même les Témoins de Jéhovah . Mais des Musulmans, Un fâcheux hasard sans doute. Il n’y a aucun lie

Comment contenir, comment juguler l’expansion de l’Islam en France et contrôler son action ? A ce jour, il n’y a aucune réponse claire, aucune solution significative. Nos responsables politiques poursuivant benoîtement « la politique du chien crevé au fil de l’eau » en attendant les prochaines élections, qui vont tout résoudre bien sûr, comme autrefois le chaman tapait du tambour pour faire venir la pluie.

 Mais puisque nous ne sommes pas encore au gouvernement, rien ne nous empêche d’ouvrir une foire aux bonnes idées, quitte à marcher sur quelques pieds sensibles au passage. Ce ne sera pas pour tout de suite car Car n’est pas une présidence totalement décrédibilisée, manifestement en sursis, qui pourra proposer ou faire quoi que ce soit. (Alain Juppé est un problème . Il semble peu sensible à la question. Mais, connaissant ce personnage orgueilleux , il est fort douteux qu’il se laisse ouvertement bafouer sous son mandat).

 Mais en attendant ouvrons hardiment quelques pistes sur quelques principes :

 1. Il faut manifestement placer la communauté musulmane devant ses responsabilités , l’inciter voire l’obliger à prendre position, et à agir dans le sens de l’intérêt national. Dans l’urgence, la neutralité, l’indifférence, l’inaction ne sont plus de mise. Le temps de l’innocence passive est révolu. Il faudra choisir son camp. Puisque l’on est en guerre, faisons la guerre, avec elle , sans elle ou contre elle.

 2. En second lieu, il faut enfin y voir clair , c’est-à-dire, au-delà de quelques sondages ou enquêtes forcément imprécis comme celui de l’Ipsos, procéder à un recensement précis pour connaître enfin de façon exacte le volume et la composition de la communauté musulmane sur le sol national. Actuellement la loi ne le permet pas
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3. En troisième lieu, il faut agir, c’est-à-dire prendre les mesures propres à s’assurer que cette présence musulmane ne devienne pas envahissante. Cela passe par la révocation ou la révision de quelques mesures imprudentes comme le regroupement familial, l’immigration le droit d’asile et l’acquisition de la nationalité par mariage
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4. Adopter ,comme on aurait dû le faire bien plus tôt, des mesures franchement dissuasives qui seraient de nature à donner à réfléchir aux candidats terroristes mais aussi à leurs proches et à leurs amis : déchéance automatique de la nationalité  ; expulsions massives du territoire ; possibilité de regroupements administratifs d’indésirables sur le territoire . Un attentat meurtrier ne doit pas rester sans conséquences pour le milieu qui l’a permis ou qui l’a porté.

 5. Soumettre enfin le versement des aides sociales, allocations familiales comprises, à un code de bonne conduite ; peut-être même mettre l’ensemble de cette communauté ou certaines fractions jugées propices à la radicalisation, à une surveillance électronique permanente pour détecter les projets d’attentats. Cela se fait déjà en partie.
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6. Enfin, n’hésitons pas à balayer devant notre porte et revenir sur certaines mesures malthusiennes aux conséquences dramatiques, comme la loi Veil /Roudy, au risque de faire pâmer des femmes quasi hystériques comme Laurence Rossignol , ministre d’un gouvernement fort heureusement agonisant dans la honte et dans la fange. (Cette dernière, qui ne manque pas d‘air, veut faire un délit de toute information concernant les risques de l’avortement. Mais dans quel zoo François Hollande est-il aller pêcher ses collaborateurs ?).

 Car ce sont les Françaises qui avortent et les jeunes musulmanes, le plus souvent filles d’immigrés, qui élèvent leurs enfants. Mais la nature a horreur du vide. Moins il y aura de Françaises, plus il y aura de musulmans. Et tant pis pour les avortements de confort.

 Si nous ne le faisons pas dans un cadre démocratique, soyons assurés que ces mesures le seront un jour dans un cadre non démocratique, autoritaire, voire dictatorial.

