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CHRONIQUE - Assigner l'homme à une nature, comme on assigne le criminel à résidence, revient tout simplement à nier sa liberté, c'est-à-dire son humanité.

Des Khmers verts aux bioconservateurs en passant par les fondamentalistes religieux, on ne cesse de ressasser l'idée qu'il existerait une «loi naturelle», une «nature humaine» qui serait pour nous comme un guide, voire comme un modèle moral. Or cette idée est fausse, radicalement fausse. En vérité, la nature est aveugle, amorale et injuste. Les «gros y mangent les petits» (Spinoza) et jamais nous n'aurions inventé ni la démocratie, ni la protection des handicapés, ni la médecine moderne si nous avions imité une nature où la sélection naturelle règne sans partage.

C'est dans le mythe de Prométhée tel que le sophiste Protagoras le raconte dans le dialogue de Platon qui porte son nom qu'apparaît pour la première fois l'idée que la notion de nature humaine est pure illusion. À la fin du XVe siècle, le mythe est transposé dans un cadre chrétien par Pic de la Mirandole dans son fameux Discours sur la dignité humaine dont je vous recommandela lecture. Pic y raconte comment Dieu a créé les mortels en commençant par les animaux. Pour chaque espèce, il conçoit un archétype, c'est-à-dire une nature qui détermine de part en part les individus qui en sont membres. C'est ainsi que les abeilles sont programmées de toute éternité pour butiner et les chats pour courir après les souris. Dieu les a équipés pour ça, offrant à chaque espèce des qualités propres qui lui permettent de survivre à côté des autres dans ce qu'on appellerait aujourd'hui un «écosystème».

C'est parce qu'il n'est préformé par aucun modèle que l'homme va pouvoir, unique en cela parmi les vivants, inventer son avenir, construire sa destinée

Mais une fois les dons naturels attribués aux animaux, le Créateur s'aperçoit qu'il ne reste plus rien pour les humains: les griffes, les ailes, les nageoires, les fourrures, les carapaces, etc., tout a été donné aux bêtes de sorte que l'être humain est au départ privé de qualités, caractérisé par une absence totale de nature, d'archétype. C'est ce qui explique que pendant des années, dépourvu de tout instinct naturel qui pourrait le guider, le petit d'Homme est incapable de se débrouiller seul.

Voici comment Pic raconte cette histoire: «Quand tout fut terminé, Dieu pensa en dernier à créer l'homme. Or il n'y avait pas dans les archétypes de quoi façonner une nouvelle espèce, ni dans les trésors de quoi offrir au nouveau fils un héritage, ni sur les bancs du monde entier la moindre place où le contemplateur de l'univers pût s'asseoir. Tout était déjà rempli, tout avait été distribué aux ordres inférieurs», c'est-à-dire aux animaux.

Bien entendu, c'est en ce point du mythe que tout se renverse: c'est justement parce que l'Homme n'est rien de déterminé a priori, parce qu'il n'a pas de nature ou d'essence qui le programmerait comme l'abeille ou le chat, qu'il peut devenir tout. C'est parce qu'il n'est préformé par aucun modèle qu'il va pouvoir, unique en cela parmi les vivants, inventer son avenir, construire sa destinée, inventer sa vie et remplir toutes les fonctions. N'ayant ni griffes, ni ailes, ni nageoires, ni carapace, ni fourrure, etc., il va fabriquer des armes, des avions, des bateaux, des maisons, des vêtements…

«Doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aura ta préférence»

En un paradoxe d'une profondeur abyssale, son néant de don, son absence totale de nature programmatique se renverse en une qualité supérieure à toutes les autres: la liberté. Voici comment le Dieu de Pic s'adresse alors au premier Homme: «Si nous ne t'avons donné, Adam, ni une place déterminée, ni un aspect qui te soit propre, ni aucun don particulier, c'est afin que la place, l'aspect, les dons que toi-même aurais souhaités, tu les acquières et tu les possèdes selon ton vœu, à ton idée. Pour les autres, leur nature définie est tenue en bride par des lois que nous avons prescrites: toi, aucune restriction ne te bride, c'est ton propre jugement auquel je t'ai confié qui te permettra de définir ta nature afin que, doté pour ainsi dire du pouvoir arbitral et honorifique de te modeler et de te façonner toi-même, tu te donnes la forme qui aura ta préférence…»

Passage sidérant de modernité qui annonce la pensée de Rousseau, la philosophie critique de Kant, mais aussi ce que l'existentialisme de Sartre et la phénoménologie de Husserl auront de plus profond. Pour formuler le message de Pic dans le langage de la philosophie contemporaine, on pourrait dire que c'est par ce que l'homme n'est rien qu'il est libre, parce qu'il n'est déterminé par aucune essence, parce qu'il n'a ni définition préalable, ni identité naturelle qu'il peut choisir sa vie. En quoi l'assigner à une nature, comme on assigne le criminel à résidence, revient tout simplement à nier sa liberté, c'est-à-dire son humanité.

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Quel génie humain peut-il vraiment se prévaloir d’accéder à la Genèse de l’Amour ?

Tenter pourtant ici de parler d’amour, de l’écrire… Comment réussir à pouvoir le penser, puisqu’en ce monde, dès notre mise au jour, nous tous avons été saisi d’emblée au flux et reflux de cet émoi d’appel, de réception, d’échange, en nous développant peu à peu dans un lien d’un tout autre type que celui du charnel lien placentaire d’in utéro, celui relationnel d’une enveloppe évanescente entre des êtres qui, génératrice d’amour et de douleur, nous expose aux fluctuations de ses aléas tantôt bienfaisants et porteurs, tantôt délétères et disruptifs ?

 

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Prologue

« Voilà l’endroit où mon amour, en sa merci,
a dérobé mon cœur et, plus outre, ma vie.
Ici, de ses beaux yeux, il m’a promis son aide,
Puis, de ces mêmes yeux, il me l’a retirée.
Ici, il m’a lié, là il m’a délié ;
j’ai pleuré sur mon sort et, douleur infinie,
je l’ai vu s’éloigner de ce marbre, celui
qui m’a pris à moi-même et puis m’a rejeté. »
 
         
 
Michel-Ange, Poèmes, NRF Gallimard 2013, p 48.   .......     hcqs>>>>>lien écrits>>>>>>

Sculpteur du si fameux Moïse trônant désormais en majesté chez tant de psychanalystes, peintre aux fresques et tableaux universellement encensés, architecte autant qu’urbaniste en ce 16e siècle italien fortement agité, mais aussi poète aux publications posthumes à l’initiative de son neveu, Michel-Ange fut le cadet d’une famille de 5 enfants ; devenu orphelin de mère à 6 ans, son père le plaça alors en nourrice jusqu’à ses 10 ans dans une famille de tailleur de pierres.

Quoiqu’assez peu célébré pour ses écrits poétiques plus ou moins caviardés après sa mort et relégués en arrière-plan du fait de ses glorieuses œuvres plastiques, l’un de ses traducteurs contemporains, Pierre Leyris a souligné sa fascination inouïe pour la Beauté, habité qu’il était par l’émotion conjointe d’Amour extatique et par la douleur, elle-même associée à l’intensité de ses émotions esthétiques.

Ses biographes s’accordent à penser que c’est autour de la cinquantaine, vers le milieu de sa vie car il s’est éteint à 88 ans, qu’il tentera de sculpter cette fois en lui-même au sein des rocs massifs de nos mots familiers, les tourments ressentis à ses très grands émois, pour en transmettre parfois en des accents mystiques, l’écriture poétique à ses récipiendaires.

Après déjà tant de siècles de poésie, d’essais, de mythes, de contes et de romans, de philosophies et depuis près d’un siècle de théories psychanalytiques, après ainsi tant d’œuvres pour évoquer, célébrer, analyser, comprendre nos éprouvés d’amour, quel éclairage oser apporter encore, susceptible d’éclairer quelque obscur repli de ces puissants émois ? Et comment ?

Comment oser écrire davantage sur cet univers si vaste, si exaltant, si nourrissant et pourtant parfois si dévastateur ? Comment réussir à penser, comprendre, dire, analyser l’ineffable et merveilleux effroi du ressenti d’amour ?

Quel génie humain peut-il vraiment se prévaloir d’accéder à la Genèse de l’Amour ?

Tenter pourtant ici de parler d’amour, de l’écrire… Comment réussir à pouvoir le penser, puisqu’en ce monde, dès notre mise au jour, nous tous avons été saisi d’emblée au flux et reflux de cet émoi d’appel, de réception, d’échange, en nous développant peu à peu dans un lien d’un tout autre type que celui du charnel lien placentaire d’in utéro, celui relationnel d’une enveloppe évanescente entre des êtres qui, génératrice d’amour et de douleur, nous expose aux fluctuations de ses aléas tantôt bienfaisants et porteurs, tantôt délétères et disruptifs ?


Si on éclaire ce sujet à la lumière des dernières avancées théorico-cliniques de la psychanalyse et des observations relatives au développement de la personne et de la personnalité, d’où il ressort que toutes les émotions constituent des liens, il m’a paru intéressant de se pencher sur l’évolution de l’éprouvé d’aimer, au sein des liens passionnels mouvementés entre les émotions d’Amour, de Haine et de Connaissance dont les tissages intimes dans notre croissance mentale, conduisent à valoriser le rôle intérieur et social d’un autre lien primordial qui les rassemble tous, celui de l’émotion esthétique, le lien à la Beauté.

