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 ....**** de la VOLONTE de PUISSANCE ****....

 

 

LISTE des ECLATs


 

 

 

CORRELATs

 

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ECLATs

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Le DeepState fait désordre ....le clown-bouffon Trump, archétype du milliardaire télé-réalité né du Système, est peut-être aussi le Messie tant attendu est à considérer, – son style de jeu ne le dément pas...

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Mis en ligne le 26 juin 2018

Nous n’avons certainement jamais douté de la notion de DeepState (“État profond”), dont nous avons d’ailleurs exploré le concept d’une façon générale pour exposer notre appréciation selon laquelle il peut aussi bien représenter une structure légitime de continuité des intérêts de l’État et donc de la nation face aux incertitudes d’un pouvoir soumis aux aléas de la confrontation politique que suppose le fonctionnement de la démocratie (alternance, crise et vide temporaire du pouvoir, réduction temporaire du pouvoir politique aux “affaires courantes”). Aux USA, l’expression d’emploi récent a néanmoins une connotation extrêmement péjorative : ce n’est pas une “structure légitime” mais bien un “gouvernement”/un “pouvoir” caché et souterrain qui répond à des intérêts particuliers et illégitimes, et qui manipule le gouvernement/le pouvoir légitime.

Dans le cas de Trump, la thèse générale à son arrivée au pouvoir est que son inexpérience, son caractère fantasque et sa psychologie incertaine, son absence d’appareil politique, l’hostilité des pouvoirs divers dont la bureaucratie et les intérêts particuliers d’où émane le DeepState allaient aussitôt en faire un pantin totalement soumis à ce même DeepState. Le moins qu’on puisse dire est que plusieurs épisodes ont largement mis en question cette thèse. On se trouve à nouveau devant des évènements qui renforcent encore ce constat, qui concernent deux situations de la plus grande importance.

• La situation en Syrie. Après les divers succès remportés par les forces et soutiens d’Assad et regroupés autour d’Assad (Russie, Iran, Hezbollah), il y a depuis deux-trois semaines la préparation puis le lancement depuis 3-4 jours d’une offensive finale dans le Sud du pays pour récupérer les zones contrôlées à Daraa et autour par diverses forces anti-Assad, soutenues par les forces US. Les troupes syriennes seules ont attaqué puis, à partir de la nuit de dimanche à lundi, à minuit vingt exactement, les forces aériennes russes sont entrées en action d’une façon sinon massives du moins très puissante, avec trente raids aériens dans les 40 premières minutes. “Willy B.”, dans Sic Semper Tyrannisdu colonel Lang, rapporte l’épisode qui implique une “coordination” très active entre la Russie, les USA et sans doute Israël pour ne pas interférer dans la reconquête de la zone par Assad.

« Ce n'est certainement pas Nikki Haley qui fait la politique américaine en Syrie. Malgré sa déclaration enragée de vendredi, dans laquelle elle déclarait que “la Russie portera la responsabilité de toute nouvelle escalade en Syrie”, les avions de guerre russes sont entrés dans la bataille de Daraa hier soir, après en avoir été “scrupuleusement  absents” selon ce qu’observait Reuters samedi dernier. Dans le même temps, le gouvernement américain a informé les groupes rebelles du sud via une lettre vue par Reuters qu'ils ne pouvaient s'attendre à aucune intervention militaire américaine pour les soutenir. Cela a sans doute constitué le motif poussant plusieurs unités de la FSA à passer du côté de l'armée syrienne et à s’engager dans la lutte contre Hayat Tahrir al Sham, la dernière incarnation d'Al-Qaïda en Syrie.

» Les actions russes et américaines ont-elles été coordonnées? Bien que la preuve ne soit que circonstancielle, il semblerait évident que, malgré les menaces de Haley, l'Administration Trump soutient réellement la stratégie syrienne [Assad/Russie] pour faire pression sur tous les éléments djihadistes qui ne changent pas de camp pour qu’ils se rendent et soient évacués, comme cela a été fait à Douma en avril. Personne, que ce soit aux États-Unis ou en Russie, ne dit rien à ce sujet, bien sûr. À ce jour, il n'y a même pas eu de reconnaissance du côté russe que les avions de combat russes effectuent des frappes aériennes à l'appui des forces syriennes à Daraa. »

• La situation du secrétaire à la défense Mattis, qui était largement considéré comme un représentant de ce DeepState chargé de contrôler Trump, semble aujourd’hui être d'un complet isolement. Il n’a plus rencontré Trump seul à seul depuis plusieurs semaines et diverses décisions d’ordre militaire et politico-militaire (retrait du traité nucléaire avec l’Iran, transfert de l’ambassade US en Israël à Jérusalem, interruption des manœuvres USA-Corée du Sud désormais officiellement actée, création d’un commandement militaire autonome de l’espace) semblent avoir été prises sans aucune consultation avec lui, au point qu’il les aurait apprises « par des indiscrétions venues de certains de ses collègues, tandis qu’il restait complètement “aveugle” sur ces sujets », selon notamment ABC repris par ZeroHedge.com.

Avec le départ de Tillerson et de H.R. McMaster, Mattis a perdu deux alliés essentiels, et Pompeo et Bolton qui les remplacent sont directement connectés à Trump et n’ont quasiment aucun rapport avec lui. Le rapport cité note tout de même que Mattis a convaincu Trump d’augmenter le nombre de troupes en Afghanistan et de laisser les forces US en Syrie (quoique ce dernier point ait une signification bien ambiguë au regard de ce qui se passe à Daraa) mais la situation générale lui serait très défavorable :

« Certes, Mattis a convaincu le président de maintenir les troupes américaines en Syrie et d'augmenter le nombre de soldats américains en Afghanistan, mais il est difficile d'imaginer que cela puisse le sauver. La question est désormais de savoir dans combien de temps nous assisterons à un nouveau départ fracassant d’un dirigeant très important chassé par le président Trump... »

On observera que tout cela ne suit en rien une ligne politique ferme et bien affirmé, soit conciliante, soit ultra-dure. Les événements mentionnés dans les deux cas montrent ces deux tendances radicalement différentes, de même que les rôles des “hyper-faucons” Pompeo-Bolton les conduisent aussi à travailler à des opérations qui vont dans le sens complètement contraires à leurs options (gel des manœuvres en Corée du Sud, abstention US à Daraa). On observera encore que Pompeo-Bolton peuvent prétendre représenter le DeepState, tout autant que Mattis, et aussi Tillerson et McMaster, chassés par Trump.

On en conclura aisément que le désordre n’épargne pas le DeepState, tant s’en faut, et que décidément le pouvoir de l’américanisme est fermement installé comme producteur de chaos pour lui-même et pour ses projets. On comprend alors que Trump soit le maître incontesté du jeu, puisqu’il s’agit d’un extraordinaire producteur de chaos dont il abreuvé le pouvoir déjà insaisissable à “D.C.-la-folle”, et qu’il en a par conséquent complètement infecté le DeepState.

De “l’autre côté” selon les étiquettes-Système, du côté des démocrates, rien de nouveau : désordre et chaos plus que jamais et, grâce aux diverses gâteries sociétales qui ont complètement infecté ce parti, le “Trump Derangment Syndrom” (TDS) ne cesse d’être chaque jour plus actif, notamment chez les stars du showbiz et de la communication dont le libéralisme-progressiste est désormais à gauche de l’ultragauche, dans la zone de l’hystérie et de la crise de nerfs. Pour cette dynamique furieuse du parti démocrate, un seul objectif : remporter les élections mid-term, pour un seul but : déclencher aussitôt une procédure de destitution de Trump. C’est d’ailleurs, semblerait-il, a contrario la raison de l’attitude de la Russie et d’Israël, ou une des raisons dans le cas de l’attitude russe, dans l’offensive de Daraa : ils veulent que Trump et les républicains restent au pouvoir et, pour cette raison, jugent qu’il faut soulager Trump d’un engagement US en Syrie trop voyant, parce que cet engagement n’a pas du tout la faveur du public. 

Trump semble jusqu’ici réussir un sans-faute : installer un chaos total aussi bien dans le pouvoir US que dans le bloc-BAO et échapper à la poigne du DeepState en le rendant fou, à l’image du parti démocrate. Il ne manquerait plus que sa “guerre commerciale” provoque une récession mondiale, tournant à l’hyper-Grande Dépression n°2 pour achever le KO général du Système, ou dit plus sérieusement, porter à son terme la Grande Crise d’Effondrement du Système... L’hypothèse faite par un lecteur que le clown-bouffon Trump, archétype du milliardaire télé-réalité né du Système, est peut-être aussi le Messie tant attendu est à considérer, – son style de jeu ne le dément pas...

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l'ETAT PROFOND .....Peter Dale Scott ...La Finance, le Pétrole et la guerre permanente ...

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J’ai été récemment dénigré sur Marianne, et les accusations portent gravement atteinte à mon honneur ainsi qu’à ma réputation. Je suis donc tenu d’exercer mon droit de réponse. En effet, selon Marianne, « le concept [d’État profond] séduit aussi les conspirationnistes et plus particulièrement l’auteur canadien Peter Dale Scott » – une affirmation qui ne peut que me discréditer. M’assimilant à tort à l’extrême droite, votre magazine rappelle ensuite qu’un ancien conseiller de Marine Le Pen avait évoqué mes travaux lors d’une interview. Homme de gauche et défenseur de la non-violence, j’ai œuvré pendant des décennies pour diffuser les idées humanistes de Jürgen Habermas, d’Hannah Arendt, de Mario Savio ou de Czesław Miłosz. Au demeurant, je peine à comprendre comment l’on peut me reprocher le fait qu’un géopoliticien – qui a depuis rompu avec le FN et que je ne connais pas personnellement –, ait apprécié mes écrits.

Marianne m’attribue ensuite une définition de l’État profond qui n’est pas la mienne, expliquant que je porterais « la vision, beaucoup plus complotiste, “d’un État dans l’État” », une notion que je critique pourtant dans mon dernier livre. J’ai donc demandé à mon éditeur de publier le second chapitre de cet ouvrage paru en 2015. J’espère que cette démarche contribuera à enrichir le débat sur cette question, et qu’elle prouvera à vos lecteurs que j’écris non pas des divagations complotistes, mais des analyses rigoureuses et solidement documentées. D’ailleurs, puisque ma crédibilité est mise en cause, je me dois de rappeler que de nombreux experts ont mis en avant la qualité de mes recherches.

En effet, mon livre La Route vers le nouveau désordre mondial a été vivement recommandé par le général d’armée Bernard Norlain, qui l’a recensé en 2011 alors qu’il dirigeait la prestigieuse Revue Défense Nationale. Au vu de sa carrière, nul ne peut soupçonner ce général 5 étoiles d’être un « conspirationniste », bien au contraire. À la suite de cette recension, mon ouvrage a été conseillé par le général Alain Lamballe (Le Milieu des Empires), et par l’École militaire spéciale de Saint-Cyr. Ce livre est également disponible à la bibliothèque de Sciences Po Paris, un institut où j’ai étudié en 1950, et il a été recommandé par le géopoliticien Jean-Marie Collin – qui vient d’ailleurs de remporter un prix Nobel de la paix à titre collectif pour son travail au sein du réseau ICAN. Ce livre a aussi été recensé positivement dans le magazine Diplomatie, et il a fait l’objet d’une critique élogieuse de la part de Jean-Loup Feltz dans la revue Afrique contemporaine, qui dépend de l’Agence Française de Développement. Ayant recommandé mes travaux, ces experts sont-ils, eux aussi, des « conspirationnistes » ? On peut légitimement en douter.

 

Intitulé La Machine de guerre américaine et publié en 2012, mon second ouvrage traduit en français a connu le même succès chez les spécialistes. En effet, le général Norlain l’a vivement conseillé dans la Revue Défense Nationale, puis le lieutenant-colonel et historien Rémy Porte l’a recensé positivement. Ce livre fut également recommandé par Daniel Ellsberg – le précurseur des lanceurs d’alerte actuels –, et L’Humanité l’a chroniqué favorablement, à l’instar du magazine Diplomatie qui l’a mis en avant à l’occasion d’une nouvelle interview. Comme le précédent et le suivant, ce livre est disponible à la bibliothèque de Sciences Po Paris. Par ailleurs, ma conception de l’État profond explicitée dans cet ouvrage a été reprise par le commissaire divisionnaire, ex-officier de la DST et criminologue Jean-François Gayraud. Ainsi, réduire ma vision du système de l’État profond à une « nouvelle marotte du FN soufflée par Trump » me semble un peu léger.

Dernier livre de la trilogie, L’État profond américain résume, selon Daniel Ellsberg, « plus de quatre décennies de recherches », qualifiant cette analyse de « méticuleuse, brillante et magistrale. » Ancien spécialiste au Pentagone et à la RAND Corporation, M. Ellsberg est décrit comme un pionnier par Edward Snowden et d’autres lanceurs d’alerte. Soulignons également que mon livre a été recommandé dans le numéro 100 de la Revue Internationale et Stratégique de l’IRIS, qui nous en offre un pertinent résumé. Il a également été conseillé dans Paris Match par le grand reporter François de Labarre, qui a jugé mon ouvrage suffisamment crédible pour le recenser favorablement en tant que « livre de la semaine ». Vous en conviendrez, les experts, auteurs, journalistes, magazines, revues et journaux précités ne sont aucunement « conspirationnistes ». J’espère donc que ma réponse permettra de laver mon honneur, et de clarifier utilement ma définition de l’État profond. Bien entendu, libre à quiconque de la critiquer, mais je préférerais qu’on le fasse après l’avoir étudiée sérieusement, sans m’associer à des idées extrémistes que je combats depuis des décennies.

Marianne

(La réponse sur Marianne comporte de très nombreux renvois vers source)

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Le Figaro censure une partie de l'entretien (exclusif) avec Poutine

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C'est Sputnik, ce fameux média de propagande russe, qui le dévoile :

 

    "Abordant lors de l'entretien au Figaro la question des relations entre les États-Unis et la Russie, sur fond d'accusations infondées d'ingérence de hackers russes dans la campagne électorale américaine, Vladimir Poutine a indiqué que « les Présidents arrivent et repartent, mais la politique (américaine, ndlr) ne change pas ».

 

    « La bureaucratie en Amérique est très puissante. La personne élue a son opinion, ses idéaux, sa vision des choses, mais le lendemain des élections, des personnes avec des attachés-cases, des costumes-cravates et des chemises blanches viennent lui expliquer comment il doit agir en bon Président », a constaté le chef du Kremlin.

 

    Selon Vladimir Poutine, il est très difficile de changer quelque chose à cette situation. À titre d'exemple, le Président russe a rappelé la situation de Guantanamo aux États-Unis, passage omis par Le Figaro pour d'obscures raisons.

 

    « Ainsi Barack Obama, un homme progressiste, un homme aux vues libérales, démocrates, avait-il promis avant l'élection de fermer Guantanamo. L'a-t-il fait? Non. Et pourquoi? Ne l'a-t-il pas voulu? Si! Je suis persuadé qu'il l'a voulu, mais il ne l'a pas pu. Il cherchait sincèrement à le faire, mais, cela n'est pas arrivé, tout n'est pas si simple », a indiqué le Président russe.

 

    Et d'ajouter: « Pourtant, il est difficile d'imaginer des gens enchaînés pendant des décennies, sans procès. Imaginez, si la France ou la Russie l'avaient fait, on nous aurait mangés tout cru depuis longtemps. Et aux États-Unis, c'est permis et cela continue, ce qui est la question de la démocratie, soit dit en passant »."

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Qui se cache derrière l indépendance de la catalogne ? ................>>>>>>>>>>>>>>>>>

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Pour prévenir le chaos inévitablement liée à l’imposition contrainte et forcée du multiculturalisme, il n’y a pas d’autre moyen que le recours à l’État total

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Certains disent que l’Union européenne est en train de partir en petits morceaux. C’est sans doute exagéré. En revanche, ce qu’on constate, c’est qu’un vrai fossé est en train de se creuser entre l’Est et l’Ouest du continent, avec d’un côté les pays favorables au multiculturalisme et de l’autre ceux qui lui sont hostiles. La ligne de partage recoupe plus ou moins l’ancien rideau de fer, mais plus ou moins seulement. Les positions autrichiennes en la matière sont, par exemple, plus proches des positions hongroises, tchèques ou polonaises que des positions allemandes, suisses, ou françaises.

Le débat sur le multiculturalisme est transversal

La société allemande est, par exemple, très divisée sur la question. Tout comme la société française, suisse, etc. Sauf que, dans ces derniers pays, les adeptes du multiculturalisme sont aujourd’hui solidement installés au pouvoir. On voit mal, à l’heure actuelle, ce qui pourrait les en déloger. Seul un événement géopolitique, peut-être. Et encore. En ce sens, la division actuelle de l’Europe en deux blocs antagonistes, l’un favorable, l’autre hostile au multiculturalisme, apparaît durablement installée.

L’hostilité au multiculturalisme se nourrit de plusieurs critiques, mais la plus importante, sans doute, est celle que résume la référence à la guerre civile. Le premier ministre hongrois insiste ainsi sur le lien, qu’il estime «évident», entre l’immigration de masse et le terrorisme (1). L’insécurité au quotidien est volontiers aussi mise en avant. Dans certains pays, elle a atteint un niveau tel que les gens sont amenés à éviter certains quartiers ou à ne pas prendre le train ou le métro à certaines heures de la journée. D’autres encore déménagent (2). Les populations de même origine tendent ainsi à se regrouper en certains points du territoire pour constituer des «blocs socioculturels» (3). Le multiculturalisme trouve ici sa limite.

Plus fondamentalement encore, on invoque les leçons de l’histoire. Les sociétés multiculturelles, dit-on, portent en elles les germes de leur propre désintégration. Autrement dit, elles ne sont pas viables. Car, pour qu’une société soit viable, il faut que les citoyens aient un minimum de choses en partage (ethnie, religion, langue, livres, un passé commun, etc.). Pas forcément toutes, mais quelques-unes quand même. Autrement elle éclate, avec à la clé des troubles pouvant, effectivement, conduire à la guerre civile. Le pays alors disparaît, ou s’il se maintient, ne parvient à le faire qu’au prix d’une recomposition démographique. Concrètement, les minorités sont expulsées ou exterminées.

On ne reprochera pas aux adeptes du multiculturalisme d’ignorer ces risques ni même de les sous-estimer. En règle générale ils en sont conscients. Mais ils ne les croient pas rédhibitoires. C’est sur ce point qu’ils se séparent de leurs antagonistes. Leur raisonnement, en gros, est le suivant: Il y a, certes, disent-ils, des risques, risques, le cas échéant, pouvant même s’avérer mortels. Nous ne les contestons pas. En même temps, nous pensons être en mesure de les surmonter. Les surmonter comment? Par un ensemble de mesures volontaristes visant notamment au renforcement du contrôle social.

Le pari multiculturaliste : construire l’État total

Pour répéter ce qui précède sous une autre forme encore, on pourrait dire que pour pallier la menace du chaos liée aux progrès du multiculturalisme, on s’emploie à favoriser l’émergence d’un État total. Comment faire en sorte que le multiculturalisme ne débouche pas dans la guerre civile? En construisant l’État total. C’est ce qu’on pourrait appeler le pari multiculturaliste.

Le pari multiculturaliste consiste à dire: nous ne reviendrons jamais en arrière, tenez-vous le pour dit. Nous avons fait un certain choix, nous irons jusqu’au bout de ce choix. Nous étoufferons dans l’œuf toute velléité de remise en cause de l’option multiculturaliste. Mais en même temps, nous ne voulons pas le chaos. A cette fin, nous construisons l’État total.

