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 La société    Nos incohérences    Nature de l’être humain    La solution    Conclusion

 

 

 

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de certaines parties de ce site

(si toujours accesible ... à lire à partir des liens ci-dessus)

 

 

ARTICLES

 

 

La société

 

 

La crise que nous vivons aujourd’hui montre à quel point notre société, la société de consommation, est périmé et vit ces derniers jours. 

Il ne serait pas utile d'entrer dans des explications que les enfants comprennent, mais malheureusement pas nos politiciens, si nous prenions la peine de raisonner simplement, sans mettre constamment en avant le mot "profit". Comment peut-on penser que produire toujours plus est le système économique idéal ? Comment peut-on raisonnablement continuer de produire au-delà de ce qui est possible, tout en polluant, sans aucune considération pour la terre et ses habitants ? Comment poursuivre la croissance si chère à nos économistes, alors que notre monde est un système fini. Nos matières premières (eau, métal, pétrole, uranium, poissons...) ne sont pas inépuisables?   

Si la terre peut produire cent, nous ne pourrons lui soutirer cent dix, ni même cent un. Une émission très intéressante sur M6 nous montrait que si tous les habitants de la terre vivaient comme les Français, il faudrait l'équivalent des ressources de trois fois notre planète pour subvenir à nos besoins, plus de cinq pour les Américains. Malheureusement nous n'en avons qu'une. Donc, le toujours plus, la consommation telle que nous la connaissons aujourd’hui, est totalement impossible pour les plus de six milliards d’habitants. Nous aurons dépassé les sept milliards dans moins de deux ans. Il nous faut donc impérativement trouver une solution.

Aux quelques millions d'hommes qui m'objecterons que pour eux tout va bien, qu'ils travaillent et gagnent de l'argent avec lequel ils peuvent se payer, nourriture, maisons, voitures, voyages, distractions... Je répondrai, "Ce n'est pas un gage de bonne santé que d'être parfaitement intégré dans une société profondément malade". Je ne sais plus qui a dit cette grande vérité, mais quelle vision large et profonde il ou elle avait.

Il nous faut prendre conscience que la société est un organisme au même titre que notre corps et si une partie de la population agonise, c'est exactement comme si nous avions une tumeur qui nous rongeait. Tôt ou tard, la maladie se propagera au corps entier.

Mais y a-t-il une solution ? Oui et non.

Non, car nous comptons trop sur l’autre, sur le politique, sur le système économique, sur l’intervention divine. Hors, aucune structure, monarchie, république, oligarchie, aucun système capitaliste ou communiste, ni même Dieu n’amènera la paix et le bien être parmi les humains. Simplement parce que nous ne pouvons exprimer, extérioriser, que ce que nous possédons en nous même. Si nous sommes bêtes, méchants, coléreux, avares, jaloux, paresseux, comment pourrions nous refléter autour de nous la joie, le bonheur, la paix et l’harmonie. La société n'est que le reflet de ce que nous sommes et il ne sert à rien de refaire constamment le monde autour d'un apéritif avec des amis, si nous n'avons pas d'abord décidé de nous changer, de nous améliorer. Einstein disait : "Les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne peuvent être résolus par le niveau de conscience qui les a créés." Gandhi le formulait de cette façon : "Sois le changement que tu veux voir dans le monde".

Oui il y a une solution, si nous acceptons justement de nous remettre en question. Si nous voulons un monde nouveau, une nouvelle terre, il faudra d’abord un nouveau ciel, c’est-à-dire une nouvelle philosophie, une nouvelle compréhension, une nouvelle vision. On attribue à André Malraux cette citation : "Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas". Je suis absolument d’accord et convaincu de cette affirmation. Spirituel veut dire, plus conscient que nos actes ont des répercussions sur tout ce qui nous entoure. Spirituel veut dire plus sage, plus réfléchi, plus Amour.

Nous aurions dû, depuis longtemps, changer le toujours plus (dans le plan matériel) en toujours mieux. Le mieux introduit un élément que nous pourrions qualifier de plus spirituel, que le plus ne possède pas. Le plus ne prend presque jamais l’autre en considération, alors que le mieux oui. Je m’explique. Plus, c’est prendre, accumuler, stocker. Hors, qui veut prendre et accumuler en nous ? Notre égo, notre personnalité, notre peur de manquer. L’égo, la peur, ne prennent jamais l’autre en compte. Mais dès que nous introduisons en nous la notion de mieux, inévitablement un nouvel élément s’installe et nous sommes obligés de penser à l’autre, aux autres et de les intégrer dans un schéma collectif.

Quand l’homme sortira de son égoïsme, il pourra découvrir qu’il n’est pas le centre de l’univers. Amma la Sainte Indienne dit : "Jusqu'à ce que vous compreniez que vous êtes impuissants, que votre égo ne peut pas vous sauver et que toutes vos acquisitions ne sont que néant, Dieu ou le Gourou créera les circonstances nécessaires pour vous faire comprendre cette vérité."

Je sais que je choquerai en disant que nous sommes à quelque chose près, toujours les mêmes animaux que dans les siècles passés, mais aujourd’hui nous avons développé et aiguisé, surtout au cours des dernières décennies, une arme redoutable, capable de détruire toute vie sur cette belle planète, notre cerveau.

Le malheur, c’est que nous croyons dur comme fer qu’il pourra trouver une solution à nos problèmes. Désolé, mais non. Permettez moi d'insister, c'est impossible. Tous les plus grands sages sont venus pour briser cette croyance de l'intellect sauveur.
(Rappel d'une pensée quotidienne) Il ne lui est pas donné de procurer à l’homme la joie, le bonheur, la paix et la sécurité que nous cherchons tous. La preuve, s’il y avait encore besoin de donner des preuves, c’est de regarder autour de nous. Je fais abstraction ici des centaines de millions de gens qui ont à peine de quoi se nourrir, des millions qui prennent des bombes sur la tête à longueur de journée. Je ne parle, que de ceux qui sont autour de nous, tout proche. Nous vivons dans l'apparence et l'illusion, nous essayons de refléter ce que la publicité projette, des jeunes gens beaux, forts, riches et surtout heureux de consommer. Mais si nous grattons un tout petit peu ce vernis de surface, nous constaterons que beaucoup sont malheureux, seuls, déprimés.

Le mal du siècle, la dépression. Combien de vos amis ou peut-être vous-même, ressentez ce malaise et voyez des psychologues ou autres thérapeutes.

Quel est ce mal-être qui ronge la société ?

