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En 2008, le baron Empain se confiait au Figaro : «Je vis toujours cette histoire»

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INTERVIEW - Le baron Empain est décédé à l'âge de 80 ans. Trente ans après son enlèvement qui avait défrayé la chronique dans les années 70, l'ex-président du groupe Empain-Schneider revenait pour Le Figaro sur ses 63 jours de calvaire.

LE FIGARO. Trente ans après, gardez-vous encore des souvenirs précis de ce 23 janvier 1978?

Édouard-Jean EMPAIN. Oui, car je vis toujours avec cette histoire. Il est 10 h 30, mon chauffeur m'attend en bas de chez moi, avenue Foch. J'avais rendez-vous à 11 heures et comme beaucoup de Belges, je n'aime pas être en retard. Mais, au lieu d'arriver à temps, je suis revenu deux mois et demi après… J'avais été choisi en raison de la régularité de mon emploi du temps, prévisible, et de ma résistance physique. Sinon, mes ravisseurs projetaient de kidnapper Edmond de Rothschild ou un membre de la famille Dassault.

L'enlèvement est rapide?

Quelques secondes. Des hommes encagoulés et armés m'ont emmené dans un parking, où je suis resté des heures avant de rejoindre un premier endroit de séquestration. J'avais très peur. Mes ravisseurs m'orientaient avec des gestes brusques, restaient muets ou maquillaient leur voix de divers accents. On m'avait drogué avec une piqûre.

«Dès le premier jour, ils m'ont tranché une phalange. J'ai croupi un mois dans une maison abandonnée sans eau, ni électricité, enchaîné sous une tente»

Le calvaire ne faisait que commencer…

Dès le premier jour, ils m'ont tranché une phalange. J'ai croupi un mois dans une maison abandonnée sans eau, ni électricité, enchaîné sous une tente. La température était inférieure à zéro. La nourriture se résumait à un morceau de pain et à une vieille pomme jetée de temps à autre. On me faisait écrire des demandes de rançon dont les montants étaient grotesques, allant jusqu'à 130 millions de francs. Ces chiffres n'avaient aucun sens car, à ce moment précis, moi seul pouvais débloquer une telle somme. Or j'étais prisonnier! Je leur ai expliqué qu'il faisait un truc idiot. Ils ont baissé leurs prétentions à trente millions.

Les conditions se sont-elles améliorées?

Non, j'avais même perdu la notion du temps. Au fil de la captivité, on se rapetisse. On se contente d'un rien. On finit par attendre une tasse de café, un fruit ou un mot agréable du genre «Comment vas-tu, ce matin?» Je me faisais insulter parce que je tardais à donner mon «fric»… Il y avait beaucoup de grossièreté et des tutoiements épouvantables. Tout était fait pour m'humilier. Je ne cherchais pas à m'échapper et préférais mon train-train sous les chaînes. Étrange, mais on finit par être presque content de son sort.

«Mes ravisseurs ont voté pour savoir s'ils me tiraient une balle dans la tête. Pendant deux heures, j'ai attendu le verdict avant d'être libéré contre trois reconnaissances de dettes de dix millions de francs chacune»

C'est le syndrome de Stockholm?

Pure invention de psychiatres! Un otage sait que son sort ne dépend que de ses geôliers. Donc, il ne passe pas son temps à les insulter. Au contraire, il essaie de se faire gentil. Le syndrome de Stockholm n'est rien d'autre qu'un désir de survivre… La fin de ma captivité a d'ailleurs été plus soft. J'avais même eu une petite télé sous ma tente. Après une tentative avortée de remise de rançon achevée en fusillade, mes ravisseurs ont compris que c'était fini. Ils ont voté pour savoir s'ils me tiraient une balle dans la tête. Pendant deux heures, j'ai attendu le verdict avant d'être libéré contre trois reconnaissances de dettes de dix millions de francs chacune. Si je ne payais pas, ils menaçaient de tuer un quidam et de lui accrocher un des papiers dans le dos.

Vous avez pris ces menaces au sérieux…

Oui, parce que certains de mes ravisseurs sont restés dans la nature. Pendant deux ou trois ans, ils m'ont filé au restaurant ou au cinéma. Ils m'appelaient même quand je changeais de numéro de téléphone. Or seule la police était censée connaître mes coordonnées…

«J'ai passé trente années à digérer ce mauvais polar»

Les kidnappeurs ont fini par être arrêtés…

Oui, ils étaient au minimum douze à avoir fait le coup et huit ont été attrapés. Je les ai reconnus à leur voix. J'ai été privé de liberté pendant soixante jours et eux durant dix ans…

Trente après, vous en faites des cauchemars?

Cet enlèvement est la charnière de ma vie, une fracture intervenue à 40 ans. Avant, il y avait la vie facile où tout me réussissait. J'étais jeune, puissant et l'on me craignait en raison de mes relations tant dans les milieux patronaux que politiques. J'incarnais le capitalisme conquérant sans être connu du grand public.

Et après?

Tout a changé. Je me suis aperçu que le monde extérieur m'avait condamné en soixante jours. Ma famille, mes collaborateurs s'étaient organisés à vivre sans moi. On avait même vendu ma Mercedes de fonction, mes héritiers s'intéressaient au testament, les organigrammes avaient été refaits. J'ai passé trente années à digérer ce mauvais polar…

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lecture de cet article sous ce point de vue d'un ENtre-DEUX MONDEs : ....celui de César et celui de lÄ Vie ...

 

" rendez à .... César ce qui est à César ..ET à ... Dieu ce qui est à Dieu ..

  •  ..... Oui, car je vis toujours avec cette histoire. Il est 10 h 30, mon chauffeur m'attend en bas de chez moi, avenue Foch. J'avais rendez-vous à 11 heures et comme beaucoup de Belges, je n'aime pas être en retard.
  • On me faisait écrire des demandes de rançon dont les montants étaient grotesques, allant jusqu'à 130 millions de francs. Ces chiffres n'avaient aucun sens car, à ce moment précis, moi seul pouvais débloquer une telle somme.
  • Je me suis aperçu que le monde extérieur m'avait condamné en soixante jours. Ma famille, mes collaborateurs s'étaient organisés à vivre sans moi. On avait même vendu ma Mercedes de fonction, mes héritiers s'intéressaient au testament, les organigrammes avaient été refaits.
  • Non, j'avais même perdu la notion du temps. Au fil de la captivité, on se rapetisse. On se contente d'un rien. On finit par attendre une tasse de café, un fruit ou un mot agréable du genre «Comment vas-tu, ce matin?» Je me faisais insulter parce que je tardais à donner mon «fric»… Il y avait beaucoup de grossièreté et des tutoiements épouvantables. Tout était fait pour m'humilier. Je ne cherchais pas à m'échapper et préférais mon train-train sous les chaînes. Étrange, mais on finit par être presqu e content de son sort.

 

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