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Demander le pardon de Dieu suppose que nous commencions par voir et nommer les péchés que nous avons commis personnellement. C'est le but de l'examen de conscience.

Tournons-nous vers Dieu. Celui qui désire voir clair va d’abord allumer la lumière : si nous voulons discerner nos péchés, exposons-nous à la lumière divine. « Plus nous laissons Jésus s’approcher de nous pour nous aimer, plus nous voyons ce qui ne va pas dans notre âme ou dans notre conscience, car Il est la lumière », indique le Père Jacques Marin dans son livre Le Sacrement de réconciliation, miracle de l’amour. Juste avant l’examen de conscience, concrètement, cela peut se traduire par un temps d’adoration devant le Saint-Sacrement, une prière à l’Esprit Saint ou une dizaine de chapelet. Peu importe le « comment » : ce qui compte, c’est de ne pas se précipiter dans une introspection qui, loin du regard de Dieu, ne peut être que nombriliste.

Laissons le Seigneur nous regarder

Laissons le Seigneur nous regarder. Nous n’avons rien à craindre de sa lumière. Lorsqu’Il met le doigt sur un de nos péchés, c’est toujours parce qu’Il veut nous en libérer, jamais pour nous accabler. Et lorsqu’Il insiste sur la gravité de telle ou telle faute, Il nous montre en même temps l’immensité de sa miséricorde : l’offense la plus effroyable semble alors « comme une goutte d’eau dans un brasier ardent », pour reprendre l’image de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Regarder nos péchés avec ses yeux à Lui, c’est apprendre à distinguer nos actes de notre personne : mon péché est haïssable, mais moi, je suis aimable. Et aimé, infiniment.

À l’écoute de sa Parole

Mettons-nous à l’écoute de sa Parole. « En effet, la Parole de Dieu éclaire le croyant pour lui faire discerner ses péchés, l’invite à la conversion et à la confiance dans la miséricorde divine. » (1)

Quel passage de la Parole choisir ? Toute la Bible, bien sûr, nous révèle l’amour de Dieu. Mais certains textes sont particulièrement adaptés à l’examen de conscience : les Béatitudes (Mt 5, 1-11 et Lc 6, 20 - 23) par exemple. Le Catéchisme de l’Église catholique (§ 1 454) suggère en particulier des Lettres de saint Paul : Rm 12-15, 1Co 12-13, Ga 5, Ep 4-6. Plus nous serons familiers de la parole de Dieu, reçue à la lumière de l’Esprit Saint dans l’Église, plus notre conscience s’affinera. Et cette délicatesse de conscience s’accompagnera d’une paix de plus en plus profonde, parce que la Parole nous enracinera dans l’amour et la confiance.

Aller à l’essentiel

Discernons et nommons des fautes précises. Il ne s’agit pas d’être exhaustif, mais d’aller à l’essentiel, là où Dieu nous appelle à aimer davantage. L’examen de conscience n’est pas un « examen ». Ce n’est pas une épreuve qu’il faudrait réussir ; ce n’est pas non plus l’énumération de manquements à un règlement, ni l’élaboration d’une liste, histoire d’avoir quelque chose à dire en confession. C’est la mise au jour de la vérité de ma vie, avec la prise de conscience de ma responsabilité personnelle : j’ai commis librement telle et telle faute. Je ne me cherche pas d’excuses, je ne noie pas ma responsabilité dans une vague culpabilité collective ; sinon, comment pourrais-je accueillir le pardon de Dieu ?

Les péchés les plus graves ne sont pas forcément les plus visibles. Souvent, les péchés qui nous sautent aux yeux sont ceux qui nous humilient, suscitent notre honte ; mais, pour cette raison justement, ce ne sont pas les plus redoutables. Méfions-nous toujours du piège qui consiste à prendre notre amour-propre comme mesure de la gravité de nos fautes. La porte la plus gravement verrouillée, celle que nous fermons obstinément à l’amour de Dieu et de nos frères, n’est pas forcément celle du perron : c’est peut-être une petite porte cachée, invisible à nos yeux et à ceux des autres. Demandons et redemandons sans cesse à l’Esprit Saint de nous montrer quelle est la porte qu’Il veut ouvrir en priorité.

Une déclaration d’amour

Au fond, l’examen de conscience est de l’ordre de la déclaration d’amour. Dieu me dit son amour infini, et je reconnais que je l’ai refusé. En examinant ma conscience, j’accepte d’écouter Jésus m’adresser personnellement sa déchirante supplication reprise dans les Impropères de la liturgie du Vendredi Saint : « Moi, je t’ai donné la vie, je t’ai aimé, j’ai pris soin de toi ; toi, tu m’as flagellé, tu as craché sur moi, tu m’as livré à la mort… Ô mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je contristé ? Réponds-moi. »

Christine Ponsard

(1) Célébrer la pénitence et la réconciliation, Nouveau rituel, § 29.

 

 

 

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