Commerces, cafés, incubateur d’entreprises… Comment l’Hôtel-Dieu va être transformé

>>>>>>>>>>>>>>Publié par le Monde hier 17.05.2019 à 22h12>>>>>>>>>>>>>>>>>

L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a choisi jeudi le projet du développeur immobilier Novaxia pour rénover le site parisien, à deux pas de Notre-Dame.

 

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Image de présentation du projet du développeur immobilier Novaxia pour rénover l’Hôtel-Dieu.
Image de présentation du projet du développeur immobilier Novaxia pour rénover l’Hôtel-Dieu. NOVAXIA

Sur l’île de la Cité, l’Hôtel-Dieu ne sera bientôt plus uniquement un hôpital. Des terrasses de cafés et de restaurants dans les cours, un jardin central ouvert à la promenade, des commerces… A deux pas de la nef mutilée de Notre-Dame, son austère et imposant voisin se prépare à une spectaculaire métamorphose.

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L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), propriétaire de ce site de 2,2 hectares entre le parvis de la cathédrale et le quai de la Seine, va en confier plus du tiers à des investisseurs privés. Jeudi 16 mai, le jury présidé par le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, a choisi le groupement chargé de réinventer ce patrimoine hospitalier.

Lauréat de l’appel à projet, le développeur immobilier Novaxia va bénéficier d’un bail à construction lui confiant l’usage de 21 000 mètres carrés bordant le parvis de la cathédrale pour quatre-vingts ans, moyennant un loyer total de 144 millions d’euros. En comptant les travaux, l’investissement atteint 300 millions d’euros. « Nous sommes fous de joie, c’est un lieu mythique, le berceau de Paris », se félicite Joachim Azan, le président de Novaxia.

Sur le modèle des concours Réinventer Paris, le programme était libre et les candidats invités à former des groupements réunissant promoteurs, investisseurs, architectes, exploitants, pour proposer un contenu et une offre financière. Le site avait aiguisé les appétits : Novaxia l’a emporté face à Bouygues, Eiffage, Emerige et Quartus. Créée en 2006, la société a connu une croissance exponentielle (+ 223 % entre 2014 et 2017) en se spécialisant dans la transformation immobilière et la valorisation de sites complexes.

Trois pôles

« Nous avons cherché à créer un lieu d’échange, à faire se rencontrer différents univers et pas simplement à juxtaposer plusieurs pôles », décrit M. Azan.

Autour de trois grandes cours et du jardin de l’Hôtel-Dieu bordé de galeries aux arcades florentines, Novaxia prévoit d’installer d’ici à 2025 trois pôles d’activités, au gré d’un lifting du bâtiment signé par l’architecte Anne Démians avec le concours de l’architecte en chef des monuments historiques Pierre-Antoine Gatier.

L’Hôtel-Dieu n’est pas classé, mais la proximité de Notre-Dame le place sous le contrôle des architectes des Bâtiments de France. En janvier, un premier jury avait renvoyé les candidats à leur planche à dessin pour avoir pris trop de liberté avec le monument.

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L'Hôtel-Dieu va devenir un hôpital.... sans lit

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Île-de-France & Oise > Paris > Paris IV| 12 septembre 2012, 7h00

 

L'Assistance publique s'apprête à restructurer l'un des plus vieux hôpitaux de Paris. Moins de la moitié du site sera désormais consacrée à l'accueil des malades.

L'Hôtel-Dieu, berceau historique de la médecine hospitalière, va devenir un « hôpital universitaire de santé publique ». Le concept, martelé par la directrice générale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Mireille Faugère, sera détaillé aujourd'hui aux professionnels du site. Résultat, l'institution va devenir un hôpital sans lit !

Le rendez-vous s'annonce houleux, et pour cause : plus qu'une restructuration, c'est une révolution qui se prépare. Si le projet se réalise, moins de la moitié des 55000 m2 de l'Hôtel-Dieu sera à l'avenir consacrée à l'accueil des malades.

Les lits regroupés à Cochin

Les 250 lits de l'hôpital, et les services qui les abritent, devraient en effet déménager vers l'hôpital Cochin, voisin d'un kilomètre. Les unités de pneumologie, de chirurgie thoracique et de réanimation devraient migrer d'ici six mois, selon le vÅ?u de l'AP. Les urgences ophtalmologiques, qui accueillent 30000 patients par an, seront également hébergées à Cochin, dans des locaux provisoires, en attendant la construction d'un nouveau bâtiment.

Un dispensaire du XXIe siècle

A la place, l'Hôtel-Dieu devrait se recomposer, d'ici à 2016, en un puzzle d'activités disparates. Avec une grande nouveauté : la création d'un « grand centre de consultations » facturées au tarif conventionné, ouvert de 8 heures à 23 heures. Il sera doté d'un laboratoire d'analyses et d'un plateau technique d'imagerie, pour y faire des radios, scanners, IRM et autres. Les patients y trouveront des médecins généralistes et spécialistes, venant du monde hospitalier mais aussi de la médecine libérale. « Encore faut-il que l'idée les intéresse », souffle Loïc Capron, le porte-parole des médecins de l'Assistance publique. Celui-ci se dit « perplexe » devant cette structure inédite aux contours « encore flous ».

L'Hôtel-Dieu accueillera aussi un centre de santé réservé aux étudiants, calibré pour 35000 consultations par an.

Un musée, des écoles et des bureaux

Autour de ce pôle graviteront une série de structures de « santé publique » pleines de médecinsâ?¦ mais sans malades. L'AP-HP y mènera, avec l'université de la Sorbonne, des activités de recherche, de prévention ou d'étude des épidémies. Trois écoles d'infirmières et de chirurgie y donneront aussi leurs cours.

Par ailleurs, un tiers de la surface de l'hôpital sera transformé en bureaux : les 800 administratifs du siège de l'Assistance publique, situé avenue Victoria (IVe), devraient y déménager dans quatre ans. Enfin, plusieurs centaines de mètres carrés seront consacrées au musée de l'Assistance publique ainsi qu'à un bureau « d'information » à destination du grand public et des associations d'usagers.

Les urgences menacées

C'est le point qui crispe : l'avenir des urgences de l'Hôtel-Dieu n'est, officiellement, pas encore scellé. Le directoire de l'AP-HP se réunira mardi prochain pour trancher entre l'idée de conserver des urgences, sans lits ni chirurgiens, ou celle de les supprimer purement et simplement. Dans cette hypothèse, les 45000 patients des urgences de l'Hôtel-Dieu seront redirigés vers d'autres hôpitaux, à commencer par Cochin.

Des services encore dans le flou

« Aucun service de l'Hôtel-Dieu ne disparaîtra pour les patients : ils seront tous recomposés », rassure Mireille Faugère. Pourtant, plusieurs unités de l'Hôtel-Dieu restent dans le flou. C'est le cas de la psychiatrie, du pôle d'accueil des malades du sida ou encore de l'unité médico-judiciaire (UMJ), où passent chaque année 42000 victimes d'agressions et gardés à vue, escortés par la police. Ces derniers mois, le tribunal et la préfecture de police ont manifesté leur inquiétude sur la possible disparition de cette unité. Le diagnostic sur son avenir est encore à l'étude.
Paris IV