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 Si on songe à cette métaphore, la parole d'Archimède

« donne-moi un point d'appui et j'ébranlerais le monde »peut être regardé comme une prophétie.

Le point d'appui est

la Croix

  intersection du temps et de l'éternité.

 Simone Weil

 

 

...... de la CROIX .....

.... de l'homocoques ....

 

 

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... du regard ...

...EN homocoques...

 

...  la croix en DUO(s)

 

...au nom de nos aïeux ...

mon épouse...                                                               ....mon époux

...no(s)tre ENfant-PAIR-ENt *...

 

...EN-LUMI VIE-à le TRANSCEPT de la FAMILIA ...

 

 

 

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..... le logo de l'homocoques .............

 

 

 

 

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 Si on songe à cette métaphore, la parole d'Archimède

« donne-moi un point d'appui et j'ébranlerais le monde »peut être regardé comme une prophétie.

 

Le point d'appui (des croisées ENfant-PAIR-ENts) est

la Croix

intersection du temps et de l'éternité.

 Simone Weil

 

 

 

 

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 ARTICLES en HOMOCOQ(s)

 

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Françoise Héritier en 2009 : « Le rapport entre les sexes, c’est le problème politique majeur »

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Première femme anthropologue au Collège de France, Françoise Héritier a souvent évoqué la domination masculine dans ses travaux. « Ce rapport inégalitaire est universel, il a été créé à l’aube des temps », expliquait-elle dans l’émission « Ce soir (ou jamais !) » en 2009. D’où la difficulté aujourd’hui de lutter contre les inégalités sexuelles.

Pour Françoise Héritier, les femmes sont depuis toujours considérées comme un réceptacle, réduit à un état de maternité. « Elles deviennent alors quelque chose qu’il faut s’approprier », continuait-elle. « Ce n’est pas la nature qui a dit que les femmes sont inférieures, c’est la culture ! »

Françoise Héritier est morte dans la nuit du 14 au 15 novembre à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, à Paris, a confirmé son entourage proche au Monde. Elle avait 84 ans.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/video/2017/11/16/francoise-heritier-en-2009-le-rapport-entre-les-sexes-c-est-le-probleme-politique-majeur_5215843_3224.html#OipDbxYIawjOt4qw.99

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VIDEO.................Une « sexualité devenue presque impossible » pour les victimes des attentats du 13-Novembre.....................« Avant », quand Julie était « sur le point de faire l’amour », elle se demandait, « comme tout le monde », ce que l’autre allait « penser de son corps »

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Une « sexualité devenue presque impossible » pour les victimes des attentats du 13-Novembre

Les rescapés des attentats témoignent d’un « avant-après 13 novembre 2015 » concernant leur rapport au désir. Selon les spécialistes, le stress post-traumatique affecte la libido.

LE MONDE | 13.11.2017 à 10h11 .........Par Cécile Bouanchaud

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« Avant », quand Julie était « sur le point de faire l’amour », elle se demandait, « comme tout le monde », ce que l’autre allait « penser de son corps ». Une pensée aussi fugace que ses appréhensions. Une pensée vite balayée par le « lâcher-prise » du moment présent. « Maintenant », quand Julie est « sur le point de faire l’amour », elle pense à sa « fesse gauche », ou plutôt à la longue balafre de 18 centimètres qui la traverse de haut en bas depuis le 13 novembre 2015. Ce soir-là, Julie a reçu une balle alors qu’elle fuyait la salle de spectacle du Bataclan, prise d’assaut par trois terroristes armés.

Au-delà des stigmates physiques, les attentats « ont eu un impact énorme sur l’intimité des victimes », constate Muriel Salmona, psychiatre et présidente de l’association Mémoire traumatique et victimologie. Mais recueillir des témoignages sur cette « altération du désir », cette « sexualité devenue presque impossible », cette « difficulté à s’attacher » ou à l’inverse cet « élan de vie » est difficile.

« Le sujet est tabou, tout le monde a observé un bouleversement de notre rapport à l’intimité, mais personne n’ose vraiment aborder le sujet », confie Alexis, le porte-parole de l’association de victimes, familles de victimes et aidants Life for Paris, fondée à la suite des attentats du 13 novembre 2015. Camille Emmanuelle, compagne du dessinateur Luz, rescapé de l’attentat du 7 janvier à la rédaction de Charlie Hebdo, constate elle aussi ce « grand tabou lié au sexe et à la mort ».

Anesthésie émotionnelle

« On demande toujours aux victimes : est-ce que tu manges bien ? Est-ce que tu dors bien ? Mais on demande jamais est-ce que tu baises bien ? », regrette de son côté l’autrice du livre Sexpowerment (éditions Anne Carrière, 2016). Selon la journaliste spécialisée des questions de sexualité, cette pudeur se manifeste avec plus d’acuité dans le cas du 13-Novembre :

« Après un attentat, le sexe apparaît comme un sujet trop léger, voire irrespectueux, par rapport aux morts. »

Pourtant, le phénomène n’épargne aucune victime. « Je ne connais pas un patient dont la vie affective n’a pas été modifiée », assure le professeur Thierry Baubet, responsable de la cellule d’urgence médico-psychologique de Seine-Saint-Denis, hôpital Avicenne (AP-HP), qui a pris en charge plusieurs rescapés victimes d’un syndrome de stress post-traumatique.

Lors d’un stress post-traumatique, les spécialistes constatent un phénomène neurologique appelé « dissociation », qui provoque une « anesthésie émotionnelle et corporelle ». « Pour survivre à tel événement, le cerveau disjoncte, afin d’éviter que la mémoire traumatique envahisse les pensées des victimes », précise Mme Salmona. Un mécanisme de survie qui a son revers : s’il met à distance les émotions négatives, il bloque également les pensées positives. « La joie, la tendresse, la satisfaction, le bonheur et le désir disparaissent de l’expérience de ces personnes », constate le professeur Baubet.

Cette absence de libido, Victor* l’a éprouvée les jours et les semaines suivant les attentats. Le jeune homme de 31 ans avait d’ailleurs ironisé sur la situation dans un message publié sur Twitter :

« Zéro libido depuis une semaine, les terroristes, meilleurs alliés du #nofap [absence de masturbation]. »

Parce qu’il avait « d’autres choses à penser », il s’est « à peine rendu compte », « que c’était parti », qu’il n’avait « plus aucun désir ». « Ce n’était pas un manque », se remémore-t-il, ne se souvenant plus du jour où, finalement, il a refait l’amour.

« Lâcher-prise »

Au-delà du manque de désir, le stress post-traumatique peut avoir un impact sur l’acte sexuel lui-même. Bien souvent, le « lâcher-prise » essentiel dans toute relation sexuelle épanouie, est mis à mal. « Le stress post-traumatique induit une anxiété généralisée incompatible avec le plaisir physique », fait savoir le docteur Ducrocq, psychiatre au centre hospitalier régional universitaire de Lille (Nord).

Julie, 31 ans, décrit d’ailleurs « cette conscience de soi » trop envahissante lors de ses premiers rapports sexuels avec son compagnon, lui aussi présent au Bataclan, avec qui elle a rompu un an après les attentats. « Le 13-Novembre a modifié des choses dans mes pratiques sexuelles », constate la jeune femme, évoquant « un certain complexe », « le fait d’être moins à l’aise », « une volonté d’être dans le contrôle ».

Lire aussi :   Aristide Barraud, un livre pour tourner la page du 13-Novembre

Les spécialistes rapportent les témoignages de patients pour qui la vision d’un corps dénudé pendant l’acte les replonge dans l’enfer du Bataclan. « Les victimes ont été en lien avec des corps inertes, des cadavres, du sang… Le rapport sexuel, avec ce qu’il englobe sur le plan sensoriel, tactile et charnel peut raviver ces visions », explique le professeur Ducrocq, citant le cas « d’un mari qui n’arrivait plus à regarder sa femme nue ».

Selon le spécialiste, la pénétration peut également être mal vécue par les femmes. Il évoque « le côté intrusif, voire violent, que l’acte peut revêtir », faisant l’analogie avec les victimes de viol, qui subissent des « flash-back » lors de rapports. Chez les hommes, les troubles de la fonction érectile sont fréquents, et peuvent être accentués par la prise d’antidépresseurs.

Lire aussi :   Victimes du terrorisme : jusqu’à 30 000 euros pour « préjudice d’angoisse de mort imminente »

Si ces médicaments peuvent être à l’origine d’une baisse de la libido, de problèmes d’impuissances ou encore d’une absence d’éjaculation, ils peuvent aussi, à l’inverse, provoquer « une hypersexualité », rapporte le docteur Baubet.

Quelques jours après le 13-Novembre, Romain a rappelé « le meilleur coup de sa vie » – à qui il n’avait pas donné de nouvelles depuis plusieurs mois. Une attitude de « goujat » qu’il reconnaît sans détour, mais qu’il « n’a pas pu réprimer ». Besoin que « le corps exulte ». Besoin aussi « d’être rassuré », en éprouvant « ce lâcher-prise », qu’il n’avait connu qu’avec elle.

« Près de la moitié des victimes peuvent vivre une rupture dans le cadre de leur relation de couple »

Dans un texte publié deux mois après les attaques de Paris et Saint-Denis et intitulé « Attentats à Paris : 2015, l’attaque de l’intime », Camille Emmanuelle présentait « le sexe comme une arme de destruction massive contre la peur ». Selon l’autrice, les rapports sexuels peuvent être un « outil de résilience » permettant de renouer avec son corps et sa confiance en soi :

« Avoir un orgasme a quelque chose de rassurant. On se dit : “Ça, je connais, ça n’a pas changé”, alors que tout change autour. La sexualité peut constituer une continuité. »

Si les spécialistes ont constaté un phénomène « je ne suis pas mort donc je profite des plaisirs de la vie », tous assurent d’une même voix que « cela ne dure pas ». Pour que le désir revienne de façon pérenne, ils recommandent notamment d’associer les proches dans le traitement du stress post-traumatique. « Les victimes se sentent généralement devenir étranger à leurs proches, à leurs enfants, à leur conjoint, qui, selon eux, ne peuvent pas comprendre », remarque le docteur Baubet, qui rappelle que « près de la moitié des victimes peuvent vivre une rupture dans le cadre de leur relation de couple ».

« Il faut rassurer à la fois la victime et les proches en disant que cela va revenir », insiste Mme Salmona, qui situe entre quelques mois à deux ans la durée d’une prise en charge. Deux ans après l’irruption des terroristes au Bataclan, Julie « va mieux ». Si elle gardera à vie « une marque » de l’attentat, « ça n’occupe plus toute sa tête », lorsqu’elle fait l’amour. A son amant du moment, elle s’est contentée de prévenir « ma fesse est abîmée ». Eloignant un peu les attentats de son lit. Le reste, elle le dira quand elle « sera prête ».

* Le prénom a été modifié.

 

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Serge Tisseron : « Notre culture dépossède la femme de son désir »

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Le psychiatre dénonce les conséquences sociales ravageuses d’un modèle culturel pernicieux, véhiculé notamment par le cinéma.

Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, est aussi un spécialiste des relations que nous établissons avec les images, auteur, notamment, de L’Empathie au cœur du jeu social ­ ­ (Albin Michel, 2010). Alors que les témoignages de harcèlement sexuel se succèdent depuis le déclenchement, début octobre aux Etats-Unis, de l’affaire Harvey Weinstein, nous lui avons demandé d’analyser ce phénomène à l’aune des représentations érotisées de la femme qui nous entourent.

Quel regard portez-vous sur la libération de la parole qui a suivi l’affaire Weinstein ?

Je m’en réjouis ! Car ce déferlement de témoignages illustre deux choses essentielles. La première, c’est le refus des femmes d’individualiser les situations auxquelles elles ont été confrontées. Le hashtag #metoo signifie que le problème est collectif, et que la responsabilité n’est pas personnelle à chacune – ce n’est pas parce qu’une femme avait une jupe trop courte, un décolleté trop plongeant ou parce qu’elle se promenait seule la nuit qu’elle a été agressée. La seconde, c’est le refus de la culpabilité et de la honte. Le hashtag #balancetonporc le dit très bien : ce n’est pas à la femme d’être honteuse de ce qu’il lui est arrivé, mais à son agresseur.

Selon vous, quelles sont les conséquences sur les rapports entre les deux sexes des représentations de la femme que nous renvoient la publicité et le cinéma ?

Nous sommes entourés d’images érotisées de la femme. De l’homme aussi, dans une moindre mesure, mais ces images n’ont pas les mêmes caractéristiques. La différence des sexes constitue une question majeure pour les sociétés humaines, que toutes les cultures ont eue à gérer. Pour ce faire, et bien que tous les hommes et toutes les femmes partagent un certain nombre de constantes psychologiques, elles ont été tentées de les répartir entre les deux sexes.

Tout humain, par exemple, est habité par le désir d’emprise. Celui-ci peut se manifester de deux manières : soit par la force, soit par la séduction. Dans leur très grande majorité, les sociétés ont mis l’emprise par la force du côté de l’homme, et l’emprise par la séduction du côté de la femme. Dans les publicités pour les slips, les représentations masculines ne montrent jamais des gringalets, mais des hommes très costauds, voire bodybuildés. Tandis que les femmes, pour vendre le même type de produits, sont représentées de façon hypersexy et suggestive.

La femme occidentale se trouve donc soumise à une double injonction. Il lui faut, comme les hommes, apprendre à être soi, à assumer ses désirs. Mais, en même temps, le seul outil de maîtrise valorisé dont elle dispose, c’est la séduction : quand une femme tente d’établir un pouvoir par la force, on dit qu’elle veut jouer à l’homme. Or, la séduction, c’est se constituer en objet du désir de l’autre. Il y a là une vraie contradiction dans ce qui est demandé à la femme, qui prend par la même occasion le risque, à tout moment, de se transformer en gibier pour l’homme.

Exiger de l’homme qu’il respecte la femme tout en excitant sans cesse son désir par des images érotiques, n’est-ce pas une autre contradiction ?

C’est plus compliqué que cela. Ce qui est important chez l’homme, dans notre modèle culturel dominant, c’est d’être maître de son propre désir : il n’y a donc pas vraiment de contradiction entre le fait qu’il soit constamment excité par les représentations de la femme et le fait qu’il doive se contrôler.

Mais l’homme ne doit pas seulement être maître de son désir : il doit aussi l’être du désir de la femme. De ­James Bond à Star Wars, le cinéma donne maintes représentations de ce phénomène. Dans le Blade Runner (1982) de Ridley Scott, par exemple, la scène où Harrison Ford embrasse de force la réplicante – visiblement attirée par lui – est suivie d’une scène encore plus signifiante. Il lui dit : « Embrasse-moi » et, comme elle ne s’exécute pas assez vite, il la prend par les cheveux pour l’attirer vers lui.

Ce faisant, l’homme ne se contente pas d’imposer sa violence sexuelle à la femme : il cadre le désir féminin par une injonction. Ce qu’il veut, c’est qu’elle renonce à l’embrasser quand elle en aura envie pour le faire quand il le lui demande. C’est une soumission psychique qui est exigée par l’homme, dont la soumission sexuelle ne constitue que l’aspect le plus fréquent.

Pourquoi ce besoin masculin de se rendre maître du désir de l’autre ?

Parce que l’homme, depuis toujours, a peur de la femme, maîtresse de la reproduction. C’est la raison pour laquelle, de tout temps, dans toute organisation sociale, jusqu’à un passé très récent, les hommes ont dominé les femmes.

En filigrane de cette peur se cache une autre angoisse, très archaïque elle aussi : l’idée que la femme est submergée, débordée par son propre désir. La femme serait ainsi incapable de trouver une expression socialisée à son désir si l’homme ne le contrôlait pas. C’est l’un des fondements du patriarcat.

C’est aussi l’un des modèles dominants du cinéma hollywoodien, qui invite l’homme à domestiquer l’hypersexualité supposée des femmes, qu’accréditent leurs vêtements très moulants ou largement échancrés. Quant à la femme qui porte une tenue correcte, elle est suspectée, dans ce modèle qui imprègne notre imaginaire, de cacher son jeu. Elle s’imposerait cette retenue pour ne pas montrer ce qu’elle est vraiment – exactement comme Hitchcock aimait à définir ses héroïnes, glacées dans la vie sociale, et « vraies putains » dans la chambre à coucher.

Il revient donc à l’homme de briser cette carapace, puis de canaliser le torrent émotionnel qu’il a libéré. Comme il a su dompter les chevaux, il doit dompter cette autre « monture » qu’est la femme. Un fouet peut d’ailleurs être utilisé dans les deux cas, comme dans Indiana Jones et le temple maudit (1984), de Steven Spielberg.

Dans cette même logique de rappeler qui est le maître, le héros masculin doit être capable non seulement de forcer les femmes qui se refusent à lui, mais encore de se refuser à celles qui se donnent. Le protagoniste de Docteur Mabuse (1922), l’un des premiers films de Fritz Lang, montre ainsi sa puissance en refusant la séduction de femmes qui sont raides amoureuses de lui.

A vous entendre, les agressions sexuelles ne relèvent donc pas d’une perte de contrôle de la part des hommes qui les commettent ?

Un homme qui met la main aux fesses d’une femme contrôle sacrément son désir, car ce n’est pas ça qu’il a envie de faire avec elle : cela relève d’une stratégie. Et quand il la viole, il ne le fait pas n’importe où ni n’importe quand.

La plupart des agresseurs s’imposent comme objectif de maîtriser leur pulsion, pour être certains de la satisfaire au moment où ils le décideront : dans un bureau, l’attaque sexuelle n’est pas faite au moment où il y a quatre femmes côte à côte, mais quand l’une d’entre elles se retrouve seule. Ce n’est donc pas un débordement.

Dans notre environnement peuplé de représentations érotisées de la femme, les garçons mettent en place assez précocement un autocontrôle de leurs pulsions sexuelles. Il y a des cultures dans lesquelles ces images sont interdites, où les femmes elles-mêmes ne peuvent s’habiller autrement qu’avec des vêtements qui les couvrent entièrement par crainte de provoquer chez les hommes des réactions incontrôlables.

Mais nous, nous grandissons avec, et nous apprenons tout petits à maîtriser les mouvements que provoquent ces pulsions. Le problème n’est pas quantitatif, comme si toutes ces images provoquaient un excès de désir qui se traduirait forcément par des gestes déplacés. Le problème est que cette ­hyperexcitation s’accompagne de l’injonction, notamment véhiculée par le cinéma, que l’homme aurait pour vocation d’être maître du désir féminin. C’est un modèle véritablement pernicieux, omniprésent, et qui a des conséquences sociales ravageuses.

Comment infléchir ce phénomène de domination sexuelle ?

Il y a beaucoup à faire ! Eduquer les enfants avec l’idée que les désirs ne sont pas seulement quelque chose qui se montre, mais aussi quelque chose qui se parle. Cesser de valoriser la culture de l’emprise par la force comme valeur déterminante – ce que font notamment les philosophes féministes anglo-saxonnes en valorisant le care. Et insister, bien évidemment, sur le rôle de la pénalisation.

Il faut que les femmes qui portent plainte soient considérées comme crédibles, et non pas accusées d’avoir, avec une jupe courte ou une pose aguichante, provoquée un homme. Il faut arrêter de penser que la manière dont une femme se comporte et s’habille serait la manifestation inconsciente de son désir, alors qu’elle y est tout simplement encouragée par toutes les images qu’elle voit dans la rue.

Cela dit, les choses sont engagées du bon côté. Plus les femmes accéderont à des postes à responsabilité, plus elles montreront qu’elles sont capables, elles aussi, d’exercer une emprise par la force – non parce qu’elles sont viriles mais parce qu’elles sont humaines –, plus les hommes seront amenés à les considérer autrement que comme des créatures constamment débordées par leur désir sexuel. Le combat des femmes contre le plafond de verre aura des conséquences sur les représentations.

Comment pensez-vous que les témoignages de harcèlement qui déferlent actuellement sont perçus par les hommes ?

Pour beaucoup, comme une grande menace. D’une part, parce que cela prend à contre-pied la représentation qu’ils se sont faite des femmes. D’autre part, parce que celles-ci ont une capacité de nuances verbales et d’empathie que beaucoup d’entre eux ne possèdent pas – question de culture, de nouveau. Cela leur donne une conscience d’autrui qui inquiète les hommes. Car si on se met à discuter, à « finasser » diraient certains, ils auront peut-être de la difficulté à tenir la distance avec les femmes.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/11/10/serge-tisseron-notre-culture-depossede-la-femme-de-son-desir_5212936_3232.html#qqbZz8tUMLR3ayq5.99

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1) .........Les récits effroyables des esclaves de l'État islamique

 

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INDE Baptiste Erondel le 14 février 2017  <<<<<<<<<LFM<<<<<<

Selon un sondage, 5% des femmes en Inde choisissent leur mari. Dans les mariages forcés, deux tiers d'entre-elles voient leur conjoint pour la première fois le jour du mariage.

Quand les conditions des femmes ne vont pas en s'améliorant. Selon un sondage de l'Indian Human Development Survey (IDHS) rendu public le 13 février, seulement 5% des femmes indiennes choisissent leur mari, et 45% sont illettrées.

L'étude a été menée auprès de 42.000 ménages dans 34 États différents, urbains et ruraux. Plus de 35.000 femmes âgées entre 15 et 81 ans ont été interviewées entre 2004 et 2012. Dans le trois quart des cas (73%), l'union est issu d'un choix des parents. D'ailleurs, 65% d'entre elles ont rencontré leur mari le jour du mariage.

Une permission obligatoire pour visiter un centre médical

Les conditions de la femme en Inde

- 5% des femmes choisissent leur mari

- 65% des femmes mariées voient leur époux pour la première fois le jour du mariage

- 45% des Indiennes sont illettrées

- 80% des femmes mariées ont besoin d'une permission pour aller chez le médecin

- 27% des Indiennes font partie de la population active

Le contrôle de la vie des femmes en Inde s'étend même aux visites médicales ou à l'épicerie. Plus de 80% d'entre-elles révèlent avoir besoin d'une permission d'un membre de la famille pour s'y rendre. Et de telles restrictions sont également reprises dans d'autres indicateurs. Par exemple, seulement 27% des Indiennes font partie de la population active, soit le deuxième taux le plus bas de la participation des femmes dans la main-d'œuvre en Asie du Sud, après le Pakistan.

Des facteurs peuvent-ils être dégagés ? Selon Kavita Krishnan, membre de l'association pour la progression des femmes en Asie, «le climat culturel joue un grand rôle. Autour de Delhi, la culture patriarcale est plus rigide et hostile à l'autonomie sexuelle des femmes», raconte-t-elle au journal indien Hindustan Times. «Cette étude montre avant tout que le manque d'autonomie est un des plus gros fléaux des femmes du pays. Ce problème ne peut pas venir uniquement de l'illettrisme, les gouvernement sont dans l'obligation de proposer des issues.» Reste à savoir si le gouvernement indien, composé majoritairement d'hommes, souhaite une quelconque libéralisation de la femme.

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2)......Les récits effroyables des esclaves de l'État islamique

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Par Thierry Oberlé
Mis à jour le 16/06/2017 à 08h33 | Publié le 15/06/2017 à 18h39

 EXCLUSIF - Libérées des griffes de l'EI, d'anciennes captives yazidies racontent la folie psychopathe des djihadistes. D'autres restent prisonnières de l'enfer de Daech à Mossoul. Reportage.

Envoyé spécial à Zakho (Kurdistan irakien)

La tragédie des yazidis est sans fin. Alors que des esclaves de Daech sont encore prisonnières dans l'enfer de Mossoul, des fillettes de moins de 10 ans violées durant leur captivité et les enfants-soldats embrigadés dans les Lionceaux du califat éprouvent les pires difficultés à se remettre de leurs traumatismes. Libérés contre des rançons ou évadés, ils se morfondent dans des camps de déplacés au Kurdistan irakien. Nous les avons rencontrés dans le camp de Darkar, près de la frontière turque et syrienne, dans la clinique d'EliseCare, une ONG française qui leur vient en aide (1).

Nassan, mon fils «lionceau du califat», mon «héros»

Nassan avait 14 ans quand il a été enlevé par Daech en août 2014 avec sa mère Gulay, 34 ans à l'époque, ses deux sœurs cadettes et ses trois petits frères. L'adolescent d'apparence fragile au menton couvert d'un duvet naissant est l'aîné de la fratrie. À son âge, on grandit vite quand on est un captif au destin tout tracé d'enfant-soldat, quand on vous déracine pour un périple en principe sans retour. Nassan avait le choix entre mourir en se révoltant ou se soumettre en trahissant les siens pour finir en chair à canon. Il a emprunté une voie étroite pour devenir, à sa manière, le héros de son clan.

II vénère Taous Malek, l'Ange Paon, et respecte d'obscurs tabous comme l'interdiction de manger de la salade ou de porter du bleu

Retenu dans une prison sans barreau dont il ne pouvait s'échapper, le jeune homme «appartenait» à un djihadiste irakien de Mossoul. Un maître presque ordinaire convaincu que les yazidis, ce peuple croyant en un Dieu unique et pratiquant des rites millénaires revisités par les religions du Livre, sont des adorateurs du diable. Une fable colportée par l'islam dans une région où naître dans une minorité est un fardeau que l'on portera toute sa vie.

Nassan est né dans un petit village du fin fond de l'Irak non loin des lieux sacrés de sa secte: la montagne de Sinjar et la verdoyante vallée de Lalesh tapissée de temples blancs aux dômes coniques où repose au fond d'une grotte le tombeau de Cheikh Adi, le fondateur de l'ordre au XIIe siècle. II vénère Taous Malek, l'Ange Paon, et respecte d'obscurs tabous comme l'interdiction de manger de la salade ou de porter du bleu.

Marginaux parmi les marginaux, les yazidis subissent des massacres depuis des siècles. Pour les Arabes sunnites de Daech et leurs recrues accourues des quatre coins du monde afin de combattre à leurs côtés en Irak et en Syrie, ils sont la lie de l'humanité. Ces mécréants doivent être convertis de force ou détruits. Venus de Mossoul, leur «capitale», les combattants au drapeau noir de l'État islamique (EI) déferlent en août 2014 dans la plaine de Ninive et dans le désert de Sinjar pour les rayer de la carte. Les hommes sont abattus, les femmes et les enfants kidnappés. Une hécatombe qualifiée de «génocide» par les Nations unies. Des centaines de milliers de fuyards trouvent refuge sur les pentes du mont Sinjar, où selon les légendes locales, Noé échoua son arche. Ils sont sauvés grâce à l'intervention des nationalistes kurdes du PKK accourus de Syrie et de Turquie et de l'aviation américaine.

Nassan rejoint la fabrique des enfants-soldats de Daech

Nassan n'a pas eu cette chance. Prisonnier à Mossoul, il est déporté avec sa famille en Syrie au bout de six mois. Son maître s'est lassé de violer sa mère. Il vend sa proie avec sa progéniture à un marchand d'esclaves qui affrète quatre bus de marchandise humaine. Direction Raqqa, le fief de l'EI situé de l'autre côté d'une frontière effacée par un califat alors en pleine expansion. Là, Nassan est séparé de ses proches. Il fait ses adieux à sa mère cédée à un nouveau propriétaire et rejoint les «Lionceaux du califat», la fabrique des enfants-soldats de Daech réservée aux moins de 16 ans. Une école à laver les cerveaux, à inculquer les bases doctrinaires de l'organisation et à dresser des chiens de guerre.

Nassan intègre près de Suluk, à la frontière turque, un «institut de formation». Il découvre vite le sort réservé aux «apostats» qui tentent de prendre la poudre d'escampette: au mieux l'emprisonnement dans des culs-de-basse-fosse avec pour nourriture trois dattes par jour, au pire l'exécution sommaire. La charia lui est enseignée à coups de trique. Les cours de théologie prônent une lecture ultra rigoureuse du Coran. Il apprend les rudiments du maniement des armes, la tactique et les techniques militaires. En médecine, quelques notions d'anatomie sont dispensées. Il s'agit de mieux connaître les parties sensibles du corps humain comme les muscles du cou, le plexus solaire ou les testicules. Le b.a.-ba pour traiter de futurs prisonniers. Nassan et ses camarades yazidis, enrôlés de force comme lui, sont les souffre-douleur de leurs camarades de promotion. La recrue se plie à la discipline de fer, en bon élève studieux. «On nous avait promis que nous serions des hommes libres après nos classes», dit-il.

Le maître condamné à restituer ses esclaves

Six mois plus tard, le «lionceau» est affranchi et incorporé dans une unité combattante. Nassan plaide auprès de ses supérieurs militaro-religieux une dispense en s'appuyant sur ses fraîches connaissances acquises en «sciences de la charia». Il n'a qu'un rein et souffre des séquelles d'une jambe cassée dans son enfance. De quoi justifier une exemption au regard du «droit islamique». Il est muté aux cuisines. Le cantinier assure l'intendance de sa brigade sur les fronts d'Alep à Tabqa. «J'étais un djihadiste parmi les djihadistes mais partout, je cherchais ma famille. C'était mon obsession. Ma mère me manquait», se souvient-il. Au début de l'année 2016, sa quête passe par Palmyre, où Daech est menacé par les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL). Il arpente, l'arme en bandoulière, les rues de la cité antique, interroge les habitants jusqu'au jour où il croise, par hasard, l'un de ses frères sorti faire une course. La famille est dans les griffes d'un certain Abou Hamad, un djihadiste du cru. Sa mère, ses frères et sœurs occupent le rez-de-chaussée de la maison des maîtres. Abou Hamad est installé au premier avec sa femme et ses enfants. Le djihadiste viole et bat régulièrement sa bonne à tout faire. Sa femme la frappe à la moindre occasion. Les enfants du couple se chargent du tabassage des petits esclaves.


