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..GLOSSAIRE du site cousin ....dedefensa.org :

 

Comme l’écrit Crouzet à propos de Stendhal :

 

«…le point où la pensée métaphysique se réifie et s’abolit dans la pensée de la technique qui occupe et ferme tout l’horizon.»

 

Le temps historique devient nécessairement métahistorique, en haussant les conditions de l’affrontement qu’il abrite aux niveaux les plus extrêmes ; pour lutter contre l’agression du plus bas qu’est le “déchaînement de la Matière”, le plus haut concevable se met en place et l’histoire devient une métaphysique (ou métahistoire).

C’est-à-dire que nous ne pouvons concevoir le concept du “déchaînement de la Matière” que d’un point de vue métaphysique ; la Matière, bientôt créatrice du Système pour opérationnaliser son action, se découvrant alors elle-même, d’une façon totalitaire, comme n’étant rien en elle-même et n’ayant pour justification d’être que l’exercice de la pure opérationnalité du Mal. Elle est le Mal (elle n’est que parce qu’elle est le Mal).

Notre appréciation historique, nécessairement métahistorique, se simplifie alors d’une façon décisive, marquée notamment par notre proposition de dater de 1776-1825 la création d’une “seconde civilisation occidentale”, ou “contre-civilisation” pour caractériser son but évident sinon explicite. Le “déchaînement de la Matière” est une sorte de putsch, de prise du pouvoir par le Mal.

 

Il ouvre l’ultime période de ce temps historique devenue métahistorique. Nous sommes en train de régler les comptes.

 

 

 

 

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05 novembre 2012 – Ce qui est connu dans notre “Glossaire” sous l’expression de “déchaînement de la Matière” est un événement conceptuel, symbolique et même métaphysique, fondamental dans notre vision métahistorique qui donne la base de notre appréciation des évènements actuels et courants. (En commençant à utiliser de façon régulière et substantive cette expression, autour de 2009, – notre moteur de recherche identifie l’expression pour la première fois sur le site le 27 octobre 2009, – nous utilisions le mot “matière” avec une minuscule. Depuis, nous avons choisi d’en faire un usage majusculé, signe que le concept est devenu pour nous, à la fois fondateur et métaphysique.)

Il s’agit d’un événement métahistorique précisément daté : “1776-1825”… L’année 1776, on le comprend aisément, c’est celle où Jefferson rédigea la Déclaration d’Indépendance de l’Amérique, marquant ainsi formellement le processus menant à la fondation des États-Unis d’Amérique. La date de 1825 est plus énigmatique et doit être explicitée : 1825, c’est l’année où Stendhal découvre avec horreur ce qui va devenir, pour nous, le fondement de l’expression “le parti de l’industrie”, désignant dans sa réelle constitution le “parti libéral” ou “parti du Progrès”, dont il était jusqu’alors plus ou moins et qu’il va quitter avec horreur. Dans son Stendhal et l’Amérique (Fallois, 2008), Michel Crouzet expose rapidement la genèse de l’affaire qui prend pour nous allure de symbole en s’inscrivant comme le facteur principal du développement du système du technologisme.

«Les sophismes des industrialistes, qui viennent demander à être admirés et félicités pour leurs millions, et “cet animal de Dunoyer” qui leur donne raison en utilisant l’Amérique, ont amusé et indigné Stendhal et lui ont aussi révélé un très riche gisement de grotesque ; il a cru que son pamphlet (c’est “la comédie de l’époque”, dit-il au même moment), en ridiculisant l’idéologie industrialiste et les industriels, allait trouver, comme ‘Racine et Shakespeare’, comme les textes de Courrier (qui vient d’être assassiné), un large consensus. Grave erreur : il s’oppose au credo fondamental de l’époque. Saint-Simon a eu le coup de génie de voir que l’industrie considérée d’un point de vue historial était l’achèvement des Lumières, ou si l’on veut un langage plus moderne, le point où la pensée métaphysique se réifie et s’abolit dans la pensée de la technique qui occupe et ferme tout l’horizon. “Les Lumières, c’est désormais l’industrie”, a indiqué brillamment H. Gouhier.»

Entre les deux évènements que nous allons présenter plus précisément selon cette conception qui offre l’idée du “déchaînement de la Matière”, on trouve bien entendu la Révolution française qui sera elle aussi appréciée selon la même perspective… Ainsi, ce sont “trois Révolutions” qui forment l’événement fondamental de notre “déchaînement de la Matière” : La révolution américaniste (plutôt qu’“américaine”, certes), la Révolution française, la révolution du choix de la thermodynamique (ce que nous symbolisons par le titre du livre d’Alain Gras, Le choix du feu) : en 1776 commence la révolution américaniste, en 1825 la révolution du choix de la thermodynamique est intégrée dans le développement conceptuel et idéologique avec le baptême du parti libéral et progressiste en “parti de l’industrie”. Le “déchaînement de la Matière” est en route.

(On trouve de nombreuses précisions, analyses et conceptions de cet événement dans La grâce de l’Histoire. On peut aller d’ores et déjà à la première Partie du Premier Livre, De Iéna à Verdun, mis en ligne le 25 janvier 2010. Sur une vision extérieure de ce concept de “déchaînement de la Matière”, on peut lire avec grand profit l’analyse de monsieur Hédi Doukhar, notamment sur ce site le 7 juillet 2012.)

Verdun et la “contre-civilisation”

Pour nous, l’idée du “déchaînement de la Matière” est née et s’est formée à Verdun, lors d’une première visite sur le champ de bataille en novembre 2006, puis lors d’autres visites qui suivirent, qui eurent pour objet de rassembler des impressions, de la documentation formelle et intuitive, etc., sur la bataille, pour ensuite participer à l’élaboration d’un livre mélangeant des écrits et des photographies du champ de bataille de Verdun, Les Âmes de Verdun. On trouve sur ce site nombre de textes explicitant, à la fois les conditions de l’“intuition haute” conduisant à notre interprétation de la bataille de Verdun comme une manifestation du “déchaînement de la Matière”, à la fois une explication détaillée de cette interprétation. Pour nous, il ne fait aucun doute que cette place importante que prend Verdun, les visites que nous avons rendues au champ commémoré de cette bataille, les fortes impressions éprouvées, etc., font partie d’un ensemble qui est éclairé par une intuition haute, qui mériterait de rester pour nous, dans notre cœur, dans notre âme et dans notre esprit, l’“intuition de Verdun”.

On peut, en quelques mots pour rassembler toutes ces réflexions, expliciter la cohérence de la structure historique née de cette perception intuitive. Nous dirions que, par ses conditions stratégiques et technologiques, mais aussi et surtout par sa puissance psychologique et son monumental aspect symbolique, la bataille de Verdun est un paroxysme de l’affrontement entre “la matière déchaînée” (l’acier et le feu de l’artillerie rassemblée pour écraser toute résistance humaine) et la résistance humaine. Le caractère remarquable de Verdun est que, d’une part l’on peut parfaitement distinguer les deux aspects de l’attaque de la matière et de la résistance humaine, et donc isoler et évaluer le phénomène de l’application du principe du “déchaînement de la Matière” ; et que, d’autre part, dans une “histoire fermée” qu’est cette bataille qui se suffit à elle-même, on observe que la résistance humaine peut être un fait majeur, qui identifie d’autant plus le “déchaînement de la Matière” pour ce qu’il est, et montre que la résistance peut le vaincre. (Accueillant Pétain à l’Académie Française en 1931, Paul Valéry observait : «Mais Verdun, c’est bien plutôt une guerre toute entière, insérée dans la grande guerre, qu’une bataille au sens ordinaire du mot. Verdun fut autre chose encore. Verdun, ce fut aussi une manière de duel devant l’univers, une lutte singulière, et presque symbolique, en champ clos…») En ce sens de son extrême singularité qui sort la bataille du récit tactique et stratégique de la guerre, Verdun constitue un raccourci saisissant, une sorte d’archétype symbolique et puissant, à la fois de la thèse du “déchaînement de la Matière”, à la fois de l’imbrication de cette thèse dans l’Histoire, à la fois de la défaite possible ou de la victoire conditionnelle (“à la Pyrrhus”) de ce “déchaînement de la Matière” dans un événement qui devient alors métahistorique. C’est paradoxalement grâce à Verdun, bataille en-dehors de la guerre et qui forme une guerre à elle seule, que l’on peut parler du concept unificateur de Grande Guerre dans le sens de quelque chose au-dessus du reste, à propos de la Première Guerre mondiale.

A partir de toutes ces idées rassemblées intuitivement à Verdun, et grâce à Verdun, nous avons pu effectivement élaborer une nouvelle conception de notre histoire récente (à partir de la Renaissance). L’histoire conventionnelle de la “science historique” de caractère académique (et de caractère-Système, puisque cette convention revient à épouser le Système) devient métahistoire ; la continuité de notre “civilisation” avec la marche vers la modernité (et le Progrès, annexé pour la cause) devient une discontinuité brutale, avec cette brutalité comme caractère essentiel ; elle est rompue par un accident colossal, qui s’avère en réalité un tournant métahistorique fondamental engendrant une “deuxième civilisation occidentale”, ou “contre-civilisation”, effectivement à partir de la rupture 1776-1825.