Ce n’est jamais dit explicitement. Mais très certainement c’est ce qui est pensé. Car cela correspond à ce qui se fait concrètement. On pense en particulier aux lois antiterroristes. Mais pas seulement. Le «tout-numérique» pousse également dans cette direction (4). Comme aussi l’atomisation sociale en général (5).

Tel est le pari multiculturaliste. Les adeptes du multiculturalisme jugent ce pari gagnable. Il est peut-être gagnable. Mais à quel prix? Peut-être aussi sera-t-il perdu. Car l’État total lui-même ne garantit pas nécessairement la non-guerre civile. On aura alors les deux choses: et l’État total, et la guerre civile.

Notes

1. Le Monde, 23 juillet 2016, p. 3.
2. Le Figaro, 25 octobre 2017, p. 12.
3. J’emprunte cette expression à Christophe Guilluy (La France périphérique: Comment on a sacrifié les classes populaires, Flammarion, 2014, p. 134).
4. Cf. François de Bernard, L’Homme post-numérique: Face à la société de surveillance générale, Yves Michel, 2016.
5. Les analyses de Hannah Arendt conservent à cet égard leur pleine validité

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Carl Schmitt, Göring et l’« État total »

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Il arrive que l’on désigne en Göring le « protecteur » de Carl Schmitt, comme s’il s’agissait d’un mécène de la Renaissance, ou d’un sponsor de demain.

2

Il semblerait alors que soit méconnu le rapport inverse : c’est Göring d’abord qui fut politiquement débiteur à l’égard de Carl Schmitt. La livraison du pouvoir d’État aux hitlériens le 30 janvier 1933, par la simple signature du Reichspräsident Hindenburg, est l’effet d’une précise manipulation, préparée par le groupe de l’ex-chancelier von Papen. Carl Schmitt, auparavant son avocat public devant la Cour constitutionnelle, est au noyau de cette manipulation.

3

Quelle est donc la mesure de cette participation à une décision qui, dans l’Histoire, va s’avérer désastreuse et bientôt criminelle ? Car elle aura assurément contribué par l’initiative de Schmitt à mettre au pouvoir « ces gens-là » – diese Leute – que son ami Heidegger lui-même qualifiera en 1966 de « trop indigents dans la pensée », zu unbedarf im Denken, mais dont pourtant lui-même en 1935 rangeait l’acteur principal, son Führer, « dans le domaine des demi-dieux », in der Bereich der Halbgötter… au tome 39, p. 210, dans le texte de son Édition intégrale.

4

Peut-on penser aujourd’hui que Carl Schmitt est celui qui aurait activement influé sur la décision du vieux maréchal Hindenburg, disons : pour plus de cinquante pour cent ? Certes, il n’y a guère de mesure quantitative dans l’action verbale au travail sur le champ de l’histoire en acte. Mais il importe de travailler philosophiquement sur une histoire approchée.

5

Papen chancelier a conduit son coup d’État de juillet 1932, en utilisant l’armée aux ordres de von Schleicher, pour chasser le gouvernement social-démocrate de Prusse. Le recours de celui-ci devant la Cour constitutionnelle de Leipzig trouve donc en face de lui Carl Schmitt, avocat du Reich contre la Prusse, dont les arguments font gagner le Reich papenien. Dès lors, la police du plus grand Land est tombée entre les mains du Reich de Papen, qui s’autodésigne ministre de l’Intérieur et commissaire de Prusse. Dans la combinaison du 30 janvier 1933, il pourra transmettre à Göring ce pouvoir crucial qu’il doit à Schmitt. Göring va aussitôt inventer la Ge.Sta.po, police secrète d’État. Carl Schmitt, alors, n’est plus l’homme de Papen, mais l’homme de Göring.

6

En décembre de l’année cruciale 1932, Schmitt a pris lui-même l’offensive, en vue d’un tel moment. À cette date, Papen, destitué par son partenaire, von Schleicher, qui l’a mis au pouvoir en le désignant à Hindenburg, mais qui vient de prendre sa place, ronge son frein dans le palais vide de la chancellerie, que Schleicher a cru bon de lui laisser, avec le titre vide de vice-chancelier. La chancellerie est voisine du palais du Président, ainsi Papen a-t-il au moins le pouvoir de se promener dans les jardins mitoyens en compagnie du Reichspräsident et de converser activement avec lui. Et le 16 décembre il apparaît au « Club des Messieurs », ou « des Seigneurs », le décisif Herrenklub où l’aristocratie foncière rejoint la grande industrie et les héros guerriers, tels Jünger et Göring. Là Papen déclare la guerre des langages à son exallié Schleicher.

7

Mais, dès le 23 novembre, Carl Schmitt a pris position à un tout autre niveau : celui de la Langname Verein, l’« Association au Long Nom » – « pour la préservation des intérêts communs de Rhénanie et Westphalie » –, haut lieu, plus encore, de la « grande industrie ».

8

Sa conférence est un acte politique décisif : elle l’annonce dès son titre, « Une politique saine dans un État fort ». Et, dans ce but, Schmitt reprend la formulation qu’il avançait dès 1931 dans Le gardien de la Constitution (Der Hüter der Verfassung), en soulignant le rôle du Reichspräsident comme ce « pouvoir neutre » qui arbitre au-dessus des partis, comme « le tournant vers l’État total » (die Wendung zum totalen Staat). Ces mots déjà sont avancés, aux moments où la crise économique mondiale souffle la tempête depuis octobre 1929.

9

Certes, le livre de l’an 1931 a déjà dû attirer fortement l’attention de Hindenburg, peu versé dans le droit constitutionnel, mais assurément mal à l’aise dans son rôle, et anxieux d’y trouver un sens intelligible à ses yeux. En 1932, il vient d’être réélu par les voix qu’il déteste le plus, celles des sociaux-démocrates de la Ruhr, de la Saxe, de Berlin, et des catholiques de Rhénanie et de Bavière. Une sortie hors de ce rôle inconfortable serait pour lui la bienvenue. Mais comment rendre acceptable à ses yeux un pacte avec Adolf le furieux ?

10

Or, ce soir du 23 novembre 1932, il s’agit de tout autre chose dans le discours de Carl Schmitt : « On peut repousser la formule de l’“État total” avec des cris d’indignation et de révolte, comme barbare, servile, non allemande ou non chrétienne, mais la chose n’est pas pour autant transportée hors du monde… » Car « tout État est contraint de s’emparer des moyens de puissance dont il a besoin pour sa souveraineté politique ».

11

Et voici que le « tournant » nouveau se prononce : « L’État total, dans ce sens-là, est en même temps… un État fort. Il est total au sens de la qualité et de l’énergie, tout comme l’État fasciste se nomme « stato totalitario », par quoi il veut dire avant tout que les nouveaux moyens de puissance appartiennent exclusivement à l’État et à l’accroissement de sa puissance. »

12

Les guillemets viennent ici discrètement souligner plus encore le soulignement qui précède… Car, cette fois, la référence ne se rapporte plus simplement à l’article 48 de la Constitution de Weimar, qui permet au président du Reich de gouverner par ordonnances sans vote du Parlement. La référence nouvelle, c’est la prise du pouvoir par Mussolini en 1922, amplifiée par le très singulier discours qui avançait le 22 juin 1925 sa « volonté totalitaire » – avançant vers le moment où la philosophie politique néo-hégélienne de Gentile viendra rabouter cet étrange vocable au concept de l’État, pour forger le Stato totalitario. Moment redoutable de l’histoire européenne et mondiale, éclipsé par ce qui va s’ensuivre.

13

Cet ensuite sera précisément l’apport, écrit cette fois, de Carl Schmitt en décembre 1932. Au moment où la conférence du 23 novembre est publiée dans les « Communications » de l’Association au Long Nom, ses Mitteilungen des Vereins : au no 1, pour l’année 1932. C’est dire l’importance singulière de cette parution schmittienne.

14

Moins d’un an plus tard, au Congrès des Juristes de Leipzig, le 3 octobre 1933, Hitler, chancelier du Reich depuis sept mois, prononcera la seule formulation dans tous ses discours (dans son Wortschatz, son « Trésor de mots » publié plus tard) qui concerne le Droit de l’État : « L’État total ne tolérera aucune différence entre Droit et morale » (Der totale Staat wird keine Unterschied dulden zwischen Recht und Morale).

15

Proposition étrange, qui prétend condenser le « message juridique » de l’État total dans le IIIe Reich. Autrement dit : par l’État total il n’est plus tolérable que Droit et morale ne soient pas dorénavant confondus. Ce que proclame l’État total est la « moralité » même.

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Mais l’horreur de cette nouvelle « moralité » a ses genèses : elle s’ancre ici dans un brutal mouvement des sols.

18

Quand Carl Schmitt annonce, dès le 23 novembre de l’an 1932, et par un écrit public en décembre, que « maintenant l’on a compris soudain la formule agissante et éclairante de l’État total », du « totaler Staat », c’est donc pour mettre l’horloge allemande à l’heure d’une prise du pouvoir antérieure, à Rome cette fois, en 1922.

19

« L’État total, dans ce sens-là, est en même temps et tout particulièrement un État fort. Il est total au sens de la qualité et de l’énergie, tout comme l’État fasciste se nomme Stato totalitario, par quoi il veut dire que les nouveaux moyens de puissance appartiennent exclusivement à l’État. »

20

Ces deux propositions relient le présent de novembre 1932 au passé des années 1920 : quand Mussolini vient prononcer son discours à l’Augusteo, dans le théâtre bâti sur la tombe d’Auguste à Rome, pour y affirmer sa voluntà totalitaria, à la date du 22 juin 1925, en vue d’assumer publiquement le meurtre, par les squadri fascistes, du député socialiste Matteotti. – Et quand son philosophe hégélien, Giovanni Gentile, va relier dans la suite des années 1920 cette épithète très singulière au concept politique hérité de Cicéron et de Machiavel : le Stato, l’État. Le lien est consacré, quand s’énoncera la Dottrina del fascismo, écrite par le philosophe et signée par le Duce.

21

La formule allemande vient donc se greffer sur la formulation italiennne : elle est énoncée ainsi en guise d’annonce, le 23 novembre 1932. Quand elle est publiée le 15 décembre dans les « Communications » de l’Union au Long Nom, les Mitteilungen der Langname Verein, elle raconte ainsi, du même coup, la soirée du 23 novembre. Quand elle reparaît en février de l’an 1933 dans la revue du prince Rohan, l’Europäische Revue, elle est déjà un récit au second degré, où s’ajoute une proposition nouvelle :

22

« Au côté de l’État total, peut seule servir une Révolution également totale. »

23

Entre-temps, en effet, la « Révolution » a eu lieu, la nationale Revolution.

24

Elle se déclarera comme l’« héritière » du Putsch (manqué) de Kapp en mars 1920, annoncée alors comme une Gegen-Revolution – une « contre-révolution », destinée à annuler la « révolution de novembre 1918 », celle des matelots de Kiel et des spartakistes de Berlin. De Munich, l’inconnu Adolf Hitler était arrivé juste à temps pour constater son échec… Mais, dans la semaine suivante, Moeller van den Bruck, futur auteur du IIIe Reich, annonçait : « Nous devons gagner la Révolution. » Une transformation du contre au pour s’effectuait ainsi. À Moeller plus tard, dandy politique, le soldat d’infanterie Adolf viendra se présenter, pour se mettre à sa disposition, comme « le Tambour de la Révolution ».

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Il faudra donc brièvement conter la forme politique du Stato totalitario pour annoncer le totale Staat allemand – et le faire arriver dans l’Histoire. Quand la conférence de novembre 1932 reparaît en février 1933, le coup réel a eu lieu, le gouvernement du « soulèvement national », de la nationale Erhebung comme « nationale Revolution », est constitué. Où Papen est vice-chancelier, mais où Hitler est le chancelier. Déjà le concept de l’« État total » est mis en discussion, et la republication entend réfuter, par Schmitt lui-même, cette discussion : car, précise-t-il, « quelques-uns aujourd’hui même croient déjà être au-delà, et ont réfuté et intellectuellement dépassé l’“État total”… ».

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Ainsi, la « formule agissante », en février 1933, est déjà trois fois prononcée, en forme d’énoncé en mouvement, et qui déjà rend compte de ses propres péripéties. Et ce compte n’est nulle part tout à fait raconté, mais il est déjà très solidement encadré.

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Bientôt les termes prolifèrent, autour de ce noyau de sens : on verra apparaître en gros plan des traités de Droit constitutionnel déployant le totale völkische Staat, par le très schmittien Ernst Rudolf Huber. Ou, par un adversaire juridique de Schmitt, tel Otto Koelreutter – connu pour avoir fait ses cours en uniforme nazi –, le totale Führerstaat…

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Dans le champ des cercles économiques qui se succèdent ou se juxtaposent, depuis l’Antibolschewistische Liga de l’an 1918, où un certain Springorum est l’un des premiers donateurs. Et le Herrenklub de l’an 1924, présidé par Hans-Bodo von Alvensleben-Neugattersleben (il s’agit du président au nom le plus long…). En passant par le très officiel Reichsverband der Deutschen Industrie. Et jusqu’à la grande séance de la Langname Verein en novembre et ses « Communications » du 15 décembre 1932, qu’ouvre et préside Fritz Springorum, une circulation persiste et grandit jusqu’à la formule agissante de Carl Schmitt.

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Quel effet d’agissement initial peut être attribué à celle-ci, dans la longue circulation narrative de Weimar ? La monotonie répétitive des grandes institutions, en celle-ci, est soudain interrompue par ce coin incisif de la langue de Schmitt. Forgée dès l’année 1931 dans Der Hüter der Verfassung, qui soulignait comme d’un « Gardien de la Constitution » le rôle du président du Reich – Hindenburg. Et qui le retaillait à la mesure des formes souhaitées de la situation : comme « le Tournant vers l’État total ».

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Mais, en décembre 1932, il ne s’agirait plus alors de souligner le « pouvoir neutre », le rôle arbitral du Reichspräsident : bien plutôt, d’enfoncer dans son rôle le coin narratique du « totale Staat », comme version actualisée à Berlin du Stato totalitario résultant de la prise de pouvoir fasciste à Rome en 1922. Celui-ci vient communiquer l’énergie dangereuse de son vocable à la nouvelle version de Schmitt.

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Et pourtant historiens et médias futurs seront presque unanimes pour assurer que le « modèle italien » échappait au « concept » du « totalitarisme »… Malgré son acuité de vue, Hannah Arendt elle-même communiquera cette illusion d’optique à Raymond Aron, qui saura la transmettre avec autorité, parallèlement à bien des historiens, essayistes divers ou théoriciens de l’État.

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Mais la mesure d’un effet sur le temps historique n’est pas d’ordre numérique. La dizaine d’exécutions politiques commises sous le signe italien du Stato totalitario va suffire à transmettre au vocable l’aura qui lui confère une capacité grandissante de nuire – porteuse d’un pouvoir terriblement multiplicateur dans le Reich nazi, une fois le totale Staat entré dans le réel.

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En juillet 1940, Pierre Laval évoquera la référence, tout à fait exemplaire à ses yeux, aux « États totalitaires » d’Allemagne et d’Italie, en vue d’obtenir à Vichy l’investiture du « Chef de l’État » – mais sans savoir que le terme est récusé expressément à Berlin par le secrétaire d’État à l’Intérieur, Wilhelm Stuckart : car, selon celui-ci, « inexacte » (Unscharf) est la désignation de notre Reich comme « État autoritaire » ou « État totalitaire » (totalitäre Staat)… « [Ceux-ci] sont bien plutôt des États de puissance à vocation libérale » (liberale Machtstaat)[1][1] Der Staatsaufbau des Deutschen Reiches, von Wilhelm.... Il cite à titre d’exemple l’État espagnol franquiste, qui s’est proclamé officiellement dans l’année 1938 Estado totalitario, au « Discours de Saragosse » du « Caudillo », et dans sa Charte du Travail, proclamée éternelle, le Fuero del Trabajo…

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Mais qui est donc Wilhelm Stuckart ? Il sera le rédacteur des lois de Nuremberg dont Carl Schmitt, le 1er octobre 1935 dans la Deutsche Juristen Zeitung, vante l’excellence, comme d’une « Constitution de la liberté »… La parution de ce « commentaire juridique » exposé par Carl Schmitt dans sa vaniteuse cruauté, et aujourd’hui fortement établi [2][2] Par Yves Charles Zarka, Un détail nazi dans la pensée..., nous donne la possibilité d’y percevoir cette mise en page tranquille d’un « ennemi substantiel », que la langue du « Droit » vient livrer aux cruautés ultérieures des langages policiers, appliqués à la mise à mort de masse. Précisément ils prévoient et préparent cette « totale extermination », cette völlige Vernichtung qu’exige d’avance le Cours d’hiver 1933-1934 de Heidegger, pour un « ennemi … intérieur » étrangement désigné comme l’« Asiatique »… Appel à la mise à mort qui est réédité sans commentaire en 2001, dans le tome 36-37 de l’Édition intégrale de ses écrits, la glorieuse Gesamtausgabe. Nous vivons aujourd’hui comme les contemporains permanents de ces crimes du langage et du réel.

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Stuckart ? Il sera, le 20 janvier 1942, le rédacteur des décisions prises « administrativement » à la conférence tenue à Wannsee autour de Heydrich. Ainsi, c’est lui qui écrit la mise en ségrégation des Juifs d’Allemagne en 1935, par la prétendue « Constitution de la liberté » ; puis la mise à mort des Juifs d’Europe en 1942, par « l’ensemble des mesures » énoncées à Wannsee. C’est de ses lois que Schmitt fait l’éloge juridique comme d’une performance de « liberté ».

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Le mot « totalitaire » pourtant est, pour le même Stuckart, trop « libéral »… Et il lui faudra préférer, en langue ss, nous le verrons, la völkische Ganzheit, la « Totalité raciste »… Tels sont les paradoxes et les querelles des langages nazis. Car ceux-ci se succèdent, se réengendrent, se transforment, comme les étapes d’une mortelle épidémie des langues narratives, greffées dans les réalités les plus redoutables.

37

***

38

Nous tenterons à cet égard de pratiquer une philosophie expérimentale – mais est-ce celle que voulait tenter Nietzsche, celle qu’évoque une fois Kant lui-même, vers la description des antinomies ?

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Pourrait-on annoncer alors l’hypothèse des semaines actives de Carl Schmitt, entre sa conférence du 23 novembre de l’an 1932, durant la réunion de la Langname Verein présidée par Fritz Springorum, et sa réédition « améliorée » de la même conférence, en février 1933, dans la revue du Prinz Rohan ? Le déchiffrement plus avancé du journal privé de Schmitt, s’il est poursuivi d’une façon conséquente et elle-même vérifiable, à travers sa sténographie très particulière, devra permettre la vérification des hypothèses d’aujourd’hui.

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Que se passe-t-il pour lui, durant ces semaines ? Où va Schmitt, chaque matin et chaque soir, qui voit-il ? Quels locuteurs ? Que lui rapportent ceux-ci ? Quels récits donnet-il de ces rencontres ? Tel sera le réseau en acte, qui nous donnerait le tracé des champs narratifs agissants, à partir d’un observateur qui déjà est acteur intervenant du seul fait de pouvoir rapporter les réseaux de ces champs, dans une histoire singulièrement mouvante entre de très graves enjeux.

