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INTERVIEW - Professeur agrégé de lettres, ­Fanny Capel est membre du collectif «Sauver les lettres». Elle dénonce une réforme du baccalauréat à visée «purement économique».

LE FIGARO. - La réforme du lycée et du baccalauréat est-elle, selon vous, favorable aux lettres?

Fanny CAPEL. - Les nouveaux programmes de français sont très ambitieux. Programmes d'auteurs et d'œuvres associant genres et périodes chronologiques sur les années de seconde et de première, retour de la grammaire, accent mis sur la lecture personnelle d'œuvres… Nous sommes satisfaits de ces futurs programmes, qui prennent véritablement en compte les difficultés langagières des élèves à l'entrée du lycée. Mais à quoi cela sert-il d'avoir les meilleurs programmes si l'on n'a pas les horaires pour les appliquer?

Nous avons fait valoir cet argument auprès du ministère, qui nous a opposé une fin de non-recevoir. Avec quatre heures de français pour tout le monde en seconde et en première, nous sommes sur un horaire très bas, alors même que les lacunes orales et écrites sont énormes! Il y aura désormais une question de grammaire au bac, mais quand fera-t-on de la grammaire? Les élèves auront davantage d'œuvres imposées, mais aura-t-on le temps de les étudier? Il faut aussi regarder les choses en face: les élèves ne lisent plus. Les éditeurs vont se ruer sur cette opportunité (en publiant des résumés d'œuvre, etc. NDLR).

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«On va assister à une véritable bataille de chiffonniers qui ne sera pas forcément profitable aux lettres»

Fanny Capel

Sur les douze spécialités proposées aux élèves dans le cadre de la réforme, trois intègrent la littérature. Est-ce satisfaisant?

La suppression des filières et la mise en place des spécialités mettent inévitablement les disciplines en concurrence. Dans les établissements, on va assister à une véritable bataille de chiffonniers qui ne sera pas forcément profitable aux lettres. Si les filières S et ES pourront aisément se recréer, ce ne sera pas le cas pour la filière L. Qui va choisir la spécialité «Humanités, littérature et philosophie»? Cela ressemble à de la culture générale molle. Les professeurs de philosophie estiment qu'ils vont y perdre.

Quant au programme, il renvoie une image plutôt rébarbative. Surtout, il sera directement en concurrence avec la spécialité «Langues, littératures et cultures étrangères», plus attractive pour les élèves.

Que dire, enfin, de la spécialité «littérature, langues et cultures de l'Antiquité» qui ne sera sans doute pas proposée dans tous les lycées? Au-delà des lettres, il me semble qu'avec la réforme de Jean-Michel Blanquer, tout le monde va y perdre.

«Les filières avaient des défauts, mais elles constituaient un point de repère pour les familles»

Fanny Capel

Vous n'êtes donc pas favorable à cette réforme? Elle met pourtant en avant une personnalisation des parcours…

J'étais séduite au départ. Mais la réforme va s'accompagner de suppressions de postes. Elle ne vise ni une meilleure formation, ni une meilleure orientation. Son objectif est purement économique et malthusien. Le reste n'est qu'enrobage pédagogique. Quant à la «personnalisation des parcours», je n'y crois pas vraiment. Cette réforme donne une illusion de liberté.

Toutes les spécialités ne seront pas proposées partout en France. Certains élèves devront faire 40 km pour suivre une spécialité que ne proposera pas leur établissement. Ou bien ils se tourneront vers le privé… Des déserts scolaires vont se constituer. Parallèlement, les parcours d'initiés vont se reconstituer, de manière plus opaque encore. Après avoir «batifolé» en choisissant des spécialités a priori séduisantes, certains élèves verront tomber le couperet de Parcoursup. Quand d'autres, plus avertis, auront choisi mathématiques et physique-chimie pour faire des études de médecine. Les filières avaient des défauts, mais elles constituaient un point de repère pour les familles.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 19/12/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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«Baccalauréat, la fin d'une illusion»

Par Laurence de Charette

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Le «bachot» façon «ancien monde» a-t-il vécu? C'est le diagnostic de Jean-Michel Blanquer, qui s'attaque aujourd'hui à l'un des monuments républicains les plus établis de l'Éducation nationale.

