Note utilisateur: 5 / 5

Etoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles activesEtoiles actives
 

.... au service de Mammon ....

 

CORRELATS

jacques ELLUL .....

Converti au protestantisme à l'âge de 18 ans, sa posture est également surprenante pour certains du fait qu'il s'est livré à une critique du christianisme, dont il considérait qu'à partir du IVe siècle, sous Constantin, il a été « subverti » par sa collusion avec l'État, allant même jusqu'à affirmer, deux ans avant sa mort, que « le christianisme est la pire trahison du Christ ».

Sa pensée est profondément ancrée dans le christianisme et il n'a cessé de témoigner de sa foi dans les Évangiles. Il établit un parallèle entre les textes bibliques et le rejet des institutions, en refusant tout amalgame entre foi et analyse politique mais en établissant leur mise en relation dialectique, notamment dans son ouvrage Anarchie et Christianisme, dans lequel il considère la Bible comme un livre libertaire.

Ayant adopté comme devise « exister, c’est résister » — résister « à la sollicitation du milieu social », aux conformismes et aux lieux communs —, il disait de son œuvre qu'elle est entièrement axée autour de la notion de liberté : « Rien de ce que j’ai fait, vécu, pensé ne se comprend si on ne le réfère pas à la liberté1

 

ARTICLES

«La prostitution des cités» prend des proportions alarmantes

«Ensauvagement ordinaire»

.Enfants et pornographie : l'alerte des gynécologues

88888888888888888888888888888888888888888888

«La prostitution des cités» prend des proportions alarmantes

- Avec AFP  >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Dans une tribune publié ce 17 juin dans Le Parisien, Catherine Champrenault, procureur général de la cour d’appel de Paris, tire la sonnette d’alarme à propos de la multiplication des faits de proxénétisme dans les cités françaises.

«Depuis quelques années, aux côtés des réseaux criminels étrangers de traite d’êtres humains, les affaires portant sur des faits de proxénétisme des cités se multiplient», écrit le procureur général de la cour d’appel de Paris, Catherine Champrenault, dans une tribune publiée dans Le Parisien-Aujourd’hui en France

«L’Office central pour la répression de la traite des êtres humains [OCRTEH] a noté de très fortes augmentations de la prostitution des mineurs depuis 2014», poursuit le procureur général. «Elle procède à la fois d’une avidité pour l’argent et d’une banalisation à l’extrême de l’acte sexuel exacerbée par l'explosion de la pornographie», analyse-t-elle. 

Début avril, le tribunal correctionnel de Créteil a condamné plusieurs hommes à des peines allant de deux à six ans d’emprisonnement pour avoir prostitué des jeunes filles rencontrées dans leur quartier et qu'ils présentaient comme leurs «copines».

Ces jeunes filles, droguées à la cocaïne, enchaînaient à leur profit jusqu'à 300 passes par mois dans des hôtels d'Ile-de-France. L'une des jeunes victimes a déclaré rapporter jusqu'à 48 000 euros par mois.

«L’activité, considérée comme lucrative et peu complexe, attire des jeunes qui entretiennent des situations d’ambiguïtés amoureuses laissant aux jeunes filles l’illusion de croire qu’elles ne sont pas des prostituées et aux garçons, qu’ils ne sont pas leurs proxénètes», rapporte Catherine Champrenault. 

«Les cadences se font plus pressantes et l’entreprise, initialement consensuelle, se transforme en un rapport d’asservissement pervers», décrit le procureur général, qui évoque une «descente aux enfers». 

Pourtant, «les bancs des parties civiles sont clairsemés», les plaintes des victimes étant rares. «Le parquet endosse la responsabilité de poursuivre les délinquants sans que la plainte de la victime ne soit indispensable, même si elle est préférable», explique le procureur général. 

 

Elle insiste sur l'importance de «l'accompagnement personnalisé des victimes» et appelle à «la vigilance de tous, et notamment des parents». Un des défis est de «déconstruire auprès des jeunes filles l’image d’une prostitution anodine».

A Paris, «où plusieurs dossiers de proxénétisme de cité ont déjà prospéré, une information judiciaire vient d’être ouverte contre un site de petites annonces», souligne la procureure générale.

Le parquet a ouvert une information judiciaire contre X pour «proxénétisme aggravé» après une enquête préliminaire sur des soupçons de prostitution déguisée dans les petites annonces du site internet Vivastreet.

Lire aussi : «Le meurtre d’une pute, les gens ne s'y intéressent pas» : la prostitution en grève à Bruxelle

«Ensauvagement ordinaire»

Par Vincent Tremolet de Villers

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

C'est arrivé près de chez vous, mais ça n'a plus rien d'exceptionnel. De faits divers sordides en agressions gratuites, les chiffres pourtant donnent le vertige. D'autant que les condamnations sans effet s'accumulent. La France assiste impuissante à l'atomisation d'une jeunesse en proie à une pornographie de la violence, un nihilisme analphabète. Comme dans un roman de Tom Wolfe, quelques kilomètres séparent désormais les rues où tout est policé (jusqu'au langage même) de ces zones d'affrontement entre bandes séparées par des lignes imaginaires. Les gamins qui font le guet pour les dealers, les jeunes filles de 12 ans qui volent sans vergogne, les rodéos urbains qui résonnent de leur mécanique stridente, les onomatopées qui tiennent lieu de vocabulaire, les femmes soumises à la tyrannie des pulsions des adolescents: rien ne subsiste de la civilité élémentaire. Les individus sont là, mais il n'y a plus de société. À la place règne le chaos: celui de tous contre tous, sans vainqueur ni vaincu ; une lutte à mort pour l'argent vite gagné et la domination territoriale ou religieuse.