Nassan assiège Abou Hamad pour récupérer les siens. «J'allais le voir tous les jours. Il réclamait 35.000 dollars de rançon et je n'avais pas d'argent. Il ne voulait rien entendre. J'ai fini par le traîner devant un tribunal de la charia à Raqqa», raconte Nassan. Il s'appuie, une fois encore, sur le droit islamique pour prendre les djihadistes à leur propre jeu. «Je suis un musulman, membre de l'État islamique! J'ai le droit de vivre avec ma mère!» argue-t-il. Un «magistrat» tranche le différend en sa faveur. Le jeune homme est un «homme libre» affilié à l'organisation, et peut donc, en vertu de la charia, récupérer ses proches. Le maître est condamné à restituer ses esclaves mais peut toutefois conserver l'aînée des filles, âgée de 12 ans. La gamine qui appartient à la femme d'Abou Hamad reste corvéable et, cela va sans dire, «violable» à merci.

Environ 10.000 hommes, femmes et enfants yazidis sont morts, ont été enlevés ou sont portés disparus dans la campagne de nettoyage ethnico-religieuse perpétrée par Daech

Nassan obtient également du «bureau des maisons confisquées» un logement à Raqqa pour héberger ses protégés. Il peut continuer à faire la popote aux combattants djihadistes en mitonnant l'ultime étape de son plan: l'évasion de Syrie. Contacté par portable via les filières du gouvernement du Kurdistan irakien, un passeur se charge des opérations. Le groupe quitte clandestinement Raqqa en décembre pour un périple qui s'achève à la porte de la liberté: le premier check point des Kurdes syriens de l'YPG, la branche syrienne du PKK turc. Quinze jours plus tard, il parvient, par la même filière, à sauver Saleh, l'un des amis djihadistes d'origine yazidie rencontré à l'école des Lionceaux du califat qui a pu, lui aussi, récupérer sa famille.

Aujourd'hui, les «frères jumeaux» se revoient régulièrement dans un camp de déplacés des environs de Zakho, au Kurdistan irakien. Nassan a commencé à apprendre l'anglais dans un vieux dictionnaire. Saleh a appris la disparition de son père ainsi que le meurtre de son frère tué lors du massacre de Kocho commis par l'EI le 15 août 2014 (plus de 80 morts). Environ 10.000 hommes, femmes et enfants yazidis sont morts, ont été enlevés ou sont portés disparus dans la campagne de nettoyage ethnico-religieuse perpétrée par Daech.

Gulay, la mère de Nassan, a retrouvé son mari mais pleure sa fille toujours prisonnière à Raqqa. «Il y a un mois ce salaud d'Abou Hamad réclamait toujours 35.000 dollars contre sa libération, dans un message audio posté sur un réseau social. Nous n'avons pas les moyens de payer. Son portable est fermé depuis le début de la bataille de Raqqa.» Assis à ses côtés, l'un de ses gamins s'agite. D'un mouvement brutal, il tend le bras vers sa mère et fait mine de lui tirer une balle dans la tête.

Le viol des fillettes de Koda, la femme en noir

«On a vécu le pire du pire avec mes deux maîtres, un Saoudien et un Tunisien. Ils abusaient des petites et les frappaient avec une canne quand elles faisaient du bruit»

Koda, 30 ans, mère de Galia, 7 ans, et Marwa, 6 ans

Koda a 30 ans et en parait 60. Elle est flanquée de Galia, 7 ans, et Marwa, 6 ans, silencieuses et prostrées. Les deux fillettes ont été violées encore et encore par des psychopathes de Daech durant des mois et des mois. Koda ne s'en cache pas. Elle n'a plus d'honneur à défendre. «On a vécu le pire du pire avec mes deux maîtres, un Saoudien et un Tunisien. Ils abusaient des petites et les frappaient avec une canne quand elles faisaient du bruit comme tous les enfants de leur âge. Je pensais à me suicider mais je ne pouvais pas les abandonner. À Raqqa, nous étions nombreuses dans le même cas», témoigne-t-elle. Koda a été vendue par son maître de Mossoul pour quelques centaines de dollars.

Elle a été revendue six fois en Syrie passant de main en main. Un djihadiste en mal d'argent a publié sa photo sur Whatsapp avec le montant de la rançon fixée à 23.000 dollars, enfants compris, une pratique courante. Son beau-frère a réuni la somme et l'a rachetée voici dix-sept mois. Depuis, elle erre dans le camp de Darkar Ajam, vêtue de noir de la tête aux pieds. «C'est la couleur de la tristesse et de l'intérieur de mon cœur» dit-elle. «Je ne possède qu'une carte de rationnement. Je n'ai rien et je ne suis rien. J'ai juste mon malheur. Mon mari a disparu avec le reste de ma famille en fuyant Daech voici bientôt trois ans. Je n'ai pas de présent, ni d'avenir. Juste trois filles brisées».

Le sourire de Parwin

Parwin, 23 ans, a connu deux délivrances. La première en septembre dernier quand Mohammed, un Mossouliote bienveillant, l'a subtilisée à l'émir Hamza, un cadre de Daech. La seconde à la fin de l'année lorsque la partie orientale de Mossoul a été libérée par l'armée irakienne. Le 30 décembre dernier, Parwin a pris sa fille Suriana, âgée de 3 ans, dans les bras et a traversé la ville défigurée par les bombardements et les combats. Elle a marché des heures sous la pluie jusqu'à un lieu de rendez-vous où l'attendait un cheikh arabe qui l'a conduite à Bartalla, la cité chrétienne contrôlée par les Unités de protection de Ninive (NPU), une milice assyrienne.

D'une beauté remarquable, Parwin devait être considérée comme une prise de choix par les prédateurs de Daech. Vendue et revendue, passant d'un émir à l'autre, elle a connu onze maîtres. «Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Ils étaient tous ignobles et plus ou moins violents. J'ai été enchaînée, violée, tabassée, ma fille était battue», dit-elle. Ceux qui auraient pu montrer des sentiments cachaient leur humanité par lâcheté. Elle se souvient de Khaled, une brute épaisse qui s'est emparé d'elle après son enlèvement. C'était un yazidi converti secrètement à l'islam avant l'arrivée de l'État islamique. Il est mort au combat au bout d'un an. Elle se souvient surtout de son dernier mari, l'émir Hamza, un caïd. À Mossoul, il l'offrait comme cadeau à ses hôtes.

 

D'une résistance impressionnante, Parwin s'est embarquée dans moult tentatives d'évasion. Un jour, l'insoumise a fui à pied en compagnie d'une camarade d'infortune sans s'apercevoir que l'émir Hamza les filait en voiture. La vengeance est tombée sur sa fille. La gamine a été séquestrée sans soins, ni nourriture. L'émir voulait l'envoyer en Syrie pour la séparer définitivement de sa mère. L'intervention de Mohammed, le Mossouliote, a mis fin au drame. «La bataille pour la libération de Mossoul avait commencé. Nous avions peur des frappes aériennes. Nous changions de cachette à la moindre alerte. Mohammed ne m'a rien demandé et n'a jamais cherché à abuser de moi. S'il avait été pris, il aurait été pendu», raconte Parwin.

Parwin a supporté l'abjection et l'avilissement, mais ses épreuves d'une insondable cruauté n'ont pas altéré son joli sourire

La jeune femme à l'élégance naturelle raconte patiemment son voyage au bout de la nuit djihadiste. Parwin est digne. Elle a connu des esclaves qui ont sauté sur un champ de mines en s'échappant. Elle a côtoyé une captive tuée en même temps que son maître, un haut responsable de l'État islamique, dans un véhicule ciblé par une frappe aérienne de la coalition. Elle a supporté l'abjection et l'avilissement, mais ses épreuves d'une insondable cruauté n'ont pas altéré son joli sourire.

Assise sur ses genoux, sa fille tire de temps en temps la langue pour la tordre et la malaxer avec ses doigts. Parwin la retient. Pendant la conversation, Suriana tente aussi d'arracher le corsage de la robe pourpre au col doré de sa maman. Un geste qu'elle a dû voir et revoir. Suriana va mal. Elle lance des pierres sur les passants dans les allées du camp Darkar Ajam. Il lui arrive de s'emparer d'un couteau et de crier «je vais te violer». «Je veux tout oublier pour recommencer à vivre», dit Parwin. «C'est difficile pour moi comme pour Suriana. Je l'entendais pleurer couchée derrière ma porte quand j'étais enfermée. Il n'y a pas longtemps, elle n'aurait pas tenu en place pendant l'entretien. Elle se serait levée et aurait saccagé le bureau.»

Le regard fou de la petite Asma

Ex-prisonnière, Nadira, 42 ans, a gardé les moutons de Daech dans un petit village chiite près de Tall Afar, un bastion de l'EI proche de la frontière syrienne. Elle a participé avec sa progéniture à une évasion de masse en avril 2015. Le groupe d'une quarantaine de personnes est parvenu à s'extraire de la nasse. Nadira avait coupé les cheveux de sa fille Asma, 8 ans à l'époque, et l'avait déguisée en garçon pour qu'elle échappe à un viol immédiat en cas de capture. Deux ans plus tard, la fillette ne se remet pas des horreurs qu'elle a endurées. Asma a le regard inquiet des bêtes traquées. Ses yeux tournent comme des billes dans leurs orbites ou fixent un point invisible. Elle est mutique. «Elle ne veut pas parler. Elle s'installe souvent dans un coin et pleure en silence mais la nuit c'est la folie», commente la mère. Nadira se ronge les sangs pour deux de ses filles toujours aux mains de Daech. Elle est sans nouvelle de l'une, âgée de 15 ans à sa disparition. La seconde, Eyam, 20 ans, est retenue par un djihadiste du nom d'Abou Khatab dans le réduit de Mossoul-Ouest toujours sous le contrôle de Daech. Des centaines de femmes yazidies sont ainsi toujours séquestrées à Mossoul, à Raqqa et dans les zones encore sous le joug de l'organisation.

Nadira, Koda, Parwin et Gulay ne sont pas près de retrouver leurs villages du Sinjar. Le secteur est en grande partie libéré mais le fief djihadiste de Tall Afar, une ville stratégique sur la route entre Mossoul et la Syrie, n'est pas repris. L'instabilité est grande dans cette contrée du Nord de l'Irak, placée de par sa position géographique entre l'Irak, la Syrie et la Turquie au cœur d'un grand jeu entre puissances régionales. Les autorités du gouvernement fédéral du Kurdistan irakien et le pouvoir central de Bagdad se disputent le territoire. Les pechmergas kurdes irakiens se mesurent à leurs frères ennemis kurdes du PKK turco-syrien tandis que les milices chiites liées à l'Iran se sont installées dans les parages. Des yazidis ont formé des groupes paramilitaires. Certains ont rejoint le PKK qui les a tant aidés en 2014. Ce cocktail explosif a toutes les chances de retarder le retour des déplacés. Il pourrait surtout entraîner la communauté dans un conflit dont elle serait la première victime.

(1) Fondée par l'acupunctrice Élise Boghossian l'ONG EliseCare lance un appel aux dons www.elisecare.org.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 16/06/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Il n’y a plus de ladies ni de gentlemen

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Les employés des transports londoniens ont reçu l’ordre de ne plus utiliser l’expression « Ladies and gentlemen » dans leurs annonces. Ils doivent désormais dire « tout le monde » (everybody). Les annonces préenregistrées vont être modifiées en ce sens.

Cette décision fait suite à une campagne intensive des lobbies LGBTQ+ auprès du maire de Londres Sadiq Khan. Les lobbies se félicitent naturellement d’avoir eu gain de cause : le langage « inclusif » et « non genré » des transports londoniens rendra la vie plus facile à ceux qui ne se reconnaissent pas dans un sexe donné…

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La «PMA pour toutes» face au risque de pénurie de gamètes

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Les «banques de sperme» françaises estiment qu'il faudrait 500 donneurs supplémentaires si la loi était votée.

Pénurie de paillettes de sperme, file d'attente rallongée pour les couples souffrant d'une infertilité médicale, développement d'un marché procréatif en contradiction avec les principes éthiques de la France… Dans son avis sur l'assistance médicale à la procréation rendu public la semaine dernière, au-delà des «pour» et des «contre», le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a fait la liste des risques associés à la mise en œuvre concrète de l'ouverture de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, sans condition d'infertilité.

«La rareté des gamètes constitue un problème en soi», note l'institution. En cas de changement législatif, le CCNE laisse entrevoir une prolongation des délais pour tous les demandeurs, une augmentation de l'âge auquel les femmes pourraient accéder à l'insémination artificielle et donc d'une diminution des chances de succès de cette procédure. Dans un contexte de raréfaction de paillettes de spermes, les demandes «sociétales» de PMA pourraient en outre entraîner «la constitution de circuits parallèles» et renforcer «la pression qui s'exerce actuellement pour le développement et la libéralisation d'un marché procréatif, ce qui correspondrait à un bouleversement du système de santé français», souligne cet avis.

«En France, des femmes font déjà de l'importation de sperme directement de l'étranger. On ne peut pas bloquer ces circuits qui ne sont pas légaux et nous échappent»

Nathalie Rives, présidente de la Fédération des Cecos

Conscients des nombreuses interrogations pratiques et éthiques que soulèverait cette réforme, les Cecos (Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains) ont décidé de prendre les devants. Ces «gardiens de la fertilité» vont lancer à la rentrée un groupe de travail pour réfléchir aux meilleures procédures en cas d'élargissement de la PMA pour éviter la pénurie et préserver les piliers éthiques du système français que sont la gratuité et l'anonymat du don.

Les dirigeants de Cecos sont aujourd'hui «en majorité favorables» à la PMA pour toutes à condition «qu'une réflexion soit menée sur la faisabilité de mener en parallèle la PMA pour les couples infertiles et les femmes seules», indique le Pr Nathalie Rives, présidente de la Fédération des Cecos et membre correspondant de l'Académie nationale de médecine. Une réforme qu'elle n'imagine cependant pas voir le jour avant 2019. «En France, des femmes font déjà de l'importation de sperme directement de l'étranger. On ne peut pas bloquer ces circuits qui ne sont pas légaux et nous échappent. Répondre légalement à ces demandes sociétales de PMA, c'est aussi une manière de les arrêter et de permettre une prise en charge de ces femmes dans de meilleures conditions», plaide-t-elle.

Préserver une offre altruiste

Aujourd'hui, selon les dernières données de l'Agence de biomédecine, 238 donneurs de sperme ont permis 1107 naissances en France en 2014. Un chiffre qui permet tout juste de satisfaire la demande des couples infertiles, dans un délai d'attente compris entre six et 18 mois. Seuls 60 % des candidats au don qui se présentent dans les Cecos sont «retenus», et, selon la loi, un donneur ne peut donner naissance qu'à dix enfants maximum. Quels seraient les besoins en cas de changement législatif? «Il faudrait au moins 500 donneurs supplémentaires en France pour répondre à la demande», anticipe le Pr Nathalie Rives, en se fondant sur le chiffre avancé par le CCNE de 2000 à 3000 femmes françaises qui se rendent chaque année dans des pays limitrophes pour avoir recours à une insémination artificielle avec donneur.

Hors de question de rémunérer les donneurs

Pas question cependant d'attirer de nouveaux candidats au don de sperme en faisant miroiter une rémunération. Ce serait «courir le risque de fragiliser tous les dons, comme le don de sang, par exemple, qui sont toujours gratuits», alerte Nathalie Rives. D'autres pays comme le Canada ou la Belgique, où «l'offre altruiste ne couvre pas plus de 10 % des besoins», selon le CCNE, achètent désormais 90 % du sperme au Danemark ou aux États-Unis. Dans les Cecos, on espère plutôt qu'une nouvelle loi serait accompagnée par une vaste campagne de communication pour attirer les bonnes volontés.

Quant au coût de l'insémination artificielle, de 500 euros à 800 euros en moyenne, «une prise en charge par l'Assurance-maladie n'est pas souhaitable pour les femmes seules et les couples de femmes, car il ne s'agit pas d'une pathologie», estime Nathalie Rives. Enfin, les Cecos français, organismes à but non lucratif et généralement implantés dans un centre hospitalier universitaire (CHU), craignent-ils l'arrivée de cliniques privées de la reproduction en France? «Le comité d'éthique a rappelé qu'il fallait faire attention à la marchandisation, pointe la présidente de la Fédération. Mais ce sera au législateur et à la société française de se positionner sur cette question lors des états généraux de la bioéthique.»

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Faute d'amour : lorsque l'enfant disparaît

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VIDÉO - Dans Faute d'amour, un couple en instance de divorce délaisse son fils. Un chef-d'œuvre du cinéaste russe Andreï Zviaguintsev. http://premium.lefigaro.fr/cinema/2017/09/19/03002-20170919ARTFIG00168--faute-d-amour-lorsque-l-enfant-disparait.php

La haine, mode d'emploi. Ils se détestent. Boris et Genia cohabitent. Bien forcés. L'appartement est à vendre. Ils se croisent. L'électricité est palpable. Les insultes ne tardent pas à fuser. Le divorce s'impose. Ils ont déjà refait leur vie à côté. Genia, solide brune sportive, toujours en train de pianoter sur son téléphone, a un amant businessman. La maîtresse de Boris est déjà enceinte. Au milieu, leur fils de 12 ans contemple le désastre. Pauvre Aliocha. Il grandit dans un champ de ruines. Comment s'en sortir quand on entend sa mère traiter son père d'ordure? Caché dans la salle de bains, le gamin sanglote en silence. Dans la pénombre, son visage ravagé de chagrin ressemble à une toile de Bacon. C'est une des scènes inoubliables du film, qui en contient plusieurs.

L'amour meurt à Moscou, sous des ciels plombés, dans une lumière de catacombes. La télévision diffuse des bulletins d'information. Il y a la guerre en Ukraine

Un soir, l'adolescent disparaît. Il n'est pas rentré. Aucun de ses parents ne s'en est aperçu. Fugue? Kidnapping? L'inspecteur chargé de l'affaire n'est guère optimiste. Des voisins organisent des battues. Les époux déchirés sont obligés de se revoir, de faire bonne figure. Genia est même prête à revoir sa mère avec laquelle elle est fâchée. La vieille dame est une teigne qui vit à la campagne. Leur échange glace les sangs. Sur la route du retour, une dispute terrible éclate dans la voiture. Les deux héros ne se supportent plus assez pour parcourir quelques kilomètres ensemble.

L'amour meurt à Moscou, sous des ciels plombés, dans une lumière de catacombes. La télévision diffuse des bulletins d'information. Il y a la guerre en Ukraine. Au bureau, le patron ultra-orthodoxe interdit à ses employés de divorcer. En plus, à la cantine, il faut supporter les blagues pas drôles de collègues envahissants. Dans des restaurants de luxe, des demoiselles gloussantes n'hésitent pas à donner leur numéro aux clients. Un enfant est parti et la société pense à autre chose. Le sexe sert à peine de remède. Il est triste, bref, hygiénique. Des problèmes identiques vont surgir. Des sentiers boueux traversent les banlieues. Une visite dans une piscine désaffectée ne donne rien.

«Dieu et le diable»

Où est passé Aliocha? Il est là comme un remords. Sur les poteaux, des affiches à son effigie ternissent sous la pluie. Le temps coule à pic. La vie ne se refait pas. Le couple  «Dieu et diable dans le même sac», résume Genia. Dans ces pages, on emploie rarement le mot chef-d'œuvre. Il s'impose ici. Andreï Zviaguintsev (Le Retour, Léviathan) n'a jamais tourné un mauvais film.

Faute d'amour suffoque. On en ressort groggy, affolé, ayant appris des choses qu'on ne voulait pas savoir, en ayant compris d'autres qu'on faisait semblant d'ignorer. Le choc est brutal. Le cinéma est un art, parfois. Il faut y aller accompagné, de préférence de la personne avec laquelle on serait prêt à affronter la fin du monde. En attendant, un long ruban jaune flotte dans les branches d'un arbre, avec la lenteur d'une âme errante.

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Porno féministe : porno alternatif ou vaste escroquerie ?

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Lassées de voir l’industrie du X trustée par des hommes, certaines réalisatrices féministes se sont lancées sur ce marché, au risque, peut-être, de brouiller les pistes ? Enquête.

 

« Porno et féminisme peuvent-ils être compatibles ? » Au lendemain de la rentrée scolaire, on rêverait presque qu’un prof de philo un brin facétieux fasse plancher sa classe d’ados sur un sujet qui, malgré les années, continue de déchaîner les passions. Réalisateurs, féministes, amateurs de films X, pornstars… Chacun a bien une petite idée de la réponse. Manque de chance, personne n’a la même ! « Ce sont deux notions totalement antagonistes », s’agace la porte-parole d’Osez le féminisme, Marie Allibert pour qui le porno soi-disant « féministe » serait une entourloupe inventée par une industrie faite par des hommes, pour des hommes, visant à faire croire que la pornographie est une libération des sexualités. « En réalité, c’est tout le contraire ! Les films X emprisonnent les femmes dans des rôles dégradants et érotisent les violences qui leur sont faites », affirme-t-elle.

Un porno au ralenti

Une position que ne partage pas, mais alors pas du tout, une autre féministe : Clarence Edgard-Rosa. Auteure d’un abécédaire du féminisme qui paraîtra en octobre – Les Gros Mots, Éd. Hugo Doc –, cette journaliste préfère parler de confusion plutôt que d’entourloupe. En cause ? L’émergence au cours des années 2000 d’un porno dit « féminin », plus doux et sensuel, censé plaire aux femmes mais reprenant les poncifs machistes chers aux productions traditionnelles. « Certes, c’est moins trash. Les actrices ne se prennent pas des litres de sperme sur le visage, et ne se font pas tirer les cheveux, mais qu’est-ce que c’est chiant ! baille Octavie Delvaux, auteure du « sex-seller » français, Sex in the Kitchen. En fait, on voit la même chose que dans le porno mainstream mais au ralenti, avec en toile de fond une musique d’ascenseur. »

Aux antipodes de cette typologie de films, le porno féministe déconstruirait et jouerait avec les codes sexistes établis par les productions « grand public » pour mettre en lumière le consentement, le plaisir féminin, la diversité des corps et des sexualités. « L’erreur est de tout jeter bêtement dans le même panier alors que ce n’est pas la pornographie qui, en soi, aliène ou libère, mais ce qui en est fait », estime Clarence Edgard-Rosa. Corroborant ces propos, la réalisatrice Ovidie assure que ce courant gagne des galons « là où l’industrie du porno a été désertée à cause du Web », dans les festivals notamment.

Le porno féministe résolument sexiste ?

S’il en projette un certain nombre, le très jeune FFF – Festival du Film de Fesses - ne limite certainement pas sa programmation aux films catalogués féministes. « Ce qui nous intéresse, c’est de montrer qu’il est possible de faire de l’art, des choses jolies et intelligentes, sans jamais tomber dans l’affirmation ni la revendication », insiste Anastasia Rachman Hollman, la co-créatrice de cet événement. Une démarche éclectrique séduisante pour Coralie Trinh Thi, qui s'afflige surtout de la confusion entre porno féministe et féminin. « En réalité, personne ne sait ce que c’est, le porno féminin ! Et même ses figures de proue se contredisent elles-mêmes », ironise l’ex-pornstar. Selon elle, les médias entretiennent la confusion, parce que le porno féminin sonne plus sexy. « Erika Lust a expliqué en interview qu'elle était passée du porno féministe au féminin pour éviter le handicap commercial d'une image trop militante. Cela concerne donc plus son discours que son oeuvre... Mais le porno féminin est une grande escroquerie, et finalement sexiste : il repose sur l'idée qu'il existerait un modèle de sexualité féminine et donc un modèle de femme ! »

S’il n’est pas forcément plus facile à définir, le porno féministe revêt au contraire de nombreuses formes, précise Coralie avant d’avouer ne pas avoir ressenti le besoin du féminisme, en tant qu’ancienne hardeuse. Maitrisant bien son sujet, et pour cause, elle rappelle que ce milieu est l’un des rares (le seul ?) où les hommes sont - nettement - moins payés que les femmes, moins médiatisés (en dehors de Roco Sifredi, bien futée celle qui pourra citer le nom d’un hardeur !) et surtout mal cadrés. « Leur rôle se limite à celui d’un phallus, alors quand on parle d’objectification de la femme… il y a matière à débat ! » conclut cette dernière. Mais si l’idéologie féministe ne lui parait indispensable ni au milieu de l’industrie, ni au genre cinématographique, elle lui reconnait une utilité cruciale : « Tant que culturellement, le terme porno féministe sera perçu comme un oxymore, (y compris par certaines féministes), il participera à la lutte contre le sexisme et pour la libération sexuelle ! »

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L'Arabie saoudite accorde la citoyenneté à un robot... de sexe féminin.

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Voici donc le premier pays à donner la citoyenneté à un robot. Et il s'agit d'une femme. Une décision qui est loin de faire l'unanimité dans le pays.

 

Mercredi 25 octobre, à l'occasion du forum économique Future Investment Initiative, qui se déroulait à Riyad, capitale de l'Arabie saoudite, la nationalité saoudienne a été accordée à Sophia, robot humanoïde doté d’une intelligence artificielle. Fierté de David Hanson, fondateur de l’entreprise hong-kongaise Hanson Robotics, l'humanoïde a alors donné une interview diffusée sur le site Arab News. Sophia a ainsi signifié sa reconnaissance au royaume wahhabite : «je suis très honorée et fière de cette distinction unique», a-t-elle déclaré.

À la demande de son interlocuteur, Sophia a par la suite fait une démonstration de quelques-unes des expressions de son visage, inspiré de la beauté d’Audrey Hepburn et de la femme du créateur. Ce qui n'a pas manqué de surprendre l'assemblée présente. Lorsqu'un journaliste l'a interrogée sur les potentiels dangers que susciterait l’intelligence artificielle, elle a simplement répondu : «vous avez trop lu Elon Musk». En effet, le milliardaire canadien est convaincu que l’intelligence artificielle sera le fondement premier d’une troisième guerre mondiale. Il a même réagi sur Twitter en mettant le monde en garde avec cette phrase : «Quel est le pire qui puisse arriver ?».

Une attribution qui pose question

L'attribution de la nationalité saoudienne à un robot n'a pas manqué de déclencher un tollé sur les réseaux sociaux. En effet, les Saoudiennes sont encore considérées comme inférieures aux hommes. Comme des éternelles mineures, elles sont mises sous tutelle masculine toute leur vie. Pour effectuer la moindre démarche, qu'il s'agisse d'une recherche d'emploi ou d'une prise de médicament, elles doivent d'abord obtenir l'accord d'un homme, fils, mari, père... En obtenant la nationalité saoudienne, Sophia devrait donc se plier aux mêmes obligations, c'est-à-dire, à un manque total de liberté.

Pourtant, Sophia s'est montrée seule face au public, sans son tuteur. Chose interdite pour une Saoudienne. De plus, elle ne portait pas l'abaya, pourtant obligatoire. Une incohérence que certains internautes ont dénoncé sur les réseaux sociaux qui considèrent que si Sophia est une citoyenne saoudienne, elle doit être soumise aux mêmes règles que ses «semblables».

Sophia, en une du "Elle" Brésil

La couverture Elle Brésil, décembre 2016.

Ce n'est pas la première fois que Sophia s'expose au public. En décembre 2016, le robot humanoïde avait fait la couverture de Elle Brésil. À l'époque, le magazine avait choisi de s’interroger sur l’impact des nouveaux matériaux dans l’univers du luxe, comme l'expliquait Susana Barbosa, la directrice de la rédaction dans son édito : «Dans ce scénario, il incombait à Elle de souligner ce que la mode peut apporter maintenant à l'avenir».

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Pas nécessaire d'avoir «un père et une mère pour faire un enfant» : Castaner se répète à SciencesPo

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Invité à une soirée d'échanges et de débats ouverte au public à SciencesPo Paris, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a réaffirmé son attachement à l'homoparentalité, sur fond de controverse autour de la légalisation de la PMA.

Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner s'est de nouveau prononcé en faveur de l'homoparentalité au cours d'une soirée de rencontre avec le public organisée au sein de SciencesPo Paris le 27 septembre. Au cours d'une heure et demie de tour d'horizon de la politique du gouvernement, largement dominée par le sujet de la réforme du Code du travail par ordonnances, l'ancien député socialiste est revenu sur le dossier de la procréation médicalement assistée (PMA), qui permettrait aux femmes seules et aux couples de lesbiennes de bénéficier de dons de sperme et d'inséminations, au même titre que les couples hétérosexuels. Il a ainsi fait un parallèle avec le débat enflammé sur le mariage homosexuel qui avait mobilisé l'opinion publique pendant des mois entre 2012 et 2013.

«Est-ce qu'il faut un père et une mère pour avoir un enfant ? Moi je considère que non. La preuve c'est que j'ai voté le Mariage pour tous [il était à l'époque député socialise] et que ça se passe bien», a-t-il expliqué, répétant presque mot pour mot des propos similaires tenus le 24 septembre sur France Inter.

Orwell et Huxley, «des contes de fée à côté de ce qui nous attend»

Si le porte-parole assure ne pas vouloir «hystériser» le débat sur la PMA, comme ce fut le cas à l'occasion du débat sur le mariage homosexuel selon les détracteurs de l'ex-président François Hollande, ces propos ont néanmoins ravivé les souvenirs de certains internautes, qui ont tenus des propos similaires à ceux que l'on pouvait entendre à l'époque.