La réforme du bac et des filières que le ministre met en œuvre - là où plusieurs de ses prédécesseurs ont reculé - constitue le socle, «l'acte I», pour reprendre une terminologie actuellement en vogue, de la mécanique d'orientation lancée l'an passé. Avec Parcoursup, les universités bénéficient enfin d'un droit de regard sur le dossier des candidats. En amont, les élèves devront désormais choisir, dès la seconde, des matières qui répondent à leurs aspirations, mais tout en restant cohérents - c'est une nouveauté - avec leurs aptitudes, et leur projet pour l'après-bac. Comment, en effet, raisonnablement espérer réussir en médecine sans avoir suivi d'enseignement scientifique?

Bien sûr, les croisés de l'égalitarisme agitent déjà le spectre de la «sélection» et s'alarment d'une orientation toujours jugée trop «précoce». Ceux-là ne trouvaient, il est vrai, rien à redire au tirage au sort qui sévissait auparavant dans les filières les plus courues de certaines universités.

Les mêmes, ou presque, protestent d'ailleurs en même temps contre la refonte des programmes du lycée, qu'ils estiment «trop exigeants» ou - sommet de l'échelle des crimes éducatifs, selon eux - «trop élitistes».

Avec l'instauration d'une part de contrôle continu en terminale, beaucoup s'inquiètent aussi de la mort de ce grand rite républicain - celui auquel renvoie l'expression «passe ton bac d'abord» - à qui l'on prête le pouvoir de combattre à lui seul les inégalités territoriales et sociales. Ceux-là confondent l'idéal et la réalité. Employeurs, universités et même étudiants ne savent que trop que le bac, fût-il augmenté d'une mention, n'ouvre plus que très peu de portes…

Si cet examen né sous Napoléon reste si populaire malgré son évidente démonétisation, c'est parce qu'il symbolise le droit aux études supérieures pour tous. Or c'est précisément à cette illusion, coupable de mener chaque année des dizaines de milliers d'étudiants à l'échec, que s'attaque à raison le ministre de l'Éducation nationale.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 19/12/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Éviction d'un professeur opposé au décolonialisme : l'université en péril

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FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Le sociologue Stéphane Dorin, qui dénonçait « la stratégie d'entrisme des militants décolonialistes dans l'enseignement supérieur », a depuis été évincé de son laboratoire, le groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines (Gresco). Laurent Bouvet y voit une preuve supplémentaire du sectarisme présent à l'université.

 Laurent Bouvet est professeur de Science politique à l'Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. Il a publié L'Insécurité culturelle chez Fayard en 2015. Son dernier livre, La gauche Zombie, chroniques d'une malédiction politique, est paru le 21 mars 2017 aux éditions Lemieux. Il est l'une des principales figures du Printemps Républicain.

FIGAROVOX.- L‘éviction de Stéphane Dorin est-elle une décision politique?

Laurent BOUVET.- C'est d'abord une décision gravissime au regard du pluralisme et de la liberté qui devraient être les règles dans le monde académique. Et c'est assurément une décision qui repose sur des motifs politiques: elle est motivée par un désaccord sur une orientation politique. Ce qui ne devrait rien avoir à faire à l'université et dans la recherche.

Peut-on aller jusqu'à parler d'une forme de maccarthysme intellectuel?

Certains collègues aujourd'hui ne font plus la différence entre leurs objets de recherche et leur engagement politique.

Oui, je pense qu'il y a de ça. On peut avoir des désaccords, tant intellectuels que politiques, entre collègues à l'université. C'est même assez sain, car cela permet aux étudiants de se frotter à plusieurs approches dans la même matière ou discipline. Et le débat entre ces approches ne peut que créer une forme d'émulation indispensable à la recherche, en sciences humaines et en sciences sociales en tout cas.

Lorsqu'une école de pensée, une approche méthodologique, une manière de comprendre la discipline, etc. domine au sein d'une équipe enseignante ou dans un labo de recherche, ça appauvrit considérablement l'enseignement comme la recherche. C'est un constat que je fais aujourd'hui dans ma propre discipline, la science politique.

Et lorsque ce renfermement intellectuel s'appuie sur des convictions ou une orientation politiques, alors on assiste à des cas comme celui de Stéphane Dorin. L'intolérance et la disqualification académiques sont renforcées par l'intolérance et la disqualification politiques. Certains collègues aujourd'hui ne font plus la différence entre leurs objets de recherche et leur engagement politique, ils sont des militants avant d'être des enseignants ou des chercheurs, vis-à-vis de leurs étudiants comme de leurs collègues et, bien évidemment, dans le débat public.

L'université est-elle de plus en plus sectaire? Mesurez-vous une évolution depuis vos débuts?