L’intellect, le mental, notre égo. Il nous fait croire que nous sommes tout puissant, que nous pouvons être les maîtres de l’univers. L’orgueil poussé à son paroxysme. Cela ne vous rappelle t-il pas le mythe de Lucifer, l’archange le plus parfait, le porteur de lumière, qui s’est cru l’égal de Dieu, ce qui l’a conduit à sa chute. Ne reproduisons-nous pas ce mythe chaque jour dans notre attitude, notre façon de parler, notre comportement ?

La seule arme capable de lutter contre cet intellect destructeur est notre cœur. Mais je ne parle pas ici de ce cœur bébête qui nous induit constamment en erreur et qui nous mène par le bout du nez. Cette sensiblerie où il suffit d’une seule parole et nous sommes effondrés. Mais nous verrons plus avant.

Tous les penseurs et philosophes disent qu’il faut une refonte complète des structures. Les médias ont repris en coeur et puis... plus rien. Les gouvernements ont injecté des milliards pour renflouer les banques et essayer de redonner confiance aux entreprises. Cela nous choque et nous révolte que les riches reçoivent en abondance et les pauvres, rien. Mais nous acceptons, car on nous fait croire que grâce à ça, l’économie va redémarrer et surtout que les choses vont reprendre leur cours normal. Nous n’aurons en définitive qu’à reprendre notre petite vie tranquille que nous connaissons si bien, sans avoir à faire d’efforts, de remises en questions et de prises de conscience.

Il n’y a que peu de choses qui nous font sortir de notre sommeil et de notre inertie. La souffrance (guerre, maladie, accident) et quelques grands êtres capables de réveiller ce qu’il y a de plus beau et de plus noble dans l’homme. À nous de choisir…

Je sais que le temps est venu, pour la plupart d’entre nous de faire cette prise de conscience et de mettre la lumière sur l’énorme part d’inconscient que nous transportons. Oui, des temps nouveaux approchent. Ne sentez-vous pas ces nouveaux courants de pensées, ce besoin de fraternité et de liberté qu’éprouve tous les peuples à travers la planète. La chute du mur de Berlin, deux ans plus tard la fin de l'apartheid, le démantèlement de l'URSS, les manifestations de Tian’anmen, les tyrans tombent les uns après les autres, la liste est trop longue et je ne veux pas parler ni me lier à des égos qui ont fait le malheur de millions de gens.

La prise de conscience que nous sommes tous des citoyens de la terre commence. Les mouvements écologiques, les scientifiques, nous expliquent que nous devons avoir aujourd’hui une vision globale de la planète. Mais nous n’arriverons à trouver une solution, que lorsque nous aurons mis l’homme au centre de nos préoccupations. Il nous faut apprendre comment l'homme est construit par l’intelligence de la nature, comment il doit s’intégrer et rester en parfaite harmonie avec elle. Il nous faut étudier pourquoi un homme est en bonne santé et heureux. Pourquoi une même épreuve anéanti l'un et renforce l'autre?

Nous n'étudions aujourd'hui que les maladies. Nous cherchons la vie, comment soigner, en disséquant des morts. C'est stupide. Enfin, pas pour les entreprises pharmaceutiques et les médecins. Nous devons arriver petit à petit à inverser notre vision et notre compréhension.

Je vous donnerais une image. Si je suis dans une pièce noire et que je souhaite voir ce qu’il y a autour de moi, il serait stupide de ma part, d'essayer d'expulser, de chasser les ténèbres. Je n'ai pas besoin de m'occuper de l'obscurité. Il me suffit de laisser entrer la lumière, ne serait-ce qu'allumer une bougie et l'obscurité, les ténèbres s'en iront. C'est clair, n'est ce pas, nous le faisons chaque jour ? Pourquoi ne comprenons-nous pas cette vérité si simple.

Il ne sert à rien d'essayer de guérir un malade avec toutes sortes de médicaments et de vaccins qui polluent et affaiblissent le corps. Il suffit de faire entrer la lumière, c'est à dire l'élément inverse à la maladie, la santé. A t-on un centre de recherche sur la santé ? Qu'est ce que la Santé et comment l’obtenir ? Pourquoi certains hommes peuvent fréquenter toutes sortes de malades sans jamais rien attraper ? Nous sommes nous seulement posé la question ? Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, comprenons pourquoi un organisme est immunisé contre la maladie et nous comprendrons comment l'économie et la société doivent fonctionner.

Lisez cette petite histoire, elle résume très bien comment l'intellect nous induit en erreur et en définitive, nous fait perdre notre bien le plus précieux, notre vie.

Au bord de l'eau dans un petit village côtier mexicain, un bateau rentre au port, ramenant plusieurs thons. L'Américain complimente le pêcheur mexicain sur la qualité de ses poissons et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer :

" Pas très longtemps ", répond le Mexicain.

" Mais alors, pourquoi n'êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus? " demande l'Américain. Le Mexicain répond que ces quelques poissons suffiront à subvenir aux besoins de sa famille.

L'Américain demande alors : 

" Mais que faites-vous le reste du temps? "

" Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma femme. Le soir, je vais au village voir mes amis. Nous buvons du vin et jouons de la guitare. J'ai une vie bien remplie ".

L'Américain l'interrompt : 

" J'ai un MBA de l'université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l'argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu'à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre vos poissons à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l'usine, et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Mexico City, Los Angeles, puis peut-être New York, d'où vous dirigeriez toutes vos affaires. "

Le Mexicain demande alors : 

" Combien de temps cela prendrait-il? "

" 15 à 20 ans ", répond le banquier américain.

" Et après? "

" Après, c'est là que ça devient intéressant ", répond l'Américain en riant. Quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions ". 

" Des millions? C'est bien, mais après? " 

" Après, vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos petits-enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre femme et passer vos soirées à boire et à jouer de la guitare avec vos amis. "

Nous ne devons pas relancer l’économie, nous ne devons pas créer d’avantages de distractions, nous ne devons pas posséder plus. Nous devons d’abord comprendre comment l’homme est construit dans les ateliers de la nature, quels sont ses vrais besoins et comment les nourrir. Nous verrons plus en détails dans le chapitre "Nature et structure de l'être humain".

 

 

Nature et structure de l’être humain

 

 

 

Pour avancer, progresser et se perfectionner, quelque soit le métier que nous faisons, il nous faut connaître parfaitement l'instrument avec lequel nous travaillons. Ici, l'instrument, c'est nous.

J'aborderai donc quelques notions simples de l'être humain, tel qu'il a été construit par l'intelligence de la nature. Là encore, je n'invente rien et ne fait qu'expliquer avec mes mots ce que j'ai appris au cours de ma vie. Vous verrez que tout est très clair et difficilement réfutable.