[2] Jacquelyne Poulain-Colombier, « Un quatrième lien :... de ce quatrième lien « Beauté » est décrite nécessaire à repérer et approfondir dans ses évolutions positive ou/et négative, car elle y rappelle que Bion et Meltzer soutiennent comment cette dimension Beauté habite toute l’évolution humaine et « l’atelier du psychanalyste ».


Reste à tenter de suivre le cheminement des effets psychiques de « l’émotion esthétique », de l‘éprouvé de Beauté, ce surgissement d’une catastrophe émotionnelle primordiale, après laquelle les transformations progressives des émotions originelles d’amour-élation fusionnels, de haine persécutrice et de curiosité intrusive pour connaître, peuvent évoluer dans leurs dimensions positives, pour ouvrir une quête d’éprouvé d’amour, bien proche de la plénitude et d’absolu.


Cheminement qui à mon avis, pourrait venir éclairer un certain nombre de versants mystiques de ces explorations d’émotions de pensées et de vécus, éprouvés comme une transcendance.

Le « choc esthétique » et la naissance d’une émotion d’amour

À l’intitulé du thème d’exploration sur « l’éprouvé d’aimer » qui m’a été proposé, a répondu aussitôt en moi cette forte émotion intime d’émerveillement, ressentie à certaines peintures, certains paysages, certaines envolées et stances poétiques, certaines musiques et voix chantées… Et aussi l’émoi à cet étonnant ressenti jailli de chants intérieurs venus d’intangibles secrets ombilics, soutenu d’une vibrance cénesthésique interne, un ressenti inouï de chants profonds chaque fois déjà réveillé dans mon être, lors de grandes rencontres avec l’amour et la splendeur.

Réminiscence d’un fugace antan révolu, enfoui, d’un éblouissement hors des remous de chairs mouvantes enchevêtrées dans leurs métamorphoses, et non accessibles encore aux vêtements des mots, mais hyper-sensitifs aux flux divers et aux cadences d’échanges d’élans de vie ?

Cette émotion intense provient-elle du choc d’une rencontre synchronique du monde du dehors avec le monde interne, une sorte de rencontre d’accordage avec une « expérience proto-esthétique commencée in utéro » [3] D. Meltzer- Meg Harris Williams (1988), L’Appréhension..., ou bien au contraire de son effet tout à fait opposé plus traumatique, générant d’emblée un conflit très énigmatique entre des ressentis ?

Touchons-nous ici à cette irruption subite d’un soudain « conflit esthétique » si brillamment décrit par Donald Meltzer, dans L’Appréhension de la Beauté[4] D. Meltzer- Meg Harris Williams, op cité., quand vient à surgir cette troublante émotion d’infans mis au monde, qui se trouve alors exposé à cet intangible espace aérien du dehors tellement étranger à celui du vécu aquatique de son corps, baignant dans l’humide, sombre et chaud enclos du dedans des chairs maternelles ? Emotion intense conjointe à son premier cri, premier son éruptif de voix, emplissant tout son corps d’un éther brûlant ses poumons et bousculant à la fois tout l’éprouvé de son dedans et de son dehors…

Plonger en pensée dans l’évocation de « l’éprouvé d’aimer » serait-il donc venu réanimer spontanément en moi, une sorte de lame de fond enfouie, peut-être comparable à cette saisissante force réminiscente d’une telle immense et fascinante « émotion esthétique » immergée au fond du temps de notre éclosion à la vie énigmatique de notre espèce humaine ?

Une émotion peut-être bien semblable à celle qui vient stupéfier, méduser, éblouir l’infans soudain plongé dans l’ouverture multi-sensorielle hyper-excitatrice du monde extra-utérin inconnu, lumineux, et exposé à la fois à ces imprévisibles bombardements sensoriels externes et internes et à l’instabilité des aléas plus ou moins accueillants de la capacité maternelle d’enveloppements du regard, de la voix, de nourrissage et de rêverie.

N’est-ce pas au décours de l’un de ces temps inauguraux que se déploie l’expression extrême d’une fusion élationnelle, jusqu’à l’identification adhésive ?

N’est-ce pas aussi en cette plongée subite pour le nouveau-né dans le bain saisissant de ce nouveau monde relationnel en devenir, que le lien contenant de la rêverie maternelle avec ses soins, peut alors réussir à faire éclore et développer en confiance la sensation si surprenante d’un bon ressenti, d’un beau énigmatique et d’un éprouvé ineffable d’amour ?

Pourtant ce « coup de foudre » se révèle vite tout autant stimulant pour aimer et se transformer, que pour haïr et souffrir de blessures mortifiantes comme Rank a pu l’explorer sous l’angle du « traumatisme de la naissance ».

C’est une lune de miel ainsi plus ou moins éphémère qui, bien qu’engrammée déjà, -pour toujours- au plein cœur des chairs de l’être tout juste né, - lequel bien que nouvellement enrobé et nourri de la voix, de la peau, du souffle, des seins, du lait et regards de sa mère-, se trouve alors soumis encore à d’autres rythmes surprenants : ceux nycthéméraux du jour et de la nuit, et tous ceux issus des modulations complexes des odeurs, des sons, du goût, du toucher, de l’air et de bien d’autres événements imprévisibles de mises en relation avec cette mère-énigme et autres contacts inconnus.

Lune de miel d’empathie extatique encore espérée en secret -voire toujours quêtée- au cœur d’une vie adulte, bien que jamais retrouvable en sa nature originelle… car même « si de l’archaïque dépendance à la mère, la mère a pu être supplantée, la dépendance elle, n’a pu être abolie !… »[5] Jean Claude Lavie, L’amour est un crime parfait, 1997,...

Le « conflit esthétique » et la montée de l’émotion de Haine

Ce miel de la première rencontre infans/mère hors de la caverne maternelle, dans l’éblouissement énigmatique des sens et des sensations nouvelles, que - depuis Meltzer- on dénommera le « choc esthétique à la Beauté », s’éprouve, se produit, presqu’en simultané avec ce ressenti tragique -qu’on nommera plus tard Douleur-, d’irréfragable perte de la bien chaude capsule maternelle, demeure enveloppante escamotée désormais avec l’exiguïté comprimante de son obscur et gargouillant univers…

 En effet les incessants échanges de projections émotionnelles contraires, « projections identificatoires »[6] Le concept de « projection identificatoire » a été..., et introjections identifiantes successives se bousculent et interagissent alors au sein de ce permanent théâtre psychique de vécus fusionnels d’amour, de stupeur médusante, de cris et de fureurs déferlantes…

C’est un éprouvé vraiment très éprouvant que ce « conflit esthétique » entre des émotions primitives brutes violentes ; car c’est la première expérience conflictuelle dans l’éprouvé global du psychosoma ; un conflit surgi entre un senti tout neuf d’émerveillement et de découverte et un ressenti non moins déboussolant d’absence paniquante du premier abri éprouvé, cette poche alors toujours vibrante et tout soudain disparue… Vécu catastrophique inondé d’une tout autre humeur… car butant sur l’envers d’une brève lune de miel, celui de l’éprouvé mortifère d’une lune de fiels… Premier chemin vers la terreur de chute en abîme sans fond, qui peut pétrifier d’angoisse ou déclencher une explosion de haine rageuse de nouveau-né, luttant contre cette si étrange sensation de contours intermittents inconnus, qui se superpose au ressenti sidérant et stimulant de découverte d’un non moins étrange univers en expansion.

Le sentiment d’éprouvé d’amour émerveillé ne demeure donc ainsi pas isolé très longtemps ; plus ou moins fugace et/ou momentané, il est suivi ou précédé voire même parfois déjà accolé au vécu haineux d’une perte avérée de l’autre habitacle révolu, tellement différent du tout nouveau monde.

Se débarrasser du non-digérable, du non-gérable et du non-concevable, au dehors de soi, dans l’autre et le monde extérieur, est la réaction projective spontanée à la douleur à évacuer, tant qu’on n’a pas trouvé l’attention psychique d’une capacité maternelle assez contenante et rêvante pour transformer ces éléments bruts (Bêta) en un alphabet décryptable de ressentis digestibles et métabolisables, permettant de commencer à apprendre de l’expérience en apprivoisant la réalité. [7] W R Bion, (1962), « Une théorie de l’activité de pensée »,...

