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ARTICLEs

  1. .... désir et envie ...
  2. .... définitions en français ..
  3. ....La stabilité émotionnelle : quoi, comment, et par où commencer ?
  4.  .... .Humeurs: quand nos hauts et nos bas deviennent des maladies
  5.  .... ULYSSE ....
  6.  ..... Soif de Paris ... soif du même ...

 

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1/ Le tableau sémantique du désir.

cliquer sur le lien suivant : LE DESIR

2/ Définition du terme Désir

Un bon moyen pour définir un terme, c’est de procéder par distinctions, c’est-à-dire l’opposer à des termes dont le sens est proche.

On distinguera ainsi Désir de Besoin d’abord, puis Désir d’Envie.

Désir et Besoin

On dit couramment que les besoins sont naturels quand les désirs sont artificiels.

Le problème est que pour l’homme, la notion de « besoin naturel » est très floue pour l’homme, dans la mesure où la plupart de nos besoins sont immédiatement repris dans des pratiques culturelles, et relèvent aussi de l’artifice, de la convention, de l’institution. Par exemple : manger est un besoin certes, mais quelle quantité est strictement nécessaire ? Pour quelle activité ? Que manger ? Comment le manger ? Tout cela prend immédiatement une dimension culturelle. Idem pour le besoin sexuel.

Ou dit aussi que les besoins seraient nécessaires quand les désirs seraient superflus.

Et les mêmes critiques à peu près se posent. De plus, on n’a guère (ce qui est d’ailleurs un problème en soi dans notre époque consumériste marquée par un schéma de « l’illimité » : consommation illimitée, jouissance illimitée, progrès illimité… Cf le livre de JP Lebrun Un monde sans limites) de critère qui distingue nettement le nécessaire du superflu.

On dit que les besoins sont limités, alors que les désirs seraient illimités, et donc un perpétuel esclavage dans la mesure où ils ne pourraient jamais être satisfaits.

Mais les besoins, s’ils peuvent être ponctuellement satisfaits, reviennent toujours en un cycle tout aussi infini, et on peut considérer qu’ils sont largement aussi asservissants.

Bref, une distinction qui semble au premier abord assez facile, mais finalement critiquable.

Désir et Envie

A l’inverse, l’autre distinction, entre Désir et Envie semble plus difficile à faire, mais sera peut-être plus éclairante quand à la nature propre du besoin.

Il semble que les envies soient plus passagères, alors que les désirs auraient plus de constance en nous. Cela parce que l’envie semble davantage suscitée par une tentation extérieure, qui me « fait envie », comme un stimulus, alors que le désir, relevant davantage d’une élaboration personnelle, d’une construction mentale, me suit partout, puisqu’il m’est propre et intime.

PARENTHESE DE METHODE

—- J’écris : « il semble que… », ça ne paraît pas très rigoureux… et après tout, pourquoi ne pas aller chercher tout simplement les définitions dans les dictionnaires ? Certes, on peut le faire, mais on est aussi en droit de se demander si le dictionnaire doit avoir le monopole de la connaissance du sens des mots. Qui écrit le dictionnaire ? Comment choisissent-ils le sens des mots ? Où est le sens de la langue ? Est-il vraiment dans le dictionnaire, ou bien le dictionnaire n’est-il pas une simple indication partielle du sens des mots.

Une certaine tradition philosophique (plutôt anglo-saxonne) qu’on appelle « philosophie du langage ordinaire » a pour point de méthode initial de penser que le sens des mots qu’on emploie n’existe pas en soi dans un Ciel des idées ou dans l’esprit de savants détenant la clé du langage, mais ce que sens émane de l’usage qui est fait de ces mots. Ainsi, pour savoir le sens d’un mot, il faut commencer par se demander avec précision dans quelles circonstances on emploie ce terme, qui l’emploie – bref, se référer à la situation de locution.

FIN DE LA PARENTHESE DE METHODE

Si on applique ce principe au terme « Désir », qu’on se pose la question : quand emploie-t-on réellement ce terme? Qui l’emploie? etc. on remarque d’abord que ce terme est d’un registre châtié, et solennel. On ne dira pas tellement « je désire ce gâteau » mais « je veux ce gâteau », ou « j’ai envie de ce gâteau ». Pas « je désire » avoir le bac mais « je veux » ou « j’aimerais bien »…

Alors, qui dit « désir »?

Il y a les commerçants, les serveurs dans les restaurants, qui abordent le client par un « Vous désirez?… »

Sinon, on n’emploie guère le mot désir pour les objets de consommation (parlant plutôt d’envie), mais on l’emploie (encore) pour le désir sexuel. On dira qu’on désire quelqu’un, on pourra encore dire « je te désire » – même si on entend aussi un « j’ai envie de toi », ce qui ne semble pas impliquer la même approche. Différence qu’on pourra essayer d’expliciter.

Ne trouvant pas d’autres occurrences de l’emploi du mot « désir » dans la vie quotidienne, essayons de trouver ce qu’elles ont en commun.