Partons de ce que nous savons. Pour avoir un corps en bonne santé, il faut lui donner une nourriture la plus saine possible. Pour cela, dans tout ce que nous mangeons, il nous faut faire un tri. Même si c'est un fruit, nous le choisissons beau, mûr, parfumé et ensuite nous enlevons la peau, pépins ou noyau. Pour le corps physique nous le comprenons relativement bien. Enfin, plus ou moins, car lorsque je vois ce que les gens mangent, il n'est pas étonnant de voir de plus en plus d'obèses et de maladies de toutes sortes dans le monde. Bref, disons que nous commençons à comprendre au moins intellectuellement.

Mais l'homme n'a pas qu'un corps physique. L'homme pense et ressent. Il a un intellect et un cœur. Et bien pour avoir un système nerveux équilibré et performant, il faut donner à notre intellect, comme nous le faisons pour notre corps physique, une nourriture saine. L'intellect se nourrit de pensées, qui sont sa nourriture. Nous devons donc veiller à lui donner les meilleures pensées. Lorsque nous sommes plongés dans des livres ou des films de séries noires, où meurtres, crimes, viols, guerres, se côtoient, nous ne donnons à notre intellect que des déchets. Il en est de même lorsque nous critiquons, calomnions, médisons...

L'homme a aussi un cœur et le cœur ne se nourrit pas de pensées ni de viande, mais de sentiments. Si vous acceptez comme nourriture pour votre cœur des sentiments négatifs tels que la colère, la haine, la jalousie, la luxure, la violence… il est évident qu'un jour ou l'autre vous vous sentirez triste, malheureux, abandonné de tous et déprimés. Pourquoi ? Parce que ces sentiments, comme les pensées pour l'intellect et les aliments pour notre estomac, créent des déchets que nous n’arrivons pas à éliminer. Parce que notre cerveau et notre cœur ne sont pas construit pour ce genre de nourriture. Comment vous sentez vous lorsque vous avez eu une grosse colère ? Exactement comme lorsque vous avez mangé un aliment avarié, affaiblis, et vidés. Beaucoup de médecins parlent aujourd’hui de maladies psychosomatiques.

Nous faisons un tri pour la nourriture physique, mais pas pour les pensées ni les sentiments, bizarre…

Je suis stupéfait, que nous soyons étonnés qu'il y ait de plus en plus de maladies nerveuses et de dépressifs. C'est incroyable n'est ce pas ? On vit n'importe comment, on se nourrit n'importe comment dans les trois plans et on pense que tout ira bien. On répète inlassablement les mêmes erreurs en espérant avoir des résultats différents. C'est cela, que j'appelle le comble de la bêtise.

"Dieu rit des gens qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes".

Il est regrettable que nous n'apprenions pas ces vérités, dès notre plus jeune âge. Tout ce qui est le plus important, tout ce qui est essentiel, ne nous est pas enseigné. On ne nous apprend pas la différence entre l'amour et la sexualité. On ne nous apprend pas ce que sont les pensées, les sentiments, comment ils agissent sur notre psychisme et sur notre organisme. Quels sont leurs poids et leurs puissances. Vous croyez qu'une pensée ou un sentiment n'a pas de poids! Une pensée peut vous écraser et même vous broyer, mais elle peut aussi vous donner des ailes pour renouveler le monde.

Chaque pensée, chaque sentiment, entraine une réaction physique, chimique dans notre corps. Voulez-vous faire une expérience ? Prenez quelques secondes, asseyez-vous tranquillement, fermez les yeux et imaginez-vous un citron à la main. Prenez un couteau, coupez-le doucement en deux, ensuite, portez cette moitié de citron bien juteux à votre bouche et mordez à pleine dents. Que ressentez-vous ? Vos glandes salivaires instantanément se mettent à sécréter n'est-ce pas ? Continuez l'expérience, mais cette fois-ci, pensez à votre ami(e), votre première rencontre, vos premiers échanges amoureux. Que se passe t-il ? Quels sont les organes qui se mettent en marche ? Pas vos glandes salivaires n'est-ce pas?... mais votre sexe, des millions de cellules sont activées. Pourtant vous n'avez fait que vous servir de votre imagination. Comprenez bien cela. Le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l'imaginaire. Alors que vous n'avez rien touché, ni même rien vu, combien de processus se sont mis en marche à votre insu.

Je le répète, chaque pensée, chaque sentiment a un effet différent sur notre organisme physique et psychique. La colère n'agit pas comme la jalousie. La peur n'agit pas comme la confiance, la haine n'agit pas comme l'amour... Il nous faut donc apprendre à trouver la meilleure nourriture pour nos corps physique, émotionnel et mental, afin d'avoir un organisme physique et psychique bien-portant et performant. Il ne viendrait à l'idée de personne de mettre de la mauvaise huile dans sa voiture, alors pourquoi nous le permettons-nous avec nos corps ?

II. La conscience

Une autre caractéristique fondamentale de l'être humain, est la conscience. Tous les grands sages, de l'antiquité à aujourd'hui, n'ont enseigné qu'une seule chose, l'élargissement de la conscience. Les méthodes sont multiples, mais toutes convergent vers un seul et même but, l'élargissement de la conscience. Sans conscience nous serions des pierres.

La conscience est cette chose qui permet à l'homme de se regarder. Elle lui permet de peser les conséquences de ses actes sur sa vie et son environnement. Celle-ci se développe et s'épanouit au fil des siècles et des millénaires, mais nous pouvons aussi constater son développement sur une vie, de l'enfance à l'âge adulte.

Prenons l'enfant qui vient de naître. Il n'a qu'une vision très étroite. Maman, papa et peut-être le petit frère ou la petite sœur. En grandissant, il va à l'école, sa conscience s'élargie un peu avec les copains, la maîtresse et les jouets qu'il possède. Quelques années de plus et se rajoute les copines. Ensuite il commence à prendre conscience de la société dans laquelle il vit. Il commence à penser au travail à ce qu'il va faire plus tard, au mariage. Viennent les enfants qui lui permettent d'élargir d'avantage son champ de conscience et de commencer à penser à autres choses que lui même. Beaucoup s'arrêtent là, à la petite famille. Une minorité  commence à penser à son prochain, à la nature, aux animaux. Quand je dis penser, c'est faux ou incomplet. Beaucoup pensent, mais ne ressentent pas. Il faut ressentir et ressentir sait, comment dire, entrer en relation, en vibration, en union, avec les différents règnes de la nature. Si je pense à lui, un animal par exemple, je peux le tuer et le manger. Si je ressens ce qu'il est, son être profond, son rôle dans la nature, bien évidemment il ne me viendra même pas à l'idée de lui nuire.

