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Après le cardinal Parolin invité du Club Bilderberg, voilà un Sommet international organisé au Vatican avec les PDG des principales compagnie pétrolières, qui rencontreront le Pape pour parler du climat (7/6/2018)

 
 

Le très secret Club Bilderberg tient en ce moment (7-10 juin) à Turin sa 66ème rencontre annuelle. Dans la liste des participants , à côté des français Bernard Cazeneuve, ex-premier ministre socialiste de Hollande et Jean-Louis Blanquer, actuel minitre de l'éducation (très apprécié dans certains milieux de droite...), on relève un nom insolite: celui du cardinal Parolin, Secrétaire d'tat du Saint-Siège. C'est la première fois en 66 ans qu'un représentant du Vatican participe à cette rencontre.
Mais ce n'est pas tout. Simultanément, les 8 et 9 juin, le Vatican, encore, est l'hôte d'un Symposium à huis clos, sous les auspices de l'inénarrable Marcello Sorondo, président de l'Académie Pontificale des Sciences, et du cardinal Turkson, préfet du nouveau dicastère Vatican pour la promotion du développement humain. Titre du Sommet: "La transition énergétique et le soin de notre maison commune". Parmi les invités, les PDG des principales compagnies pétrolières, et d'importantes sociétés d'investissement. Une rencontre avec le Pape est même programmée.

Décidément, l'Eglise a définitivement intégré l'idéologie du monde... Un comble pour une Eglise qui affichait au début du Pontificat de François l'ambition de se "démondaniser"

 

Gros bonnets du pétrole au Vatican. L'Eglise se remet à l'ONU


Riccardo Cascioli
7 juin 2018
www.lanuovabq.it
Ma traduction

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Le passage des énergies fossiles aux énergies renouvelables est le thème du sommet du Vatican avec les géants du pétrole. Egalement au programme, la rencontre avec le Pape, dont l'encyclique Laudato Sii est un point de référence du sommet. Mais la "conversion écologique", y compris des religions, est un projet qui part de l'ONU déjà dans les années 90. Et le Saint-Siège s'y conforme.

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«Si les religions veulent jouer un rôle constructif en tant que membres de la nouvelle communauté mondiale qui est en train d'émerger, elles doivent reconstruire leur vision du monde et leur éthique à la lumière de la pensée écologique». C'est ce qu'affirmait en 1997 Steven C. Rockefeller, le plus âgé de la quatrième génération de la dynastie américaine. Ce sont des paroles claires, qui traduisent un programme, et qui viennent à l'esprit à l'annonce d'un sommet à huis clos au Vatican, à l'habituelle Académie Pontificale des Sciences: les dirigeants des multinationales pétrolières et les principaux investisseurs internationaux d'un côté, et les responsables du Vatican qui s'occupent d'environnement de l'autre. Une intervention du Pape est même prévue.

La rencontre, qui se déroule les 8 et 9 juin, a pour thème "La transition énergétique et le soin de notre maison commune" et est organisée - comme son titre l'indique - dans le sillage de l'encyclique du Pape François "Laudato Sii".

Depuis la publication de l'encyclique en 2015, on voit se dérouler régulièrement au Vatican ces rencontres au sommet, qui entendent mettre en œuvre l'un ou l'autre des points du document pontifical, mais curieusement, ont tous lieu derrière des portes closes. C'est aussi un signal indicatif: aucun débat n'est autorisé, aucune confrontation entre positions scientifiques ou économiques différentes, comme cela avait toujours été la tradition de l'Académie pontificale des sciences. Non, ici on veut simplement promouvoir un agenda, et désormais toute l'Eglise est invitée à avancer sur le thème de l'environnement et en particulier des changements climatiques, en prenant pour acquis une thèse scientifique qui est au contraire plus que discutable et discutée.

Ce n'est pas seulement le Vatican en fait: juste pour donner des exemples récents, il y a le message de la Conférence épiscopale italienne sur la Journée de la création, et sur le site du diocèse de Turin, on fait la publicité d'une rencontre qui se tiendra le 22 Juin dans la capitale du Piémont, co-organisée par la Congrégation des Pères Barnabites intitulé "Retour à l'asile (psychiatrique): le négationisme climatique à l'ère de Trump". Le rapporteur est un intégriste du changement climatique, Michael Mann. Selon le diocèse de Turin et les Pères Barnabites, donc, ceux qui remettent en question la théorie du changement climatique causé principalement par les activités humaines sont des fous, et même un peu pro-nazis (la référence au négationnisme n'est sans doute pas fortuite).