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L’hypothèse principale : permettre de voir la version de novembre-décembre 1932 approcher, de semaine en semaine, de celle de février 1933 : là où éclate l’affirmation d’une victoire triomphale de la « Révolution », en vue très proche de l’« État total ». Comme le souligne en effet, en février 1933, l’additif crucial apporté par Schmitt :

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« En contrepartie de l’État total, seule peut servir une Révolution également totale. »

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Telle est la formulation « ajoutée » et, plus que toute autre, digne d’être considérée dorénavant comme « éclairante et agissante ». À cette date, Carl Schmitt méritera pleinement la qualification de Kronjurist qui lui sera attribuée dans les sphères élevées du Reich nazi : il a quitté déjà celle de Papen pour celle de Göring. Auprès de celui-ci, il n’est plus l’avocat public, il est le « Juriste de la Couronne », dans les nouvelles sphères.

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Plus tard, pourtant, il va mériter à leurs « yeux » (si les sphères ont des yeux ou, du moins, des langages) d’être accusé d’user d’un langage trop « libéral »… Alors surviennent les attaques du « Corps Noir », du Schwarze Korps, le périodique « théorique » de la ss – émanant du groupe de Reinhold Höhn, l’ancien étudiant d’Ernst Krieck qui a convaincu son maître d’entrer à la ss et au sd, et qui devient l’éditeur de personnages tels que Himmler, Heydrich, Hans Frank…

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Aux mêmes moments, Krieck, son ex-maître, va s’en prendre violemment à Heidegger, en avril 1934…

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Ainsi, Schmitt en 1935 a beau faire l’apologie des lois de Nuremberg, il n’en subira pas moins en 1936 les attaques des idéologues de la ss, de Höhn (ou Freisler), qui jugent décidément trop « libérale »… la formule « éclairante » de l’État total.

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Celle-ci n’en a pas moins produit son effet, durant les semaines décisives qui séparent la fin de novembre 1932 du dernier jour de janvier 1933 : celui de la « combinaison » qu’a effectuée la simple signature du Reichspräsident Hindenburg, en nommant Adolf Hitler chancelier aux côtés de Franz von Papen vice-chancelier. Celui-ci, auteur de la « combinaison », est pourtant déjà mis hors jeu.

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Cet effet peut être suivi du regard par la lecture des noms propres qui accompagnent la prestation de Schmitt à la fin de novembre 1932. Ainsi, de celui qui préside la séance de l’Union au Long Nom, le 23 novembre 1932, Fritz Springorum.

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Ce nom aux allures de génitif pluriel latin, ajouté à un printemps anglais, on peut le lire depuis décembre 1918 parmi les donateurs, quand se constituait une Antibolschewistische Liga, munie de très puissants sponsors financiers, mais qui débouche sur un effet électoral minuscule. En fin d’année 1932, il se lit également dans la lettre adressée au Reichspräsident Hindenburg, signée des noms des puissances de la grande industrie : ce document lourd, retrouvé parmi les Nürnberger Dokumente, les documents du procès de Nuremberg, au tome 36, à la page 535…

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Le nom de Springorum relève cependant de ceux pour lesquels il y aurait eu doute, en novembre, comme de qui aurait de la sympathise pour la « belle perspective » d’une nomination de Hitler par Hindenburg au poste de chancelier du Reich – mais qui n’auraient pas signé la pétition…

51

Pourtant son nom serait présent. Mais il importerait de pouvoir compter ceux qui vont affluer plus vite après la conférence de Carl Schmitt à la séance de l’Union au Long Nom… Nous aurions une mesure assez précise de l’action verbale du Rapport Schmitt en termes d’État total.

52

Ce nom de Springorum peut devenir un index pour mesurer la circulation grandissante de l’« État total » comme formule et doctrine, dans les semaines qui suivront. Un télégramme de Papen, communiqué à la fin de la séance du Long Nom, témoignait de la liaison entre les acteurs du moment. Si, le 1er décembre, Schleicher a mis Papen hors du pouvoir, à la chancellerie, c’est en lui fournissant l’occasion des belles promenades dans un palais où le seul pouvoir (combien pervers) sera donc, un moment, celui des conversations présidentielles. Mais le fil reste intact entre ce palais au pouvoir vide et les lieux pleins où Schmitt publie sa formule agissante.

53

Dans cette circulation de décembre 1932, la valence Schmitt reste attachée au nom de Papen – et non de Schleicher, quoi qu’aient pu supposer sans aucun indice certains historiens (ainsi de Günter Maschke). C’est le doublet Papen-Schmitt qui tient la route durant les semaines brûlantes de décembre et janvier. Jusqu’au coup de gong du 30 janvier, où assurément Schmitt n’est pas loin, occupé assurément à relire les épreuves de la seconde version de son Économie saine dans un État fort, pour l’élégante revue de Karl Anton Prinz Rohan. Où il peut vanter la réalité triomphante de la « Révolution » accomplie. À cette date, les partisans de Schleicher, au contraire, entrent dans une cure de discrétion, en attendant d’être assassinés.

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Que cette mesure par les noms propres circulants soit numériquement constatable ou non, il reste que le Kronjurist, le Juriste de la Couronne, contribue en janvier 1933 à poser la couronne de sa « formule » sur la tête marquée d’une mèche du côté gauche. Il en est récompensé le 3 octobre de l’année 1933, quand l’homme à la mèche prononce au Congrès des Juristes de Leipzig la seule proposition juridique concernant l’État en termes de Droit public qu’a pu compter le recueil de son Wortschatz, de son « Trésor de langue » ou « de mots ». La montée en résonance de la « formule » Schmitt dans la voix du Führer atteste dans la même année 1933 le succès singulier de son emprise.

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Y compris, plus tard, quand Jdanov se croira tenu de préciser, au Congrès du Kominform après la Seconde Guerre mondiale, que la « démocratie soviétique », aux temps et au sens de Josef Staline, serait même « le contraire » de « l’État totalitaire » – et serait d’ailleurs « la plus démocratique » parmi tous les États…

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La mise en relation de la formule de l’« État total » avec une « économie saine », dans la publication de la conférence de la fin de l’année 1932, a-t-elle fortement contribué à convaincre le Reichspräsident vacillant, fin janvier 1933 ? Ainsi se pose la question, et la réponse positive a une très grande évidence. Mais jusqu’à quel degré ?

57

Il importerait de suivre jour par jour les débats dans les enceintes du pouvoir économique, et pas seulement le détail des démarches du président de la Langname, au nom en forme de génitif pluriel latin… Car ces mouvements de langages accompagnant les pas très concrets des personnages parlants, permettraient de mesurer l’effet de ces Machtquanta, ces quanta de puissance, et du Quantum Énergie dont ils sont porteurs – comme les nomme plusieurs fois Nietzsche furtivement, dans ses cahiers posthumes.

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Or une telle investigation, allant des « quanta de puissance » dans les langages vers « l’ensemble des mesures » dans l’Histoire la plus effrayante, c’est la démarche même de l’histoire, comme d’une philosophie qui tenterait de se faire « expérimentale » dans la voie du déchiffrement.

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Du moins quand elle ne se borne plus à compter les pas des « grands concepts », mais veut suivre les pas comptés des énigmes mêmes – ces ainigma par quoi vient « se raconter le conte », dans les termes précurseurs d’Eschyle : ainon ainein. C’est ici que le mouvement des cahiers posthumes nietzschéens de 1882 à janvier 1889 se découvre comme l’une des plus surprenantes « chambres de Wilson » où se dessinent ces passages « quantiques », dans le champ de son siècle – et bientôt des siècles suivants. Et c’est pourquoi il arrive qu’elle demande à voir repasser plusieurs fois le cadran, pour y percevoir ce qui n’a d’abord pas été noté.

60

Mais par les immenses erreurs, l’Irrnis furieuse des langues philosophiques ou juridiques qui furent tragiquement complices du pire, par leur non-su et par leurs formulations les plus voulues et les plus marquées, nous sommes informés cruellement des mouvements du danger.

61

La voie déchiffrable du compte de l’Histoire, c’est le mouvement même du travail philosophique. Déchiffrer les comptes narratifs de Schmitt, de Heidegger, ou de Jünger, sur un terrain de croisements avec tant d’autres, à leurs côtés ou en dehors d’eux, c’est contribuer à cela, y compris jusqu’à leur criminalité. Il faudra les suivre dans les étapes enfouies de leurs manuscrits. Et par ces strates superposées. Par l’arborescence même de leurs récits, de leur Bericht, rapport ou narration. Et par leurs « sincérités » superposées, jusqu’aux points de mensonge.

62

Le manuscrit indénombrable du stalinisme est à compter, lui aussi.

63

***

64

Paradoxe : celui qui a fait en sorte que ce « Tournant » s’effectue n’est alors nullement inscrit dans le parti nazi, au moment même où il est efficace dans la stratégie.

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Et justement, pour jouer ce rôle crucial en décembre 1932 en vue de janvier 1933. Comment amener le vieux maréchal, qui n’éprouve aucune sympathie pour le « caporal bohémien », comme il l’appelle, le soldat de deuxième classe Adolf Hitler – comment le convaincre de signer le décret nommant celui-là même chancelier du Reich ? Pour cela, il fallait que Papen et son avocat public ne soient pas membres du Parti national-socialiste ouvrier allemand, la nsdap.

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C’est cette « qualité » même de non-membre qui leur permet de convaincre. Mais quand Carl Schmitt adhère, le 1er mai de l’année 1933, au parti nazi – le même jour que le recteur Heidegger –, il a déjà fait pour l’avènement du Reich nazi plus que tout autre de ses contemporains : il lui apporte la « formule », comme il l’appelle, de l’« État total ». Et dans cette formulation presque vide (hors la référence aux « moyens de la puissance ») mais qui grossit fortement le sens d’un « État fort », il lui donne le moyen lourd de convaincre le Reichspräsident – mais de quoi ? De donner le pouvoir politique précisément à ce « caporal bohémien ».

67

Hitler, depuis l’épisode du putsch manqué à Munich, où il s’est couché au sol, ne prend plus le risque du pouvoir par la force. Il a besoin des passerelles que lui fournit la combinaison Papen-Schmitt, maquignonnage assorti de la grandiose formule. Mais alors précisément Schmitt va quitter le rôle Papen pour devenir un instant le Sieyès de Göring.

68

Mais Göring n’est pas Bonaparte. Il va bien créer un Staatsrat, un Conseil d’État – à la demande de Schmitt, sans nul doute. Où aurait dû trôner le « Juriste de la Couronne », comme on l’appelle déjà – mais ce Conseil, Göring ne le réunit jamais, ou presque jamais. Schmitt le facétieux se réjouissait encore, dans les conversations de table d’après guerre, de l’avantage qu’il y avait eu dans un tel monde, par la vertu de cette institution toute virtuelle, à disposer d’un fanion à croix gammée sur l’aile de sa voiture, pour franchir les contrôles policiers – dans le totale Staat. Mais déjà il est écarté de la politique réelle et aucun trait d’humour ne l’en consolera.

69

L’humour noir a ses limites. Hugo Fischer, l’exmentor philosophique de Jünger, disait, au cours d’un dialogue rétrospectif : « On hésitait à contredire Carl Schmitt. Il pouvait vous envoyer dans un camp de concentration… »

70

Il a ce pouvoir, parce que c’est lui dans une grande mesure qui a donné le pouvoir aux hitlériens.

71

Être attentif à ses écrits est donc chose très nécessaire. Mais évoquer, comme a pu le faire en 2001 un philosophe français dans un dialogue avec Jürgen Habermas – évoquer à la file une « tradition » de la peur, qui irait « de Hobbes à Schmitt et même à Benjamin… », une pareille affectation de trait désinvolte n’est sans doute pas acceptable.

72

La seule pensée de voir Schmitt ainsi placé entre Hobbes et Walter Benjamin nous tord grossièrement l’esprit. Conçoit-on Benjamin discutant avec Schmitt sur l’excellence des lois de Nuremberg et du concept d’ennemi « substantiel », quand celui-ci signifie les morts par millions ? Même les replis de la « déconstruction » ne permettent pas de telles naïvetés.

73

Il faut donc relire, grâce à sa toute récente réédition critique, la description que façonne Schmitt de cette prétendue Constitution de la liberté pour justifier par ces termes les lois d’apartheid fabriquées à Nuremberg, dans le but de séparer des hommes et des femmes d’autres hommes et femmes – avec l’arrière-pensée déjà de mettre à mort. Il faut alors confronter cela, face à la pensée de Benjamin, qui est son contraire absolu.

74

Nicolaus Sombart a montré comment Carl Schmitt occupe tout l’espace entre la chute du Reich bismarckien et le IIIe Reich. Et l’accès au vestibule du pouvoir, c’est le pouvoir déjà – sauf là où le pouvoir tient la porte fermée à clés. Carl Schmitt dès lors voudra « avancer » davantage par son furieux Congrès antisémite de 1936. Et pourtant il est déjà la cible d’une vague d’assauts polémiques, chez les nazis. Dans le même tempo que Heidegger, mais un peu plus tard.

75

Il est vrai qu’on n’est jamais tranquille dans l’État total. Même pour celui qui l’a inventé. Et tandis que Heidegger devient la cible de ss de deuxième main, qui l’accuseront d’être la philosophie d’un prétendu « nihilisme métaphysique », en reprenant la formule à un paisible « philosophe des valeurs », Rickert – pour Carl Schmitt, la leçon sera plus rude. Car elle émanera de l’organe même de la ss, « Corps Noir », Schwarze Korps.

76

L’article fatal lui reproche donc les termes mêmes d’État total, qu’il juge, là aussi, trop « libéral », puisque fait de deux mots latins… Il propose en contrepartie la formule plus « originaire », moins « latine » (et « libérale ») de la völkische Ganzheit, la « Totalité raciste ». L’article, qui avance sans nom, émanerait donc, selon le très schmittien Forsthoff, de Höhn ; ou, selon d’autres sources, de Freisler, le futur « juge » des insurgés du complot contre Hitler, déjà juge furieux de Sophie Scholl.

77

Nous noterons que Le Léviathan de Carl Schmitt va condenser, pour refaire sa réputation en 1938, un conte simulé de la situation en 1933, tout en renversant ses données. Il décrira la « grande baleine » du Léviathan, attaquée et cruellement dépecée par un couteau manipulé par les « puissances indirectes », églises et syndicats – Zentrum catholique et social-démocratie. La référence flottante à Marx, Heine et Rothschild, et le nom flottant de Léviathan, indiquent en termes voilés qu’il s’agit bien de remodeler les thèmes mis en scène par Heine lui-même : le « couteau de la circoncision » est mis en cause, c’est lui qui a « dépecé » la grande baleine de l’« État total ». Alors qu’à l’inverse c’est précisément l’« État total » schmittien qui est venu dépecer la République de Weimar et ses bases, le Centre et les sociaux-démocrates, alliés fragiles. L’attribution du « couteau » prend sens si l’on entend la référence au Romancero de Heine (mais cette référence littéraire est interdite dans le Reich). Il s’agit alors du « couteau de la circoncision », quand le rabbin et le capucin s’affrontent devant le rois des Kazars. Cette allusion, trop fine certes pour un lecteur ss, fait du Léviathan de Schmitt, comme le soulignait Nicolaus Sombart dans ses dernières années, son écrit le plus sournoisement antisémite. Mais la subtilité de la perfidie en est trop grande pour lui faire regagner son rang, dans son propre totale Staat.

78

Mais ce qui compte, dans ce récit qu’il nous faut sans cesse recommencer en regard critique, c’est cette action verbale que les anciennes grammaires perçoivent dans la forme accusative des déclinaisons : car l’accusatif, c’est le cas qui accuse le plus directement l’action du verbe sur le complément. Ainsi, rem est la chose, là où elle reçoit directement l’action verbale : là où elle est ce « rien » du point d’action. Ainsi, rem, « rien », a traduit nihil, dans le passage de la langue latine à la française. Et le « nihiliste » au sens d’Anacharsis Cloots, au cœur de la Révolution aperçue par l’« Apôtre du genre humain », devient un instant le « riéniste », dans le langage de Joseph de Maistre.

79

Or l’action verbale de la « formule agissante » que Schmitt a su, dira-t-il, « forger » de 1931 à 1933 a bien été un opérateur crucial du passage entre Weimar et le Reich troisième. Elle est le cadeau que Schmitt, au nom de Papen, va faire à Hitler.

80

Que pense celui-ci, au « fond », de l’État ? Les termes dont use la seconde partie du stupide discours de Mein Kampf sont très loin du discours juridique : « Le völkische Staat a pour but la conservation des éléments raciaux originaires. » Ces rassische Urelemente n’ont plus sens aujourd’hui, dans l’exploration du génome humain. Où les gènes communs au platane, au cheval, à l’homme ouvrent la scène d’une très large communauté de la vie.

81

Des discours qui nient grossièrement la communauté des vivants, le plus proche disciple de Schmitt, Ernst Forsthoff, en rend compte en 1933. Car, souligne-t-il aux derniers moments de son livre, qui s’intitule Der totale Staat : « L’État total est un État völkisch. » Et il précise sans sourciller, et comme pressentant les commentaires bassement flatteurs de son maître Schmitt sur les décisions « raciales » de Nuremberg, prétendues mesures de « liberté » : « Il y a de nouveau des parias en Europe. » Es gibt wieder Parias in Europa.

82

Peut-on parler ici de « philosophie politique », chez le maître comme chez le disciple ? Nous sommes dans l’épaisseur noire de l’Histoire.

83

Il importe, pour la survie humaine, d’en avancer l’exploration : le regard dans les yeux ouverts.

Notes

[1]

Der Staatsaufbau des Deutschen Reiches, von Wilhelm Stuckart, Staatssekretär im Reichsministerium des Innern, Leipzig, Verlag Kohlhammer, 1943, p. 20.

2 ) Par Yves Charles Zarka, Un détail nazi dans la pensée de Carl Schmitt. La justification des lois de Nuremberg du 15 septembre 1935, Paris, puf, 2005 ; traduction de Denis Trierweiler.

 

 

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La Chine pionnière de la reconnaissance faciale et de la société de contrôle

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MONDE EN BREF : Depuis les fast-foods, les universités ou la lutte contre la criminalité jusqu’aux distributeurs de papier toilette dans les endroits publics, la Chine est à la pointe de l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale. 

Pour ses partisans, cette technologie rend la vie plus facile et plus sûre. Pour ses opposants, c’est une façon de plus pour le gouvernement de surveiller d’encore plus près les 1,4 milliard de Chinois. A Shanghai et d’autres grandes villes, la reconnaissance faciale se retrouve même dans les rues, pour traquer ceux qui ne respectent pas les règles de la circulation. Ainsi, les piétons qui traversent en dehors des passages réservés sont systématiquement photographiés, et leur photo apparaît immédiatement sur un grand écran installé au carrefour le plus proche. Pour ne plus se retrouver sur cet “écran de la honte“, ils doivent payer une amende de 20 yuans (3 euros). La police utilise aussi la technologie de reconnaissance faciale pour repérer des suspects recherchés. Elle a notamment été utilisée récemment dans la petite ville de Qingdao, productrice de la bière Tsingtao, où des caméras placées à l’entrée d’un festival de la bière ont permis d’arrêter 25 suspects.

Tous les Chinois à partir de 16 ans doivent maintenant être munis d’une pièce d’identité avec photo et adresse, ce qui signifie que les autorités disposent d’une vaste banque de données. Aussi la Chine, estiment les experts, est-elle en nette avance sur l’Occident en la matière, notamment parce que ses lois sur la vie privée sont bien moins strictes, et que ses citoyens ont l’habitude d’être photographiés, de se faire prendre leurs empreintes digitales et de donner toutes sortes de renseignements personnels aux autorités.