Pour la plupart d'entre nous (99,99% de l'humanité), nous n'avons développé à ce jour qu'une conscience embryonnaire. Nous sommes comme l'enfant qui lorsqu'il veut un jouet est prêt à tous les caprices et même frapper son petit frère ou sa petite sœur sur la tête pour l'obtenir. Bien sûr, dès qu'il a obtenu le jouet tant convoité, il le casse et en redemande un autre avec autant d'insistance.

Ce qui entrave notre évolution, c'est l'identification à notre égo, à ce que nous croyons être nous.

La plus grande découverte que nous puissions faire durant ce nouveau millénaire, c'est la découverte du "Je" véritable. Mais aussi de découvrir les mécanismes de ce petit "je" auquel, encore une fois, nous sommes identifiés. Je citerais un passage d'Eckhart Tolle qui résume admirablement la construction du "je".

"Quand un jeune enfant apprend qu'une séquence de sons émise par les cordes vocales de ses parents est son nom, il commence à assimiler le mot - devenu une pensée dans son esprit - à ce qu'il est. À ce stade, certains enfants parlent d'eux-mêmes à la troisième personne: "Jean a faim." Pas longtemps après, les enfants apprennent le mot magique "je" et l'assimilent à leur nom, qu'ils ont déjà assimilé à qui ils sont. Puis arrivent d'autres pensées qui fusionnent avec la pensée "je" originale. Au stade suivant, ce sont les pensées "moi" et "mien" qui désignent des choses et font en quelque sorte partie du "je". Il s'agit d'une identification aux objets : on attribue aux objets (en fait aux pensées qui représentent ces objets) un certain sens de soi et on en tire ainsi une impression d'identité. Alors, lorsque "mon" jouet se casse ou qu'on me le prend, il en résulte une grande souffrance. Non pas en raison de la valeur intrinsèque du jouet, mais à cause de la pensée "mon". Le jouet fait partie du sens du moi, du je, que l'enfant développe. Il faut préciser ici que l'enfant perdra rapidement intérêt pour le jouet en question, qu'il remplacera par d'autres.

Ainsi, à mesure que l'enfant grandit, la pensée d'origine je" attire d'autres pensées : elle s'identifie à un genre, à des possessions, à un corps, à une nationalité, une race, une religion, une profession. Le "je" s'identifie à d'autres choses, entre autres à des rôles (celui de mère, de père, de mari, de femme, etc.), à des connaissances ou des opinions, à des goûts et à tout ce qui est arrivé au "moi" par le passé, ces souvenirs étant des pensées qui définissent encore plus le sens du moi avec le concept de "moi et mon histoire". Ceci n'est qu'un aperçu des choses à partir desquelles les gens tirent le sens de leur identité. Il ne s'agit en fin de compte de rien d'autre que de pensées maintenues ensemble de façon précaire par le fait qu'on leur attribue une partie de notre identité. Cette construction mentale est ce à quoi vous faites normalement référence quand vous dites ou pensez "je". Pour être plus précis, la plupart du temps ce n'est pas vous qui parlez quand vous dites ou pensez "je", c'est un aspect de cette construction mentale, de ce moi-ego. Quand vous avez atteint l'éveil, vous utilisez encore le terme "je", mais il provient d'un espace beaucoup plus profond en vous.

La plupart des gens sont encore totalement identifiés au flot incessant des pensées compulsives, la plupart étant répétitives et vaines. Chez eux, il n'existe pas de "je" en dehors du processus "pensée" et des émotions l'accompagnant. C'est ce qu'on appelle l'inconscience spirituelle. Quand on leur dit qu'une voix dans leur tête n'arrête jamais de parler, ils vous disent: "Quelle voix?" ou nient avec colère. Évidemment, ceci est encore la voix, le penseur, le mental non observé. On pourrait presque considérer cette voix comme une entité qui a pris possession d'eux.

Certains n'oublient jamais la première fois où ils se sont désidentifiés de leurs pensées et ont brièvement fait l'expérience du basculement de l'identité. Au lieu de se sentir identifiés au contenu de leur mental, ils sont devenus la présence qui se trouve à l'arrière-plan et qui observe..."

Je suis sûr qu'un jour, j'espère pas si lointain, quand l'amour se sera développé et notre conscience assez élargie pour entrevoir notre essence véritable, nous serons capable de sentir en nous, le bien comme le mal que l'on fait aux autres, le plus souvent sans même s'en rendre compte. Alors, tout naturellement, par empathie, nous ne ferons aux autres que ce que nous aimerions qu'ils nous fassent.

Utopique, direz-vous ? Pas du tout. Je regarde l'histoire et je constate que depuis l'homme de Cro-Magnon il y a eu quelques petites avancées. L'homme a développé son cerveau bien sûr, mais aussi une sensibilité, une finesse... une conscience encore inconnue il y a peu. Je parle pour la masse d'entre-nous, car il y a toujours eu depuis la nuit des temps des êtres exceptionnels qui nous ont montré leurs grandeurs d'âmes et le chemin à suivre.

Retenez bien ceci. Je sais que ce sont des notions très difficiles à comprendre et surtout à accepter. Mais si vous pensez que votre nature profonde, votre moi véritable est cette somme de "Je suis le fils de mon père et de ma mère, je suis un homme de race blanche, mon nom est monsieur Dupont, je suis né dans telle région, de tel pays, je suis de famille catholique, j'adhère à tel parti politique, j'aime le jeu, les femmes, le vin, les voitures, faire du cheval... je suis honnête, intelligent, coléreux... je suis employé dans une banque, je suis marié et père de deux beaux enfants etc. etc. etc". et bien vous vous trompez. Tout ceci est faux, tout ceci n'est qu'illusion, où qu'une infime partie de la réalité. Votre vrai moi n'est pas cette somme de qualités ou de défauts, de possessions et de rôle.

Votre vrai moi est la vie infinie qui inonde l'univers et les étoiles. Nous n'avons que cette vérité à découvrir et toutes les guerres, les dissensions et les conflits s'arrêteront d'eux-mêmes. Apprenons simplement à nous désidentifier de nos pensées, de notre égo et nous verrons enfin la vie d'un œil nouveau.

Marcel Proust le disait ainsi : "Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux."

                                  

Prenez tous les grands êtres qui ont fondé nos civilisations. Ils ont donné leur vie pour le bien de l'humanité. Ils ont donné des preuves de leur grandeur, de leur noblesse, de leur générosité. Ils nous ont laissé la trace de ces vérités dans leur enseignement. Au temps de la grande Grèce, sur le fronton du temple de Delphes, il était écrit : "Connais toi toi-même, et tu connaîtras l'univers". Qui était ce "toi-même"? Pourquoi répéter "toi-même". Il suffisait de dire : "Connais-toi, et tu connaîtras l'univers". Connaitre notre petit "je", connaître notre égo, nous permettrait de connaitre l'univers ? Stupide, n'est-ce pas?

