>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

L'inauguration en grande pompe d'une sculpture multicolore et boursouflée du plasticien Jeff koons a suscité nombre de réactions hostiles sur les réseaux sociaux et dans l'opinion publique, le philosophe Yves Michaud y voyant même des «anus».

«Onze anus colorés montés sur tiges !» : la tribune au vitriol du philosophe Yves Michaud, publiée dans l'Obs le 5 octobre n'épargne pas l'œuvre monumentale offerte par le plasticien Jeff koons à la France, inauguré la veille en grande pompe par la mairie de Paris. 

Selon l'intellectuel, la sémiotique et «la longue familiarité dudit Koons avec la pornographie», ne laisse guère place au doute, la symbolique des «culipes» multicolore,  est bien sexuelle. 

L’habitude s’est prise depuis des décennies de transformer Paris en dépotoir pour objets en tous genres

Les critiques – nombreuses avant l'inauguration – se multiplient, maintenant que le modeste «Bouquets of tulips» de 34 tonnes, présenté comme symbole d’amitié entre Français et Américains après les attentats de 2015, est visible de tous à proximité des Champs-Elysées, dans les jardins du Petit Palais. «L’habitude s’est prise depuis des décennies de transformer Paris en dépotoir pour objets en tous genres», déplore Yves Michaud dans les colonnes de l'Obs, accusant la mairie de Paris de ne pas respecter l'architecture de la capitale. «Vos objets sublimes, gardez-les vous, mettez-les dans vos salons et vos réserves, mais rendez-nous un espace public aéré, vivant, libre, respirable», implore-t-il plus loin, qualifiant l'œuvre de «sculpture pornographique».

Mais au-delà des considérations purement esthétiques, c’est la question du coût de fabrication et l'installation de l'œuvre – environ 3,5 millions d'euros – qui pose problème aux détracteurs du projet. «Quand vous calculez votre capacité d’emprunt, n’oubliez pas que Jeff Koons peut vous offrir une statue à tout moment et grever lourdement votre budget», a ainsi écrit ironiquement la journaliste Diane de Fortanier. 

«Tout est secret dans cette affaire. Qui a décidé quoi ? Qui finance l’opération ? Qui sont les commanditaires ? Pour quels montants ? Avec quelles contreparties ? Quels sont les termes du contrat entre Koons et la ville ?», s'inquiète pour sa part le philosophe.

3,5 millions d'euros financés par des mécènes ?

Selon LCI, les 3,5 millions d'euros dédiés à l'œuvre ont été pris en charge par des mécènes, dont les milliardaires français Bernard Arnault et Xavier Niel. L'artiste aurait en outre renoncé à ses droits de reproduction sur ce projet.

Les recettes de ventes de produits dérivés seront eux partagés entre la mairie (20% pour l'entretien de l'ouvre) et les familles de victimes du terrorisme (80%). Mais pour Yves Michaud, ces bonnes intentions annoncées cachent sans doute d'autres clauses inconnues de l'accord entre l'artiste et les autorités françaises pour «une œuvre que personne n’a demandée».

«Ce qu’on nous laisse apprendre de l’abandon (pour quelle durée ?) des droits de Koons sur les images est inquiétant : cela signifie que l’œuvre est là pour des siècles sous la garde d’avocats pitbulls», redoute-t-il. 

Jeff Koons avait annoncé ce don en novembre 2016 en signe «d'amitié entre le peuple américain et le peuple français» après les attentats terroristes ayant frappé le pays l'année précédente. Il avait été reçu par la ministre de la Culture Françoise Nyssen en janvier 2018 à cet effet. 

Devant la polémique naissante, Anne Hidalgo avait quant à elle défendu un «geste beau et généreux», émanant d'un artiste étant «non seulement l'un des plus cotés mais aussi l'un des plus connus du grand public».

Lire aussi : Cadeau empoisonné pour Paris ? Le «bouquet» géant de Koons a le soutien de la ministre de la Culture

 

CORRELATs

 

  • Paul Mac Carthy sur la place Vendome (libération) - Odile ...

>>>>>>>>>>>>>>