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EXTRAITS

  • 1er article ) ....“Ce qui compte, ce n’est pas de faire beaucoup, c’est de mettre beaucoup d’amour dans ce que l’on fait.” ... Sa première rencontre : une vieille femme jetée par son fils dans une poubelle, et déjà couverte de fourmis.
  • 2e article ) ...Pascal distinguait trois ordres : l’ordre de la chair, l’ordre de l’esprit et l’ordre de la charité.  .....
    « Si vous entendez dire qu’une femme ne veut pas garder son enfant et désire avorter, essayez de la convaincre de m’apporter cet enfant. Moi, je l’aimerai, voyant en lui le signe de l’amour de Dieu. »
  • 3e article) ....PAPé .....«Je suis né trois fois dans ma vie. La première dans des conditions difficiles. La deuxième quand ma petite étoile a commencé à scintiller. Je suis arrivé chez mes parents à 7 mois. Avant, j’étais à la «SPA» (la DASS, ndlr). Ils viennent et ils choisissent. Et quand, à 18 ans, j’ai pu me faire adopter et porter le nom qui est le mien aujourd’hui. A grands coups d’épaule, de force de caractère, avec l’amour de mes parents et de mes sœurs, j’ai réussi à avoir une belle vie. Quoi qu’il m’arrive maintenant, mon histoire est belle. Et je ne la regrette pas du tout. Je remercie tous les jours la chance que j’ai eu que la cigogne me pose sur ce palier-là….»

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MÈRE TERESA : La sainte de Calcutta

Mère Teresa a imprimé son visage chiffonné et son sourire malicieux, sa lumineuse bonté et sa pacifique ardeur. Elle a relevé notre époque et lui a rendu une lueur d’espoir. Comme pour les malades et les mourants, sur qui elle s’était si souvent penchée. La missionnaire de la Charité s’est éteinte le 5 septembre 1997. Voici l’histoire de celle qu’on appelait la sainte de Calcutta.Elle est religieuse de l’ordre missionnaire des sœurs de Notre-Dame de Lorette dès 1929. La jeune recrue est envoyée par son ordre religieux en Inde pour y faire son noviciat. Pendant presque vingt ans, sœur Agnès Bojaxhiu (c’est ainsi qu’elle se nomme alors) enseigne la géographie aux jeunes filles des hautes castes qui fréquentent le collège Sainte-Marie à Calcutta. Elle quitte cette communauté en 1949 pour suivre son appel et fonder sa propre congrégation en 1950. Son œuvre auprès des plus démunis commence par l’éducation des enfants des rues et l’ouverture du mouroir de Kalighat (Nirmal Hriday) à Calcutta.

Tout bascule le 10 septembre 1946. C’est le jour de l’inspiration. Agnès Bojaxhiu voyage en train. La misère surgit de partout, effrayante. Nouveau tournant dans la vie de cette femme de trente-six ans : elle se sent poussée à se consacrer au service des plus pauvres d’entre les pauvres. De retour à Calcutta, sœur Agnès demande à l’archevêque l’autorisation de quitter sa congrégation. Celui-ci refuse, mais lui conseille d’en parler à sa supérieure… qui accepte, sous réserve de l’agrément du Pape. Cette permission n’arrivera que le 8 août 1948.

Le début d’un long combat.
La religieuse en sari blanc bordé de bleu, se lance dans l’aventure. Elle change de nom, en hommage à la sainte française, la petite Thérèse de l’Enfant-Jésus, et fonde sa congrégation : les sœurs missionnaires de la Charité. Elle effectue d’abord un stage intensif de trois mois chez les Medical Sisters de Patna. Sa première rencontre : une vieille femme jetée par son fils dans une poubelle, et déjà couverte de fourmis. Le 21 décembre 1948, mère Teresa obtient l’ouverture de sa première école dans la banlieue de Calcutta. Non pas des classes aux murs blanchis, mais un jardin public, en plein air, pour des enfants abandonnés, à qui l’hygiène est plus importante que l’alphabet. C’est le début d’un long combat.
Calcutta est alors un enfer. Chaque nuit, des milliers d’hommes, de femmes, d’enfants cherchent leur sommeil dans d’innommables bidonvilles ou à même le trottoir. Ici, une mère accouche; là, un mourant râle. Mère Teresa le montre avec humilité : “Ce qui compte, ce n’est pas de faire beaucoup, c’est de mettre beaucoup d’amour dans ce que l’on fait.” Écoles, dispensaires ne suffisent pas. Une nuit de juin 1952, mère Teresa ramasse une femme qui agonise sur le trottoir inondé par la mousson, les doigts de pieds rongés par les rats. Tous les hôpitaux où la religieuse vient frapper refusent la mourante. Au petit matin, celle-ci s’éteint dans les bras crispés de la religieuse. Laisser ainsi la mort triompher, c’est impossible pour mère Teresa.