Partant du désir sexuel, on voit qu’à la différence du « j’ai envie de toi » qui laisse entendre une pulsion de « consommation » du corps de l’autre, c’est-à-dire une saisie directe et sensuelle de la réalité de l’objet-corps de l’autre, il semble que l’objet du désir ne soit pas le corps réel de l’autre. Mais ça n’est pas non plus son esprit… sauf à suivre la théorie sartrienne du désir selon laquelle la saisie du corps de l’autre et le fait de l’acculer à la jouissance permet de capturer l’esprit de l’autre, de « l’hypnotiser » comme sujet, et ainsi de me faire le sujet de ce sujet, lequel me menaçait par sa puissance d’objectivation. (en me regardant, il faisait de moi un objet, et pour sortir de cette objectivation, je dois l’objectiver à mon tour, ce que le désir sexuel passant par le corps permet).

Donc le corps de l’autre n’est pas l’objet réel du désir, mais on pourrait dire qu’il le figure, qu’il est ce par quoi on espère accéder à l’objet réel de notre désir. L’objet réel du désir, c’est le fantasme. Et on espère pouvoir accomplir ce fantasme avec ce partenaire qu’on dit désirer.

Qu’est-ce qu’un fantasme? Remarquons qu’un fantasme semble principalement langagier, ou du moins « scénique », c’est une scène, un scénario. Et dans la réalité, on n’assouvit donc pas ses désirs (parce que nos désirs ne se situent pas dans la réalité, où il n’y a que des besoins et des envies) mais on les joue.

Nous sommes donc des êtres désirants parce que nous avons des fantasmes (ou SI nous avons des fantasmes – et je remarque ici, du point de vue de notre philosophie du langage ordinaire, qu’il y a une autre occurrence où on entend réellement l’usage du terme « désir », c’est quand on dit de quelqu’un qui est apathique, « déprimé » qu’il n’a « pas de désirs » (on peut dire aussi « il n’a envie de rien », mais là, c’est plus conjoncturel, c’est « aujourd’hui, je n’ai envie de rien », alors que dire (avec cette sorte de solennité) qu’on n’a « pas de désir », cela veut dire que notre vie n’est plus menée par un idéal, une transcendance qui la porterait de l’avant.

Résumons :

Avec le désir, il y a l’idée comme nécessaire d’une mise en scène, d’une représentation – alors que l’envie se tourne vers l’objet réel. On a envie de quelque chose, d’un objet, alors que quand on dit désirer un objet, on désire plutôt la situation, la scène, l’histoire, bref, la représentation qui s’attache à cet objet.

(ce que les publicitaire savent très bien, puisque tout leur travail consiste à toucher le consommateur dans ses désirs, et pour cela, il ne montre pas simplement l’objet qu’il s’agit de vendre, mais son « concept », c’est-à-dire tout un monde, des images, et même un mode de vie, qu’il rattache à cet objet comme le représenté s’attache au représentant.

Bref, on désire un objet en tant qu’il représente, qu’il symbolise. L’objet en tant que chose est en soi relativement indifférent, et ce n’est pas cela qui est désiré.

3/ Thèse : Le désir, en tant que manque, n’est pas une aliénation mais est constitutif de la subjectivité

Avec ces remarques, nous déplaçons un peu les problématiques classiques que nous avons déjà rencontrées à propos du désir.

Le problématique classique avait été posée dans le dialogue entre Socrate et Calliclès à propos de la Sagesse et de la passion. Socrate défendait l’idée selon laquelle le désir était le signe d’un manque, que le manque était une souffrance, car il empêchait la plénitude, la satisfaction, et mettait dans un état de dépendance continuelle avec ce qui était désiré, et qui était susceptible de nous « remplir » (vainement, puisque le tonneau du désirant est troué). Ce qu’on appelle couramment aujourd’hui l’état d’addiction.

A l’inverse, Calliclès soutenait que le désir était un signe de force, qu’il était le moteur de nos actions, qu’il nous donnait les motivations pour vivre et agir. Bref, que le désir n’était pas signe de manque, mais au contraire de puissance d’exister. Et il considérait que les pourfendeurs du désir étaient les impuissants qui, par ressentiment, réduisaient la force désirante à être une addiction, un « esclavage des passions ».

Ce que nous pouvons dire, à partir de nos remarques antérieures, c’est que le Désir est certes un manque (comme le dit Socrate), mais qu’il ne met pas dans un état d’esclavage, d’aliénation à quelque chose d’extérieur à nous (addictions – cela, nous l’avons plutôt appelé les envies), mais que ce manque nous est constitutif. Que notre être de sujet naît de ce manque.

On devient soi-même à partir d’un manque, constitutif de notre identité (laquelle n’est pas nécessairement consciente). Ce manque constitue l’idéal à partir duquel le sujet se définit.