Les “trois Révolutions”

A partir de l’“intuition de Verdun”, nous avons effectivement réinterprété les évènements fondamentaux déjà mentionnés, pour les rassembler en un seul événement exprimant historiquement ce phénomène métahistorique de “déchaînement de la Matière”. Dès cet instant, dans notre esprit, les “trois Révolutions” ne firent plus qu’une…

Nous les envisageons chronologiquement sans que cet ordre ne dise rien, ni d’une hiérarchie de l’importance des évènements, ni d’une hiérarchie des domaines affectés par ces évènements. (Il s’agit plus, ici, de mentionner l’importance et le sens de ces évènements dans le cadre de l’événement du “déchaînement de la Matière”, que d’expliciter et de justifier cette importance et ce sens selon notre appréciation. Cela nous entraînerait beaucoup trop loin et déformerait le sujet ; une telle démarche ferait [fera] plutôt l’objet des articles consacrés à ces trois sujets dans le cadre de ce Glossaire.dde.)

Surtout, nous envisageons ces “trois Révolutions” selon la doctrine du globalisme stricto sensu, savoir que le tout est supérieur à l’addition des composants de ce tout, dans une mesure telle qu’on peut même parler d’une différence de nature  ; et, pour notre propos, nous parlons d’un “supérieur” bien plutôt dans le sens quantitatif que dans un sens qualitatif qui impliquerait nécessairement que cette nature différente fût quelque chose de qualitativement “plus haut”. C’est pourquoi l’on envisagera de poser pour acquis qu’il y a, à partir des “trois Révolutions”, un événement différent en nature de ces trois évènements, un événement qui n’est contenu par aucun des trois et en aucune façon ne peut être réduit à aucun des trois ni même à la somme simplement additionnée des trois. L’on peut désigner cet événement comme le “déchaînement de la Matière”.

• La “révolution américaniste”

Disons bien “révolution américaniste”, et nullement Révolution américaine. Ce qui est créé en 1776-1788, c’est le socle d’une puissance, d’un monstre à la dimension d’un continent dont le premier but, qu’on désignerait comme un but conjoncturel du point de vue métahistorique, est d’assurer la pérennité de son oligarchie de possédants qui en est la fondatrice, ou des influences directes de ces fondateurs, grâce à un système économique (capitaliste) protégé des exigences du bien public et entièrement tourné vers le profit. Mais à côté de cela, des caractères extraordinaires se mettent en place, au premier chef, presque innocemment dirions-nous, pour contrôler la sûreté et le développement de cette nouvelle puissance. Ces deux objectifs constituent, involontairement par rapport à l’usage qu’en fera le déchaînement de la Matière, la matrice des systèmes de la communication (contrôle de la sûreté) et du technologisme (contrôle du développement). Il s’agit là, du point de vue métahistorique, du but structurel de la fondation des USA.

Sans assise structurelle historique ni traditionnelle, les USA constituent effectivement un centre d’une puissance déstructurante correspondant parfaitement à la dynamique du déchaînement de la Matière. Son existence va être complètement perçue autour d’un flux puissant de communication, producteur de narratives adéquates. La principale de ces narratives est l’American Dream, engendrant des narratives secondaires comme l’idée du bonheur, l’idée de la démocratie, et ainsi de suite. L’objectif de ce système est une extraction complète de la perception de la psychologie, de la vérité du monde au profit d’une construction virtualiste totalitaire, ce qui est parfaitement le cas des USA. Ce nécessaire développement d’un très puissant système de communication débouche, à mesure du développement de capacités de création virtualiste remplaçant les capacités d’interprétation virtualiste, sur le système de la communication qui est l’un des deux systèmes opérationnels actuels du Système général.

Le second est le système du technologisme, qui va parallèlement se développer aux USA. Il implique d’écarter toute dimension historique et traditionnelle dans la manufacture de l’outil du développement économique, d’instaurer par conséquent une sorte de tabula rasa de la vérité du monde qui sera installée dans la matière même du monde, dans le rien qu’est la matière du monde, pour mettre en place de nouvelles conditions d’exploitation du monde. La technologie est le développement de la puissance mécanique seule, hors de toutes considérations pour les exigences de la nature du monde. Cette puissance mécanique a pour objectif automatique la puissance absolue de la matière, qu’elle semblerait pouvoir n’atteindre, en vérité et logiquement, que dans négativité, dans la capacité de destruction (arme nucléaire).

Le caractère si complètement intégré au Système de la “Grande République” (les USA) est si avéré, si au-delà de tout argument sérieux, que l’on ne peut qu’adhérer complètement à l’hypothèse selon laquelle les USA sont une partie intégrante du Système comme un fils d’une mère, par conséquent qu’ils n’ont jamais été vraiment contrôlés par les sapiens parce que ne disposant d’aucune souveraineté qui lui soit propre et permettant effectivement que s’y attache un contrôle légitime. Que des hommes de bonne volonté et de bonne foi, sans le moindre doute, continuent à faire l’éloge et le dithyrambe des USA, aux USA même mais aussi hors des USA, n’est rien de moins que le témoignage de l’extrême perversion à laquelle sont soumises les psychologies, rendues par ailleurs extrêmement fragiles par les conditions ayant abouti au “déchaînement de la Matière”.

• La Révolution française

Nous avons symboliquement défini la Révolution française par une expression employée le 21 août 1792 pour caractériser la décision de laisser à demeure l’artefact le plus symboliquement représentatif de l’événement : «la guillotine permanente». (Voir La grâce de l’Histoire, le 2 décembre 2010.) (“A demeure”, c’est-à-dire principalement “place de la Révolution”, actuelle place de la Concorde, où eurent lieu le plus d’exécutions [1.119 personnes] sur la plus longue période de temps [11 mois]. Mais d’autres places accueillirent, avant et après, cet instrument typiquement révolutionnaire.)

«[…C]e soir-là, le nommé Collenot d’Angremont, citoyen-félon, fut guillotiné pour l’argument de ses opinions politiques encore plus que pour son nom. Sanson, l’opérateur de la chose, qu’on avait sorti de la prison où on le tenait de crainte que la contre-révolution ne l’emportât et ne s’adjoignît ses services avisés, s’apprêtait à démonter son engin lorsque Manuel, procureur de Paris, lui ordonna de le laisser en place... “Citoyen Sanson, lui dit-il sans doute, laisse donc en place cet instrument sacré, car demain nous aurons encore notre cargaison de putains contre-révolutionnaires et de traîtres à la patrie, laisse donc ta guillotine en place…” Et Manuel, procureur de Paris, emporté par l’alliance de l’éloquence et de l’évidence, – c’est ce que je suppose, moi-même dans l’emportement de la chose, – proclama ouverte l’ère de « la guillotine permanente ». Ainsi la Révolution fut-elle portée sur ses fonds baptismaux.»

En effet, dans cet arrangement que nous proposons pour définir le “déchaînement de la Matière”, la Révolution française est là pour trancher. Elle est là pour rompre le nœud gordien qui lie la Révolution elle-même à l’histoire du monde, – à tout ce qui a précédé, à tout ce qui fait sa mémoire, donc à tout ce qui fait que l’histoire est l’histoire, et qu’elle peut devenir Histoire au sens métaphysique. Du point de vue de la Matière, la Révolution a la tâche fondamentale d’imposer avec la plus extrême brutalité un tabula rasa à tout ce qui faisait la richesse de la Tradition qui est la source de la vérité du monde. En ce sens, elle est le complément de la “révolution américaniste” en détruisant la vérité du monde (l’Ancien Monde, dans le jargon du Système) pour permettre à ce que la “vérité virtualiste” du Nouveau Monde (l’Amérique) se répande plus aisément. Son objectif principal est la psychologie, et l’on peut avancer que, tout autant que la peau du cou et le cou lui-même, ce que tranche la guillotine c’est d’abord la psychologie qui est l’outil du lien entre l’extérieur, entre la vérité du monde, et l’esprit du sapiens.

Il revient donc à dire que, dans le chef de la psychologie, la Révolution française assassine l’histoire du monde, c’est-à-dire la mémoire et les liens avec la Tradition, aussi efficacement que «la guillotine permanente» tranche les têtes, singulièrement celle de Louis XVI. (On verra plus loin l’envers de la médaille de cet acte de rupture, et ce en quoi nous sommes complètement maistrien.) On comprend alors combien le rôle de la Révolution est central dans l’épisode du “déchaînement de la Matière”, en préparant le terrain, en le retournant, en en faisant le chaos d’une terre historique arrosée du sang de la mémoire et de la psychologie assassinées, autant qu’en semant sur ce champ ainsi purifié les graines de la “contre-civilisation”. La Révolution est un choc, un terrible coup porté à l’orientation de l’histoire, pour permettre un complet changement de cap ; ainsi porte-t-elle à son sommet l’ambiguïté de la “Grande Nation” qu’est la France, effectivement capable du pire comme du meilleur, et dans l’âme et dans l’esprit de laquelle s’affrontent le pire et le meilleur. (Car c’est la même France qui a fait la Révolution, qui résiste comme elle le fait, en 1916, à Verdun, au “déchaînement de la Matière” dans la production duquel elle a tant de culpabilité.)

• La “révolution du choix de la thermodynamique”

Employant l’expression de “révolution du choix de la thermodynamique”, nous ne désignons pas un événement historique précis mais une dynamique, une succession de choix conjoncturels, essentiellement faits en Angleterre, le tout aboutissant à une révolution industrielle et manufacturière de rupture, appuyée sur le “choix de la thermodynamique”. Ici, nous pouvons citer des extraits du passage de la Grâce de l’Histoire se rapportant à l’événement, qui présentent parfaitement ce qu’est cet événement selon notre perception… (Voir le 25 janvier 2010.)

