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Pourquoi l’orgasme échappe (souvent) aux femmes

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On entend rarement parler de l’inégalité orgasmique entre les hommes et les femmes. C’est pourtant une réalité que l’on retrouve aussi bien au Canada qu’aux États-Unis, en Espagne, en Italie, en Allemagne ou en Angleterre. Il y a trois ans un sondage IFOP révélait qu’une Française sur quatre n’avait pas eu d’orgasme lors de son dernier rapport sexuel pour seulement 6% des hommes. On peut douter que cela ait été le plus souvent un choix délibéré, puisque la moitié des femmes interrogées disait avoir régulièrement du mal à parvenir à l’orgasme.

Plus d’orgasmes chez les lesbiennes

Le fait est que pour un homme, en revanche, l’orgasme est rarement un problème, et cela quel que soit le genre du partenaire. Lors d’un sondage réalisé l’année dernière auprès de plus de 52.000 personnes,environ 90% des hommes ont déclaré avoir un orgasme «habituellement» ou «à chaque fois» avec leur partenaire si c’est un homme et 95% si c’est une femme! À noter que c’était également le cas de 86% des femmes lesbiennes interrogées, mais de seulement 65% des femmes hétérosexuelles.

Il existe bien sûr des explications «techniques» aux difficultés orgasmiques des femmes en général et des Françaises en particulier lorsqu’elles couchent avec un homme (voir ici). Mais des chercheurs du département de psychologie de l’université de Valparaiso (Indiana) avancent d’autres hypothèses dans le Journal of Sex & Marital Therapy (2018). En interrogeant par internet plus de 900 jeunes femmes, ils se sont aperçus que la moitié d’entre elles ont déclaré avoir des difficultés pour avoir un orgasme. Parmi elles, plus d’une sur trois ne s’en plaignaient pas.

Les 7 causes principales de difficultés orgasmiques

«Les raisons le plus souvent avancées étaient le stress/l’anxiété (58%), l’excitation ou les stimulations insuffisantes (48%) et la brièveté du rapport (40%), l’image du corps (28%), la douleur ou l’inconfort physique (25%), le manque de lubrification (24%)», indiquent les auteurs de l’étude. Par contre, les raisons médicales/médicamenteuses (17%) étaient moins souvent avancées. Ils soulignent aussi la complexité que posent les difficultés orgasmiques («nos résultats suggèrent que ces causes chez les femmes sont probablement multifactorielles») et les facteurs psychologiques et relationnels impliqués qui «défient parfois une catégorisation simple ou facile».

En ce qui concerne les obstacles orgasmiques que représentent le manque d’excitation et la brièveté du rapport - qui comptent pour un tiers des causes de difficultés orgasmiques —, les auteurs considèrent cela comme encourageant. «Cela peut être surmonté par des changements de comportements tels que des préliminaires prolongés, un acte sexuel plus long, un élargissement du répertoire sexuel, une communication directe avec le partenaire», écrivent-ils.

L’anxiété doit être prise en charge

L’anxiété est plus problématique. Elle apparaît d’ailleurs comme étant le principal trait psychopathologique associé aux troubles orgasmiques dans une autre étude (Journal of Sexual Medicine, 2014), basée sur la «cohorte de Zürich». La dépression y était également fortement associée aux difficultés orgasmiques mais ceci est bien connu.

La cohorte de Zürich étant formée d’un échantillon de femmes de 50 ans réinterrogées régulièrement depuis une vingtaine d’années, elle fournit aussi des informations sur le risque de connaître des troubles orgasmiques sur le long terme. De telles difficultés y sont rapportées annuellement par 7,1 à 13,5 % d’entre elles. Au total, sur les vingt années de suivi, plus d’une femme sur quatre (27%) a rencontré à un moment ou un autre ces difficultés.

Malheureusement l’étude suisse ne permet pas de distinguer si l’anxiété, lorsqu’elle est présente, est généralisée ou spécifiquement liée à la sexualité. Ce qui est sûr c’est qu’elle joue alors un rôle à la fois dans le déclenchement et l’entretien des difficultés sexuelles. Ce qui explique peut-être le succès des thérapies basées sur la méditation en pleine conscience.