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Publié 24.10.19

 

C’est une photo de vacances un peu particulière. Le 23 mai, Nirmal Purja Magar (alias Nimsdai sur les réseaux sociaux), alpiniste anglo-népalais et ancien Ghurka des forces spéciales britanniques, postait sur les réseaux sociaux, à peine redescendu des sommets de l’Everest et du Lhotse, dans l’Himalaya, l’image d’une interminable file de grimpeurs emmitouflés avançant à la queue leu leu sur l’arête de neige et de roche qui conduit au Toit du monde : 8 848 mètres, l’altitude à laquelle circulent les vols long-courriers.

L’image fait aussitôt le tour de la planète, suscitant une avalanche de commentaires : l’Everest serait devenu une autoroute à touristes fortunés. Abolie la dernière frontière, fini le rêve, morte l’aventure !

Pas si sûr… L’ascension de la plus haute montagne du monde, à la frontière entre le Népal et la Chine, reste un sport dangereux. Douze personnes y ont trouvé la mort au printemps. Un record depuis l’hécatombe de 2015, lorsque des avalanches en avaient emporté dix-huit au camp de base côté népalais. L’année précédente, seize autres personnes, dont une majorité de sherpas, avaient laissé leur vie.

C’est le paradoxe de l’Everest : plus le matériel est performant, plus les données météo sont fines et plus son ascension se démocratise. Plus de monde, plus de morts. En chiffres absolus, pas relatifs : de 1922 à 1999, 164 personnes sont mortes sur l’Everest pour moins de 1 200 ascensions ; de 2000 à 2018, on compte 128 morts pour plus de 8 000 ascensions.

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On gravit l’Everest en général en mai, juste avant la mousson, lorsque le vent glacial qui bat le sommet faiblit un peu. Mais il y a aussi une saison d’automne. Les journées sont alors plus courtes, le froid, plus mordant qu’au printemps.

C’est aussi le temps des performeurs en quête de records : le Polonais Andrzej Bargiel a tenté une descente à ski du sommet. L’ultr..................

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