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N'y a-t-il pas instrumentalisation de l'enfant lorsque l'on affirme avec telle anthropologue que «tout ce qui est pensé est pensable, et donc possibles » ? L'expérimentation de nouveaux modèles, conforme à la méthode expérimentale mise en oeuvre dans les sciences, dans la technique ou dans l'industrie, ferait fi du fait que l'enfant, personne humaine, ne doit pas être objet d'expérimentations. Une éthique minimale devrait dicter au moins le principe de précaution.
Il faut enfin souligner combien paternité et maternité prennent sens l'un par l'autre. C'est un homme tourné vers une femme qui est père, une femme tournée vers un homme qui est mère. Le féminin de la maternité, comme le masculin de la paternité, se mettent en valeur l'un l'autre, s'aidant mutuellement, si la relation est vraie, à dépasser les stéréotypes. Chaque couple révèle et incarne un profil nouveau de la différence sexuelle. Homme et femme : deux corps, deux voix, deux styles, deux formes de tendresse,de parole, d'autorité. Paternité et maternité : deux manières de donner la vie, de la recevoir et de continuer à le faire, l'un avec l'autre, l'un par l'autre'. La remise en cause de la place  de la différence sexuelle dans la parenté ne fait qu'un avec le doute sur l'importance du corps dans la filiation.  Est-il important ou non, secondaire ou non que la vie d'un être humain soit passée par le corps de deux autres personnes, par l'union entre ceux-ci? Un nombre de plus en plus grand d'intellectuels répondent par la négative à cette question. Au nom d'une éthique que je dirai «personnaliste », c'est-à-dire qu'elle souligne    l'unité de la personne et de son corps, au nom du principe d'incarnation, qui est un principe de cohérence, nous devons répondre affirmativement. « Le risque, selon le psychanalyste Christian Flavigny, serait la  tentation d'une création purement artificielle deparenté. Il y aurait là une usurpation du pouvoir social de créer du symbolique », ce dernier ne s'articulant pas au réel, c'est-à-dire au donné, au corps._
     Les débats autour de la «gestation pour autrui » mettent en évidence ces enjeux. .....

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      L'idée est simple : toute dissociation entre les dimensions de la parenté (charnelle, sociale, affective) implique une discontinuité dans l'histoire du sujet concerné. Et cette discontinuité est une épreuve. Il est possible de dissocier ainsi les diverses dimensions de la parenté, mais c'est a priori un bien élémentaire que de viser leur cohérence. Le droit doit être garant de la cohérence et de la lisibilité de la filiation. Le brouillage dans la signification des mots « père » et «mère », qui verraient leur sens se diluer, ne serait pas une attitude socialement responsable. En effet, c'est le sens même des mots « père» et « mère » qui se dilue dès lors que l'on perd  de vue l'ancrage charnel de la parenté, de la naissance, de la filiation.
    Il est souvent affirmé que la présence de deux parents - de sexes différents en particulier - n'est nullement une garantie d'harmonie, que les relations peuvent devenir violentes, perverties ou catastrophiques, alors qu'un seul parent ou deux « parents » de même sexe peuvent offrir de bonnes conditions de vie à leur enfant. En réponse à cette objection très souvent entendue, une troisième distinction doit être posée : entre les difficultés accidentelles et les difficultés structurelles. Les premières peuvent advenir avec le temps, de manière contingente, en raison de paramètres personnels liés à l'histoire des sujets, face auxquels la société n'a pas de responsabilité particulière. Les secondes sont des données antérieures, a priori ; elles tiennent à la structure corporelle, qui détermine elle-même une structure familiale. La responsabilité sociale est dès lors engagée.

Beaucoup pensent que la société ne doit pas privilégier une structure familiale plutôt qu'une autre. Le débat devient ici plus fondamental, touchant à la philosophie du droit qui nous réunit ou nous divise. Selon les uns, le droit a pour seule fonction d'organiser les conditions minimales de coexistence entre des libertés individuelles, pourvu que celles-ci soient compatibles entre elles. Selon d'autres, la loi est une expression du corps social, une décision collective qui a choisi de soutenir, de conforter certains biens humains fondamentaux, certaines données anthropologiques. On sait aujourd'hui que l'être humain est institué, ce qui veut dire qu'il se construit selon l'étayage de choix collectifs. Pourquoi, diront les uns, sacrifier la liberté individuelle sur l'autel d'une «morale d'État» ? Pourquoi, répondront les autres, sacrifier un patrimoine anthropologique