Ouvrir les portes et les cœurs.
Elle se rend, le cœur en révolte, à la mairie de Calcutta, demande un local pour les agonisants sans toit, insiste, argumente, supplie. On lui concède, dans le quartier hindou, une partie de l’annexe du temple de Kali, déesse de la mort et patronne de Calcutta. C’est le mouroir, la Maison du Cœur pur, là où mère Teresa désirait finir ses jours. Chaque matin, la police y emmène celles et ceux que la mort n’a pas voulu prendre la nuit sur le trottoir. “Ils ont vécu comme des bêtes, qu’ils meurent ici au moins comme des êtres humains.”
En ce temps, quelque 50,000 lépreux croupissent autour de Calcutta. Pour les secourir, mère Teresa reçoit d’innombrables concours en personnes et en argent. Des bienfaiteurs lui donnent des ambulances : elle les transforme en cliniques mobiles qui sillonnent régulièrement les zones de taudis. Elle réalise une Cité de la paix où les familles de lépreux apprennent un métier et où leurs enfants sont à l’école. Chacun retrouve un peu de dignité humaine, toutes races et toutes religions confondues. “C’est mon amour pour Dieu en action. Notre travail n’est rien d’autre que l’amour de Dieu. J’aime Dieu par une action vivante, active, en servant les plus pauvres d’entre les pauvres.”
Elle force les yeux à regarder l’océan de misère où elle nage désespérément. Sans relâche, mère Teresa fonde, recrute, réconforte, file en Europe ou en Amérique pour convaincre les puissants. Elle finit par ébranler les certitudes, secouer les indifférences. Elle réussit à ouvrir les portes et les cœurs.

“Le peuple a besoin de respect”.
Elle sera Prix Nobel de la paix en 1979. Elle est la sixième femme à le recevoir. C’est l’occasion pour elle de rappeler à Oslo que “le peuple n’a pas besoin de pitié, mais de respect”, et de faire supprimer le traditionnel banquet. Gain : 7,000 dollars, dont bénéficieront les pauvres. Dans son discours de réception du prix Nobel, elle méduse son auditoire. Après en avoir fait distribuer le texte, elle fait réciter la fameuse prière attribuée à saint François d’Assise : Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix. Elle parle au nom des affamés, des nus, des sans-logis, des infirmes, des aveugles, des lépreux, de tous ces gens qui ne se sentent pas voulus, pas aimés, pas soignés, rejetés par la société.
Mère Teresa a aussi mené un combat sans concession contre l’avortement et toutes les formes de contraception. “Si vous ne voulez pas l’enfant à naître, donnez-le-moi, je le veux !”, s’est-elle écriée à Ottawa en septembre 1988. Tous ceux qui l’ont rencontrée ont été bouleversés par sa personnalité cachée sous sa silhouette frêle et sa démarche voûtée. Bien des livres, un film même, lui ont été consacrés. Elle n’a pas succombé à ce vertige médiatique.
5 septembre 1997. La religieuse d’origine albanaise s’éteint à 87 ans. La fondatrice des Missionnaires de la charité a lutté contre la misère à Calcutta. En osmose avec cette terre indienne pour laquelle elle a tout sacrifié. Près de 3,500 sœurs, réparties en plus de quatre cents centres sur les cinq continents, poursuivront sa mission.

 

Pourquoi Mère Teresa mérite d’être canonisée

>>>>>>>>>>>>> BV 3.09.16>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

par Professeur honoraire

Pascal distinguait trois ordres : l’ordre de la chair, l’ordre de l’esprit et l’ordre de la charité. Mère Teresa, qui est canonisée à Rome, ce dimanche 4 septembre, appartenait à coup sûr au troisième, qui est l’ordre de l’amour. Petite par la taille, mais grande par le cœur, elle a consacré sa vie aux êtres les plus fragiles : les pauvres, les malades, les enfants à naître, les mourants, tous les laissés-pour-compte.

