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...Le Conseil d'Etat valide l'arrêt des soins d'Inès, 14 ans, en état végétatif >>>>>>>>
.... Le projet de loi d’Emmanuel Macron contre les « fake news » est liberticide. >>>>>>>>>
.....Erdogan au Figaro : «Turquie et France, une longue amitié»  .... (sic) ... >>>>>>>>
.... Emmanuel Macron annonce un projet de loi contre les «fake news» sur Internet >>>>>>>
  .... La Saint Sylvestre 2017 >>>>>>>

 .......Le laïcisme ...totalitarisme ....

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 ..le Président qui voulu dire la vérité .... John F. Kennedy  >>>>>>>>>>>>
 ...  Le totalitarisme .....par Hannah Arendt   >>>>>>>>>
 .... BASTIAT ...L’HARMONIE BRISEE   ... l'HOMENTRANCHE : les hommes de l'Etat >>>>>>>
 .... A BAS LA DÉMOCRATIE  .... sociale >>>>>>>>

 ....de la nation, de l'Etat,de l'impérialisme  

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 ...... Traces 2010..... >>>>>>>

 

 

 REGARDs PLUS LARGEs

 

.Paul RICŒUR, 1990 ...Démocratie ...une délibération publique...?.....pas de démocratie sans liberté d'expression ...

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  .... l'ETAT et la DEMOCRATIE  >>>>>>

 .....République ou démocratie..?

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 .... Et alors?....  l'HOMENTRANCHE ...

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......Le laïcisme ...totalitarisme ....

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  .... les 3 POUVOIRS ..... >>>>>>>>

 

 

PERSPECTIVES

....Haven, l'appli de Snowden pour transformer son smartphone en outil de surveillance

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 .... l'homocoques : ...Et alors où allons nous ? ...  >>>>>> 

.....et alors ?...apprenons à penser vivre ENtre Nous...

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 ....le CONSERVATISME ... ^^^^^^

 

 

ARTICLES

 l'ETAT et LA DEMOCRATIE

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8 octobre 2014

Partout, la participation recule et le regard sur les élus se durcit. Or, au-delà des défaillances individuelles, qui doivent être prévenues et sévèrement punies, l’insouveraineté progresse et dissout l’influence du vote.

Osons regarder en face le recul de la démocratie. Il est à la fois une des causes et des conséquences des difficultés de notre pays et de la panne du projet progressiste en Europe. Il en est de même sur les autres continents. Une nouvelle ère démocratique est attendue par les citoyens du monde.

Dans notre pays, elle commence par une profonde réforme des institutions

La prochaine République devra rééquilibrer puissamment les pouvoirs au profit du législatif. Le temps du Parlement est venu. Plusieurs voies sont possibles, un grand débat public doit être ouvert pour définir les voies et moyens d’y parvenir, tout en conservant la stabilité qu’offrent nos institutions actuelles.

Cette prochaine république devra conforter encore l’indépendance de la justice, et garantir la pérennité des services publics et de régimes sociaux, et la protection de l’environnement.

Elle suppose aussi de trouver de nouvelles voies d’implication des citoyens, des mouvements associatifs et coopératifs, et de tous ceux qui expérimentent et défrichent de nouvelles façons d’agir, de produire et de vivre ensemble.

La démocratie sociale doit aussi évoluer

Le quinquennat en cours a tenté de remettre les partenaires sociaux au cœur de la conception des politiques économiques et sociales. Néanmoins, le rapport de force initial est déséquilibré et les syndicats négocient dos au mur, ce qui les empêche d’obtenir les avancées légitimes. Le dernier accord national interprofessionnel réellement porteur de progrès pour les salariés et pour les entreprises date de 1971. Il portait sur la formation professionnelle. Les 35H ont été une grande avancée, elles se sont faites par des accords de branches et d’entreprises, mais il a fallu l’impulsion de la loi. Le patronat de l’époque, alors même que les Français avaient clairement exprimé leur choix lors des élections législatives de 1997 en faveur des 35H, a refusé la voie de la négociation interprofessionnelle. Encore récemment, le faible nombre des accords de branche du CICE, montre le peu d’engagement du MEDEF dans la logique paritaire et dans le compromis social. Il y a une raison de fond à cette panne : le chômage de masse est passé par là. Les syndicats ne sont plus d’égal à égal avec les employeurs dans les négociations. Pour équilibrer le rapport de force initial, il faut que soit réaffirmés l’ordre public social et la primauté de la loi, et que le gouvernement fixe –après concertation avec les partenaires sociaux- des objectifs et des bornes aux négociations sociales et paritaires.

Le renouveau démocratique suppose aussi une nouvelle étape de la décentralisation

Des réformes sont en cours d’examen par le Parlement, notamment concernant la carte des régions, l’avenir des départements, le renforcement de l’intercommunalité, la répartition des compétences. Notre souhait est que les débats parlementaires puissent aboutir – nous n’y sommes pas encore- sur une nouvelle architecture qui donnera de la force économique à nos régions et nos grandes métropoles, et renforcera les politiques de proximité et de solidarité autour de nos communes et de collectivités – départements, intercommunalités de taille suffisante… -, assurant la gestion des compétences sociales dans les zones rurales et rurbaines. Surtout, une réforme de la fiscalité locale doit être engagée ; elle devra donner à chaque collectivité locale son autonomie fiscale, en recherchant des ressources en lien avec chaque niveau de compétence ; elle devra introduire plus de justice et de progressivité dans les prélèvements ménages.