Le ressenti des émotions contradictoires d’amour et de haine au fondement de nos possibilités de croissance psychique humaine, baignent la respiration psychique de l’infans qui ressent son nouvel univers à la fois attirant et repoussant. L’adulte continue d’en être la proie ou le jouet ou l’acteur ou mieux le metteur en scène plus ou moins avisé s’il a pu développer sa soif d’investigation à comprendre et co(n)-naitre. Saluons ici au passage, la belle trouvaille langagière de Lacan pour signifier l’intrication et la co-habitation de ces éprouvés si opposés en l’humain, en appliquant à ceux-ci l’expression de « L’hainamoration » (l’énamoration), malheureusement d’une fonction signifiante seulement efficace à l’usage du français !…

 

« L’expérience esthétique » dans le développement de l’émotion du Connaître

Toutefois avec leurs impacts projectifs « Béta », l’émotion haineuse et l’émotion d’amour, reçoivent en retour leurs effets décryptés plus ou moins « alphaïsants » [8] Néologisme que j’utilise là où Antonino Ferro emploie... de la mère et de l’environnement ; par leurs rôles de contenant, d’interprète, et de rêverie, ces traductions maternelles jouent une fonction transformationnelle de premier ordre, mobilisée par les interactions des processus d’identification projective (projection identificatoire), puis d’identifications « corrélative »[9] Je fais l’hypothèse d’une brève expérience d’identification... et introjective. Ces processus interrelationnels bien complexes et permanents contribuent plus ou moins à développer chez l’infans une plus ou moins grande capacité à tolérer la frustration et la douleur inhérente à la vie en ce monde. Ces subtiles et tumultueuses étapes d’échanges interréactionnels contenu/contenant et relations identificatoires infans/mère stimulent ainsi en la psyché infantile, la soif de connaître, la curiosité d’apprendre par l’expérience et de sonder la réalité et ses inconnues.

Une telle fonction de « curiosité naturelle », notre pulsion épistémophilique, - quasiment envisagée en ébauche pré-conceptuelle prénatale chez Meltzer-explorée grâce à Mélanie Klein et particulièrement ensuite approfondie par W. Bion, est cet autre troisième moteur émotionnel essentiel en l’évolution humaine et ses civilisations. C’est cette sorte d’« instinct pour connaître » (co-naitre) qui soutient l’énergie reliante et corrélative avec les autres éprouvés d’amour et de haine pour apprendre de l’environnement. Ce lien d’émotion dit « Connaissance », en sa quête et ses multiples découvertes, retrouve alors parfois, un certain nombre d’« expériences esthétiques » intimes, contribuant fortement au développement global relationnel et somato-psychique.

A la différence de théorisations cloisonnant le développement psychique des passions humaines 10] Dans le “Prologue” de son ouvrage L’amour Lacan, (EPEL..., Bion introduit la Connaissance comme une fonction corrélante d’apprentissage indispensable à notre évolution psychique. Pour lui, ni le lien Aimer, ni le lien Haïr n’engendrent par eux-mêmes, de façon respective et unilatérale, le lien du Connaître. Car pour ces trois liens basiques de la vie émotionnelle en l’humain, c’est seulement à partir de leur propre expérience émotionnelle vécue et transformée peu à peu au cours des relations primordiales, des jeux d’identifications et de contenant/contenu, que peuvent se développer et s’exercer un processus de corrélation. C’est particulièrement grâce au lien du Connaître conduisant à apprendre de l’expérience, que la fonction de corrélation se déploie, car il dépend à la fois de la capacité de tolérance du sujet à l’expérience de la réalité, et de la capacité de l’environnement à lui transmettre le décryptement détoxiqué de ses ressentis, à travers le filtre des expériences et tolérances parentales acquises.

De sorte que si la corrélation apparaît dans l’expérience du Connaître en co-existence avec l’expérience émotionnelle d’aimer, l’être peut se développer dans une voie ouverte vers la compréhension et à la croissance psychique. Par contre si l’expérience du lien du Connaître est associée à l’émotion maintenue non transformée de haine et de violence, la quête risque de se cantonner à fonctionner essentiellement dans la cruauté et le clivage, voire dans une fusion destructive. [11] W.R. Bion, (1960), Aux sources de l’expérience, PUF 1979,...

Le désir de « connaître » en ses valences émotionnelles positives ou négatives avec ses liens d’amour et/ou de haine, habite aussi de ces faits, l’ensemble des relations du couple psychanalytique,

 

Turbulences en émotions des transferts/contre-transferts dans les cures

« L’incapacité d’utiliser l’expérience émotionnelle provoque un désastre de même ampleur dans le développement de la personnalité » que « l’incapacité de manger, de boire ou de respirer sur la vie elle-même »2] W.R. Bion, (1960), op cité, chap 14 p 59..


Là où l’une entraîne des effets désastreux et fatals pour la vie même du sujet, l’autre conduit à ces désastres pour la personnalité que sont les différents degrés de désordres et détériorations psychiques pouvant être décrits comme un état de quasi « mort de la personnalité ».

1 - L’évolution progressive des concepts


Analystes et analysants connaissent in vivo les turbulences de ces émotions en la cure, que Freud a appelé le Transfert du patient en y ajoutant ensuite tout en le réprouvant -voire en le diabolisant-, le Contre-transfert du psychanalyste, sur lequel Ferenczi poursuivra lui-même ses investigations passionnées 13] Yves Lugrin, Ferenczi sur le divan de Freud- une analyse....

Depuis les descriptions fondatrices de ces pionniers, eux-mêmes directement impliqués dans leurs inter-réactions fluctuantes et passionnelles, d’innombrables écrits ont été consacrés à ces mouvements anxiogènes, pour en compléter l’approche et l’origine. La plupart ont constaté qu’ils se rapportent en fait tous, au destin des premières turbulences infantiles dans la relation d’un infans à sa mère et à son environnement, lorsqu’elles viennent se transposer dans la cure sur l’analyste, récepteur (plus ou moins empathique) de l’analysant en souffrance et en attente d’élaboration interne.

L’évolution de la compréhension du Contre-Tranfert s’est surtout développée après 1950 avec les apports successifs de Paula Heiman et de Winnicott, de Racker, Balint, Grinberg, Searles, Rosenfeld, qui vont permettre d’intégrer ce ressenti de l’analyste comme cet autre moteur indispensable au travail dans la cure. Grâce aux avancées dans l’observation et la compréhension de l’évolution des relations du développement psychique du nourrisson (E. Bick) et de l’enfant avec son environnement (H.Segal ,W.Bion, D. Meltzer) l’approche analytique des transferts/contre-transferts s’est depuis lors, encore bien plus affinée

Impossible d’envisager un travail psychanalytique qui ne soit fondé sans l’élaboration de cette relation indissociable Transfert/Contretranfert qui soutient l’évolution de toute cure. (Guillaumin)

On devrait d’ailleurs selon moi, formaliser désormais une écriture générique de ce processus relationnel dont la fonction d’élaboration demeure essentielle en psychanalyse, en l’évoquant comme ce processus dynamique des « transferts <=> contre-transferts ». Dans la même perspective d’intégration des avancées théorico-cliniques en ce domaine, ne faudrait-il pas évoquer sous la forme au pluriel, ces éléments processuels, plutôt que d’accumuler de façon hétéroclite et désordonnée une multiplicité de qualificatifs, dont chacun révèle un de leurs aspects particuliers ?

De plus, « (…) selon que l’on se situe dans une perspective (…} freudienne, lacanienne, kleinienne, winnicotienne ou bionienne le terme de transfert ne recouvre pas les mêmes contenus. On ne se réfère pas aux mêmes contenus, ni au même traitement de ceux-ci, selon qu’il s’agit d’un transfert névrotique ou psychotique ou encore d’un transfert interne, intrapsychique au sujet lui-même » constate avec pertinence Radmila Zygouris [15] Radmila Zygouris, L’amour Paradoxal ou la Promesse....

La littérature psychanalytique démultiplie ainsi les terminologies de ces « bastions »[16] Yves Lugrin, opus cité. « transfert<=>contre-transfert », faute d’établir un consensus de base à propos des vécus émotionnels non transformés de l’infans.....17] Notons que la plupart s’attache surtout au dit « amour...

Il me semble que James Grotstein avance une synthèse simple des apports consensuels les plus récemment travaillés sur ce sujet : « L’identification projective est le dénominateur commun à tout transfert, qu’il s’agisse du déplacement des investissements d’un objet du passé ou d’identification projective de représentations mentales immédiates (…). Le contre-transfert [en est] le pendant obligatoire ; il comprend l’ensemble du répertoire de sentiments et d’émotions de l’analyste dans la situation analytique »[18] James S. Grotstein, (2007) Un rayon d’intense obscurité,... mais il est à différencier de la « rêverie », qui serait « une identification partielle » au patient.

Comme le transfert, le contre-transfert contient donc tous les avatars et variations évolutives émotionnelles des processus identificatoires et relationnels que l’analyste doit pouvoir repérer en lui-même en devenant une sorte d’« objet de transformation » (transforming object de Bollas).

 2 - L’expérience émotionnelle des situations cliniques

C’est le décours de l’évolution d’une cure avec ses temps de scansions émotionnelles et l’accès à son temps « final » d’élaboration continue et inachevable, qui déploie et révèle la dimension nouvelle, transformée de ces rencontres d’émotions originelles, « inédites » au regard des relations communes.

Le cadre limité de cet article ne peut permettre d’aborder les différents aspects d’une pré-conception de l’éprouvé d’aimer, siégeant dans les choix des patients de recourir à certains psychanalystes plutôt qu’à d’autres, et pour le psychanalyste d’accepter en cure certains patients plutôt que d’autres. Il n’est pas plus possible ici d’évoquer et analyser les mises à l’épreuve des éprouvés émotionnels dans les cures, dont en particulier, le devenir des éprouvés d’aimer dans et après la cure.