Un ensauvagement absurde pour celui qui le subit mais qui s'intensifie au point de transformer certaines rues, gares ou rames de train en terrain barbare. Devant ce phénomène, la police, les juges mais aussi professeurs et éducateurs font ce qu'ils peuvent mais souffrent de nos défaillances. Défaillance sécuritaire quand il n'y a plus assez de forces de police pour traiter la violence du quotidien. Défaillance judiciaire quand notre droit protège encore comme des enfants de jeunes adultes qui nous menacent. Défaillance culturelle quand les mineurs se regroupent en communauté d'origine et se construisent contre la société française. Défaillance collective d'une société qui a pulvérisé les hiérarchies, le maître, la notion même d'autorité…

Dans l'Émile, Jean-Jacques Rousseau voulait faire des enfants «des sauvages faits pour habiter dans les villes». Nous y sommes. Le travail éducatif sera long et difficile, mais, selon les mots de François-Xavier Bellamy, lui seul évitera non pas «le choc des cultures mais celui des incultures».

Enfants et pornographie : l'alerte des gynécologues

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Des médecins mettent en garde contre les effets ravageurs de l'exposition des plus jeunes aux films pour adultes.

Alors que l'exposition des plus jeunes à la pornographie est devenue un phénomène massif, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a lancé vendredi un «coup de gueule» et un «appel solennel» aux pouvoirs publics pour mieux protéger les enfants et les adolescents. Ces dernières années, des études ont commencé à mesurer l'ampleur du phénomène. Ainsi, un jeune de 14 à 24 ans sur cinq (21 %) dit regarder de la pornographie au moins une fois par semaine, dont 15 % des 14-17 ans, selon une enquête Ipsos réalisée pour le Fonds actions addictions et les fondations pour l'innovation politique et Gabriel-Péri. Le psychiatre Serge Hefez, qui s'est joint à cet appel, juge pour sa part ces chiffres sous-estimés. «La plupart des adolescents ont vu des images porno avant l'âge de 14 ans», estime-t-il. La moitié des 15-17 ans déclaraient par ailleurs être déjà tombés par hasard sur ces images, dévoilait un sondage Ifop de 2017 pour l'Observatoire de la parentalité & de l'éducation numérique (Open).

«En consultation, des adolescentes s'inquiètent de ne pas avoir d'orgasme, sous-entendu comme on en voit dans les films porno. Les garçons, eux, pensent par exemple qu'ils n'ont pas assez de sperme»

Dr  Marie-Hélène Colson, sexologue à Marseille

Les gynécologues, eux, constatent les effets ravageurs de cette exposition précoce sur le terrain. «Je vois désormais des filles de 15 ans qui posent des questions sur l'éjaculation faciale. Le porno a créé de nouvelles normes sexuelles», alerte le Pr Israël Nisand, président du Collège. «En consultation, des adolescentes s'inquiètent de ne pas avoir d'orgasme, sous-entendu comme on en voit dans les films porno. Les garçons, eux, pensent par exemple qu'ils n'ont pas assez de sperme ou s'inquiètent de la taille de leur sexe. Les gynécologues sont confrontés à de nombreuses demandes de labiaplastie (réduire la taille des petites lèvres génitales, NDLR), alerte le Dr  Marie-Hélène Colson, sexologue à Marseille. Pour les enfants les plus fragiles, qui vivent dans un milieu familial compliqué ou souffrent d'insécurité affective, l'imaginaire demeure captif de ce qu'il a vu. Cela conduit à structurer leur sexualité sur un mode anxieux et déconnecté de l'échange, de l'affectif, de l'émotion.» En Seine-Saint-Denis, le Dr  Ghada Hatem, fondatrice de la Maison des femmes, évoque pour sa part des mineurs qui consultent pour des grossesses précoces et non désirées et qui ont eu des relations sexuelles «sans aucune connaissance de leur corps et de la contraception».

Les gynécologues voudraient voir les fournisseurs d'accès à Internet obligés de conditionner l'accès aux sites pornographiques à une preuve de majorité

Après la vague de libération de la parole des femmes sur les violences sexuelles, le Pr Nisand ironise également sur «l'étonnement vis-à-vis de ces violences faites aux femmes dans un pays où on laisse des enfants regarder des films où ils voient des rapports non consentis». Dans ce contexte alarmant, les gynécologues voudraient voir les fournisseurs d'accès à Internet obligés de conditionner l'accès aux sites pornographiques à une preuve de majorité, via une carte bancaire par exemple. «Il faut frapper au portefeuille. Ceux qui ne respectent pas cette obligation devraient se voir infliger une amende de 10 millions d'euros. Le CSA pourrait être chargé de contrôler cette obligation», avance Israël Nisand. Enfin, ces médecins jugent dramatique l'application très parcellaire des trois séances annuelles obligatoires d'éducation à la sexualité dans les écoles, collèges et lycées. En novembre, Emmanuel Macron a promis une campagne de sensibilisation auprès des élèves, mais aussi de leurs parents, pour la nouvelle année scolaire.

À deux mois et demi de la rentrée, ni les entités susceptibles de réaliser ces interventions, ni le contenu de ces dernières n'ont été dévoilés. L'heure est au «courage politique», interpelle Israël Nisand. «Il ne faut pas avoir peur d'avoir l'air ringard. Nous avons 100 % des parents avec nous.»

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 16/06/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici