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Régulièrement invitée dans les médias, avec qui elle entretient de bonnes relations, Kellyanne Conway est l'une des personnalités les plus connues de l'Administration Trump.

«Franchement, je me sens très solidaire des victimes d'agressions sexuelles, de harcèlement sexuel et de viol.» Invitée de l'émission «State of the Union» dimanche matin sur CNN, Kellyanne Conway, proche conseillère de Donald Trump, marque un temps d'arrêt, se racle la gorge puis lance à son interlocuteur: «Je suis une victime d'agression sexuelle.» «Je ne m'attends pas à ce que le juge Kavanaugh (...) ou quiconque soit responsable de ça. Il faut être responsable de sa propre conduite», a-t-elle poursuivi. Elle n'en dira pas plus sur son expérience personnelle, préférant défendre le candidat de Donald Trump à la Cour suprême accusé de tentative de viol. Mais cette confession inattendue a décontenancé jusqu'à son interlocuteur, le présentateur Jack Tapper: «C'est la première fois que je vous entends parler de quelque chose de personnel comme ça, et je suis vraiment désolé.»

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Si Donald Trump doit sa victoire à quelqu'un, c'est sans doute à cette femme qui fraye au sein du parti républicain depuis Ronald Reagan. Le président lui-même ne s'y est pas trompé le soir de son élection. Son nom vient en premier, tout de suite après sa famille, lorsque le républicain s'exprime pour la première fois en tant que président élu des États-Unis. À ce moment, cette mère de quatre enfants devient aussi la première directrice de campagne à voir son candidat à la présidence triompher dans l'histoire du pays. Celle qui avait soutenu le texan Ted Cruz pendant la primaire a rejoint tardivement, à l'été 2016, l'équipe de campagne du républicain. Avec Stephen Bannon, elle sera chargée de redresser la barre d'une candidature qui montre d'inquiétants signes de fatigue dans les sondages.

«Faits alternatifs»

Son alter ego n'a pas survécu à la longue valse des conseillers à la Maison-Blanche, mais elle a su se montrer indispensable aux yeux du président. Car l'ancienne directrice de campagne, devenue pour ses compatriotes l'un des visages les plus familiers de l'Administration Trump, a poursuivi son inlassable travail de service après-vente sur les plateaux de télévision. Toujours polie, le sourire aux lèvres, elle n'hésite pas à s'exposer à certaines contorsions pour justifier les déclarations de son patron. Elle a ainsi inventé l'existence d'un prétendu «massacre de Bowling Green» ou encore expliqué comment des micro-ondes auraient permis à Barack Obama d'espionner la campagne de Donald Trump. À son arrivée à la Maison-Blanche, elle n'hésite pas à défendre les «faits alternatifs» de son collège Sean Spicer sur le nombre de personnes présentes à l'investiture du président Trump.

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Mais Kellyanne Conway veille plus particulièrement à l'image du président auprès d'un électorat féminin qu'il ne ménage pas. Elle est d'ailleurs l'auteur d'un livre sur la question, Ce que les femmes veulent vraiment, sorti en 2005. Et dix ans plus plus tôt, elle fondait déjà un cabinet, The Polling Company, spécialisé dans les enquêtes d'opinion axées sur les femmes. À la Maison-Blanche, elle a ainsi eu à gérer les sorties de Donald Trump contre le mouvement #MeToo. Elle est aussi montée au front lorsque Rob Porter, conseiller à la Maison-Blanche, était accusé de violences conjugales par ses deux ex-épouses. Elle n'a pas hésité à mettre tout son poids dans la balance en appelant, à la suite du président, à voter pour le sénateur de l'Alabama, Roy Moore, pourtant accusé d'agressions sexuelles sur mineure.

Pendant la présidentielle, elle avait déjà eu fort à faire pour redorer l'image de son candidat auprès des femmes, notamment après la diffusion en octobre 2016 d'une vidéo où le magnat de l'immobilier se targuait d'«attraper les femmes par la ch…». À cette même époque, prenant la défense d'un «gentleman», elle partageait une première fois son expérience sur le sexisme qui règne à Washington: «Je parlerais de certains membres du Congrès là-bas... Quand j'étais plus jeune et plus jolie, ils se frottaient contre les filles, plongeaient leur langue dans la gorge de femmes contre leur gré.»