J’observerai à leur sujet que l’extrême focalisation sur le danger érotique et séducteur de « l’amour de transfert » a semblé depuis Freud, avoir pris une place fantasmatique exorbitante chez nombre de psychanalystes, au lieu qu’il soit traité et approfondi par exemple, comme une régression primaire fusionnelle à l’objet, grâce à l’analyse de processus psychiques d’identification projective massive, intrusive, et même adhésive, chez l’analysant en souffrance d’émotions à partager, voire peut-être chez un analyste, prisonnier potentiel d’une éventuelle contre-identification projective non encore élaborée.[19] Notons que dans son étude du contre-transfert Léon...

Je me limiterai à illustrer l’étroitesse des liens de l’éprouvé d’aimer revécu dans la cure avec l’émergence conjointe ou la réémergence (?) d’une émotion esthétique de Beauté avec deux exemples succincts.

  • Chez des patients adultes, cela se manifeste assez souvent au détour du suivi, avec la découverte bouleversante, d’une rencontre (film, musique, roman, rêve, ou autre événement particulier) qui ouvre en eux-mêmes une transformation progressive et pérenne de leurs investissements.

  • Deux brefs résumés de psychothérapies d’adolescents suivis en CMPP peuvent mettre en lumière le cheminement de l’éprouvé d’aimer dans le cours des « transferts<=>contre-transferts » et son aboutissement au moment de l’arrêt de traitement.

1) A. est un adolescent brillant qui ayant désinvesti la scolarité secondaire juste avant les 1ères épreuves du baccalauréat est venu pendant un peu plus de 2 ans à ses séances hebdomadaires de psychothérapie sur le souhait de sa famille angoissée de ses disparitions fugueuses par lesquelles il partait tagguer murs, camions, voitures et vitrines de la ville. Il manifestera son scepticisme et sa dérision à l’égard de sa psychothérapie avec moi en dessinant de sinistres mais remarquables bandes dessinées aux commentaires cruels et cyniques. Mes interventions utilisant ce champ privilégié pour m’impliquer à jouer avec lui dans ces psychodrames en croquis, ses BD parleront peu à peu de façon implicite de ses angoisses sexuelles et archaïques. Le plaisir partagé de ce mode d’échange constituant un contenant de ses émotions adolescentes, ses fugues pour tagguer s’espaceront au profit de l’investissement scolaire. Ayant brillamment gagné un concours de BD, et ensuite réussi son bac, il souhaitera arrêter son suivi en s’organisant pour devenir créateur de BD.

Ainsi le travail partagé autour de ses liens émotionnels A, H, C, complètement embrouillés pour lui lors de son arrivée, a pu rétablir avec la partie aimante et investigatrice de lui-même, un étayage clarifiant ses émotions avec une mise en relations créatives de leurs effets, dans le cadre de son mode privilégié de communication, fondé sur la représentation picturale soutenue d’interlocutions plus élaborées que des interjections.

2) Ayant annoncé huit mois avant mon départ à la retraite, notre future séparation à B. garçon de 14 ans suivi en psychothérapie en CMPP depuis ses 8 ans, pour hyperactivité et non-investissement scolaire suite au divorce parental du fait de violences paternelles, ce patient fort peu disert et en échec répété sur toute représentation dessinée et écrite, changera alors complètement son mode d’expression en séance. Alors qu’il lui fallait souvent passer un quart d’heure à s’exercer à des tirs et dribbles du ballon contre le mur du bureau, il deviendra soudain seulement concentré à dessiner ou écrire une histoire fantastique. Lors des six dernières séances, il s’appliquera à réaliser avec minutie le dessin d’un visage, tout en me dévisageant avec une attention soutenue. Il annoncera à l’avant-dernière séance, qu’il s’agissait du portrait de la Joconde en jubilant de découvrir sa propre capacité de représentation jamais imaginée possible ; j’y appris alors que sa mère co-dirigeante de son club de foot, assistait à tous ses entraînements et matchs… Après la première partie de notre dernière séance consacrée à la finition des couleurs du portrait, tout le reste du temps passa à s’interroger ensemble sur sa fascination pour ce portrait de la Joconde « qui ne l’avait pas quitté des yeux » lors de sa visite au Louvre, et auquel il pensait depuis très souvent. Tous ses ressentis intenses face à ce tableau en vinrent à être associés au regard de sa mère et au mien dans nos rencontres et lors de ses jeux d’adresse et de ballon, ainsi qu’à la découverte exaltante de sa toute nouvelle capacité à pouvoir se l’imaginer figurable par son dessin. En me quittant il m’indiquera qu’il m’enverrait « son portrait et le mien, et m’écrirait des lettres à mon adresse ». Je reçus ainsi pendant 4 à 5 ans de ses nouvelles lors des vœux de nouvelle année ; ce qui était un grand exploit vu son absence d’investissement antérieur de tout écrit.

En ce cas il paraît notable que la conjonction factuelle de notre prochaine séparation et de sa rencontre avec le tableau de La Joconde, a précipité un travail d’élaboration et d’investigation de son expérience émotionnelle esthétique, réanimant peut-être ici, mais en une autre dimension, son tout premier « choc esthétique ».

Comment ne pas songer ici à cette réflexion d’Adrian Stokes : « D’une manière presque tangible, [une grande œuvre d’art] reste « là-bas », et pourtant elle nous enveloppe. Nous ne l’absorbons pas, nous sommes nous-mêmes absorbés par elle. »20] Citation d’Adrian Stokes (1902-1972) dans l’Appréhension...

 

Vers des devenirs aux « éprouvés d’aimer » ?

Arrivons-nous toujours de nos voyages en émotions d’amour, de haine et du Connaître vers un éprouvé d’amour enrichi de toutes leurs communes pérégrinations intégrant leurs aventures émotionnelles qui nourrissent la personnalité, jusqu’à certains horizons de plénitude esthétique en une émotion de Beauté ?

« Un terme comme « amour » ne peut pas décrire quelque chose (…) [Des] images visuelles peuvent être utilisées pour parler de l’amour, même celui que nous imaginons être un amour mature, mais il y a une autre sorte d’amour qui est mature selon un critère absolu. Cet autre amour, vaguement ébauché, vaguement entrevu par le langage humain, est d’une nature totalement différente ; ce n’est pas seulement une différence quantitative de l’espèce d’amour qu’un animal a pour un autre ou que le bébé a pour le sein. C’est une extension supplémentaire jusqu’à l’« amour absolu » qui ne peut être décrit en termes de réalité ou d’expérience des sens. Pour cela il faut un langage de l’en-deçà et de l’en-delà des sens, quelque chose qui se trouve en dehors de l’expérience des sens et du langage articulé. On peut s’en approcher par des méthodes de communication qui ne relèvent pas seulement de sens ». [21] Wilfred.R. Bion, (1992) Cogitations, In Press, 2005,...

Ainsi l’« Amour », cet « éprouvé d’aimer » immanent non-verbal, le plus originel et sans possible retour, devenu imprégné des deux autres liens de Haine et du Connaître ne peut-il pas parfois se transmuer en un lien « Beauté » ineffable où, par la force de son ressenti le lien émotionnel du « co-naître » vient en exhausser l’approche toujours énigmatique ?