Cette technologie s’immisce aussi dans toutes sortes de transactions. Ainsi dans les toilettes du Temple du Ciel, à Pékin, les distributeurs de papier en sont équipés pour lutter contre le vol. Si quelqu’un tente de se servir plusieurs fois, le distributeur le reconnaît et refuse de lui donner du papier, lui rappelant poliment qu’il s’est déjà servi. Avant de suggérer, toujours poliment: “S’il vous plaît, revenez plus tard“. Une des universités de Pékin, qui abrite l’École normale, en a mis à l’entrée des dortoirs, pour s’assurer que seuls ses étudiants y entrent, “ce qui nous permet de mieux vérifier où se trouvent les étudiants“, a expliqué un responsable de l’Université à l’agence Chine nouvelle. Des banques commencent à en équiper leurs distributeurs automatiques pour remplacer les cartes. Cette nouvelle avancée s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des hautes technologies. Le gouvernement chinois a annoncé en juillet son intention de faire de son pays le numéro un de l’intelligence artificielle d’ici 2030, avec un marché local de 150 milliards de dollars.

Cette tendance, selon Yue Lin, professeur de droit à l’Université de Shanghai, est poussée principalement par les compagnies chinoises de technologie telles qu’Alibaba ou Baidu. ML [28.10]

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En remontant les Champs-Elysées...

<<<<<<<<<<Dedefensa<<<<<<<<<<<<

Trump à Paris avec Macron parlant “entre amis”, Melania super-chic qui ne pouvait manquer de déchaîner l’enthousiasme bien-parisien jusqu’à rappeler Jackie K. en 1961 (“Bonjour, je suis le type qui accompagne Jackie Kennedy”, phrase fameuse de pince-sans-rire de JFK à sa conférence de presse parisienne de ce voyage parisien d’antan et en grandes pompes). Pourtant, Macron sortait tout droit d’un sommet avec l’Allemande Merkel où d’importantes décisions communes avaient été prises, mais manifestement l’inégalité de la perception entre les deux rencontres ne faisait aucun doute. Aujourd’hui, la communication règne et c’est elle qui règle la perception à partir de quoi l’on en déduit les politiques, à partir de quoi les dirigeants politiques développent leurs politiques qui leur sont ainsi imposées.

WSWS.org ne manque pas de s’intéresser à cet événement et d’en mettre en évidence les étrangetés, les paradoxes, les contrepieds même, voire les contradictions, – mais tout cela, en apparence peut-être, parce que les options des uns et des autres auparavant étaient loin d’être évidentes. Là aussi, il y avait les jeux de perception ; lorsque la communication règne, les lignes politiques sont aussi fluides que les lignes d’eau d’une rivière torrentueuse... Dixit-WSWS.org dans un article consacré à l’événement :

« L’invitation de Trump marque un tournant de la politique étrangère de Macron, mettant en évidence la profonde instabilité des relations entre les puissances impérialistes de l’OTAN. Après un quart de siècle de guerres impérialistes et d’une crise économique très profonde, cela depuis la dissolution de l’URSS de 1991, [...] l’OTAN, fondée sur une hostilité collective à l’URSS, est secouée de tous côtés par des rivalités qui menacent de se transformer en conflits ouverts, sinon en guerres pures et simples.

» Durant sa campagne présidentielle, Macron réagit au Brexit et à l’élection de Trump en se rapprochant de l’Allemagne. Son premier voyage hors de France [...] fut pour Berlin, pour tenter de relancer le “moteur” de l’axe franco-allemand qui est la principale force motrice de l(‘UE. Ce geste semblait aligner Macron sur Merkel dans le conflit de cette dernière avec Trump, qui avait dénoncé l’Allemagne et même menacé d’engager une guerre commerciale en bloquant ses exportations vers les USA.

» Pourtant, quelques jours après le sommet du G20 du Hambourg des 7-8 juillet Trump est de retour en Europe cette semaine, cette fois pour célébrer avec Macron le centenaire d’une guerre contre l’Allemagne. Hier, Macron et Trump ont observé un silence extraordinaire sur l’Allemagne. Ce silence était d’autant plus significatif que Macron venait juste d’une rencontre du conseil des ministres franco-allemands qui avait eu lieu justement le matin à Paris, à la fin duquel Merkel et Macron tinrent une conférence de presse commune pour annoncer différentes incitatives communes importantes. »

La rencontre (Trump-Macron) amena également comme un symbole important la mise en évidence de convergences entre Macron et Trump qui les placent à la fois, – dans la perception qu’on en a par rapport aux diverses agitations en cours, – comme des anti-globalistes du genre que Merkel n’apprécie guère. On note, sans surprise parce qu’on le savait mais d’une façon justement symbolique si importante pour la perception de la chose, leur accord pour une certaine régulation du commerce en général qui a comme des échos de protectionnisme, et leur accord pour poursuivre en Syrie sans une seconde exiger le départ d’Assad qui est depuis plusieurs années, lui aussi symboliquement, une bête noire des globalistes. Tout cela s’accorde assez bien avec les rencontres Macron-Poutine et Trump-Poutine, sans que les rapports Poutine-Merkel actuellement assez plats et sans joie rattrapent en quoi que ce soit l’orientation générale ainsi perçue, – de tonalité anti-globaliste, répétons-le.

(Pour donner une bonne mesure de la confusion des choses, de l’accélération extraordinaire des prises de position, de l’instabilité non moins surprenante des lignes qu’on croyait immuables, il y a cette attaque dont le Financial Times se fait l’écho d’une sortie anti-Bannon, anti-Trump indirectement, de la part d’un homme très proche du Pape François. L’on s’insurge ainsi contre la position anti-islamiste de la politique de Trump alors qu’il resterait pour un pape standard beaucoup à faire pour la protection des chrétiens des régions de l’Islam en pleine effervescence. Cela conduit Tyler Durden, de ZeroHedge.com, à faire ce simple commentaire : « Cela ne surprendra pas ceux qui jugent que le Pape François est très fortement impliqué dans le projet du Nouvel Ordre Mondial... » On est globaliste ou on ne l’est pas, et donc partisan du brassage des populations que les événements chaotiques ici ou là au Moyen-Orient produisent au nom de la croisade anti-Assad, ce brassage que François ne peut s’empêcher de juger admirable et quasiment œcuménique, sous les applaudissements de Merkel.)

Ainsi est-il particulièrement inapproprié de juger la présence de Trump à Paris, disons “inappropriée” selon les habituelles et classiques lignes de considération transatlantique, – notamment “la vassalisation” aux USA, selon le thème anti-Trump développé par les Insoumis, Mélenchon en tête qu’on a connu décidément mieux inspiré. On espère qu’il sait, Mélenchon, la position qu’occupe actuellement Trump à Washington D.C. et la situation qu’on y trouve, et qu’il est d’une argumentation un peu pauvre de parler de la “vassalisation” à un pouvoir dont personne ne sait plus rien, ni qui le détient, ni où il se trouve, ni s’il existe encore, mais dont la seule chose assurée que l’on sache est qu’il n’est dans tous les cas nullement dans les mains du président des États-Unis... Enfin, s’il fallait s’en tenir au symbole du discrédit et de la diffamation, on préfèrerait se faire accuser d’être le “vassal” d’un président sans pouvoir et complètement isolé à Washington plutôt que le “vassal” (pardon, “la vassale”) du Deep State qui veut jusqu’à la folie complète la peau de Donald Trump. La haine anti-Trump du Deep State a atteint un tel degré, une telle intensité, que quoi qu’il fasse, Trump (missiles de croisière contre la Syrie, menaces contre la Corée du Nord, etc.), il est irrécupérable, rebelle, impardonnable, cible désignée pour tout sniper de bonne volonté, – antiSystème quoi, – et encore, “à l’insu de son plein gré”, les pires...

   ... Bref, si l’on veut la faire courte et imagée, l’on dira qu’aujourd’hui, la mauvaise humeur et la dureté de Merkel vis-à-vis de Trump ne signifient en rien une révolte contre l’hégémonie US mais exactement le contraire, c’est-à-dire une bonne et stricte obéissance aux conseils du Deep State. C’est bien le sénateur McCain puis l’ancien directeur du renseignement national James Clapper qui sont allés en Australie, début juin, dire, l’un après l’autre, qu’un bon allié des USA, aligné sur les USA comme il doit l’être, doit aujourd’hui complètement tourner le dos au président Trump, bras d’honneur compris, et attendre paisiblement sa chute qui ne saurait tarder.

   On peut vaguement espérer que Macron sait tout cela, – ce qui est à peu près aussi évident que dans le cas désolant de Mélenchon, – mais quoi qu’il en soit tout se passe comme s’il le savait. Il reste en effet que jouer la “carte Trump” aujourd’hui, c’est, au risque de se faire accuser d’interférences dans les affaires intérieures de Washington D.C., jouer contre le Deep State, c’est-à-dire contre la politiqueSystème, c’est-à-dire contre l’hégémonisme US, c’est-à-dire contre le Système.

Observer cela, ce n’est tresser des couronnes ni à l’un ni à l’autre, ni annoncer de nouvelles alliances, ni prévoir quoi que ce soit puisque tout, absolument tout aujourd’hui est imprévisible. Les seules choses assurées, ce sont les effets de la perception immédiate qui constituent les seuls faits marquants se produisant effectivement dans une réalité qui n’existe plus, la seule vérité-de-situation à apparaître. Aujourd’hui, le couple Macron-Trump à Paris a eu comme effets, sans qu’aucun acteur n’en soit avisé qu’importe, d’affaiblir la position de Merkel en Europe, d’affaiblir les liens entre la France et l’Allemagne au profit de l’image de la souveraineté française, de renforcer l’hostilité du Washington D.C. classique à l’encontre de Macron et de la France, bref de faire de celui que tout le monde (including nous-mêmes) désignait avec les meilleurs arguments du monde comme l’élu du parti globaliste français un inconscient qui ne cesse d’emprunter des voies anti-globalistes.

Ainsi soit-il et restons-en là, car demain est un autre jour avec de nouveaux événements surprenants, de nouvelles positions imprévues et inattendues... Car, comme dirait peut-être notre bon Pape François s’il consulte encore son missel, “les voies du Seigneur sont impénétrables”, – mais “impénétrables” à ce point, même ce pape si singulier ne s’en doutait pas.

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Vous êtes invitée au premier défilé L’Oréal à Paris !

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"Le 1er octobre ? J'peux pas, je serai sur le front row du défilé L'Oréal." Non, ce n'est pas une réplique culte de Miranda dans Le diable s'habille en Prada. Vous êtes VRAIMENT invitée par L'Oréal, qui organise son tout premier catwalk sur les Champs-Élysées à l'occasion de la Fashion Week parisienne. Et c'est ouvert à tous et à toutes ! La Paris Fashion Week pour tous ? On signe !

L'Oréal Paris organise son premier défilé mode et beauté

L'Oréal Paris est partenaire officiel de la Fashion Week parisienne. Ses make-up artists et ses coiffeurs talentueux arpenteront les coulisses des grands shows de la semaine de la mode. Mais pas que les coulisses ! 

Cette année, le dimanche 1er octobre plus précisément, L'Oréal organise son tout premier catwalk pour présenter ses innovations coiffure et maquillage. 

L'évènement sera orchestré par Val Garland, make-up artist de renom et directrice make-up internationale de L'Oréal, ainsi que par le talentueux hair stylist Stéphane Lancien. 

Les égéries-star de la marque défileront pour dévoiler pas moins de 70 looks sur le thème de la fameuse beauté à la parisienne.

Pour l'occasion, la marque s'est associée à des grandes maisons de couture et à de jeunes designers pour un défilé qui s'annonce CANON sous tous les angles !

Un catwalk géant pour démocratiser la Fashion Week

Mais l'info que l'on retient par dessus tout, c'est que cet évènement est accessible... sans invitation !

Bookez votre 1er octobre, car tous les Parisiens de naissance ou d'adoption pourront assister au défilé, qui se tiendra sur les Champs-Élysées.

Voilà une occasion rêvée pour assister à votre premier défilé de mode. 

En revanche, le très convoité premier rang sera réservé aux 600 figures de la mode et de la beauté invitées en VIP (parmi lesquelles Doutzen Kroes et Jane Fonda, quand même).

Quelques chiffres pour la route ? Préparez-vous à un catwalk de 60 mètres de long, à un défilé diffusé sur 2 écrans géants, pour un évènement waou où plus de 300 000 personnes sont attendues ! 

La cerise sur le gâteau : deux master classes exclusives seront organisées après le show pour reproduire un look du défilé. Des cabines installées sur les Champs-Elysées permettront également de tester l'un des looks aux côtés des maquilleurs de la marque. 

>> Bref, pour découvrir avant tout le monde les tendances maquillage qui feront la prochaine saison printemps-été (oui, déjà), vous avez trouvé votre place to be (en plus de Cosmopolitan.fr, bien sûr).

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Les cheminots devront travailler hors de la SNCF

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Depuis plusieurs mois, sénateurs et dirigeants d'entreprises de transports phosphorent sur les modalités de transfert des personnels qu'il faudra très prochainement consigner dans le projet de loi sur l'ouverture à la concurrence du ferroviaire.

Volontaires ou contraints? Selon le magazine Ville, rail et transports, les cheminots salariés de la SNCF pourraient être contraints de rejoindre l'entreprise privée choisie par une région à la suite d'un appel d'offres. Depuis plusieurs mois, sénateurs et dirigeants d'entreprises de transports phosphorent sur les modalités de transfert des personnels de la SNCF qu'il faudra très prochainement consigner dans le projet de loi sur l'ouverture à la concurrence du ferroviaire. «Le principe retenu repose sur le transfert obligatoire du personnel», précise VRT, qui a dévoilé lundi le contenu de cette position adoptée par l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), le syndicat qui réunit les entreprises opérant en France (SNCF, Transdev, RATP, Deutsche Bahn…).

«Un appel au volontariat serait toutefois prévu si des agents refusent de quitter la SNCF pour des raisons fondées (par exemple familiales)»

Selon le magazine ­Ville, rail et transports

Les régions pourront dès décembre 2019 faire appel à un opérateur autre que la SNCF pour exploiter les lignes de trains régionaux (TER). À cette occasion, elles choisiraient «le périmètre du personnel à transférer, sur proposition de la SNCF». Un bémol: «Un appel au volontariat serait toutefois prévu si des agents refusent de quitter la SNCF pour des raisons fondées (par exemple familiales). Dans ce cas, des volontaires pourraient se substituer au personnel initialement prévu», souligne le magazine, qui reprend la proposition de l'UTP. Un cadre souligne qu'«il existe une obligation de mobilité dans le statut des cheminots, même si pour le moment, elle a rarement été activée».

L'occasion s'est seulement présentée dans le fret ferroviaire lorsqu'il a été ouvert à la concurrence en 2006. En cas de transfert chez un opérateur concurrent, les cheminots conserveraient leur rémunération, leur retraite, leurs facilités de circulation, leurs avantages. Mais ils se soumettraient à l'organisation du travail dans la nouvelle entreprise.

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Macron bradera-t-il l'industrie et la France ?

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FIGAROVOX/TRIBUNE - Pour Francis Journot, le nouveau pouvoir en place n'a pas de véritable ambiton industrielle et « l'élection d'Emmanuel Macron peut faire craindre le pire » pour l'industrie française.

 Francis Journot est membre des associations «Vêtements made in France» et «Rendez-nous notre industrie». Il tient le site www.collectivite-nationale.fr.

Le sens de l'État et de l'intérêt général semble de moins en moins peser dans les choix politiques. Notre pays est depuis quatre décennies, progressivement privé de ses prérogatives et dépossédé d'intérêts stratégiques mais l'élection d'Emmanuel Macron peut faire craindre le pire.

 

Une absence de vision et d'ambition industrielle

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'est peu exprimé à propos de stratégie industrielle. Aussi faut-il se référer à la période durant laquelle il occupait successivement les postes de Secrétaire général adjoint à l'Elysée et de ministre de l'Economie et de l'Industrie.

Mandaté par le gouvernement, le cabinet américain McKinsey élaborait 34 plans industriels.

On peut penser que ces plans industriels sans lendemain, faiblement financés mais annoncés à grand renfort médiatique, étaient surtout destinés à entretenir l'illusion d'une volonté industrielle.

Le programme mutait ensuite vers 10 solutions de la nouvelle France industrielle, puis l'Usine du Futur et enfin l'industrie du Futur que des start-up pourraient générer.

Néanmoins, on peut penser que ces plans industriels sans lendemain, faiblement financés mais annoncés à grand renfort médiatique, étaient surtout destinés à entretenir l'illusion d'une volonté industrielle.

Les dirigeants n'ont probablement pas attendu les recommandations de l'ancien inspecteur des Finances pour envisager de moderniser leurs usines mais en suggérant un manque d'anticipation des entreprises, la responsabilité gouvernementale en matière de désindustrialisation était ainsi atténuée.

Il n'est pas certain que l'homme pressé ait réellement appréhendé la complexité et le temps long du développement industriel ou les conséquences de la disparition de géants technologiques parfois centenaires.

Dans une tribune publiée en septembre 2011 dans «Marianne», nous interrogions, «Le PS veut-il vraiment réindustrialiser la France? «. Mais au lendemain de l'élection de François Hollande, le profil des plus proches conseillers dont celui du poulain de Jacques Attali, ne nous permettait plus d'espérer raisonnablement une politique de réindustrialisation même si la nomination d'Arnaud Montebourg au ministère de l'Economie, pouvait donner le change.

On observe dans le nouveau gouvernement, l'absence de ministère ou de secrétariat d'Etat dédié à l'industrie et on peut subodorer que cette dernière sera souvent oubliée.

Industries du futur contre industries d'hier?

Le pragmatisme doit primer et Il ne semble guère pertinent d'opposer une industrie du futur certes plus compétitive mais qui ne crée que peu d'emploi, à des activités susceptibles de procurer du travail à une abondante main d'œuvre souvent peu diplômée et peu qualifiée dont le nombre croissant et le ressentiment de plus en plus difficile à contenir, aggraveront les désordres économiques.

Il convient de chercher un équilibre dans un marché du travail devenant bipolaire.

La dédaigneuse et récurrente assertion selon laquelle nous devrions considérer les industries manufacturières des biens de consommation comme dépassées, est significative d'une volonté manifeste de condamner celles-ci à la disparition.

Dès le début des années soixante-dix, le discours politique conseillait un abandon de la production de nos biens de consommation aux pays émergents et promettait déjà une nouvelle France industrielle.

Puis la politique industrielle préconisée au début des années 2000 par le PDG d'Alcatel Serge Tchuruk faisait également école. Le dirigeant du numéro un mondial de la fibre optique et géant des télécom avec 130 sites industriels et 150 000 salariés, avait déclaré «Alcatel doit devenir une entreprise sans usine». 30 usines et 58 000 salariés étaient rescapés du naufrage industriel.

La France compte maintenant cinq fois moins de robots industriels que l'Allemagne et deux fois moins que l'Italie.

D'autres groupes industriels choisissaient aussi de confier leur production à des sous-traitants de pays à bas coûts au lieu de continuer à investir dans leurs usines. La France compte maintenant cinq fois moins de robots industriels que l'Allemagne et deux fois moins que l'Italie.

Certes, les PME et ETI de l'industrie souhaitent rénover leurs installations mais les banques rechignent à financer des investissements lourds de sous-traitants qui ne peuvent garantir que les donneurs d'ordres rempliront les carnets de commandes. En 2008, les Etats généraux de l'industrie ont exclu des secteurs entiers de l'industrie manufacturière des biens de consommation dont les métiers disparaissent désormais, faute de financements publics et privés.