Pour donner une grande respiration démocratique à notre pays, nous proposons d’intégrer les apports de la démocratie numérique

Le numérique transforme les jeux de pouvoir, les manières d’échanger, de partager et de débattre. Il peut contribuer à la reconstruction d’un espace public légitime, dans lequel se discute ce que l’on veut accomplir ensemble, alors même que ces conversations, quand elles existent, ont largement déserté les espaces institutionnels et la plupart des grands médias. Chaque révolution industrielle a appelé un nouvel âge démocratique. Le décalage est frappant entre les outils que les citoyens ont à leur disposition, qui révolutionnent leur capacité de communication, et notre culture démocratique, qui demeure verticale et en bonne part bonapartiste.

Ouvrons largement des plateformes de discussion 2.0 à tous les étages de nos institutions, pour y introduire la co-construction, adoptons la logique de collaboration élus/citoyens et l’open data public, pour que l’intelligence collective participe à la création des solutions politiques de demain. La délibération collective est utile aussi bien sur l’état des lieux et les principes des réformes proposées, que sur leurs modalités pratiques. C’est une façon pour la société civile de prendre toute sa place, avec des formes nouvelles d’engagement dans la cité, plus individuelles, mais aussi plus délibératives, pour mieux revitaliser notre écosystème démocratique dans son ensemble.

Démocratie plutôt que gouvernance en Europe

Dans l’ordre néolibéral, la notion de gouvernance a émergé, en concurrence directe avec celle de démocratie. Nous sommes si bien mithridatisés, que plus personne ne l’interroge. Dans la gouvernance, des pouvoirs techniques, économiques, financiers, des corps constitués et des lobbies dialoguent avec les pouvoirs élus démocratiquement, les Etats principalement, sur un pied d’égalité ou, à tout le moins, avec une capacité d’influence et d’action devenue excessive. L’objectif affiché est celui de la bonne décision. Mais dans les faits, on passe aisément du dialogue à la proximité et parfois à la connivence. Au-delà des faiblesses individuelles, cette hiérarchie des pouvoirs dévoyée est à repenser.

Renforcer l’outil politique, pour préserver le pouvoir du citoyen, devient donc crucial. C’est un enjeu de société, pour préserver l’acquis démocratique. A la gouvernance, nous devons substituer la souveraineté démocratique, dans des formes nouvelles. C’est vrai en France, mais surtout vrai au sein de l’Union européenne, où une même loi s’impose et où des outils aussi cruciaux, pour le destin des peuples européens, que la monnaie, la politique commerciale ou la politique budgétaire échappent, pour une bonne part à la décision de nos représentants.
Il convient de démocratiser et de politiser l’Europe, en continuant de renforcer le pouvoir du Parlement et de créer des instances politiques pour la zone euro, en dialogue institué avec une BCE, aux statuts intégrant enfin l’objectif de croissance. Cette réaffirmation du principe démocratique n’est en aucune façon un retour aux frontières nationales. Elle doit, au contraire, trouver un prolongement dans l’Europe politique, avec la constitution d’un premier cercle, leader sur les politiques d’intégration, sur l’Europe sociale, et doté d’un fonctionnement démocratisé.

Piloter démocratiquement la mondialisation

La situation du monde est marquée par l’internationalisation des échanges et des enjeux, mais par la relative fixité des Etats nations et par l’absence de pilotage démocratique de la planète. Il faudra bien y parvenir. Cela prendra du temps, sans doute le siècle, peut-être plus. C’est justement la raison pour laquelle il convient de commencer. L’horizon de la démocratie mondiale passe par l’intégration de compétences exécutives au sein de l’ONU. En allant vers elle, nous proposons que l’ONU se voie dotée de pouvoirs renforcés, dans les domaines de la diplomatie, de la santé et des biens communs, et que des mécanismes soient inventés pour surmonter les blocages du Conseil de sécurité en cas de force majeure. La création d’une Organisation mondiale de l’environnement fait partie de cette réforme de la démocratie mondiale.

Enfin, parce qu’il n’y a pas de conquête, sans un outil politique pour y parvenir, sans une utopie qui sert d’horizon, fusse-t-il très lointain, il nous faut poser les fondements intellectuels d’un nouvel Etat, l’Etat social-mondial, successeur de l’Etat-providence et opposant de l’Etat néolibéral, seul capable de nous offrir les victoires pour lesquelles nous agissons chaque jour. Réfléchissons à une articulation des échelons nationaux et internationaux, qui permet de créer le poste de pilotage de la mondialisation dont les peuples ont besoin. Il serait l’instrument du nouveau rapport de force favorable aux salariés que la nouvelle social-démocratie entend créer dans le monde. Ses fondements pourraient être les suivants : le principe de souveraineté populaire et une démocratie de co-construction élargie : réformes institutionnelles au niveau nation, européen et local ; le principe de durabilité, pour participer au défi environnemental ; l’internationalisme social : coordination des Etats et de la société civile internationale réformiste pour un nouveau rapport de force social mondial, au profit du travail et des équilibres sociaux ; un Etat et une Union européenne interventionnistes dans l’économie : régulation et alliance public-privé tournée vers l’innovation et l’exportation ; la protection collective et le développement professionnel individualisé : chômage, santé, école, enseignement supérieur, employabilité, esprit d’entreprise et de créativité, capacitation ; la fabrique du commun à partir d’une identité renouvelée : école, histoire, littérature, politique mémorielle, cercles d’action civile.