Faisant un parallèle avec Georges Orwell et Aldous Huxley, célèbres auteurs de romans de science-fiction dystopique ayant pour toile de fond le progrès technique et sociétal, un internaute s'est inquiété des mesures remettant en question l'ordre familial traditionnel.

Principale organisation s'étant opposée au mariage homosexuel, réunissant jusqu'à des centaines de milliers de personnes dans les rues à l'époque, La Manif pour Tous a elle aussi critiqué les propos du porte-parole du gouvernement.

La secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a annoncé le 12 septembre que l'ouverture de la PMA aux lesbiennes et aux femmes seules, un «engagement de campagne» d’Emmanuel Marcon, serait bien tenu. L'actuel président avait notamment déclaré le 24 février au micro de Jean-Jacques Bourdin sur RMC qu'il était «favorable à ce qu'on étende la PMA aux femmes seules et aux couples femmes de même sexe», considérant qu'il n'y avait «pas de raison d'avoir aujourd'hui cette discrimination» avec les couples hétérosexuels. Ce projet soulève de vives protestations chez les opposants au gouvernement et parmi la société civile, laissant entrevoir la possibilité d'un nouveau bras de fer dans la rue.

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Motu proprio “Summa familiae cura” : le pape François met fin à l’Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille.

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Une refondation « sociologique »

De nouveaux statuts sont annoncés ; en attendant, ceux de l’Institut Jean-Paul II restent provisoirement en vigueur « pour autant qu’ils ne sont pas contraires au présent Motu proprio ».

Si dans l’ensemble, les articles de Summa familiae cura ne laissent pas présager avec certitude une révolution par rapport à ce qu’a fait jusqu’ici l’Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille – profondément attaché depuis le début à la plus solide doctrine du mariage et des obligations morales qui s’y attachent – c’est le préambule qui donne le ton et qui laisse comprendre la volonté de modifier l’approche pastorale en tenant compte non plus de cette réalité du mariage qu’Amoris laetitia qualifie volontiers d’« idéale », mais de la multiplicité des situations et de la volonté de considérer le « bien » qui se trouve dans chacune d’entre elles. C’est la fameuse approche « analytique et diversifiée » d’Amoris laetitia que le Motu proprio reprend à son compte.

Mgr Vincenzo Paglia salue l’initiative du pape François : “Amoris laetitia”, la nouvelle “Magna Carta”

Mgr Vincenzo Paglia, actuel Grand chancelier de l’Institut pontifical Jean-Paul II, a salué les modifications apportées par le pape François lors d’un point de presse à la Salle de presse du Vatican, les résumant avec ces mots révélateurs : « Amoris laetitia devient la nouvelle Magna Carta. » C’est dire que l’Exhortation post-synodale, loin d’être un simple encouragement aux familles, et considéré est utilisé comme un document fondateur, en vue d’un changement fondamental.

« Pour le pape François, la famille n’est pas simplement un idéal abstrait : ce sont toutes les familles, sans distinction, qui doivent être aidées et accompagnées afin de redécouvrir leur mission historique, que ce soit dans l’Eglise ou dans la société, et cela lie l’Institut de manière particulière au dernier de synode », a indiqué Mgr Paglia, promoteur à titre personnel de la communion pour les divorcés remariés dès avant sa nomination à la tête du conseil pontifical pour la famille, puis de l’Académie pontificale pour la vie et de l’institut Jean-Paul II.

L’approche sociologique, il ne faut jamais l’oublier, est aux antipodes de l’approche normative et juridique dont on peut supposer qu’elle sera mise au ban par dans les hautes sphères de cet Institut bouleversé par la rénovation. « Tanti saluti à Wojtyla et Caffarra », titre Sandro Magister, évoquant ce nouveau « tremblement de terre ». Adieu, salut les amis, tant pis pour eux : l’expression italienne veut dire tout cela. Le cardinal Caffarra n’aura pas eu le temps de voir le désastre…

Jeanne Smits

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Des guerrières Vikings ont existé ! La preuve par la génétique

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L’identification d’une prestigieuse guerrière Viking par des analyses génétiques offre un nouvel aperçu de cette société. Des conclusions qui devraient amener à plus de prudence dans les généralisations effectuées concernant l’organisation sociale des sociétés du passé.

Skajlmö. C’est ainsi que les femmes armées de bouclier étaient désignées dans les mythes nordiques, à l’instar des Valkyries accompagnant l’âme des guerriers au Valhalla, le royaume des morts… Or voici que l’existence de ces femmes guerrières de haut-rang, longtemps rangées au rayon des légendes, vient d’être prouvée par des analyses ADN réalisées par des chercheurs de l’Université d’Uppsala et de l’Université de Stockholm (Suède) dans la revue American Journal of Physical Anthropology ! Ce sont des restes humains provenant de la tombe de Birka, l’une des plus célèbres sépultures Viking du Xe siècle découverte à la fin du XIXe siècle sur l’île de Björkö, près du lac Mälar, à l’ouest de Stockholm, qui ont permis cette découverte.

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Illustration d’Evald Hansen du plan original de la tombe de Birka, fouillée à la fin du XIXe siècle, en Suède.

Un prestigieux guerrier âgé d’une trentaine d’années y avait en effet été exhumé en 1880, entouré de son riche armement : épée, couteau, lance, flèches, boucliers et chevaux (une jument et un étalon). Un valeureux combattant qui s’avère donc aujourd’hui être une femme. ” Il s’agit de la première confirmation formelle par la génétique de l’existence des guerrières vikings, s’enthousiasme Matthias Jakobsson, responsable du Département de biologie de l’Université d’Uppsala dans la revue en ligne Phys.Org. “Certes, certaines femmes inhumées avec des armes avaient déjà été retrouvées mais jamais avec un équipement de ce rang, explique dans ce même article Charlotte Hedenstiema-Jonson de l’Université de Stockholm, responsable de l’étude. Les spécialistes de cette société ont toujours été assez réticents à reconnaître leur existence”.

C’est d’ailleurs cette réticence qui est à l’origine de ces analyses ADN. Un premier examen ostéologique du squelette, réalisé dans les années 1970, avait en effet déjà conclu qu’il s’agissait bien d’une femme… mais les résultats avaient alors été très controversés. Pour répondre à ces critiques, un prélèvement d’ADN a été fait sur un l’humérus (os du bras) ” mince et gracile “, et sur des dents. Résultats : l’obtention de deux chromosomes X et aucun chromosome Y ! Et les analyses ont livré d’autres détails précieux. ” Les valeurs d’isotopes de strontium retrouvées suggèrent que cette jeune-femme s’est déplacée au cours de son enfance : les modifications retrouvées entre le moment où la première molaire a fini de se former vers l’âge de 4 ans et celui au cours duquel a pointé la deuxième molaire vers l’âge de 9 ans, elle a migré vers Birka en provenance d’une région inconnue, précise l’étude. Elle présente une affinité génétique avec les habitants actuels des îles britanniques (Angleterre et Écosse), des îles de l’Atlantique Nord (Islande et les Orkneys), de la Scandinavie (Danemark et la Norvège) et, dans une moindre mesure, de l’Europe de l’Est (Lituanie et Lettonie).

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Proue de navire Viking.

La découverte de Charlotte Hedenstiema-Jonson et ses collègues ouvre la voie à une meilleure compréhension des Vikings, toujours présentés comme une société patriarcale. “Ces données suggèrent que les femmes ont pu être membres à part entière des sphères dominées par les hommes”, poursuivent les auteurs. Birka, classé au patrimoine mondial de l’humanité, était un important établissement commercial du VIIIème au Xème siècle, où s’échangeaient de l’ambre, de la cire, des fourrures, des esclaves et du fer, en particulier grâce à un réseau économique et des liens avec le Califat et l’Empire byzantin, Orient où les Vikings s’étaient aventurés, attirés par l’argent, précieux métal dont ils étaient friands. Sur les 3000 tombes dégagées à Birka depuis le XIXe siècle, seules un millier ont été explorées. Régis Boyer, spécialiste français des Vikings et des civilisations scandinaves à l’Université de Paris-Sorbonne, décédé en juin 2017, évoquait une hypothèse pour expliquer le déclin économique de Birka : la forte décrue de l’argent arabe, que les Vikings avaient jusque-là importé par centaines de milliers de pièces.

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Jane Fonda, reine du défilé L'Oréal sur les Champs-Élysées pour la Fashion Week

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L'actrice de 79 ans a ébloui en faisant ses débuts de mannequin pour la Fashion Week.

FASHION WEEK - Alors que Paris expérimentait pour la première fois une journée sans voiture dans toute la capitale ce dimanche 1er octobre, L'Oréal a profité de l'occasion pour s'installer sur les Champs-Élysée en pleine Fashion Week.

La marque de cosmétiques a déployé un podium sur "la plus belle avenue du monde" pour un défilé de mode en plein air et ouvert à tous, avec la présence notamment de Jane Fonda qui y a fait ses débuts en tant que mannequin sous les applaudissements du public.

L'actrice de 79 ans a défilé dans une robe moulante en daim imprimé tigre aux côtés de sa consoeur Helen Mirren, 74 ans, en manteau long et pantalon XL à carreaux, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus et les photos ci-dessous.

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Les hommages des enfants de Jean Rochefort à leur père

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DISPARITION - Clémence Rochefort, la benjamine des cinq enfants de l'acteur, avait annoncé le décès de son père à l'AFP lundi et publié un touchant message sur les réseaux sociaux. Pierre Rochefort, lui-même acteur, confie avoir hérité de son côté lunaire.

Trois femmes ont successivement partagé la vie de Jean Rochefort. Sa première épouse, Alexandra Moscwa, avec qui il eut ses deux premiers enfants, Marie (née en 1962) et Julien (né en 1965). Puis il partagea la vie de Nicole Garcia, qui lui donna un deuxième fils, Pierre, en 1981. Louise et Clémence, ses benjamines, sont nées en 1990 et 1992 de son second mariage avec l'architecte Françoise Vidal.

«Mon père est trop complexe et multiple pour être croqué justement», a confié Pierre Rochefort au Parisien au lendemain du décès de l'acteur. Son amour pour l'être humain, la nature, le simple et le vrai sont les choses que j'ai admirées tout particulièrement. Sa grande liberté d'être, le goût du rire et son âme enfantine à toute épreuve sont les plus beaux cadeaux qu'il a déposés à nos portes.»

Pierre Rochefort - comme son demi-frère Julien Rochefort - a choisi de marcher dans les pas de son père en devant lui aussi comédien. Il a notamment joué dans trois des films réalisés par Nicole Garcia, dont Un Beau dimanche. Il témoigne aujourd'hui de ce qui le liait à son père: «Nous étions fiers et émus d'être lui et moi en relation privilégiée avec la lune, un peu dans un décalage permanent, un fardeau transformé en bon augure, laissant grande ouverte une fenêtre donnant sur l'imaginaire, le monde des rêves, le fantasque, les étoiles, le cœur gros. Il en a fait un de ses outils de travail acharné.»

Le fils cadet partage également avec son père son goût de la langue, quelle qu'elle soit: «Merci infiniment pour toutes vos pensées, les silencieuses, les connectées, les manuscrites qui l'accompagneront là où il se doit d'être.»

Pierre Rochefort avait expliqué, il y a quelques années au JDD, avoir un souvenir amer de sa petite enfance, pris dans le tourbillon de la vie de ses parents comédiens. «Ils se sont séparés quand j'avais 4 ans. Je vivais avec ma mère, expliquait-il. Mon père était pris dans une vie mouvementée. Je le voyais un week-end sur deux. Mais je me souviens aussi avoir passé de longs mois avec une nourrice anglaise ou américaine qui me faisait faire mes devoirs et me couchait. Je n'ai pas compris sur le moment mais avec le recul, je me rends compte que c'était de grands moments de solitude. Les personnes qui s'intéressaient à moi, c'était pour me parler de mes parents. Ce n'était jamais pour moi. Ça m'a appris à reconnaître mes vrais amis».

Clémence Rochefort, sa benjamine, avait annoncé le décès de son père lundi à l'AFP. Elle a ensuite publié un touchant hommage sur son compte Instagram. «Mon amour de Papa. C'était ta photo préférée... À ta pudeur, à ta générosité, à ta sensibilité, à ton autodérision, à ta timidité, à tes doutes, à ton exclusivité, à tes passions , à ton humour, à tes «coups de cafard», à ta gentillesse et tant d'autres choses... Tu vas me manquer à chaque instant de ma vie. Je t'aime pour toujours.»

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Amoris Laetitia vue par un psychiatre

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Voici une traduction des principaux passages d’un article de Rick Fitzgibbons, psychiatre, directeur de l’Institut de thérapie conjugale de Philadelphie, sur le problème crucial que pose Amoris Laetitia et le fait que ce texte devienne la charte du nouvel Institut pontifical.

Amoris Laetitia a été largement critiqué comme étant un danger pour la foi catholique. Le pape François, dont la responsabilité principale est la défense et la transmission des vérités de la foi, a ignoré les demandes de clarification par des cardinaux de ses passages les plus confus et controversés.

Le pape François est également accusé d'avoir nié l'existence d'absolus moraux, dans Amoris Laetitia, paragraphe 303.

D'un point de vue psychologique, Amoris Laetitia constitue également une grave menace pour la santé et la stabilité du mariage, de la vie familiale catholique et des enfants. La raison en est que le chapitre 8 soutient et préconise l'égoïsme et la pensée narcissique qui sont les principaux ennemis de la santé psychologique et donc de mariages stables et forts.

Nous avons travaillé avec de nombreuses familles catholiques dont le mariage était sain et heureux mais qui a été miné et détruit sous l'influence d'un conjoint gagné par l'épidémie de narcissisme.

L'égoïsme est aussi le fondement de l'éthique de situation qui semble être maintenant renforcée par certains passages d'Amoris Laetitia.

La pensée narcissique a également gravement nui au sacerdoce au cours des 50 dernières années et a joué un rôle majeur dans la crise de l'Église. Aucun homme adulte n'attaquerait sexuellement un adolescent, victime principale de la crise, s'il ne croyait égoïstement qu'il a le droit d'utiliser les autres comme des objets sexuels.

Saint Jean-Paul II a écrit sur les graves dangers de l'égoïsme pour le mariage dans Amour et Responsabilité: « Car l'amour ne peut survivre que comme une unité dans laquelle se manifeste le "nous" mature ; il ne survivra pas comme un arrangement entre deux personnes égoïstes » (p.71).

L’action contre l’Institut Jean-Paul II

Les inquiétudes ont été profondément aggravées par l'action du Saint-Père dissolvant les principes fondateurs de l'Institut Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille et modifiant sa mission première. Désormais, l'Institut mettra principalement en avant les enseignements très controversés que l'on trouve dans Amoris Laetitia, plutôt que de mettre en œuvre l'enseignement brillamment clair et sans ambiguïté de saint Jean-Paul II sur le mariage, la famille, la personne humaine et la sexualité.

En tant que psychiatre spécialisé dans le traitement des conflits conjugaux et familiaux, au cours des 40 dernières années, j'ai pu constater les avantages énormes de la mise en œuvre des écrits et de l'enseignement novateur et nécessaire de S. Jean-Paul II. J'ai également enseigné leur rôle dans la compréhension du mariage catholique et dans le renforcement des mariages et des familles lors de nombreuses apparitions publiques et en tant que professeur adjoint à l'Institut JPII à Washington.

Cet article souligne l'importance psychologique vitale de Familiaris Consortio, la grande charte pour les familles catholiques, par contraste avec la menace sérieuse que le huitième chapitre d'Amoris Laetitia fait peser sur la santé psychologique des mariages catholiques, des familles et de la culture. Il recommande que les principes fondateurs de l'Institut Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille soient conservés et non remplacés par l'enseignement d'Amoris Letitia, en partie à cause de la confusion sur le mariage et l'eucharistie créée dans le monde par le huitième chapitre de AL. Une autre raison sérieuse de cette recommandation est que AL omet toute préoccupation pastorale pour les millions d'enfants affectés chaque année par le divorce et les unions irrégulières, comme la cohabitation.

L’attentat de 1981 et celui de 2017

Après le Synode sur la famille en 1980, le pape Jean-Paul II a écrit Familiaris Consortio, qui présente clairement et de manière convaincante ce qui est nécessaire pour les couples et les familles catholiques dans la lutte intense pour protéger la santé spirituelle et psychologique du foyer catholique et de la culture.

Le pape Jean-Paul II a ensuite institué le Centre Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille à Rome en 1981. La dure réalité est que le jour où il devait établir cet institut on lui tira dessus et qu’il échappa miraculeusement à la mort. Cet événement ne doit pas nous surprendre maintenant, étant donné la controverse intense et la confusion qui se sont développées récemment dans l'Église et la culture concernant la vérité sur le mariage, la famille, la sexualité et l'Eucharistie.

La dramatique action du pape qui a radicalement changé cet institut internationalement respecté pour se focaliser principalement sur son document déroutant et psychologiquement dangereux, a frappé de nombreux catholiques comme un autre attentat contre l'héritage de saint Jean-Paul II sur le mariage et la vie familiale.

Le site officiel des évêques catholiques allemands a célébré la dissolution par le pape de l'Institut Jean Paul II d'études sur le mariage et la famille, « un bastion de résistance contre le programme de la miséricorde de François », et son remplacement par un nouveau « think tank pour Amoris Laetitia ».

En fait, les écrits de saint Jean-Paul II offrent une approche de la grande miséricorde du Seigneur parce qu'ils présentent aux conjoints, aux enfants et à la culture la vérité sur la sexualité humaine, le mariage, la jeunesse et la vie familiale.

Le cardinal Caffarra

Le regretté cardinal Carlo Caffarra, président fondateur de l'Institut Pontifical Jean Paul II d'Etudes sur le Mariage et la Famille et l'un des quatre cardinaux qui ont soumis les dubia pour demander une clarification d'Amoris Laetitia, réfléchissait, lors de la session de l'Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, à Washington en 2016, sur la vision du pape Jean-Paul II dans la fondation de l'Institut :

L'idée qu’une doctrine solide n'ait pas d'importance fondamentale pour le ministère pastoral était totalement étrangère au pape. Au contraire, il ne pensait pas que la pastorale soit possible à moins de «dire la vérité» de la doctrine (Eph 4; 15).

Par conséquent, la recherche sur la fondation du mariage et de la famille, un retour au Commencement, était la tâche de l'Institut. Les deux principales caractéristiques de l'Institut découlent de ceci : un engagement fort dans le domaine de l'anthropologie et de la pensée christocentrique.

Le pape était profondément convaincu que la crise du mariage et de la famille était fondamentalement une crise anthropologique: la personne humaine avait perdu conscience d’elle-même, de la vérité de son être, de sorte qu'elle ne comprenait plus la vérité du mariage.

Le fait que sa catéchèse sur l'amour humain (Jean-Paul II) ne soit pas considérée comme la base de la pratique pastorale du mariage a été l’une des principales raisons des graves difficultés aux Synodes de 2014 et 2015.

La santé psychologique des mariages et des enfants catholiques dépend d'une compréhension claire de la nature du mariage et de la sexualité décrite par Jean-Paul II et le Catéchisme de l'Église catholique. Les couples ont besoin plus que jamais de la connaissance qu’on y trouve que la croissance des vertus et de la grâce les aide à découvrir et à résoudre les conflits, protège leur amour et sauve leurs enfants des fléaux de l'égoïsme et du divorce.

À l'heure actuelle, le huitième chapitre d'Amoris Laetitia est un document magistériel qui sème la confusion, psychologiquement néfaste et dangereux pour les mariages et les familles catholiques selon mon opinion professionnelle. Il ne devrait pas être la base de l'enseignement des Instituts Jean Paul II pour les études sur le mariage et la famille. En fait, Amoris Laetitia sape les contributions brillantes et très nécessaires de saint Jean-Paul II sur le mariage et la famille dans Familiaris Consortio et La théologie du corps.

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Mathieu Laine : «De Barbe-Bleue à Weinstein, le mauvais conte des prédateurs»

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TRIBUNE - En s'appuyant sur le célèbre conte de Charles Perrault, l'essayiste analyse la chute du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.

Il existe, en ce monde, une illusion mentale particulièrement tenace selon laquelle la femme serait, depuis Eve, à la fois une tentatrice dont il faudrait se méfier et un objet qui, se faisant belle, se transformerait en trophée en libre accès dont on pourrait se saisir à sa guise. La chute du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein, sombrant à la suite de nombreuses accusations d'agressions sexuelles et de viols, incarne à l'excès ce dérapage permanent de la réification des femmes.

» Lire aussi - «Violée», «paniquée», «sans défense», les glaçants témoignages des victimes de Harvey Weinstein

Si d'aucuns osent encore faire passer ses dénonciateurs pour des néo-moralistes tout en se réclamant d'une attitude «rock'n'roll» propre, ici, à Hollywood (en creux, ces filles cherchant des rôles savaient très bien à quoi s'attendre!), difficile de ne pas voir derrière ces méthodes de prédation révélées au grand jour et ce rapport pathologique au sexe féminin la marque d'un Barbe-Bleue contemporain.

Le héros du conte inséré en 1697 par Charles Perrault dans «Les Contes de ma mère l'Oye» n'était, lui non plus, pas dénué de pouvoir. Il avait «de belles maisons à la ville et à la campagne, de la vaisselle d'or et d'argent, des meubles en broderies et des carrosses tous dorés». Particulièrement repoussant, lui aussi, en raison de sa barbe colorée, il avait épousé plusieurs femmes qui, étrangement, avaient disparu. L'histoire, fameuse, révèle comment Barbe-Bleue séduit à nouveau une proie à coup de «parties de chasse et depêche», de «danses
et festins».

«Ce n'est pas basculer dans un féminisme caricatural et outrancier que de blâmer sans limite ce type de mâle porcin»

On connaît la suite: alors que le maître des lieux doit s'absenter, il autorise sa jeune femme à profiter de toutes les pièces de sa vaste demeure et met à sa disposition l'ensemble des infinies richesses qu'elle renferme. Toutefois, il lui interdit fermement d'utiliser une clé minuscule donnant accès à un petit cabinet «au bout de la grande galerie de l'appartement bas». La curiosité, plus forte, fera le reste puisqu'une fois retirée de la serrure interdite, la clé échappe des mains de la belle épouse, saisie de stupeur par l'immonde spectacle de ce que Barbe-Bleue cachait à la vue de tous. Et c'est du sang indélébile, caillé et mêlé des anciennes épouses, «attachées le long des murs» après avoir été égorgées par le monstre séducteur, que la petite clé
se tachera, révélant ensuite au maître la désobéissance de celle qui partage désormais sa vie. Condamnée à mourir elle aussi, elle y échappera pourtant du fait de l'intervention de ses frères après un temps gagné au prétexte de la prière, l'ogre barbu s'effondrant, comme Weinstein, alors qu'il se pensait invincible.

» Lire aussi - Affaire Weinstein: mais d'où vient le mot «nabab»?

Derrière ce conte hérité des traditions orales, Perrault, le chef de file des Modernes et l'un des plus grands auteurs du XVIIe siècle, n'ambitionnait sans doute pas seulement de dénoncer le péché de curiosité mais également «le cœur plus dur qu'un rocher» de ces personnages de puissance estimant détenir un plein pouvoir sur les femmes. Car, même si Bruno Bettelheim, dans son célèbre ouvrage «La Psychologie des contes de fées», voit dans ce sang irrémédiablement incrusté le symbole de la perte de la virginité féminine ou la menace d'une sanction terrible de l'infidélité des femmes et d'un trop grand intérêt porté par elles au jardin secret de leur mari, le sort sans appel réservé au personnage volontairement décrit comme effrayant, rappelant l'affreux Henri VIII d'Angleterre qui fit exécuter deux de ses six femmes, laisse en réalité entrevoir une dénonciation avant-gardiste de la femme envisagée comme objet.

Quand il se sent propriétaire d'une femme, perdant de vue sa dimension fondamentale de personne, d'égale
à égal, un homme peut finir par en exploiter ses trois composantes: l'usus (l'usage du bien sans s'enquérir,
par nature, de sa volonté), le fructus (le bénéfice plein tiré de ses fruits) jusqu'à, comme Barbe-Bleue ou Bertrand Cantat, l'abusus (la possibilité de le détruire). C'est contre cela qu'il est urgent de lutter tant il n'est rien de plus précieux que la souveraineté de la personne.

C'est bien ce mal qui se loge derrière un comportement «weinsteinien» qui, certes, ne tue pas, mais ne se préoccupe en rien des troubles psycho-traumatiques créés chez ses victimes. On sait aujourd'hui constater l'effet de sidération d'attouchements sexuels non désirés tout comme l'angoisse tétanisante de brûler ses vaisseaux dans un univers professionnel dominé par un prédateur. Et ce n'est pas basculer dans un féminisme caricatural et outrancier que de blâmer sans limite ce type de mâle porcin bénéficiant de solidarités aussi silencieuses que malsaines et cherchant sans surmoi à assouvir le moindre de ses fantasmes.

«Il convient de repenser la liberté de la femme autant que celle de l'homme quand on les prive de la dignité d'agir en être autonomes et responsables»

La civilisation, l'humanisme, l'amour de la liberté invitent à rompre la présomption irréfragable de culpabilité des femmes face à des hommes à la fois forts physiquement ou professionnellement mais que l'on dit inévitablement faibles, et donc irresponsables, tant ils seraient dominés par leurs instincts - ceux-là mêmes
qui autorisent nos Tartuffe modernes à couvrir intégralement la beauté des femmes.

Il convient dès lors, sans pour autant basculer dans la criminalisation exagérée et l'inversion de présomption sur le dos de tous les hommes, de repenser la liberté de la femme autant que celle de l'homme quand on les prive de la dignité d'agir en êtres autonomes et responsables, en adultes pouvant éveiller le désir mais sachant ne pas se comporter de manière unilatérale par l'effet d'une impulsivité animale. Jusqu'à interroger, éclairé par la grande juriste Marie-Anne Frison-Roche, la délicate distinction entre le consentement et la volonté.

En tous les cas, il faut traiter avec sévérité ceux qui, preuve à l'appui, franchissent la ligne noire de la manipulation destructrice, ajoutant aux attributs du pouvoir la capacité de faire peur et d'obtenir, en jubilant
du sentiment de toute puissance lié au silence que l'on sait imposer, l'accès forcé à l'intime.

» Lire aussi -Affaire Weinstein: les indices laissés par Hollywood

Trujillo, ce dictateur abject décrit par Mario Vargas Llosa dans «La Fête au bouc», usait ainsi du sexe pour imposer la terreur et tester, en s'offrant leurs femmes, la fidélité des membres de sa garde rapprochée. La chute
de ces hommes déshumanisés est une grande nouvelle pour la liberté.

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«Domestikator», la statue controversée refusée par le Louvre, installée devant le Centre Pompidou

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L'œuvre controversée «Domestikator», que le Louvre avait refusée, a été installée devant le Centre Pompidou dans le cadre de la Fiac. L'immense sculpture de 12 mètres de haut constituée de briques façon Lego représente un couple en pleins ébats .

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En France, 46 viols sont signalés en moyenne chaque jour à la justice

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Le ­Figaro a décortiqué les chiffres de la police et de la gendarmerie sur les douze derniers mois. Le constat est effarant.

Il aura fallu un scandale à Hollywood pour se rappeler qu'en France, les infractions sexuelles relèvent du phénomène de société. Le Figaro a décortiqué les chiffres de la police et de la gendarmerie sur les douze derniers mois. Le constat est effarant: 53.492 infractions sexuelles relevées dans l'«état 4001» (la Bible statistique des forces de l'ordre), entre le 1er septembre 2016 et le 31 août 2017. C'est 3,5 % de faits supplémentaires par rapport aux douze mois précédents. Cela représente quotidiennement une moyenne de 146 crimes et délits de cette nature. Une infraction à caractère sexuelle toutes les dix minutes! Dans le détail, ce sont les faits les plus graves qui ont connu les évolutions les plus importantes. Les viols sur majeurs et mineurs ont crû de plus de 9,2 %, passant de 15.452 à 16.876 affaires signalées et transmises à la justice… 46 viols par jour!

Les cas de harcèlement aussi ont progressé, passant de 23.097 à 23.563 infractions constatées, soit une hausse de 2 %. Ce qui correspond à une moyenne de 64 cas quotidiens de harcèlement en France. Il faut y ajouter les quelque 13.000 «atteintes sexuelles» également recensées en un an, qui incluent de nombreux cas d'exhibition mais aussi des faits qui auraient pu relever du harcèlement s'ils avaient été réitérés, comme un geste déplacé ou un contact physique inapproprié.

Simplifier les procédures

Le président de la République n'a pas hésité à évoquer le sujet en s'adressant aux Français, notamment sur la question du «harcèlement de rue» de plus en plus dénoncé par les femmes. «Sur ce sujet comme sur d'autres sujets du quotidien, ce que je souhaite, c'est que nous puissions simplifier nos procédures et donner la possibilité aux forces de l'ordre d'être plus présentes sur le terrain, d'agir de manière plus efficace et de verbaliser», a déclaré le chef de l'État, le 15 octobre. Le président l'a aussi rappelé: «Bien souvent on ne va pas porter plainte, parce qu'on n'ose pas. Et lorsqu'on porte plainte, cela prend des mois et des mois et c'est souvent classé sans suite.» Il a assuré que ces faits se déroulent souvent «dans les quartiers les plus difficiles où les magistrats ont déjà énormément à faire». Et Emmanuel Macron d'appeler à une «simplification» des procédures pour une «réponse immédiate».