En Inde, il y a une formule que le yogi récite pour l'aider à atteindre l'éveil : "moi, c'est Lui". Qui est ce "Lui" ? À qui veut-il s'identifier?

Jésus à dit : "Mon Père et moi, nous sommes Un". Il a simplement ajouté quelques mots pour que ce soit plus compréhensible. Il aurait pu dire : "moi, c'est Lui", "Moi, Jésus, je suis identifié à Lui, mon Père", ou mon "Moi Supérieur", ou "l'intelligence cosmique". Ne voyez-vous pas énoncé de façon différente, la même vérité. La conscience de ces êtres exceptionnels avaient retrouvé leur patrie, leur conscience avait fusionné avec le grand Tout.

Pourquoi appelle t-on Bouddha "l'éveillé". Pourquoi dans la bible, il est dit : "Vous êtes des Dieux". Oui, nous sommes des Dieux, mais ce petit moi, ici sur terre, n'en a pas encore conscience, il n'est pas encore "éveillé".

Et pour finir ce chapitre, voici deux pensées qui corroborent ces propos. Une d’un grand Sage, l'autre d'un grand scientifique.

"Il est dit dans la Genèse que l’homme a été créé à l’image de Dieu." Cela signifie qu’il est habité par une âme supérieure qui touche le Ciel, une âme qui est une émanation de Dieu Lui-même. C’est pourquoi son existence ne prend réellement un sens que lorsqu’il entre en contact avec cette âme immortelle qui est lumière, harmonie et puissance.

C’est à travers votre âme supérieure que vous pouvez communier avec le Créateur en même temps qu’avec l’univers qu’Il a créé, car cette âme est elle-même une quintessence de l’univers. Et si vous pensez à elle, si vous avez plus souvent recours à elle, si vous vous liez à elle, si vous lui parlez et vous identifiez à elle, vous commencez à comprendre ce qu’est votre Moi véritable. Alors, votre conscience s’élève, ses vibrations deviennent plus intenses, jusqu’au jour où elle se fondra dans la conscience de cette Âme sublime, et vous ne ferez plus qu’un avec Dieu."

                                                                         Omraam Mikhaël Aïvanhov

"Un être humain fait partie d'un tout, que nous appelons " Univers ", une partie limitée dans le temps et l'espace. Il expérimente lui-même, ses pensées et ses sentiments comme étant séparés du reste, une sorte de tromperie optique de sa conscience. Cette tromperie est une sorte de prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels et à l'affection pour quelques personnes les plus proches de nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion pour englober toutes les créatures vivantes et l'ensemble de la nature dans toute sa splendeur. Personne n'est capable de réaliser cela complètement, mais les efforts en vue de réaliser cela constituent eux-mêmes une partie de la libération et le fondement de la sécurité intérieure. "

                                                                              Einstein   

                                                                                                                                                          

Bien sur, il y a des étapes pour arriver à cette identification. Mais si le chemin est jalonné de difficultés il est aussi rempli de découvertes et de joies intenses.

Définir la conscience

Si nous arrivons à comprendre ce qu'est la conscience et comment nous pouvons influer sur elle et la contrôler, nous arriverons enfin à connaitre le Bonheur et la Paix. Cette compréhension est essentielle, je m'aiderai donc de ceux qui ont réussi à percer ces mystères.

Dans le tome XVII des œuvres complètes "Connais-toi toi-même" Jnani Yoga, Omraam Mikhaël Aïvanhov donne une image qui va nous permettre  de mieux appréhender cette notion abstraite qu'est la conscience. Il dit, qu'elle est un écran (comme un écran de cinéma) sur lequel vient se refléter des forces de toutes natures pour dire leur mot. Qu'est ce que ça veut dire ? Tout ce dont j'ai conscience ne serait que des images projetées sur un écran ? Mais alors, moi, où suis-je ? Quelles sont ces forces qui viennent se refléter sur cet écran ?  Nous allons voir tout ceci, point par point.

Dans un premier temps, pour bien comprendre, nous parlerons des forces que nous connaissons le mieux. L'estomac, le sexe, le cœur, l'intellect… entre-autres, sont des organes qui ne cessent d'envoyer à notre conscience leurs représentants qui font chacun des réclamations différentes.

Je vous donne un exemple. Vous décidez de faire un régime, vous êtes plein de bonnes résolutions car vous vous sentez un peu enrobé et l'été approche. Les heures passent, vient l'heure du repas, vous êtes toujours décidé à ne manger qu'une salade, mais voilà que des pensées, tout d'abord en arrière plan, presque inconscientes, vous chuchotent que vous avez beaucoup travaillé, qu'il va vous falloir des forces pour continuer ce travail "fastidieux et arasant" et que si vous ne mangez pas, vous n'aurez pas les forces nécessaires. Mangez ce qui vous fait plaisir, après tout, avec votre activité physique, vous allez tout éliminer et puis c'est si bon de se faire plaisir, la vie est si courte etc. etc. Ce sont là, des revendications de votre estomac qui vont se faire de plus en plus persistantes jusqu'à ce que vous cédiez ou jusqu'à ce que vous lui imposiez votre volonté.

Prenez un fumeur. Ils vous disent tous que le jour où ils le décideront, ils pourront s'arrêter de fumer. S'ils en avaient conscience, ils s'apercevraient que ce n'est pas eux qui décident. Ils ne sont que les esclaves d'un besoin, d'une habitude et d'ailleurs ils s'en rendent comptent le jour où ils prennent la décision d'arrêter. Combien de luttes et de souffrances, combien de conflits et de déceptions.

Vous voulez un exemple avec les revendications du sexe ? Non, ce n'est pas la peine… Vous avez pratiquement tous eu des expériences douloureuses à cause des folies que quelques cellules nous poussent à faire.

Il y a donc vous, qui prenez une décision et une autre force qui elle, souhaite autre chose. Vous me direz, mais celui qui prend la décision de faire un régime et mon estomac, c'est moi. Oui, nous pouvons dire que c'est nous, il n'en reste pas moins, qu'il y a bien division, il y a bien deux décisions différentes. Une, qui veut faire un régime et l'autre qui ne veut pas.

Nous devons prendre conscience qu'en nous, opère une multitude de forces, de courants d'énergie, qui chacune nous pousse dans une direction déterminée par elle, par leurs besoins.