Les récits à propos du sectarisme qui pouvait régner dans l'université dans les années 1960 et surtout 1970 me pousseraient plutôt à dire qu'il n'y a rien de bien neuf. Sauf qu'à l'époque, on se trouvait dans une période d'affrontement idéologique clairement défini, dans le cadre de la Guerre froide pour le dire vite, et que les engagements reposaient sur des convictions liées à cette fracture idéologique. La séparation des établissements universitaires après 1968 s'était souvent faite suivant de telles lignes, qu'on pense, par exemple, à la séparation entre Paris I, réputée de gauche, et Paris II, de droite. Ce cadre d'ensemble permettait du moins l'existence d'un pluralisme organisé. Chacun savait à quoi s'en tenir et pouvait trouver des espaces de liberté à l'intérieur du système.

Ce n'est pas l'université qui est devenue sectaire mais ceux qui font preuve de sectarisme à l'université qui sont devenus, eux, très sectaires.

La situation est différente aujourd'hui. D'abord, pour répondre à votre question sur l'évolution que j'ai constatée, je dirais que je constate, personnellement, davantage de sectarisme que lorsque j'ai commencé dans ce milieu au début des années 1990. À l'EHESS, par exemple, où j'ai fait ma thèse de doctorat, il y avait différents courants intellectuels présents et un rapport de force entre eux permettant une forme assez stimulante de pluralisme. C'est moins vrai aujourd'hui. Je ne suis pas certain que je pourrais y faire ma thèse désormais. Une forme de doxa politico-intellectuelle s'est peu à peu imposée, très ancrée au sein d'une certaine gauche et très orientée sur certaines thématiques. Il y a eu, paradoxalement, un durcissement idéologique à mesure que l'on s'éloignait de la fin de l'affrontement idéologique du XXème siècle après 1989.

Ce n'est donc pas l'université qui est devenue sectaire mais ceux qui font preuve de sectarisme à l'université sont devenus, eux, très sectaires, au point qu'ils ne tolèrent plus aucune discussion ni contestation de leurs idées qu'ils font passer très souvent pour de la «science» sociale. On le constate désormais en sciences humaines et sociales couramment autour des questions de genre ou de «race» par exemple. Une véritable idéologie s'est mise en place qui empêche toute pensée dissidente. Ainsi, par exemple, comme on a pu le constater récemment à l'occasion de certains débats publics, est-il devenu très difficile de défendre en sociologie ou en science politique, l'idée que le racisme puisse être autre chose que «systémique». Si vous osez défier cette nouvelle orthodoxie, vous êtes immédiatement disqualifié, comme je le disais plus haut, à la fois académiquement (vous n'êtes pas un «vrai» chercheur…) et politiquement (vous êtes un «réactionnaire»…).

Ironie de l'histoire, cette décision intervient quelques jours après la nomination de l'amie de Houria Bouteldja, la députée Danièle Obono, au conseil d'UFR de science politique de Paris-I. Que vous inspire ce télescopage?

C'est frappant en effet. Cela donne le sentiment que chez certains collègues, les digues sont rompues avec le pire de l'idéologie identitaire. Et que ce qu'ils reprochent, à juste titre, à l'extrême-droite, à savoir l'essentialisation, l'assignation identitaire, le racialisme, etc., ils ne le voient pas à l'extrême-gauche! Non seulement ils ne le voient pas mais ils l'encouragent en mettant en avant et en donnant une légitimité accrue à des figures publiques qui véhiculent ce genre d'idées. C'est clairement le cas avec la nomination de Danièle Obono au CA de l'UFR de science politique de Paris I. Que des élus siègent dans ces conseils est tout à fait bienvenu, et Danièle Obono comme parlementaire y est légitime. Mais ce qu'elle incarne politiquement, ce qu'elle défend comme idées, doit être combattu politiquement lorsque l'on est en désaccord. Or la décision de la nommer dans ce CA est politique. C'est ce mélange des genres qui est condamnable.

On constate aussi, dans ce cas spectaculaire, que certains collègues jouent avec le feu. Et qu'au nom de leurs idées ou engagements politiques, ils sont prêts à faire la courte échelle à ce qui menace le pluralisme et la liberté à l'université. Car le sujet-clef est bien celui d'une profonde asymétrie entre les pluralistes, ceux qui considèrent, comme c'est mon cas, que l'ensemble des idées doivent pouvoir s'exprimer, y compris dans le débat entre universitaires, qu'il s'agit de débat public et de politique, sous la condition d'une forme de neutralité dans l'exercice de l'activité professionnelle, et ceux qui considèrent que leurs idées politiques commandent leur attitude professionnelle, qu'il n'y a finalement de place, dans telle UFR, dans tel labo… que pour ceux qui pensent comme eux. Or, mécaniquement, sans une forme de régulation que se refusent le plus souvent à exercer les autorités universitaires, ce sont les seconds qui l'emportent. Ils imposent leurs manières, sectaires, de faire. Et ce sont les pluralistes qui doivent céder.