Ces idées sont développées par les psychanalystes, qui, à la suite de Freud, considèrent que notre rapport au monde et à nous-mêmes est mis en place non par un objet, mais par le manque d’un objet, et un objet d’élection, un objet essentiel, un objet chéri.

Cet objet, qui assurait pour nous la plénitude de la fusion, c’est la matrice originelle, le sein de la mère, dont nous avons vu, dans le cours sur la psychanalyse que nous étions sevrés par éducation, qu’il devenait interdit. Cet « objet a » tel que les lacaniens l’appellent est donc perdu définitivement, et tous les autres objets dorénavant ne pourront que symboliser cette plénitude, cet Eden perdu.

Cela est la structure « normale » de l’éducation, cet interdit de la plénitude, de la fusion avec l’objet réel, qu’on peut aussi appeler la jouissance – et c’est cela, l’interdit qui rend la jouissance impossible, barrée, qui permet de Désirer (desiderare en latin, c’est avoir une étoile (sidérale) perdue (de-), et d’être sujet de et par ce désir.

Car dans la jouissance, précisément, il n’y a plus de sujet, la jouissance est une « désubjectivation ». Parce qu’elle est fusion dans l’objet et perte de soi (jouissance sexuelle, toxicomanie) et état d’addiction, où c’est l’objet qui mène la danse.

(il faut à ce propos nettement distinguer la jouissance du plaisir, ce dernier étant une manière hédoniste que le sujet aurait de gérer ses propres tensions et détentes, alors que l’addiction est une dépossession radicale. Cf la distinction entre le gourmet et le boulimique, l’amateur de vins et l’alcoolique, etc.).

C’est ainsi qu’une thèse, soutenue par une certaine école psychanalytique, soutient que, si à son époque, Freud a eu raison d’indiquer que la frustration des désirs (entendus comme pulsions) jetait les populations d’Europe dans la névrose (les désirs refoulés revenant sous forme de symptômes pathogènes, handicapants pour bien vivre), il faut cependant prendre acte à notre époque d’un certain renversement qui se serait effectuer : en effet, on ne frustrerait plus guère les pulsions, leur permettant un assouvissement dans le réel, mais on jetterait par là les populations dans une addiction à la jouissance, car il n’auraient pas eu à affronter la frustration de l’objet qui permet la constitution du fantasme idéal, névrotique. Et par là, de populations écrasées par un Désir impossible, névrosée, on serait passé à une population sans Désir, et qu’ils appellent « perverse » dans la mesure où elle n’a pas intériorisé l’interdit, et s’amuse à le dénigrer.

Ils rattachent cette thèse de la « société perverse » à celle d’une société dominée par la figure maternelle (et donc la destitution de la figure de l’autorité incarnée par la fonction paternelle).

La fonction maternelle, c’est celle qui assure la plénitude, la jouissance (le bien-être, l’affection, etc.), tandis que la fonction paternelle assure la loi, l’interdit. Pour le dire simplement, son rôle est d’arracher l’enfant à la plénitude jouissive, afin de lui permettre de désirer. Le père, comme fonction (cette fonction peut peut-être être remplie par une femme, et inversement, la fonction maternelle par un homme, sur cela, il y a débat…) met l’enfant dehors, en disant qu’ici, près de la mère, c’est sa place.

Nos sociétés sont donc moins structurées par la figure paternelle, parce que :

1/ De fait, beaucoup de familles sont monoparentales, ou reconstituées, et la distribution des rôles est plus délicate, doit être redécidée à chaque fois par chacun, ce qui rend leur fonctionnement plus aléatoire.

2/ Le discours social actuel dominant, jouissif (à cause de l’impératif consumériste) tend à rejeter le père comme figure autoritaire frustrante, valorisant le vécu, les émotions, plutôt que la Loi, les principes édictés dans le langage

3/ A propos du langage : le discrédit jeté sur le langage par les formes audio-visuelles permises par la puissance technologique a un impact direct sur la difficulté à désirer. Les images, les sons, donnent la chose elle-même, alors que les mots la symbolisent et permettent le fantasme.

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Questions :

Qu’est-ce qui distingue le désir du besoin ?

Qu’est-ce qui distingue le désir de l’envie ?

Les interdits s’opposent-ils aux désirs ?

Pourquoi ne pas désirer entraîne-t-il une sujétion à l’addiction ?

En quel sens peut-on qualifier la société contemporaine de « perverse » ?

En quoi la névrose assure-t-elle la possibilité du désir ?

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DEFINITION .....