Née d’une famille d’origine albanaise, le 26 août 1910 à Skopje, capitale du Kosovo, elle entre à dix-huit ans à l’Institut des sœurs de Lorette, en Irlande, et est envoyée à Calcutta où, après son noviciat, elle enseigne la géographie dans un collège catholique. Bientôt, suite à un appel intérieur, qui fait penser à la nuit du Mémorial de Pascal, elle décide de se consacrer aux pauvres des bidonvilles et obtient du pape Pie XII l’autorisation de quitter l’ordre des sœurs de Lorette.

Elle crée la fondation des Missionnaires de la Charité, formée de religieuses, et prend le nom de Mère Teresa, se plaçant sous le patronage spirituel de « la petite Thérèse », sainte Thérèse de Lisieux. La congrégation compte aujourd’hui près de 600 missions réparties dans une centaine de pays. Sa notoriété s’étend au monde entier et elle reçoit, en 1979, le prix Nobel de la paix pour son action en faveur des déshérités en Inde. Elle meurt le 5 septembre 1997, à l’âge de 87 ans.

On retient généralement de Mère Teresa son action en faveur des pauvres et de la paix, on ne voit en elle qu’un défenseur des droits de l’homme, de la dignité de chaque être humain. On oublie trop souvent de souligner que son engagement se fondait d’abord sur sa foi chrétienne, qu’elle mettait en pratique jusqu’au bout. Ainsi, en 2003, à l’occasion de sa béatification, Jean-Paul II rappela ses nombreuses interventions en faveur de la vie et contre l’avortement, rapportant des propos qu’elle avait tenus : « Si vous entendez dire qu’une femme ne veut pas garder son enfant et désire avorter, essayez de la convaincre de m’apporter cet enfant. Moi, je l’aimerai, voyant en lui le signe de l’amour de Dieu. »

Jean-Paul II ajoute que sa mission ne consistait pas seulement dans une sorte d’aide humanitaire apportée aux plus indigents. Elle voulait être un signe de « l’amour de Dieu, la présence de Dieu, la compassion de Dieu », elle essayait d’étancher la soif du Christ, notamment chez « ceux dont la vision de Dieu avait été voilée par la souffrance et la douleur ». Elle était au service des hommes parce qu’elle était au service de Dieu. Par son engagement, sa persévérance, sa souffrance intérieure, elle mérite d’être déclarée sainte.

Mère Teresa disait d’elle-même : « Par mon sang, je suis albanaise. Par ma nationalité, indienne. Par ma foi, je suis une religieuse catholique. Pour ce qui est de mon appel, j’appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j’appartiens entièrement au Cœur de Jésus. » Qu’on soit croyant ou incroyant, athée ou agnostique, son exemple montre quel peut être le désintéressement et l’amour de l’autre dans une société qui adore trop souvent le veau d’or et les faux-semblants. Ceux qui prétendent diriger le monde devraient se souvenir que rien de beau, de bien, de vrai ne peut se construire sans fondements spirituel

 