«…Chaunu fait allusion aux “progrès” décisifs accomplis en Angleterre pendant la période de temps influencée directement par la Révolution, – disons entre 1780 et 1820, – dans le domaine du développement des techniques et du machinisme. C’est pendant cette période que s’est forgée la matrice technique du progrès industriel de l’époque moderne ; c’est pendant cette période que le choix est fait de la thermodynamique pour la production d’énergie et le développement de la machine qui va servir de fondement à notre ère technologique. Dans ‘Le choix du feu’, le philosophe des techniques Alain Gras montre combien ce choix n’était nullement inéluctable, combien le hasard et l’inconséquence y ont leur place, alors que les conséquences sont terribles au-delà de la description courante puisqu’elles conduisent effectivement à une dévastation de l’environnement à partir du processus de combustion. Le choix, montre-t-il encore, aurait aussi bien pu se faire de l’hydrodynamique comme producteur principal d’énergie, dans des conditions radicalement différentes pour la sauvegarde de l’environnement et pour le modèle de référence du développement, ou de ce que nous nommons plus généralement “progrès”. On ajoutera, pour compléter le propos, ceci que tout honnête homme devrait savoir, que les conceptions économiques et financières développées en Angleterre à partir de la deuxième Révolution (anglaise), aboutirent, notamment en notre temps, à une dynamique révolutionnaire, celle qui dévaste présentement le monde sous le nom de “globalisation”, dans l’esprit et dans la dynamique déstructurante si proches de la première Révolution (française). Cette progression modifie les jugements fondamentaux à mesure que l’on avance dans le temps, que l’on apprécie les effets de cette seconde “révolution” même si l’on en élargit le cadre au-delà de celui que nous lui donnons ici, effectivement pour aboutir à des appréciations radicales : “La Révolution industrielle fut simplement le début d’une révolution aussi extrême et aussi radicale que toutes celles qui avaient jamais enflammé l’esprit des sectaires…” […]

»…A ce point du récit, il est nécessaire d’introduire dans la réflexion, pour l’enrichir et l’élever, une hypothèse qu’on doit considérer comme d’une importance fondamentale. […] Ce choix du feu de l’Angleterre, qui se fait au fond, comme on dirait, sans réelle intention de nuire, c’est-à-dire sans mesurer la diabolique perversité du choix, doit être placé dans le cadre bouleversant et universel qui est le sien. Ce choix ouvre l’ère géologique nouvelle de l’anthropocène, proposée dans les années 1990 comme étape nouvelle de l’évolution géologique, notamment selon le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen et le professeur de biologie Eugene F. Stoermer. Cette proposition de classement géologique est méthodologiquement révolutionnaire dans la mesure où elle se détache d’une proposition géologique normale où la référence est l’évolution naturelle, pour prendre comme référence quasiment exclusive l’activité humaine ; c’est en effet cette activité qui, par l’utilisation par combustion à partir du choix du feu de différentes matières organiques fossiles, par ses effets sur l’environnement, l’équilibre naturel, la composition et les variations de l’atmosphère et du climat, provoque des changements suffisants pour qu’on propose de marquer qu’il s’agit d’une nouvelle ère géologique. Certains scientifiques contestent cette classification selon le constat qu’ils font que les effets de l’activité de l’homme sur l’environnement sont beaucoup plus anciens. L’appréciation est honorable et argumentée, quoique d’une façon bien pointilleuse et sur le détail ; on songe parfois que la science gagnerait à se justifier de ses orientations fondamentales plutôt que s’ébrouer délicieusement dans les détails des détails pour entretenir l’illusion de sa rigueur ; quoi qu’il en soit, la réserve ne nous concerne pas. Nous tenons, nous, la proposition d’une nouvelle ère “anthropocène” comme singulièrement attractive, singulièrement justifiée précisément pour notre propos, pour la vision métahistorique qui nous importe. Elle impose sa vision transcendantale, par ses rapports avec le choix du feu (évidents par ailleurs pour Crutzen-Stoermer pour le phénomène environnemental). Dans le contexte général de notre hypothèse métahistorique, le caractère puissant, évident, et justement apprécié des phénomènes fondamentaux du monde au moment historique où l’action humaine prétend usurper le cours de la nature est en soi une justification de la vision de l’anthropocène. Pour faire bref et irréfutable, la rencontre entre les deux Révolutions et les débuts de l’anthropocène force le jugement par la puissance de l’évidence et emporte la conviction. (Je vois un signe inattendu et presque foudroyant, comme un éclair puissant qui illumine l’obscurité, dans ceci que le qualificatif correspondant à anthropocène soit “anthropique”, qui est une homonymie d’“entropique”, dont on connaît le sens ; ce qualificatif caractérisant, presque comme une accusation sans appel, et de la façon qui importe, qui va au cœur du propos, une “ère géologique” qui voit l’intrusion de l’imposture et de l’infamie humaines dans la marche du monde, pour imposer effectivement son dessein anthropique et entropique.)»

Intégration des “trois Révolutions”

Les “trois Révolutions” pourraient, si l’on veut, représenter les acteurs du jeu si ancien, dit “Pierre-feuille-ciseaux”, mais sans aucune rivalité entre eux, au contraire dans un esprit de complète complémentarité, temporairement ou substantiellement c’est selon, pour le but ultime de la conquête (de l’époque, de la Civilisation, du Temps, du Monde). La “révolution américaniste”, par son activation des outils sophistiqués du “déchaînement de la Matière”, est représentée par la feuille qui entoure, étouffe, étrangle, trompe et convainc ; la “Révolution française” représente les ciseaux qui tranchent, et ainsi effectue-t-elle la percée du choc en installant le métal tranchant et la dynamique révolutionnaire sur le théâtre du monde ; la “révolution du choix de la thermodynamique” est représentée par la pierre, qui symbolise les matériaux fondamentaux, l’univers ainsi offert au sein duquel va se jouer le drame. Il s’agit de la ruse faussaire qui trompe son monde ; de la force du choc qui brise son monde ; de la lourdeur inaltérable chargée des flammes des entrailles du monde, qui offre son monde nouveau.

Les trois éléments forment un tripode qui semble détenir la formule parfaite de la maîtrise du monde. Il y a une graduation effectivement parfaite, d’une perfection qu’on se permettra de juger d’une origine douteuse ou bien incroyable, entre le choc qui ébranle l’âme dans ses tréfonds, la saisine de l’âme après le choc, l’exposition de l’âme à un environnement de fer et de feu que cette âme ne peut faire autrement qu’accepter. Cela conduit ladite âme à accepter d’emblée l’ensemble de la narrative du “déchaînement de la Matière”, sans plus s’en formaliser ; et même, certes, en lui trouvant toutes sortes de vertus, comme autant de lampions de la fête (les Lumières du XVIIIème devenues les ampoules zélées du “parti de l’électricité”).

Ainsi l’addition des trois éléments composant le “déchaînement de la Matière” aboutit à bien plus que la somme, d’ailleurs disparate dans ce cas, de ces trois éléments. Le “déchaînement de la Matière”, c’est bien plus qu’une somme, c’est quelque chose d’entièrement nouveau, qui semblerait n’avoir plus rien de commun avec ce qui a précédé, y compris les composants. L’intégration même des trois éléments qui composent le tout, qui est le “déchaînement de la Matière”, est déjà une rupture avant d’être déchaînement, et une rupture de chacun avec ce qui le précéda ; et le tout va devenir déchaînement, bien entendu, parce qu’il est déjà rupture… Une fois faite, l’Amérique entre dans le monde de la narrative et n’a plus rien à voir avec elle-même, comme si elle n’avait jamais été elle-même, ce qui rejoint le cas du constat de l’évidence ; une fois portée aux nues, la Révolution française s’efface et disparaît, comme Robespierre et ses amis, siphonnés par la guillotine, et l’on peut alors entreprendre de tenter de vous convaincre qu’après tout, la Terreur n’est pas si mauvaise fille que cela, selon une narrative qui a gardé toute sa dynamique ; quant au choix de la thermodynamique, qui s’y intéresse vraiment, notamment dans ses conséquences de destruction de monde, puisqu’il s’agit désormais, ou sous peu, de la “fée Électricité”, enfantée par le “parti de l’Industrie” pour éclairer notre avenir radieux ?

Ainsi les trois éléments sont-ils devenus, chacun, le “rien d’eux-mêmes. Ainsi le “déchaînement de la Matière” est-il, malgré sa puissance, son rythme, son souffle de forge de l’immense usine du monde, lui-même, par sa négativité évidente, sa bassesse qui ne l’est pas moins, un immense “rien”, – quelque chose, – retenons bien le mot, – qui n’est pas vrai. Ce qui nous conduit à la métaphysique, toujours avec le comte Joseph (les soulignés sont de lui) : «Le mal n’a rien de commun avec l’existence ; il ne peut créer puisque sa force est purement négative : Le mal est le schisme de l’être : il n’est pas vrai.»