>>>>>>>>>>>>>DEFINITION>>>>>>>>>>>>>>>>>

A. − [Dans un cont. relig. ou moral]
1. Épreuve à laquelle Dieu soumet l'homme pour exercer sa foi, sa fidélité. Dieu envoie à chacun des tentations selon sa force; il est mal et peu sage de leur en fournir qu'ils ne puissent pas surmonter (Gide, Journal, 1894, p. 55).
Tentation de Dieu. Acte par lequel on défie, on provoque Dieu; acte de présomption par lequel on exige de Dieu un miracle pour sa satisfaction personnelle ou pour un motif disproportionné (d'apr. Dheilly 1964):
La Bible mentionne une tentation de Dieu qui serait le fait des hommes. Un des plus graves reproches qu'Israël se soit attirés au cours de son histoire, c'est d'avoir tenté le Seigneur. Malgré les témoignages que Dieu a donnés de sa protection, et malgré les assurances qu'il n'a cessé d'en fournir, le peuple a douté (...) et il lui a ainsi lancé un défi. Fries t. 4 1967.
2. Sollicitation au mal, au péché, par Satan. La tentation d'Adam et Ève; la tentation de Jésus dans le désert; la tentation de Saint-Antoine; induire, entrer en tentation. La Vie d'Adam et d'Ève raconte une seconde tentation que Satan fit subir à Ève après sa pénitence, et fait raconter par Ève elle-même sa première tentation par le serpent, qui était le diable (Théol. cath.t. 4, 11920, p. 330).
3. P. ext. Attrait du mal, envie de ce qui est défendu. Assauts de la tentation; combattre, fuir, repousser la/les tentation(s); céder, succomber, s'exposer, résister à la tentation; se défendre, se garder de la tentation. De ma lutte contre les tentations dont tout jeune prêtre est assailli et qui furent mon lot normal, en particulier contre les tentations de la chair, je ne dirai rien, n'ayant pas eu de mérite particulier à les vaincre (Billy, Introïbo, 1939, p. 171).Le raisin commence à « tourner », il se colore et les pampres chargés de fruits sont une bien grande tentation pour le maraudeur; aussi les vignerons en confient-ils la garde aux « messiers », garde-vignes choisis parmi eux, et qui parcourent jour et nuit les vignes (Menon, Lecotté, Vill. Fr., 2, 1954, p. 74).
Tentation de + subst. désignant le mal accompli.Si la tentation du meurtre a certes déjà effleuré l'âme de plus d'un de ses prétendants, aucun que je sache, ne l'avait encore consommé (Arnoux, Rêv. policier amat., 1945, p. 231).
P. anal., littér. Attrait de Dieu, sollicitation au bien. Cette horrible tentation du bien. J'ai beau faire, si souvent j'y succombe! C'est un vice. Et faire le bien me flanque par terre (Montherl., Démon bien, 1937, p. 1352).Les êtres ne changent pas (...) mais ils retournent souvent à l'inclination que durant toute une vie, ils se sont épuisés à combattre. Ce qui ne signifie pas qu'ils finissent toujours par céder au pire d'eux-mêmes. Dieu est la bonne tentation à laquelle beaucoup d'hommes succombent à la fin (Mauriac, La Pharisienne, 1941, p. 277).
 
B. − P. ext.
1. Désir, envie de quelque chose. Synon. attrait, sollicitation.Céder, résister à une tentation, à la tentation de. Je te prie, si tu restes à Paris, de m'épargner le plus possible les tentations (théâtres, expositions). J'ai juste le temps de faire ce que j'ai à faire (Rivière, Corresp.[avec Alain-Fournier], 1908, p. 60).Recalé en juillet à l'examen de licence, et sans courage à l'idée d'affronter une nouvelle année de thèmes latins et de thèmes grecs, j'ai cédé à une tentation subite (...) le concours d'admission à l'École des Chartes (Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. l).
Tentation de + subst. désignant le plaisir, le but à atteindre.Tentation du confort, du luxe, du voyage, de la facilité, de la gloire, de la célébrité. S'ils parvenaient à s'instituer les dirigeants du soulèvement et à disposer de la force à Paris, ils auraient beau jeu d'y établir un gouvernement de fait où ils seraient prépondérants (...) entraînant le Conseil national de la Résistance dont plusieurs membres (...) pourraient être accessibles à la tentation du pouvoir (De Gaulle, Mém. guerre, 1956, p. 291).
Tentation de + inf.Tentation d'acheter, de sortir. Crois-tu que nous résisterions longtemps à la tentation de nous rejoindre? Tu sais bien que nous ne résisterions pas (Mauriac, Mal Aimés, 1945, ii, 9, p. 219).
2. En partic. Désir lié au plaisir des sens. Tentation de la chair. Elle était vraiment gentille avec ses yeux clairs fixés sur moi, si bien fixés, si clairs que j'eus une tentation terrible et j'y cédai. Je la saisis dans mes bras, et sur ses paupières qui se fermèrent soudain, je mis des baisers (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Tombales, 1881, p. 1211).
Prononc. et Orth.: [tɑ ̃tasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1remoit. xiies. « ce qui porte à enfreindre une loi morale » (Psautier d'Oxford, 94, 8, éd. Fr. Michel, p. 139); 1653 loc. induire en tentation (Ch. d'Assoucy, Le Ravissement de Proserpine, 2); 2. 1637 « désir qui pousse à faire quelque chose » (N. Peiresc, Lettres, t. 7, p. 257). Empr. au lat. chrét.temptatio « excitation, entraînement au péché » déjà utilisé en lat. class. au sens de « essai, expérience », dér. de temptare (v. tenter). Fréq. abs. littér.: 1 968. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 375, b) 2 302; xxes.: a) 2 784, b) 4 288. Bbg. Evenou (J.). La Sixième demande du Notre Père... Foi Lang. 1977, no3, pp. 185-186; « Ne nous soumets pas à la tentation... » Foi Lang. 1977, no4, pp. 285-292.
 