Bibliographie

  • Wilfred R Bion, (1960), Aux sources de l’expérience, PUF 1979, 137p.
  • W R Bion, (1962), « Une théorie de l’activité de pensée », in Réflexion faite (1967) PUF 1983, 191p.
  • W R Bion, (1992), Cogitations, in Press, 2005, 374p.
  • W R Bion, (1991) Un Mémoire du Temps à Venir-L’aurore de l’oubli Livre III, éd Du Hublot, 2010, 619p.
  • André Bolzinger, « Généalogie de la notion de transfert », in Les Lettres de la Société de psychanalyse freudienne, n° 8, 2002, p. 15-28.
  • Freud : « Observations sur l’amour de transfert » (1915) ; in La technique psychanalytique, Paris, PUF, 1953.
  • Florence Guignard, Quelle psychanalyse pour le xxie siècle ?, t. 1 Concepts psychanalytiques en mouvement, Paris, Ithaque, 2015 , 260p.
  • James S. Grotstein, Un rayon d’intense obscurité, Ce que Wilfred R . Bion a légué à la psychanalyse, (2007) éd Ithaque 2016, 477p.
  • Jean Guillaumin, Transfert/Contre-transfert 1998, L’Esprit du Temps 266p.
  • Jean-Claude Lavie, L’amour est un crime parfait, NRF Gallimard 1997, 213p
  • Yves Lugrin, Ferenczi sur le divan de Freud- une analyse finie ? Paris Campagne Première 2017, 266p.
  • Luis J. Martin Cabré, « La contribution de Ferenczi au concept de contre-transfert » (traduction Henriette Michaud) in Sandor Ferenczi revue Filigrane Printemps Montréal, 2000, pp 7-18 .
  • L’amour, Revue Tribune Psychanalytique, Lausanne N°11 2013, 279p.
  • Les voies du Contre-Transfert 1 et 2 , Revue Filigrane, Montréal vol 13 n°1 printemps 2004 et vol 13 n°2 automne 2004.
  • Donald Meltzer- Meg Harris Williams (1988), L’Appréhension de la Beauté- le Conflit Esthétique – Son rôle dans le développement, la violence, l’art - trad 2000 Larmor-Plage, éd Du Hublot, 254p.
  • Michel-Ange, Poèmes (trad Pierre Leyris), Poésie Gallimard, 2013, 142.
  • Jacquelyne Poulain-Colombier, « Un quatrième lien : +/- B (+/- beauté) », in Le mouvement
  • psychanalytique, vol IV, N°1, 2002.
  • Heinrich Racker, (1979), Études sur la technique psychanalytique- Transfert et contretransfert, Césura Lyon 1997, 259p.
  • Yves Thoret, « La dismorphophobie : comment s’approcher de la beauté », in Revue Evolution Psychiatrique, vol. 68, n° 4 (2003) (Exposé du 21 juin 2003 à la XVIIIème journée psychiatrique du Val de Loire, « La beauté, remède, maladie ou vérité », organisée par le Pr Jean-Bernard GARRE et l’AARP, Abbaye Royale de Fontevraud ; cf site : psychiatrie angevine.)
  • Terminer une cure analytique, SPP Institut de Psychanalyse, janv. 1998, XXXXème séminaire de perfectionnement.
  • Transferts d’amours, Revue Libres Cahiers pour la Psychanalyse éd In Press 2011- 1- N°23, 176p.
  • Radmila Zygouris, L’amour Paradoxal ou la Promesse de séparation, oct 1997, conférence de Sao Polo Rencontre Livraria Pulsional Textes de psychanalyse sur le site de l’auteur.
  • Jean Paul Valabréga, (1980), « Le transfert-contre-transfert et le transféré », Phantasme, mythe, corps et sens, Paris, Payot, 1980,1992.

Notes

 [1]

Michel-Ange, Poèmes, NRF Gallimard 2013, p 48.

 [2]

Jacquelyne Poulain-Colombier, « Un quatrième lien : +/- B (+/- beauté) », in Le mouvement psychanalytique, vol IV, N°1, 2002.

 [3]

D. Meltzer- Meg Harris Williams (1988), L’Appréhension de la Beauté- le Conflit Esthétique – Son rôle dans le développement, la violence, l’art - trad 2000 Larmor-Plage, éd Du Hublot, p 38.

 [4]

D. Meltzer- Meg Harris Williams, op cité.

 [5]

Jean Claude Lavie, L’amour est un crime parfait, 1997, p. 31.

 [6]

Le concept de « projection identificatoire » a été développé par Florence Guignard, pour remplacer le terme d’« identification projective » qui traduit mal la primauté de mouvement projectif sur celui de l’identification. Elle développe son analyse dans son dernier ouvrage : Quelle psychanalyse pour le xxie siècle ?, t. 1, Concepts psychanalytiques en mouvement, Paris, Ithaque, 2015.

 [7]

W R Bion, (1962), « Une théorie de l’activité de pensée », in Réflexion faite (1967) PUF 1983 pp 125-135, et (1960), Aux sources de l’expérience, PUF 1979.

 [8]

Néologisme que j’utilise là où Antonino Ferro emploie plutôt “alphabétisaiton”.

[9]

Je fais l’hypothèse d’une brève expérience d’identification “corrélative”, pour indiquer une identification à mi-chemin entre la « projection identificatoire » (cf supra) et la mise en route de l’introjection émotionnelle .

[10]

Dans le “Prologue” de son ouvrage L’amour Lacan, (EPEL Paris 2009) Jean Allouch rappelle les différences entre les théories des passions de Saint Augustin, Pascal, Scheler et Lacan, selon lesquelles la Connaissance est fondée par l’Amour chez Saint Augustin et Pascal, mais également aussi par la Haine chez Scheler, alors que chez Lacan ni l’un, ni l’autre ne peuvent en engendrer le chemin, de sorte que seules trois passions co-habitent isolément : l’amour, la haine et l’ignorance.

 [11]

W.R. Bion, (1960), Aux sources de l’expérience, PUF 1979, chap. 26-27-28.

 [12]

W.R. Bion, (1960), op cité, chap 14 p 59.

 [13]

Yves Lugrin, Ferenczi sur le divan de Freud- une analyse finie ? Paris Ed. Campagne Première 2017

[14]

Nous n’en développerons pas ici tous les apports et scansions historiques publiés dans une montagne de recherches.

 [15]

Radmila Zygouris, L’amour Paradoxal ou la Promesse de séparation, oct 1997, conférence de Sao Polo Rencontre Livraria Pulsional -Textes de psychanalyse publiés sur le site de l’auteur. L’auteure précise aussi qu’il conviendrait de nommer la représentation projetée d’amour qui naît dans l’aire d’une demande d’un non-encore-advenu, comme « transfert paradoxal », étant donné qu’il est d’emblée « voué à une séparation obligée qui ne ressemble à aucune autre ». Car tout contrat analytique contient le paradoxe d’être à la fois promesse d’ouverture à la subjectivation et promesse de séparation. Double visée tout à fait essentielle dans la cure qu’elle définit comme « lien inédit ».

 [16]

Yves Lugrin, opus cité.

 [17]

Notons que la plupart s’attache surtout au dit « amour de transfert » (et fort peu aux contre-transferts). Dans la liste fort longue des re-définitions et/ou descriptions des phénomènes « transferts <=> contre-transferts ». on peut citer en vrac et de façon non exhaustive : le ‘symptôme transitoire’ (Ferenczi), ‘l’amour en transfert’, le ‘report d’affects’ ; le ‘tout contre-transfert’ ; le ’substitut d’amour’ ; le ‘mandataire d’amour’ ou ‘l’amour mandataire’ ; la ‘translation d’amour’ ; ‘l’amour transférentiel’, le ‘transport d’amour ‘, le ‘transmour’, le ‘transfert en identification projective’, le ’transfert paradoxal’…

[18]

James S. Grotstein, (2007) Un rayon d’intense obscurité, Ce que Wilfred R . Bion a légué à la psychanalyse, éd Ithaque 2016, p.244.

 [19]

Notons que dans son étude du contre-transfert Léon Grinberg a évoqué dès 1956, les effets de « la contre-identification projective » (cf traduction par Jean-Michel Assan en voie de parution, de ses textes relatifs à la contre-identification projective, (communication privée).

[20]

Citation d’Adrian Stokes (1902-1972) dans l’Appréhension de la Beauté, D.Meltzer et M.Harris, opus cité, p.197.

 [21]

Wilfred.R. Bion, (1992) Cogitations, In Press, 2005, p.340.

Résumé

Français

Dans cet article l’auteure développe l’idée que « l’éprouvé d’aimer » s’originerait chez l’humain dans la métabolisation progressive d’« une émotion esthétique » de la première rencontre saisissante de l’infans avec la mère. Décrit par Meltzer, cet éprouvé intense, médusant tout l’être, surgi par un « choc esthétique » d’amour énigmatique immanent et non-verbal, soulève un ressenti haineux de fort « conflit » interne, s’intégrant et se développant peu à peu au sein de l’évolution des relations mère/enfant qui génèrent un tissage de vécus particuliers « d’expériences émotionnelles esthétiques » plus ou moins ravivées en certains moments ultérieurs de la vie. Ces expériences correspondent aux effets des corrélations des liens émotionnels fondamentaux d’Amour, (A) de Haine (H) et de Connaissance (C), ces trois passions qui animent ensemble la personnalité humaine (Bion).
Toutes les turbulences émotionnelles de la relation primordiale infantile qui en découlent, en leurs états non encore introjectés voire peu ou mal intégrés chez l’analysant comme chez le psychanalyste, se translatent, se reportent, se déplacent, se transfèrent dans le déroulement des cures qui en réaniment leurs différents effets entre les deux protagonistes ; il en est résumé de récentes avancées théorico-cliniques et fourni quelques exemples portés à la réflexion.

Mots-clés

  • Expérience émotionnelle esthétique
  • Amour
  • Haine
  • Connaissance
  • identification projective
  • contre-identification projective
  • pulsion épistémophilique-

English

Voyage in emotions of love, hate and knowledge In this article the author develops the idea that in humans the “experience of love” could take root within the progressive metabolizing of an “aesthetic emotion” during the first vivid encounter between mother and child. As described by Meltzer this intense feeling that petrifies the whole being, awaken an “aesthetic shock” of an enigmatic, immanent and non-verbal love, arousing a hateful feeling of a powerful internal “conflict” that slowly integrates and evolves at the heart of (the) mother and child relationship, generating a weaving of specific feelings of “emotional aesthetic experiences” revived in life to a more of lesser degree. These experiences are linked to fundamental emotional bonds of Love, Hate and Knowledge, three passions that stir the human personality (Bion).
All of the resulting emotional turmoil of the child’s primordial relationships, in its still non-introjected state, poorly or inadequately integrated in the patient as well as n the psychoanalyst, is shifted, transcribed, deported, transferred in the long run of the analysis as it triggers its various effects within both protagonists; a summary of recent theoretical and clinical breakthroughs and a few illustrations are provided for reflexion.