La dimension métahistorique (métaphysique)

Nous revenons ici à la Révolution française, en nous référant à notre parenthèse (“…ce en quoi nous sommes complètement maistrien”). Dans une position d’ambiguïté qui renvoie précisément au conflit entre l’essence et ce qui serait une “contre-essence” de la nation française dans cet instant de sa propre histoire, la Révolution française crée, en détruisant l’histoire, des conditions où cette même histoire ainsi sacrifiée et d’ailleurs à bout de souffle elle-même donne nécessairement naissance à l’Histoire, ou métahistoire. (Bien entendu, ce processus est complètement involontaire, de la part de la Révolution française.) En ce sens, nous sommes complètement maistrien, selon l’observation de Joseph de Maistre lorsqu’il parle de l’intervention de la Providence, se manifestant soudain directement durant l’“époque” en soi qu’est la Révolution : «Sans doute, la Providence n’a pas besoin de punir pour justifier ses voies ; mais, à cette époque, elle se met à notre portée, et punit comme un tribunal humain.»

En d’autres termes, en intervenant avec toute sa puissance et toute sa brutalité, le “déchaînement de la Matière” crée les conditions d’un changement décisif. Il met les choses au net et nous dit : “Voici donc l’ultime bataille qui commence, et l’on sait, ou l’on saura, qui est avec qui, et l’on ce comptera car l’on saura précisément ce qu’est le Mal, quelle entité représente le Mal”. Jusqu’alors, la métaphysique pouvait être séparée de l’histoire, parce que les conditions historiques le permettaient ; le “déchaînement de la Matière” conduit à une nouvelle nécessité, qui est celle d’intégrer la métaphysique à l’histoire, d’une façon directe et “opérationnelle”, comme la Providence elle-même pour le comte Joseph. Le “déchaînement de la Matière” conduit à cette nouvelle nécessité d’intégrer la métaphysique à l’histoire pour sauver l'histoire et la métaphysique, parce que l’évolution décrite a conduit à la destruction de la métaphysique telle qu’elle était anciennement, dans les conditions qui était siennes jusqu’alors, et que l'histoire sans métaphysique n'est rien. (Comme l’écrit Crouzet à propos de Stendhal : «…le point où la pensée métaphysique se réifie et s’abolit dans la pensée de la technique qui occupe et ferme tout l’horizon.»)

Le temps historique devient nécessairement métahistorique, en haussant les conditions de l’affrontement qu’il abrite aux niveaux les plus extrêmes ; pour lutter contre l’agression du plus bas qu’est le “déchaînement de la Matière”, le plus haut concevable se met en place et l’histoire devient une métaphysique (ou métahistoire). C’est-à-dire que nous ne pouvons concevoir le concept du “déchaînement de la Matière” que d’un point de vue métaphysique ; la Matière, bientôt créatrice du Système pour opérationnaliser son action, se découvrant alors elle-même, d’une façon totalitaire, comme n’étant rien en elle-même et n’ayant pour justification d’être que l’exercice de la pure opérationnalité du Mal. Elle est le Mal (elle n’est que parce qu’elle est le Mal).

Notre appréciation historique, nécessairement métahistorique, se simplifie alors d’une façon décisive, marquée notamment par notre proposition de dater de 1776-1825 la création d’une “seconde civilisation occidentale”, ou “contre-civilisation” pour caractériser son but évident sinon explicite. Le “déchaînement de la Matière” est une sorte de putsch, de prise du pouvoir par le Mal. Il ouvre l’ultime période de ce temps historique devenue métahistorique. Nous sommes en train de régler les comptes.

 

 

 

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................Le doute devient dès lors une référence absolue (il devient le “doute-qui-a-déjà-tranché”) mais absolument constructive puisqu’il s’adresse à tout ce qui est nécessairement faussaire ; y compris et plus précisément encore, plus violemment, puisqu’il s’adresse à ceux qui, au nom du “doute cartésien” conçu comme une des matrices de la modernité et complètement déformé à leur avantage, prétendent avoir reconstruit avec leur propre doute une réalité dont nul ne peut plus douter aujourd’hui, et leur “police de l’esprit” y veille ... Le doute n’est plus un instrument de mise en cause de la réalité dont nous savons qu’elle n’est plus que subterfuge, mais bien l’instrument opérationnel de l’activité de la raison non-subvertie pour libérer, protéger et reconstruire l’esprit..........

.......Nous parlons de la subversion complète de l’“objectivité”, et de “crimes” plus que de “mensonges” dans le chef de la communication du Système, pour ne parler en riposte que de la “Vérité”.)

Il ne fait aucun doute à nos yeux, – si l’on ose dire, – que ce processus représente une véritable entreprise réussie de destruction du concept de la réalité, par conséquent une révolution cognitive qui ne peut avoir aucun  précédent par définition puisqu’avant d’être détruite la réalité existait. Ainsi 9/11  ( ....VIDEO.Donald Trump, le 11 septembre 2001 (Channel 9) ....)...et tout ce qui l’accompagne, et notamment l’installation sur le trône de la puissance suprême du système de la communication, représentent une révolution également sans précédent, échappant complètement aux domaines de la politique, de la stratégie, de la géopolitique, de la culture, etc., pour rejoindre le domaine de l’essence même du monde qui est ainsi modifiée.............

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.......• La démarche de recherche d’une vérité-de-situation implique que, chargé de l’écrasante puissance du concept absolu (Vérité) qu’il entend solliciter, le missionnaire-sapiens doit être aux aguets, enquêter, saisir un instant d’une situation, judicieusement, et le passer au filtre puissant de l’intuition haute qui, seule, déterminera s’il est bien une manifestation (nécessairement partielle) de la Vérité. C’est un travail de tous les instants, sans aucune certitude ni références par définition, – une sorte d’“aventure individuelle permanente” si l’on veut, avec tous les risques que l’on peut imaginer, et cela dans le paysage chaotique de la réalité pulvérisée du monde.

...............C’est en cela que cette époque catastrophique contient des recoins extraordinaire de merveilleux et d’absolu, et c’est bien cela que nous recherchons au travers de notre enquête constante sur les vérités-de-situation. Il ne nous semble pas nécessaire de prouver le bienfondé de cette démarche qui n’est pas du domaine de la démonstration, mais de l’affirmer sous forme de “pari pascalien” fait dans des conditions infiniment plus pressantes mais sans que notre humeur et notre psychologie en soient bouleversées jusqu’à l’ivresse de l’illusion, au contraire sous l’empire de ce que nous estimons être l’intuition haute qui s’adresse à nous sans chercher à provoquer en nous la moindre ivresse trompeuse mais en nous paraissant chercher à nous rapprocher de l’objectivité la plus complète. Ce sont des arguments qui, une fois qu’ils sont expérimentés, ne souffrent guère de débat qui s’avérerait byzantin alors que le temps presse de tous les côtés et de toutes les façons. La seule chose qui importerait dans un éventuel débat rationnel contradictoire est, pour nous, qu’il n’y a guère d’alternative acceptable à cette sorte d’attitude (le “pari pascalien”) puisque toutes les situations terrestres du type-Système présentées comme prometteuses s’avèrent être sous l’empire du Système (“la caverne de Platon n’est plus dans la caverne”). 

 

TEXTE

Glossaire.dde : vérité-de-situation & Vérité

18 octobre 2015 – L’expression de “vérité de situation” nous est venue dans une tentative de lutter, justement, contre une “situation” ; nous voulons dire lutter contre la situation de désordre de la perception, de la confusion créée par l’effondrement des structures prétendant former un concept de l’objectivité de l’information et de la communication qui avait été proposé d’une manière pressante sinon comminatoire immédiatement après l’attaque du 11 septembre 2001, et ce concept “nouveau” (nous verrons en quoi plus loin) frappant aussitôt les concepts spécifiques classiques de “réalité” et de “Vérité” (*) d’une terrible mise en cause. Nous pensons en effet que ce “concept nouveau” développé  aussitôt après 9/11 sous forme de virtualisme puis de narrative est irrémédiablement sur la voie de l’autodestruction avec diverses dérives rassemblées sous le concept de déterminisme-narrativiste établissant une véritable dictature de la perception, intenable sur le terme et déjà mise en cause gravement dans l’actuelle crise syrienne. Ce destin catastrophique et clairement identifié comme tel rend d’autant plus nécessaire la recherche d’une référence qui nous soit propre, – et c’est bien le cas envisagé et espéré avec notre concept de “vérité de situation”.

Il nous fallait en effet une expression qui conceptualisât une démarche que nous avons développée d’intuition autant que d’expérience depuis cette date (9/11), et une expression qui écartât le mot de “réalité” parce que ce concept est directement, particulièrement et enfin complètement faussé, perverti, pollué, inverti, torturé littéralement, justement par les circonstances rappelées plus haut. Encore  plus précisément, l’on observera que le concept de “réalité” qui est par définition le concept opérationnel parmi les deux cités avec “Vérité”, est devenu, particulièrement avec l’Ukraine depuis novembre 2013-février 2014, un monstre, une sorte de Frankenstein de notre temps post-9/11. Il s’agit d’une tendance très affirmée depuis 9/11, qui n’a fait que se renforcer depuis jusqu’à des situations si monstrueuses qu’elles paraissent à la fois indépassables et irrémédiables.

(Le cas de l’Ukraine, certes, mais comme laboratoire et nullement comme exception. La tendance qui s’y est révélée n’est pas liée à une situation spécifique, une crise particulière, mais concerne une psychologie collective en crise profonde : le déterminisme-narrativiste, notamment, a aussitôt infecté tout le reste, tous les autres aspects des mêmes caractères dans toutes les situations et occurrences. Il s’agit bien d’une pathologie et d’une pandémie à la fois de la psychologie-Système.)