L'idéologie a remplacé la stratégie industrielle et la politique adoptée ne s'appuie guère sur un fondement économique sérieux. L'économie d'un pays qui ne produit plus repose sur des sables mouvants. Le secteur des services n'échappe pas non plus aux délocalisations et les startups créées ne comblent guère le déficit de croissance et d'emploi.

En témoignent maintenant, le déséquilibre de notre balance commerciale, le poids croissant de l'impôt et de cotisations pesant sur un nombre de plus en plus restreint de salariés et d'entreprises qui subséquemment, sont de moins en moins compétitives, le coût d'un chômage qui plombe toute l'économie puis l'augmentation des déficits et de la dette.

Le dogme du libre-échange dérégulé, invoque souvent un manque de compétitivité cependant pas toujours avéré et occulte les coûts cachés.

Il serait pourtant tout à fait possible, en usant des mécanismes de mutualisation et de péréquation que nous préconisons, de produire à nouveau en France, une part plus importante de nos biens de consommation.

Pour juguler l'hémorragie, il faut d'abord une volonté politique

Une volonté politique de protéger les entreprises françaises existantes de l'assaut de fonds prédateurs ou de groupes hostiles, est indispensable. Certes, depuis le traité de Maastricht, les restrictions relatives aux mouvements de capitaux entre états membres ou pays tiers sont interdites mais nous pourrions pourtant dans certains cas, parvenir à protéger nos entreprises ainsi qu'Arnaud Montebourg avait tenté de le faire avec le décret de mai 2014 protégeant les intérêts stratégiques.

Autre exemple, le démantèlement de l'empire Taittinger depuis son acquisition en 2005 par le fonds d'investissement américain Starwood. La famille Taittinger avait été contrainte à la vente de ses biens pour s'acquitter de l'ISF. Elle avait finalement empoché 428 millions d'euros avant impôts mais la vente par appartement aura rapporté 7 à 8 fois plus à Starwood.

La cristallerie Baccarat créée sous Louis XV , passée sous pavillon chinois moins de trois semaines après l'investiture d'Emmanuel Macron, pourrait symboliser la politique passée et à venir.

La cristallerie Baccarat créée sous Louis XV qui est passée sous pavillon chinois moins de trois semaines après l'investiture d'Emmanuel Macron, pourrait symboliser la politique gouvernementale passée et à venir. La vente du célèbre cristallier au fonds chinois Fortune fountain capital (FFC) clôture la liste qui comprenait déjà la marque de champagne éponyme et les parfums Annick Goutal mais aussi les palaces Le Martinez, Le Crillon, Le Palais de la Méditerranée, les cinq étoiles Concorde, l'Hôtel du Louvres et Le Lutetia, vendus pour la plupart à des investisseurs Qataris. Les 1120 hôtels du groupe Louvres Hôtels (enseignes Première Classe, Kyriad, Campanile, Tulip in, Golden et Royal) ont été cédés en mars 2015 au fonds chinois Jin Jiang, propriété de la municipalité de Shanghai, avec la bénédiction des ministres Laurent Fabius et Emmanuel Macron. Encouragé par ce succès, le fonds de Shanghai veut maintenant mettre la main sur le premier groupe hôtelier français Accor qui compte 4 100 hôtels et 240 000 collaborateurs.

Les industries high-tech ne sont pas davantage à l'abri de la vente ou de la délocalisation de leur activité. Lors de son passage à Bercy, Emmanuel Macron a également favorisé la vente du stratégique pôle énergie du fleuron industriel Alstom (65 000 salariés) à l'américain General Electric (GE), celle du leader mondial des télécoms et réseaux Alcatel-Lucent (62 000 salariés) au norvégien Nokia et la fusion du spécialiste de l'ingénierie pétrolière et gazière Technip (37 500 salariés) avec le texan FMC et le déménagement du siège à Londres.

Ces fautes stratégiques majeures apparaissent d'autant plus incompréhensibles que nous évoluons dans un climat de guerre économique mondiale particulièrement prédatrice envers l'industrie française et que nous avons déjà subi la perte de nombreux poids lourds de l'économie.

Plan d'austérité, blocage du pays puis braderie des biens de l'Etat, l'histoire pourrait se répéter

Le président Macron a promis à la chancelière Merkel de rester en dessous du plafond de 3 % de déficit budgétaire et d'appliquer les mesures d'austérité conformes aux grandes orientations de politique européenne (GOPE). Mais l'histoire se répétera-elle? Le premier ministre Edouard Philippe sera-t-il bientôt confronté à des difficultés semblables à celles rencontrées par son mentor politique Alain Juppé, autrefois premier ministre sous la présidence de Jacques Chirac?

En septembre 1995, le chef du gouvernement s'engageait auprès de Bruxelles à ramener en 2 ans le déficit public à 3 % du PIB mais en décembre près de 2 millions de français descendaient dans la rue pour protester contre son plan d'austérité. Afin de respecter la limite de déficit imposée par le traité de Maastricht, Il vendait des entreprises industrielles pour renflouer les caisses. Mais la privatisation du joyau Pechiney (aluminium) ne rapportait que 3,8 Mds de francs à l'État. Usinor-Sacilor n'était vendu que 10 Mds alors que le développement et les sauvetages successifs de la sidérurgie avaient couté plus de 100 Mds de francs aux contribuables français. Puis la première compagnie maritime française (CGM) était cédée pour seulement 20 millions après que l'Etat ait injecté 1,2 Md. Alain Juppé tentait en vain, la même année, de vendre au Sud-Coréen Daewoo, pour 1 franc symbolique, le fleuron technologique national Thomson après une recapitalisation de l'Etat à hauteur de 11 Mds de francs.

Gestion budgétaire à la petite semaine

La dette publique de la France s'élève à 2 200 Mds auxquels il faut rajouter les engagements hors bilan de l'Etat dont le montant dépasse 3 000 Mds d'euros.

Selon une communication de la Cour des comptes au Sénat, fin 2012 un engagement de 1679 Mds concernait les pensions de retraite des fonctionnaires, personnels des armées et agents de la poste et 1 400 Mds relevaient de garanties financières à destination d'acteurs économiques.

Le paiement des intérêts de la dette (charge de la dette) qui avoisine 50 Mds d'euros depuis quelques années, constitue souvent le premier ou deuxième poste de dépenses de l'État.

Par ailleurs, le paiement des intérêts de la dette (charge de la dette) qui avoisine 50 Mds d'euros depuis quelques années, constitue souvent le premier ou deuxième poste de dépenses de l'État.

Lorsque l'on ajoute un remboursement annuel moyen de capital de 100 Mds, les annuités (service de la dette) atteignent 150 Mds d'euros soit l'équivalent de la totalité de la dotation annuelle de l'éducation, défense, santé, emploi, justice, etc.

La vente de participations de l'Etat dans les entreprises, ne désendetterait pas notre pays de façon significative, n'assurerait guère la sauvegarde de notre modèle social et ne nous exonérait pas non plus de l'austérité. Seul un changement de paradigme économique incluant une relance massive de la production de biens en France, nous permettrait de renouer avec une vraie croissance susceptible de faire reculer le chômage, le déficit public et la dette.

Mais le rythme des cessions de biens publics ne ralentit pas. La loi Macron d'aout 2015 a permis la privatisation de plusieurs aéroports. Ainsi l'Etat français a cédé au consortium chinois Casil, 49.9 % du capital de l'aéroport Toulouse - Blagnac (ATB) pour un montant de 308 millions d'euros. Désormais, conformément au pacte d'actionnaires, le conglomérat chinois contrôle le quatrième aéroport régional français dont il est maintenant accusé d'en piller les réserves et de préparer l'éviction des autres actionnaires.

La privatisation des aéroports de Lyon et Nice a rapporté 1.76 Md d'euros et l'Etat a encore récolté 738 millions d'euros lors de la vente de 9.5 % des parts des Aéroports de Paris (ADP) puis à la fin de l'an dernier, Bercy avait même envisagé la cession de la moitié des 51 % encore détenus.

Après la dilapidation d'une part importante de notre patrimoine au cours des dernières années, on peut redouter que l'ancien banquier d'affaires ne vende au gré des sollicitations de la Commission européenne et à tour de bras, d'autres biens de la collectivité dont une majeure partie des 100 Mds d'euros de participations de l'état dans des entreprises parfois stratégiques, toujours plus d'immobilier, notre réserve d'or et peut être à l'instar de la Grèce, des ports maritimes, des forêts ou des sites culturels et historiques.

Francis Journot tient le site Collectivité nationale. Il est membre du mouvement Rendez-nous notre industrie et de l'association Vêtements made in France

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Catalogne : les bons et les mauvais séparatistes. Les médias raffolent du « bréxit » catalan !

<<<<<<<<<<<<METAMAG<<<<<<<<

Les médias ont pour les séparatistes catalans les yeux de Rodrigue pour Chimène. Un comble pour des anti-espagnols. Parfois les mondialistes aiment les séparatismes. Les partisans de la globalisation acceptent des nationalismes particuliers

C’est le cas en Ukraine pour affaiblir la Russie qui défie l’ordre mondial. Et c’est le cas en Catalogne .

En fait les Catalans peuvent organiser un référendum illégal soutenu par une police régionale quasiment putschiste. Ils ont toutes les excuses. Pourquoi ?

A cela il y a une explication simple. Pour les résistants anachroniques des médias l,a guerre civile espagnole n’est jamais terminée. Ils continuent à combattre Franco. Ils n’acceptent pas d’avoir perdu et que cette défaite se soit étendue en dernier ressort à la Catalogne ultime bastion des anarcho- républicains.

« Une- Grande – Libre » c’est l’Espagne de Franco avec sa « guardia civile » contre les héritiers des républicains. Que Franco soit resté au pouvoir jusqu’à sa mort, ils ne le supportent pas. Alors ils détruisent les statuts et les monuments comme dans le sud des Usa, c’est à cela d’ailleurs qu’on reconnait le fanatisme démocratique issu de notre belle révolution française. On veut se séparer d’un passé commun.

Le séparatisme catalan n’est pas une simple révolte identitaire. C’est un séparatisme idéologique contre la nation espagnole coupable d’avoir été franquiste et d’être encore monarchiste. Même si la monarchie a trahit Franco et ramené la démocratie parlementaire.

Cela n’est jamais présenté comme cela, mais c’est le fond du soutien médiatique à un mouvement quasi insurrectionnel et très peu démocratique. Ce n’est pas parce que l’on vote qu’on est un démocrate.

Il n’est d’autre part pas certain que les catalans soient en majorité pour la sécession. Mais seul importe la voix de ceux qui sont pour. Ceux qui préfèrent les migrants aux touristes et qui plus gauchistes que nationaux plaisent à l idéologie médiatique.

Jusqu’ou ira la crise ?

La fermeté du roi en aura surpris plus d’un. Rien n’est joué. Le roi Felipe VI a dénoncé dans son discours, le 3 octobre, la « déloyauté inadmissible » du gouvernement catalan, alors qu’à Barcelone 700 000 personnes manifestaient contre les violences policières. A Madrid, les drapeaux du royaume fleurissent et certains redoutent une montée de l’anti-catalanisme.

L’État pourrait réagir vivement car la déclaration d’indépendance serait basée sur un référendum illégal qui n’a pas été reconnu par une bonne partie de la population et auquel seuls les indépendantistes ont participé. Il a été organisé et contrôlé par des indépendantistes. Il n’y a pas eu de neutralité dans le contrôle des votes, pas d’autorité électorale neutre. L’intégrité du processus est mise en doute. Si Barcelone déclarait l’indépendance la réponse du gouvernement pourrait être musclée, allant jusqu’à une suspension de son autonomie pour prendre directement les rênes de la région, une mesure qui serait sans précédent dans cette démocratie très décentralisée.

Les risques pour l’économie espagnole en pleine croissance étaient à la Une de tous les quotidiens jeudi, au lendemain de la plus forte chute de la Bourse espagnole depuis le Brexit, entraînée par l’incertitude autour de la “crise catalane. “Toute l’Espagne commence à souffrir de l’effet Puigdemont, c’est un effet destructeur sur l’économie“, s’est alarmé, jeudi, Esteban Gonzalez Pons, eurodéputé espagnol conservateur, vice-président du groupe du Parti populaire au Parlement européen.

Ces derniers jours, de grands patrons catalans, tout comme le patronat national CEOE, ont aussi fait part de leur “préoccupation maximale” devant une éventuelle déclaration d’indépendance.

Tout en condamnant la violence lors du référendum de dimanche, le Cercle d’Economia, un important lobby patronal de la région, a estimé qu'”une telle déclaration plongerait le pays dans une situation extrêmement complexe, aux conséquences inconnues, mais dans tous les cas très graves“.

L’Espagne à peine sortie d’une crise économique majeure pourrait y replonger et avec elle toute l’Europe du sud, France comprise.

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Hongrie : consultation nationale contre le “plan Soros”

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Hongrie – Le gouvernement conservateur hongrois de Viktor Orbán lance une nouvelle consultation nationale. Après avoir demandé aux Hongrois de s’exprimer sur les migrants et les ingérences de Bruxelles, le gouvernement hongrois se penche cette fois sur ce qu’il appelle le “plan Soros”.

Se référant à des déclarations publiques et par voie de presse du spéculateur et activiste mondialiste américain George Soros – d’origine juive hongroise et de son vrai nom György Schwartz -, le gouvernement de Budapest cherche par cette consultation à informer les gens des intentions de cet homme d’influence concernant l’Europe et la Hongrie.

C’est également un moyen pour le gouvernement de légitimer une politique de plus en plus volontariste contre l’ingérence occidentale et libérale-libertaire, tant soutenue par le milliardaire américain.

À travers 7 affirmations – chacune accompagnée d’explications détaillées -, la consultation nationale rappelle les objectifs affichés de George Soros :

1. George Soros cherche à convaincre Bruxelles d’installer chaque année au moins un million de migrants d’Afrique et du Proche-Orient sur le territoire de l’Union, y compris en Hongrie.

2. George Soros et les dirigeants bruxellois souhaitent réussir à faire démanteler les barrières de protection frontalières par les États-membres de l’Union, et donc aussi celle de la Hongrie, afin d’ouvrir les frontières aux immigrants.

3. Le plan Soros consiste également à imposer la répartition des immigrés massés en Europe occidentale, en particulier vers les pays d’Europe de l’Est. La Hongrie devrait alors également y contribuer.

4. Sur la base du plan Soros, Bruxelles devrait contraindre les États-membres, et donc la Hongrie, à verser 9 millions de forints (15.000€) d’aides publiques à chaque migrant.

5. George Soros cherche également à ce que les migrants bénéficient de peines plus légères pour leurs crimes.

6. L’objectif du plan Soros est de reléguer au second plan la langue et la culture des pays européens afin d’accélérer l’intégration des immigrés illégaux.

7. Le plan Soros a également pour objet d’initier des attaques politiques et sanctionner durement les pays s’opposant à l’immigration.

Pour l’opposition, le gouvernement fait de George Soros un bouc émissaire et s’immisce dans la campagne en vue des élections d’avril 2018, laquelle a de facto déjà commencé.

Toutefois, Viktor Orbán et son gouvernement comptent bien mener jusqu’au bout leur dénonciation de George Soros et de ses sbires, ONG de la “société civile” et activistes mondialistes. D’après les sondages, le peuple hongrois répondra cette fois encore favorablement aux questions du gouvernement, donnant ainsi à Viktor Orbán la légitimité renouvelée pour agir contre le dénomme “plan Soros”.

 

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Discours de rentrée de Viktor Orbán : christianisme et identité contre libéralisme occidental

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Hongrie, Budapest – Pour la rentrée parlementaire, le Premier ministre conservateur Viktor Orbán a de nouveau tenu des propos forts et a annoncé la couleur pour les derniers mois de ce mandat.

Mi-septembre, pour la rentrée parlementaire, Viktor Orbán a tenu deux discours qui se complètent. Le premier discours a eu lieu devant un parterre d’intellectuels chrétiens invités au parlement, parmi lesquels le cardinal de Hongrie Péter Erdő, sur la même ligne que le gouvernement concernant la migration.

Durant son allocution, M. Orbán a estimé que l’adoption par la Hongrie et l’Europe centrale du “libéralisme occidental signifierait un suicide spirituel pour les centre-européens”. Selon l’homme fort de Budapest, cela signifierait pour l’Europe centrale de “devenir des sociétés mixes de notre vivant, balayant ainsi irréversiblement nos identités nationales et chrétienne”.

Le Premier ministre hongrois a ensuite nommé le coupable pour ce projet de transformation radical des sociétés européennes. “Ce programme de transformation des pays en pays d’immigration est communément désigné sous l’appellation de Plan Soros”, du nom du spéculateur milliardaire et activiste multiculturaliste de citoyenneté hongro-étatsunienne George Soros. “Ce plan décrit exactement comment tourner des pays récalcitrant d’Europe centrale à l’immigration en pays d’immigration”, a-t-il continué.

Mais parlant toujours au nom de l’Europe centrale, Viktor Orbán ne s’est pas montré découragé. “Mais nous savons bien sûr ce que nous avons à faire : joindre nos forces, agir ensemble et ne laisser personne pénétrer nos défenses”.

Le Premier ministre a conclu en appelant tout patriote et chrétien à donner son avis lors de la prochaine consultation nationale sur le Plan Soros, rappelant qu’il “vaut la peine de donner un plus grand pouvoir et une plus grande autorité que jamais à ceux qui sont prêts à défendre le futur de la Hongrie chrétienne”, et que le gouvernement hongrois y était prêt.

Quelques jours plus tard, Viktor Orbán tint son deuxième discours de rentrée, cette fois devant le parlement réuni. Après avoir abordé des questions de politique intérieure, le Premier ministre hongrois a abordé encore une fois la question migratoire, le Plan Soros et l’aspect civilisationnel de ces positions politiques.

Selon Viktor Orbán, “l’ancien ordre mondial économique et politique est terminé et un nouvel ordre mondial vient, et on ne peut l’empêcher”. La mise en place de ce “nouvel ordre mondial” est responsable des grands mouvements de population actuels, selon M. Orbán. Et ces migrations vont de pair avec “la nouvelle offensive mondiale d’une des religions principales, l’Islam”.

Concernant les vagues migratoires vues à ce jour, il ne s’agissait “que de l’échauffement”. Selon Viktor Orbán, les informations fournies par l’OTAN font état de 60 millions de personnes en Afrique se mettant en route d’ici 2020 vers l’Europe. Il accuse donc la politique migratoire de Bruxelles d’être ainsi responsable des “actes terroristes devenus hebdomadaires, de la dramatique chute de la sécurité publique, et du changement visible à l’œil nu du visage démographique, religieux et culturel de l’Europe”.

“C’est de cela que nous voulons préserver la Hongrie, l’Europe centrale, et si cela est encore possible, toute l’Union européenne,” a déclaré Viktor Orbán. Selon le Premier ministre hongrois, la politique migratoire détermine à l’heure actuelle deux camps au sein de l’Union européenne.

D’un côté, les pays qui “invitent voire organisent la venue […] de peuples invasifs”, devenus des “pays mixés”. Rappelant que les données indiquent “une croissances des populations “non-chrétiennes et une décroissance des Chrétiens”, le Premier ministre fait un sous-entendu fort en concluant sa phrase par un laconique “le reste n’est que mathématique simple pour en connaître l’issue”.