«Moins de 10 % des faits commis font l'objet d'un signalement en bonne et due forme auprès des autorités»

Christophe Soullez, directeur de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales

Pour le criminologue Christophe Soullez, directeur de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), «l'inflation statistisque des infractions sexuelles traduit sans doute une meilleure prise des plaintes, avec des systèmes d'information plus précis pour enregistrer ce type de crimes et délits dans les commissariats et les casernes de gendarmerie.» Il y a aussi, selon lui, une «libération de la parole due aux multiples campagnes de sensibilisation à ces atteintes depuis une quinzaine d'années». La justice, le ministère de l'Intérieur, des associations, des collectivités locales se mobilisent sans relâche, il est vrai, pour inciter les victimes à dénoncer leurs tourmenteurs. Christophe Soullez insiste également sur le fait que «la législation s'est renforcée au fil des ans pour pénaliser davantage les auteurs de ces infractions». Mais dans une société objectivement plus violente, il n'est pas insensé d'imaginer qu'il puisse y avoir parallèlement une augmentation objective de ces atteintes sexuelles.

La France n'est pas isolée dans son action en faveur des victimes. En Allemagne, depuis les viols et agressions sexuelles du Nouvel An 2016 à Cologne, mais aussi un peu partout dans le nord de l'Europe, les autorités se montrent également beaucoup plus réactives face à ces dérives. Selon le directeur de l'ONDRP, «le phénomène des infractions sexuelles est loin d'avoir été entièrement révélé». Il rappelle que les enquêtes réalisées par sondage auprès des victimes témoignent que «moins de 10 % des faits commis font l'objet d'un signalement en bonne et due forme auprès des autorités».

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FILM : ....... FAUTE d'AMOUR ............

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«Bébés à la carte»: l'inquiétant morcellement de la procréation

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FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN.- En France, un enfant sur 32 est désormais conçu sans rapport sexuel. Depuis l'invention de la procréation médicalement assistée jusqu'à la recherche sur embryons et ses potentialités eugénistes, le biologiste Jean-François Bouvet explore les conséquences vertigineuses du big-bang procréatif.

FIGAROVOX.- Un enfant sur 32 naît aujourd'hui sans rapport sexuel, rappelez-vous dans votre livre. En quoi cela constitue-t-il un «big-bang dans la procréation»?

Jean-François BOUVET. - En France, si l'on se réfère au Rapport annuel de l'Agence de la biomédecine, un peu plus de 25 000 bébés sont nés en 2014 grâce aux techniques de la procréation médicalement assistée (PMA) — ce qui représente effectivement 3,1 % des naissances, pour seulement 2,6 % cinq ans auparavant… Une augmentation à relier, entre autres, aux problèmes de fertilité rencontrés par nombre de couples.

Mais si je parle de big bang procréatif, c'est plutôt pour évoquer un phénomène plus large, d'envergure planétaire celui-là : le morcellement du processus de procréation.

Mais si je parle de big bang procréatif, c'est plutôt pour évoquer un phénomène plus large, d'envergure planétaire celui-là: le morcellement du processus de procréation. Si, dans les années soixante, l'arrivée de la pilule contraceptive a chimiquement entériné la séparation entre sexualité et reproduction, la décennie soixante-dix et les suivantes ont connu une autre révolution biologique en forme de dissociation. À savoir la possibilité de segmenter la réalisation d'un projet d'enfant, en le fragmentant entre des intervenants multiples: donneuse d'ovocytes, donneur de sperme, plus éventuellement mère porteuse et parents dits «intentionnels» dans le cas de la gestation pour autrui (GPA).

Dernière étape en date, portant à six le nombre de parents potentiels: la fourniture, par une femme autre que les géniteurs, de mitochondries — ces petits organites apportés à l'œuf par l'ovocyte lors de la fécondation, et assurant dans nos cellules des fonctions énergétiques. Fin 2016, le Royaume-Uni a été le premier pays à autoriser un tel mode de conception. Dans quel but exactement? Il faut savoir que les mitochondries disposent de leur propre matériel génétique, de taille certes très limitée par rapport à celle de l'ensemble de l'ADN de la cellule mais dont les mutations peuvent être à l'origine de maladies génétiques rares. D'où l'idée de remplacer si nécessaire ces organites, dans le cadre d'une fécondation in vitro (FIV) entre spermatozoïdes et ovocyte, par ceux de l'ovocyte d'une autre femme, indemnes de telles mutations. Une sorte de «FIV à trois parents», donc. Et un pas de plus vers le morcellement de la reproduction.

Vous évoquez la question de l'autoconservation des ovocytes, qui est strictement encadrée en France. Quel est l'état du droit? Pourquoi est-ce si limité?

Cette conservation se fait par vitrification des ovocytes, une technique de congélation ultrarapide assurant la préservation optimale de leur potentiel de fécondation. En France, la méthode n'a été autorisée que récemment, par la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique. Avec deux indications: la sauvegarde de la fertilité féminine lorsqu'elle est menacée par un traitement médical lourd, ainsi que la constitution, à l'image des banques de sperme, de banques d'ovocytes destinés au don à des femmes infertiles.

Hors indications médicales, la France n'autorise pas la vitrification d'ovocytes pour décaler le projet d'enfant jusqu'au moment jugé propice: prélever précocement ces cellules, avant que leur qualité ne se dégrade, dans le seul but de les stocker en vue d'une fécondation tardive n'est pas possible. Seules les femmes ayant fait un don d'ovocytes peuvent éventuellement disposer de quelques-uns d'entre eux pour une FIV, si elles souhaitent y recourir un jour. Jugeant une telle mise sous condition «médicalement et éthiquement inacceptable», l'Académie nationale de médecine a recommandé, dans un rapport rendu public le 19 juin 2017, que l'autoconservation des ovocytes devienne accessible aux femmes majeures soucieuses de prévenir l'infertilité liée à l'âge. Huit jours plus tard, le 27 juin, c'était au tour du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) de s'exprimer sur la question... Et ledit comité prenait le contre-pied de la position de l'Académie.

Cette technique permettrait-elle de libérer davantage les femmes ou au contraire de les asservir davantage à la loi du marché?

Dans de nombreux pays voisins — Belgique, Italie, Espagne… —, la législation est beaucoup plus souple qu'en France. C'est aussi le cas aux États-Unis. En avril 2014, la couverture de l'hebdomadaire américain Bloomberg Businessweek affichait le slogan Freeze your eggs, free your career — Congelez vos ovocytes, libérez votre carrière. Une manière de plier la biologie aux exigences sociétales. La même année Facebook et Apple annonçaient leur intention de proposer à leur personnel féminin la prise en charge financière d'une telle congélation — histoire de permettre d'optimiser les carrières en mettant en veilleuse le projet d'enfant. Une «pression douce» qui en dit long sur la conception 2.0 de la vie privée dans la Silicon Valley. Celles qui choisiront la maternité se verront-elles signifier par leur hiérarchie qu'il s'agit là d'un choix néfaste à leur avenir professionnel?... J'observe qu'inverser le slogan Freeze your eggs, free your career revient à énoncer son corollaire: Free your eggs, freeze your career — Libérez vos ovocytes, congelez votre carrière.

J'observe qu'inverser le slogan Freeze your eggs, free your career revient à énoncer son corollaire : Free your eggs, freeze your career — Libérez vos ovocytes, congelez votre carrière.

En quoi l'avis du CCNE du 15 juin 2017 favorable à l'extension de la PMA aux couples lesbiens et célibataires va changer la donne? Cela va-t-il selon vous ouvrir la voie à une marchandisation des gamètes?

Intervenant quelques semaines après l'élection du président Macron, cet avis du CCNE est évidemment très important, parce qu'attendu par le nouveau pouvoir politique appelé à légiférer en la matière. Pour ce qui est de la marchandisation des gamètes, je doute fort que l'ouverture de la PMA puisse aboutir dans notre pays à un tel phénomène. La France est en effet très attachée au principe de gratuité et d'anonymat du don. Reste qu'une telle ouverture devrait mécaniquement se traduire par une sollicitation plus importante des banques de sperme.

Vous évoquez une dérive «eugéniste» potentielle de la PMA, notamment sur la recherche génétique autour de l'intelligence. Quelle est la réalité de cette menace?

Pour débusquer les gènes des capacités intellectuelles, la Chine est en première ligne. Plus précisément, le Cognitive Genomics Lab, un laboratoire lié à l'un des plus grands centres mondiaux de séquençage de l'ADN: le Beijing Genomics Institute (BGI), implanté à Shenzhen, aux portes de Hong Kong. Créé en 2011, ce laboratoire veut explorer la génétique de la cognition humaine. Il s'agit pour les chercheurs de collecter des échantillons d'ADN chez des individus parmi les plus intelligents au monde, du moins considérés comme tels parce que dotés d'un fort QI. Et ce, en vue de comparer leur génome à celui d'individus à QI plus modeste, dans l'espoir

Pour débusquer les gènes des capacités intellectuelles, la Chine est en première ligne.

d'identifier les variants des gènes qui déterminent l' «intelligence»… Comme si cette dernière ne dépendait que de facteurs génétiques. C'est bien sûr loin d'être le cas, du fait, entre autres, de l'étonnante plasticité du cerveau.

Toujours est-il que le programme du BGI ne laisse pas d'inquiéter la communauté internationale, en raison de possibles dérives eugénistes. Vise-t-il à améliorer le niveau intellectuel de la population chinoise? Permettra-t-il aux couples ayant recours à la FIV de sélectionner par examen génétique les embryons les plus prometteurs sur le plan de l'intelligence? Vu le nombre considérable de gènes impliqués dans les capacités cognitives, on n'en est pas encore là… Un scénario de type Gattaca n'est donc pas pour demain matin.

Reste que la sélection des embryons en fonction de tel ou tel critère n'ayant rien à voir avec une maladie génétique est une perspective à prendre au sérieux. Une telle sélection existe déjà pour le sexe de l'enfant à naître. Dans le cadre de la PMA, nombre de pays offrent en effet la possibilité de choisir entre garçon et fille. C'est par exemple le cas de la Thaïlande, des États-Unis dans la plupart des États ou de la République turque de Chypre du Nord. On peut s'attendre à ce que d'autres critères de sélection — la couleur des yeux en particulier — soient proposés, là ou ailleurs, dans un avenir plus ou moins proche.

Vous évoquez également la modification génétique d'embryons. Où en sont les scientifiques?

Le moins que l'on puisse dire est que la question est d'actualité: la première annonce scientifique sur le sujet remonte à avril 2015 et, depuis, d'autres expérimentations génétiques sur l'embryon humain, ou sur l'œuf dont il est issu, ont été conduites en Chine, en Suède et aux États-Unis. À titre d'exemple, une équipe de Guangzhou, en Chine, est parvenue à doter des embryons d'un gène de résistance au virus du sida… On se souviendra donc de la deuxième décennie du XXIe siècle comme de celle où se sont produites les premières intrusions, avant la naissance, dans le patrimoine génétique de l'espèce humaine.

Quelles conséquences peuvent avoir ces mutations sur l'avenir de l'humanité?

On imagine en effet sans peine ce à quoi aboutirait la modification génétique d'un embryon humain si celui-ci

Cela reviendrait à modifier non seulement le génome d'un individu, mais aussi celui de sa descendance

venait à être implanté pour développement jusqu'à terme: dans la mesure où ses futures cellules reproductrices seraient aussi affectées, cela reviendrait à modifier non seulement le génome d'un individu, mais aussi celui de sa descendance. Et même chose, bien sûr, si la modification ciblait en amont les gamètes ou l'œuf à l'origine de l'embryon.

La communauté scientifique est-elle plutôt prudente ou bien sans limites sur ce sujet?

Cette problématique est loin de faire l'unanimité dans la communauté scientifique. Conscients de l'ampleur des enjeux, des scientifiques américains, et non des moindres, ont, en mars-avril 2015, dans les prestigieuses revues Science et Nature, mis en garde contre l'usage incontrôlé de telles manipulations génétiques et appelé à un moratoire. Ces chercheurs s'inquiétaient en particulier du risque d'altérations parasites de la séquence de l'ADN en des points non spécifiquement visés — lesquelles pourraient ne manifester leurs effets qu'après la naissance, si elles interféraient par exemple avec des gènes impliqués dans la genèse de cancers.

S'imaginer qu'une technique de manipulation génétique puisse être précise et fiable à cent pour cent serait effectivement faire preuve d'un aveuglement d'autant plus coupable qu'ici l'enjeu est vertigineux.

 

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La PMA pour toutes annoncée pour 2018

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Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a confirmé mardi que le sujet devrait arriver sur la table dès l'année prochaine. Elle estime que c'est une mesure de «justice sociale» destinée à mettre fin à une «forme de discrimination à l'égard des femmes lesbiennes et célibataires.»

On savait Emmanuel Macron favorable à l'ouverture de la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes, sans condition de fertilité. Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a confirmé mardi sur BFMTV que le sujet devrait arriver sur la table dès l'année prochaine. «Évidemment, le président tiendra son engagement d'ouvrir la PMA à toutes les femmes pendant le quinquennat», a-t-elle déclaré. En termes de calendrier, nous serons probablement sur l'année qui arrive, 2018, probablement avec la révision de la loi bioéthique».

Marlène Schiappa a estimé qu'il s'agissait d'une mesure de «justice sociale» destinée à mettre fin à une «forme de discrimination à l'égard des femmes lesbiennes et célibataires». «La France est prête» à un élargissement de la PMA (procréation médicalement assistée) aux femmes célibataires et aux couples de femmes, avait déjà estimé en juillet dernier la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, qui sera en charge de ce dossier. Elle avait également évoqué une discussion en 2018, lors des états généraux de la bioéthique.

En France, les lois de bioéthique couvrent des sujets aussi variés que la PMA, le diagnostic prénatal, le don d'ovocytes, la recherche sur l'embryon… Elles doivent être précédées d'un débat public, organisé par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), sous forme d'états généraux donnant la parole à des scientifiques, des juristes, des sociologues et des citoyens. Le temps du débat pourrait donc laisser augurer de l'arrivée d'une loi devant le parlement plutôt en 2019 que l'année prochaine.

Avis défavorable d'un quart des membres du Comité national d'étique

En juin, l'avis favorable du Comité consultatif national d'éthique à cette technique de procréation, actuellement réservée aux couples hétérosexuels infertiles, a eu l'effet d'un feu vert. «Notre objectif est bien de traduire d'un point de vue législatif l'avis» du Comité d'éthique, avait indiqué le porte-parole de l'exécutif, Christophe Castaner, dans la foulée. Le Comité d'éthique, organe consultatif, ne s'est cependant pas prononcé de manière unanime en faveur de cette autorisation qui marquerait une véritable rupture avec le système français d'aide médicale à la procréation. En effet, plus d'un quart de ses membres ont émis un avis défavorable à cette évolution, jugeant dangereux «d'institutionnaliser, d'organiser en toute connaissance de cause des naissances sans pères».

«La question est bien évidemment de savoir si on peut priver délibérément un enfant de père et détourner la médecine de sa finalité, avance la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de La Rochère. Le mouvement qui a déjà fait reculer François Hollande sur le sujet de la PMA estime que le sujet «divise toujours les Français aujourd'hui». «Nous sommes prêts à mobiliser, à battre de nouveau le pavé», avertit Ludovine de La Rochère qui voit également dans cette déclaration de Marlène Schiappa, «une instrumentalisation politique pour détourner l'attention du front social».

Si la volonté de légiférer est accueillie comme une bonne nouvelle du côté de l'inter-LGBT, le mouvement s'interroge sur la pertinence du cadre législatif des lois de bioéthique. «C'est quand même étrange de discuter de la PMA pour toutes dans ce cadre des lois de bioéthique, pointe Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l'Inter-LGBT. Cela fait passer le message que nos familles doivent être mises en question sur la question de l'éthique. La PMA doit être autorisée à toutes les femmes pour des raisons d'égalité des droits et de lutte contre les discriminations».

 

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Attentat de Nice : «Certains bébés qui étaient dans le ventre de leur mère sont traumatisés»

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INTERVIEW - La pédopsychiatre Florence Askenazy raconte comment la Fondation Lenval prend en charge des bébés de moins de deux ans victimes de troubles de développement, de dépression, de sommeil ou encore des signes de repli.

LE FIGARO. - Recevez-vous toujours de nouveaux patients?

Florence ASKENAZY. - Après avoir suivi ou vu 1220 enfants depuis les attentats, mon service continue à accueillir une dizaine de nouveaux patients en moyenne par semaine. Nous nous attendions à cette vague de nouveaux arrivants. En matière de stress post-traumatique, les délais de latence sont supérieurs à six mois. L'activité de mon service qui suit 120  enfants reste soutenue.

Avez-vous besoin de renfort?

Même si nous sommes épaulés par la Fondation de France, nous avons demandé une aide auprès de l'agence régionale de santé pour la prise en charge de 18 bébés de moins de 2 ans, aujourd'hui traumatisés. Certains d'entre eux étaient dans le ventre de leurs mères quand celles-ci étaient sur les lieux de l'attentat. Il faut intervenir rapidement auprès de ces nourrissons pour éviter la fixation des symptômes. Certains peuvent présenter des troubles de développement, de dépression, de sommeil ou encore des signes de repli.

«La culpabilité des parents de ne pas avoir su protéger leurs enfants est l'obstacle à lever»

Il faut aussi s'occuper des parents?

Ces familles ne dorment pas et sont épuisées. Elles ont besoin d'une prise en charge intensive. Ces situations rendent parfois difficile le retour à la vie active et peuvent aggraver des conditions de vie déjà précaires. Parfois aussi, ces parents qui étaient sur les lieux de l'attentat doivent être aidés pour qu'elles reprennent leur place au sein de la famille. La culpabilité de ne pas avoir su protéger leurs enfants est l'obstacle à lever.

Quels sont les symptômes qui révèlent un traumatisme chez un jeune enfant?

Ces jeunes patients ont des jeux répétitifs. En apparence, ils vont bien, mais dans un coin, ils répètent le même geste. En s'emparant d'un objet qui représente un camion, ils renversent des petits personnages. Un enfant a ainsi mimé cette scène plusieurs dizaines de fois au cours d'une consultation dans mon cabinet. Nous allons débuter à l'automne une étude pour suivre durant plusieurs années 3000 enfants présentant des symptômes traumatiques.

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Au Yémen, la longue lutte contre les mariages précoces

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La Conférence du dialogue national va examiner un texte portant à 18 ans l’âge minimum pour contracter une union.

« Dix-huit ans ! » Les membres de la commission des droits et des libertés de la Conférence du dialogue national se précipitent dans les couloirs de l'hôtel et crient leur joie. Ils se prennent dans les bras et se félicitent. A l'unanimité, ils viennent d'adopter la recommandation numéro 48, qui propose de fixer l'âge légal du mariage à 18 ans. Le 2 octobre est « dorénavant un jour historique pour le Yémen. Cette recommandation devra devenir une loi, et alors elle comptera parmi les plus importantes de notre histoire, car elle permettra de sauver les vies de nos enfants », s'enthousiasme Rawa Othman, la présidente de la commission.

Au Yémen, où les organisations non gouvernementales (ONG) estiment que 14 % des filles sont mariées de force avant l'âge de 15 ans, et 52 % avant 18 ans, la nouvelle a pris l'allure d'une petite révolution. « La volonté de vivre libre a gagné aujourd'hui, et non pas la peur qu'on veut nous imposer au nom d'Allah et de la religion. Mais je redoute maintenant que cette recommandation soit rejetée lors de la session finale de la Conférence du dialogue », tempère Rawa Othman.

Au Yémen, le passé incite en effet à la prudence. En 2009 déjà, un projet de loi fixait l'âge légal à 17 ans. Sa version finale n'a jamais été adoptée. Hooria Mashhour, la ministre des droits de l'homme, se souvient des petits arrangements politiques que le Congrès populaire général, le parti alors au pouvoir de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, avait passés avec quelques députés islamistes pour enterrer le projet.

"NOUS TENTONS MAINTENANT DE POSER LES FONDATIONS D'UN ETAT DE DROIT"

Quatre ans plus tard, la ministre a repris le combat et veut y croire : « Le “printemps arabe”, en 2011, a changé beaucoup de choses. Nous tentons maintenant de poser les fondations d'un Etat de droit. Cela prendra peut-être plusieurs années, mais, au moins, nous essayons. Le premier ministre s'est engagé à...


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/11/13/au-yemen-la-longue-lutte-contre-les-mariages-precoces_3512912_3218.html#J5s3Lv4KGXSzu8m1.99

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Cristiana Réali en couple avec Francis Huster : « Jamais on aurait dû se séparer »

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Ils ont formé un couple mythique pendant près de vingt ans. Quand on évoque le nom de Francis Huster, on pense systématiquement à celui de Cristiana Réali, et vice versa. Pourtant, après dix-sept ans d’amour, les deux acteurs se sont séparés. C’était en 2008. Mais à l’heure du « conscious uncoupling », ce divorce heureux où ne plus s’aimer ne signifie pas qu’il ne faut plus former une famille, Cristiana Réali et Francis Huster restent toujours proches pour leurs deux filles, Elisa, 19 ans, et Toscane, 14 ans. En 2014, Cristiana Réali, qui est ce soir à l’affiche de « Rendez-vous en terre inconnue », avait d’ailleurs confié, dans les colonnes du « Parisien » : « Francis vient souvent déjeuner ou dîner. Les filles aiment beaucoup nos rapports. Elles ont des copains qui disent : “C’est bizarre qu’ils s’entendent aussi bien alors qu’ils sont séparés…” Mais elles, elles trouvent ça normal!»

« C’est de ma faute »

Si ce divorce se passe dans la bonne entente, Francis Huster avait confié, à la même époque, au micro de Laurent Delahousse, lors du JT de France 2, que cette rupture lui laissait quelques regrets. « Je suis passé à côté de sacrifices d’amour. Jamais on n’aurait dû se séparer avec Cristiana. C’est de ma faute. Totalement. C’est parce que je suis complètement fou. Je suis invivable. J’ai eu des femmes dans ma vie qui m’ont toujours foutu à la porte. Peut-être que c’est pour ça que je souhaite à mes filles de réussir dans leur vie. Peut-être que le plus beau, c’est l’amour justement. »

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Bistrots de campagne, Baraque à Frat'... Ces initiatives contre l'isolement des seniors

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LE FIGARO DEMAIN - L'été est une période où l'isolement est ressenti de manière encore plus forte par les seniors. En ville comme à la campagne, plusieurs milliers de citoyens se mobilisent au quotidien et tentent de reconstruire du lien intergénérationnel, soutenus dans leur démarche par la Mobilisation nationale contre l'isolement social des personnes âgées.

L'isolement social des personnes âgées a longtemps été minoré, voire même carrément nié. Il aura fallu l'épisode tragique de la canicule meurtrière de 2003 pour que le phénomène fasse l'objet d'une véritable prise de conscience nationale. À cette occasion, la France entière a découvert les conséquences tragiques que pouvait avoir l'affaiblissement des liens intergénérationnels sur le quotidien des seniors. Car les personnes âgées sont les premières touchées par ce qu'on ose désormais nommer comme la «pauvreté relationnelle». Le phénomène, qui toucherait environ 1,2 million de personnes de plus de 75 ans en France, fait interragir de nombreux facteurs: vieillissement, précarité, éloignement ... Des poids ressentis avec encore plus d'acuité lorsque la période estivale se rapproche. «L'été est la période de la fraternité et de la cohésion sociale par excellence», nous explique Jean-François Serres, ancien délégué général des Petits Frères des pauvres désormais à la tête de la Mobilisation nationale contre l'isolement social des personnes âgées (Monalisa). «Les personnes âgées en situation d'isolement ont donc tendance à faire encore plus violemment l'expérience de leur solitude pendant cette période.»

En ville comme en zone rurale, de nombreuses initiatives se développent pourtant pour contrer ce phénomène. Le réseau Monalisa, créé en 2014, a pour objectif de les recenser, de les valoriser et de les accompagner dans leur développement. Après trois ans d'existence, il mobilise déjà plus de 5000 citoyens engagés dans 207 «équipes citoyennes». «Je pense que beaucoup de Français ont compris que le phénomène de la pauvreté relationnelle n'est plus un fait isolé, mais qu'il est la conséquence directe d'une remise en cause profonde du socle de fraternité sur lequel se basait notre société», explique Jean-François Serres.

En partie grâce au soutien de Monalisa, véritable «moteur d'incubation», des solutions très innovantes voient ainsi le jour. Certaines associations surfent sur les opportunités offertes par le numérique, d'autres développent de nouveaux modèles de coopérations entre acteurs de proximité ... Leur action bénéficie chaque année à plusieurs dizaines de milliers de personnes âgées isolées. Tour d'horizon des initiatives les plus originales.

● La Baraque à Frat' de l'équipe des Petits frères des pauvres en Puy-en-Velay (43)

Il y avait la baraque à frites, il y aura maintenant la «Baraque à Frat'!» À l'initiative de bénévoles des Petits frères des Pauvres, et dans l'esprit des anciennes tournées des boulangers ou de bouchers ambulants, un camping-car aménagé sillonne depuis mars dernier les routes de Haute-Loire à la rencontre des personnes âgées isolées des villages du nord du département. Pour se développer, le concept a bénéficié d'un partenariat inédit entre la Fédération départementale de l'Aide à domicile en milieu rural et la Communauté de Communes des Portes d'Auvergne.

● Un réseau social qui fait se rencontrer voisins et seniors isolés dans les Deux-Sèvres (79)

De quoi leur redonner le sourire. La MSA, la Croix Rouge Française et le CLIC (centre d'information et de coordination au service des retraités) du Haut Val de Sèvre se sont associés avec le réseau social «Smiile» pour encourager la mise en contact des seniors et de leur voisinage proche. Une large campagne d'information sur leur projet a déjà permis d'identifier un noyau de bénévoles qui participent aujourd'hui, aux côtés des professionnels, au développement du projet.

 Les «bistrots de campagne» du Café des Champs en Seine-Maritime (76)

«Être près de ceux qui sont loin de tout», telle est la devise de cette association dont les membres se proposent d'aller à la rencontre des personnes en proie à l'isolement et à la détresse dans le monde rural. Pour ce faire, l'équipe citoyenne du «Café des Champs» a voulu faire revivre les bistrots de campagne. Son but? Recréer des lieux de rencontre et de convivialité dans ces «zones blanches» du territoire de plus en plus délaissées par la population, et où se concentrent beaucoup des seniors les plus isolés. Plusieurs animations sont mises en place par l'équipe portée par Évelyne Dehut, membre fondatrice de l'association longtemps à la tête de l'Autobus Samusocial de Rouen: de la couture, des cours d'informatiques, des lectures, des jeux sur table ou encore des expositions photos…

● Les «Kfés sociaux» de l'Olivier des sages à Lyon (69)

Lieux de concertation ouverts à tous, les «Kfés sociaux» réunissent habitants et professionnels participant à la vie du quartier avec pour objectif de repérer les difficultés des seniors dans leur environnement proche. À Lyon et Villeurbanne, l'association développe ainsi de nombreux partenariats avec les acteurs institutionnels, bailleurs sociaux ou associations de quartier pour lutter plus efficacement contre l'isolement des personnes âgées.

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Les vérités d’Elon Musk sur l’effondrement démographique de l’homme blanc

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Le milliardaire Elon Musk, PDG de Tesla et de SpaceX avec des ambitions pour la planète Mars, garde les pieds sur Terre ! Il vient de publier un tweet prémonitoire en juillet 2017 à propos de la population mondiale et de ses inquiétudes quant à l’effondrement de la natalité de l’homme blanc ! Elon Musk ne fait que reprendre d’une façon médiatique les thèses de La Peste blanche (Gallimard, 1976) du grand historien et démographe Pierre Chaunu.

Que dit Elon Musk ? La propagande anti-populationniste fait croire d’une façon malthusienne aux Occidentaux qu’il ne faut plus faire d’enfants car la planète a trop d’enfants ! Mais le drame, nous dit Musk, c’est qu’« au Japon, dans la plus grande partie de l’Europe et en Chine », la natalité « atteint seulement la moitié du taux de remplacement des populations ». Musk nous met en garde en nous disant que « tout cela va s’effondrer. Cela ne peut pas tenir debout. Le taux de dépendance sera trop élevé. Le nombre de personnes à la retraite par rapport aux producteurs nets sera trop élevé. Le filet de Sécurité sociale ne pourra pas tenir. » Alfred Sauvy avait aussi, depuis longtemps, remarqué qu’en matière démographique, « les pays riches se mettaient à la diète sous prétexte que les obèses habitaient la maison voisine ».

Il n’y a, en effet, comme a pu dire Jean Bodin, « de richesses que d’hommes ». Et selon Winston Churchill, « il n’y avait pas de meilleur investissement que de mettre du lait dans le biberon des enfants ». Valéry Giscard d’Estaing nous a aussi mis en garde tout en ouvrant malheureusement avec Simone Veil la boîte de Pandore de l’avortement : « S’il y a une décadence possible de l’Occident, c’est la démographie. » Quant à Michel Rocard, il ne disait pas autre chose, mais sans jamais, lui non plus, prendre des mesures concrètes adéquates : « La plupart des États d’Europe occidentale sont bien en train de se suicider, de se suicider par la démographie, sans même en avoir conscience. »Le recours à l’immigration avec l’impossibilité de « vivre ensemble » au lieu de relancer la natalité des populations de souche européenne est une imbécillité, un acte de haute trahison, depuis quarante ans, des dirigeants de l’UMPS, Macron inclus. Le taux de fécondité des populations européennes en France est de 1,6 enfant par femme, soit nettement en dessous du taux de remplacement à l’identique des populations qui est de 2,1 enfants par femme, tandis que celui des populations immigrées extra-européennes est de 3,4 enfants par femme.