Du reste, c'est plus ou moins la même pensée qu'a exprimé à plusieurs reprises Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, président de l'Académie des Sciences, qui fera cette fois les honneurs de la maison avec le Cardinal Peter Turkson, à la tête de la nouvelle Congrégation du Vatican pour la promotion du développement humain. La rencontre, organisée conjointement avec l'Université américaine de Notre Dame, prévoit la présence des PDG des compagnies pétrolières Exxon Mobil, Eni, BP, Royal Dutch Shell, Pemex, et de la société norvégienne Equinor, participeront. S'y ajoutent d'importantes sociétés d'investissement, telles que L1 Energy, déjà engagée dans les énergies renouvelables, et surtout BlackRock, la plus grande société d'investissement au monde, avec un patrimoine de plus de 6 milliards de dollars. Également annoncée, la présence de l'ancien secrétaire à l'énergie des États-Unis, sous l'administration Obama, Ernest Moniz, confirmant l'harmonie profonde - du moins sur ce sujet - entre ce pontificat et les Obama-Clinton.

Compte tenu du thème et des invités, le focus des deux journées est clair et fait référence au n°165 de Laudato Sii, qui affirme: «Nous savons que la technologie basée sur les combustibles fossiles, qui sont très polluants - surtout le charbon, mais aussi le pétrole et, dans une moindre mesure, le gaz - doit être remplacée progressivement et sans délai. En attendant le développement général des énergies renouvelables, qui aurait déjà dû commencer, il est légitime d'opter pour l'alternative la moins nuisible ou de recourir à des solutions transitoires».

Ce sont des déclarations sur lesquelles il y aurait beaucoup à discuter, mais sur les risques d'une implication de l'Église dans des questions techniques et politiques aussi spécifique, il faut lire l'analyse de Stefano Fontana dans le commentaire sur le message des évêques italiens pour la Journée de la Création, qui comme par hasard parle encore de changement climatique.

Je voudrais toutefois souligner ici un autre aspect, qui renvoie à la citation initiale de Steven C. Rockefeller.

Dans ce climat de grande harmonie qui s'est créé entre le Saint-Siège et les agences des Nations Unies, au Vatican, on se montre en fait convaincus que c'est l'ONU qui s'oriente vers les positions de l'Église catholique ou qui, en tout cas, est prête aujourd'hui à écouter attentivement les paroles du Pape François et à changer de cap. Mgr Sorondo l'a déjà dit dans le passé, et il l'a répété ces jours-ci dans une déclaration pathétique à Vatican Insider: «La rencontre - a-t-il dit - a pour but de dialoguer avec les PDG des compagnies pétrolières pour savoir jusqu'à quel point ils sont conscients que le pétrole est la cause principale du changement climatique, c'est-à-dire du réchauffement qui ruine la planète. C'est important parce qu'aujourd'hui, non seulement ce sont eux qui contrôlent l'économie, mais aussi la politique de nombreux pays, en particulier le G20. Il s'agit de leur suggérer, et à travers eux aux politiques, qu'ils investissent dans les énergies renouvelables ou dans la décarbonisation comme un nouveau défi, objectif socio-économique, source de travail et source de bien-être pour la maison commune. Nous espérons qu'ils écouteront le message, comme certains le font déjà. Ce sont eux qui ont voulu la rencontre et nous en sommes heureux, pour entamer un dialogue sérieux, critique et constructif».

Donc, selon Sorondo, les grandes compagnies pétrolières avaient demandé une rencontre avec le Pape afin de se faire donner une petite leçon sur l'énergie et se faire suggérer des stratégies de marché. S'il est conscient de ce qu'il dit, il fait vraiment pitié.

Les mots de Rockefeller nous racontent au contraire une autre histoire: cette fois-là, il s'exprimait à un symposium organisé sur le thème "Religion et ordre mondial", mais le thème faisait référence à une stratégie déjà élaborée à l'ONU et pas du tout secrète. En particulier, il y était question du volumineux rapport publié en 1995 par la Commission des Nations Unies sur la gouvernance mondiale, intitulé “Our Global Neighborhood”, qui théorisait la nécessité d'une éthique mondiale en vue de construire un monde pacifique et qui confiait par conséquent aux religions la tâche importante de motiver leurs fidèles respectifs à comprendre et à assumer cette éthique. C'est à cet objectif que doivent également servir l'Assemblée des religions mondiales et l'œcuménisme: la recherche de valeurs communes sur lesquelles construire l'harmonie mondiale. La "conversion écologique" est un point fort de cette éthique mondiale, expression de la prise de conscience que l'homme fait partie d'une communauté de vie plus large qui englobe également les animaux et les plantes, comme l'exprime clairement la Charte de la Terre à laquelle se réfère également l'encyclique Laudato Sii.

Ce à quoi nous assistons n'est donc que le développement de cette stratégie: malheureusement, contrairement à ce qu'affirme Mgr Sorondo, ce n'est pas l'ONU qui écoute l'Eglise, mais c'est le Saint-Siège qui se conforme à l'idéologie onusienne qui - soit dit en passant - est profondément anti-chrétienne.

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