Key-words

  • Emotional aesthetic experience
  • Love
  • Hate
  • Knowledge
  • Projective identification
  • Projective counter-identification
  • Epistemophilic instinct

Italiano

Viaggi nelle emozioni d’amore sull’Odio e sul Conoscere In questo lavoro, l’autrice sviluppa l’idea che “l’esperienza di amare” nell’essere umano nasce dalla progressiva metabolizzazione di un’ “emozione estetica”, del primo impressionante incontro dell’infans con la madre. Descritto da Meltzer, questa esperienza intensa che lascia sbigottito tutto l’essere, sorge con lo ‘choc estetico’ di un amore enigmatico, immanente e non verbale, provoca un vissuto astioso di forte “conflitto” interno, integrandosi e sviluppandosi poco a poco in seno all’evoluzione delle relazioni madre/ bambino, che generano una tessitura di vissuti particolari di “esperienze emozionali estetiche” più o meno ravvivate in certi momenti ulteriori della vita. Queste esperienze corrispondono agli effetti delle correlazioni fra i legami fondamentali di Amore, (A) di Odio (H) e di Conoscenza (C), le tre passioni che animano l’insieme della personalità umana (Bion).
Tutto il tumulto emozionale della relazione infantile primordiale che ne risulta, negli stati non ancora introiettati, o perfino poco o male integrati sia nell’analizzante che nello psicoanalista, si trasferiscono, si riferiscono, si spostano durante lo svolgimento delle cure, che ne rianimano i loro diversi effetti in entrambi i protagonisti; sono riassunti recenti sviluppi teorico-clinici e forniti alcuni esempi proposti per la riflessione.

Parole chiavi

  • Esperienza emozionale estetica –Amore
  • Odio
  • Conoscenza
  • identificazione proiettiva
  • contro-identificazione proiettiva
  • pulsione epistemofilica

Plan de l'article

  1. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s1n1">Prologue
  2. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s1n2">Le « choc esthétique » et la naissance d’une émotion d’amour
  3. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s1n3">Le « conflit esthétique » et la montée de l’émotion de Haine
  4. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s1n4"> « L’expérience esthétique » dans le développement de l’émotion du Connaître
  5. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s1n5">Turbulences en émotions des transferts/contre-transferts dans les cures
    1. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s2n1">1 - L’évolution progressive des concepts
    2. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s2n2">2 - L’expérience émotionnelle des situations cliniques
  6. USER=Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.#s1n6">Vers des devenirs aux « éprouvés d’aimer » ?

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GRAND ENTRETIEN - L'historien et sociologue analyse la «nouvelle immaturité masculine» qui résulte de l'avènement d'une société égalitaire où la différence des sexes est brouillée et où la domination masculine n'existe plus.

La revue Le Débatconsacre son numéro 200 au «masculin en révolution». L'occasion d'interroger l'historien et sociologue sur les enjeux contemporains du féminisme, à l'heure de la révolution #MeToo. Pour Marcel Gauchet, la domination masculine n'existe plus, et les inégalités qui subsistent encore ne sont que le reliquat d'un héritage historique qui a perdu ses bases. Il analyse la «nouvelle immaturité masculine» qui résulte de l'avènement de cette société égalitaire où la différence des sexes est brouillée. La montée de l'autorité maternelle et la féminisation des métiers de la transmission ont pour revers un alignement de la sexualité sur les critères masculins, dont la pornographie est l'expression extrême. Face à ces nouveaux défis, il nous faut réinventer le commerce entre les sexes.

LE FIGARO. - Pourquoi avoir consacré un dossier de la revue Le Débat sur «le masculin en révolution»?

Marcel GAUCHET. -On ne peut être indifférent au changement anthropologique en train de se jouer sous nos yeux: la nouvelle place des hommes, dans un monde où la séparation des sexes ne fonctionne plus. L'attention publique se concentre très normalement sur la montée en puissance des femmes à tous les niveaux ou sur les inégalités persistantes dont elles sont victimes. Mais comment cette «révolution du féminin» pourrait-elle ne pas affecter l'autre sexe? La mutation n'est pas moindre de ce côté-là. La masculinité est passée d'un système d'évidences à une mise en doute systématique. La division de l'humanité en deux sexes était quelque chose qui allait de soi, c'est devenu une question qui travaille la société de manière généralisée, dès lors qu'il n'y a plus de destin déterminé par le sexe. Que devient la spécificité masculine dans ce contexte?

Cette redéfinition obligée amène avec elle une série de nouveaux problèmes sociologiques et psychologiques qui touchent la sexualité, la vie de couple, le rapport à la paternité. Le plus en relief est sans doute l'effondrement scolaire des jeunes garçons et leur désinvestissement des études.

«Il y a une nouvelle culture de l'immaturité masculine. L'horizon masculin par excellence, pour les jeunes, était celui de la responsabilisation adulte, via la prise en charge d'une famille. Cette perspective s'est évaporée»

Marcel Gauchet

Qu'est-ce que cette «immaturité masculine» que vous évoquez?

Il y a en effet une nouvelle culture de l'immaturité masculine. L'horizon masculin par excellence, pour les jeunes, était celui de la responsabilisation adulte, via la prise en charge d'une famille. Cette perspective s'est évaporée. Du coup, le sens même de la jeunesse, les conditions de l'entrée dans la vie et de la préparation à une carrière professionnelle, s'est profondément transformé pour les jeunes garçons. La sexualité s'est complètement dissociée de la procréation. Pour les femmes, la conquête des rôles classiquement masculins est un horizon naturel, mais pour les hommes, auxquels ils s'imposaient de manière très contraignante, ils ont largement perdu leur signification. Dans cette espèce de suspens qu'est devenue la jeunesse longue, il s'est formé un mode de vie inédit, avec ses codes propres et ses micromilieux. L'un des plus curieux est le petit univers de la technologie numérique, presque exclusivement masculin. Mais cet entre-soi n'a plus rien à voir avec la virilité classique.

Vous écrivez un article sur «la fin de la domination masculine». N'est-ce pas contre-intuitif à l'heure de #MeeToo et de la dénonciation d'un harcèlement sexuel encore massif?

Je crois qu'on a affaire à ce phénomène bien répertorié qu'on peut appeler l'«effet Tocqueville»: c'est au moment où l'inégalité s'affaiblit qu'on proteste contre elle. Tocqueville montre bien, à propos de la Révolution française, que la distance entre les ordres sociaux est devenue insupportable au moment où elle était en train de se réduire. C'est la même chose entre les sexes. Il reste des inégalités importantes, qui songerait à le nier? Mais elles sont le reliquat d'un héritage historique, qui a perdu ses bases, ce qui les rend inacceptables. Ce qui faisait l'âme de la domination masculine, à savoir l'articulation des sexes sous le signe de leur complémentarité et de la prééminence d'un sexe sur l'autre, est mort et bien mort. Ce qui subsiste par inertie sociologique des traces de ce phénomène archimillénaire apparaît d'autant plus intolérable. On peut situer la rupture dans les années 1970, avec la grande vague d'individualisation qui a achevé d'abolir le principe de hiérarchie dans l'ensemble de la vie sociale, et en particulier dans le dernier bastion où cette hiérarchie conservait un sens, qui était la famille.

«Ce qui faisait l'âme de la domination masculine, à savoir l'articulation des sexes sous le signe de leur complémentarité et de la prééminence d'un sexe sur l'autre, est mort et bien mort»

MArcel Gauchet

Dans votre article, vous faites un lien entre le mouvement de désenchantement du monde et la fin de la domination masculine. Quel est leur lien?

La domination masculine était en effet partie prenante de l'organisation religieuse des sociétés. La fonction sociale des religions était de produire cette dimension constitutive des sociétés qu'est leur perpétuation dans le temps au-delà du renouvellement incessant de leurs membres, qui naissent et meurent. À partir du moment où le fondement de l'ordre collectif est posé comme surnaturel et immuable, l'obéissance aux règles qui en découlent assure cette permanence du cadre culturel, indépendamment de la vie et de la mort des acteurs. Mais elle ne suffit évidemment pas! Encore faut-il qu'il y ait des acteurs. La production de la durée collective suppose pour commencer la reproduction biologique. Or ce sont les femmes qui font les enfants, même si les hommes y sont pour quelque chose. C'est là que se joue leur assujettissement, sous la forme d'une appropriation sociale de cette puissance de fécondité et de sa subordination à la reproduction culturelle, réservée aux hommes.

» LIRE AUSSI - Crise de la masculinité: ce nouveau phénomène qui traverse l'Occident

Ce qui a permis l'émancipation féminine, dans l'autre sens, c'est l'invention d'une autre manière pour les sociétés d'assurer leur continuité dans le temps, qui est un aspect essentiel de la sortie de la religion. La procréation a cessé d'être une affaire publique, si j'ose dire, pour se voir remise à la liberté privée des personnes. Avec pour effet la chute du taux de natalité. Ce n'est pas un hasard si l'Europe, où la sortie de la religion a sa pointe avancée, a un problème de reproduction de sa population. Il va falloir, là aussi, vouloir en conscience ce que nous pensions, à tort, aller de soi.