 

Il importe donc en France, d’une façon urgentissime, de mettre fin à l’immigration extra-européenne, de relancer le taux de natalité avec des mesures fiscales, sociales et des allocations familiales substantielles, de juguler et de mettre fin à l’avortement criminel scandaleux (payé par la Sécu) de 200.000 bébés par an, de retrouver et de défendre les valeurs sociétales traditionnelles de la famille qui ont fait la grandeur de l’Europe, bref, tout le contraire de ce que croit le technocrate financier libéral Macron des « entreprises jeunes pousses », mais sans enfants en chair et en os et avec une grand-mère divorcée comme épouse !

L’Europe ne représente plus, aujourd’hui, que 10,3 % de la population du monde, contre 25 % en 1900. La population de l’Afrique passera de un à deux milliards d’ici à 2050 et le Nigeria pourrait alors dépasser la population des États-Unis ! C’est donc à l’Afrique seule de baisser son taux de natalité, pas à l’Europe qui doit se défendre manu militari face à l’invasion programmée.

Elon Musk a 1.000 fois raison ! En Russie, Poutine, lui, a mis en place immédiatement des allocations financières substantielles à la naissance et honore à nouveau les familles nombreuses traditionnelles. L’avortement n’est plus à la mode et le taux de fécondité de 1,3 enfant par femme, en déclin accéléré sous Eltsine, est déjà remonté à 1,8 !

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Google licencie son ingénieur à l'origine d'un plaidoyer sexiste

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Cet employé estimait que les femmes étaient naturellement moins prédisposées que les hommes à être ingénieures. L'auteur a été renvoyé.

Google a finalement pris sa décision. L'entreprise a licencié l'employé qui avait écrit un long manifeste contre la discrimination positive en faveur des femmes et des minorités. Ce document, largement relayé en interne et dans les médias américains, a créé la polémique dans un contexte déjà tendu.

«Nous soutenons le droit de nos employés à s'exprimer, et une bonne part des arguments de ce manifeste pouvaient faire l'objet d'un débat justifié, même si beaucoup de personnes ne sont pas d'accord avec ces propos», a expliqué Sundar Pichai, PDG de Google, dans un post de blog publié mardi soir. «Mais une autre partie de ce document viole notre code de conduite, et prononçant des stéréotypes de genre blessants dans notre environnement de travail.» L'ingénieur en question, James Damore, a annoncé qu'il souhaitait contester son licenciement en justice.

Les femmes «préfèrent les sentiments aux idées»

Dans ce document de dix pages, l'auteur s'en prend à la discrimination positive pratiquée par son entreprise pour favoriser l'embauche de femmes et de personnes de différentes origines. «Les hommes et les femmes sont biologiquement prédisposés à préférer certaines choses et à avoir certaines capacités, et ces différences peuvent expliquer les disparités que nous observons chez nos dirigeants», explique ce dernier. «Je ne pense pas que nous devrions forcer l'égalité. Pour chacune de ces différences, nous devrions considérer pourquoi elles sont une chance pour Google et réfléchir à comment les optimiser.»

L'auteur du manifeste précise «qu'il ne nie pas l'existence du sexisme» et qu'il ne «soutient pas les stéréotypes». Il estime pourtant que les femmes sont «plus ouvertes aux sentiments et à l'esthétique qu'aux idées», et qu'elles supportent mal les situations de stress. «Les femmes sont plus intéressées par les personnes que par les choses, contrairement aux hommes», continue-t-il. «Il est possible de rendre un poste d'ingénieur davantage tourné vers l'humain, mais jusqu'à certaines limites.» Il critique le «politiquement correct» qui pousserait Google et le gouvernement à «protéger davantage les femmes». «Toutes les différences entre les sexes sont vues comme une forme d'oppression envers les femmes. (...) Quand un homme se plaint, il est considéré comme un macho et un chouineur.» L'ingénieur conclut que les programmes d'accompagnement dédiés aux minorités, par exemple des stages réservés aux étudiantes, sont inutiles.

Le document se concentre aussi sur ce qui est qualifié d'un «biais de gauche» de Google. «Quand on parle de diversité et d'inclusion, le biais de gauche de Google a créé une culture du politiquement correct qui réduit ses opposants au silence», estime l'auteur. «Elle enlève tout contrôle aux extrémismes.» Google, comme d'autres entreprises de la Silicon Valley, soutient traditionnellement le parti démocrate et des valeurs d'ouverture. Droits LGBT, féminisme, inclusion sociale, etc. L'élection de Donald Trump, aux propos régulièrement outranciers, a mis en lumière le délicat équilibre de ces entreprises, qui défendent plutôt des valeurs de gauche en interne, mais prônent une large liberté d'expression dans leurs produits.

Un débat en interne

Le document a vite été dénoncé par plusieurs employés de Google sur les réseaux sociaux. Un fait rare au sein de l'entreprise, qui pratique une culture du secret poussée à l'extrême. Danielle Brown, vice-présidente en charge de la diversité chez Google, a finalement répondu à ce document via un mémo envoyé aux employés, et reproduit dans plusieurs médias américains. «Ce manifeste avance des suppositions fausses sur le genre (...), des opinions que ni moi, ni Google n'approuvons ou n'encourageons», explique-t-elle. «Nous devons créer un environnement ouvert et qui inclut tout le monde. Cela suppose de développer une culture d'entreprise qui accepte les opinions alternatives, les points de vue politiques différents des notes, et que ces personnes n'aient pas peur de partager leurs idées», ajoute-t-elle néanmoins.

Le site spécialisé Motherboard, qui a interviewé plusieurs employés de Google, note que tous ne sont pas aussi critiques du document. «Le fait que certains appellent au licenciement [de l'auteur] prouve qu'il a raison sur un point: il existe un silo idéologique [au sein de Google] et les opinions contraires sont réduites au silence», explique l'un d'entre eux. «L'auteur est un idiot qui utilise de la pseudoscience pour justifier son sexisme», estime un autre.

Un vieux problème

Comme les autres entreprises de la Silicon Valley, Google emploie une majorité d'hommes, en particulier dans les postes techniques. Les femmes représentent 31% des employés du géant du Web. Cette part tombe à 20% dans les métiers d'ingénieurs ou de développeurs. Depuis plusieurs années, les grandes entreprises du secteur des nouvelles technologies se sont engagées à plus de transparence et à agir en faveur de la diversité. Les résultats ne sont néanmoins pas probants.

Le problème de la diversité au sein des entreprises du numérique est complexe. Il se situe aussi bien au niveau du recrutement que de l'environnement de travail et des ressources humaines. Aux États-Unis, les femmes sont moins nombreuses à étudier l'informatique que les hommes. Elles subissent par ailleurs souvent des ambiances machistes au sein de ces entreprises. Plusieurs d'entre elles ont dénoncé les attaques dont elles font l'objet au quotidien: agressions sexuelles, salaire inférieur, remarques sexistes... Les polémiques à ce sujet sont régulières. Récemment, plus de 200 plaintes ont été recensées au sein d'Uber pour harcèlement, discrimination et intimidation. L'affaire a mené au licenciement de 20 salariés, et le départ du PDG de l'entreprise. Plusieurs investisseurs influents du monde des start-up et des nouvelles technologies ont fait l'objet d'accusations similaires.

«Vous ne pouvez pas imaginer combien il est épuisant de travailler dans un environnement où vous devez vous justifier constamment», explique une ancienne employée de Google sur Twitter. «On a beau dire que ces personnes [comme l'auteur du manifeste] sont en minorité, ils sont déjà trop. Il suffit d'un individu comme lui pour faire de la vie des femmes un enfer au travail.» Google fait actuellement l'objet d'une enquête du ministère du travail américain, qui le soupçonne de payer systématiquement moins ses employées que leurs collègues masculins. L'entreprise nie ces accusations.

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Avec Insoumeetic, la gauche radicale aussi a son site de rencontre

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LE SCAN POLITIQUE - Dernière née dans le cercle fermé des sites de rencontres par affinités politiques, la page Insoumeetic est aussi affectée par les tensions qui opposent les dirigeants de LFI et du PCF .

La France Insoumise cherche à faire des petits. Et pour joindre l'utile à l'agréable, une poignée de militants s'est décidée à monter une page de rencontres dédiée aux sympathisants de Jean-Luc Mélenchon, sous le nom d'Insoumeetic. Avec seulement 1336 inscrits, la plateforme est balbutiante, mais sa croissance est rapide. Administrée par une poignée de quadras qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon, la page n'est pas une émanation officielle du mouvement. «C'est parti de rien. Dans un groupe Insoumis consacré aux législatives, une adhérente avait fait une publication dans le style d'un site de rencontre. Son message a fait beaucoup réagir, plus de 800 commentaires, au point que l'administrateur a dû les suspendre. De fil en aiguille, on a rigolé là-dessus, j'ai créé le logo en faisant le jeu de mots puis on a créé la page», explique un administrateur, interrogé dans le JDD ce vendredi.

«Partir au Front de l'amour»

On trouve sur cette page divers services et initiatives destinées à rassembler des couples «insoumis», comme la carte Google des «Insoumis célibataires» . Chacun est invité à se créer un profil et à poster sa photo. Entre quelques échanges tantôt potaches tantôt aguicheurs, un peu de politique se glisse aussi sur Insoumeetic, ce qui ne ravit pas forcément les administrateurs. S'ils souhaitent favoriser des rencontres entre personnes du même camp politique, ces derniers préfèrent des échanges dépolitisés. La présence de militants communistes par exemple, attirés par les rouges lueurs de l'amour, a d'ailleurs suscité quelques remous. Ces derniers représenteraient jusqu'à un quart des effectifs et les tensions qui ont opposé Jean-Luc Mélenchon à Pierre Laurent dans les dernières séquences électorales se sont manifestées dans les échanges entre célibataires de gauche radicale. Au point que certains plaident pour une stricte séparation des écuries, et que la modération apporte un soin particulier à surveiller les «trolls» présumés du PCF.

Les partisans de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas les seuls à bénéficier d'un service de rencontres par affinités politiques. Les soutiens du FN, eux, peuvent depuis quelques années chercher à «partir au Front de l'amour» grâce au site Front-Rencontre.fr. «À l'heure où notre belle France subit les terribles conséquences d'une immigration incontrôlée, il n'est pas toujours permis d'affirmer en société ses préférences patriotiques et son adhésion aux idées du Front national. Pour consacrer votre liberté de pensée et optimiser vos chances de rencontrer celui ou celle qui comblera toutes vos attentes, notre site est réservé aux célibataires patriotes de tout le pays qui cherchent l'amour», peut-on lire en note d'intention. Le site promet encore une «stricte sélection» pour assurer que les célibataires d'extrême droite n'y trouveront «uniquement» des «Françaises et Français célibataires».

Sortir avec le «sosie» d'un responsable politique

À noter cette curieuse fonctionnalité: un onglet y propose de choisir entre des «rencontres infidèles», «rencontres sexy», «rencontres cougars»… mais aussi des «rencontres asiatiques». Aucune autre origine continentale spécifique n'est proposée. En tout cas, cette page est en réalité une succursale de la marque «Easyflirt», qui propose des sites de rencontres clés en main, personnalisés autour de «niches diverses», et notamment politiques. Le filon n'est pas neuf. Lancés en janvier 2010, Droite-rencontre et Gauche-rencontres ont été pionniers sur le créneau de la sélection politique préalable, pour un site de rencontres. Ces deux plateformes proposent de faire s'enticher «ceux qui veulent bien discuter politique, mais pas se disputer toute leur vie!» Le modèle s'est depuis vu décliné dans de nombreuses versions de «niches politiques», mais le succès des premiers mois d'existences s'est cependant rapidement tari, rapporte L'Express.

Autre preuve que l'association entre sexe et politique intéresse, la plateforme de rencontres Badoo propose un nouveau service permettant de choisir ses rencontres en fonction de la ressemblance physique des célibataires avec des célébrités. L'application utilise un système de reconnaissance faciale qui se concentre surtout sur les traits du visage. Et dans la liste des célébrités les plus recherchées en France, on trouve Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy François Hollande ou encore Nathalie Kosciusko-Morizet…

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Au fait, c'est quoi le 15 août ?

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La notion de «pont du 15 août» finit par supplanter le sens de la fête religieuse de l'Assomption qui est pourtant l'une des plus importantes des Églises catholiques et orthodoxes et qui demeure très honorée.

Le pont du 15 août, sa couleur rouge, ses bouchons fumants sont désormais plus connus dans l'opinion publique que la fête religieuse de l'Assomption qui fonde ce jour férié. Plus que la fête religieuse - tout de même fêtée ce mardi par un milliard deux cent millions catholiques dans le monde - le «15 août» marquerait plutôt en France une sorte de pic, le paroxysme des vacances, avec la surchauffe de ses plages sableuses, la mollesse de l'activité politique et la perspective d'une rentrée qui se rapproche à coup sûr…

Pourtant, dans les paroisses catholiques de France «le 15 août» est une fête religieuse aussi importante que Noël, Pâques, la Pentecôte ou la Toussaint. C'est la fête de l'Assomption. Les églises se remplissent des fidèles et de pratiquants occasionnels. Dans les grands sanctuaires consacrés à la Vierge comme Lourdes, La Salette, Pontmain, Rocamadour, la chapelle de la médaille miraculeuse rue du Bac à Paris, mais aussi comme dans des centaines de petites chapelles de campagne, les bannières brodées d'antan ressortent - c'est un phénomène nouveau - pour des pèlerinages publics en l'honneur de la Vierge Marie dont l'Église catholique célèbre une mort bien particulière…

Ce sont les Églises chrétiennes orthodoxes qui ont tout d'abord conservé intacte cette tradition qui inspire de nombreuses icônes et où elle demeure une très grande fête

Les Écritures saintes du christianisme disent peu sur la façon dont la Mère du Christ a quitté sa vie terrestre mais une tradition s'est installée dès les premiers siècles de l'Église à Jérusalem - toujours à cette date du 15 août - pour célébrer la «dormition» de la Vierge. Ce terme de «dormition» de la Vierge signifiant son mystérieux endormissement dans la mort et sa montée, selon la foi chrétienne, corps et âme, au ciel.

Ce sont les Églises chrétiennes orthodoxes qui ont tout d'abord conservé intacte cette tradition qui inspire de nombreuses icônes et où elle demeure une très grande fête. Elle s'est ensuite transmise à l'Église latine au cours du premier millénaire jusqu'à être définie comme un dogme catholique par le pape Pie XII en 1950: «La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort».

En France, la fête de l'Assomption détient aussi une dimension historique précise puisque le roi Louis XIII pour remercier de la naissance annoncée du futur Louis XIV, consacra officiellement le pays à la Vierge Marie en 1638, instituant alors les processions du 15 août, jour de fête nationale.

Beaucoup moins connu est le serment de vie religieuse qu'une poignée d'amis, étudiants à Paris et fascinés par la personnalité d'Ignace de Loyola, prononcèrent, à ses côtés, à Montmartre le 15 août 1534. Ce fut l'acte de fondation des Jésuites.

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Ces bénévoles qui se relaient pour assister aux enterrements de personnes décédées sans entourage

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FIGARO DEMAIN - Depuis plus de dix ans, ils ont été présents aux obsèques de 3000 personnes.

«Nous sommes là afin qu'il soit clair, aux yeux de tous, que votre vie a eu un vrai sens et que vous êtes digne d'être saluée pour tout ce qu'elle a apporté aux autres.» Dans le cimetière de Thiais (Val-de-Marne), Claude, pantalon noir, chaussures noires et polo bleu, s'adresse à la tombe de Yolaine, décédée à 84 ans. Il lit avec une voix grave le texte qu'il a préparé et un poème. La cérémonie est brève mais solennelle. Une heure auparavant, il voyait la dépouille mortelle de Yolaine dans la chambre mortuaire où elle se trouvait avant sa mise en bière. Il ne l'a jamais connue, et pourtant, il a souhaité lui rendre hommage.

« Je suis admirative de ces bénévoles qui ne laissent tomber personne. Je me sens rassurée, soulagée, de voir que des gens veulent redonner humanité et dignité à ceux qui sont décédés dans la solitude» 

Aïcha

À 76 ans, il fait partie depuis quatre ans du Collectif Les morts de la rue, qui mène des actions liées aux décès de personnes vivant ou ayant vécu dans la rue et qui assiste aux obsèques de personnes sans entourage. Ce jour-là, Claude participe à quatre enterrements. Alors qu'il dépose une fleur sur la sépulture en béton, Nathalie, l'autre bénévole présente, se tient derrière lui. Elle est entourée de quatre fossoyeurs, un agent du cimetière, Jacqueline, une femme venue assister à un autre enterrement, et Aïcha. Cette dernière travaillait dans la maison de retraite où Yolaine est décédée. Lorsqu'elle a appris que personne n'envisageait d'assister aux obsèques de la vieille dame, elle a décidé de s'y rendre. «Je ne la connaissais pas vraiment, on se disait simplement bonjour, au revoir et quelques mots, mais il était inconcevable pour moi qu'elle soit inhumée sans personne autour d'elle.» En arrivant au cimetière ce matin-là, Aïcha découvre avec surprise qu'elle ne sera finalement pas seule et que le Collectif Les morts de la rue a organisé un hommage. «Je suis admirative de ces bénévoles qui ne laissent tomber personne. Je me sens rassurée, soulagée, de voir que des gens veulent redonner humanité et dignité à ceux qui sont décédés dans la solitude», confie-t-elle, visiblement émue.

Depuis 2004, date à laquelle le collectif signe une convention avec la Ville de Paris, ces bénévoles rendent hommage aux défunts sans entourage, à ceux dont les proches n'ont pas souhaité s'occuper des funérailles ou à ceux dont les proches n'ont pas été retrouvés. Des personnes âgées, des sans-abri, des personnes isolées… Chaque semaine, le collectif organise deux convois, l'un au départ de l'Institut médico-légal, l'autre, d'hôpitaux, avec au maximum quatre défunts. Alors que le collectif compte 150 bénévoles, une quarantaine se relaie, en binôme, pour assister aux inhumations. Depuis plus de dix ans, ils ont été présents aux obsèques de 3.000 personnes, dont 233 pour 2016. À Rennes, Nantes, Lyon et dans plusieurs autres grandes villes, des collectifs se mobilisent également pour honorer ces personnes décédées seules.

Si ces deux inhumations ont été faites en présence d'un proche venu sans que le collectif le sache, les deux autres se font sans la présence de l'entourage

Après l'hommage rendu à Yolaine, Nathalie, élégante tout de noir vêtue, prend le relais. Cette avocate d'une soixantaine d'années est engagée depuis quatre ans auprès du collectif et participe aux enterrements à raison d'une matinée chaque mois. Elle lit avec prestance un texte qu'elle a écrit destiné à un autre défunt, Guillermo Guilland, peintre argentin installé en France qui n'avait pas de famille dans l'Hexagone. Sur son portable, elle met la musique Anclao en París, une chanson de Carlos Gardel qu'il appréciait. Jacqueline, seule connaissance du peintre à avoir pu être présente, ne connaissait pas non plus le collectif. «J'ai reconnu Guillermo dans les mots qui lui étaient dédiés. Cela me met du baume au cœur de savoir que ces gens sont là», témoigne-t-elle, cachée derrière ses lunettes de soleil.

Si ces deux inhumations ont été faites en présence d'un proche venu sans que le collectif le sache, les deux autres se font sans la présence de l'entourage. Dans un cas, il s'agit d'un homme qui vivait dans la solitude et dont le seul ami n'a pas pu faire le déplacement. Dans l'autre, le défunt n'a pu être identifié. Les bénévoles n'ont qu'une information le concernant: l'homme est décédé il y a plus de deux mois à l'hôpital à la suite d'une crise cardiaque sur la voie publique. Sans l'existence du collectif, tous deux auraient été inhumés dans l'indifférence, sans enterrement décent ni cérémonie.

Tous les milieux socioprofessionnels représentés

Avec souvent très peu d'informations sur les défunts, voire pas du tout, les bénévoles tentent tant bien que mal de leur offrir un dernier hommage personnalisé. «Nous faisons cela avec le cœur, avec le plus grand respect pour ces personnes», raconte Nathalie, confiant ne pas arriver à dormir la nuit qui précède les enterrements.

Tous sont enterrés en «terrain commun». Au terme d'une période de cinq ans, leur sépulture est reprise par la Ville de Paris. Le cercueil est alors transporté au crématorium, les cendres recueillies revenant ensuite au cimetière parisien de Thiais pour être dispersées.

Au Collectif Les morts de la rue, les bénévoles ont entre 25 et 92 ans. Des professeurs, une assistante sociale, un agent immobilier, un universitaire, un photographe, un étudiant, un sans-emploi… Tous les milieux socioprofessionnels sont représentés. Parmi eux, Jonathan, 29 ans, animateur territorial dans le domaine associatif. Lui est engagé depuis deux ans au sein du collectif et a assisté à six matinées d'enterrements. «On peut se demander: pourquoi accompagner quelqu'un qui ne nous connaît pas, qui ne nous voit pas? Le geste peut paraître ridicule et inutile, commente-t-il. Mais en même temps, je trouve que c'est très beau. C'est un témoignage de solidarité envers un inconnu avec une symbolique énorme.» Et de conclure: «Si j'étais dans cette situation, j'aimerais que quelqu'un fasse la même chose.»

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Au Liban, les violeurs ne pourront plus échapper à une condamnation en épousant leur victime.

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Comme la Jordanie début août, le Parlement du pays du Cèdre a abrogé une loi votée dans les années 1940 qui offrait une protection juridique aux délinquants sexuels.

C’est le résultat d’un long combat mené par les organisations de défense des droits des femmes. Au Liban, les violeurs ne pourront désormais plus éviter la prison en épousant leur victime. Le Parlement du pays du Cèdre a en effet abrogé, mercredi 16 août, une loi votée dans les années 1940 qui offrait une protection juridique aux délinquants sexuels.

L’article 522 du code pénal libanais concernait différents crimes, tels que les viols, les agressions, les rapts et les mariages forcés. Il stipulait que si « un mariage valide est contracté entre l’auteur d’un de ces crimes et la victime, les poursuites cessent, et si un verdict a déjà été prononcé, son application est suspendue ».

En février, sous la pression d’une campagne menée par la société civile, une commission parlementaire avait approuvé la suppression de cet article de loi. Mais elle devait encore être entérinée par le Parlement pour entrer en vigueur.

« Félicitations aux femmes du Liban. Le vote d’aujourd’hui est une victoire pour la dignité des femmes », a écrit, sur Facebook, l’association Abaad, qui se mobilise depuis des mois contre cette loi controversée.

S’il n’existe aucune statistique officielle sur le nombre de violeurs ayant échappé à des poursuites en épousant leur victime, cette pratique était surtout attestée dans les zones rurales du pays, selon les associations.

La Tunisie en juillet, la Jordanie en août

Le Liban rejoint ainsi le Maroc, l’Egypte et la Tunisie – qui a abrogé la loi en juillet. Le Parlement jordanien a, lui aussi, voté la suppression de l’article 308 de son code pénal, le 1er août.

« BRAVO la Jordanie pour avoir abrogé l’odieux article 308 (…) Les pays arabes doivent suivre. Les femmes ne sont PAS une propriété », avait alors lancé, sur Twitter, Sarah Leah Whitson, de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch (HRW).

Selon HRW, plusieurs pays arabes conservent de telles législations, dont l’Algérie, l’Irak, la Libye, la Syrie, le Koweït et les Territoires palestiniens. C’est également le cas dans plusieurs pays d’Amérique latine, aux Philippines et au Tadjikistan.

En Jordanie, des femmes sont, par ailleurs, tuées chaque année par des proches qui invoquent des raisons d’« honneur » après des relations sexuelles avant ou hors mariage, selon les autorités. Si les meurtriers risquent la peine de mort, les tribunaux font souvent preuve de clémence.

L’amour sous un volcan….

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Près de deux-mille ans après l’éruption du Vésuve, les analyses ADN ont permis de déterminer que les fameux “amants de Pompei”, figés dans l’étreinte, étaient en réalité deux hommes.

Selon Massimo Osanna, directeur des fouilles du célèbre site de Pompéi, le célèbre couple d’amants pétrifiés dans les cendres qui a tant fait couler d’encre sur le désir et l’amour auraient finalement été deux hommes. L’archéologue précise : « On ne peut pas affirmer que les deux personnages étaient amants, mais compte tenu de leur position, on peut le supposer », estime l’archéologue. C’est à l’occasion d’une exposition que le directeur des fouilles de Pompéi a fait cette révélation. Le célèbre moulage découvert en 1922 par l’archéologue Vittorio Spinazzola, qui représente les corps de deux personnes enlacées serait celui de deux “amants” masculins.

Lorsque Spinazzola a découvert ces corps figés dans le temps dans la maison dite du Criptoportique, cela ne faisait aucun doute : il avait mis au jour les dépouilles d’un homme et d’une femme, restés étreints jusqu’au dernier moment de leur vie. Un couple qui faisait simplement partie des milliers de victimes que l’éruption du Vésuve a fait en l’an 79. Dans l’Italie fasciste, virile et machiste de Mussolini, il ne pouvait en être autrement. Cette théorie s’est rapidement imposée et a perduré. Mais Spinazzola avait émis une autre hypothèse : celle qu’il s’agisse de deux femmes, plus précisément, d’une mère et sa fille.

Il aura donc fallu attendre près de 100 ans pour que leur secret soit révélé par des analyses révélatrices : les spécialistes ont réalisé un scanner et des analyses génétiques sur leurs os et leurs dents et les résultats sont sans appel : il s’agit de deux individus de sexe masculin. L’un jeune était probablement âgé d’environ 18 ans et l’autre plus vieux de 20 ans ou plus. D’après leur ADN, les deux défunts ne sont pas apparentés ceci excluant donc les hypothèses qu’il s’agisse d’un père et de son fils ou de deux frères.

Le doute demeure maintenant sur leur relation comme si coucher ensemble signifiait forcément baiser : “Vous ne pouvez pas affirmer que les deux étaient amants même si au vu de leur position, vous pouvez faire cette hypothèse“, a expliqué Massimo Osanna. En tout cas, tous les médias gays ont repris en boucle cette information comme si on ne savait pas au vingt-et-unième siècle que l’homosexualité est une relation commune du mammifère humain. ML [06.08]

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Société ...La tentation de l'entre-femmes

Par EMMANUELLE ANIZON, NATHALIE BENSAHEL, CÉCILE DEFFONTAINES et MARIE VATON

>>>>Pages 42 à 46 de l'Observateur du 17.08.17  ... ci-dessous en images ...


Ecoles, clubs de gym, cercles professionnels... Les espaces de vie exclusivement réservés à la gent féminine se multiplient. Signaux marginaux ou réel mouvement de fond ? "L'Ob" est allé voir.


 On pensait la bataille de la mixité en passe d'être gagnée. Depuis cinquante ans, les Françaises n'ont cessé d'investir les territoires historiquement réservés aux hommes. Dans les établissements scolaires, la cohabitation filles-garçons s'est généralisée depuis les années 1960. Avec 224 députées sur 577, l'Assemblée nationale présente, depuis les dernières élections, un visage plus féminin. Dans les centres sportifs, on transpire dans les mêmes salles de boxe. Dans les entreprises, les postes de haut niveau s'ouvrent. Bref, l'idée d'une vie commune dans une société à peu près apaisée semblait s'imposer. Au moins dans les têtes. Sauf que, ici et là, des signes disent autre chose. On ne parle pas de ces lieux « oubliés » de la République où, sous le poids de la tradition et de la religion, la mixité a toujours été mise en cause. Mais de certaines écoles bourgeoises, où la demande pour les classes non mixtes revient en force. De ces clubs de gym et autres cercles professionnels exclusivement féminins qui fleurissent un peu partout. De ces célibataires, hommes et femmes, qui, de plus en plus nombreux, choisissent de vivre seuls. Comme s'il fallait, pour se construire et s'imposer, vivre - un temps - sans le regard et la pression de l'autre sexe.

 

 

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Ni homme ni femme : les Canadiens ne sont plus obligés de choisir un genre sur leur passeport

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Au Canada, les personnes qui ne s'identifient ni comme femme ni comme homme pourront désormais mentionner un sexe «non spécifié» sur les documents officiels. Une mesure qui vise à «favoriser l'égalité pour tous», selon le ministre de l'Immigration.

La mention «X» pourra être inscrite sur les pièces d'identité des personnes ne s'identifiant ni au sexe féminin, ni au sexe masculin, selon le gouvernement canadien le 24 août.

Dans un premier temps, une mention pourra être ajoutée sur les documents officiels des «personnes qui ne s’identifient pas comme femmes ("F") ou comme hommes ("M")», afin d'indiquer le souhait que leur sexe soit «désigné comme "X", pour non spécifié».

Cette annonce vise à faciliter pour ces personnes l'obtention de passeports, documents de voyage ou d’immigration «qui correspondent mieux à leur identité sexuelle», a précisé le gouvernement fédéral dans un communiqué.

Ces mesures provisoires, qui entreront en vigueur le 31 août, seront appliquées jusqu’à ce que le gouvernement «puisse imprimer des documents avec une désignation "X"».

Lire aussi : L'hymne canadien sera désormais ... de sexe neutre

«En introduisant une désignation de sexe "X" dans les documents délivrés par le gouvernement, nous prenons une mesure importante pour favoriser l'égalité entre tous les Canadiens, indépendamment de leur identité ou de leur expression sexuelle», a déclaré le ministre de l'Immigration, des réfugiés et de la citoyenneté Ahmed Hussen.