De l’autre, les pays opposés à l’immigration, tel que la Hongrie, qui tiennent à “leur sécurité, leur mode de vie, leurs identités nationales et religieuses”, avant d’ajouter que “nous voulons une Hongrie hongroise, et en soupirant nous disons, que nous souhaiterions aussi une Europe européenne”.

Ainsi pour Viktor Orbán, l’avenir de l’Union européenne repose sur la possibilité pour ces deux groupes de pays de s’entendre sur un nouvel ordre en Europe pour cohabiter, ce qui ne serait possible “qu’en respectant les volontés démocratiques de chacun”.

Mais pour le moment, les pays d’immigration suggèrent comme solution à cette rupture entre pays pro et anti-immigration, que “les pays refusant l’immigration l’acceptent. Sans quoi ils nous agressent, et nous y contraignent. C’est de cela qu’il s’agit dans l’affaire des quotas obligatoires […]. C’est ce que j’appelle le Plan Soros,” a conclu le Premier ministre, réitérant l’importance stratégique de son opposition à cette menace identifiée et nommée, accusant les bureaucrates bruxellois de manger dans la main de l’influent milliardaire.

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Troupes US «en sécurité» sur des territoires de Daesh : Moscou publie des images aériennes de Syrie

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Le ministère russe de la Défense a publié une série d'images aériennes qui montreraient des équipements des forces spéciales américaines sur des zones contrôlées par Daesh près de Deir ez-Zor en Syrie. Aucune trace de combats n'aurait été constatée.

Le ministère russe de la Défense a publié sur Facebook le 24 septembre une série de photos aériennes, qui auraient été prises au nord de Deir ez-Zor, en Syrie, dans des zones contrôlées par Daesh. On y distinguerait des équipements des forces spéciales américaines. Selon le texte du communiqué russe qui accompagne la publication, ces images prouveraient que «les troupes américaines se sentent absolument en sécurité dans des régions contrôlées par les terroristes».

«Les forces spéciales américaines permettent aux FDS [la coalition militaire des Forces démocratiques syriennes] soutenues par Washington de traverser sans encombres les positions de Daesh», a expliqué le ministère.

«Sans résistance de la part des militants de Daesh, les troupes des Forces démocratiques syriennes se dirigent vers la ville de Deir ez-Zor, le long de la rive gauche de l'Euphrate», peut-on encore lire dans le communiqué.

«Bien que l'armée américaine soit positionnée où les troupes de Daesh sont déployées, il n'y a pas le signe d'un combat», ajoute encore le ministère, s'étonnant du fait que les forces américaines se sentent «absolument en sécurité» dans une zone contrôlée par des terroristes.

Prises entre le 8 et le 12 septembre, ces images montreraient, selon Moscou, des véhicules d'infanterie mobile et des Hummers blindés appartenant aux forces spéciales américaines, stationnées au nord de Deir ez-Zor, dans une zone où les djihadistes de Daesh se sont repliés.

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http://www.cosmopolitan.fr/vous-etes-invitee-au-premier-defile-l-oreal-a-paris,2005459.asp

 

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Des parlementaires californiens veulent sanctionner les sociétés qui construiraient le mur de Trump

Le 22 mars 2017 <<<<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<<<

Les élus entendent cibler les entreprises qui participeraient à la construction du mur le long de la frontière mexicaine annoncé par le président américain. Ils ont présenté un projet de loi visant à pénaliser cette collaboration.

«Les Californiens construisent des ponts, pas des murs [...] c'est un mur de la honte et nous ne voulons y prendre aucune part.» Tels sont les mots de Phil Ting, l'un des parlementaires démocrates à l'origine du projet de loi annoncé le 20 mars, qui demande que deux fonds de pension publics californiens retirent leurs investissements des entreprises qui participeraient à la construction du mur promis par le président américain pour lutter contre l'immigration clandestine.

Le texte de loi AB 946 a été proposé après le lancement par l'agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP) d'un appel d'offre pour la conception de ce mur, qui devrait s'étendre sur 3 200 kilomètres environ et dont le coût est évalué à entre huit et 40 milliards de dollars.

S'il est voté, le California Public Employee Retirement System (Calpers) et le California State Teachers Retirement System (Calstrs) – dont les investissements s'élèvent à respectivement 312 milliards de dollars et 202 milliards – devront liquider dans l'année qui suivra tout investissement dans les entreprises participant à la construction du mur.

Ce texte de loi fait suite à d'autres propositions similaires à travers le pays, notamment à New York et à San Francisco.

Du côté des entreprises françaises, le projet divise

Le mur de Trump est un sujet qui concerne également la France, dont les entreprises spécialisées dans le BTP ont reçu des appels pour collaborer au projet. Aussi, si le franco-suisse LafargeHolcim s'est dit prêt à vendre son ciment pour ce mur, le 21 mars, l'entreprise française Vinci, géant du BTP, a fait savoir qu'elle préférait ne pas participer à ce fameux projet, afin de ne «pas choquer» ses salariés dans le monde.

«Si nous décidons de faire quelque chose susceptible de choquer une majorité de nos salariés, je crois qu'il vaut mieux l'éviter», a déclaré son PDG Xavier Huillard sur BFM Business.

«Il faut que je prenne en compte la réalité de mon entreprise, ma culture, ma manière de faire et la sensibilité, non pas seulement de mes collaborateurs américains, mais au niveau mondial», a-t-il expliqué.

«Nous préférons plutôt ne pas toucher à ce mur [...] parce qu'il y a des projets qui sont trop exposés, qui représentent plus qu'un simple mur, qu'une infrastructure ou un bâtiment de génie civil», a poursuivi Xavier Huillard, ajoutant qu'il ne s'agissait pas non plus d'un jugement de valeur à l'égard des Etats-Unis.

En février dernier, Martin Bouygues, PDG du groupe Bouygues, avait indiqué ne pas être intéressé par la construction de l'ouvrage, «une structure métallique» sur laquelle le géant du BTP n'a «pas de compétence particulière».

Le projet de mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique est à l'origine d'une crise diplomatique entre Mexico et Washington et suscite de vives critiques à travers le monde.

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Enquête : Emmanuel Macron est bien le candidat des Etats-Unis

Le 21 mars 2017 <<<<<<<<<<<<<Novopress<<<<<<<<<<<<

Emmanuel Macron n’est pas seulement le candidat des centristes et d’une partie du Parti socialiste : pour de puissants réseaux politico-économiques, l’ancien banquier est aussi leur représentant quasi officiel à l’élection présidentielle. L’étude de la French American Foundation permet de mieux comprendre le soutien inconditionnel d’un grand nombre de médias (voir le dossier Emmanuel Macron et les médias : L’amour parfait) à sa candidature. Enquête.  

Emmanuel Macron ne se doutait pas qu’en entrant à la French American Foundation en 2012, sa carrière connaîtrait un tel coup d’accélérateur en étant propulsé cinq ans plus tard comme l’héritier de François Hollande, lui-même Young Leader de la French American Foundation en 1996.

La French American Foundation : incubateur de la pensée atlantiste

French American Foundation 2La French American Foundation a été lancée en mai 1976 aux États-Unis, lors d’un dîner à l’ambassade de France à Washington auquel participaient le président de la République Valéry Giscard d’Estaing, le président américain Gérald Ford et l’ancien conseiller diplomatique Henry Kissinger. Cette fondation ayant deux sièges officiels (l’un à New York et l’autre à Paris) a pour but d’influencer les décideurs français (politiques, économiques, culturels) dans le sens voulue par la politique étasunienne.

Dès lors, selon un ancien recruteur de la French American Foundation, l’Américain Ezra Suleiman, son travail était de « trouver les personnes qui feraient l’opinion et seraient les dirigeants de leurs sociétés respectives » afin de les former et d’influer sur le gouvernement français, le monde économique et l’opinion publique. D’ailleurs, le programme emblématique visant à sélectionner et former les décideurs de demain, celui des Young Leaders, « est emblématique d’une nouvelle forme de diplomatie douce : il incarne une des facettes du soft power, sans toutefois s’y restreindre » selon Leah Pisar, ancienne directrice des programmes de la French-American Foundation à New York, ex-conseillère de Bill Clinton à la Maison-Blanche.

Et depuis 1981 et le lancement du programme des Young Leaders, la French American Foundation a recruté avec une sélection extrêmement poussée la quasi-totalité des dirigeants des grandes entreprises françaises (Henri de Castries, Anne Lauvergeon, Denis Olivennes, Hakim El Karoui, Pierre Kosciusko-Morizet, etc), un président de la République (François Hollande), des dizaines de ministres et de députés (Marisol Touraine, Aquilino Morelle, Arnaud Montebourg, Najat Vallaud-Belkacem, Pierre Moscovici, Alain Juppé, Valérie Pécresse, Jacques Toubon, Eric Raoult, Laurent Wauquiez, etc), un grand nombre de hauts fonctionnaires et de journalistes de renoms (Annick Cojean, Jean-Marie Colombani, Matthieu Croissandeau, Jean-Louis Gergorin, Bernard Guetta, Erik Izraelewicz, Laurent Jofrin, etc).

Ce sont au total, « 400 dirigeants français et américains issus de la politique, du monde des affaires, de la culture, de la recherche, et du secteur militaire » qui sont passés par cet incubateur de la pensée atlantiste et pro-américaine.

Emmanuel Macron et la French American Foundation

French American FoundationRecruté en tant que Young Leader en 2012 alors que cet organisme cherchait à attirer des membres de la finance, Emmanuel Macron « est actif au sein de la fondation et recommande des candidats comme potentiels Young Leaders ». En septembre 2016, il participait à un petit-déjeuner organisé par cet organisme et, lors de son voyage à New York en décembre 2016, le candidat d’En Marche ! a rencontré « une trentaine d’invités de la French American Foundation lors d’un petit- déjeuner au Links Club de l’Upper East Side. »

Voici donc les liens qu’a pu tisser Emmanuel Macron et les dirigeants de certains médias au sein de de club d’influence :

• Emmanuel Macron avec Michel Combes, n°1 du groupe SFR (BFM TV, RMC) :

Cette appartenance à la French American Foundation vient mettre en lumière, une nouvelle fois, les liens unissant les dirigeants du groupe Alice-SFR (présidé par le milliardaire Patrick Drahi) et Emmanuel Macron. En effet, au sein de cette organisation, on y retrouve en tant que membre du conseil d’administration, Michel Combes (Young Leader depuis 1998), le n°1 de Numericable-SFR et le n°2 d’Altice (la maison mère de l’opérateur), dont BFMTV et RMC sont les fleurons médiatiques.

• Jean-Luc Allavena, administrateur d’Altice et recruteur de Macron à la French American Foundation

Autre personnalité du groupe SFR que connaît bien Emmanuel Macron, l’ancien président de la French American Foundation (2010-2015) et actuellement le président d’honneur de cette organisation, Jean-Luc Allavena. Car ce recruteur d’Emmanuel Macron, au sein de ce groupe d’influence américain fait partie lui aussi, depuis 2014, des sept dirigeants d’Altice, en tant qu’administrateur indépendant du groupe. Pour l’anecdote, la fiche de présentation de Jean-Luc Allavena présente sur le site d’Altice est celle… de la French American Foundation.

• Yannick Bolloré, le pdg d’Havas, fan de Macron, est à la French American Foundation

Quelques médias ont évoqué la proximité de Yannick Bolloré et d’Emmanuel Macron. En effet, le fils de Vincent Bolloré (PDG du groupe Bolloré auquel le groupe Canal + appartient), était présent au premier meeting du candidat d’En marche ! en juillet 2016 à la Mutualité (Paris). « Venu par intérêt personnel » selon Mediapart, le PDG d’Havas (le premier groupe publicitaire de France, et le sixième mondialement) est lui aussi un habitué de la French American Foundation. Il était présent au diner de gala 2016 de ce puissant réseau d’influence américain.

• Arnaud de Puyfontaine, président de la French American Foundation et de Vivendi :

 Autre personnalité que côtoie Emmnuel Macron au sein de ce cénacle, le président du groupe Vivendi depuis 2014, mastodonte des communications internationales, Arnaud de Puyfontainet. Ce proche de Vincent Bolloré (actionnaire majoritaire de Vivendi) est désormais le président de la French American Foundation depuis 2015.

• La banque Rothschild

En 2008, recruté par François Henrot sur recommandation de Jacques Attali et de Serge Weinberg, Emmanuel Macron devient banquier d’affaires chez Rothschild & Cie. Son recruteur, François Henrot, a la double casquette, celle de bras droit de David de Rothschild à la banque d’affaires et de membre du conseil d’administration de la French-American Foundation. Il s’occupe du poste hautement sensible, depuis plusieurs années, de président du jury sélectionnant les 13 jeunes décideurs français parmi 150 postulants. Même si les informations manquent, il est probable que François Henrot a sûrement poussé et aidé l’ambitieux Emmanuel Macron a rejoindre la French American Foundation.

En tout cas, la banque Rothschild & Cie est l’une des organisations engagées financièrement, et ce depuis plusieurs années, en tant que « membres actifs » auprès de la French American Foundation. Le patron de la banque, David de Rothschild, lauréat depuis 2008 du « Benjamin Franklin Award for Public Diplomacy » du département d’Etat américain, assiste quant à lui régulièrement aux cérémonies de la French American Foundation.

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Bombardement américain contre la Syrie : comment Donald Trump a été repris en main par l’« État profond »

Le 7 avril 2017 <<<<<<<<<Ruptures<<<<<<<<<<<<<

Le bombardement soudain et massif, le 6 avril, de la base militaire syrienne de Shayrat par les forces américaines pourrait bien marquer un nouveau tournant dans la géopolitique mondiale. Au-delà de la Syrie, c’est naturellement un geste agressif brutal qui est ainsi perpétré contre la Russie. Pour l’heure, celle-ci a réagi avec sang-froid.

À ce stade, trois points méritent d’être notés. D’abord, sans guère de surprise, les pays occidentaux et les médias dominants reprennent sans la moindre réserve la thèse selon laquelle l’attaque chimique contre la ville syrienne de Khan Cheikhoun – attaque qui a servi de prétexte à l’agression américaine – aurait été ordonnée par Damas.

Or, outre le fait qu’on voit mal quel intérêt le pouvoir syrien aurait eu à alimenter contre lui une nouvelle fois toute la propagande occidentale, les experts militaires, notamment français, mettent en doute cette thèse, comme le révélait hier l’hebdomadaire Challenges, peu suspect de sympathie excessive vis-à-vis de Bachar el-Assad. Dès lors, on peut s’interroger sur une hypothèse : le drame de Khan Cheikhoun n’était-il pas une provocation imaginée par des forces, à Washington ou ailleurs, qui voyaient avec angoisse la guerre en Syrie pouvoir s’orienter – enfin ! – vers une issue négociée respectant la souveraineté de ce pays ?

Deuxièmement et surtout, au regard de la campagne électorale atypique que mena le milliardaire qui siège désormais à la Maison-Blanche, la décision de ce dernier de recourir à l’agression militaire met en lumière l’extraordinaire capacité de ce qu’on pourrait appeler « l’État profond » américain à reprendre en main celui qui avait dû son succès à sa rhétorique anti-establishment. Plus significatif encore est le langage employé par Donald Trump, qui n’a pas hésité à renouer avec des accents moralisateurs que n’auraient pas renié les pires néo-conservateurs, et mis à l’honneur par George W. Bush.

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne

Ces dernières semaines déjà, le président américain avait explicitement tourné le dos à des thèmes qui avaient marqué sa campagne : tonalité brutalement anti-russe (sur la Crimée, en particulier), guerrière contre la Corée du Nord, beaucoup plus amène en ce qui concerne l’OTAN, et plus encore vis-à-vis de l’Union européenne. Alors qu’il n’avait pas de mots assez durs contre celle-ci, il lui a trouvé récemment des charmes « merveilleux ». Bref, les forces qui pilotent vraiment les coulisses du pouvoir américain n’ont eu besoin que de quelques mois à peine pour circonvenir le nouveau locataire de la Maison Blanche.

Enfin, il n’a pas fallu attendre ne serait-ce que quelques heures pour entendre les déclarations de soutien et d’enthousiasme en provenance de Berlin, de Paris et de Bruxelles : enfin l’Oncle Sam revient à la raison, et renoue avec les discours et pratiques virils qui font tout son charme… Nul doute que ces compliments – doublés d’immenses soupirs de soulagement – vont se multiplier du côté des dirigeants de l’Union européenne. Ceux-ci, éperdus de reconnaissance, n’en seront que plus encouragés pour tenir les promesses d’augmentation des dépenses militaires formulées auprès de l’OTAN.

Le 6 avril constitue un tournant dans la stratégie américaine. Mais ce tournant, aussi inquiétant soit-il, illustre également à quel point la géopolitique mondiale est devenue (pour une part) imprévisible et instable. L’aspiration populaire – aux quatre coins de la planète – à un avenir pacifique et de progrès passe plus que jamais par la reconquête de la souveraineté de chaque État, et la mise en place concomitante de véritables coopérations sur une base d’égalité et de respect mutuel.

Et donc par le refus d’intégrations régionales porteuses de logiques de puissance impériale et de rivalités.

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Dédiabolisation du FN : ce n’est pas encore gagné ! La preuve par les faits…

Le 22 mars 2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<BV<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

Je viens de lire un article sur Boulevard Voltaire qui ne pouvait que me faire réagir. Pascal Célérier, contributeur du site que j’apprécie particulièrement, nous explique que :

« Désormais, il se pourrait que le vote caché, le vote honteux, ce ne soit plus le vote Front national, devenu aussi « tendance » que son antithèse, le vote Macron, mais bien le vote Fillon. »

​‌”

Par ces mots, il semble croire que toutes les personnes votant Marine le clament expressément. Vous pensez que le vote FN est dédiabolisé ? Permettez-moi de ne pas le croire.

J’ai passé plus d’un an à collecter, pour un manuscrit sur les « Maudits du système », les multiples cas dont j’ai eu connaissance, où des sympathisants et des militants du FN se sont vus rejetés, insultés et parfois agressés par des militants de gauche ou des racailles manipulés. Pour s’en convaincre, le test est facile à réaliser : combien de citoyens, proches de nos idées, au hasard d’une conversation, se disent d’emblée partisans de Marine ? Certainement une minorité. Ils sont encore nombreux ceux qui ont peur des réactions hostiles, voire violentes, dans un cadre professionnel, familial ou de voisinage.

Quand les sympathisants des Républicains ou de l’UDI s’expriment, cela n’entraîne contre eux aucune réaction agressive. En revanche, les réactions violentes contre les frontistes sont nombreuses et ne sont pas que verbales.

Voici une liste de provocations coupables menées durant ces trois derniers mois contre le parti patriote (locaux et militants). Bien entendu, vous n’en avez jamais entendu parler ni à la radio ni sur les chaînes télévisées :

– Il y a deux jours à Alençon, la permanence du Front national a été incendiée. Le local de 25 m2 a subi des dégâts matériels importants, trois occupants de l’immeuble (selon l’hebdomadaire L’Orne Hebdo), qui abrite également des habitations, ont été légèrement incommodés par les fumées et ont été transportés à l’hôpital. Le procureur d’Alençon a confirmé que le feu était volontaire.

– Vannes, le 16 février, deux prévenus, âgés de 18 et 19 ans, agressent dans la soirée, pour des raisons politiques, un colleur d’affiche du Front national et le menacent de mort à l’aide d’un pistolet factice (Le Télégramme).

– Le même 16 Février à 20 h, agression en plein centre de Lille du responsable FNJ et de deux jeunes militants, alors qu’ils collaient des affiches « Lille Bleu Marine » (La Voix du Nord).