HCQ

  •  .... Saïd , mari actuel d'A. H. ...exploitant pétrolier aisé , me raconte qu'il à vécu à Bombay avec sa famille et que quittant l'Inde définitivement il à rencontré Mère Teresa pour lui proposer divers objets qu'il ne souhaitait emporter ...tel que réfrigérateur ..congélateur ... Elle lui répondit gentiment qu'elle ne pouvait malheureusement rien en faire car elle n'avait rien à y stocker ... lui demandant alors ce qui lui ferait plaisir, elle lui répondit " des briques ..du ciment ...nous procédons actuellement à une extension des locaux d’accueil ..."  .. je n'en connais pas la suite ....
VOIR
  • BENIGNI : Jésus l'inventeur de l'amour désintéressé
  • " laisse moi vivre ..." SOS tout-petits
  • >>>>>>>biographie>>>>>>
  • >>>>>>7 choses à savoir sur Mère Teresa >>>>>>
  • VIDEO ...la vie de Mère Teresa
  • Jusque dans la nuit de la foi, Mère Teresa rejoint Petite Thérèse et se révèle maîtresse de vie spirituelle : « Ce dont nous avons besoin est d'aimer sans nous épuiser. Comment une lampe brûle-t-elle ? Et que sont ces gouttes d'huile dans nos propres lampes ? Ce sont les petites choses de la vie quotidienne : la fidélité, un mot de gentillesse, une pensée pour les autres, notre façon de demeurer silencieux, de regarder, de parler, d'agir. Ne cherche pas Jésus loin de toi. Il n'est pas là au dehors ; il est en toi. Garde ta lampe allumée, et tu le reconnaîtras . »
    Le testament spirituel de Mère Teresa est une belle méditation sur le thème de la soif de Jésus : « Si vous deviez retenir une seule chose de cette lettre, que ce soit ceci : "J'ai soif" est une parole beaucoup plus profonde que si Jésus avait simplement dit "Je vous aime". Tant que vous ne saurez pas, et de façon très intime, que Jésus a soif de vous, il vous sera impossible de savoir celui qu'il veut être pour vous ; ni celui qu'il veut que vous soyez pour lui" >>>>>>>>>J'ai soif de Jacques Gauthier >>>>>>>>>>>>
  • " Je dis toujours ...l'amour commence à la maison" mère Teresa
  •  . Il y a d'abord la famille et ensuite votre ville. C'est facile de prétendre aimer les gens qui sont très loin, mais beaucoup moins facile d'aimer ceux qui vivent avec nous ou tout près de nous. Je me méfie des grands projets impersonnels car seule chaque personne compte. Pour parvenir à aimer quelqu'un, il faut se rendre proche d'elle. Tout le monde a besoin d'amour. Chacun de nous a besoin de savoir qu'il compte pour les autres et qu'il a une valeur inestimable aux yeux de Dieu.

     

"Je dis toujours que l'amour commence à la maison"

....pour Paule et Robert  ...dont "maisons" :  ...est Strasbourg ...Pont-Fverger...Lille ...Fleury les Aubray ... Vincennes ...Le Vésinet ...Sand .....  en France ..en Europe .. en ces  pays aux racines Chrétiennes ...en ce monde multiculturel  ..

 ....et Rémi ENpartie aussi....

 

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ET ce même jour .... comme pour donner raison mère Teresa ... V-OYEZ notre superficialité ...

 



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L’ancien capitaine du XV de France se livre dans un récit bouleversant. Son enfance cabossée. Sa dépression. Ses tentatives de suicide. A cœur ouvert. Pour enfin se libérer de ses démons.

 

«Double Jeu» est un livre poignant. Pas une énième autobiographie d’un sportif en fin de carrière. Mais un témoignage à vif. Enfant placé de père inconnu et d’une mère internée qui l’avait abandonné avant qu’il soit retrouvé, mourant de faim, à 4 mois. La peur, jusqu’à ses 18 ans, d’être arraché à sa famille d’accueil aimante. La rechute en 2013. Par deux fois, il tente de mettre fin à ses jours. Le rugueux deuxième-ligne du Stade Français s’est longuement confié au Figaro. Sincère et touchant. Souvent étreint par l’émotion de ces souvenirs douloureux. Des mots sur les maux.

Un livre à cœur ouvert par amour

«J’ai écrit pour me faire du bien. Pour raconter aux gens qui je suis vraiment. Mais aussi pour mes parents ‘adoptifs. Pour leur dire à quel point j’ai eu de la chance de tomber sur eux. A quel point cette histoire, finalement, est belle. Sans eux, je ne sais pas ce que je serais devenu si j’avais dû passer de famille d’accueil en famille d’accueil. On sait souvent comment ça finit. Surtout d’où je viens. Givors ce n’est pas joli on va dire...»

Une enfance dans les tourments

«Je suis né trois fois dans ma vie. La première dans des conditions difficiles. La deuxième quand ma petite étoile a commencé à scintiller. Je suis arrivé chez mes parents à 7 mois. Avant, j’étais à la «SPA» (la DASS, ndlr). Ils viennent et ils choisissent. Et quand, à 18 ans, j’ai pu me faire adopter et porter le nom qui est le mien aujourd’hui. A grands coups d’épaule, de force de caractère, avec l’amour de mes parents et de mes sœurs, j’ai réussi à avoir une belle vie. Quoi qu’il m’arrive maintenant, mon histoire est belle. Et je ne la regrette pas du tout. Je remercie tous les jours la chance que j’ai eu que la cigogne me pose sur ce palier-là….»