 Nos libertés publiques et privées vont en souffrir, nous dira-t-on. Certes, mais la première des libertés est celle de la sécurité au quotidien, et , au-delà, celle de vivre. Elle conditionne toutes les autres.

 Ce qu’il y a de sûr est que l’on ne peut pas continuer comme ça.

  L’INED, longtemps dirigée par un gauchiste apparemment bien protégé, a pu ainsi déverser en toute impunité, pendant des années et des  années, des tonnes de mensonges éhontés ou d’omissions sur le situation de la société française en matière d’Islam.

 

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Pourquoi des Loubavitch chantent-ils la Marseillaise ?

 >>>>>>>>>>>>>Media presse 26.11.16>>>>>>>>>>>>>>>VIDEOS

Ces étonnantes images montrent toute une assemblée de Juifs loubavitch fredonner la Marseillaise de façon assez frénétique dans une synagogue.

Pour quelle raison ? Parce que, comme l’explique de façon assez tordue le rabbin ci-dessous, les Juifs religieux accordent à la France une dimension très symbolique selon une interprétation de la Kabbale.

Cette vision ésotérique juive du rôle de la France rejoint l’idée pour eux qu’une nouvelle guerre doit permettre le triomphe d’Israël par la mise en place d’un gouvernement mondial dont Tel Aviv sera la capitale.

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GEERT WILDER   ... et le peuple hollandais ...et la  liberté d'expression  ..

>>>>>>>>>>> Yves Daoudal 26.11.16 >>>>>>>>>>>>>>>>>

 Geert Wilders a mis en ligne sa défense devant le tribunal qui le juge pour « racisme » pour ses déclarations de mars 2014. Il a donc changé d’avis, puisqu’il avait dit qu’il ne paraîtrait pas à une parodie de justice. Mais il a transformé le tribunal en tribune politique.

Je voulais juste jeter un œil, et je dois dire que, bluffé par le courage et le talent du personnage, je suis resté scotché…

C’est ici, sous-titré en anglais (facile). On peut trouver la traduction anglaise du texte ici.

Le verdict est attendu le 9 décembre.

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Comment le peuple juif fut inventé

>>>>>>WIKI >>>>

Quand le peuple juif fut-il créé ? Est-ce il y a quatre mille ans, ou bien sous la plume d'historiens juifs du XIXe siècle qui ont reconstitué rétrospectivement un peuple imaginé afin de façonner une nation future ? Dans le sillage de la " contre-histoire " née en Israël dans les années 1990, Shlomo Sand nous entraîne dans une plongée à travers l'histoire " de longue durée " des juifs. Les habitants de la Judée furent-ils exilés après la destruction du Second Temple, en l'an 70 de l'ère chrétienne, ou bien s'agit-il d'un mythe chrétien qui aurait infiltré la tradition juive ? L'auteur montre comment, à partir du XIXe siècle, le temps biblique a commencé à être considéré par les premiers sionistes comme le temps historique, celui de la naissance d'une nation. Ce détour par le passé conduit l'historien à un questionnement beaucoup plus contemporain : à l'heure où certains biologistes israéliens cherchent encore à démontrer que les juifs forment un peuple doté d'un ADN spécifique, que cache aujourd'hui le concept d'" État juif ", et pourquoi cette entité n'a-t-elle pas réussi jusqu'à maintenant à se constituer en une république appartenant à l'ensemble de ses citoyens, quelle que soit leur religion ? En dénonçant cette dérogation profonde au principe sur lequel se fonde toute démocratie moderne, Shlomo Sand délaisse le débat historiographique pour proposer une critique de la politique identitaire de son pays.

Lire les Commentaires par rapport au livre ..

 

Comment fut inventé le peuple juifs

document de mes archives ..origine ?

à vous  Catherine <<<<<<<<<<<<<

 

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Juif errant

>>>>>>>>>>>>>>WIKI >>>>>>>>>>>>>>>>>

....tous  hommes MONOCOQUEs ...juifs errants ... ?

>>>>>>>>>>KUNDERA ..de l'Être >>>>>>>>

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Khazars

https://fr.wikipedia.org/wiki/Khazars

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http://www.truthology.org.au/index.php/posts/419-rothschilds-illuminati-timeline