et éthique commun sur l'autel de la fragile autonomie de la volonté ?
La question se pose dès lors que la procréation n'a pas lieu seulement dans un cadre privé, intime où nul en effet n'a droit de regard, mais dès lors qu'elle entre dans le cadre médical qui suppose la participation - et donc la responsabilité - de la société comme telle. Puisque des tiers - à savoir les enfants - sont impliqués, les volontés individuelles ne sont pas seules en cause. La parole du tiers est non seulement légitime mais moralement nécessaire. La loi en est la forme la plus élémentaire. Ici comme ailleurs, l'individualisme libéral doit rencontrer des limites; il ne peut pas être la seule source du droit.
     Dissociation entre procréation et naissance, entre naissance et filiation, entre filiation et parenté. Le néologisme de «parentalité », neutre, fonctionnel et souvent fonctionnaliste, entérine ces dissociations. Ce qui fonde la parenté est désormais le projet parental. Le respect même de
' l'embryon est subordonné à l'existence de ce dernier. Tout est dans l'intention, la volonté, la parole, le sacro-saint «projet» (notion elle-même bien floue). Considérer que le devenir corporel compte, qu'il soit source de valeur et de sens, cela est renvoyé aux ornières du--«naturalisme».

Dans bien des débats, la question gênante est finalement : que faire de la naissance?

La naissance est-elle un résidu encombrant ou une source de sens ?

À tout le moins elle est le point aveugle de l'existence et, selon l'heureuse formule de France Quéré : «Personne jusqu'à ce jour n'a réussi à naître tout seul !»

Naître, c'est entrer dans un réseau de relations et de liens. Au minimum dans des liens de parenté et de filiation. Cela est encore plus vrai pour l'identité : que serait le nom sans la loi, les héritages, la mémoire, la tradition, les institutions ? Un modèle de famille est nécessairement impliqué dans les représentations de la naissance et de la nomination.
On voit ici que les enjeux ne sont pas seulement individuels. Ils sont aussi relationnels, sociaux, sociétaux. Selon telle idée du corps et de son importance, c'est un modèle de famille et finalement de société qui est impliqué. Il est étonnant à cet égard que ceux qui fustigent à longueur de pages ou de colonnes l'individualisme lui apportent une telle caution dès qu'il s'agit du rapport à l'institution, surtout familiale. Cela vaut aussi à propos du discours sur la sexualité. Les propos - et la philosophie du droit sous-jacente ne se réfèrent qu'à l'individu, aux seuls principes de liberté et d'égalité. Didier Eribon, disciple de Michel Foucault, pouvait ainsi déclarer : « Mon principe: accorder le maximum de droits au maximum d'individus'. » Que peut-on construire sur un tel individualisme ? Que le corps soit foncièrement relationnel, que les relations sexuelles soient appelées à entrer dans un contexte de relations, de liens, d'engagement et - osons le mot - dans un cadre institutionnel, tout cela est entièrement étranger à cette perspective.

Opposées à cet idéalisme, une philosophie et une théologie convergent.
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Les raisons « philosophiques » en sont les suivantes. ................. suite au prochain numéro ...

 

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Slobodan Despot : « Nous sommes à une époque absolument épique ! »  ..... à transposer en  " Ma vie n'est pas l Vie"

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KRISHNAMURTI

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Je mène une vie qui n’est pas ma vie propre. Je vis une vie qui est celle de toute l’humanité et si je comprends la mort, si je comprends la douleur, je purifie l’ensemble de la conscience humaine.

<>« Puis-je être libre de la peur ? »
Je vois que je suis responsable, totalement responsable de l’ensemble de la conscience. Je vois que lorsque j’explore la peur, j’aide la totalité de la conscience humaine à atténuer cette peur. Alors la mort prend un sens complètement différent. Je n’ai plus le fantasme de m’asseoir à côté de Dieu ou d’aller au ciel en traversant une certaine nébuleuse. Je mène une vie qui n’est pas ma vie propre. Je vis une vie qui est celle de toute l’humanité et si je comprends la mort, si je comprends la douleur, je purifie l’ensemble de la conscience humaine. C’est pourquoi il importe de comprendre le sens de la mort et peut être de découvrir que la mort a une grande signification, une grande relation avec l’amour. Car lorsque vous mettez fin à quelque chose, il y a amour. Quand vous mettez fin complètement à l’attachement, alors l’amour existe.

 

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