Aurobindo dans "L'aventure de la conscience" explique que tant que l'homme se laisse aller à ses désirs, ses envies, ses besoins, il ne se rend pas compte qu'il est emporté par le courant de la vie. Il pense être le maître et pouvoir faire ce que bon lui semble. Mais le jour où il souhaite aller à contre courant, le jour où il décide de le remonter, de ne plus obéir à ses pulsions, alors il s'aperçoit des forces puissantes qui le poussent, le dirigent et qu'il n'est pas du tout le maître de la situation.

Une histoire raconte qu'une taupe, un aigle, une écrevisse et un poisson, voulant faire oeuvre fraternelle, s'associent pour déplacer un fardeau. Mais la taupe cherche à entrer sous terre, l'écrevisse rampe sur le sol. L'aigle veut s'envoler dans les airs et le poisson plonger sous l'eau. Toutes ces contradictions font que le fardeau reste sur place.

Il en est de même pour l'homme. Son estomac le tire dans une direction, le sexe dans une deuxième, le cœur dans une troisième, le cerveau dans une quatrième… et à la fin de sa vie, il n'a pratiquement pas bougé de place, c'est à dire, pas évolué.

Revenons à la conscience. Tout ce dont nous avons conscience, ne sont que des forces, nous pourrions presque dire des entités, qui projettent leurs désirs sur cet écran qu’est la conscience. Nous avons parlé de la volonté des organes et de leurs représentants dans le cerveau, mais ils ne sont pas les seuls à projeter leur volonté. Les amis, les ennemis, les médias, les hommes politiques, la nature entière projettent sur notre écran leur volonté et non de cesse de nous influencer.

Pourtant, si nous arrivions à nous développer, à prendre le recul nécessaire comme le spectateur d'un film, nous pourrions petit à petit discerner ces forces qui nous influencent à longueur de journée.

Omraam Mikhaël Aïvanhov nous explique que la conscience  n'existe que comme une conséquence de tout ce qui se passe dans l'être humain. "De même que l'on ne peut rien faire sur l'écran si l'on n'a pas de film, de même on a besoin d'un intermédiaire pour toucher la conscience. C'est donc sur le film qu'il faut agir, c'est à dire sur notre propre vie puisque c'est elle qui se projette sur l'écran de la conscience. La conscience se manifeste au niveau du cerveau, mais elle est le résultat du fonctionnement de toutes les cellules; donc, c'est sur les cellules qu'il faut agir pour changer la conscience et non sur l'écran qui lui, ne peut rien.

Par la nutrition, la respiration, par des méditations, par certains sentiments et pensées, l'homme peut agir sur les cellules de son organisme dont l'état se reflète ensuite sur la conscience. Réciproquement, les images de cet écran qu'est la conscience peuvent agir sur l'homme, qui est donc à la fois l'écran et le film qui se projette sur l'écran.

L'être nouveau est celui qui a compris que les intérêts de tous ses différents organes doivent converger dans l'intérêt de l'être tout entier, alors il s'impose à tous ces représentants et c'est ainsi que sa conscience devient superconscience."

Plus nous serons capable de prendre du recul et observer ce qui est projeté sur notre écran, plus ces énergies, ces forces, ces désirs, révéleront leurs intentions et nous pourrons en toute conscience, accepter leurs revendications ou au contraire imposer notre volonté, jusqu'à devenir libre et indépendant. Alors nous sentirons notre conscience s'éclaircir et s'élargir.

Si nous comprenons ces quelques vérités, nous deviendront les acteurs et les spectateurs de notre propre film. Nous ne pouvons empêcher toutes ces forces d'être ce qu'elles sont, mais nous pouvons trier et choisir celles qui feront parties de notre scénario.

Il y a un chapitre du livre Her-Bak poischiche d’Isha Schwaller de Lubicz que j'aimerais vous faire connaître, qui révèle et souligne les quelques paragraphes qui précèdent. Vous verrez, c'est très instructif et très beau.

PHARAON ET SAGE

Sur le flanc oriental de la montagne thébaine, Lui (le Maître) et le compagnon gravissent en silence le sentier caillouteux qui contourne le pied de la Cime. Ralentissant le pas, le Maître met sa main sur l'épaule de son disciple:

Te souviens-tu, mon fils, du double événement dont ce pèlerinage marque l'anniversaire : la première ascension de Pois Chiche vers la Cime, puis la présentation d'Her-Bak (Her-Bak est Pois Chiche devenu disciple) à son Roi ?

Me serait-il possible d'oublier les instants qui ont déterminé mon orientation ? Mais, en les évoquant, j'éprouve quelque gêne à m'en féliciter comme de résolutions méritoires : car, en réalité, qui donc est responsable de cette décision ? Dans ces deux occasions, qui fut maître du choix ? Ta lumière n' a-t-elle pas éclairé mon chemin ? Aurais-je pu m'y dérober ?

J'ai souvent l'impression que ma volonté est un leurre, et que ma décision est une acceptation dont je suis le témoin impuissant.

Le Maître s'arrêta comme sous un choc imprévu:

- Voici enfin une parole qui te donne le droit de parler de conscience ! Toi, Her-Bak, apprécies-tu la valeur d'une telle compréhension?

L'erreur la plus commune aux hommes est de croire à leur liberté. Ils subissent les impulsions, dont ils sont les esclaves aveugles parce qu'il n'y a point en eux de témoin pour le constater.

- Cette constatation n'est pas encourageante, puis-qu'elle nie la valeur de l'effort volontaire !

- Le sujet est trop grave pour jongler avec des paroles; la routine te trompe sur le sens de ces mots : effort et volonté.

Ta volonté n'est pas constante parce qu'elle est loin d'être unique : elle est multiple, comme le sont tes forces animales et les diverses puissances de ton KA inférieur. (Le Ka est l'âme pour les Égyptiens, en fait le corps astral et le corps mental des Indiens).

Chacune de celles-ci est capable d'efforts pour réaliser son but particulier; chacune d'elles obéit à mille contingences dépendant de ton monde intérieur comme des conditions extérieures ! L'animal aussi est capable d'efforts pour réaliser ses envies; tes buts  "intelligents", les volontés "raisonnables" de ton moi, ne sont pas moins relatifs que tes volontés animales. À laquelle de ces volontés donnes-tu la valeur réelle dans ce que tu dénommes "effort volontaire ?

Her-Bak hésita quelque temps, refusant tous les faux fuyants. Il répondit enfin:

- Alors je n'en vois qu'une seule qui mérite ce nom : c'est la volonté de mon KA supérieur, ou de ce qui, en moi, me sert d'aimant pour l'attirer.