Nous ne pourrons plus nous départir de ce phénomène psychologique à moins d’un choc rupturiel fondamental s’apparentant à la Grande Crise d’Effondrement du Système. Ce “choc rupturiel”, dont il va de soi que nous l’espérons ardemment, trouve l’un de ses “outils” de mise en œuvre préparatoire dans la “vérité de situation”.

Naissance d’un concept

Après avoir utilisé cette expression plusieurs fois, un peu d’une façon inconsciente ou intuitive, dans tous les cas par rapport à la notion conceptuelle à laquelle elle devrait répondre et qui devrait être définie (ce qui est le travail entrepris ici), nous avons réalisé effectivement que cette expression pouvait, qu’elle devait devenir un concept dans notre arsenal dialectique dont le Glossaire.dde est le laboratoire et l’exposition pédagogique permanente. Cette démarche fut effectivement annoncée dans un texte du 2 juillet 2014, effectivement à propos de l’Ukraine. (Inutile de s’attarder aux circonstances motivant cette réflexion tant cette évidence est constante, et largement documentée dans le Glossaire.dde sur le déterminisme-narrativiste : nous répétons que l’Ukraine joue un rôle conjoncturel important et unique par sa spécificité dans cette démarche.)

Nous avons même explicitement proposé cette démarche dans le texte cité en l’inscrivant parmi nos projets dans le cadre de cette rubrique, – comme nous tenons parole aujourd’hui, après avoir beaucoup tardé ... «... Nous choisissons toujours ce terme de “vérité de la situation”, – auquel il nous faudra bien consacrer un ‘Glossaire.dde’, – parce qu’il nous importe d’affirmer que, entre les multiples “réalités” créées par notre univers de communication et de manipulation de la communication dans tous les sens, et d'autre part la difficulté de distinguer celle des “réalités” qui l’est vraiment (réelle), apparaît dans des cas précis et significatifs quelque chose qu’on pourrait qualifier de “réalité objective”, suscitée par une situation telle qu’on peut avoir l’intuition de la fixer, qui donne une indication indubitable de la vérité de notre temps. Cette “vérité de la situation” est, disons, une ouverture rapide et momentanée, mais significative et lumineuse, sur la réalité objective ; elle permet de déduire la “vérité de notre temps”, qui doit nous servir de référence. »

La caverne de Platon n’est plus dans la caverne

Ainsi parlions-nous fugitivement de “réalité objective”, mais en soulignant aussitôt qu’il s’agirait plutôt d’une “vérité de situation”, apparue en un instant qu’il faut savoir saisir avant qu’elle ne disparaisse aussi vite qu’elle était apparue. Nous choisissions donc le plus ambitieux, le plus absolu des deux concepts, – “Vérité”, – et le privilégions en abandonnant toute possibilité de saisir une “réalité” toute objective qu’elle prétendrait être parce que nous entretenons vis-à-vis d’elle (la réalité), d’une façon absolument substantivée depuis 9/11,  le soupçon mortel de la perversion, – et de la perversion opérationnalisées par les sapiens eux-mêmes, instrumentés par le Système, absolument au service d’une tendance maléfique née du “déchaînement de la Matière” d’une manière complètement totalitaire depuis 9/11. C’est dire que nous vivons, du point de vue de la perception de la réalité, une époque qui n’a pas d’équivalent, d’autant que la fourberie constitutive exclusive de l’essence du Système est servie par la puissance phénoménale du système de la communication. (Avec ce dernier trait de notre arbalète conceptuelle doit aussitôt se rappeler à notre esprit la similaire et aussi phénoménale capacité du système de la communication de faire jouer l’autre face de sa spécificité de Janus, donc sa capacité de trahir aussi férocement le Système qu’il le sert.)

Nous précisons aussitôt le sens de notre démarche : même si nous jugeons que notre époque est dans tous les cas directement une production du Mal, il n’est pas dit qu’elle soit le sommet du Mal par la tromperie, ce qui est de toutes les façons un jugement hors de notre capacité de juger. Mais il est dit, – et c’est en cela que nous jugeons cette époque comme sans équivalent, – que cette “production directe du Mal” apparaît directement en pleine lumière selon le constat évident, on dirait un constat “aveuglant” dans un sens figuratif, que “sa réalité” est absolument et entièrement un enfant du Mal (du “déchaînement de la Matière”). Autrement dit, 9/11 n’a pas créé cette époque comme “production directe du Mal” mais il a créé les conditions de la mise en pleine lumière, au grand jour, de ce phénomène ...

Ce qui se passe pourrait être résumé comme suit selon une analogie-allégorie : la caverne de Platon n’est plus dans la caverne, elle est l’univers tout entier, le monde où nous vivons, dans la mesure où l’univers/le monde est sous l’empire du Système/de la Matière selon cette appréciation spécifique de cette sorte de matière devenue Matière majusculée dont nous faisons une création du Mal. (**) Il se trouve qu’il existe des moyens, des outils, notamment techniques mais pas seulement, qui permettraient, voire qui permettent d’ores et déjà de proclamer : tout ce qu’on nous donne “officiellement” à voir en pleine lumière dans ce monde-là relève de la caverne de Platon. Nous avons des instruments qui le prouvent et qui, peut être et même sans doute, peuvent également donner à voir quelque chose qui est le contraire de la tromperie de la caverne (c’est le caractère “Janus” du système de la communication signalé plus haut) ; cela, amorçant une sorte de contre-offensive contre la création du Mal, qui n’est effectivement possible que dans la mesure où cette création du Mal est en pleine lumière (“la caverne de Platon n’est plus dans la caverne”).

Lorsqu’on se trouvait dans l’obscurité de la caverne et qu’il n’y avait qu’une source de lumière, ou réalité-faussaire, il était aisé d’affirmer “voici la Vérité” par défaut, c’est-à-dire a contrario en partant du concept que la lumière dispensée dans la caverne est le contraire de la Vérité. La conception des Anciens qui faisaient du Bien, ou de la Vérité, l’essence du monde, était en effet aisément identifiable dès lors que la source de la réalité-faussaire (la caverne) était identifiée. Maintenant que la tromperie est partout en pleine lumière (“la caverne n’est plus dans la caverne”) et qu’il existe des moyens de prouver que la réalité qui nous est offerte est complètement et irrémédiablement faussaire, on peut affirmer montrer comme une évidence certaine que cette réalité (faussaire) ne peut être la Vérité en aucune façon et sans aucune possibilité de l’être. Ainsi, au contraire des Anciens notre tâche n’est pas d’identifier la source de la réalité-faussaire mais bien de nous dégager “opérationnellement” de l’universalité de la réalité-faussaire qui nous a été imposée. Il en découle que le concept de “Vérité” n’est plus seulement un problème philosophique, une hypothèse fondamentale et métaphysique ; il devient aussi une bataille terrestre dans le sens d’être une stratégie devenue opérationnelle à partir d’un concept,  avec des armes pour la mener. Le concept de “Vérité” est ainsi devenu un concept opérationnel que l’on peut opposer à la soi-disant “réalité” qui prétend se manifester opérationnellement et qui serait aisément identifiable par définition.

(Il faut bien comprendre, avant de décrire cette bataille du côté de la “Vérité”, que la position des révolutionnaires-Système, déconstructeurs et destructeurs du monde, porteurs d’inversion et engagés à ciel ouvert sous la bannière du Système, revient à dire “notre ‘réalité’ c’est la ‘Vérité’”. C’est une démarche sans aucun doute un peu lourde et fort peu originale lorsqu’on la dénude en cette formule ; elle se confond sans surprise aucune avec la postmodernité et le système de l’américanisme, et avec la psychologie qui va avec [inculpabilité-indéfectibilité]. On ne peut en être surpris en aucune façon. Les révolutionnaires-Système qui prétendent à l’universalité ont le même travers que leur inspirateur, le Système : grossièrement dit, ils finissent toujours par “pêcher plus haut que leur cul” ; c’est la fameuse “bêtise du diable” mise en évidence par Guénon [« On dit même que le diable, quand il veut, est fort bon théologien; il est vrai, pourtant, qu’il ne peut s'empêcher de laisser échapper toujours quelque sottise, qui est comme sa signature... »]. C’est contre cela que s’élabore la “stratégie de la Vérité”, opérationnalisée à partir d’un concept absolument métaphysique.)  

De même, pour établir un parallèle structurant notre raisonnement et le confortant, le concept de “métaphysique de l’histoire” (métahistoire) n’est plus, comme nous avons déjà essayé de le montrer, sur le seul territoire métaphysique. Nous avons essayé de montrer, et c’est notre méthodologie constante dans notre travail, que la métahistoire est directement présente dans les évènements terrestres qu’on a l’habitude d’apprécier simplement comme historiques. L’impuissance de la vision historique courante de rendre compte de la signification des évènements courants est la preuve a contrario que la métahistoire, ou Histoire majusculée, est directement à l’œuvre parce que ces évènements n’ont de signification que métahistorique. Ce phénomène retrouve son équivalent dans le rapport “réalité”-“Vérité” dont nous venons de parler, et la “vérité de situation” que nous cherchons a un rapport évident et direct, quasiment de filiation, avec l’intervention directe de la métahistoire.

La “Vérité” face à l’imprimerie et à l’internet

Ce dernier point nous amène à mélanger ces problèmes de la question théorique “réalité”-“Vérité” au profit de la problématique opérationnelle du concept de “vérité de situation”. Nous poursuivons le développement de notre sujet dans le plan historique sans craindre d’abaisser (tactiquement) notre démarche puisqu’il s’avère, – dont il s’avère, selon notre thèse, – que ce plan historique est également, par instants, directement métahistorique.