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Sur le fond, partagez-vous l'analyse de Stéphane Dorin quant à l'emprise des «théories racialistes» sur l'université française?

Cette emprise des théories, thèses et idées racialistes, décoloniales, indigénistes… existe sur toute une partie des sciences humaines et sociales en effet. On le constate au nombre de colloques, journées d'études, séminaires, programmes de recherche, sujets de thèses, plans de cours, etc. qui existent aujourd'hui sur ces thématiques identitaires, et qui sont quasiment tous orientés dans le même sens, la discussion critique ne faisant plus partie de l'horizon dans lequel ils s'inscrivent - alors qu'ils prétendent eux-mêmes, ultime paradoxe, relever d'une perspective critique des sciences sociales.

On n'est pas loin d'un rapport quasi-religieux à la vérité

Le résultat est un appauvrissement considérable dans les disciplines concernées, comme on le constate aux États-Unis depuis des années déjà. À la fois parce que ces sujets et leur traitement nous renseignent peu sur la société et la politique contemporaines, en ne s'intéressant qu'à certains objets, très limités et parce qu'ils conduisent à une régression en matière de pluralisme et d'esprit critique, comme s'ils témoignaient d'une forme de vérité indépassable. On n'est pas loin ici, chez certains collègues, d'un rapport quasi-religieux à la vérité qui ne peut qu'étonner tout esprit rationnel et laïque normalement constitué. C'est frappant dans des domaines comme les «études de genre» par exemple ou encore dans les «études postcoloniales» désormais. Ces domaines ont leurs dogmes, leurs gourous, leurs sectateurs, leurs propagandistes…

Dans son livre, «la gauche identitaire», Mark Lilla, professeur à Columbia, dénonce la folie des «études de genre et de race» dans les facultés américaines. La France poursuit-elle la même évolution?

C'est en effet des États-Unis que viennent ces excès. Depuis plusieurs décennies maintenant. Et la France joue un rôle particulier dans la mesure où les «études» en question s'appuient à l'origine, intellectuellement, en grande partie sur ce que l'on a appelé la French Theory, c'est-à-dire les thèses des intellectuels critiques français des années 1960-70: Deleuze, Derrida, Bourdieu, Foucault…

Mais la force du «marché» académique américain et le fait qu'il ait peu à peu imposé son modèle dans le monde a conduit à une inversion du courant. C'est désormais aux États-Unis que se forgent et se développent ces grandes «théories» en forme de dogmes que des disciples français s'emploient à importer et «introduire» ici. Ce qui parfois laisse songeur quant à l'inadaptation totale de certaines thèses au contexte socio-historique français. Ainsi, par exemple, récemment, à l'occasion de la traduction d'un livre sur la laïcité et les femmes, de l'historienne néo-féministe américaine Joan Scott, publié avec l'aide du CNL (subvention publique à la traduction), a-t-on pu constater qu'outre une connaissance très approximative de ce qu'est la laïcité française, cette historienne de Princeton faisait surtout oeuvre de propagande politique pour une forme très spécifique de féminisme, essentialiste et anti-occidental.

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De tels exemples sont légion malheureusement, et bien souvent l'ignorance ou parfois la complaisance des autorités et des pouvoirs publics fait le reste, laissant le champ libre au déploiement, sur fonds publics, de ce dogmatisme et de ce sectarisme. De ce point de vue, la dérive néo-managériale, fortement teintée d'un néolibéralisme d'époque, des institutions universitaires et de recherche s'accommode tout à fait de ce genre de dogmes déguisés en théorie des sciences sociales. Sans doute parce que cela permet de compléter utilement la critique économique néolibérale de l'État visant à limiter les dépenses publiques dans l'enseignement supérieur et la recherche d'une critique culturelle de celui-ci, au nom de son caractère «sexiste», «raciste», «islamophobe»… Ce dont visiblement, ces collègues dont on parlait plus haut, n'ont aucune conscience. Ils se plaignent de la dérive néo-managériale de la gouvernance universitaire sans comprendre qu'ils ne font qu'alimenter en attaquant l'Etat qui entretiendrait un «système» de «domination» sexiste, raciste, islamophobe, etc. Cette capacité à scier consciencieusement la branche sur laquelle ils se croient confortablement assis ne cesse de m'étonner.