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par | Mar 29, 2017 |
 

Souvent, on se laisse emporter et contrôler par ses sentiments. La colère prend le dessus, et on n’a plus la capacité de penser. On sur-réagit, tout simplement. Tout est oublié, l’amour qu’on porte à notre partenaire, les bons moments passés ensemble, et tous les obstacles rencontrés durant la relation resurgissent.

Plus rien ne compte, à part ce sentiment qu’on laisse nous aveugler. Oui, j’écris bien « qu’on laisse », puisqu’en réalité on a le pouvoir de prendre le dessus sur ces sentiments intenses, même s’ils nous semblent souvent trop difficiles à gérer.

La stabilité émotionnelle n’est pas une légende urbaine, c’est bien quelque chose à laquelle on peut tendre avec du travail, et surtout de la patience et de la pratique.

D’abord, mettons-nous d’accord sur une vérité fatidique : la vie est tout sauf un long fleuve tranquille. C’est plutôt un parcours de combattant stressant, et pas vraiment commode. Sur le long terme, si l’on ne sait pas gérer ses émotions, cela peut devenir accablant et sérieusement hypothéquer nos capacités relationnelles.

Des émotions intenses comme la colère, la confusion, la peur, ou encore la honte, peuvent rendre notre vie de couple difficile, voire même impossible à gérer.

Le but de cet article est de vous aider à atteindre une plus grande stabilité émotionnelle qui vous permettra d’être actrice de votre vie sans chaque jour être submergée par des sentiments trop intenses et potentiellement handicapants.

Mais, « Qu’est-ce que la stabilité émotionnelle ? », après tout, on ne peut maîtriser quelque chose si l’on ne l’identifie pas à prime abord.

La stabilité émotionnelle est la capacité d’une personne à rester calme quand elle vit une situation de stress. Une personne émotionnellement instable est une personne qui se laisse contrôler par ses émotions au lieu de les accepter, de les relier à son vécu intérieur, et de leur donner du sens. Les personnes qui savent ce qui déclenche le stress chez elles sont plus aptes à gérer leurs sentiments, aussi intenses soient-ils.

Comment y arriver ? Ce ne sera ni simple ni rapide, et comme tout changement, cela demandera de la patience et un certain travail mental de votre part.

Voici la séquence qui permet d’aborder son émotivité d’une façon différente, et du coup, de la dépasser.

1. Je comprends mes sentiments

Mal au ventre, gorge nouée, ou cœur qui bat trop vite à votre goût ? C’est peut-être la grippe. Cependant, c’est aussi souvent une émotion ressentie et ignorée qui nous donne du fil à retordre. Voici donc le petit conseil qui aide : Ne réprimez pas cette émotion que vous ressentez. Que ce soit la colère, la tristesse ou la peur, ne l’ignorez pas, mais regardez la. Allez-y, approchez-vous. Regardez de quoi elle est faite. Faites connaissance. On a toujours moins peur de quelque chose que l’on connait. Il s’agit ici d’observer vos signaux corporels sans jugement, et d’accompagner ce qui se passe dans votre corps tout simplement.

L’important est de ne pas repousser l’émotion, car plus on l’enfouit en soi, plus on est mal en point. Ecoutez vos émotions, elles sont là pour vous aider à mieux vous comprendre.

2. Je donne un nom à ce que je ressens

Donner un nom à ce que vous ressentez vous permet de rester dans le présent. Non seulement ça, mais une fois que vous donnez un nom à n’importe quoi, vous avez du pouvoir dessus. Moins cette émotion est mystérieuse, et plus de chance vous avez de prendre le dessus. Vous voyez, c’est un peu comme les maths (enfin, je pense). On le dit bien, comprendre le problème est déjà la moitié de la solution. Voilà donc pourquoi dire « ce que je ressens est de l’anxiété » vous permettra de comprendre ce qui vous taraude, et ainsi, d’y trouver une solution.

Non seulement cela, mais en excluant le « je » (c’est-à-dire en évitant de dire « je suis anxieuse » ou « je suis en colère »), c’est-à-dire, en évitant de vous identifier à l’émotion ressentie, vous arriverez naturellement à vous en détacher. C’est plutôt quand on se noie dans le sentiment qu’il devient très difficile de le gérer. Et ceci n’a pas seulement des conséquences sur vous, mais aussi sur votre conjoint, et donc, votre relation.