Dans ce cadre, #MeToo est-il la queue de la comète de la révolution sexuelle ou bien une nouvelle révolution?

C'est une petite révolution qui ne fait que répercuter, prolonger et mener vers son terme la grande révolution. Tout ce qui perdure de poches de résistance, du fait de conditions favorables, je pense en particulier à la vie professionnelle avec ses rapports hiérarchiques au sens fonctionnel du terme, est voué à disparaître. Rien ne peut résister au mouvement engagé.

L'égalité parfaite entre les sexesest-elle donc un horizon possible?

Entendons-nous sur ce qu'il faut mettre sous la notion d'«égalité parfaite». Si l'on parle d'une parfaite symétrie ou indistinction des comportements, je ne crois pas qu'elle soit au programme. La question civilisationnelle qui est devant nous est plutôt celle de la renégociation du contrat entre les sexes, sur la base de ce qui subsistera de différences au milieu de l'égalité. Nous sommes à cet égard dans un moment de creux historique. Il reste à inventer une culture égalitaire respectueuse de la différence entre hommes et femmes, avec ses codes et ses règles de civilité, quelque chose d'inédit dans l'histoire. C'est le genre de chose qui ne se fait pas en un jour par décret. Il y faut un travail des sociétés, dont il me semble, cela dit, qu'il est déjà à l'œuvre.

Vous parlez de «discordance des sexes»… La cohabitation entre hommes et femmes est-elle aujourd'hui plus difficile?

Elle n'est pas plus difficile en soi, mais elle est beaucoup plus exigeante. Il n'y a plus de règle du jeu bien établie. Place à la négociation. Nous nous reposions jusqu'à il y a peu dans une fiction fondamentale, celle de l'harmonie déterminée par la nature instructrice. Les deux sexes étaient supposés faits pour s'entendre, puisque la vie le voulait ainsi. Ajoutez-y une solide hiérarchie des places et des rôles, et officiellement il n'y avait pas de problème. Quand on a affaire à des personnes égales, que seules leurs affinités électives rapprochent, la relation est moins simple. Il ne va plus de soi que les attentes des hommes et celles des femmes soient concordantes. Les deux sexes vont devoir apprendre à se connaître pour de bon.

«Il y a une féminisation des métiers de la transmission et de l'autorité. Mais il y a aussi une sexualisation de la vie sociale typiquement masculine. L'ambiance collective est placée sous le signe d'une sexualité obsessionnelle dont l'esprit masculin ne fait pas de doute»

Marcel Gauchet

Vous évoquez aussi la «montée de l'autorité maternelle»…

Le modèle patriarcal de l'autorité s'est évaporé. Il avait pour propriété de se réclamer de la règle générale impersonnelle, en refoulant la dimension individuelle, affective, subjective. Aujourd'hui, pour que l'autorité soit efficace, elle doit être empathique, prendre en compte la singularité des personnes tout en étant l'exercice d'une responsabilité. Ce dont l'autorité maternelle offre le modèle. Elle fusionne idéalement l'empathie affective et la prise en charge de l'intérêt supérieur des personnes. Elle réunit deux choses que l'autorité paternelle dissociait.

Peut-on dès lors parler d'une «féminisationde la société»?

Non. Il y a une féminisation des métiers de la transmission et de l'autorité. Mais il y a aussi une sexualisation de la vie sociale typiquement masculine. L'ambiance collective est placée sous le signe d'une sexualité obsessionnelle dont l'esprit masculin ne fait pas de doute. La pornographie en est l'expression extrême, mais elle imbibe la culture hédoniste ambiante sous des formes soft, à commencer par la sphère publicitaire. Comme s'il s'était produit une inversion: les femmes étaient du côté de l'intime, du privé, affectif, sentimental, et les hommes du côté des rôles sérieux. Aujourd'hui, les choses sérieuses, la culture, le sens du collectif, tendent à passer du côté des femmes tandis que les hommes tendent à basculer vers le désir et le plaisir sous tous leurs aspects, le sexe, le sport, le jeu, mais aussi plus largement la performance, la compétition, la concurrence. La recomposition n'en est qu'à ses débuts, mais elle est d'ores et déjà impressionnante.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 06/07/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Paris, années folles  ...réalisation de Fabien  BEZIAT  ..dont un extrait est projeté en l'exposition  de Foujita, peindre dans les années folles.. Musée MAILLOL  premier semestre 2018

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Léonard ...prénom de baptême que s'est donné Foujita

  • ....  viens de capter la video  " Lombre d'un doute - Léonard de Vinci, l'homme du mystère"  >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
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  1. ... de la REVUE DES DEUX MONDES .... et son esprit critique ...

 ....... à ...... l'ENtre-DEUX mondes de l'homocoques >>>>>>>>>

 

 
    •  ....wikipedia .....
                        

L’épigraphe du premier numéro  ( ...fondée en ...) est une citation du poète anglais Alexander Pope :

 

« L’esprit de parti est une folie de beaucoup d’hommes ( ....et à présent de beaucoup de  femmes ) au profit de quelques-uns. »

 

....... L'objectif de la revue est de développer l'esprit critique et l'analyse de la vie politique au sens large (mode d'administration, organisation civile et politique, ressources financières, industrielles ou agricoles) en comparant avec ce qui se vit dans le reste du monde. Comme le dit l'éditorial du premier numéro : « voir les mêmes principes diversement compris et appliqués en France et en Angleterre, au Brésil et en Allemagne, sur les bords de la Delaware et sur les rivages de la mer du Sud. » Les deux Mondes sont donc la France et le reste du Monde.

>>>>>wikipedia>>>>>>>

                                
     
    • .... à son sujet : ..un article du MONDE du 09.07.2015

Il y a quelques mois, la vénérable revue a changé de direction – et de ligne éditoriale. Au risque de perdre son âme ?  >>>>>>>>>>>>>>>>>

 

    • ... articles de la REVUES DES DEUX MONDES cueillis par l'hcqs :
 

juin 2018

 

BERNANOS, Contre tous les nihilismes comtemporains ....

 "

Rémi BRAGUE " « on parle du retour du religieux, or il n’est jamais parti… »

 "

...le Pari chrétien. Une autre vision du monde ..par Francois Huguenin...

 "  Carnet d'une allumeuse de Lydie Dattas

 janvier

 

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 .. de la REVUE DES DEUX MONDES .... et son esprit critique ...

.

 .....à  l'achat de ce Numéro de juin 2018 de la REVUE DES DEUX MONDES ... se trouvenr à la fois le DEUX et LE DIABLE qui m'ont interpellés .... heureuse découverte ... qui m'a conduit à bien d'autres ...

...dont .... 

.......la conjuguaison de l'ENtre-DEUX Mondes par l'homocoques >>>>>>>>>>>>>>>

 

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  •  N° JUIN 2018 .... LE DIABLE ! ....

 

 

 " Le diable, je suis bien obligé d'y croire, car je le sens  en moi . "

Charles Baudelaire

 

 
    •  ....wikipedia .....
                        

L’épigraphe du premier numéro  ( ...fondée en ...) est une citation du poète anglais Alexander Pope :

 

« L’esprit de parti est une folie de beaucoup d’hommes ( ....et à présent de beaucoup de  femmes ) au profit de quelques-uns. »

 

....... L'objectif de la revue est de développer l'esprit critique et l'analyse de la vie politique au sens large (mode d'administration, organisation civile et politique, ressources financières, industrielles ou agricoles) en comparant avec ce qui se vit dans le reste du monde. Comme le dit l'éditorial du premier numéro : « voir les mêmes principes diversement compris et appliqués en France et en Angleterre, au Brésil et en Allemagne, sur les bords de la Delaware et sur les rivages de la mer du Sud. » Les deux Mondes sont donc la France et le reste du Monde.

>>>>>wikipedia>>>>>>>

                                
     
    • .... à son sujet : ..un article du MONDE du 09.07.2015

Il y a quelques mois, la vénérable revue a changé de direction – et de ligne éditoriale. Au risque de perdre son âme ?  >>>>>>>>>>>>>>>>>

 

 

  • .....N° JUILLET 2018 ...LE RIRE ....

 

  • .

" Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. "

Beaumarchais

 

  • le 11.08.18 ...je m'abonne à la revue ....

 

    • ... articles de la REVUES DES DEUX MONDES cueillis par l'hcqs :
 

juin 2018

 

BERNANOS, Contre tous les nihilismes comtemporains ....

 "

Rémi BRAGUE " « on parle du retour du religieux, or il n’est jamais parti… »

 "

...le Pari chrétien. Une autre vision du monde ..par Francois Huguenin...

 "  Carnet d'une allumeuse de Lydie Dattas

 janvier

 
   
1920 ....Marie Perrens Entre deux Jardins Revue des Deux Mondes, 6e période, tome 58, 1920 (p. 802-826)

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CORRELATs

  1. ) ... se fonder en homocoques ENtre-DEUX ......tout en déminant, en même temps, sa part d' homocoq....1-ÊTre-1...
  2. ) ... ET EN MËME TEMPS..." ou "...ET ALORS ,...". ..that is the question ?".....
  3. ) ....Marcel Gauchet : «La masculinité est passée de l'évidence à une mise en doute systématique»...
  4. ) .... «On n'est pas au Maghreb ici», «On n'est pas à Ouagadougou, Ryanair fait des promotions», «le prix de ma chemise, cela fait un RSA complet pour ta famille».