La peur du noir, qu’ils reviennent le reprendre

«C’était le cas jusqu’à il n’y a pas longtemps. Je ne le cache pas. J’ai été harcelé jusqu’à l’adolescence par les psychologues, les assistantes sociales, les juges des enfants. C’était une horreur. Je suis abandonné. Les voisins préviennent et, par miracle, j’atterris à la DASS. J’ai une super famille d’accueil. On met un gamin dans de bonnes dispositions. Sauf que, sans arrêt, tu mets à ce gamin des piqûres de malheur, en lui disant : «attention, tu ne fais pas partie de cette famille»… C’est horrible. Tu as une épée de Damoclès sans arrêt au-dessus de la tête et tu ne sais pas quand elle va tomber. Est-ce qu’un jour on va te dire que ta mère biologique, qui est pour moi une inconnue, s’en est sortie et va te reprendre ? «T’es heureux ? Eh bien on te rappelle que ce bonheur est fragile. Ephémère peut-être. Que ce n’est pas ta famille.» C’est pour ça que j’en veux à l’institution de l’époque. Ça m’a bouleversé de voir des psychologues durant toute mon enfance. Ma mère m’a dit : «si un jour ils viennent te reprendre, on fugue tous les deux». Je me suis rapproché à cette phrase toute mon enfance, toutes ces nuits où je n’étais pas bien, en sueur, les dents qui claquent. Personne ne peut imaginer le bien qu’a pu me faire cette phrase dans la souffrance psychologique dans laquelle j’étais.»

Le rugby, une raison de vivre

«Le rugby c’était mon ballon d’oxygène. Ce qui m’a permis finalement d’être équilibré. Ce fut la révélation. Tout de suite, je me suis senti bien. On ne m’a jamais posé de questions sur mon nom. J’étais un petit garçon comme les autres. C’était les copains, les goûters, les odeurs du vestiaire. Dans mon enfance, ça a toujours été une parenthèse d’apaisement. Je laissais les problèmes à la maison. Il n’y avait pas de psychologues, d’assistantes sociales, de juges des enfants qui viennent faire un topo sur moi. A l’époque, ils appelaient deux fois par semaine ma mère. Toute cette tension disparaissait le mercredi et le samedi. Je me sentais apaisé, libre. Et ce fut le cas tout au long de ma carrière. Je suis devenu expert en camouflage. Je chaussais les crampons pour me transformer en quelqu’un qui ne laissait pas passer ses sentiments. Cette haine de cet acharnement a nourri mon tempérament sur le terrain. Ça me rendait plus fort. Je rentrais pour défoncer les mecs. Je me suis fait comme ça. ‘’Double jeu’’ c’est ça. D’un côté la force brute depuis tout petit. De l’autre, ultra-fragile, ultra-sensible, perturbé. Pas comme mes copains d’école.»

La délivrance à 18 ans

«Mes parents et mes sœurs ne m’ont jamais caché la vérité. Depuis tout petit, j’ai tellement souffert de ne pas avoir le même nom qu’eux qu’à six ans j’étais déjà déterminé à en changer. Sauf que ce n’était pas possible puisque ma mère biologique avait encore un droit de regard sur moi. Jusqu’à mes 18 ans…»

« J’ai toujours eu une gueule cassée (...) Comme j’étais psychologiquement formaté à me protéger depuis tout gamin, je ne savais pas montrer mon amour à ceux que j’aimais. » Pascal Papé

les cicatrices ne se referment pas

«On ne peut pas effacer 18 ans de souffrance. Ce n’est pas possible. J’étais très fier, très heureux. C’était l’un des plus beaux jours de ma vie. Mais malheureusement on ne peut pas effacer le passé d’un coup d’éponge magique. J’ai toujours eu une gueule cassée. Les stigmates de cette bataille de 18 années. Ça peut paraître dur. On peut penser que ma mère biologique n’a pas choisi, que je ne lui ai pas laissé une chance. Mais les liens du sang n’étaient pas plus forts. Après, comme j’étais psychologiquement formaté à me protéger depuis tout gamin je ne savais pas montrer mon amour à ceux que j’aimais. Parce que toutes les semaines on me disait «tu peux repartir à tout moment». Alors tu dresses un mur devant toi…»