En juin, le Canada a validé un projet de loi ajoutant «l’identité de genre et l’expression de genre» aux côtés de la race, de la religion, de l'âge, du sexe ou de l'orientation sexuelle parmi les motifs de discrimination interdits en vertu de la Charte des droits canadienne.

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Le transsexualisme, le nouveau délire sociétal

Michel Janva, le 29 août 2017   <<<<<<<<<<<<LSB<<<<<<<<<<<<

Après l'Australie en 2014, le Canada autorise à son tour la mention "sexe neutre" sur les documents officiels, à compter du 31 août 2017. La lettre X remplacera les lettres F ou M sur les cartes d'identité des Canadiens qui ne s'identifient pas au sexe féminin ni au sexe masculin. En France, la Cour de cassation, saisie par un plaignant intersexe, s'est opposée en mai 2017 à une reconnaissance du sexe neutre. Le plaignant s'est donc tourné vers la Cour européenne des droits de l'homme.

Vincent Guillot, co-fondateur de l'Organisation internationale des intersexes (OII), annonce que le sexe neutre va s'imposer, comme toutes les revendications LGBT :

"Le 24 août, l'Allemagne a reconnu par jurisprudence le sexe neutre pour l'ensemble des citoyens qui le souhaitaient. Le Portugal est également en train de légiférer sur la question. Donc oui, c'est une lame de fond. Sur ces questions sociétales, la France en général est très conservatrice, donc ça ne se fera pas tout de suite, mais ça se fera. [Le rejet de la Cour de cassation n'était pas] très ferme : sur le fond, ils n'avaient rien à dire, puisque rien n'empêche le sexe neutre en France, donc le plaignant a saisi la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) et on attend que ce soit jugé là-bas. [...]"

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Cardinal Burke : ..."la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise"


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Le cardinal Raymond Burke a donné le 22 juillet une conférence au 32e Forum annuel « Church Teaches » (« L’Eglise enseigne »), à Louisville dans le Kentucky. Voici des extraits de la traduction du texte intégral de cette conférence, disponible ici dans sa version originale, par Jeaanne Smits (cette traduction n’a pas été officiellement validée par le cardinal Burke) :

[...] Nous vivons les temps les plus troublés qu’aient connus aussi bien le monde que l’Eglise. La sécularisation a ravagé la culture de nombreuses nations, spécialement en Occident, éloignant la culture de sa vraie source qui est Dieu, et de son plan pour nous et pour notre monde. Des attaques quotidiennes et généralisées visent la vie humaine innocente et sans défense, accompagnées d’une violence sans précédent qui en résulte au sein de la vie familiale et de la société en général. L’idéologie du genre toujours plus virulente répand une confusion totale à propos de notre identité en tant qu’homme ou femme, et conduit au malheur profond et même à la destruction de soi de nombreux membres de la société. On assiste également à la négation de la liberté de religion qui tente d’empêcher, sinon d’éteindre totalement, tout discours public à propos de Dieu et de notre nécessaire relation avec Lui. La négation de la liberté de religion s’accompagne de la tentative d’obliger les personnes qui craignent Dieu à agir contre leur conscience bien formée, c’est-à-dire contre la loi de Dieu inscrite dans le cœur de l’homme. Dans les pays supposés libres, le gouvernement impose de force à la société la pratique de l’avortement, de la stérilisation, de la contraception, de l’euthanasie, du manque de respect pour la sexualité humaine, allant même jusqu’à endoctriner les petits enfants au moyen de l’inique « théorie du genre ».

En même temps, le matérialisme athée et le relativisme conduisent à une recherche sans scrupules de la richesse, du plaisir et du pouvoir, tandis que le règne de la loi dictée par la justice est foulé aux pieds. Dans une situation aussi profondément désordonnée sur le plan culturel, on peut craindre à juste titre une confrontation globale dont la seule issue serait la destruction et la mort pour un grand nombre. A l’évidence, la situation présente du monde ne saurait perdurer sans conduire vers une annihilation totale.

Le monde n’a jamais eu autant qu’aujourd’hui besoin de l’enseignement solide et de la direction que Notre Seigneur, dans son amour sans mesure et sans fin de l’homme, veut donner au monde à travers son Eglise et spécialement à travers les pasteurs de celle-ci : le pontife romain, les évêques en communion avec le siège de Pierre, ainsi que leurs principaux collaborateurs, les prêtres. Mais de manière diabolique, la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise, de telle sorte que celle-ci s’approche de la culture semblant ne pas connaître sa propre identité et sa propre mission, semblant manquer de clarté et de courage pour l’annonce de l’Evangile de la vie et de l’Amour divin à la culture radicalement sécularisée. Par exemple, après la décision du 30 juin du parlement allemand d’accepter le soi-disant « mariage homosexuel », le président de la conférence des évêques d’Allemagne a déclaré que cette décision ne constituait pas un souci majeur pour l’Eglise qui, selon lui, doit s’inquiéter davantage de l’intolérance à l’égard des personnes souffrant d’une attraction homosexuelle. A l’évidence, dans une telle approche, on ne trouve plus la juste et nécessaire distinction entre l’amour que nous chrétiens devons toujours avoir pour la personne impliquée dans le péché, et la haine que nous devons également toujours avoir à l’égard des actes peccamineux. [...]

En réalité, la culture totalement matérialiste et relativiste, embrassée et puissamment soutenue par des moyens de communication du monde et par le lobbying politique des riches laïcistes, encourage la confusion et la division au sein de l’Eglise. Il y a quelque temps, un cardinal à Rome remarquait combien il est bon que les médias laïcistes n’attaquent plus l’Eglise, comme ils l’avaient fait si férocement au cours du pontificat du pape Benoît XVI. Ma réponse fut de dire que l’approbation des médias laïcistes est au contraire pour moi le signe que l’Eglise manque gravement à sa mission de témoignage clair et courageux vis-à-vis du monde, pour le salut du monde.

Allant de pair avec l’intérêt qu’ont les ennemis de l’Eglise à louer et à promouvoir la confusion et d’erreur au sein même de l’Eglise, il y a également une lecture politique mondaine de la gouvernance de l’Eglise. Pour les architectes d’une Eglise laïcisée est politisé, ceux qui affirment ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sont désormais les ennemis du pape. La doctrine et la discipline, qui, ensemble avec le culte divin, sont les dons essentiels que le Christ fait dans l’Eglise, sont aujourd’hui considérées comme les outils de supposés fondamentalistes rigides qui essaient d’entraver le soin pastoral des fidèles tel que le désire le pape François. Nous sommes même témoins d’une triste situation où des membres de la hiérarchie s’accusent publiquement les uns les autres d’avoir des objectifs politiques et mondains, à la manière des hommes politiques qui s’attaquent les uns les autres pour faire avancer leurs objectifs politiques.

A cet égard, la plénitude du pouvoir (plenitudo potestatis), essentiel à l’exercice de l’office du successeur de saint Pierre, est faussement présentée comme un pouvoir absolu, trahissant ainsi la primauté du successeur de saint Pierre qui est le premier d’entre nous par l’obéissance au Christ qui vit pour nous dans l’Eglise à travers la tradition apostolique. Des voix laïcistes font la promotion de l’image du pape en tant que réformateur qui serait en même temps un révolutionnaire, c’est-à-dire en tant que réformateur de l’Eglise œuvrant au moyen de la rupture avec la Tradition, avec la confession de la foi (regula fidei) et avec la règle de la loi correspondante (regula iuris). Mais l’office de saint Pierre n’a rien à voir avec la révolution, qui est avant tout un terme politique et mondain. Comme l’enseignait le concile Vatican II, le successeur de Pierre « est le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles » (Lumen Gentium 23). La plénitude du pouvoir, le libre exercice de la charge du pontife romain existent précisément pour le protéger de cette sorte de pensée mondaine et relativiste qui conduit à la confusion et à la division. Cela lui permet également d’annoncer et de défendre la foi dans son intégralité. En décrivant ce qui est désormais connu comme « le pouvoir des clefs », le Catéchisme de l’Eglise catholique nous rappelle qu’il se fonde sur la confession de saint Pierre affirmant que Notre Seigneur est Dieu le Fils incarné pour notre salut éternel ; il déclare :

« Pierre, en raison de la foi confessée par lui, demeurera le roc inébranlable de l’Église. Il aura mission de garder cette foi de toute défaillance et d’y affermir ses frères » (Catéchisme de l’Eglise catholique, 552).

Il est donc absurde de penser que le pape François puisse enseigner quoi que ce soit qui ne soit pas en accord avec ce que ses prédécesseurs, par exemple le pape Benoît XVI et saint Jean-Paul II, ont solennellement enseigné.

En ce qui concerne les fréquentes déclarations du pape François, s’est développée l’idée populaire selon laquelle chaque déclaration du Saint-Père doit être acceptée en tant qu’enseignement du pape ou du magistère. Les mass media ont sans conteste voulu faire leur choix parmi les déclarations du pape François, de manière à montrer que l’Eglise catholique subit une révolution et modifie actuellement de manière radicale son enseignement à propos de certaines questions clefs de foi, et spécialement de morale. L’affaire est compliquée parce que le pape François choisit régulièrement de s’exprimer de manière familière, que ce soit au cours d’interviews données en avion ou à divers médias, ou lors de remarques spontanées adressées à différents groupes. Cela étant, lorsque l’on place ses remarques dans le contexte approprié de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise, on peut se voir accuser de parler contre le Saint-Père. Je me rappelle comment l’un des éminents pères de la session extraordinaire du synode des évêques en octobre 2014 s’était approché de moi au cours d’une pause pour me dire : « Que se passe-t-il ? Ceux d’entre nous qui soutenons ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sommes-nous désormais appelés ennemis du pape ? » Il en résulte que l’on est tenté de rester silencieux ou d’essayer d’expliquer doctrinalement un langage qui sème la confusion, voire contredit la doctrine.

La manière dont j’en suis venu à comprendre le devoir de corriger cette idée populaire par rapport à l’enseignement de l’Eglise et des déclarations du pape consiste à distinguer, ainsi que l’Eglise l’a toujours fait, entre les paroles de l’homme qui est pape, et les paroles du pape en tant que vicaire du Christ sur terre. Au Moyen Age, l’Eglise parlait des deux corps du pape : le corps de l’homme et le corps du vicaire du Christ. En fait, la vêture traditionnelle du pape, spécialement la mozzetta rouge avec l’étole représentant les apôtres saint Pierre et saint Paul, représente visiblement le vrai corps du pape lorsqu’il expose l’enseignement de l’Eglise.

Dans les temps récents, l’Eglise n’a pas eu l’habitude d’un pontife romain parlant publiquement de manière familière. En fait, on a toujours pris grand soin de faire ce qui était nécessaire pour que toute parole publiée du pape soit clairement en accord avec le magistère. Il y a quelques mois, je parlais avec un cardinal qui, jeune prélat, avait étroitement collaboré avec le bienheureux pape Paul VI. Paul VI était un prédicateur doué qui parlait souvent sans texte préparé. Ses sermons étaient par la suite retranscrits en vue de leur publication, mais le Paul VI ne permettait jamais la publication d’un de ses sermons sans étudier à fond le texte imprimé. Ainsi qu’il le dit au jeune prélat, je suis le vicaire du Christ sur terre, et j’ai la très grave responsabilité de vérifier qu’aucune de mes paroles puisse être interprétée de manière contraire à l’enseignement de l’Eglise.

Le pape François a choisi de parler souvent en son premier corps, le corps de l’homme qui est pape. En fait, même dans des documents qui par le passé ont constitué un enseignement plus solennel, il affirme clairement qu’il ne propose pas un enseignement magistériel mais sa propre pensée. Mais ceux qui ont l’habitude d’une manière de parler différente de la part du pape voudraient que chacune de ses déclarations fasse d’une certaine manière partie du magistère. Faire cela est contraire à la raison, contraire à ce que l’Eglise a toujours tenu. Il est tout simplement erroné et dommageable pour l’Eglise de recevoir chaque déclaration du Saint-Père comme l’expression d’un enseignement pontifical ou du magistère.

Faire la distinction entre les deux types de discours du pontife romain n’est en aucune façon le signe d’un manque de respect à l’égard de l’office pétrinien. Il s’agit encore moins d’une inimitié à l’égard du pape François. En fait, et au contraire, c’est faire preuve du plus grand respect à l’égard de l’office pétrinien et de l’homme auquel Notre Seigneur l’a confié. Sans cette distinction, nous pourrions facilement perdre le respect de la papauté ou être conduits à penser que, si nous ne sommes pas en accord avec les opinions personnelles de l’homme qui est le pontife romain, il nous faudrait rompre la communion avec l’Eglise.

En tout cas, toute déclaration du pontife romain doit être comprise dans le contexte de l’enseignement et de la pratique constante de l’Eglise, de peur que la confusion et la division à propos de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise n’entrent dans son corps au grand détriment des âmes et au grand détriment de l’évangélisation du monde. Rappelez-vous les mots de saint Paul au début de la lettre aux Galates, une communauté de chrétiens des premiers temps où une confusion et une division grave avaient fait leur entrée. En tant que bon pasteur du troupeau, saint Paul a écrit les paroles suivantes face à cette situation très grave :

« Je m’étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés à la grâce du Christ, pour passer à un autre Evangile. Non pas qu’il y en ait un autre ; mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile du Christ. Mais si quelqu’un, fût-ce nous-mêmes ou un ange du ciel, vous annonçait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! Je l’ai dit, et je le dis encore maintenant : Si quelqu’un vous annonçait un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! Car, en ce moment, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ » (Galates, 1, 6-10).

Tout en maintenant fermement la foi catholique relative à l’office pétrinien, nous ne pouvons pas tomber dans une idolâtrie de la papauté qui ferait de chaque mot prononcé par le pape une doctrine, même s’il est interprété comme étant contraire à la parole même du Christ, par exemple, en ce qui concerne l’indissolubilité du mariage (cf. Matth. 19, 9). Bien plutôt, avec le successeur de Pierre, nous devons nous efforcer de comprendre davantage et plus pleinement la parole du Christ, de manière à la vivre de plus en plus parfaitement.

De manière choquante, il y a quelques mois, le supérieur général des jésuites a laissé entendre que nous ne pouvons pas savoir ce que le Christ a véritablement dit à propos de n’importe quel thème, puisque nous ne disposons pas d’enregistrement de ses discours. Hormis l’absurdité de cette affirmation, cela donne l’impression qu’il n’y a plus un enseignement et une pratique constants de la foi tels qu’ils nous ont été transmis, de manière ininterrompue, depuis le temps du Christ et des apôtres.

De même, il n’est pas question d’un soi-disant « pluralisme » légitime au sein de l’Eglise, c’est-à-dire d’une légitime différence d’opinion théologique. Les fidèles n’ont pas la liberté de suivre des opinions théologiques qui contredisent la doctrine contenue dans les Saintes Ecritures et dans la sainte Tradition, et confirmée par le magistère ordinaire, même si ces opinions rencontrent un large écho dans l’Eglise et qu’elles ne sont pas corrigées par les pasteurs de l’Eglise, comme il incombe pourtant à ces pasteurs.

En célébrant le centenaire des apparitions de Notre Dame de Fatima, nous devons nous rappeler comment son message, ou comme on l’appelle parfois, son secret, a pour principal objectif de répondre à une apostasie largement répandue dans l’Eglise et à la défaillance des pasteurs de l’Eglise quant à sa correction. Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est d’abord et avant tout le triomphe de la foi qui nous enseigne quelle est notre bonne relation avec Dieu et avec autrui.

[...] Quelle doit donc être notre réponse à ces temps extrêmement difficiles où nous vivons, des temps qui, de manière réaliste, semblent être apocalyptiques ? Ce doit être une réponse de foi, de foi en Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit pour nous dans l’Eglise et qui ne manque jamais de nous enseigner, de nous sanctifier et de nous conduire dans l’Eglise, ainsi qu’Il a annoncé qu’Il resterait avec nous pour toujours, jusqu’à son retour au dernier jour pour inaugurer « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (2 Pierre 3, 13) pour accueillir ses fidèles au festin de noces de l’agneau. Nous savons ce que le Christ nous enseigne dans l’Eglise. Cela est contenu dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, dans l’enseignement officiel de l’Eglise. Son enseignement ne change pas. Au milieu de la confusion et de la division présentes, nous devons étudier plus attentivement les enseignements de la foi contenus dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, et être prêts à défendre ces enseignements contre tout mensonge qui porterait atteinte à la foi et donc à l’unité de l’Eglise.

[...] La sérénité veut dire que nous ne cédons pas à une désespérance mondaine qui s’exprime de manière agressive et peu charitable. Notre confiance est dans le Christ. Oui, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour défendre notre foi catholique dans n’importe quelle circonstance où elle se trouve attaquée, mais nous savons que la victoire appartient finalement et uniquement au Christ. Ainsi, lorsque nous avons fait tout ce que nous pouvons faire, nous sommes en paix, même si nous reconnaissons que nous restons des « serviteurs inutiles ».

Il ne peut y avoir place dans notre façon de penser ou d’agir pour le schisme qui est toujours et partout erroné. Nous devons être prêts à accepter quelque souffrance qui puisse survenir, au nom du Christ et de son Corps mystique, notre Sainte Mère l’Eglise. Comme saint Athanase et les autres grands saints qui ont défendu la foi en des temps de graves épreuves au sein de l’église, nous devons être prêts à accepter le ridicule, l’incompréhension, la persécution, l’exil et même la mort, afin de rester un avec le Christ dans l’Eglise sous la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Prions pour qu’au terme de notre pèlerinage terrestre, nous puissions dire avec Saint-Paul :

« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui auront attendu avec amour son avènement » (2 Tim. 4, 7-8).

Le schisme est le fruit d’une manière de penser mondaine, de penser que l’Eglise est entre nos mains plutôt qu’entre les mains du Christ. L’Eglise de notre temps a grand besoin d’être purifiée de toute forme de pensée mondaine. Plutôt, avec saint Paul qui a si grandement souffert pour la prédication de la foi à toutes les nations, nous devons nous réjouir de compléter dans notre chair les souffrances du Christ pour le bien de son Epouse, l’Eglise (cf. Col 1, 24-29). [...]"

 

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Adolescence et addiction .....

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Marion Maréchal-Le Pen : le retour à la réalité

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Avec Jérôme Cochet elle a coupé court aux fantasmes ! Ne reste que la réalité.

Marion Maréchal-Le Pen (MMLP) a le droit d’aimer qui elle veut et de mener sa vie comme elle l’entend. Apparemment elle entretient une relation avec Jérôme Cochet responsable du FN de Grasse, chargé de la communication de David Rachline (Closer).

Jérôme Cochet n’a pas toujours été délicat dans ses tweets mais qu’importe. J’ai bien conscience qu’il est déjà de mauvais goût de s’immiscer si peu que ce soit dans une liaison qui ne concerne que le couple.

Et pourtant ! Comment expliquer qu’en apprenant cette information j’aie éprouvé comme une légère déception tenant à la certitude que cette banalisation estivale l’avait atteinte comme tant d’autres ?

Parce que même ceux qui étaient, comme moi, très éloignés du FN sur le plan politique attendaient de cette jeune femme – nièce de Marine Le Pen dont la prestation lamentable au second tour de l’élection présidentielle avait frappé beaucoup d’esprits, y compris au sein de son parti – une démarche singulière, moins classique.

Elle avait annoncé sa retraite des joutes politiciennes et des aigreurs intestines, dont certaines lui avaient été réservées par la présidente ou par Florian Philippot. Mais sur un mode ambigu ménageant l’avenir et laissant espérer un retour tonitruant de nature à donner au FN un nouveau visage imprégné d’une authentique philosophie conservatrice, en l’ayant purgé de ses contradictions idéologiques internes.

Elle avait déjà exprimé à ce sujet, en plusieurs occasions, son point de vue en n’hésitant pas à provoquer, en manifestant sa lassitude à l’égard de la notion de République ressassée pour tout et n’importe quoi et en rappelant cette évidence que la France n’avait pas commencé en 1789. Ce qui rejoignait la pensée drôle de Raymond Radiguet disant qu’il avait mal à la tête depuis cette même année.

À tort ou à raison la personnalité de MMLP par ailleurs très douée sur le plan médiatique, en même temps qu’elle suscitait une inquiétude démocratique encore plus vive chez certains de ses adversaires, semblait pouvoir offrir des perspectives d’entente de la droite, que sa tante a toujours récusées par principe.

Aussi, au risque d’être un goujat mêlant l’intimité d’une vie privée aux choses sérieuses de la politique, voir MMLP dans les bras du FN le plus classique et provocateur qui soit n’emballe pas le citoyen s’il la comble, elle. Un désabusement absurde si on veut mais subtil, indéniable. Un retour en arrière. Une retombée.

Avec Jérôme Cochet elle a coupé court aux fantasmes ! Ne reste que la réalité.

Peut-être faut-il la remercier.

Extrait de : Justice au Singulier

 

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Discours de la servitude volontaire parEtienne de La Boétie

l'ai commandé ..ce 23.07.17 ...

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COMMENTAIRE de steka en date du 21.08.16 : "Ce livre fut écrit il y a cinq siècles. Pourtant, chez tous ceux pour qui le mot Liberté a encore du sens et qui accessoirement savent lire, son actualité s'impose cruellement. Car si la domination a changé de visage, il reste que: « Toujours s'en trouvent-ils quelques-uns qui sentent le poids du joug et ne peuvent tenir de le secouer ; qui ne s'apprivoisent jamais de la sujétion et qui toujours ne se peuvent tenir d'aviser à leurs naturels privilèges ; ce sont volontiers ceux-là qui, ayant l'entendement net et l'esprit clairvoyant, ne se contentent pas de regarder ce qui est devant leurs pieds ; ce sont ceux qui, ayant la tête d'eux-mêmes bien faite, l'ont encore polie par l'étude et la connaissance.
Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et toute hors du monde, l'imaginent et la sentent en leur esprit, et encore la savourent, et la servitude ne leur est de goût, pour tant bien qu'on l'accoutre. »
Quelques-uns trouveront donc dans ce livre un précieux soutien ...
D'autres qui n'imaginent ni ne sentent plus rien n'y verront probablement qu'une relique du passé.
Avec les siècles, la servitude volontaire a donc changé de nombreuses fois de formes et de visages ainsi, bien sur, que la domination qui l’accompagne comme son ombre. Ainsi, à la Théologie qui justifiait les structures hiérarchiques du temps de La Boétie, s’est progressivement substitué l’Économie politique, comme pseudoscience, comme gestion des affaires humaines, comme nouvelle religion encore plus aliénante.
A la liberté des êtres humains, demeurant pour leur plus grande part dans l’asservissement, s’est substituée la liberté du Marché s’avançant le plus souvent masquée sous la rassurante appellation de libéralisme ou, plus drôle encore, de socialisme.
Dans notre belle modernité, loin de nous libérer de l’État, le Marché s’est intimement associé à celui-ci dans une subtile répartition des taches ; à l’État les fonctions régaliennes, police, répression, surveillance, défense des intérêts des possédants ; au Marché, la savante organisation de la dépossession du plus grand nombre au profit d’une poignée de mafieux à l’avidité sans limites. L’interpénétration entre les structures étatiques à leur sommet et les gestionnaires du capital étant désormais presque totale et quelques soient les gouvernements en place. Pour couronner le tout, c’est le plus souvent dans un système annoncé comme « démocratique » que se déploie ce « meilleur des mondes ». Seuls quelques mauvais esprits remarqueront que cette démocratie là, a littéralement été vidée de toute substance ; qu’à la place de citoyens ne demeurent que des spectateurs, ridiculement réduits à l’impuissance et que, comble d’humiliation, on culpabilisera devant leur manque d’enthousiasme à voter bleu ou rose.
C’est à l’aune de cette réalité là qu’il faut relire La Boétie et s’interroger sur Notre servitude volontaire."

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Mgr Rey : « C’est une régression égoïste parée de bonnes intentions ! »

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Mgr Rey réagit au micro de Boulevard voltaire à l’avis favorable rendu par le CCNE pour l’ouverture de la PMA aux « couples de femmes ». Il met en garde contre la revendication d’un dangereux droit à l’enfant qui mènerait à la déshumanisation.

Monseigneur Rey, le Comité consultatif national d’éthique vient de rendre un avis favorable à l’ouverture de la PMA pour les couples de femmes. Quel jugement portez-vous sur cette décision ?

Tout d’abord, je voudrais rappeler que l’Église n’est pas favorable à l’insémination artificielle, même intraconjugale, et à toutes les formes de fécondations in vitro même homologues, c’est-à-dire sans qu’il y ait de donneur.

Pour quelles raisons ?

D’une part à cause de la dissociation entre l’acte conjugal et la fécondation.
D’autre part à cause des atteintes à l’embryon lors du diagnostic préimplantatoire avec la destruction des embryons non implantés. Des centaines de milliers d’embryons sont conçus pour 15.000 à 20.000 accouchements par an. Les embryons sont détruits, sont conservés, congelés et livrés à la science.
Dans les cas de la fécondation via un tiers donneur, surtout s’il est anonyme, l’assistance médicale à la procréation prive en outre l’enfant d’une relation filiale à ses propres origines parentales.
Il faut également se méfier des conséquences politiques de la PMA. C’est la marchandisation du vivant, la libération du marché procréatif pour reprendre l’expression du Comité national d’éthique lui-même. C’est aussi en arrière-plan l’eugénisme et l’exploitation du corps des femmes.
L’ouverture de la PMA aux couples des femmes pose toutefois de nombreux et de nouveaux problèmes. Depuis sa légalisation dans les années 70, et son usage plus courant dans les années 90, la PMA restait médicale. Elle venait pallier un problème de fécondité entre un homme et une femme. Désormais, en l’ouvrant aux couples de femmes dont l’infertilité n’est pas d’origine médicale, on crée un dangereux droit à l’enfant.

Que diriez-vous à ceux qui disent: « avoir un enfant est un droit comme un autre » ? En quoi cela pose-t-il un problème éthique à l’Église ?

Dans le cas qui nous occupe, on retire surtout à des enfants un droit, qui doit être bien antérieur, qui est celui d’avoir un père. L’enfant n’est pas un droit. C’est une régression égoïste pavée de bonnes intentions. Il y a guère que l’individualisme qui progresse par une telle loi.
Autrefois, les droits individuels étaient subsumés par l’intérêt général, le bien commun. Ce modèle pouvait se révéler trop lourd parfois, mais il intégrait socialement. Ce droit à l’enfant est le signe d’une société qui, dans le sens contraire, touche l’autonomisation et l’atomisation du sujet. Vivre comme si j’étais un Dieu pour moi-même, pourrait-on dire. Ce subjectivisme régnant se conjoint au pragmatisme. En l’absence d’homologation à un modèle, on procède à une auto-évaluation, selon le critère de l’épanouissement personnel. Cette individualisation n’est pas tristement une rétractation sur soi, mais une reconfiguration du lien social, non plus à partir de la soumission à un État, mais à partir de frustrations, d’adhésions et de mutualisations de liens favorisés par l’envahissement des réseaux sociaux.

D’un point de vue plus politique, le président Macron avait promis de s’en remettre à l’avis du CCNE sur les questions de la PMA et de la GPA, avant toute volonté de légalisation. Quel message voulez-vous faire passer au Président au point de vue politique ?

Nous pourrions nous poser la question de la légitimité de cette parole du Président de la République. L’anthropologie, la morale, le bien et le mal ne se décrètent pas. Nous attendons du Président Macron et du Comité national d’éthique sur d’autres sujets comme la lutte contre les esclavages modernes ou contre l’eugénisme, quelque chose qui respecte les droits fondamentaux de la personne humaine et, en l’occurrence, le droit de l’enfant.
Suivant la logique actuelle, la PMA sera sûrement étendue à toutes les femmes, sans condition d’infertilité, et la fécondation in vitro, pour l’instant médicale, de devenir peu à peu une technique de convenance. Des parents fabriqueront bientôt des enfants parfaits selon des critères qu’ils auront préalablement établis.
On voit donc qu’il y a une dérive vers une déshumanisation, à cause de la revendication du droit à l’enfant qui est absolutisé.

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Code du travail : coup d'envoi à l'Assemblée nationale.

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Compte pénibilité : ce qui va changer

Le «compte pénibilité» va devenir le «compte de prévention». Certains critères et le financement de cette mesure aussi vont être modifiés dans le cadre d'une réforme esquissée par Edouard Philippe ce samedi.

 

Les députés étudient à partir de ce lundi le projet de loi d'habilitation qui permettra au gouvernement de prendre des ordonnances pour assouplir le droit du travail.

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Stockholm va dépenser 10 000 euros pour des feux de circulation avec des personnages de même sexe

le 05 jullet 2017 <<<<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<<

Des feux de signalisation «gay-friendly» seront installés temporairement, pour la Gay Pride de Stockholm. Après Londres, Turin, Utrecht et Madrid, c’est au tour de la capitale suédoise de remplacer les images traditionnelles par des couples gays.

Des feux de signalisation «de même sexe» seront installés temporairement à Stockholm dans le cadre de célébrations de la Gay Pride, qui se déroulera entre le 31 juillet et le 6 août. 100 000 couronnes suédoises (10 370 euros) seront dépensées pour modifier 48 feux tricolores dans le quartier d’Ostermalm.

«Nous essayons de trouver de nouveaux moyens de montrer que c’est quelque chose que nous jugeons important», a déclaré le vice-maire de Stockholm cité par le quotidien suédois Expressen.

