Note utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

--------------------------------------------

......liens vers les ARTICLES de la page (1) :

  • 3) ....Avons nous encore une âme ? Patrick Lacroix ...Dans bien des débats, la question gênante est finalement : que faire de la naissance? La naissance est-elle un résidu encombrant ou une source de sens ? À tout le moins elle est le point aveugle de l'existence et, selon l'heureuse formule de France Quéré : «Personne jusqu'à ce jour n'a réussi à naître tout seul !»
  • 2) .... On ne sait pas ce que peut le savoir. .... nous voulons parler des «  affaires humaines », c’est-à-dire à la fois de la dimension éthique de notre existence, la question de la moralité de nos actes et de nos habitudes, et de sa dimension politique, au sein de laquelle nous cherchons à organiser notre existence collective.
  • 1) ....Liberté et volonté ...Merleau -Ponty ...Autrement dit, ma liberté n’a de sens qu’à partir d’une nature primordiale qui la fonde et la motive, qui lui donne des valeurs et lui propose des fins. Le sujet ne fait pas « de lui-même et de ses manières d’être un choix continuel et toujours singulier » « nous ne demeurons jamais en suspend dans le néant. Nous sommes toujours dans le plein, dans l’être »

.... ses CORRELATS

en .fr :

en .com :

88888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

 ARTICLES page (1) ...

 

ARTICLES page (2) :

5) .... Mathieu Laine : «L'État nounou ou le sempiternel retour à l'empire du Bien de Philippe Muray»

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Par Mathieu Laine
Publié le 27/11/2017 à 17h20

TRIBUNE - Surveillance sémantique, recommandations hygiénistes… Pour l'essayiste*, auteur en 2006 de La Grande Nurserie (Lattès), les prédictions de Philippe Muray se révèlent en deçà de la réalité.

Philippe Muray aurait bien ri, de sa voix grave de libre fumeur, la semaine dernière, en entendant
la sénatrice socialiste Nadine Grelet-Certenais proposer l'interdiction totale de la cigarette dans les films pour lutter contre «l'incitation culturelle à fumer». Son regard bleu irradiant d'intelligence se serait plissé et il aurait sans doute, dans l'instant, décidé d'y consacrer, de son verbe jamais égalé, une chronique aussi acerbe que juste.

Muray, disparu trop tôt il y a onze ans d'un cancer du poumon, n'aurait pas réagi ainsi par addiction à la nicotine mais parce qu'il est le grand penseur de ce qu'il a si efficacement qualifié d'empire du Bien dans un petit essai jubilatoire n'ayant pris une ride, publié aux Belles Lettres en 1991 et réédité en 2015. Dès la préface, il s'inquiète d'une accélération de son sujet favori: «Le Bien va vite. Le Bien avance. Il galope. Il monte de toutes parts. Il se déploie, s'accroît, gagne du terrain, recrute à chaque minute de nouveaux missionnaires. Le Bien grandit rapidement, bouche peu à peu toutes les issues et interdit les échappées.»

De quoi s'effrayait-il ? De ce Bien avec une majuscule devenu l'obsession des nouveaux moralisateurs, des nouveaux régulateurs, des nouveaux monopoleurs de la violence légale

De quoi s'effrayait-il? De ce Bien avec une majuscule devenu l'obsession des nouveaux moralisateurs, des nouveaux régulateurs, des nouveaux monopoleurs de la violence légale, qui, cherchant de nouvelles légitimités pour accroître leur obsédant pouvoir, se sont saisis de l'idée folle de toujours plus nous protéger contre nous-mêmes. Nourri de la puissante lucidité de ses mots sculptés comme des volutes et des visées prémonitoires d'Alexis de Tocqueville, j'avais consacré mon premier essai à ce que Michel Schneider avait savoureusement nommé Big Mother (Odile Jacob, 2005) et que j'appelais, un an plus tard, La Grande Nurserie(JC Lattès, 2006). J'y dénonçais cet État ambitionnant de nous infantiliser, tels des citoyens en couche-culotte parqués derrière des barreaux de bois blanchis aux bons sentiments, sous la surveillance généralisée d'une nanny liberticide.

Nutella, alcool, cigarettes, sucre, sel, beurre, chauffages extérieurs, lampes à UV, Tintin au Congo , canicule, grand froid, piscines, incitations à marcher, à manger des fruits et légumes ou à faire du sport, addiction aux jeux, antennes-relais, permis à points, photos retouchées: rien n'échappe au gouvernement contemporain, qu'il soit de droite, du centre ou de gauche, à cet État «fais pas ci, fais pas ça». Après l'inscription sur nos barres chocolatées que «le sucre fait grossir», va-t-on bientôt écrire sur le fronton des maternités que «naître fait mourir»?