3. J’apprends à accepter mes émotions

Souvent, lorsqu’on ressent une émotion intense ou difficile, on a tendance à jouer à l’autruche et à s’enterrer la tête dans le sable. On l’ignore, espérant qu’elle s’estompera sans qu’on ait à comprendre le pourquoi du comment des choses. On le fait car il est parfois difficile de faire face à ce que l’on ressent. Cependant, cette technique peut être problématique. Ne niez pas vos émotions, aussi difficiles soient-elles car c’est la meilleure façon de les laisser contrôler votre vie.

Que ce soit de l’anxiété, de la culpabilité, de la colère, ou de la honte, acceptez-les. Elles ne sont pas là par hasard. Et surtout, traitez vos émotions comme vous traiteriez celles d’une amie ou d’un être cher. Vous ne leur direz pas de nier ce qu’ils ressentent, n’est ce pas ? Vous aurez des paroles réconfortantes telles « Tu as fait tout ce que tu pouvais », ou encore « Ce n’est pas de ta faute. » Alors, exercez vous à prononcer ces paroles pour vous et vous seule, car vous le méritez ! Tenez-vous devant un miroir, regardez-vous droit dans les yeux, et dites ces mots. Comme on dit en anglais, fake it until you make it, et cela deviendra de plus en plus naturel.

4. Je comprends que je ne me sentirai pas toujours comme ça

Quand on est triste ou qu’on a le cœur brisé, on a l’impression qu’on se sentira comme ça pour toujours, et qu’on n’aura plus l’opportunité de goûter au bonheur. Cependant, rien n’est plus faux. Les émotions viennent et repartent. Un moment vous avez une envie de crier et de casser quelques plats (laissez votre porcelaine de Limoges en paix néanmoins), et quelques minutes plus tard, vous êtes calme et votre colère a complètement disparu.

En comprenant et observant vos émotions, vous vous rendrez rapidement compte que rien n’est permanent, ni tristesse, ni colère, ni même joie. Tout est éphémère, et c’est cela qui fait la beauté des choses. Chaque jour, chaque heure, chaque minute même, représente une occasion, une nouvelle chance de dire oui au changement.

Les émotions intenses font partie de la vie, vous ne pourrez pas les empêcher d’être là, mais vous avez toujours le choix entre en être actrice et essayer de les comprendre, de les accepter, et d’apprendre, ou les laisser contrôler notre vie. La balle est toujours dans notre camp.

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>>>>>>>>>>>>>>>>le Fig le 25.08.18>>>>>>>>>>>>>>>>>>

PSYCHOLOGIE - Certains jours, nous sommes déprimés. D'autres fois, joyeux sans raison. Cette capacité à surfer d'un état d'âme à l'autre, cette instabilité émotionnelle, peut parfois déboucher sur des pathologies à prendre en compte sérieusement.

Oui, nous sommes mouvants du point de vue psychique: «L'homme est, par nature, un être de cycles, rappelle le Dr Nicolas Duchesne, psychiatre spécialiste des troubles bipolaires à Montpellier. C'est-à-dire que notre humeur est forcément variable, car influencée par l'environnement, les saisons, notre état physique, etc. Les femmes le savent bien: les fluctuations hormonales accentuent, chez elles, cette instabilité émotionnelle qui est la marque du vivant.»

S'il reste difficile de croire que notre tristesse ou notre entrain sont uniquement déclenchés par des perturbations internes du cerveau, on a pu démontrer que les troubles de l'humeur sont liés à des variations du taux de certaines molécules biochimiques (noradrénaline, sérotonine, dopamine…). Cette dérégulation peut parfois s'ancrer à long terme et venir marquer un tempérament, des traits de caractère. On dit alors de certains qu'ils sont grincheux ou optimistes.

Il y a aussi les cyclothymiques. Le capitaine Haddock et ses colères soudaines, Jean-Jacques Rousseau qui pleure ou s'enthousiasme au cours de ses rêveries… Nous connaissons tous de ces personnalités sensibles qui passent rapidement d'un état d'âme à l'autre, au point qu'avec elles mieux vaut anticiper, afin de savoir si l'on est «dans un bon jour ou pas» pour les approcher.

Régis Blain, fils d'un acteur lui-même très intense et hypersensible (l'un des héros de la Nouvelle vague, Gérard Blain), se définit comme cyclothymique. Cet ex-patient, qui a coécrit avec le Dr Elie Hantouche La Cyclothymie pour le pire et pour le meilleur: bipolarité et créativité (Robert Laffont), milite dans son blog pour une démédicalisation de la cyclothymie. Celle-ci est d'abord, à ses yeux, «une constitution mercurienne, une sensibilité aux extrêmes. À force de voir de la maladie partout, on risque de considérer le spleen baudelairien comme de la dépression», regrette-t-il.