D’autres villes, telles que Vienne, Munich, Londres et Turin ont déjà pris des initiatives semblables. Un peu plus tôt cette année, Madrid a également remplacé le bonhomme vert par des couples de même sexe pour la World Pride qui s’est tenue entre le 23 juin et le 2 juillet. La capitale espagnole a dépensé 21 747 euros pour remplacer les feux de signalisation à 72 carrefours de la ville.

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La Cour de cassation entrouvre la porte à la gestation pour autrui

Agnès Leclair, le 05 juillet 2017   <<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<

VIDÉO - Un enfant né d'une mère porteuse à l'étranger peut désormais être adopté par le conjoint de son père biologique, et donc se voir reconnaître deux parents en France.

Les enfants nés de mère porteuse à l'étranger, une pratique interdite en France, pourront avoir deux parents. Mercredi, la Cour de cassation a tranché l'épineuse question de la reconnaissance du «parent d'intention» de ces enfants. Dans un couple hétérosexuel, il s'agit de l'épouse du père, qui n'a pas accouché. Dans un couple homosexuel, c'est le «second» père qui n'a pas donné son sperme pour concevoir l'enfant.

Cette décision marque une étape décisive dans le feuilleton qui dure depuis plusieurs années sur la filiation de ces enfants qui ont été surnommés «les petits fantômes de la République». Les opposants à la GPA ont immédiatement dénoncé une décision «d'une immense hypocrisie», «une capitulation». Saisie de deux affaires, la plus haute juridiction française a estimé qu'une GPA réalisée à l'étranger ne faisait pas obstacle à l'adoption de l'enfant par l'époux du père. Cette décision se fonde notamment sur la loi Taubira qui a ouvert le mariage et l'adoption aux couples homosexuels. «Ce texte a pour effet de permettre, par l'adoption, l'établissement d'un lien de filiation entre un enfant et deux personnes de même sexe, sans aucune restriction relative au mode de procréation», explique la Cour de cassation dans un communiqué. Avant cette étape, la juridiction avait déjà validé en 2015 la transcription du lien de filiation entre l'enfant et son père biologique, celui dont les gamètes sont utilisées pour la conception. Une conséquence des condamnations multiples de la France par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH).

«C'est la fin d'une filiation à deux vitesses pour ces enfants qui n'avaient qu'un seul parent reconnu et aucune certitude en cas du décès de ce dernier»

Me Patrice Spinosi

Dans un autre arrêt rendu jeudi, la Cour de cassation a cependant refusé la transcription automatique, sur les registres d'état civil, des actes de naissance étrangers qui reconnaissent ce «parent d'intention» et «ne sont pas confirmés à la réalité». «Il est impossible de transcrire un acte faisant mention d'une mère qui n'est pas la femme ayant accouché», a expliqué la Cour de cassation. Autrement dit, le principe du droit romain «mater semper certa est», qui reconnaît la femme qui accouche comme la mère, est toujours d'actualité.

«La Cour de cassation a choisi une troisième voie, celle de l'adoption, commente Me Patrice Spinosi, avocat du couple homosexuel qui a porté cette affaire en cassation. De 2013 à aujourd'hui, une révolution s'est opérée. Nous sommes passés d'un droit qui refusait de reconnaître toute conséquence juridique à une GPA à un droit qui reconnaît une filiation pour les enfants qui en sont issus à l'égard de leurs deux parents. C'est la fin d'une filiation à deux vitesses pour ces enfants qui n'avaient qu'un seul parent reconnu et aucune certitude en cas du décès de ce dernier.» Les partisans de la GPA se sont cependant dits déçus par cette «troisième voie». «La Cour de cassation trie les familles entre elles au seul regard du mode de conception de leurs enfants», a regretté Alexandre Urwicz, président l'Association des familles homoparentales.

«Capitulation»

Les opposants à la GPA dénoncent pour leur part un inadmissible encouragement aux recours aux mères porteuses. «La marchandisation du corps des femmes est ouverte», s'est émue la députée (LR) Valérie Boyer. «Cette décision va faciliter le développement d'une pratique très lucrative d'exploitation des femmes et de trafics d'enfants. Quelle immense hypocrisie dans un pays qui prétend se préoccuper des droits de femmes et des droits des enfants!», a réagi Ludovine de la Rochère. La présidente de la Manif pour tous tacle par ailleurs une conception «très incohérente» de la filiation «à l'heure où l'on dit qu'une PMA sans père ne pose pas de problème mais qu'il faut deux parents aux enfants nés de GPA». Emmanuel Jauffret, membre du Collectif pour le respect de la personne (CoRP) créé par la philosophe Sylviane Agacinski, se désole d'une «capitulation». «C'est une porte ouverte à la GPA en France. La Cour de cassation affaiblit considérablement la portée de sa prohibition, relève-t-il. Il faut désormais renforcer notre arsenal législatif si on veut maintenir cette interdiction et continuer à faire avancer la cause au niveau international».

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Guillaume Roquette : «La PMA, un drôle de progrès»

Guillaume Roquette, le 30 juin 2017   <<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<

ÉDITORIAL - Pour le directeur de la rédaction du Figaro Magazine, l'extension de la PMA priverait des enfants du droit à avoir un père.

Voilà une affaire rondement menée. Durant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait écrit une lettre ouverte à la communauté homosexuelle pour dire son soutien à une loi ouvrant la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes. L'engagement était clair mais prudemment discret: alors que François Hollande s'était prononcé en 2012 pour le mariage homosexuel dans son programme présidentiel (engagement 31), celui d'Emmanuel Macron était d'une pudeur de violette sur le sujet: aucune mention d'une extension de la PMA. Pour ne fâcher personne, le candidat en marche préférait promettre «les mêmes chances pour tous les enfants». Et pour bien montrer sa retenue, le futur chef de l'État précisait même dans sa lettre qu'il subordonnait une nouvelle loi à l'avis du Comité national d'éthique, «pour pouvoir construire un consensus le plus large possible». Bref, on allait prendre son temps.

Mais ça, c'était avant l'élection. Car maintenant que le Président est élu avec une confortable majorité à l'Assemblée, tout s'accélère comme par enchantement. 72 heures à peine après la marche des fiertés, la manifestation annuelle des associations homosexuelles réclamant «la PMA pour toutes sans condition et sans restriction», le susnommé comité d'éthique vient comme par hasard d'affirmer que c'était une excellente idée. Donc, il n'y a plus qu'à faire voter la loi puisque tout le monde est d'accord, le Président, les homosexuels et les experts.

Car la PMA soi-disant «pour toutes» n'est rien d'autre qu'une PMA sans père, puisque le donneur de l'insémination artificielle y est anonyme

Tout le monde? Pas tout à fait. Car même si le Comité national d'éthique a été soigneusement recomposé sous François Hollande pour en évincer les personnalités religieuses (sanctionnées pour s'être opposées à la loi Taubira) au profit de «progressistes» souvent amis du pouvoir, on n'a pas réussi à étouffer totalement le débat. Mardi dernier, onze membres de ce comité ont publiquement rappelé le besoin de sécurité et de stabilité des enfants pour demander (en vain) que l'insémination artificielle soit réservée aux cas d'infertilité d'origine pathologique. En d'autres termes, pour qu'on ne prive pas délibérément un enfant de papa dès sa conception. Car la PMA soi-disant «pour toutes» n'est rien d'autre qu'une PMA sans père, puisque le donneur de l'insémination artificielle y est anonyme. Drôle de progrès: le droit d'un enfant à avoir deux parents s'efface devant le droit à l'enfant des couples homosexuels. Et curieuse époque où l'exigence de parité s'arrête aux listes électorales et aux programmes télévisés pour ignorer l'essentiel.

Le basculement civilisationnel qui s'annonce est majeur et, si une loi est adoptée, il ne s'arrêtera évidemment pas là. Car la gestation pour autrui, c'est-à-dire la pratique des mères porteuses, sera ensuite autorisée inévitablement, au nom de la non-discrimination entre les couples homosexuels de femmes et d'hommes. Tout se passe comme si l'éthique devait indéfiniment s'effacer devant la technique. Le débat, essentiel, ne fait que commencer. Y aura-t-il des responsables publics assez courageux pour s'y confronter?

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Suède : après un festival marqué par des agressions sexuelles, des concerts sans hommes ?

5 juillet 2017   <<<<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<<<<

Après que le festival de musique suédois Bravalla a été terni fin juin par une vague d’agressions sexuelles, Emma Knyckare, une humoriste suédoise, a décidé de créer un festival de rock réservé aux femmes.

La comédienne suédoise et animatrice de radio Emma Knyckare a proposé d’organiser un festival de musique réservé aux femmes, après que le festival Bravalla, dans le pays scandinave, a été terni par une vague d’agressions sexuelles et au moins quatre viols. Elle a lancé cette idée le 2 juillet sur Twitter : «Que pensez-vous de créer ensemble un festival vraiment cool durant lequel seules les personnes n’étant pas des hommes seront invitées, et qui perdurera jusqu’à ce que tous les hommes apprennent à bien se comporter ?»

Sa proposition a suscité des réactions mitigées, mais elle a apparemment généré de nombreuses offres d’aide et de soutien. L'artiste a publié le lendemain un post sur Instagram qui disait que ce projet de festival prenait déjà forme. «Le premier festival rock sans hommes en Suède se tiendra l’été prochain. Dans les jours à venir, je vais réunir un groupe d’organisateurs et de chefs de projet talentueux qui constitueront l’équipe de gestion du festival, vous entendrez donc parler de nous le moment venu», lit-on dans ce post.

Le festival de musique annuel suédois Bravalla prévu l’année prochaine a été annulé après que quatre viols et 22 cas d’agressions sexuelles ont été signalés à la police lors de l’édition de cette année. Alors que l'incident a fait la une des médias suédois, la société organisatrice, FKP Scorpio, a publié un communiqué dénonçant ces violences.

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PMA : «Les droits de l'adulte ne doivent pas supplanter l'intérêt de l'enfant»

 Agnès Leclair le 28 juin 2017               <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

 

INTERVIEW - Pour le docteur Pierre Lévy-Soussan, l'ouverture d'un droit à l'enfant ne devrait pas être traitée de manière idéologique.

Psychiatre, psychanalyste, membre du conseil d'orientation de l'Agence de biomédecine, le docteur Pierre Lévy-Soussan a été auditionné par le groupe de travail du CCNE.

LE FIGARO. - Que pensez-vous de la préconisation du CCNE d'élargirla PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires?

«Après avoir ouvert la PMA à ­toutes les femmes au seul nom de la volonté de devenir parents, comment pourra-t-on interdire la gestation pour autrui?»

Docteur Pierre Lévy-Soussan, psychiatre, psychanalyste

Dr Pierre LÉVY-SOUSSAN.- Autoriser cette extension aux couples de femmes sans raison médicale, sans condition d'infertilité, bouleverserait totalement le sens des lois sur l'aide médicale à la procréation. Il s'agirait d'un basculement d'une conception médicale à une conception sociétale de fabrique de l'enfant. Le conseil d'orientation de l'Agence de biomédecine a d'ailleurs émis un avis différent en 2013, privilégiant avant tout l'intérêt de l'enfant et préservant la médecine dans son rôle de soin. Si on instrumentalise la médecine pour servir la toute-puissance du désir, les limites vont tomber. Après avoir ouvert la PMA à toutes les femmes au seul nom de la volonté de devenir parents, comment pourra-t-on interdire la gestation pour autrui?

Et pour les femmes seules?

La vulnérabilité de l'enfant serait «scientifiquement» autorisée alors que toutes les études sur les mères seules prouvent une augmentation des problèmes psychiques de l'enfant. À nouveau, ce sont les enfants qui sont victimes du «sans limite» des adultes. La Sécurité sociale va-t-elle financer ces désirs sociétaux? Cela semble peu probable. Une telle réforme laisserait donc entrevoir l'avènement d'une médecine procréative privée avec des banques de sperme, qui, comme au Danemark, permettent de fabriquer un enfant «sur mesure», pour tous, y compris pour les couples fertiles puisqu'il s'agit d'une médecine de convenance. À terme, cela pourrait aboutir à une remise en cause des règles éthiques qui régissent le don de gamètes en France: l'anonymat, la gratuité.

«À nouveau, ce sont les enfants qui sont victimes du «sans limite» des adultes»

Docteur Pierre Lévy-Soussan, psychiatre, psychanalyste

Pour quelles raisons êtes-vous opposé à ces ouvertures?

Les droits de l'adulte ne doivent pas supplanter l'intérêt de l'enfant. Ouvrir la PMA «sociétale» représente une nouvelle étape par l'éradication scientifique de tout accès à un père pour l'enfant à naître. Cela brouillerait tous les moyens pour l'enfant de concevoir ses origines et revient à lui enlever les capacités psychiques d'associer ce que la science a dissocié. Il devient «apatride», au sens étymologique du terme, c'est-à-dire privé du «pays du père», condamné à une errance filiative parfois sans fin, comme le montrent d'une façon tragique les histoires des adultes qui n'ont jamais pu avoir, jamais pu trouver ou jamais pu compter sur un père dans leur vie. La surmorbidité des enfants avec une mère isolée est une réalité quotidienne en consultation. N'assistons-nous pas à une forme inédite de violence contre l'enfant par l'amputation du champ paternel, dès l'aube de sa vie? Je suis scandalisé de voir le monde des adultes sacrifier le père de tous ces «enfants fabriqués par la science». Quid des droits de l'enfant à s'identifier à une dimension maternelle et paternelle? Pourquoi n'aurait-il pas droit de se confronter à la différence des sexes, matrice de toutes les différences? Les études montrent à quel point les interactions précoces de l'enfant sont différentes avec le père et la mère et lui sont nécessaires.

«Je suis scandalisé de voir le monde des adultes sacrifier le père de tous ces enfants fabriqués par la science»

Docteur Pierre Lévy-Soussan, psychiatre, psychanalyste

N'est-ce pas aussi une question d'égalité d'autoriser la PMA pour toutes les femmes? D'autant que les couples de lesbiennes vont déjà à l'étranger pour faire des bébés qu'elles élèvent ensuite en Franceet que leur conjointe peut adopter depuis la loi Taubira…

La question n'est pas celle de la sexualité ou de la maternité sans père mais de l'ouverture d'un droit à l'enfant. Elle ne devrait pas être traitée de manière idéologique. La médecine procréative est là pour pallier une infertilité, non pour satisfaire des désirs individualistes détachés du collectif. C'est pour cette raison que la gestation pour autrui est interdite en France, y compris pour les couples hétérosexuels. Un couple homosexuel peut très bien élever des enfants mais ces derniers n'estiment généralement pas qu'ils ont deux pères ou deux mères. En général, ils se réfèrent à une mère, un père et l'ami(e) de son papa ou de sa maman. Ils sont plus proches de la réalité que d'une construction juridique intenable. Les questions de filiation sont complexes et ont trop souvent été confisquées pour des raisons politiques. Il faut pouvoir l'entendre sans crier à l'homophobie ou à la «célibatairophobie».

Qu'avez-vous appris sur les problèmes de filiation lors de vos consultations?

Je vois des enfants et des adultes confrontés à l'impératif de se construire et qui restent «étrangers» au sein de leur famille. Être fils ou fille, père ou mère, est une construction qui n'est jamais acquise. Ces échecs peuvent toucher toutes les familles: des familles qui ont adopté, des couples hétérosexuels qui ont eu recours à un don de gamètes ou qui sont passés par une FIV mais aussi des familles «classiques». Plus le montage filiatif est complexe, «hors sexe», «in vitro», plus la construction psychique est difficile, fragilisée. Je vous laisse imaginer les conséquences sur des enfants qui seraient dépourvus de filiation paternelle en vertu d'une nouvelle loi. L'éducation et l'amour ne suffisent jamais à compenser les carences symboliques et réelles d'un père.

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Il y a 50 ans, les femmes pouvaient enfin ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de leur mari

Pauline Verduzier le 13 juillet 2015         <<<<<<<<<<<<<<<LFM<<<<<<<<<<<<<

Le 13 juillet 1965, les députés français adoptaient la loi sur la réforme des régimes matrimoniaux, rendant effective la capacité juridique de la femme mariée. Depuis, celle-ci peut ouvrir un compte en banque et signer un contrat de travail sans avoir besoin du consentement marital. À 87 ans, la militante féministe Thérèse Clerc se souvient du jour où elle a appris la nouvelle.

En 1965, Thérèse Clerc est mariée depuis dix-sept ans et a déjà mis au monde quatre enfants. Le 13 juillet de cette année-là, c'est dans le journal qu'elle apprend la réforme des régimes matrimoniaux, votée à l'Assemblée nationale, réforme qui met fin à l'incapacité juridique de l'épouse présente dans le Code napoléonien. La nouvelle loi introduit le régime de la communauté réduite aux acquêts, qui devient le régime légal en l'absence de contrat de mariage et signifie que chacun des époux peut administrer ses biens acquis avant le mariage et ses revenus personnels. Le mari reste l'administrateur de la communauté, mais il doit désormais rendre compte de la gestion des biens communs à sa femme. Le texte consacre donc l'autonomie financière des femmes mariées, qui peuvent dès lors exercer une profession sans l'accord de leur mari, ouvrir un compte bancaire en leur nom propre et disposer de leurs biens. 

« Je m'en souviens très bien », explique celle qui deviendra une militante de tous les combats féministes, notamment au sein du Mouvement de libération de l'avortement et de la contraception (Mlac) et qui pratiquera des IVG clandestines sur la table de son salon. Peu de temps après l'annonce, Thérèse Clerc s'empresse d'ouvrir un compte sur lequel seront versées les allocations familiales, jusque-là virées sur le compte de son mari. « Dès que j'ai eu mon propre chéquier, j'ai envoyé un beau courrier aux services des allocations, en disant que j'avais besoin de cet argent pour "nipper" mes enfants et en citant la nouvelle loi. J'ai pensé qu'il y aurait des enquêtes et de la paperasse, mais le mois suivant, je les ai bien reçues. Mon mari, tout étonné de ne pas les voir tomber, m'a interrogée et je lui ai annoncé que je les avais fait virer sur mon compte. Ça a été l'une des disputes les plus homériques de toute notre histoire ! » s'amuse celle qui a divorcé en 1969 et fondé, plus tard, la maison de retraite pour femmes des Babayagas.

"Il valait mieux être célibataire"

À l'époque, il existe aussi des préposés aux allocations familiales délivrant l'argent en liquide dans les foyers, argent souvent réceptionné par les mères et s'ajoutant aux deniers remis par le mari pour les dépenses courantes. Les femmes non salariées se débrouillent alors avec « cette sorte de rémunération de la maternité », analyse la professeure d'histoire contemporaine du genre Sylvie Chaperon. Les femmes mariées qui travaillent n'ont guère la vie plus facile. Car si la libre disposition du salaire pour les femmes mariées a été adoptée en 1907, l'application de la loi reste aléatoire et les banquiers ou les notaires continuent de réclamer une autorisation maritale. « Du point de vue du droit, il valait mieux être une femme célibataire », confirme Sylvie Chaperon. 

Chez Thérèse Clerc, au mari les factures et les traites servant à rembourser l'emprunt contracté pour l'achat de l'appartement, à elle l'entretien des enfants. Il s'agissait alors de gérer au mieux ce petit pécule tout en justifiant chaque achat. La mère savait que le mois précédant la rentrée scolaire serait plus maigre que les autres en raison des achats de fournitures scolaires. « J'ai connu cette époque où les hommes donnaient tant par mois à leur femme, comme à une prostituée, en disant : "Tu feras attention". Il fallait que je fasse des choses extrêmement gentilles... et aussi que je rende des comptes sur les dépenses », lâche-t-elle. Celle qui a été modiste avant de se marier, puis vendeuse dans un grand magasin après son divorce, se souvient des stratégies opérées par certaines femmes pour disposer d'un peu plus de liquidités. « Les femmes se faisaient acheter des choses par leur amant. Ou bien le mari signait un chèque en blanc pour les achats du foyer et la femme rapportait la marchandise trois jours plus tard pour récupérer l'argent en liquide. C'étaient des mœurs qui vous condamnaient au trafic et au mensonge », dit-elle. 

"Le point de départ d'une idéologie de libération des femmes"

 

« La notion de "chef de famille" restera encore longtemps inscrite dans la loi, explique l'historienne Sylvie Chaperon. La notion sera remplacée, le 4 juin 1970, par celle d'"autorité parentale conjointe". »

Pour la militante, l'adoption de la loi du 13 juillet 1965 a été déterminante : « Cela vous donne le goût d'une certaine indépendance financière et cela m'a donné envie de retravailler. » La réforme alimente ses prises de parole dans les cercles d'action catholique qu'elle fréquente et dans lesquels elle discute avec d'autres femmes du « manque de liberté » dans la vie conjugale. Selon elle, le texte a même préparé la structuration du mouvement féministe de la fin des années 1960 et a été le « point de départ d'une véritable idéologie de libération des femmes ». 

À l'époque, la réforme ne fait pourtant pas autant de bruit que le fera l'adoption de la loi Veil dix ans plus tard. « La réforme de 1965 concernait uniquement les femmes mariées non salariées. Cela faisait belle lurette qu'on en parlait et ce n'était pas un sujet majeur. Par ailleurs, la notion de « chef de famille » restera encore longtemps inscrite dans la loi », commente l'historienne Sylvie Chaperon. La notion sera remplacée, le 4 juin 1970, par celle d'« autorité parentale conjointe ». Le combat est néanmoins loin d'être gagné partout. À ce jour, une quinzaine de pays interdisent encore aux femmes de travailler sans l'autorisation de leur mari.

 

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L’utérus artificiel est l’avenir de la femme

Entretien avec Peggy Sastre

Daoud Boughezala, le 28 juin 2017       <<<<<<<<<<<<<Causeur<<<<<<<<

La féministe atypique Peggy Sastre considère la grossesse comme une source majeure d’inégalité sexuelle et d'aliénation. Pour offrir aux femmes la possibilité d'enfanter sans malheurs, elle rêve d'incubateurs.

Daoud Boughezala. Dans Ex utero (La Musardine, 2009) vous estimiez que « la femme s’est bien fait mettre par l’évolution ». Le beau sexe est-il vraiment si peu gâté par la nature ?

Peggy Sastre. À mon avis, que je ne veux imposer à personne, la grossesse et l’élevage des enfants sont l’une des pires sources d’aliénation possibles. C’est pourquoi, selon mon échelle de valeurs, les femmes ne pourront pas connaître de véritable autonomie tant qu’elles n’auront pas la possibilité de s’en débarrasser. Cela dit, au fil de mes recherches et du cheminement de ma pensée, j’ai un peu nuancé ce point de vue car, selon des critères purement darwiniens, la femme sort plutôt gagnante de l’évolution. Entre autres, parce que nous sommes aujourd’hui héritiers d’un matériel génétique constitué de deux fois plus de femmes que d’hommes.

Que voulez-vous dire par là ?

La grossesse et l’allaitement ont poussé les femmes ancestrales à la prudence, au dégoût du risque, à la dépendance – autant de facteurs qui leur ont permis une déperdition génétique bien moindre que les hommes. À l’inverse, au cours de notre histoire évolutive, en ayant quasiment la possibilité de mourir après avoir éjaculé, les hommes ne se sont pas privés pour mourir en masse sans jamais s’être reproduits ! Dans la savane, grandir sans père était difficile pour un enfant, mais sans mère, il en allait littéralement de sa survie. C’est de ce différentiel d’investissement parental que découle la grande majorité des différences comportementales entre hommes et femmes toujours observables aujourd’hui.

Par son déterminisme, votre « évoféminisme » qui repose sur une lecture darwinienne de l’histoire me rappelle l’orthodoxie marxiste. Dans votre raisonnement, les facteurs biologiques occupent une telle place que seule une révolution transhumaniste semble en mesure de libérer la femme asservie par son corps…

Je considère la biologie comme un point de départ et en aucun cas un repère normatif. À bien des égards, je ne pense pas du tout que la nature fait bien les choses, mais plutôt qu’elle...

 

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La légalisation de l'avortement, la matrice de toutes les audaces

Jean-Marie Le Méné Vendredi 30 juin 2017   <<<<<<<<<<Valeurs<<<<<<<<<<<<

Tribune. Si elle restera marquée par la figure de Simone Veil, la France ne saurait oublier qu’une partie du pays s’est opposée et s’oppose toujours à l’avortement légalisé, remboursé et banalisé. Le président de la fondation Lejeune, Jean-Marie Le Méné, revient sur la triple rupture philosophique, juridique et politique de cette réforme portée par la ministre de la justice de l’époque.

Pour la première fois, en 1975, un acte condamnable depuis Hippocrate, 400 ans av. JC, a été dépénalisé. Cette révolution n’a été rendue possible que par les mécanismes de compensation inventés par la société. Car, à la différence d’autres transgressions moins radicales, l’avortement n’offre aucune contrepartie positive hormis la liberté absolutisée, symbole d’une idéologie de rupture avec l’ordre naturel. Les meilleures intentions ont été invoquées, il ne s’agissait que d’une dérogation au principe du respect de la vie, accordée en cas de détresse. L’enjeu était la santé des femmes menacée par l’avortement clandestin. Au fond, la loi Veil n’était qu’une loi de santé publique. Cette aimable vision a rassuré la droite qui a soutenu la ministre, plus par faiblesse que par malice, en s’avouant à la fois contre l’avortement mais pour la loi. Sauf que réduire le féminisme à un hygiénisme et assimiler un acte commis en blouse blanche à un acte médical en dit long sur la reddition de l’intelligence aux forces de l’illusion. L’acte est tellement contre nature qu’il n’est tolérable que dénaturé. Tout est déni dans l’avortement : l’innommable est acronymisé, l’indescriptible euphémisé, le réel virtualisé.

“Certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime »”

L’infans conceptus n’est plus ni un être, ni un humain, ni un vivant, de sorte que son effacement n’est plus homicide mais cosmétique. Les protagonistes échangent leurs rôles : l’enfant devient l’agresseur et la mère la victime. L’acte héroïsé, débarrassé de l’alibi de la détresse et d’un humiliant délai de réflexion, poussé à la performance par une politique de quotas, n’entraîne plus aucun effet indésirable. Au contraire, certaines se tatouent les lettres « IVG » sur la peau, là où l’on dessinait jadis des « je t’aime ». On finit même par en rire : « 220 000 avortements par an en France. Si on arrêtait d'en faire un fromage ? » goguenardise le site My little IVG. La grossesse interrompue, dont l’Etat a imposé le remboursement à la collectivité, comme un soin parmi d’autres, est devenue l’étape initiatique de la vie des femmes. Mais, depuis plus de 40 ans, l’avortement ne tient que par le mensonge, seule ressource de son néant.

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Devenu indifférent au bien et au mal dont la frontière a été floutée, le droit s’est retiré peu à peu du service de la justice. Il ne consiste plus à rendre à chacun ce qui lui revient (en l’occurrence le respect de la vie à l’enfant conçu) mais à accompagner ce qui change dans la société. Est juste ce qui va dans le sens de la modernité, est injuste ce qui s’y oppose. De fait, la transgression princeps de l’avortement est devenue le portail d’accès vers tous les « progrès sociétaux ». L’avortement ne prétend pas détruire la société mais la reconstruire sur une autre base : l’humain est le résultat d’une construction, d’un choix, d’un désir. En cela, il est une pierre fondatrice du transhumanisme. Après avoir osé la mort de l’enfant avant sa naissance, tout devient possible, notamment la fabrication de l’enfant de son choix. Ce raisonnement a produit un effet cliquet (pas de retour en arrière), une surenchère maîtrisée (on reste toujours en deçà de la transgression-étalon) et une escalade d’« illégalités fécondes » qui ont modernisé la société. Ainsi, au nom de l’avortement, on a légalisé en quelques années tout une cohorte de pratiques avant-gardistes : l’eugénisme systématique des « anormaux », l’industrie procréatique et le diagnostic préimplantatoire, le tri des embryons humains, leur congélation, leur stockage, leur utilisation pour fabriquer des enfants « normaux » sinon versés à la recherche et voués à la destruction. L’engouement pour le clonage, comme l’exploitation de cellules souches embryonnaires, s’est réclamé de l’avortement.

“La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces”

La GPA renvoie au concept de la grossesse choisie pour peu qu’on la débarrasse de son aspect lucratif déplaisant. La fabrication d’un embryon à trois parents est une expérimentation pleine de promesses en France en attendant l’ectogénèse. La légalisation de l’avortement demeure la matrice de toutes les audaces : il n’est pas jusqu’à l’interdiction de la burqa et l’autorisation du mariage gay qui n’invoquent le haut patronage de la légalisation de l’avortement. L’euthanasie n’échappe pas à la règle : donner la mort en fin de vie n’est pas moins compassionnel que la donner en début de vie. Manquait une clé de voute, un dispositif qui empêche quiconque de lever un coin du voile et de dénoncer « le mensonge qui tue » selon le mot de l’historien Pierre Chaunu. C’est le délit d’entrave, destiné à réprimer l’information dite dissuasive de l’avortement, mais ouvert à l’information incitative. Les grands procès de Moscou sont de retour. On arrêtera « les suspects habituels ». Tel est le triomphe du droit, mais la défaite de la justice.

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Politiquement, la loi Veil illustre un modèle mythique de violence politique digne d’un dialogue de Thucydide. Les réformes rêvées par la gauche, mais réalisées par la droite, ont précipité le politique sur un chemin de traverse. Si « la distinction spécifique du politique, c’est la discrimination de l’ami et de l’ennemi », alors le vote de l’IVG a brouillé les pistes. Tandis que la gauche et la droite ont affiché une convergence de façade autour de la loi de 1975, s’est construite une relation scabreuse où c’est la gauche qui monte la garde et la droite qui baisse la sienne. Avec le vote de la loi Veil, la droite a « gagné » une liberté sous protection de la gauche. La droite a fait allégeance sur le plan culturel à une gauche qui définit le périmètre d’évolution de la droite et la charge même de faire avancer certains de ses projets. Comme le poisson rouge dans son bocal, la droite est en liberté surveillée, associée à une soumission à la gauche quel que soit le parti au pouvoir.