Sur ce thème sublime, Muray allait loin. Très loin. C'était son genre. Mais sa dénonciation de «la nouvelle Bonté», faisant «son deuil du Mal», vibrant de «trémolo business» à «l'âge du sucre sans sucre, de la guerre sans guerre, du thé sans thé», éliminant obsessionnellement un réel qu'il adorait narrer aussi crûment que ces chirurgiens ravis de montrer, dans un dîner en ville, les photos peu ragoûtantes de leurs exploits du jour, mérite qu'on s'y attarde. Car l'élimination du fumeur du regard présumé fragile du spectateur transparaît, déjà, quand il s'emporte: «C'est par une rhétorique du même genre que l'on se demande régulièrement si quelqu'un comme Sade n'aurait pas des effets pernicieux sur ses lecteurs (…). On finira par le réinterdire: vous vérifierez ce que je vous raconte!» Cela n'a d'ailleurs pas échappé à Fabrice Luchini, l'amoureux des grands textes, sortant de l'ombre savante l'auteur du cruel Exorcismes spirituelsen lisant - sublimement - une sélection de ses géniales envolées au Théâtre de l'Atelier.

«Ce sont tous les jours des suppliques, la même plainte quotidienne, le même sanglot : “Des lois ! Des lois ! Encore ! De nouvelles lois ! Des décrets pour tout ! Des lois-cadres !”»

Extrait de L'Empire du Bien de Philippe Muray

Muray nous manque chaque jour. Lui qui dénonçait «l'envie de pénal», cette obsession de tout normer n'aurait fait qu'une bouchée de l'écriture inclusive, d'Anne Hidalgo ou de la criminalisation des propos sexistes. «Ce sont tous les jours des suppliques, la même plainte quotidienne, le même sanglot: “Des lois! Des lois! Encore! De nouvelles lois! Des décrets pour tout! Des lois-cadres! Une nouvelle législation! Des punitions! Des châtiments! (…) Nous voulons des barrières juridiques, des limites, encore du pénal!», résume-t-il à coups de points d'exclamation dans L'Empire du Bien.

Il appelait cela la «pleine lévitation de bienfaisance» ou le «pharisaïsme», en écho à ce Pharisien «convaincu de se trouver lui-même en état de grâce, donc justifié d'intervenir dans la vie des autres à tour de bras». En cela, lui l'antimoderne aide à penser cette boulimie d'intervention dans les sphères de l'intime.

Sur ce segment de son œuvre, Muray s'inscrit dans la veine de libéraux comme Benjamin Constant ou Germaine de Staël, voire de certains anarcho-capitalistes comme Walter Block qui, dans un essai utile parce que dérangeant, a entrepris de Défendre les indéfendables (Les Belles Lettres, 1993). Celui qu'Élisabeth Lévy, fille de Muray et de Finkielkraut, qualifiait de «vieux libéral», partageant avec Régis Debray ce côté «Schtroumpf grognon» génialement croqué par sa vraie fille, Laurence, dans Fille de révolutionnaires(Stock, 2017), n'était cependant pas tendre avec l'économie de marché. Il en faisait le responsable, avec la démocratie pluraliste, de la mutation de l'espèce humaine occidentale en ce qu'il abhorrait, l'«Homo festivus» rivé à son téléphone portable, rêvant à ses vacances dans un club au soleil devant une scène de théâtre vivant en ouzbek un soir glacé de Nuit blanche parisienne.

Aurait-il survécu à l'émergence du transhumanisme, au désir prométhéen de terrasser la mort, à l'ère des rapprochements de tous avec tous sur des réseaux sociaux planétaires, à la Singularité annoncée, quand les robots l'emporteront, dit-on, sur l'espèce humaine? Son cœur noirci de goudron se serait sans doute étouffé de rire tant il était, finalement, d'un autre temps, celui de son érudit XIXe siècle à travers les âges.

Derrière ses emportements explosifs, son cynisme féroce et ses excès jouissifs, conservons certaines de ses fulgurances. Tocqueville avait vu la réduction de «chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger». Muray, le nietzschéen balzacien, ami de l'éditeur musicologue Georges Liébert, a pointé le «Système (…) rendant chaque jour plus indispensable le devoir de gardiennage hygiéniste totalitaire qu'il a cru bon pour nous de s'assigner». À méditer.

* Mathieu Laine est l'auteur du Dictionnaire amoureux de la Liberté (Plon) et, avec le compositeur Karol Beffa, du conte musical Le Roi qui n'aimait pas la musique (Gallimard Jeunesse).

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 28/11/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

4) ...... Enfants de parents divorcés : la garde alternée bientôt généralisée ? .........

>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

ar Agnès Leclair
Mis à jour le 22/11/2017 à 07h21 | Publié le 21/11/2017 à 20h08

Une proposition de loi vise à instaurer la double résidence comme «mode par défaut», après une séparation.

La guerre de la garde alternée est relancée. La commission des lois examine ce mercredi un nouveau texte visant à instaurer le principe de la double résidence pour les enfants de parents divorcés. Une manière de faire de la résidence alternée la règle générale. Le juge aux affaires familiales devrait en effet justifier par «une raison sérieuse» la décision de fixer la résidence de l'enfant au domicile d'un seul parent. Aujourd'hui, le Code civil dispose que la résidence de l'enfant peut être fixée «en alternance au domicile de chacun des parents» ou «au domicile de l'un d'eux».

