....sans y entrer par la foi ....

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p 65    
Les Grecs nous ont appris, en effet, à conceptualiser, c'est-à-dire à passer du pluriel concret des choses à l'idée unitaire rassemblant (« subsumant ») ce divers dans l'intelligible : à s'élever ainsi des « belles choses » au beau en soi, autrement dit à l' idée du beau. C'est là la leçon de Socrate, dans Platon et d'après Aristote, ouvrant la voie à la connaissance théorique. L'évangéliste, quant à lui, apprend à spiritualiser, ce qui est tout autre chose. C'est-à-dire qu'il apprend à déployer une dimension spirituelle (est-ce seulement un sens ?) à partir du concret des choses, cette dimension spirituelle se confondant, chez Jean, avec celle qui rend vivant ou qui    
     
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« fait vivre » : de l'eau tirée du puits à « l'eau, la vivante ». l,« esprit » y devient le souffle-esprit insufflant et répandant la vie (pneuma ) et non plus l'esprit d'intellection et de représentation (noûs voûs) de la philosophie. C'est pourquoi spiritualiser ne se réduit pas à symboliser : à passer de l'image à ce dont ce serait l'image, comme si l'eau du puits était « symbolique » de l'autre. C'est-à-dire que spiritualiser n'est pas exploiter un rapport analogique pour s'élever dans l'idéel, car ce symbolique en reviendrait à l'opposition de l'intelligible et du sensible et, par là même, ferait rater le vivant de la vie. Spiritualiser, ce sera par conséquent, chez Jean, passer de l'être-en-vie des êtres (leur psuche) à ce qui les rend effectivement vivants (en tant que zôe). Ce pourquoi il n'y a pas là dédoublement symbolique de la signification, comme si l'eau du puits était à lire comme l'image concrète d'un sens abstrait à déchiffrer derrière elle, tel son double dans l'intelligible. Mais il y a là dégagement: de cette eau du puits étanchant la soif et préservant l'être-en-vie s'évase et s'évade, par écart d'avec sa détermination concrète et limitée, une portée ou dimension d'absolu faisant paraître, à partir d'elle, ce„ qu'est en elle-même la vie vivante, dans Jean, est à la fois la révélation et la médiation.


     De l'eau transformée en vin, c'est-à-dire commençant de se détacher de sa nature déterminée et limitée d'eau et devenant plus précieuse (en Jean 2, Cana, le premier «miracle" miracle ») ; puis de l'eau du puits étanchant la soif et préservant l'être-en-vie à l'eau étanchant à jamais toute soif et promouvant une vie éternellement vivante (zôé, en Jean 4) ; puis de la manne descendue du ciel dans le désert au « pain de vie » qu'est la chair de Jésus-Christ (Jean 6) —, il y a bien approfondissement spirituel en même temps que graduel, pour approcher ce qui fait le vivant de la vie. Jean distingue bien, à cet égard, ce qui est la « chair » et ce qui est l'« esprit » (cf l'entretien avec Nicodème en Jean 3) ; mais il n'en vient pas, comme le fait Paul, à opposer la « lettre » (la « chair ») à l'esprit en vue de condamner la chair — qui serait la mort — pour que puisse vivre l'esprit. Jean se retient de creuser ce dualisme ; je l'ai dit, il n'idéologise pas. Il
à s'en tient cette pensée essentielle, à l'issue de sa réflexion (et avant qu'il ne commence

   
     