Ainsi ... Comment en est-on arrivé techniquement (dirait-on par seule ironie, ou bien plus sérieusement : “technologiquement” ?) à une telle situation où le concept de “Vérité” n’est plus seulement un problème philosophique, une hypothèse fondamentale et métaphysique, mais également un problème de notre quotidien, disons même, dans certains cas, un problème de survie intellectuelle puisqu’en vérité c’est l’équilibre de la psychologie qui est en jeu ? Comment la caverne de Platon est-elle sortie de la caverne ? Que s’est-il donc passé ?

Nous allons tenter de donner une réponse qui se fera selon une perspective historique/métahistorique longue (“longue” du point de vue de notre civilisation, et plus précisément de ce que nous nommons “modernité”). C’est en plein cœur de la Renaissance que nous revenons. On sait que l’invention de l’imprimerie marque un tournant capital, essentiel, dans le domaine de la communication, c’est-à-dire dans le domaine devenu aujourd’hui absolument essentiel pour toutes les activités humaines, jusqu’aux plus hautes ; c’est-à-dire dans le domaine qui, par nécessité, doit nous servir d’outil pour appréhender les données les plus nécessaires dans le contexte définie de la métahistoire devenue actrice directe de notre époque, aussi bien du problème des vérité que l’on perçoit dans la réalité, que du problème ontologique de la Vérité.

En même temps qu’apparaît l’imprimerie commence à décliner la puissance et l’influence de la religion en tant que force organisatrice et inspiratrice de la société.  Il se déduit aisément alors, dans l’esprit des modernes, que l’imprimerie devient l’arme fondatrice, la technologie originelle de la modernité, et qu’elle va se prolonger dans ce qui serait son fils naturel, son élève bientôt devenu plus puissant que le maître, qu’est l’internet. Nous contestons cette interprétation comme il sied à notre tournure d’esprit et à l’orientation que cet esprit a choisi qui est de considérer la modernité comme une période de chute irrésistible et d’affirmer qu’une réaction de résistance s’affirme contre elle, mais aussi au vu de l’expérience et nous dirions même des “évènements courants” ; notamment au vu des facteurs en cause, des forces en présence, des armes de l’affrontement de la communication où nous nous trouvons aujourd’hui, en considérant les phénomènes de l’imprimerie et de l’internet. Pour synthétiser cette affirmation, nous renvoyons à ce passage du texte du Glossaire.dde du 14 décembre 2012 sous le titre de « Technologisme versus communication » :

« Certains ont fait de l’Internet et de tout ce qui l’accompagne un fait historique aussi important que Gutenberg et l’imprimerie. Nous accepterions l’analogie à condition de la classer pour ce qu’elle est en vérité, notamment en l’extrayant de la prison de l’interprétations par la seule vision progressiste de la modernité : fait aussi important que Gutenberg et l’imprimerie, certes, mais dont on découvre chaque jour un peu plus, avec la perspective métahistorique nouvelle que nous donne la crise terminale que nous vivons, qu’il se développe contre Gutenberg et l’imprimerie. Cette interprétation implique, au-delà de toutes les appréciations romantiques et progressistes sur la culture populaire ou la popularisation de la culture, que l’imprimerie fut également, notamment et à notre sens essentiellement, par l’action qu’elle permit de développer au niveau de l’influence à partir de la Renaissance et surtout des Lumières, le moyen le plus puissant préparant le “déchaînement de la Matière”. C’est elle qui permit le triomphe du protestantisme, du progressisme déstructurant, l’attaque contre la tradition, etc. C’est elle qui permit la révolution américaniste autant que la Révolution française et, bientôt, l’établissement du Système dans toute sa puissance. Selon cette hypothèse, c’est contre tout cela, et donc contre Gutenberg, que se mit en place et que se développa l’Internet comme système antiSystème. (Nous voulons donner ce jugement du point de vue métahistorique, quelques nuances positives que l’on puisse apporter à ces divers phénomènes. Ce qui nous importe en l’occurrence est l’effet fondamental que nous constatons, et la contribution primordiale qu’apporta à cet égard l’imprimerie, dans le sens que nous disons.) » (***)

On voit donc que, dans ce texte, nous accordons une importance primordiale à “l’internet”. Cette tournure grammaticale employée ici (absence de majuscule) est symbolique de cette importance. Nous entendons donner à cet artefact technologique identifié au départ presque comme une “marque commerciale”, avec majuscule, une dimension de phénomène intrinsèque, rétif à son enfermement et à sa réduction dans une dimension technologique, commerciale voire culturelle ; nous entendons en faire un acteur ontologique de la situation que nous décrivons, à l’instar de l’imprimerie comme nous l’avons identifiée plus haut.

Cette importance ontologique réside en ceci que l’internet a permis de faire du système de la communication, qui était avec l’écrit une activité essentiellement contrôlée par le Système notamment pour des raisons économiques et donc l’arme principale du Système, le Janus décisif qu’il est devenu. Par sa rapidité, son accès universel, sa disposition extrêmement aisée, etc., l’internet ne transforme pas la communication en une arme antiSystème achevée mais il lui permet d’échapper en partie au contrôle du Système et de permettre le développement d’une posture, d’une tendance, et au bout du compte d’une résistance antiSystème complètement spécifique, créant un esprit universel dans ce sens. Ainsi ne s’étonnera-t-on pas une seconde que ce soit évidemment par l’internet que nous pouvons approcher et mettre en place les moyens technologiques de faire naître ce concept aussi fondamental pour nous, avec des liens assurés avec les plus hauts questionnements métaphysiques, que le concept de “vérité de situation”. 

La destruction de la réalité

Nous revenons à ce passage du début du texte où nous parlions comme d’un concept “nouveau” cette idée de l’affirmation de “l’objectivité de l’information et de la communication”, – car, “objectivement” (!) parlant, il n’est pas à proprement parler “nouveau”, cette idée ayant souvent été avancée, d’ailleurs dans des buts intéressés, idéologisés, etc. (Le passage du début de ce texte auquel nous faisons allusion est celui-ci : “... un concept de l’objectivité de l’information et de la communication qui a été proposé d’une manière pressante sinon comminatoire immédiatement après l’attaque du 11 septembre 2001, et ce concept “nouveau” (nous verrons en quoi plus loin) frappant aussitôt les concepts spécifiques classiques de “réalité” et de “vérité” d’une terrible mise en cause...”)

La “nouveauté” du concept n’est pas en lui-même, comme toutes les choses fondamentales que nous étudions avec un esprit de révisionnisme radica ; la nouveauté se trouve dans cette remarque complètement oxymorique que constitue sa “localisation universelle”, dit ouvertement avec un langage comme désincrarné hors de toute “idéologie”. (****) Il correspond exactement à la formule “la caverne de Platon est sortie de la caverne” pour devenir universelle. Du coup, la mise en lumière met en évidence non pas la “Vérité” (universelle) par rapport au spectacle faussaire de la caverne, mais le caractère faussaire de tout ce qui est présenté (comme l’on fait une représentation, un simulacre) à nos yeux dans la caverne devenue monde ; et, en cela, qui ne pourrait voir une immense “nouveauté”, peut-être la plus grande de toutes les nouveautés au moins depuis Platon, et rendue possible par des puissances non pas spirituelles mais technologiques et dépendantes du “déchaînement de la Matière” ? Par conséquent, l’idée classique de “l’objectivité de l’information et de la communication” jusque là soumise à la critique et au doute relatifs des seuls gens échappé de la caverne de Platon tandis que les autres dans la caverne continuent à faire acte de foi, devient une affirmation-Système dans une situation devenue universelle. Comme la “réalité” elle-même qu’elle prétend représenter, “l’objectivité de l’information et de la communication” se révèle comme un objet au fondement absolument faussaire, et le sentiment de celui qui commence à se douter de quelque chose n’est plus le doute relatif mais, puisque nous sommes dans le contexte de l’universel et non plus dans celui de la seule caverne, le doute systématique et effectivement universel, – c’est-à-dire le doute-absolu.

(En un sens, il s’agit du doute qui a déjà tranché à propos de l’objet dont il doute, c’est-à-dire le doute dans son sens le plus fort. C’est le doute qui apparaît après qu’on ait cru [le doute après la croyance], exactement à l’extrême du sens le plus extrême du verbe “douter“ qui est « Être troublé dans sa foi, la mettant en cause, en parlant des dogmes religieux, des opinions philosophiques » ; c’est-à-dire que lorsque vous êtes au plus haut degré de votre foi dans quelque objet digne de foi que ce soit, et que, pour une raison ou l’autre, vous commencez à douter de cet objet, donc à redescendre les degré de votre foi ... Vous savez bien que vous ne reviendrez plus sur ce qui fut l’objet de votre foi, parce qu’un tel sentiment une fois atteint par l’objet qui l’a suscité, ne peut plus se reconstituer pour cet objet. Le doute suivant la foi est la mort de la foi en l’objet qui la suscitait et ce qui subsiste en vous de foi, – ce sentiment qui ne meurt jamais, – devra trouver un autre objet et d’autres sommets pour survivre, ou revivre...)