«Impliquer les pères»

Au travers de cet équilibre entre les deux domiciles, ce texte du député (MoDem) Philippe Latombe défend une plus grande égalité entre les parents. En l'état actuel du droit, de nombreux enfants de parents séparés, confrontés à la question du lieu de leur résidence, doivent «se résigner à devoir choisir en faveur de l'un des parents, et par conséquent au détriment de l'autre, principalement le père», estime l'élu dans son exposé des motifs. Aujourd'hui, si la résidence principale chez la mère reste la solution la plus fréquente, la garde alternée entre doucement dans les mœurs puisqu'un enfant de divorcé sur cinq vit en garde alternée.

«Si ce texte est adopté, comment vont faire les victimes qui n'ont pas osé porter plainte contre un conjoint violent pour s'opposer à une résidence alternée ?»

Françoise Brié, vice-présidente de la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF)

Cette proposition de loi, cosignée par une petite quarantaine de députés du même groupe, suscite de vives inquiétudes chez les associations féministes. Une dizaine d'entre elles, dont SOS-Les Mamans, a lancé une pétition pour refuser que «la loi s'immisce dans les choix parentaux». Comme en 2011 et 2014 lors de propositions de loi similaires, la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF) s'oppose fermement au principe de la garde alternée «imposée», «sans aucune restriction en ce qui concerne les violences conjugales et les violences sur enfants».

«Aujourd'hui, nous avons déjà du mal à faire reconnaître un droit de visite et d'hébergement limité pour les auteurs de violences. Si ce texte est adopté, comment vont faire les victimes qui n'ont pas osé porter plainte contre un conjoint violent pour s'opposer à une résidence alternée?, interroge Françoise Brié, vice-présidente de la fédération. Nous ne sommes pas contre cette organisation quand les parents s'entendent bien et qu'ils se partagent également les tâches. Mais penser que cette proposition va faire progresser l'égalité entre les femmes et les hommes est un leurre.»

Risques économiques importants

Le texte est également jugé «catastrophique», sur le plan économique, par le collectif Abandon de famille. «Quand la résidence administrative est fixée au domicile des deux parents, les allocations sont partagées en deux, les parts fiscales diminuent, souligne sa cofondatrice, Stéphanie Lamy. Aussi, il existe un risque économique important pour les mères, qui sont souvent déjà dans des situations précaires, quand les pères ne respectent pas le principe de la résidence alternée et ne viennent pas chercher leurs enfants.»

Les associations de pères comme SOS-Papa, partisans d'une meilleure reconnaissance de la garde alternée, se montrent également critiques. «Ce texte ne fait que la moitié du chemin vers le principe de l'égalité parentale de la garde, s'agace son président, Jean Latizeau. Il repose sur la double domiciliation, et le juge continue de faire ce qu'il veut, comme avant, même si un parent n'est pas d'accord. Il ne faut pas oublier que la résidence alternée est refusée dans 75 % des cas quand elle est demandée par le père et que la mère s'y oppose.»

Reste à savoir si ce texte MoDem, qui sera discuté dans l'Hémicycle le 30 novembre, aura le soutien du gouvernement alors que le débat sur la prise en compte des violences faites aux femmes fait rage. Début novembre, Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a rappelé, lors d'une intervention publique, qu'elle était «favorable au principe de résidence alternée» - sauf en cas de violence, y compris de violence conjugale - pour «impliquer les pères dans le partage des tâches familiales».

L'inquiétude des professionnels de la petite enfance

Angoisse, troubles psychosomatiques, dépression, hyperactivité, phobie scolaire, trouble du sommeil… Des pédopsychiatres, psychologues et psychiatres du Collectif scientifique sur les dangers de la résidence alternée chez les jeunes enfants ont pris la plume pour alerter les députés des dangers de ce mode de garde pour les plus petits, particulièrement les moins de 6 ans.

Le texte de loi, qui ne fait mention d'aucune limite d'âge «ne tient pas compte de la définition des besoins fondamentaux de l'enfant (…), à savoir le besoin de sécurité affective et de stabilité», soulignent les auteurs de cet avertissement. Parmi eux figurent le chef de service de psychiatrie infantile de l'hôpital Necker-Enfants malades, Bernard Golse, le pédopsychiatre Maurice Berger ou encore la présidente du Réseau professionnel pour la protection de l'enfance et de l'adolescence, Eugénie Izard. Ces derniers demandent in fine aux députés de s'opposer à ce projet «construit uniquement pour certains adultes au détriment des enfants».

À l'inverse, la psychologue Chantal Clot-Grangeat et le professeur des universités Michel Grangeat, du Conseil international sur la résidence alternée (Cira), ont pour leur part appelé les députés à aller plus loin en gravant dans la loi le principe de la «résidence alternée égalitaire». Et d'invoquer une déclaration de campagne d'Emmanuel Macron en faveur de l'examen de la résidence alternée comme «première option» pour les parents séparés