– Le 15 mars, une militante reçoit un coup au visage alors qu’elle collait des affiches près de la gare de Boulogne-sur-Mer. Elle a le nez cassé, son agresseur a pris la fuite.

– Fin janvier, à Montreuil (93), des militants du Front national sont agressés devant la mairie, l’adjointe au maire EELV s’en réjouit.

– Enfin, peut-on comparer les concerts de casseroles de quelques militants d’extrême gauche lors des meetings de Fillon avec les véritables scènes d’émeutes de Nantes lors de la réunion de la candidate patriote ? Comment mettre en parallèle de simples accrochages verbaux avec l’attaque de cars de militants frontistes par des bandes armées et cagoulées ?

Non, Monsieur Célérier, s’il y a un vote caché, ce n’est pas celui des « fillonistes » mais celui d’un nombre non négligeable d’électeurs de Marine qui, par crainte d’être montrés du doigt, ne s’expriment malheureusement que dans les urnes.

 

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"Le cycle néo-libéral touche à sa fin" .....par Jean Michel Quatrepoint

 >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>l'arène nue 23.03.17<<<<<<<<<<<<<<<<<

Jean-Michel Quatrepoint est journaliste économique et essayiste. Il est notamment l'auteur de Le Choc des empires. Etats-Unis, Chine, Allemagne: qui dominera l'économie-monde ? (Le Débat, Gallimard, 2014) et de Alstom, scandale d'Etat - dernière liquidation de l'industrie française (Fayard, en septembre 2015) . ll est membre du Comité Orwell présidé par Natacha Polony.

 
Dans une vidéo parue sur Xerfi canal, vous expliquez que nous sommes en train de changer de cycle et que le néolibéralisme a atteint ses limites. Qu'est-ce qui vous faire dire ça ? Est-ce l'élection de Trump aux États-Unis ? Le Brexit en Europe ? 
 
Oui. Le néolibéralisme est entré dans un processus de reflux, après son apogée que je situe en 2007-2008, avec la grande crise : crise des subprimes aux États-Unis, puis crise des « dettes souveraines » et de l'euro, par ricochet, en Europe. 
 
Ce cycle néolibéral avait commencé le 15 août 1971, avec l'abandon de la convertibilité du dollar en or, autrement dit avec la fin du système de Bretton Woods. Une fin décidée unilatéralement par Nixon alors que les Américains avaient besoin de créer beaucoup de monnaie pour financer tout à la fois la guerre du Vietnam et la guerre des étoiles. En 1971, on bascule donc dans un système de changes flexibles. Dans le même temps, l'école de Chicago [une école de pensée néolibérale dont la figure emblématique est Milton Friedman] entreprend un travail théorique visant à bâtir un corps de doctrine en rupture avec le keynésianisme. Cette école théorise le « trop d’État, trop de syndicats, trop de conglomérats et de monopoles ». Elle plaide pour la dérégulation et la casse du système pour le rendre plus dynamique. 
 
Puis Reagan arrive au pouvoir aux États-Unis (Thatcher l'a précédé en Grande-Bretagne, de la même façon que le Brexit a précédé Trump de quelques mois) pour appliquer ce programme. Il est d'ailleurs amusant de rappeler qu'il se fait élire sur le slogan « Make America great again ». Car à la fin des années 1970, l'Amérique est en proie au doute. On se situe juste après le Watergate, l'impeachment de Nixon, la défaite au Vietnam, la prise d'otage à l'ambassade d'Iran. Par ailleurs, c'est l'époque où se posent les premiers problèmes de désindustrialisation. Les États-Unis se heurtent à l'ambition japonaise, tout comme ils se heurtent aujourd'hui à l'offensive chinoise. Pendant la première moitié de la décennie 1980, ils organisent donc la contre-offensive. L'affaire se solde par les accords monétaires du Plaza de septembre 1985. Le Japon est mis à genoux et obligé de réévaluer sa monnaie de 100 % en un an. Au passage, l'Allemagne doit réévaluer elle aussi. 
 
Vous voulez dire en somme que le début de la présidence Reagan correspondait à l'entrée dans un cycle, comme celui dans la présidence Trump signale qu'on est en train d'en sortir ?
 
Oui. Avec des différences mais avec des similitudes également. A l'époque - c'est une différence -Reagan commence par casser les monopoles : dans les télécoms, dans le transport aérien, etc. Puis il dérégule, libéralise progressivement les mouvements de capitaux. Enfin, il se tourne vers les Européens et leur demande de procéder de même, au nom de la réciprocité. Mais par ailleurs – ça, ce sont plutôt des similitudes - Reagan donne un coup de pouce fiscal aux entreprises d'une part, et entreprend de gros travaux d'infrastructure d'autre part. Sur ce, au début des années 1990, le communisme s'effondre. 
 
C'est une nouvelle étape du cycle...
 
Tout à fait. Une étape décisive. On considère que le système américain a gagné, puisqu'il est le seul à subsister. Il a gagné parce qu’il a produit plus de richesses en Occident et les a mieux redistribuer que le communisme. Puisqu’il a gagné on va donc appliquer ses règles - libre échange, privatisations, dérégulation, démocratie à l’occidentale -  aux quatre coins du monde. Et l'on se met à théoriser la globalisation. 
 
Politiquement, les États-Unis entrent dans l'ère Clinton. C'est un tournant. Alors que les Républicains étaient l'un sans être l'autre, pour la première fois arrivent aux commandes, avec les Démocrates, des gens qui sont à la fois très néolibéraux en économie et très « diversitaires » sur le plan culturel. Dès lors, on voit monter en puissance la glorification des minorités et la sacralisation des différences. 
 
Au non d'une certaine idée de « l'ouverture » ?
 
Et au nom de l'idée que puisqu'on a gagné, c'est qu'on a le meilleur modèle. Qu'il n'y a pas de prospérité possible sans l'application de ce modèle. C'est ce que les Américains vont tenter d'expliquer aux Chinois et aux Russes. 
 
Concernant les Russes, on envisage avant tout d'en faire des fournisseurs de matières premières. Mais d'abord on les punit en démantelant l'édifice dont ils sont le pivot. La Russie passe à 140 millions alors que l'URSS en comptait 300 millions. Et Brzezinski - l'auteur très écouté du « Grand échiquier » et qui a longuement plaidé pour une séparation irrémédiable de la Russie et de l'Ukraine - voulait aller plus loin encore.
 
Quant à la Chine, elle est perçue comme un eldorado où les multinationales américaines vont pouvoir massivement délocaliser, dans l'espoir de s'emparer à terme du marché chinois. Les États-Unis envisagent d'installer toute l'industrie en Chine et de se spécialiser sur la finance, les services, la Défense, l'entertainment (Hollywood, les produits culturels...). Il est également prévu que l'on compense le déficit commercial ainsi généré grâce aux excédents  sur les services les revenus des brevets, des capitaux, et les  achats de dette américaine par les pays qui accumulent les excédents commerciaux. Lawrence Summers ( économiste et secrétaire au Trésor de Bill Clinton en 1999-2001 ) a d'ailleurs théorisé la chose en expliquant qu'il fallait délocaliser toute l'industrie polluante dans les pays émergents, et ne conserver sur le sol américain que les activités « nobles » et de conception.
 
Mais aujourd’hui, on change de cap...
 
A vrai dire, c'est Obama qui aurait dû opérer ce virage. Il a été élu précisément pour cela. Lors de la primaire démocrate, il avait été choisi contre Clinton, à la surprise générale. Sachant que les Clinton incarnent à eux deux tout le processus de déréglementation économique (suppression du Glass Steagall act qui séparait les banques de dépôt et celles d'investissement, par exemple), le vote Obama représentait déjà une tentative de sortir de ce piège. 
 
Le problème c'est qu'Obama a énormément déçu. Il voulait agir, pourtant. Mais il a capitulé devant tous les lobbies e le  bilan de son Obamacare est très mitigé. En revanche il a sauvé General Motors et mené à bien une révolution énergétique qui a permis au pays de devenir autosuffisant dans le but de diminuer le déficit de la balance commerciale. Ça, ce n'est pas rien. 
 
Revenons sur Trump. Que peut-il faire à présent ? 
 
Trump a une obsession, c'est le déficit de la balance des comptes courants. Et il a raison. Lorsqu'on regarde les chiffres de ce déficit, on s'aperçoit que rien n'a changé sous Obama. Les avantages tirés de la politique énergétique volontariste sont effacés. L'an dernier, le déficit commercial s'est élevé à 750 milliards de dollars. Certes, avec 250 milliards de bénéfices sur les services et la finance, le déficit des comptes courants n'est « que » de 500 milliards. Mais cela fait dix ans que ça dure ! C'est colossal ! Car bien sûr, tout cela se traduit par de l'endettement. Sous Obama, la dette publique a doublé. Elle est passé de 10 000 à 20 000 milliards de dollars. Quant à la dette privée, celle des entreprises et des ménages, elle repart actuellement à la hausse. L'épargne est négative aux États-Unis.
 
Ce que Trump veut, c'est combler ces déficits colossaux. Il s'est donc fixé pour objectif de récupérer de l'industrie manufacturière et de la matière fiscale. C'est aussi la raison pour laquelle il s'est empressé de cibler les pays ayant des excédents sur l'Amérique. Ces pays sont la Chine, l'Allemagne, le Mexique et le Japon. Le tout dernier est une pièce maîtresse du dispositif géostratégique américain dans le Pacifique, donc il est relativement épargné. Mais les trois autres sont pilonnés par l'administration Trump. 
 
D'où l'idée invraisemblable du mur à la frontière mexicaine, par exemple ? 
 
Oui, cette annonce est très symbolique. Mon hypothèse est que Trump a fait le choix, parce que c'est dans son tempérament et parce qu'il a constaté l’échec d'Obama, de « casser la baraque », y compris en se montrant très provocateur. Il part du principe qu'avec l'establishment, la manière douce est inopérante. Donc il y va au chalumeau. Par exemple, il brutalise les journalistes et se passe des médias : il twitte. Et c'est loin d'être sans effet ! Regardez les grandes entreprises. Ce qui compte, pour elles, c'est évidemment leur valeur boursière. Et si le Président fait un tweet expliquant que Ford est un mauvais américain parce qu'il veut délocaliser 1000 emplois, immédiatement, l'action chute en bourse. 
 
La contrepartie c'est que Trump s'est constitué un pool d'ennemis irréductibles qui feront tout pour se débarrasser de lui. Parmi ceux-ci figurent les agences de renseignement, qui sont nombreuses et emploient plus de 800 000 personnes. Depuis le 11 septembre 2001, elles ont pris une importance considérable et constituent un véritable État dans l’État. Parmi les ennemis de Trump figure également l'administration, tout aussi jalouse de ses prérogatives qu'elle peut l'être en France. Vient ensuite l'establishment médiatique, qu'il n'a pas flatté dans le sens du poil, c'est le moins que l'on puisse dire. Autres ennemis enfin, les « GAFA » (les géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon). Ils fascinaient Obama, qui leur a tout passé, n'a rien su réguler, n'est jamais parvenu à leur faire rapatrier les profits accumulés à l'étranger. Trump, lui, les a ignorés. Il a gagné l'élection en faisant sciemment l'impasse sur les côte Est et Ouest, et en ne faisant quasiment campagne que dans les dix swing states. Dans ces swing states, il a par ailleurs utilisé pour sa campagne un logiciel fabriqué par une entreprise appartenant à Peter Thiel, le seul magnat de la Silicon  Valley à l'avoir soutenu et aujourd'hui son conseiller technologique. Cet outil permet un ciblage marketing extrêmement fin qui a permis aux organisateurs de la campagne d'identifier les électeurs qui, dans les États concernés, étaient capable de faire pencher la balance en faveur du candidat. C'est sur ceux-ci qu'on a fait porter l'effort maximal. 
 
Mais Trump a été élu dans des conditions improbables, à l'arrachée. S'il n'a en plus que des ennemis, avec qui peut-il gouverner  ?
 
Avec la moitié des Américains tout de même, c'est à dire avec ceux qui l'ont élu ! Trump a également de son côté une bonne partie des syndicats, notamment ceux du transport routier, du secteur pétrolier, du BTP. Forcément, avec 1 300 milliards d'investissements annoncés dans les infrastructures... 
 
Il a aussi quelques banquiers.... et c'est paradoxal. Vouloir acter la fin du cycle néolibéral en s'entourant d'anciens de chez Goldman Sachs.... on a le droit d'être dubitatif ? 
 
On a le droit. Mais je pense surtout que Trump a compris qu'on ne pouvait pas avoir trop d'ennemis en même temps. Donc il ménage Wall Street. Il n'y a qu'à voir la bourse américaine, qui était supposé souffrir et qui bat en réalité record sur record. En plus, c'est habile. Parce que les GAFA, qui sont souvent surcotées en bourse, ont davantage besoin de Wall Street que l'inverse. Si l'on se fâche avec les unes, il est important de ménager l'autre. 
 
Une partie du patronat, enfin, soutient Trump. Certains patrons ont bien compris qu'un changement de cycle était déjà amorcé. Le principal signe en est que le commerce mondial progresse désormais moins vite que le PIB mondial... alors-même que celui-ci augmente moins vite. Depuis deux ou trois ans, les grandes entreprises, sans aller jusqu'à relocaliser, commencent à réorganiser leur chaîne de valeur. Les investissements ont déjà commencé à être réorientés avant l'accession de Trump à la présidence. La difficulté à ce stade, c'est que ces choses-là ne s'opèrent pas en un claquement de doigts. Une décision d'investissement relocalisé peut demander des années d'étude et de travail. A noter également : les créations d'usine relocalisées aux États-Unis poussent très loin la robotisation, et ne créent pas forcément tant d'emplois que cela. C'est d'ailleurs là le vrai sujet du nouveau cycle économique qui s'ouvre, et pas seulement aux États-Unis : où créée-t-on de l'emploi ? 
 
Le problème est d'autant plus saillant que personne n'a vraiment anticipé le changement de cycle. Tout le monde - jusqu'à Pascal Lamy - est d'accord pour dire que la globalisation a été trop loin. Et qu'il faut instaurer des régulations et des freins. Quelles régulations toutefois ? Et quels freins ?.... 
 
Sommes-nous entrés dans une phase de démondialisation ? 
 
Tout à fait. Ou de retérittorialisation, même si ses modalités restent à définir. La notion de « frontière » est en cours de réhabilitation..... 
 
Et l'Europe dans tout ça ? Trump n'a de cesse de vilipender les gros pays créanciers, c'est à dire la Chine et l'Allemagne. Quelles conséquences cela peut-il avoir sur l'Allemagne, donc sur l'Europe ? 
N'allons pas trop vite. Le principal problème pour lui est la Chine, non l'Allemagne. Les États-Unis restent très dépendants de Pékin. Et même si Trump a été très offensif au début en appelant la Présidente de Taïwan - c'était peut-être une gaffe d'ailleurs - il a tout de même fait une fleur substantielle aux Chinois en renonçant au TTP (le traité de libre-échange trans-Pacifique) qui était explicitement dirigé contre eux. 
 
Vient ensuite la question de la mer de Chine. Les Chinois considèrent que c'est leur mer intérieure et que les Américains n'ont rien à y faire. Inversement, les Américains refusent depuis toujours l'idée qu'une puissance du Pacifique possède une flotte capable de venir frôler leurs côtes. A vrai dire, ils se considèrent comme une île et pour eux - comme pour les Anglais autrefois - le contrôle des mers est essentiel. Dès lors, lorsque les Chinois affichent, comme c'est le cas, une volonté de constituer une flotte de guerre avec des porte-avions, il s'agit pour les États-Unis d'un casus belli. En somme, il y a sans doute, entre les deux puissances, un compromis à négocier. Il pourrait consister à laisser intégralement la main aux Chinois en mer de Chine, et à leur demander, en contrepartie, un strict respect de la doctrine Monroe (« l'Amérique aux Américains ») énoncée au début du XIX° siècle mais toujours prégnante. 
 
Est-ce que ce « donnant-donnant » pourrait valoir aussi avec les Russes ? 
 
La Russie, pour les Américains, n'est pas un enjeu de même ampleur que la Chine. La Russie est une vraie puissance militaire. C'est d'ailleurs là une brillante réussite de Poutine, qui a redonné de la fierté à son pays en utilisant l'armée et avec peu de moyens. En revanche, sur le plan économique, la Russie n'existe pas. Son PIB c'est celui de l'Espagne, guère plus. Elle est poursuivie par cette malédiction des pays pétroliers qui vivent de la rente et ne parviennent pas à accéder au stade suivant du développement économique. 
 
Donc au bout du compte, si Trump veut normaliser les relations entre les États-Unis et la Russie, c'est parce qu'il n'y a pas spécialement de danger de ce côté-là....
 
Non, la Russie n'est en aucune façon un créancier des États-Unis. De plus, les Américains n'ont aucun intérêt à ce que se forme une alliance trop étroite entre la Russie et la Chine. 
 
Et pour en revenir à l'Allemagne ?
 
Que veut l'Allemagne ?... C'est une question à laquelle je serais bien en peine de répondre à ce stade. Attendons déjà de voir si le prochain chancelier sera Merkel ou Schulz. Le SPD, en effet, est traditionnellement bien plus pro-russe que la CDU. Il suffit de se rappeler l'époque Schröder, et la manière dont l'axe Paris-Berlin-Moscou s'est opposé à Bush au moment où il lançait sa guerre en Irak. 
 
Peut-on recréer cet axe ? Pour moi, le véritable enjeu de l'Europe est celui-ci. Soit l'Allemagne joue le jeu de « l'Europe européenne », pour reprendre une expression gaullienne, et normalise à cette fin sa relation avec Moscou. Soit elle demeure atlantiste et refuse d'envisager la dimension stratégique de son rapport au monde. Elle restera alors le pays exclusivement mercantiliste qu'elle est actuellement, soucieuse uniquement de se tailler la part du lion dans le commerce mondial en usant et abusant à cette fin d'une monnaie qui l'arrange, l'euro. Mais il n'est pas certain que la construction européenne puisse survivre longtemps à la seconde option. 
 
 
Et pour aller plus loin : 
 

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Le coup d'état permanent

Extrait sur le site Lettres volées :
http://www.lettresvolees.fr/degaulle/dictature.html

Un 13 mai 2011, clin d'oeil vers d'autres 13 mai : 13 mai 1958, 13 mai 1968...
Une histoire et des enjeux qui vont disparaître de l'histoire enseignée en Terminale. 