p 68-69    
l'annonce de la Passion) : l'esprit est ce qui « fait vivre » et, à cet égard, « la chair ne sert pas », elle n'est pas ressource (Jean 6, 63). De là que le spirituel de l'esprit et le vivant de la vie sont la même chose : « Les paroles _que je dis, poursuit le Christ dans Jean, sont esprit et sont vie. » En quoi il y a bien là, cette fois, ressource : ne pas se contenter d'être en vie, mais chercher à rejoindre, au sein même de sa vie, avec toujours plus d'exigence, ce qui « fait vivre ». C'est-à-dire remonter de l'étalement de la vie à ce qui peut en être l'essor
let la rendre effectivement vivante, en tant que « source » jaillissante. Toute éthique n'en est plus, alors, que de conséquence (ce pourquoi Jean ne traite pas de bios. D'autant plus qu'une telle promotion de la vie ne sera pas celle d'une vie intensive, telle celle qu'a célébrée notre modernité dans l'héritage du romantisme par déploiement du vital Mais bien de ce qu'on pourrait nommer par écart la vie expansive, en tant qu'elle se donne et qu'elle se partage, ne se garde pas pour soi, mais se dévoue à l'Autre, ce qui devient à partir de là, dans Jean, la figure de Jésus vivant en mourant sur la Croix pour la vie des autres.
Mais que faire de la « vie éternelle » en quoi s'accomplit
cette vie vivante ? On comprend que, en tant qu'elle est vivante, la vie ne puisse pas mourir ; que, en tant qu'elle est de l'« esprit », cette vie de l'esprit ne soit pas soumise à la condition mortelle à laquelle est soumis l'être-en-vie — il existe effectivement une éternité de la pensée : on peut lire aujourd'hui une phrase d'il y a trois mille ans et la comprendre. On peut se souvenir aussi du lien qu'entretient originairement en grec cet aiônios disant l'éternel — avant qu'il ne se soit reconfiguré en l'« étant toujours » de la métaphysique — avec tout liquide ou fluide organique (larmes, liquide spinal, etc.) qui, déjà aux yeux des Grecs d'Homère, comme le rappelle Richard B. Onians, exprimait la vitalité, la mort étant par opposition dessèchement. Reste que Jean parle bien de l'« éveil » des morts au dernier jour et de leur résurrection, anastase. Or cette représentation est-elle encore tenable ? Est-elle encore utile ? Certes Jean a le mérite de n'en faire ni l'objet d'un troc (mieux vaudrait sacrifier la brièveté de cette vie à l'éternité de l'autre) ni non plus une
 
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p 70-71    

consolation ; et même il ne traite que le plus allusivement du Jugement dernier. S'agit-il là seulement d'un effet de contexte culturel (la sotériologie ambiante) ou bien d'un dogme sur lequel devra reposer la croyance ? La pensée de la ressource, quant à elle, peut s'en détacher et même y renoncer. Car une ressource n'existe, je l'ai dit, qu'autant qu'on l'explore et qu'on l'exploite. On peut donc choisir aussi de s'en tenir là, dans l'en-deçà de la Résurrection.

 


V
LOGIQUE DE LA DÉ-COÏNCIDENCE

 


Une fois reconnue la séparation entre le minimal, mais stérile, être-en-vie et la vie absolument vivante, entre psuché et zôé, il faut relire de plus près la formule de Jean, formule majeure, qui la met en oeuvre. Il le faudra pour y percevoir quelle logique singulière est porteuse de vie ou, dit autrement, rend la vie vivante : « Qui aime sa vie (psuché)) la perd et qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie qui ne meurt pas (zôé
» (12, 25). Qu'y signifient ces deux verbes opposés « aimer » et « haïr », puisqu'ils ne peuvent s'entendre, à l'évidence, dans un sens purement psychologique et qu'il ne s'agit pas là, non plus, d'un plat précepte d'ascétisme ? S'y dit, dans la scission ouverte entre ces deux termes, psuché et zôé, la cohérence .....................

 

 

 

 

CORRELATs

 

 

 

 

 

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Dont only pratice your art,

but  force your way into its Secrets,

for it and knowledge can

raise men to the Divine.

“Ne te contente pas de pratiquer ton art, mais fraie-toi un chemin dans ses secrets

(... de l'entre-DEUX... )

et , il le mérite bien.

Car seuls l'art et le savoir peuvent élever l'homme ( le femme et l'homme ) jusqu'au Divin.”

 

 

  • ...Le Nouveau Diatessaron  .....

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 Ludwig van Beethoven / Lettre à Emilie, juillet 1812