Un point de vue dont se rapproche le Dr Raphaël Giachetti, psychiatre à Toulouse, qui a publié La Maladie bipolaire expliquée aux souffrants et aux proches (Odile Jacob): «Non, la cyclothymie n'est pas à considérer comme un trouble ou une maladie tant qu'elle n'a pas de conséquences destructrices dans la vie de quelqu'un, et tant qu'il ne s'en plaint pas.»

Le territoire croissant de la bipolarité

Cependant la tendance à la variabilité de l'humeur, lorsqu'elle s'installe sur de longues périodes, est désormais de plus en plus souvent considérée comme une maladie. Ecker et Kalbaum, des psychiatres allemands spécialistes de la psychose maniaco-dépressive, l'ont fait passer à ce statut au XIXe siècle, dans une «zone grise» qui précède la pathologie psychiatrique avérée.

L'ouverture du spectre des troubles de l'humeur ne s'est pas arrêtée là. En 1980, rebaptisant «maladie bipolaire» la traditionnelle psychose maniaco-dépressive - celle qui plonge la personne en alternance dans des épisodes d'hypomanie ou de dépression sévère - les DSM 4 et 5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ont élargi le spectre de cette maladie psychique jusqu'à la décliner selon différentes formes, avec ou sans manie (épisodes d'exaltation hypomaniaque, dits «highs»).

«La plupart des ­personnes qui consultent avec le sentiment d'être atteintes de bipolarité repartent avec un autre diagnostic!»

Dr ­Raphaël Giachetti

«Avec l'émergence de cette vision plus large qui inclut même des durées brèves, la bipolarité est aujourd'hui galvaudée, regrette le Dr Christian Gay. On l'attribuerait à environ 5 % de la population, quand la manie-dépression n'en concernait que 3%», regrette-t-il. Seul bénéfice de cette dérive: il n'y a plus de honte à être bipolaire ; au contraire, on dirait presque qu'il faut l'être! Et en effet, le terme bipolaire semble désormais aussi fréquemment utilisé que celui de pervers. «Mais la plupart des personnes qui arrivent en consultation avec le sentiment d'être atteintes de bipolarité repartent avec un autre diagnostic!» observe le Dr Raphaël Giachetti.

Sur la scène médiatique, chez les «people», le trouble abonde: l'actrice Catherine Zeta-Jones a même révélé qu'elle était bipolaire de type 2 ; le comique Ben Stiller a attribué à ce mal son énergie époustouflante ; la plus récente à révéler sa bipolarité étant la chanteuse Mariah Carey, qui déclarait dans Madame Figaro souffrir de ce mal depuis une quinzaine d'années.

Des montagnes russes

«Pendant longtemps, j'ai cru être sujette à de profonds troubles du sommeil, confiait la star. Mais je n'étais pas juste insomniaque, à rester allongée et compter les moutons. Je n'arrêtais pas de travailler, travailler, travailler… Et puis mes épisodes dépressifs m'ont ôté toute forme d'énergie. Je me sentais seule et triste.»

Ces montagnes russes éprouvantes et destructrices signent la bipolarité avérée. Une affection frappée de dangerosité, puisqu'elle multiplie par 15 le risque de suicide. Mais celle-ci est également caractérisée par l'efficacité de ses traitements, préventifs ou curatifs, qu'ils soient médicamenteux, par stimulation cérébrale ou par des approches psycho-éducatives. Ainsi, l'espérance de vie d'un bipolaire, correctement pris en charge et suivi, est comparable à celle d'un sujet sain.

«Le déni de ­certains médecins ­universitaires pose problème»

Dr Elie Hantouche

Ces prospectives positives incitent notamment l'association Bicycle à mettre les projecteurs sur la «bipolarité juvénile». Dédiée aux parents dont un enfant souffre d'un trouble de l'humeur, l'association préconise une prise en charge dès l'âge de deux ans. «Cinq enquêtes mondiales montrent qu'un tiers des troubles bipolaires les plus typiques commencent avant 15 ans, déclarait récemment le Dr Elie Hantouche, directeur du Centre des troubles anxieux et de l'humeur à Paris, très proche de l'association. Quant aux cyclothymiques, c'est 100% avant 15 ans. Et le déni de certains médecins universitaires pose problème car plus ces troubles commencent tôt, plus ils risquent d'être sévères. Si elle n'est pas dépistée à temps, cette bipolarité peut bousiller l'adolescence, les diplômes, accroître les handicaps.»

Les troubles bipolaires, comme de nombreuses maladies mentales, sont aujourd'hui envisagés à partir d'une incapacité à contenir les émotions. Le grand professeur de psychiatrie Philippe Jeammet, lui-même, note «une révision de notre compréhension des troubles mentaux».

Dans son dernier ouvrage, il avance: «La folie est l'expression des dérèglements des informations reçues par le cerveau et de la gestion des émotions qui leur sont liées. Colère, humiliation, tristesse… l'imagerie cérébrale donne à voir comment elles activent le cerveau, indépendamment de notre volonté. Mais notre capacité réflexive nous ouvre aussi la possibilité de choisir ce que l'on va en faire.»