En 2013, plongée dans la folie

«C’est le moment où j’ai compris qu’il fallait que je me soigne, que la blessure ne s’était jamais vraiment refermée. Tout va bien, je suis capitaine du XV de France. Et, du jour au lendemain, avec ma grave blessure, tout redescend. Je n’étais pas venu à bout des démons qui me rongeaient. J’ai fait une dépression. Et je suis devenu fou. Il n’y a pas d’autres mots. D’un coup, j’ai eu envie de tout arrêter. Je m’en prenais plein la gueule depuis que j’étais né et j’avais besoin de me reposer. Je suis tellement épuisé que je n’ai qu’une envie : dormir pour de bon, ne jamais me réveiller. Je ne peux plus aller plus loin, je n’ai plus envie de me battre. Je m’entame les poignets et plutôt bien. Je m’étais toujours demandé «mais comment quelqu’un peut se suicider ?» Je ne me le dis plus. Tu atteins un état où tu ne peux pas te contrôler. La deuxième fois, je prends les cachets parce que je ne peux plus souffrir, je n’accepte plus. Je suis devenu insomniaque. Ma tête est pleine. Et j’ai tellement besoin de dormir. Alors je décide de dormir une fois pour toute. Qu’on ne me casse plus les couilles. J’aspire juste à être paisible.»

Un nouveau miracle

«Dans un état second, j’appelle ma femme pour lui dire adieu. Pour entendre une dernière fois sa voix. Lui dire que ça y est, j’ai décidé de partir. Et là elle appelle ma mère qui, ce soir-là, n’a pas éteint son téléphone alors qu’elle le fait chaque soir… On me réanime et je m’aperçois à quel point je suis égoïste. J’ai trois enfants et à aucun moment, dans ma connerie, je n’ai pensé à eux. Mais pour moi, à ce moment-là, la solution était claire.»

La rédemption par l’écriture

«On me met en clinique psychiatrique. Je dors pendant une semaine entière. Puis le déclic. J’ai envie de remonter la pente, de prouver que je ne suis pas mort et, encore mieux, que je vais guérir. Et alors que je n’y étais jamais parvenu, je me mets à écrire. A ma femme, à mes enfants. Pour leur dire que je les aime plus que tout au monde. Qu’ils me manquent terriblement. Il y a enfin une prise de conscience de tous mes sentiments alors que j’avais toujours lutté contre. Quand ma mère m’envoyait un texto «gros bisous mon chéri, je t’aime», je lui répondais «bisous»… Je leur explique pourquoi j’avais si mal. J’ai besoin et envie de tout leur dire, de tout montrer. Il y a enfin une fissure dans ce satané mur. Moi aussi j’ai enfin le droit d’avoir des sentiments, d’aimer. Et de le dire. Je ne m’interdis plus d’être heureux. Je n’y arrivais pas avant. Parce que tous ces gens ne m’avaient pas permis de grandir avec ça. Du moment où j’ai commencé à leur montrer cet amour, à leur dire ce que je ressentais, je me suis senti tellement mieux. Libéré. Enfin en paix avec moi-même. J’accepte ma vie. Elle est ce qu’elle est, mais c’est la mienne. C’est mon histoire. Désormais j’assume tout. Je dis au petit enfant que j’étais, ça y est, on est prêt. Il faut arrêter de se faire mal, de souffrir.»

Et maintenant ?

«Je sais que ça ne sera jamais complètement terminé. De temps en temps, ça m’arrive encore de refaire les rêves de quand j’étais petit. Mais quand je me réveille, je me dis simplement «c’est un cauchemar. Regarde ta vie, regarde qui tu es.» Ça fait partie de moi, ça me poursuivra jusque sur mon lit de mort. Mais je me suis réconcilié avec moi. Le moi craintif, sensible, perturbé.»

Double Jeu. En librairie le 20 octobre. Editions Michel Lafon. 18 ,95 euros.