C’est ce que nous écrivions sous une forme bien embryonnaire dans un article du 13 mars 2003, « Je doute, donc je suis », reprenant un article publié dans dedefensa.org (papier) du 10 janvier 2002, donc directement inspiré de l’orientation radicalement nouvelle (la sortie de la caverne) depuis 9/11, pour en faire la critique, et déjà la plus radicale des critiques ; déjà, nous descendions la pente du sommet où nous avaient installé l’habitude et le confort de la foi éprouvée par le temps... L’idée centrale, aussi brutalement apparue et opérationnelle pour le cas du journaliste, que nous a imposée l’“orientation radicalement nouvelle“, c’est de proclamer aussitôt avec toute la force possible “la parole officielle est coupable à moins d’avoir prouvé son innocence” (et nous employons à dessein des termes juridiques car il est question de crimes plus que de mensonges dans une époque où la principale force est celle de la communication). Le Cogito ergo sum des Latins repris avec mise à jour par René Descartes, qui introduit la notion de doute à partir de la pensée, doit être modifié avec la pensée transmutée en doute systématique et absolu dans ce cas parce que l’esprit affronte la subversion universelle (la caverne sortie de la caverne) et que la “réalité” n’est plus une référence relative qu’on peut discuter éventuellement (doute après observation et pensée) mais un objet qui prétendait être digne de la foi (dans la caverne) et qui, à la lumière universelle, se découvre comme une subversion totale qu’on doit d’abord combattre avant de pouvoir espérer “penser” et être” (le titre de notre texte référencé de mars 2003 aurait donc dû être “Je doute, donc je pense, donc je suis”). Le doute devient dès lors une référence absolue (il devient le “doute-qui-a-déjà-tranché”) mais absolument constructive puisqu’il s’adresse à tout ce qui est nécessairement faussaire ; y compris et plus précisément encore, plus violemment, puisqu’il s’adresse à ceux qui, au nom du “doute cartésien” conçu comme une des matrices de la modernité et complètement déformé à leur avantage, prétendent avoir reconstruit avec leur propre doute une réalité dont nul ne peut plus douter aujourd’hui, et leur “police de l’esprit” y veille ... Le doute n’est plus un instrument de mise en cause de la réalité dont nous savons qu’elle n’est plus que subterfuge, mais bien l’instrument opérationnel de l’activité de la raison non-subvertie pour libérer, protéger et reconstruire l’esprit.

(Et précisons-le en passant pour qu’aucune ambiguïté ne subsiste : ce doute vaut ainsi pour nombre de réactions antiSystème qui, elles aussi, prétendent douter en combattant le Système mais souvent, par inadvertance ou inconséquence, viennent au secours indirect du Système en lui reconnaissant sa “réalité” comme une puissance objective. Dans ce texte, nous soumettons la posture d’antiSystème, – absolument nécessaire pourtant, – à l'enquête du même doute que celui que nous utilisons contre le Système, d’où la délicatesse d’opérationnaliser ce concept. Nous parlons de la subversion complète de l’“objectivité”, et de “crimes” plus que de “mensonges” dans le chef de la communication du Système, pour ne parler en riposte que de la “Vérité”.)

Il ne fait aucun doute à nos yeux, – si l’on ose dire, – que ce processus représente une véritable entreprise réussie de destruction du concept de la réalité, par conséquent une révolution cognitive qui ne peut avoir aucun  précédent par définition puisqu’avant d’être détruite la réalité existait. Ainsi 9/11 et tout ce qui l’accompagne, et notamment l’installation sur le trône de la puissance suprême du système de la communication, représentent une révolution également sans précédent, échappant complètement aux domaines de la politique, de la stratégie, de la géopolitique, de la culture, etc., pour rejoindre le domaine de l’essence même du monde qui est ainsi modifiée.

A la recherche de la Vérité perdue

Mis ainsi en présence de la liquidation totale de la réalité, nous nous trouvons devant la nécessité, sous peine d’abdiquer toute forme de liberté d’esprit ou de sombrer dans la folie, – ce qui revient au même pour notre compte, – de rechercher quelque chose qui puisse se substituer à la réalité devenue complètement faussaire pour nous restituer la vraie réalité, c'est-à-dire la vérité de la réalité ; et puisque nous sommes dans une telle situation, il s’impose à nous de profiter de l’occasion, en cherchant quelque voie qui nous permette d’échapper au vice et à l’inversion qui ont anéanti la réalité, d’en rechercher plus précisément une qui nous élève à cet égard en nous donnant un accès momentané à la Vérité. C’est cette démarche qui nous conduit vers le concept de “vérité de situation”. Ce concept est infiniment plus complexe mais aussi beaucoup plus enrichissant qu’un simple débat autour d’une “réalité” dont tout le monde admettait l’existence par l’“allant-de-soi” et dont chacun cherchait une perception-interprétation qui rencontrât sa propre perception et renforçât sa propre interprétation. Il s’agit éventuellement de retrouver ce qui tient lieu de “réalité”, non plus par le consensus éclaté d’une raison commune complètement subvertie, mais par le plus-haut sinon, diront certains, par le plus-haut de l’esprit et par le Très-Haut de la perception ouverte à l’intuition. Si le concept est infiniment plus complexe, il doit apparaître aussitôt évident qu’il est infiniment plus enrichissant. C’est là tout l’attrait du concept de “vérité de situation” et de l’opérationnalisation de la recherche de diverses “vérités de situation” correspondant à autant de situations que nécessaire, et devant remplacer avantageusement une réalité qui était souvent trompeuse et qui est désormais complètement pulvérisée au profit de son simulacre.

La composition même de l’expression “vérité de situation” doit situer l’orientation de notre propos, dans une époque où, à travers les subterfuges, les simulacres et le système de la communication, nous n’avons jamais été en apparence plus loin de la Vérité ; dans une époque où, à cause de cette subjectivité extrême, anarchique et sciemment faussaire, le Système en nous présentant cette apparence comme la réalité pour la faire prendre pour la Vérité, se perd en ridiculisant cette apparence/réalité et en discréditant décisivement la prétention extravagante à qui il assigne la tâche extravagante d’être la Vérité ; dans une époque où, justement, la découverte de la Vérité passe par une sorte de complicité et de manipulation (de notre part) de l’apparence que le Système nous propose comme étant la “réalité”. Il nous faut nous plonger dans l’infamie et dans le simulacre pour découvrir, comme une pépite cachée dans le sable et la boue de la rivière, une parcelle de Vérité... Ce sera donc la “vérité de situation”. (Et, à partir d’ici, nous proposons, pour confirmer l’emploi du concept mais continuer à le distinguer en tant que tel, d’utiliser une autre forme, – les tirets de vérité-de-situation remplaçant les guillemets de “vérité de situation”, – qui sera de plus en plus privilégiée par nous.)

Une vérité-de-situation propose une “situation”, phénomène très mouvant, insaisissable, changeant, c’est-à-dire le contraire de la Vérité... Avec le concept de “vérité de situation” et tenant compte du fait avéré que la situation as a whole est nécessairement partie du simulacre-désordre du Système, on implique que même dans le désordre extrême on doit être capable de distinguer une parcelle de Vérité parce qu’elle s’y trouve nécessairement, parce qu’il faut que la Vérité se manifeste quelque part dès lors que nous parlons d’une situation universelle (“la caverne de Platon n’est plus dans la caverne, elle est l’univers tout entier”), – parce qu’en vérité, si l’on peut dire, la Vérité est assez forte pour se signaler même au milieu d’un univers qui n’est plus que simulacre-désordre, et même, parce qu’elle est de cette nécessité de absolu, qu’elle doit se signaler pour se démarquer du simulacre-désordre qui lui est profondément étranger, sinon hostile, sinon absolument insupportable. Si l’on veut, c’est la différence entre un discours construit sur une narrative élaborée par le service de la communication et dite par un exécutant politique qui ignore tout des tenants et des aboutissants de ce dont il parle, et un discours dit par un homme d’État qui assoit sa fonction sur une conviction profonde due à son caractère de fer (voir Talleyrand) qu’il demandera à ses services d’illustrer par des constats conjoncturels sur la situation politique. (On peut chercher à quels exemples évidents l’on fait allusion dans la situation présente. Par exemple, dans certaines occurences, le président Poutine, par les circonstances particulières où il évolue et la relative impunité qu’il a établie par rapport à certaines manigances du Système, notamment dans ses contacts hostiles avec ses “partenaires” du bloc BAO totalement sous l’emprise du Système, est un de ces manipulateurs de “vérités de situation”, dans un but de tactique politique évident mais aussi, – qu’il le veuille ou non, qu’il en ait ou pas conscience peu importe, – avec un effet pédagogique sur ses “partenaires” pour qui s’arrange de l’entendre comme il importe ; ce n’est pas Poutine qui est glorieux dans ce cas même s’il fait évidemment ce qu’il doit faire, mais la “vérité de situation” qu’il a émise.)

La “vérité de situation” devenue vérité-de-situation

L’idée de la vérité-de-situation à laquelle nous aboutissons comme but de notre démarche opérationnelle pour passer outre à la destruction de la réalité du monde par le Système implique que la “Vérité”, concept absolu qui n’est pas saisissable en soi, devient saisissable par bribes et par conditions marginales, accidentelles, mouvantes, etc. Ce n’est certes pas pour envisager que nous puissions connaître la Vérité dans tout son absolu, bien entendu, mais bien que des circonstances données nous permettent d’envisager d’utiliser l’aide de ce concept absolu pour connaître une part de lui-même au travers d’une situation, et cela pour mettre en échec le Système (le Mal) tel qu’il s’est développé et s’est imposé.

Nous faisons trois observations pour définir l’opérationnalisation d’une recherche d’une vérité de situation.

