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22.11.2018

Le correspondant du Figaro en Israël analyse la «réaction tardive» de Tel Aviv suite au meurtre de Jamal Khashoggi. Le journal appuie la thèse d’Edward Snowden. Ce dernier a accusé Israël d’être impliqué indirectement dans l’assassinat en ayant fourni un logiciel espion à Riyad pour permettre de tracer ce «dissident».

Entre Israël et le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, quel est le lien? Le Figaro étudie en détail les ventes de matériel d'espionnage et de surveillance par Tel Aviv aux pays du Golfe, notamment à l'Arabie saoudite, pour traquer leurs dissidents. Et il semblerait que ces ventes ne soient pas étrangères au long temps de réaction et à la déclaration extrêmement brève de M.Netanyahu sur cet assassinat.

En effet, le correspondant du Figaro en Israël rappelle que durant un mois Benjamin Netanyahu n'a pas fait un seul commentaire en public sur le meurtre du journaliste saoudien. Le 2 novembre, il a qualifié le meurtre d'«horrible», ajoutant néanmoins qu'«il est très important que l'Arabie saoudite reste stable, parce que l'Iran est un problème plus important.»

L'auteur rappelle en outre les révélations du lanceur d'alerte et ex-employé de la NSA en fuite, Edward Snowden, sur l'implication, bien qu'indirecte, d'une société israélienne dans le meurtre du journaliste saoudien.

 

Selon l'Américain, la société de cyber-surveillance NSO Group, basée en Israël, a vendu aux dirigeants saoudiens un logiciel espion qui leur avait permis de retrouver Jamal Khashoggi et le tuer.

«Il [le logiciel, ndlr] aurait été installé sur le téléphone d'Omar Abdulaziz, un autre dissident saoudien exilé qui était en relation étroite avec le journaliste. D'une efficacité absolue, ce virus appelé Pegasus peut débloquer n'importe quel téléphone portable via un hameçonnage. Après l'ouverture d'un lien, il s'installe silencieusement et enregistre toutes les communications, interactions et emplacements d'un smartphone», peut-on l'entendre dire dans la vidéo ci-dessus.

Selon Snowden, les Saoudiens ont retrouvé la piste de Khashoggi de cette façon, ce qui leur a permis de l'attirer au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, sans laisser de traces.

Le journal tient à rappeler qu'en 2016, un militant des droits de l'Homme et critique du gouvernement émirati Ahmed Mansoor avait également été piégé par le logiciel de NSO Group. Les 10 et 11 août 2016, il a reçu deux fois le même SMS sur son iPhone 6 l'incitant à cliquer sur un lien pour en apprendre plus sur les exactions aux Émirats.

Le militant des droits de l'Homme purge actuellement une peine de dix ans de prison pour avoir publié des articles critiques à l'égard d'Abou Dhabi sur les réseaux sociaux.

L'article ajoute que «la position du gouvernement israélien est d'autant plus malaisée que les contacts établis depuis 2014 entre l'État hébreu et Riyad n'ont rien d'officiels et restent fragiles en dépit d'intérêts stratégiques communs», écrit l'auteur de l'article, soulignant que le Royaume ne reconnaît pas publiquement l'instauration d'un dialogue avec son nouveau partenaire et «va parfois jusqu'à le nier».

De plus, Le Figaro évoque les rencontres du prince héritier Mohammed ben Salmane avec des représentants d'organisations juives en mars dernier à Washington.

Pour conclure, Le Figaro se réfère aux informations de Haaretz, qui a publié une enquête sur le sujet. D'après elles, d'autres systèmes d'espionnage téléphonique ont été vendus par Israël à Bahreïn, un «royaume où la population à majorité chiite est dirigée par une maison royale sunnite». Puis, le journal tient à citer le cas de Nabil Rajab, aussi victime des logiciels-espions israéliens, qui a été condamné à cinq ans de prison à la suite d'une série de tweets critiques à l'égard de Manama.

 
 
 

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Tags:
meurtre, logiciel, Benjamin Netanyahu, Jamal Khashoggi, Arabie Saoudite, Israël