Le regard d'Her-Bak supporta sans faiblir le regard ému de son Maître.

- Ta réponse, mon fils, témoigne de la présence de cet aimant, et cet aimant est le témoin dont la présence qualifie ta volonté ! Or si c'est ce témoin qui choisit, si c'est lui qui ordonne, tu peux dire :  "Je fais, je décide, je veux"; sinon tu es poussé, tu exécutes, sans pouvoir discerner l'origine de tes impulsions - personnelles ou étrangères - dont tu te fais inconsciemment le serviteur.

- L'aimant que tu nommes « témoin », c'est mon désir !

- Le mot désir est vague et trop sujet à l'illusion.

Le témoin, en toi, c'est la Conscience générée par un contrôle impitoyable sur tes différents "moi". À proprement parler, c'est l'éveil de la Lumière innée dans laquelle toute impulsion, toute parole, toute action, perdent leur artifice et démasquent nécessairement leur véritable intention.

- Cet éveil est passager : quand la lumière s'obscurcit, on perd - pour quelque temps au moins - son souvenir.

La Lumière ne peut pas s'éteindre, mais l'homme peut dormir et l'ignorer. C'est pourquoi ce "réveil" est le but continu du disciple. Lorsqu'un homme, par quelque choc, est soudain réveillé de sa torpeur, il peut, avant d'y retomber, apercevoir la différence entre l'esclavage de ses multiples volontés anarchiques, et l'intérêt vital de pouvoir, en connaissance de cause, les coordonner.

Et cette lueur de conscience devient, si tu sais par concentration la fixer, l'aimant de ton témoin immortel : ton KA divin. Or ce divin témoin suscitera en toi la nécessité - c'est-à-dire le désir - d'éprouver de plus en plus fréquemment sa présence. Et bienheureux est l'homme qui parvient à faire, de ce désir, sa véritable "volonté" !

Un flot de sang ardent colora le visage du disciple. Ô maître, c'est dans un tel moment que l'on peut mesurer le chemin parcouru. Quelle distance entre l'enthousiasme inconscient du premier voyage à la Cime, et la certitude sereine de ma décision, aujourd'hui !…

Voilà, c'est beau et profond n'est-ce pas ? Relisez ce chapitre sur la conscience jusqu'à ce que tout devienne clair. Qu'est ce que l'écran ? Quelles sont toutes les forces qui peuvent venir se refléter dessus ? Qui sommes nous, puisque nous sommes capable de regarder ce qui est projeté sur l'écran ? Apprenons à faire la différence entre les pulsions, les désirs et le "Je" qui regarde, qui est toujours dans la Paix et qui doit prendre les commandes, si tant soit peu, nous le laissons faire.

 

 

LA SOLUTION

 

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Si nous souhaitons être utile à la société dans laquelle nous vivons, si nous souhaitons participer à l'améliorer, la solution est simple, mais elle demande du travail et quelques sacrifices. Un homme a posé une question à cette sainte Indienne dont je vous ai déjà parlé : "Amma, le monde va mal, nous allons dans le mur, que peut-on faire pour l'aider ?" Elle a répondu : "Premièrement, "know who you are", "Connais qui tu es" (ou "connais toi toi même"). Deuxièmement, "Do selfless service" "Faites du service désintéressé, elle a ajouté, avec compassion" et troisièmement "Be happy", "Soyez heureux".

Ne prenez pas ses réponses à la légère. Pour qu'elles soient bien comprises, il faudrait longuement les développer, mais c'est ce que nous avons commencé à faire, n'est-ce pas ?

Comme j'ai essayé de vous le démontrer dans les chapitres précédents, il faut commencer par nous remettre en question, c'est à dire, oublier un peu ce que l'on croit savoir.  Il faut ensuite comprendre qu'il y a quelque chose à comprendre. Qu'il y a des règles, des lois qui régissent l'univers, qu'il faut connaître et respecter. Ensuite, désirer, admirer, aimer cet ordre et enfin oser, c'est à dire, se mettre au travail, appliquer et réaliser.

Ne croyez pas ce que je vous dis, mais mettez en pratique et vous constaterez de vous même les changements qui s'opèrent en vous. Nous savons que l'être humain a un potentiel de développement extraordinaire, dans le plan physique et bien plus dans le domaine psychique. Nous savons que nous n'utilisons qu'à peu près 5% de notre cerveau. Alors pourquoi ne pas essayer de découvrir ce monde fabuleux qui existe et qui est à porté de la main.

Un sportif de haut niveau, c'est à dire quelqu'un qui a des performances haut-dessus de la norme, sait qu'il y a des techniques à connaître, un entrainement et une discipline de vie à respecter. Pour développer notre psychisme, il doit en être de même. Pourquoi croyez vous que dans toutes les religions, dans tous les pays, on retrouve ces mêmes techniques. Techniques de respiration, de concentration, de chant, de prière, de méditation, de contemplation et même des formes de gymnastique. Ce sont des méthodes différentes et complémentaires qui agissent chacune dans leur domaine.

N'oubliez pas les paroles de ce grand sage de l'Inde Vivekananda : "La chance aide parfois, le travail toujours".

À tous ceux qui découvrent ces quelques lignes et qui souhaitent faire une expérience, je leur propose de commencer par une période courte, disons une semaine, à avoir une nourriture différente. Regardez les films, écoutez la musique, lisez les livres que je vous propose (ou d'autres du même style). Ne mangez plus de viande pendant la semaine, cherchez des recettes végétariennes qui vous aideront à apprécier les céréales et les légumes. Mangez deux ou trois fois du poisson si vous le souhaitez. Écoutez plus rarement les infos, qui ne sont plus des infos d'ailleurs et qui vous gavent de déchets. Faîtes des promenades, si possible dans la nature.

Apprenez à prendre votre temps, à ne plus courir intérieurement. Alors surement vous entendrez une petite voix à l’intérieur de vous, qui vous parle et vous conseille. Une petite voix, direz-vous ?! Mais je n’ai jamais entendu de petite voix ! Alors, posez le téléphone, arrêtez la télé et la radio, fermez votre bouche et écoutez. Vous découvrirez qu’elle est toujours là, toujours prête à vous aider et vous conseiller, mais dans le brouhaha de notre vie, nous ne pouvons l’entendre car cette voix est douce, tendre et jamais elle ne cherche à s’imposer.

Apprenez à maîtriser vos émotions et essayez de trouver ce qu'il y a de positif dans chaque situation et même chez la personne que vous supportez le moins (je sais, là, je vais un peu loin). Amusez-vous, riez, chantez et surtout aimez.