La démarche de recherche d’une vérité-de-situation implique que, chargé de l’écrasante puissance du concept absolu (Vérité) qu’il entend solliciter, le missionnaire-sapiens doit être aux aguets, enquêter, saisir un instant d’une situation, judicieusement, et le passer au filtre puissant de l’intuition haute qui, seule, déterminera s’il est bien une manifestation (nécessairement partielle) de la Vérité. C’est un travail de tous les instants, sans aucune certitude ni références par définition, – une sorte d’“aventure individuelle permanente” si l’on veut, avec tous les risques que l’on peut imaginer, et cela dans le paysage chaotique de la réalité pulvérisée du monde... Mais justement, pourtant ! Le “paysage chaotique de la réalité pulvérisée du monde”, c’est la complète relativité du monde qui a été installée avec les phénomènes de l’attaque 9/11, du mensonge officiel de référence, du virtualisme et de la narrative, du déterminisme-narrativiste, du système de la communication et ainsi de suite. Ce désordre libère paradoxalement les situations générales de toutes les contraintes référentielles et principielles organisées selon son théâtre faussaire, – c’est justement le vice principal et final, et évidemment autodestructeur, du Système, –  et il fait qu’en un sens tout est possible ; une situation de cette sorte fait éclater toutes les contraintes, et d’abord puisqu’elles dominent tout, les contraintes du Système. En général, les employés du Système s’intéressent au pire de ces situations et nous qui avons des préoccupations inverses, nous pouvons effectivement espérer saisir dans les situations diverses que nous rencontrons des signes de la Vérité qui nous restituent un instant ou un moment de l’objectivité du monde. Cela représente la plus grande victoire sur le Système qu’on puisse imaginer ...

• Une vérité-de-situation indique qu’une partie de vérité sort d’un évènement terrestre qui se fait dans un cadre terrestre et donc humain, mais qui comprend, à cause de l’intervention de la métahistoire, des éléments importants où l’homme a très peu de responsabilités, s’il en a seulement. Cela nous débarrasse d’une très lourde hypothèque, dans la mesure où, dans nombre de “situations”, les hommes qui agissent sont sous l’empire du Système et donc totalement dans l’incapacité d’être des porteurs de vérités-de-situation ; mais l’activité d’éléments non-humains et même surhumains puisque la métahistoire intervient directement dans notre destin permet par contre d’espérer trouver et d’identifier des vérités de situation. Plus encore, la vérité-de-situation est la démonstration in vivo de la présence de la métahistoire, car elle constitue in fine un facteur métaphysique qui témoigne de la présence de cette métahistoire.

 Nous ne devons en aucune façon prétendre à la détention de la Vérité, que nul en ce monde ne peut détenir par définition même, selon nous, parce que le situation du monde ne peut manifestement pas être entièrement née de la Vérité. Nous prétendons nous servir de l’impulsion, de l’inspiration de la Vérité (de “parcelles de Vérité”), pour lutter contre le Mal, ou plutôt contre la dynamique de déstructuration-dissolution-entropisation, parce que la Vérité est une composante du Bien par sa dimension esthétique, sa dimension pérenne, sa totale implication des caractères (harmonie-équilibre-ordre) qui s’opposent à la marche du Système. Ainsi côtoyons-nous la Vérité, concept d’une puissance absolue et immuable, selon des circonstances fugitives et insaisissables, puisque sous la forme de vérités-de-situation. Ainsi réussissons-nous le cas extraordinaire de saisir un instant d’absolu par le moyen du fugitif et de l’insaisissable.

C’est en cela que cette époque catastrophique contient des recoins extraordinaire de merveilleux et d’absolu, et c’est bien cela que nous recherchons au travers de notre enquête constante sur les vérités-de-situation. Il ne nous semble pas nécessaire de prouver le bienfondé de cette démarche qui n’est pas du domaine de la démonstration, mais de l’affirmer sous forme de “pari pascalien” fait dans des conditions infiniment plus pressantes mais sans que notre humeur et notre psychologie en soient bouleversées jusqu’à l’ivresse de l’illusion, au contraire sous l’empire de ce que nous estimons être l’intuition haute qui s’adresse à nous sans chercher à provoquer en nous la moindre ivresse trompeuse mais en nous paraissant chercher à nous rapprocher de l’objectivité la plus complète. Ce sont des arguments qui, une fois qu’ils sont expérimentés, ne souffrent guère de débat qui s’avérerait byzantin alors que le temps presse de tous les côtés et de toutes les façons. La seule chose qui importerait dans un éventuel débat rationnel contradictoire est, pour nous, qu’il n’y a guère d’alternative acceptable à cette sorte d’attitude (le “pari pascalien”) puisque toutes les situations terrestres du type-Système présentées comme prometteuses s’avèrent être sous l’empire du Système (“la caverne de Platon n’est plus dans la caverne”). 

Ainsi arrêtons-nous là et pour ce cas notre travail, espérant que l’on nous comprendra et, surtout, que l’on comprendra le rôle joué par la “vérité de situation” (vérité-de-situation) dans le travail général que nous accomplissons, sur le site et dans des écrits, sinon plus ambitieux dans tous les cas plus conséquents. De toutes les façons, il importe que le lecteur sache précisément de quoi il relève quand nous parlons de vérité-de-situation, et que les tirets ne l’effraient pas trop...

Notes

(*) Dans ce texte, nous choisissons l’emploi de la majuscule pour “Vérité”, lorsque nous parlons du concept absolu, métaphysique. Nous n’employons pas la majuscule, notamment dans l’expression “vérité de situation”, lorsque nous parlons de cette circonstance particulière, qui est l’objet de ce texte, où une situation, un instant, une circonstance, – toutes choses évidemment subjectives, opérationnelles, non-métaphysique, etc., – permet de saisir une manifestation, une parcelle, une indication renvoyant à la Vérité ; bien que n’ayant en rien le caractère absolu de cette référence, cette circonstance prétend, en un instant, en un moment, y donner accès. La différence d’orthographe permet de bien séparer les deux concepts, tout en n’empêchant nullement, bien entendu, des observations qui explicitent cette différences de conduire paradoxalement à une similitude référentielle entre le concept absolu de Vérité et le concept relatif de “vérité de situation”. 

(**) Par “appréciation spécifique“, nous entendons qu’il nous reste à définir le mot “Matière” (avec majuscule) qui deviendrait un concept essentiel. Il est évident que cela ne peut être enfermé ni exactement ajusté au concept courant, physique, de “la matière”. Une première indication est que la Matière “qui se déchaîne“ dans notre rangement, ne peut le faire qu’à l’aide d’éléments extérieurs parfaitement identifiés et ne relevant pas de la matière, notamment le développement des systèmes du technologisme et de la communication qui ont donné au sapiens l’illusion, – oh non, certainement pas, l’impression, – non plus encore, – qui lui ont donné la certitude de la divinité en-soi, sans nécessité d’aller voir ailleurs s’Il y est. Ce faisant, la Matière, ditto le Système ou le technologisme et la communication notamment si l’on veut, prétend avoir réalisé un investissement complet du monde qui soumet absolument l’esprit à son empire. C’est en cela que nous parlons de “Matière”, qui n’est pas la “matière” au sens commun même se le concept lui emprunte beaucoup mais plus comme outil que comme fondement, et que nous affirmons qu’elle est entièrement constitutive du Mal qui règne aujourd’hui, et le Mal défini alors par les actes objectifs et opérationnels clairement identifiés de déstructuration, dissolution & entropisation (dd&e). Il fut un temps, jusqu’au “déchaînement”, où des idées de déstructuration et de dissolution (mais pas d’entropisation qui reste l’accomplissement du Mal) pouvaient n’être pas conçues comme représentation directe du Mal et ne pas conduire à l’entropisation, pouvant même, selon certains conduire à une restructuration ; ce temps-là est absolument révolu

(***) Bien entendu, il n'est pas question une seconde de faire de toute matière imprimée une manifestation favorable au Système. Cela serait absurde. Il est question de signaler les grandes tendances, et les outils de ces tendances, qui permirent le “déchaînement de la Matière” et l'accouchement du Système et de notre temps du modernisme achevé. Dans ce contexte et uniquement dans ce contexte, l'arrivée de l'image (fixe puis animée) dans le système de la communication n'a pas un rôle spécifique : l'image fixe puis animée a un rôle de complément de tous les phénomènes que nous décrivons.Par ailleurs, en elle-même, l'existence de l'image fixe puis animée dans le système de la communication représente un phénomène fondamental, – mais cela est un autre débat,une autre rélexion.

(****) L'exemple le plus remarquable de cette démarche est souvent cité sur ce site. On le retrouve dans ce Glossaire.dde dans notre sujet sur le virtualisme

«In the summer of 2002, after I had written an article in Esquire that the White House didn't like about Bush's former communications director, Karen Hughes, I had a meeting with a senior adviser to Bush. He expressed the White House's displeasure, and then he told me something that at the time I didn't fully comprehend – but which I now believe gets to the very heart of the Bush presidency.

»The aide said that guys like me were “in what we call the reality-based community,” which he defined as people who “believe that solutions emerge from your judicious study of discernible reality.” I nodded and murmured something about enlightenment principles and empiricism. He cut me off. “That's not the way the world really works anymore,” he continued. “We're an empire now, and when we act, we create our own reality. And while you're studying that reality — judiciously, as you will – we'll act again, creating other new realities, which you can study too, and that's how things will sort out. We're history's actors… and you, all of you, will be left to just study what we do.”»