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ARTICLEs

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JE ne SUIS pas...

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Une récente vidéo devenue virale illustre un étonnant mécanisme idéologique. Au cours de l’excellente émission Arrêts sur images, Daniel Schneidermann s’apprête à diriger un débat sur la journée des fiertés LGBT et remarque que ses quatre invités sont des hommes (aucune lesbienne n’ayant semble-t-il été disponible pour ce plateau). L’un des intervenants, petit, barbu, chauve, à lunettes et l’air tout aussi viril que n’importe qui que vous croisez dans un bureau ou le métro, s’exclame alors « mais je ne suis pas un homme, Monsieur ». Argument développé : il ne se sent pas homme mais ni homme ni femme et ce serait un horrible préjugé que de déduire de son apparence qu’il appartient à tel ou tel genre (si vous employez le mot sexe, j’appelle la police). Dire qu’il y a « quatre hommes sur le plateau, ce serait genré et pas très agréable », assène-t-il. Le crime de Schneidermann, on l’a compris, est d’avoir confondu « identité de genre et expression de genre » ce qui le place directement sur la pente savoneuse que l’on sait. Il contribuerait donc à répandre des stéréotypes, crime majeur s’il en fut. Crimepensée !

Un peu plus tard, quand la rédaction regrette qu’il n’y ait que des blancs sur le plateau, le même barbu se réindigne et affirme qu’il n’est pas blanc, puisqu’à moitité libanais.

On peut sourire de genre d’incidents qui démontrent que l’on est jamais assez politiquement correct : les journalistes, qui pourtant débordaient de bonne volonté pour apaiser toutes les minorités, ne se le sont pas envoyé dire. On notera au passage que le professeur de tolérance continue à appeler Schneidermann « Monsieur » et à lui parler en français sans le moindre souci de la douleur que cela lui causerait si, dans le fond de son âme, l’animateur était persuadé d’être un bébé femelle kangourou moldo-valaque.

Au-delà de l’aspect comique de la scène - dont on image qu’elle va donner lieu à des détournements, « Mais au nom de quoi prétendez-vous que ceci est une émission de télévision ? », « Qui vous dit que nous sommes des êtres humains et non des anges ou des martiens ? En voilà bien des préjugés ! », ce petit incident a valeur de symptôme.

D’abord d’une logique imparable : je ne me sens pas donc je ne suis pas. Mon désir ou mon sentiment l’emportent sur le fait que j’aie un zizi et un chromosome XY, que je n’aie ni les yeux bridés ni de la mélanine dans le sang, sur le fait que le sens commun nous dit qu’un chauve barbu s’appelle Monsieur et qu’un véhicule à essence doté de quatre roues et d’un volant est usuellement désigné comme voiture, même si c’est d’un conformisme patriarcal désolant. L’hyper individualisme mène à l’idée que l’on est une sorte d’entité pure qui peut choisir tous ses attributs : au réel, dont le biologique, de se conformer à mes décrets. Je change les code du langage et de la réalité. J’échappe à toute détermination, je suis mon propre démiurge...

Le second aspect de ce système idéologique délirant (est vrai et dicible ce que je décide), est sa redoutable utilisation stratégique. Si vous vous pensez que je semble tel ou tel, ou si vous me faites rentrer dans telle ou telle catégorie sur la base de mes attributs (ce qui est quand même une des fonctions du cerveau humain, soit dit en passant), vous m’agressez. Donc vous me causez une souffrance. Donc vous n’êtes quand même pas loin du discours de haine et de la stigmatisation. Donc il faut vous fermer la gueule. Le processus, sinon de criminalisation (cela viendra), du moins de moralisation (qui oblige l’interlocuteur à se repentir des douleurs que provoquent ses mots et ses stéréotypes) offre ainsi le double avantage de se donner le monopole de la parole ou du sens des mots et de se désigner un ennemi d’autant plus facile à vaincre qu’il déborde de bonne volonté.

François-Bernard Huyghe (Huyghe.fr, 1er juillet 2018)

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Merci M. GUILLAM .... le plus célèbre des " Monthy Python" ...

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La BBC a demandé à Terry Gilliam (le plus célèbre des "Monthy Python") de concocter une nouvelle émission humoristique. Le commissaire politique chargé des comédies a ajouté cette précision :

« Si vous rassemblez une équipe aujourd’hui, ce ne sera pas six types blancs d’Oxford. Ce sera une collection de gens variés qui représentent le monde actuel. »

Six: c'était le nombre des membres des Montyy Python, qui étaient tous blancs. Le directeur des comédies a semble-t-il parlé en fait d'hommes blancs d'"Oxbridge", contraction d'Oxford et Cambridge, les deux plus célèbres et anciennes universités britanniques.

Terry Gilliam a répondu au cours d’une conférence de presse :

« J’en ai pleuré : l’idée que… six hommes blancs d’Oxford ne puissent plus faire un spectacle comique ! À présent il nous faut un peu de ceci, un peu de cela, représenter tout le monde… C’est de la connerie. Je ne veux plus être un mâle blanc, je ne veux plus qu’on me reproche tout ce qui ne tourne pas rond dans le monde : maintenant, je dis aux gens que je suis une lesbienne noire. Je m’appelle Loretta, je suis une LNT, une lesbienne noire en transition ! »

Loretta ? Mais oui… Il y avait déjà dans La vie de Brian un membre du Front populaire de Judée qui avait décidé d’être une femme, et de s’appeler Loretta. Avec le recul, on constate à quel point ce dialogue dénonce de façon remarquable l’idéologie du genre. Et c’était en 1979 ! (Voir ici.)

 

 

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Secrets d'Histoire - Blanche de Castille : la reine mère a du caractère

Depuis la sérénité unique de l'abbaye de Royaumont, Stéphane Bern propose un numéro inédit de Secrets d’Histoire pour un voyage passionnant, loin du rythme assourdissant de notre XXIe siècle, en plein Moyen Âge, sur les pas de Blanche de Castille... Blanche de Castille, dont nous avons tous appris le nom à l'école primaire, n'est pas qu'une pieuse régente confite en religion même si elle est obsédée par le salut éternel de son fils couronné (le roi Louis IX, devenu saint Louis). C'est une femme à la personnalité hors du commun qui va dominer le XIIIe siècle par son caractère et son courage. Comme son nom l'indique, elle naît en Espagne en 1188, et sa grand-mère n'est autre que la prestigieuse Aliénor d'Aquitaine. C'est cette grand-mère qui organise son mariage – à l'âge de 12 ans ! – avec le jeune prince Louis – qui n'en a que 13 ! –, fils de Philippe-Auguste et héritier du trône.... Elle va donner douze enfants au prince Louis qui deviendra, entre-temps, le roi Louis VIII dont elle est sincèrement amoureuse. Beaucoup de ses enfants vont périr de maladies inguérissables à l'époque, et c'est le futur saint Louis qui sera progressivement la figure dominante de la famille... Blanche est une reine solide et déterminée, sur laquelle Louis VIII s'appuie pour régner et attaquer l'Angleterre. Elle ne ménage ni son temps ni sa peine. À la mort du roi, elle est déstabilisée puis se reprend très vite, et conduit le petit Louis, le prince héritier, à la cathédrale de Reims pour le faire sacrer. Mais Louis IX est trop jeune pour régner. C'est elle qui prend le royaume en main jusqu'à sa majorité avec la volonté et l'autorité naturelle d'une des plus grandes régentes que la France ait connues... Le destin hors du commun de Blanche de Castille va nous entraîner dans un monde étonnant où tout n'est pas rose pour la régente et son peuple. Les famines, les révoltes, les trahisons se succèdent dans un Moyen Âge violent et imprévisible. C'est pourtant une femme, souvent seule face aux tourments de l'Histoire, qui va affronter les obstacles... Sa foi religieuse, dont témoignent les abbayes qu'elle va faire édifier, sera sans doute une alliée précieuse... Et vous allez voir comment elle va tenter, par sa volonté farouche, de mettre un terme à la guerre effroyable du pays cathare, dans le sud de la France... Les intervenants : Michel de Decker Muriel Gaude-Ferragu (historienne) Xavier Hélary (historien) Pierre-Yves Le Pogam (conservateur au musée du Louvre) Patricia Rochwert-Zuili (professeure de civilisation espagnole) Lindy Grant (historienne) Philippe Delorme (journaliste) Julien Théry-Astruc (historien) Les lieux : Les abbayes de Royaumont et Maubuisson dans le Val-d'Oise La Sainte-Chapelle La Conciergerie La cathédrale de Tolède Le palais de Galiana à Tolède Le monastère de Las Huelgas à Burgos Chateau Gaillard en Normandie Le château de Boulogne-sur-Mer Bellême dans le Perche La forteresse de Montségur dans le pays cathare L'abbaye de Citeaux (Bourgogne) L'abbaye de Fontenay (Bourgogne) L'abbaye de Notre-Dame du Lys (Seine-et-Marne) Notre-Dame de Paris

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