 

François Mitterrand, Le coup d'Etat permanent
Dans ce livre, Mitterrand dénonce la pratique du pouvoir personnel par le général de Gaulle. Il ne se contente pas de critiquer la lettre de la Constitution : il reproche plutôt au général de Gaulle d'avoir trahi la promesse de 1958, selon laquelle le président est un arbitre.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Coup_d'Etat_permanent

 

« Qu'est-ce que la Ve République sinon la possession du pouvoir par un seul homme dont la moindre défaillance est guettée avec une égale attention par ses adversaires et par le clan de ses amis ? Magistrature temporaire ? Monarchie personnelle ? Consulat à vie ? pachalik ? Et qui est-il, lui, de Gaulle ? duce, führer, caudillo, conducator, guide ? A quoi bon poser ces questions ? Les spécialistes du Droit constitutionnel eux-mêmes ont perdu pied et ne se livrent que par habitude au petit jeu des définitions. J'appelle le régime gaulliste dictature parce que, tout compte fait, c'est à cela qu'il ressemble le plus, parce que c'est vers un renforcement continu du pouvoir personnel qu'inéluctablement il tend, parce qu'il ne dépend plus de lui de changer de cap. Je veux bien que cette dictature s'instaure en dépit de de Gaulle. Je veux bien, par complaisance, appeler ce dictateur d'un nom plus aimable : consul, podestat, roi sans couronne, sans chrême et sans ancêtres. Alors, elle m'apparaît plus redoutable encore. Peut-être, en effet, de Gaulle se croit-il assez fort pour échapper au processus qu'il a de son propre mouvement engagé. Peut-être pense-t-il qu'il n'y aura pas de dictature sans dictateur puisqu'il se refuse à remplir cet office. Cette conception romantique d'une société politique à la merci de l'humeur d'un seul homme n'étonnera que ceux qui oublient que de Gaulle appartient plus au XIXe siècle qu'au XXe, qu'il s'inspire davantage des prestiges du passé que des promesses de l'avenir. Ses hymnes à la jeunesse, ses élégies planificatrices ont le relent ranci des compliments de circonstance. Sa diplomatie se délecte à recomposer les données de l'Europe de Westphalie. Ses audaces sociales ne vont pas au-delà de l'Essai sur l'extinction du paupérisme. Au rebours de ses homélies « sur le progrès », les hiérarchies traditionnelles, à commencer par celle de l'argent, jouissent sous son règne d'aises que la marche accélérée du siècle leur interdisait normalement d'escompter.

Je ne doute pas que l'accusation d'aspirer à la dictature le hérisse. Sa réponse aux journalistes accourus à sa conférence de presse du Palais d'Orsay pendant la crise de mai 1958 : « Croit-on qu'à soixante-sept ans je vais commencer une carrière de dictateur », exprimait le souci sincère d'épargner au personnage historique dont il a dessiné les traits dans ses Mémoires cette fin vulgaire. On le devine désireux d'exercer sur ces concitoyens une magistrature paternelle, un consulat éclairé. A la condition préalable et nécessaire toutefois que les Français s'abandonnent à lui pour le meilleur et pour le pire, pour la paix et pour la guerre, pour les grandes espérances et pour l'orgueilleuse solitude, pour la joie et pour le malheur de vivre, pour les poussières radioactives et pour le pain quotidien. Et si les Français renâclent, on fera leur bonheur malgré eux. On rétorquera : « Mais les Français ne renâclent pas, ou du moins, pas encore. De Gaulle dictateur ? Tout au plus un père qui gourmande, qui corrige, qui châtie, non un bourreau d'enfants. Un père qui pense à tout, qui pense pour tout le monde, n'est-ce pas commode pour tout le monde même si c'est commode pour de Gaulle ? Cessez ce paradoxe et ne reprochez plus à de Gaulle d'opprimer un peuple qui l'acclame. »

A vrai dire le comportement de de Gaulle à l'égard du peuple et le comportement du peuple à l'égard de de Gaulle sont d'un intérêt secondaire. Ce n'est pas la première fois qu'un homme d'un grand éclat suscite l'amour des foules. Un passé glorieux, une bonne technique de la propagande et une police vigilante représentent trois atouts maîtres qui dans la même main, l'Histoire l'a cent fois prouvé, balaient les autres jeux. L'essentiel est de savoir que de Gaulle, le désirant ou le déplorant, pour rendre son pouvoir intouchable est contraint, quoi qu'il veuille, de le faire absolu. Non seulement par tempérament, par inclination, par goût, il évite le conseil et s'éloigne des représentants élus de la Nation, non seulement par méthode et pour maintenir son prestige hors d'atteinte, pour affûter le réflexe des masses naturellement portées à se tourner à l'heure du péril vers l'homme qui n'a dévoilé ni les ressources de sa pensée ni les ressorts de son action, il use du silence et de la solitude, mais encore il pressent que tout pouvoir qui ne lui est pas soumis se transforme fatalement en pouvoir ennemi, que toute parcelle du pouvoir qui lui échappe pourrit, comme une gangrène, le pouvoir entier, qu'il n'y a pas de no man's land entre ses adversaires et lui, qu'une place qu'il n'occupe pas est déjà une place perdue. Et il ne peut pas en être autrement ».
François Mitterrand, Le coup d’Etat permanent. Plon 1964

http://www.lettresvolees.fr/degaulle/dictature.html

Institut Mitterrand : http://www.mitterrand.org/

10mai58

source : http://www.crdp-reims.fr/cinquieme/page10.htm

13mai68

source : http://jeanpierre-rey.over-blog.com/article-19893199.html

 Le lundi 13 mai 1968, une immense manifestation traverse Paris. Le syndicat CFDT parle d'un million de manifestants. La préfecture de police n'en concède même pas 200 000. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_68_en_France

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Le Deep State, arme de la  communication

>>>>>>>>>>>>>>>>Dedefensa 21.03.17>>>>>>>>>>>>>>

L’on sait combien nous tenons que la bataille cosmique, type-Armageddon, livrée aujourd’hui autour de l’offensive surpuissante du Système et de sa survie de plus en plus problématique selon ses pulsions d’autodestruction , dans le cadre de sa Grande Crise d’effondrement, n’a rien à voir ni avec les chars et les porte-avions, ni avec le terrorisme et les plans d’installation d’un pseudo-chaos, ni avec les complots et les mouvements subversifs du type-“révolution-de-couleur”, ni avec les pseudo-idées comme par exemple les pensées audacieuses des progressistes-sociétaux. D’une façon très différente selon nous, cette bataille a tout à voir avec les mots et les composés de mots (expressions) acquérant dans la perception qu'on en a une puissance phénoménale avec leur dimension symbolique et le poids transcendant ou inverti c’est selon dont certains sont chargés. Ces mots, selon leur emploi et leur compréhension, nourrissent l’inversion ou permettent l’accès aux vérités-de-situation qui mettent en échec cette inversion ; plus encore, ils constituent des porte d’accès à l’intuition par leur signification transcendante, selon les conceptions logocratiques. Tout cela indique que le champ de la bataille se situe dans l’extrême vastitude du système de la communication ( hcq ...du système du JE des JEUX ...).

Sur ce champ de bataille évolue une redoutable unité, à forte capacité fascinatoire, à forte charge symbolique, et appuyée de toutes les façons sur un dispositif réel de puissances existantes : l’expression  Deep State, ou “État profond”. On sait combien nous jugeons caractéristiques, et l’expression, et l’emploi qu’on en fait, et tout cela d’une considérable importance dans le point de vue que nous adoptons. En même temps, l’on sait que nous constatons l’existence d’une incompréhension ou d’une distorsion de sens à son égard. Cela est hors-sujet dans le cas qui nous occupe ici, puisqu’il est posé dans les données du problème que l’expression est comprise dans son sens péjoratif d’une puissance dissimulée qui orienterait et manipulerait les politiques nationales et le reste, une sorte de “complot permanent”, ou de Coup d’État permanent (*) si l’on veut rappeler le titre d’un livre fameux...

Il y a trois jours, nous commentions de cette façon (notamment) l’acceptation officielle, lors d’une conférence de presse du porte-parole de la Maison-Blanche, de l’emploi de l’expression Deep State/“État profond” : « Dans le cas qui nous occupe, l’officialisation du terme, quelle qu’en soit l’opinion qu’on en a, concourt in fine à donner du crédit à l’observation qu’il existe une offensive structurée et illégale contre l’administration Trump. L’article du NYT ne fait que montrer que l’“opposition”, forcée de débattre du terme, se trouve dialectiquement, et donc dans le champ essentiel de la communication, mise sur la défensive. Cette évolution symbolise bien la structure et le sens de la bataille en cours à Washington, qui n’a plus aucun lien avec la politique de sécurité nationale des USA. La “politique” de Trump, particulièrement incompréhensible, et dans tous les cas avec de moins en moins de rapports avec les promesses de la campagne, rencontre sur bien des points les conceptions des extrémistes washingtoniens, progressistes-sociétaux/R2P et neocons. Mais cela ne semble avoir strictement aucun effet sur l’offensive lancée contre Trump, qui se poursuit d’une façon spectaculaire au travers d’incidents comme celui du Procureur du Gouvernement du District Sud de New York (SDNY) Preet Bharara nommé par Obama, refusant de démissionner et licencié par le département de la justice de Trump. »

Effectivement, l’article du New York Times mentionné, du 10 mars, cautionnait la position quasi-officielle de l’“opposition” anti-Trump et du ... Deep State en affirmant dans son titre que le Deep State n’existe pas, sinon dans l’esprit fiévreux et paranoïaque des complotistes qui forment le cercle rapproché de Trump (« What Happens When You Fight a ‘Deep State’ That Doesn’t Exist »). Un élément nouveau est intervenu, avec un article d’AP, agence de presse centrale de la presseSystème, qui consacre une dépêche à cette question de l’existence du Deep State, d’une façon assez neutre qui fait une place importante aux affirmations de l’équipe Trump en n’opposant aucun démenti net et tranchant, laissant l’impression que l’existence du Deep State en tant que tel est parfaitement concevable sinon avérée. Signe de l’intérêt de cette dépêche pour les partisans de Trump, le site Breitbart.News a repris le texte dans son intégralité...

« The White House and its allies are stepping up their attacks on a foe typically associated with fragile democracies, military coups and spy thrillers. The “deep state,” an alleged shadowy network of powerful entrenched federal and military interests, has increasingly become the focus of Republicans who accuse such forces of trying to undermine the new president.

» Though senior White House staff members don’t use the exact label, the notion behind it has taken hold. President Donald Trump claims his predecessor tapped his phone and America’s intelligence agencies have conspired to leak harmful information to embarrass him. His chief strategist has vowed to dismantle the permanent Washington “administrative state.” White House spokesman Sean Spicer says “people that burrowed into government” are trying to sabotage the president.

» To Trump’s critics, these assertions come off as paranoid fear of a non-existent shadow government and an effort to create a scapegoat for the White House’s struggles. But to Trump’s supporters, this represents an overdue challenge to an elite ruling class concerned only with maintaining its own grasp on power. “Of course, the deep state exists. There’s a permanent state of massive bureaucracies that do whatever they want and set up deliberate leaks to attack the president,” said Newt Gingrich, a Trump confidant. “This is what the deep state does: They create a lie, spread a lie, fail to check the lie and then deny that they were behind the lie.”

» Historians believe the concept of the “deep state” comes from Turkey, where the term “derin devlet” meant a clandestine network, including intelligence and military officers, which protected the ruling class in the 1920s. Similar ideas have taken hold in Egypt, where the military has allied itself with powerful business interests, and Pakistan, with its robust intelligence service. In its current use, the concept has been twisted and broadened, encompassing a resistant bureaucracy and a regulatory regime rather than foreshadowing some sort of military intervention. Chief Trump strategist Steve Bannon has offered the loudest warnings about the opposition the president is facing from the deep state.

» In his only public speech since the election, Bannon told a conservative group that the White House’s goal was the “deconstruction of the administrative state,” a reflection of his belief that the massive federal government, with its burdensome regulations, does more to hinder than uplift citizens. It also echoes Bannon’s oft-stated worldview, frequently on display at his former news site Breitbart, that a global power structure — including government institutions — has rigged the economy.

» Gingrich, who says he has discussed the deep state with Bannon, likens its dangers to the plotline of the new season of “Homeland,” in which a conspiracy that includes career intelligence officers tries to subvert a president-elect. “They are fighting to keep hold of their power,” said the former House speaker, who asked a reporter not to spoil the two Homeland episodes of the season he has yet to see.

» The sprawling federal government, including its intelligence agencies, has thousands of employees who predate Trump, a mix of career staffers and those appointed by President Barack Obama whose replacements have yet to be named. Some have offered leaks, including sensitive documents, to reporters that provide a critical take on the president. Trump has insinuated that those holdovers are working against him — even suggesting that leaks from intelligences agencies were reminiscent of smear tactics utilized by Nazi Germany.

» Asked if the White House believes there is “a deep state that’s actively working to undermine the president,” Spicer said recently, “I don’t think it should come as any surprise that there are people that burrowed into government during eight years of the last administration and, you know, may have believed in that agenda and want to continue to seek it.” Sean Hannity, a Fox News host who has close to ties to Trump, opened a show last week by claiming there are “deep state Obama holdover government bureaucrats who are hell-bent on destroying this president.” “It’s time for the Trump administration to begin to purge these saboteurs before it’s too late,” Hannity said. »

Il ne s’agit pas seulement d’une querelle sémantique accessoire mais bien d’une phase importante de la bataille de la communication en cours aux USA, avec un très important élément dans le chef de la perception qu'on en a. Une chose est d’affirmer, par exemple, que la CIA a des menées obscures, une autre est d’affirmer l’existence d’un Deep State. Dans un cas, vous mettez en cause une structure bien identifiée, spécifique, c’est-à-dire un organisme ou une organisation qui constitue un simple composant du gouvernement US et ne compromet pas nécessairement la structure générale ; dans l’autre, vous présentez un concept “institutionnalisé” dont les contours sont extrêmement vagues, ce qui revient à jeter une suspicion générale sur un ensemble dans le gouvernement et des institutions, qui peut révéler une position nécessairement usurpatrice de contre-gouvernement institutionnalisé, voire un ensemble “putschiste”, une subversion au cœur même de l’État. Dans un cas, il y a une insubordination dans un cadre général qui reste dans sa position fondamentale, souveraine et légitimée de direction des affaires ; dans l’autre cas, c’est toute une structure aux contours indéfinis qui peut être mise en cause, c’est-à-dire selon une posture qui ne peut être définie que comme illégitime et inconstitutionnelle, effectivement selon le schéma d’un Coup d’État permanent qui menace la souveraineté et la légitimité.

L’importance de l’emploi de l’expression est ainsi éclairée par sa charge politique puissante, répercutée par le système de la communication et créant de facto une situation perçue comme une subversion d’État. Peu importe la réalité (laquelle n’a plus d’existence depuis beau et long temps), voire l’opérationnalité de la chose, n’importe dans cette sorte de bataille que la perception elle-même. On comprend alors que notre titre (« Le Deep State, arme de la communication ») indique une “arme” qui est le contraire de la puissance que représente le Deep State : si l’expression est adoubée par l’emploi quasi-officiel, y compris par les partisans du Deep State, le concept qu’elle représente devient reconnu et expose effectivement cette puissance, mais aussi son illégitimité à ciel ouvert, et l’on comprend bien que cette puissance si elle est perçue comme illégitime perd l’essentiel de son efficacité.

Le Deep State n’est une réelle puissance que s’il reste dissimulée, si son existence est improbable, élusive, insaisissable, si ceux qui veulent le dénoncer risquent l’accusation de paranoïa ou de complotisme s’ils le dénoncent. Mais on peut retourner cette puissance contre lui s’il est ainsi reconnu, en le chargeant de méfaits qu’il n’a pas nécessairement commis, d’intentions qu’il n’a pas réellement. Reconnu comme tel, comme le processus est en train de se réaliser, il devient bouc-émissaire, cible de convenance, coupable “utile” ; il opérationnalise l’“opposition” en une organisation gigantesque de subversion. C’est donc ce qui est en train de se passer aux USA, autour et contre le gouvernement Trump, dans un processus qui ne va certainement pas apaiser les tensions et rapprocher les adversaires, mais qui va permettre une lutte plus équilibrée, qui va pousser Trump et ses partisans à utiliser des moyens beaucoup plus décisifs, à devoir se battre réellement alors qu’ils ont jusqu’ici tenté d’éviter l’affrontement parce qu’ils n’avaient aucune certitude, ni de l’attaque lancée contre eux, ni de la puissance de l’ennemi.

Il y a, en marge de la bataille, une “conversation“ engagée aujourd’hui aux USA sur la “découverte”, l’évaluation, la description, l’historique du Deep State, qui émerge ainsi de son halo fascinatoire de mystère dans lequel les multiples utilisateurs de l’expression avaient jusqu’alors contribué à l’enfermer en ne la percevant que dans sa théorisation de concept. (Ainsi peut-on lire, par exemple, sur le même site Breitbart.News, au même 14 mars, un long article d’analyse d’un avocat célèbre, Robert Barnes, sur l’historique et la réelle signification du Deep State.)

Le Deep State mis à jour, qui s’avère n’être ni une arme absolue ni une structure invincible, mais bien un rassemblement partisan rassemblé dans la défense du Système (donc quelque chose de différent de ce que peut et doit être réellement un “État profond”), l’affrontement va s’amplifier bien plus qu’il ne l’a fait jusqu’ici. Aux USA, les adversaires se découvrent de plus en plus, en même temps qu’il apparaît combien l’establishment, le système de l’américanisme, le Système lui-même sont de plus en plus fracturés, divisés, atomisés en factions irréconciliables, tout cela impliquant un affrontement où les adversaires ne cherchent plus tant à imposer leurs vues qu’à éliminer impitoyablement leurs adversaires, parce que les uns et les autres ne souffrent plus d’avoir des adversaires... La mise à jour progressive du Deep State les réconcilie paradoxalement dans un irrévocable caractère commun de l’irréconciliable. On conclura donc que cette mise à jour de ce Deep State affirmant mener les affaires d’une position de force, invincible, inexpugnable et irrésistible, sert essentiellement à montrer ses fractures, ses divisions, son irréversible “guerre civile” qui implique son autodestruction... Le poids des mots est  !

Note

(*) Livre de François Mitterrand, en 1963, portant jugement du régime de la Vème République établi par le général de Gaulle, avec l’élection du président de la République au suffrage universel, approuvée par référendum en octobre 1962.

Mis en ligne le 15 mars 2017 à 12H57

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http://www.dailymotion.com/video/x5f81rg_florian-philippot-on-n-est-pas-couche-18-mars-2017-onpc_tv

 

Le Figaro censure une partie de l'entretien (exclusif) avec Poutine

 

C'est Sputnik, ce fameux média de propagande russe, qui le dévoile :

 

    "Abordant lors de l'entretien au Figaro la question des relations entre les États-Unis et la Russie, sur fond d'accusations infondées d'ingérence de hackers russes dans la campagne électorale américaine, Vladimir Poutine a indiqué que « les Présidents arrivent et repartent, mais la politique (américaine, ndlr) ne change pas ».

 

    « La bureaucratie en Amérique est très puissante. La personne élue a son opinion, ses idéaux, sa vision des choses, mais le lendemain des élections, des personnes avec des attachés-cases, des costumes-cravates et des chemises blanches viennent lui expliquer comment il doit agir en bon Président », a constaté le chef du Kremlin.

 

    Selon Vladimir Poutine, il est très difficile de changer quelque chose à cette situation. À titre d'exemple, le Président russe a rappelé la situation de Guantanamo aux États-Unis, passage omis par Le Figaro pour d'obscures raisons.

 

    « Ainsi Barack Obama, un homme progressiste, un homme aux vues libérales, démocrates, avait-il promis avant l'élection de fermer Guantanamo. L'a-t-il fait? Non. Et pourquoi? Ne l'a-t-il pas voulu? Si! Je suis persuadé qu'il l'a voulu, mais il ne l'a pas pu. Il cherchait sincèrement à le faire, mais, cela n'est pas arrivé, tout n'est pas si simple », a indiqué le Président russe.

 

    Et d'ajouter: « Pourtant, il est difficile d'imaginer des gens enchaînés pendant des décennies, sans procès. Imaginez, si la France ou la Russie l'avaient fait, on nous aurait mangés tout cru depuis longtemps. Et aux États-Unis, c'est permis et cela continue, ce qui est la question de la démocratie, soit dit en passant »."