Si à la fin de la semaine, votre pensée est plus claire, votre cœur plus ouvert,  si vous vous sentez mieux dans votre corps, alors l'expérience est positive et vous pouvez la répéter en allongeant la durée. Je suis sûr qu'elle ne peut être que positive. De cette façon, vous nettoyez progressivement vos corps physique, émotionnel et mental. Peu à peu, vous vous ouvrez au monde de l'amour et vous comprendrez, vous sentirez, vous trouverez très clair tout ce qui est dit dans ces chapitres.

Je vous encourage donc à pratiquer. Il ne suffit pas de se remplir de connaissances, de belles citations, de belles théories, mais de mettre en pratique les connaissances accumulées afin que tout notre être se transforme et non quelques cellules dans le cerveau. Vous voulez aider, participer à transformer la société, alors faites ce travail. Transformez vous vous-même et la société qui n’est que notre reflet, se transformera.

Révolution bien ordonnée commence d’abord par soi-même.

Dès que vous entreprendrez ce travail, il y a de grandes chances, que des amis bien intentionnés viennent vous montrer combien tout ce que vous faites, est perte de temps et inutile. Persévérez et bientôt, ce sont eux qui viendront vous demander votre secret.

Il y a une trentaine d'années j'ai lu un livre d'Omraam Mikhaël Aïvanhov dont Lanza del Vasto avait écrit la préface et qui m'a vraiment marqué. Voici quelques lignes de cette préface qui me semble t-il, résume toutes les philosophies.

"C'est de l'abondance du cœur que la bouche parle". Voilà le mot de l'évangile auquel je pense en écoutant frère Mikhaël... Je n'admire pas celui qui s'impose, j'admire celui qui s'efface, celui qui sait se rendre transparent, afin que la vérité le traverse.

À ceux qui, dans leur inquiétude, demandent une solution aux inextricables problèmes de l'heure présente, frère Mikhaël répond :
"L'amour, c'est la solution de tous les problèmes. L'amour, c'est la clé qui ouvre toutes les portes de l'âme humaine. L'amour, c'est la force de toutes les forces créatrices dans la nature. L'amour est une science qu'on n'a pas encore étudiée comme il faut. Celui qui sait et peut aimer, celui-là est puissant".

Eh, diront les très intelligents, cela n'est pas original, nous avons déjà entendu ces choses.

Original est ce qui vient de l'origine. Original est ce qui a le goût de la source. Original n'est pas ce qu'on dit pour la première fois.

Il n'est pas difficile, en effet, de dire : Aimez. Il est difficile d'aimer. Il est difficile de posséder la science de l'amour. C'est une science inconnue aux paresseux, aux menteurs, aux lâches.

Oh! trop intelligents, ce serait une réponse à toutes vos questions si vous ne pensiez pas que vous l'avez déjà entendue!

Et maintenant voici, pris au vol au cours de la conversation, quelques mots que frère Mikhaël m'a dits au sujet de notre société et des remèdes à porter à son mal.

-Pour améliorer et organiser la vie sociale, le monde entier que faut-il faire ?

"Cette tâche de réforme et de transformation du monde est colossale, elle embrasse des éléments qu'on ignore, mais il y a dans la vie des observations qui nous révèlent qu'il n'y a pas besoin de connaître tous les rouages pour obtenir un résultat, à condition de commencer par actionner une certaine chose qui est le commencement de tout.

Les moulins savent comment tourner, il suffit de leur donner de l'eau. L'eau sait comment couler si on lui donne une pente suffisante. Les plantes savent comment pousser si on leur donne du soleil et de l'eau. Actuellement tout le monde fait des efforts pour mettre en mouvement les rouages de la société; mais ils s'arrêtent sans cesse, parce qu'il n'y a pas d'eau. Quand on éclairera un  peu les humains en dedans, ils deviendront compréhensifs, ils formeront spontanément une famille. Dieu éclairera en eux les lois, dans leur cœur et tous les hommes se mettront à bien vivre sans en avoir été instruits par des théories et des philosophies invraisemblables. Ils sentiront spontanément ce qu'ils doivent faire...

L'homme qui ne sait rien de l'amour et ignore totalement comment embrasser, regarder, être tendre... devient amoureux. Alors, subitement, il sait toutes ces choses, il sait sourire, regarder, embrasser et beaucoup d'autres gestes dont il n'avait pas le moindre soupçon auparavant. Ces gestes nouveaux qui sont faits par lui inconsciemment le conduisent peu à peu jusqu'à la fin, c'est à dire jusqu'à la création d'un enfant.

Que l'homme parcoure le chemin de l'amour, sans savoir comment, les humains établiront le royaume de Dieu sur terre sans savoir comment dans le détail. Éveillez l'amour, il éveillera l'intelligence; celle-ci montrera à l'homme comment agir...

Antoine de Saint-Exupéry le formulait de cette façon : "Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose... Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer."

Tout est dit, mais si ce Maître contemporain (c'est important) a parlé pendant cinquante ans, c'est qu'il faut donner des détails. Oui, malheureusement il faut parler des siècles pour comprendre ces vérités si simple. Lorsque vous aimez, ne trouvez-vous pas que vous n’avez besoin de rien d’autres si ce n’est partager cet amour ?

Les détails, c'est le travail d'éducation des... parents. Et oui, ce sont eux qui éduquent les enfants. Il faut aussi connaître le rôle et l’importance capitale de la femme durant la grossesse. Il faut repenser l’instruction et l’éducation. Comment accompagner nos enfants sans brûler les étapes, sans forcer, en respectant le potentiel émergeant ? Comment les épanouir hors de toute voie tracée d'avance ou de tout formatage pour qu'ils deviennent des adultes libres et autonomes en lien avec la société qu'ils contribueront dès lors à rendre meilleure?

Si nous suivions les directives de ces êtres exceptionnels, en trois ou quatre générations le monde serait transformé.

Si tu veux une société dans laquelle il fait bon vivre, éveille en toi l'amour, il se chargera du reste. Voilà le secret. Créer des écoles où l’on apprendra ce qu’est l’Amour véritable et comment le faire chair et os.

Est-ce qu'un groupe d'hommes et de femmes peut aider au réveil de l'humanité. Oui, je le crois. Simplement en observant la loi du levain. Très peu de levain peut faire lever des kilos de pâte s'il est incorporé à elle. C'est une loi que nous avons observée tout au long des siècles.

Par leurs livres, leurs films, leurs poésies, leurs peintures, mais surtout par leurs exemples, des milliers d'hommes et de femmes ont donné une impulsion à toute l'humanité. Nous pouvons nous aussi devenir des modèles, des livres vivants et inspirer tous ceux qui nous entourent afin que le monde change.

 

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