Dépister nos débordements

Et pour favoriser cette prise de recul, qui devient synonyme de prévention, voire de guérison, chacun doit se frayer son chemin, entre molécules médicamenteuses et thérapies de l'âme. Régis Blain, qui l'a fait pour lui-même, nomme cette approche globale «créer soi-même son environnement»: «Il faut débusquer ce qui, dans notre contexte quotidien, nous rend plus vulnérables aux émotions destructrices», résume-t-il. Une recommandation à méditer, que l'on soit hypersensible, cyclothymique, bipolaire… ou même simplement humain.

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LE «HIGH» DE LA PAROLE

«Une incroyable maîtrise du langage.» «Les mots les plus justes étaient là, disponibles. Je n'avais plus besoin de réfléchir.» «Je me sens assez fort pour convaincre n'importe qui de n'importe quoi…» Explorant la tendance à la logorrhée, ce flux ininterrompu de paroles observé chez les bipolaires en phase d'hypomanie, le psychanalyste britannique Darian Leader note que de nombreux témoignages font part d'un intense plaisir verbal. La personne maniaque se montre soudain capable de blagues, jeux de mots, réparties instantanées qui, le plus souvent, font défaut dans la vie sociale. «On peut aller jusqu'à y voir la source de l'exaltation bien connue de la personne maniaque», écrit le psychanalyste. On ne s'étonnera donc pas de trouver de nombreux acteurs, comiques ou chanteurs (Vivien Leigh, Jim Carrey, Nina Simone…) dans les rangs des bipolaires, particu-lièrement pris par le besoin de «parler à quelqu'un». Une intense attirance vers l'autre.

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ULYSSE ..............

Et si Ulysse avait encore des choses à nous dire.

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Dans une interview fictive, le héros de L'Odyssée d'Homère se confie au Figaro Magazine.

La mort se refuse à lui depuis trente-deux siècles puisqu'il n'a jamais été aussi vivant que cet été. Héros du nouveau livre à succès de Sylvain Tesson, ses exploits sont relatés en détail dans Le Figaro Histoire . De sa chère Ithaque, il observe avec ironie le fracas de notre époque (sa déliquescence, sa violence) et avec satisfaction la résurgence (parfois) de valeurs ou de qualités qui lui sont chères: la bravoure, la fidélité, la ruse, la patience.

LE FIGARO MAGAZINE-. Vous revenez de voyage?

ULYSSE-. Oui, mais j'en suis moins heureux que certains poètes en mal de notoriété le prétendent.

Pourquoi?

Il a fait un temps exécrable, avec des vents d'une puissance inédite et des courants menaçant sans cesse de me jeter contre des rochers ou dans des gouffres. J'ai perdu de nombreux compagnons dans les tempêtes et j'ai dû me nourrir de plantes aux effets désastreux sur l'organisme.

Pourtant, la Méditerranée est réputée plutôt calme.

Oui, je me demande donc si je ne me suis pas retrouvé en fait dans l'Atlantique Nord ou dans la Manche…

Cela expliquerait que vous ayez mis dix ans à boucler votre périple?

Pour être honnête, j'ai aussi fait des rencontres.

Agréables?

Pas toujours. Je suis plus souvent tombé sur des brutes et des sauvages sans justice que sur des hommes hospitaliers. J'ai aussi croisé une magicienne avec qui j'ai dû batailler pour qu'elle me laisse repartir de chez elle. Il faut dire que mes compagnons se comportaient sur son île comme des porcs.

On dit aussi que vous avez succombé, comme Antoine et Marlon Brando, aux charmes des femmes des îles…

J'avoue. Elle s'appelait Calypso et ses belles boucles, comme ses promesses d'amour éternel, m'ont envoûté.

Mais le désir de revoir votre femme a été le plus fort…

Oui, si l'on veut.

- Crédits photo : Le Figaro Magazine

«Je suis frappé par la ressemblance du monde contemporain avec le mien»

Savez-vous que votre réputation a traversé les frontières et les siècles?

Restons modestes: c'est moins avec moi qu'avec Homère que les écrivains voyageurs du XXIe siècle comme Sylvain Tesson invitent leurs lecteurs à passer leur été. De même que les enfants cultivés des siècles passés se rêvaient plus en Achille qu'en Ulysse.

En quoi le monde contemporain vous étonne-t-il?

Par sa ressemblance avec le mien. Je pense à ces dieux et à ces déesses qui apparaissent et disparaissent comme Hermès ou Athéna de mon temps. Il y a dix jours, à Lourdes, les gens ne parlaient que de l'apparition de l'une d'entre elles, justement.

L'événement qui vous a marqué cet été?

Les incendies en Grèce. On aurait dit Troie après le passage de nos armées!

Votre texte préféré?

Le Bateau ivre, de Rimbaud.

Votre devise?

«Rien ne vaut la vie, pas même les biens qu'on raconte s'être entassés jadis dans Troie, dans la ville opulente

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