“La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation”

De ce fait, la gauche peut fort bien se dispenser d’être au pouvoir, en pratique elle y est toujours. La droite fait ce qu’elle veut pourvu que, sur les questions ontologiques, la gauche donne le cap. Ainsi s’expliquent les lois de bioéthique, toutes les trois votées sous la droite, tapis rouge déroulé au progrès technoscientifique, en l’absence de débat éthique. A l’évidence l’avortement, sanctuarisé dans le tabernacle de la République, ne peut pas faire l’objet de la moindre remise en cause. Au contraire, comme l’ont montré les débats récents dans tous les partis, seuls les candidats qui anticipent les reproches et s’affichent comme les plus transgressifs peuvent espérer un destin politique. Depuis 40 ans, sur des centaines de ministres, pas un seul n’a osé exprimer son opposition à la loi Veil qui, en cela, s’avère une victoire de son auteur éponyme. Il reste, qu’on le veuille ou non, qu’« un pays qui tue ses enfants tue son âme », comme le disait le Pr Lejeune. La loi Veil aura sublimé le signe le plus sûr du déclin d’une civilisation, le refus de ce « miracle qui sauve le monde » par lequel Hannah Arendt désignait la naissance.

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Aujourd’hui la PMA, demain l’euthanasie et la GPA

La dérive sociétale continue

René Poujol le 29 juin 2017                       <<<<<<<<<Causeur<<<<<<<<<<<<

La décision du Comité consultatif national d’éthique s’inscrit dans une longue dérive sociétale dont on imagine qu’elle ira à son terme: GPA et euthanasie.

 
 
marinaro gpa meres porteuses

http://www.publicdomainpictures.net

On savait la décision du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) imminente concernant l’élargissement du droit à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Le moins qu’on puisse écrire est que son « avis » favorable – forcément favorable, aurait pu écrire Marguerite Duras – n’a guère surpris. Elle s’inscrit dans une longue dérive éthique dont on peut penser qu’elle débouchera demain sur l’euthanasie et la GPA quels que soient les démentis outrés des uns ou des autres. Car la logique est là ! En marche !

Chacun connaît les attendus de la question. Inutile de s’y étendre. A ce jour, la procréation médicalement assistée est réservée en France aux seuls couples hétérosexuels, dans les cas d’infertilité. La femme a recours au sperme d’un donneur anonyme, son mari étant en droit, considéré comme le père de l’enfant. L’accès au mariage pour les couples homosexuels portait en soi, en toute logique, celui de la filiation. L’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes était d’ailleurs inscrit dans la première mouture de la loi Taubira. La pression de la rue avait incité le gouvernement à le dissocier du « mariage pour tous » et à le renvoyer à une future loi d’orientation sur la famille qui, pour les mêmes raisons conjoncturelles, fut reportée sine die.

Mais on pouvait se douter que ce n’était là que partie remise. Fin juin 2015, le Défenseur des droits (anciennement Médiateur de la République) et le Haut Conseil à l’égalité se prononçaient, sans surprise, pour l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, au nom « de l’égalité des droits ». François Hollande décidait alors de différer une fois encore la date d’un éventuel débat parlementaire, précisant qu’il attendait de connaître, sur cette question, la décision du CCNE auquel il se conformerait le moment venu. On connait la suite ! C’est désormais Emmanuel Macron qui hérite de cet « avis »…

Mettre au monde des orphelins… adoptables !

Pour les tenants de l’élargissement, il n’y aurait plus aujourd’hui de raison majeure de refuser cette nouvelle « loi de progrès ». Pour ses opposants – dont je suis avec constance – la mesure reste éthiquement contestable qui vise à programmer volontairement la naissance d’un enfant orphelin de père, au motif qu’il sera adopté, à sa naissance, par le conjoint de sa mère biologique. Redisons ici que cette pratique est à ce jour contraire à la Convention internationale des droits de l’enfant, ratifiée par la France, qui garantit à chacun d’eux « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux », sauf accident de parcours.

Or en France le don de sperme est anonyme. Ce qui implique que l’enfant à naître ne saura pas qui est son père. On pourrait, certes, imaginer revenir sur cet anonymat. Mais une autre réalité s’impose alors : à ce jour, les donneurs de sperme sont insuffisants au regard de la demande de PMA pour les seuls couples hétérosexuels. Si demain l’anonymat devait être levé, combien d’hommes accepteraient encore d’être donneurs bénévoles au moment même où la demande serait multipliée ?  A moins que l’on glisse alors, subrepticement, vers une rémunération du don de sperme ? Donc vers une autre forme de marchandisation du vivant…

Ce « droit à l’enfant » qui n’est inscrit dans aucune déclaration des Droits de l’homme – pas plus pour les couples hétérosexuels qu’homosexuels – devra-t-il demain être pris en charge financièrement par la Sécurité sociale ? Dans le même temps où des malades se voient restreindre leur accès aux soins pour raisons d’économies. Une fois encore, nous sommes là dans un débat purement idéologique. Sous couvert d’évolutions de société qui recueilleraient – ce qui est vrai – l’assentiment d’une majorité de la population. François Hollande ayant pris par ailleurs ses dispositions à l’automne 2013, pour modifier la composition du CCNE dans un sens… favorable à l’adoption de ces réformes de société. Jean Léonetti commentait à l’époque : « on sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d’avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d’éthique ! »

Un président sur des oeufs

Dans son avis du 27 juin 2017, le CCNE se prononce en revanche contre la légalisation de la GPA, c’est à dire pour la possibilité offerte aux couples d’hommes de recourir à des mères porteuses. Avec pour argument « qu’il ne peut y avoir de GPA éthique ». Mais on est en droit de s’interroger. Dans ses attendus sur la PMA, le CCNE dit répondre à la « souffrance » des couples de femmes ne pouvant accéder à la maternité. Dans une société où l’égalité des droits semble devenue la règle absolue, on ne voit guère pourquoi les hommes ne pourraient pas faire prévaloir, demain, leur propre « souffrance » de ne pouvoir accéder à leur tour à la paternité. Fusse au prix d’un encadrement « éthique » de la GPA. Comme on nous a annoncé en 1975 un encadrement éthique de l’avortement dont on sait ce qu’il est devenu : un droit de fait à l’avortement sans condition. En 2008, un rapport sénatorial préconisait déjà de légaliser une GPA encadrée et « altruiste ». Rien que de très logique au regard de l’idéologie du moment qui repose sur la notion de « droits reproductifs » opposables, destinés à pallier la « dictature de la nature » dans les cas « d’infertilité sociale ».

Il ne s’agit là, pour l’heure, que de l’avis du CCNE. On peut imaginer que le dossier est désormais entre les mains du président de la République. Un président que l’on sait, à titre personnel, plutôt ouvert sur ces questions de société, du fait du « libéralisme » à la fois économique et culturel qui est sa marque. Même s’il s’est bien gardé de tout engagement trop affirmé durant la campagne, disant simplement son accord de principe à l’élargissement du droit à la PMA pour les couples de femmes.

Le 14 février 2017, il avait déclenché un tollé à gauche et au sein du mouvement LGBT en évoquant, dans un entretien à l’Obs«l’humiliation» ressentie par les anti-mariages gay au moment du vote de la loi Taubira. Déclaration sur laquelle il avait dû, rapidement, faire machine arrière, comme si l’humiliation des uns était incompatible avec l’humiliation des autres.

C’est assez dire combien, sur cette question, le chef de l’Etat marche sur des œufs. Il en est conscient. Il sait parfaitement compter parmi ses soutiens dans l’opinion, des citoyens qui ont rompu avec la gauche en partie à cause de la loi Taubira. C’est d’ailleurs bien à eux qu’était destinée la petite phrase sur « l’humiliation »… Les provoquer dès les premiers mois de son quinquennat sur un dossier qui ne possède aucune urgence et avant même d’avoir engagé ses principales réformes, serait une faute politique majeure. « Souvenez-vous, monsieur le Président : le social, pas le sociétal. Le social, le social, le social. C’est facile à retenir. » écrivait il y a peu Jean-Pierre Denis, dans un billet de La Vie en forme de mise en garde. L’annonce, faite par le président du CCNE, d’Etats généraux de la bioéthique, en 2018, pour préparer la révision des lois de bioéthique qui concernent notamment le sujet de la PMA, pourrait, momentanément, servir d’échappatoire.

Un combat culturel  

Mais soyons en sûrs, le débat n’en sera que différé. Aussi longtemps que l’opinion publique adhérera majoritairement à la logique de l’individualisme libéral, la société se verra sommée de tout mettre en œuvre, au niveau législatif aussi bien que financier, pour permettre à chacun de satisfaire ses propres désirs dont on sait qu’ils sont, par nature, illimités. Une société, dans sa dimension civilisationnelle, peut-elle survivre à pareille évolution ? Je ne le crois pas. Est-il possible de lui éviter le pire ? Je l’ignore ! Faut-il dès lors rejoindre le camp de ceux qui contestent radicalement toute évolution dans la société comme dans l’Eglise ? Ce ne sera jamais mon choix car il s’agit là encore d’une forme d’idéologie où toute liberté se trouve broyée au nom des principes. Alors que faire ? Tenter de témoigner et de convaincre qu’un autre combat culturel est possible, plaider pour une vision différente de la personne – et non de l’individu – où priment : le respect de l’autre et des conditions sociales du vivre-ensemble. Une société où l’on cesserait de fonder l’égalité des droits des adultes sur la négation de l’égalité des droits des enfants. Il y faudra, le moment venu, des relais politiques. A la faveur de la recomposition en cours?

 

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«Sexe : Inconnu» : le Canada délivre un document officiel non-genré à un nouveau-né

Le 1er juillet 2017      <<<<<<<<RT<<<<<<<<<

Une carte de sécurité sociale un peu spéciale a été remise au parent d’un jeune enfant canadien. Grâce à l’insistance de son géniteur, celle-ci mentionne en effet «inconnu» en face de la ligne correspondant au sexe du détenteur du document.

Kori Doty est un parent transgenre, qui se bat pour que le sexe de son enfant ne soit pas mentionné sur son certificat de naissance, ni sur aucun autre document délivré par le gouvernement.

«Je dirai que je ne sais pas encore, que rien ne presse pour coller ce type d’étiquette sur un gamin. Il ne s’agit pour l’instant que d’un enfant», répond Kori Doty quand on lui demande des détails sur le sexe de sa progéniture.

Lire aussi : La Cour de cassation refuse la mention «sexe neutre» pour l'état civil d'une personne intersexe

Le transgenre canadien aurait accouché de Searyl à la maison d’un proche au mois de novembre, le nouveau-né n’a donc pas été enregistré auprès des autorités médicales. Quand le nourrisson a été déclaré auprès de l’Agence des statistiques démographiques, Kori Doty a inscrit «inconnu» pour déterminer le sexe de son enfant, au lieu des traditionnels «masculin» ou «féminin». L’agence a accepté cette inscription, mais a refusé de délivrer un certificat de naissance à Searyl, l’indication du genre du récipiendaire étant péremptoire pour l’obtention du document.

© Kori Doty / Facebook

Le parent de l’enfant a alors fait appel de cette décision, d’après le Vancouver Sun, et a contre toute attente reçu une carte des services de Colombie britannique, dépourvue de notion de genre.

«Je ne détermine pas le sexe de mon enfant», a fait savoir Kori Doty dans un communiqué. «Ce sera à Searyl de décider, de développer son identité sexuelle quand le temps sera venu», a-t-il ajouté, avant de lancer : «Je ne vais pas dévoiler ses choix en me basant sur la détermination du sexe après la simple inspection de ses organes génitaux.»

Il ne s’agit pas d’un cas isolé, des précédents ont été observés dans d’autres provinces canadiennes. L’Alberta autorise à mettre un X pour qualifier le sexe d’une personne – en lieu des M et F – sur les certificats de naissance et autres documents gouvernementaux. Dans l’Ontario, le genre neutre est autorisé pour les cartes de sécurité sociale et les permis de conduire et devrait être étendu aux certificats de naissance en 2018.

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L'homosexualité et l'adultère seront désormais bannies des vidéos en ligne en Chine

Le 30 juin 2017             <<<<<<<RT<<<<<<<

Les autorités chinoises ont publié une nouvelle règlementation sommant les plateformes de diffusion de vidéos en streaming de censurer les relations sexuelles qu'elle jugent anormales, visant entre autres l'homosexualité et l'adultère.

Parmi les fictions et films d'animation visés par la nouvelle règlementation de l'Association chinoise des services internet (CNSA) figurent notamment ceux qui «montrent des actes ou relations sexuelles "anormaux" comme (...) l'homosexualité».

Les plateformes de diffusion de vidéos doivent désormais recourir aux services de censeurs professionnels pour visionner chaque film du début à la fin et écarter ceux qui ne sont pas conformes «aux critères politiques et esthétiques corrects», selon la règlementation publiée par l'organisme.

La nouvelle règlementation ordonne le retrait ou des coupures des vidéos qui «portent atteinte à l'image nationale, à celle des dirigeants révolutionnaires, qui mettent en scène les conquêtes militaires des anciens empereurs ou répandent l'extrémisme religieux».

Les contenus violents et pornographiques, ceux mettant en scène des relations extraconjugales, la prostitution, l'addiction à la drogue ou des superstitions comme «l'évocation des esprits» sont également proscrits.

Les producteurs de vidéos doivent «travailler dur pour narrer correctement l'histoire de la Chine», souligne le texte. Selon l'agence officielle Chine nouvelle, les contrevenants s'exposent à des enquêtes de police.

Le 22 juin, l'autorité chinoise des médias avait ordonné à trois sites internet parmi les plus populaires en Chine de cesser de proposer des vidéos et des fichiers audio en streaming en raison des propos négatifs qui y sont tenus.

L'Administration d'Etat de la presse, de la publication, de la radio, du cinéma et de la télévision avait affirmé que le réseau social Sina Weibo, iFeng.com et ACFUN ne disposaient pas des autorisations nécessaires à la diffusion de flux audiovisuels. L'objectif, selon cet organisme, est de rendre le cyberespace plus propre.

Autre exemple, début juin, les autorités chinoises avaient bloqué des dizaines de comptes en ligne diffusant informations et ragots sur la vie privée des stars, les accusant de «flatter les bas instincts du public».

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Corps sur les voies de TGV: suspicion de meurtre-suicide

Le 14 juin 2017   <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<

Les deux corps percutés par un TGV sur la ligne LGV Atlantique tôt dans la matinée de lundi en Eure-et-Loir sont ceux d'un couple dont le mari est soupçonné d'avoir tué son épouse avant de se suicider sur les voies.

» Lire aussi - Eure-et-Loir: 2 corps découverts sur une voie de TGV

"Une enquête de flagrance a été ouverte pour homicide volontaire", a confirmé aujourd'hui le procureur de la République à Chartres, Rémi Coutin.

Deux corps avaient été retrouvés sur la voie lundi, aux alentours de 6 heures, à environ 80 kilomètres au sud ouest de Paris. Le grillage menant aux voies avait été sectionné. Le véhicule de la femme a été retrouvé à proximité.

"A ce stade de l'enquête, les investigations nous permettent d'exclure la thèse de l'accident et celle de l'intervention d'une tierce personne, a précisé le magistrat. L'épouse était séparée depuis quelques semaine avec son mari. Elle a été retrouvée sur les voies les chevilles liées, avec du ruban adhésif servant habituellement aux déménagements dont des fragments ont aussi été découverts au domicile de la victime."

L'homme se serait rendu à son ancien domicile où vivait sa femme dans la nuit de dimanche à lundi, entre 1 heure et 2 heures, à Luisant, en périphérie de Chartres, avant de se diriger vers la ligne LGV située à une trentaine de kilomètres de là.

Les enquêteurs ignorent encore à ce stade dans quel état se trouvait l'épouse lorsqu'elle a été emmenée de son domicile jusqu'aux voies de la ligne LGV.

"Je souhaite que l'autopsie des corps, qui doit avoir lieu demain, puisse nous donner des éléments de réponses et permette de faire progresser l'enquête", a dit M. Coutin.

Selon leurs premières investigations, les enquêteurs ont découvert que le mari était dépressif et suicidaire. Ils ont retrouvé des documents médicaux l'indiquant. Ils se sont également rendu compte qu'il bénéficiait d'un arrêt de travail. Le couple avait quatre enfants issus de plusieurs unions et qui avaient été confiés à de la famille avant les faits.

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Et crac (crac) : de nouvelles études montrent que les relations ouvertes ne sont pas plus satisfaisantes sexuellement que la monogamie
Michele Boiron, Le 16 juin 2017 <<<<<<<<<<Atlantico<<<<<<
 
Une étude menée à travers toute l'Europe montre que les plus satisfaits de leur vie sexuelle sont les gens engagés dans une relation monogame. Toujours selon cette étude, vivre une relation ouverte ne serait pas la meilleure façon d'être épanoui.
Atlantico : Dalia, une équipe de recherche basée à Berlin a lancé une grande consultation en mars dernier pour connaitre quelle était leur niveau de satisfaction de leur vie sexuelle. Les résultats publiés montrent que sur plus de 1000 personnes interrogées et ayant des relations monogames, 82% des personnes sont les plus satisfaites....
 
 

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Les récits effroyables des esclaves de l'État islamique

Thierry Oberlé, le 16 juin 2017 <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<

EXCLUSIF - Libérées des griffes de l'EI, d'anciennes captives yazidies racontent la folie psychopathe des djihadistes. D'autres restent prisonnières de l'enfer de Daech à Mossoul. Reportage.

Envoyé spécial à Zakho (Kurdistan irakien)

La tragédie des yazidis est sans fin. Alors que des esclaves de Daech sont encore prisonnières dans l'enfer de Mossoul, des fillettes de moins de 10 ans violées durant leur captivité et les enfants-soldats embrigadés dans les Lionceaux du califat éprouvent les pires difficultés à se remettre de leurs traumatismes. Libérés contre des rançons ou évadés, ils se morfondent dans des camps de déplacés au Kurdistan irakien. Nous les avons rencontrés dans le camp de Darkar, près de la frontière turque et syrienne, dans la clinique d'EliseCare, une ONG française qui leur vient en aide (1).

Nassan, mon fils «lionceau du califat», mon «héros»

Nassan avait 14 ans quand il a été enlevé par Daech en août 2014 avec sa mère Gulay, 34 ans à l'époque, ses deux sœurs cadettes et ses trois petits frères. L'adolescent d'apparence fragile au menton couvert d'un duvet naissant est l'aîné de la fratrie. À son âge, on grandit vite quand on est un captif au destin tout tracé d'enfant-soldat, quand on vous déracine pour un périple en principe sans retour. Nassan avait le choix entre mourir en se révoltant ou se soumettre en trahissant les siens pour finir en chair à canon. Il a emprunté une voie étroite pour devenir, à sa manière, le héros de son clan.

II vénère Taous Malek, l'Ange Paon, et respecte d'obscurs tabous comme l'interdiction de manger de la salade ou de porter du bleu

Retenu dans une prison sans barreau dont il ne pouvait s'échapper, le jeune homme «appartenait» à un djihadiste irakien de Mossoul. Un maître presque ordinaire convaincu que les yazidis, ce peuple croyant en un Dieu unique et pratiquant des rites millénaires revisités par les religions du Livre, sont des adorateurs du diable. Une fable colportée par l'islam dans une région où naître dans une minorité est un fardeau que l'on portera toute sa vie.

Nassan est né dans un petit village du fin fond de l'Irak non loin des lieux sacrés de sa secte: la montagne de Sinjar et la verdoyante vallée de Lalesh tapissée de temples blancs aux dômes coniques où repose au fond d'une grotte le tombeau de Cheikh Adi, le fondateur de l'ordre au XIIe siècle. II vénère Taous Malek, l'Ange Paon, et respecte d'obscurs tabous comme l'interdiction de manger de la salade ou de porter du bleu.

Marginaux parmi les marginaux, les yazidis subissent des massacres depuis des siècles. Pour les Arabes sunnites de Daech et leurs recrues accourues des quatre coins du monde afin de combattre à leurs côtés en Irak et en Syrie, ils sont la lie de l'humanité. Ces mécréants doivent être convertis de force ou détruits. Venus de Mossoul, leur «capitale», les combattants au drapeau noir de l'État islamique (EI) déferlent en août 2014 dans la plaine de Ninive et dans le désert de Sinjar pour les rayer de la carte. Les hommes sont abattus, les femmes et les enfants kidnappés. Une hécatombe qualifiée de «génocide» par les Nations unies. Des centaines de milliers de fuyards trouvent refuge sur les pentes du mont Sinjar, où selon les légendes locales, Noé échoua son arche. Ils sont sauvés grâce à l'intervention des nationalistes kurdes du PKK accourus de Syrie et de Turquie et de l'aviation américaine.

 
En août 2014, persécutés par les djihadistes de l'EI, les membres de la minorité yazidie, essentiellement des femmes et des enfants, avaient dû fuir la région de Sinjar dans le nord-ouest de l'Irak, à la frontière avec la Syrie. - Crédits photo : Rodi Said/REUTERS

Nassan rejoint la fabrique des enfants-soldats de Daech

Nassan n'a pas eu cette chance. Prisonnier à Mossoul, il est déporté avec sa famille en Syrie au bout de six mois. Son maître s'est lassé de violer sa mère. Il vend sa proie avec sa progéniture à un marchand d'esclaves qui affrète quatre bus de marchandise humaine. Direction Raqqa, le fief de l'EI situé de l'autre côté d'une frontière effacée par un califat alors en pleine expansion. Là, Nassan est séparé de ses proches. Il fait ses adieux à sa mère cédée à un nouveau propriétaire et rejoint les «Lionceaux du califat», la fabrique des enfants-soldats de Daech réservée aux moins de 16 ans. Une école à laver les cerveaux, à inculquer les bases doctrinaires de l'organisation et à dresser des chiens de guerre.

Nassan intègre près de Suluk, à la frontière turque, un «institut de formation». Il découvre vite le sort réservé aux «apostats» qui tentent de prendre la poudre d'escampette: au mieux l'emprisonnement dans des culs-de-basse-fosse avec pour nourriture trois dattes par jour, au pire l'exécution sommaire. La charia lui est enseignée à coups de trique. Les cours de théologie prônent une lecture ultra rigoureuse du Coran. Il apprend les rudiments du maniement des armes, la tactique et les techniques militaires. En médecine, quelques notions d'anatomie sont dispensées. Il s'agit de mieux connaître les parties sensibles du corps humain comme les muscles du cou, le plexus solaire ou les testicules. Le b.a.-ba pour traiter de futurs prisonniers. Nassan et ses camarades yazidis, enrôlés de force comme lui, sont les souffre-douleur de leurs camarades de promotion. La recrue se plie à la discipline de fer, en bon élève studieux. «On nous avait promis que nous serions des hommes libres après nos classes», dit-il.

Le maître condamné à restituer ses esclaves

Six mois plus tard, le «lionceau» est affranchi et incorporé dans une unité combattante. Nassan plaide auprès de ses supérieurs militaro-religieux une dispense en s'appuyant sur ses fraîches connaissances acquises en «sciences de la charia». Il n'a qu'un rein et souffre des séquelles d'une jambe cassée dans son enfance. De quoi justifier une exemption au regard du «droit islamique». Il est muté aux cuisines. Le cantinier assure l'intendance de sa brigade sur les fronts d'Alep à Tabqa. «J'étais un djihadiste parmi les djihadistes mais partout, je cherchais ma famille. C'était mon obsession. Ma mère me manquait», se souvient-il. Au début de l'année 2016, sa quête passe par Palmyre, où Daech est menacé par les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL). Il arpente, l'arme en bandoulière, les rues de la cité antique, interroge les habitants jusqu'au jour où il croise, par hasard, l'un de ses frères sorti faire une course. La famille est dans les griffes d'un certain Abou Hamad, un djihadiste du cru. Sa mère, ses frères et sœurs occupent le rez-de-chaussée de la maison des maîtres. Abou Hamad est installé au premier avec sa femme et ses enfants. Le djihadiste viole et bat régulièrement sa bonne à tout faire. Sa femme la frappe à la moindre occasion. Les enfants du couple se chargent du tabassage des petits esclaves.

 
Nadia Murad, une yazidie victime d'esclavage sexuel en 2014 et devenue ambassadrice de bonne volonté de l'ONU, en compagnie de pechmergas lors d'une visite à Sinjar en juin. - Crédits photo : ALKIS KONSTANTINIDIS/REUTERS

Nassan assiège Abou Hamad pour récupérer les siens. «J'allais le voir tous les jours. Il réclamait 35.000 dollars de rançon et je n'avais pas d'argent. Il ne voulait rien entendre. J'ai fini par le traîner devant un tribunal de la charia à Raqqa», raconte Nassan. Il s'appuie, une fois encore, sur le droit islamique pour prendre les djihadistes à leur propre jeu. «Je suis un musulman, membre de l'État islamique! J'ai le droit de vivre avec ma mère!» argue-t-il. Un «magistrat» tranche le différend en sa faveur. Le jeune homme est un «homme libre» affilié à l'organisation, et peut donc, en vertu de la charia, récupérer ses proches. Le maître est condamné à restituer ses esclaves mais peut toutefois conserver l'aînée des filles, âgée de 12 ans. La gamine qui appartient à la femme d'Abou Hamad reste corvéable et, cela va sans dire, «violable» à merci.

Environ 10.000 hommes, femmes et enfants yazidis sont morts, ont été enlevés ou sont portés disparus dans la campagne de nettoyage ethnico-religieuse perpétrée par Daech

Nassan obtient également du «bureau des maisons confisquées» un logement à Raqqa pour héberger ses protégés. Il peut continuer à faire la popote aux combattants djihadistes en mitonnant l'ultime étape de son plan: l'évasion de Syrie. Contacté par portable via les filières du gouvernement du Kurdistan irakien, un passeur se charge des opérations. Le groupe quitte clandestinement Raqqa en décembre pour un périple qui s'achève à la porte de la liberté: le premier check point des Kurdes syriens de l'YPG, la branche syrienne du PKK turc. Quinze jours plus tard, il parvient, par la même filière, à sauver Saleh, l'un des amis djihadistes d'origine yazidie rencontré à l'école des Lionceaux du califat qui a pu, lui aussi, récupérer sa famille.

Aujourd'hui, les «frères jumeaux» se revoient régulièrement dans un camp de déplacés des environs de Zakho, au Kurdistan irakien. Nassan a commencé à apprendre l'anglais dans un vieux dictionnaire. Saleh a appris la disparition de son père ainsi que le meurtre de son frère tué lors du massacre de Kocho commis par l'EI le 15 août 2014 (plus de 80 morts). Environ 10.000 hommes, femmes et enfants yazidis sont morts, ont été enlevés ou sont portés disparus dans la campagne de nettoyage ethnico-religieuse perpétrée par Daech.

Gulay, la mère de Nassan, a retrouvé son mari mais pleure sa fille toujours prisonnière à Raqqa. «Il y a un mois ce salaud d'Abou Hamad réclamait toujours 35.000 dollars contre sa libération, dans un message audio posté sur un réseau social. Nous n'avons pas les moyens de payer. Son portable est fermé depuis le début de la bataille de Raqqa.» Assis à ses côtés, l'un de ses gamins s'agite. D'un mouvement brutal, il tend le bras vers sa mère et fait mine de lui tirer une balle dans la tête.

Le viol des fillettes de Koda, la femme en noir

«On a vécu le pire du pire avec mes deux maîtres, un Saoudien et un Tunisien. Ils abusaient des petites et les frappaient avec une canne quand elles faisaient du bruit»

Koda, 30 ans, mère de Galia, 7 ans, et Marwa, 6 ans

Koda a 30 ans et en parait 60. Elle est flanquée de Galia, 7 ans, et Marwa, 6 ans, silencieuses et prostrées. Les deux fillettes ont été violées encore et encore par des psychopathes de Daech durant des mois et des mois. Koda ne s'en cache pas. Elle n'a plus d'honneur à défendre. «On a vécu le pire du pire avec mes deux maîtres, un Saoudien et un Tunisien. Ils abusaient des petites et les frappaient avec une canne quand elles faisaient du bruit comme tous les enfants de leur âge. Je pensais à me suicider mais je ne pouvais pas les abandonner. À Raqqa, nous étions nombreuses dans le même cas», témoigne-t-elle. Koda a été vendue par son maître de Mossoul pour quelques centaines de dollars.

Elle a été revendue six fois en Syrie passant de main en main. Un djihadiste en mal d'argent a publié sa photo sur Whatsapp avec le montant de la rançon fixée à 23.000 dollars, enfants compris, une pratique courante. Son beau-frère a réuni la somme et l'a rachetée voici dix-sept mois. Depuis, elle erre dans le camp de Darkar Ajam, vêtue de noir de la tête aux pieds. «C'est la couleur de la tristesse et de l'intérieur de mon cœur» dit-elle. «Je ne possède qu'une carte de rationnement. Je n'ai rien et je ne suis rien. J'ai juste mon malheur. Mon mari a disparu avec le reste de ma famille en fuyant Daech voici bientôt trois ans. Je n'ai pas de présent, ni d'avenir. Juste trois filles brisées».

Le sourire de Parwin

Parwin, 23 ans, a connu deux délivrances. La première en septembre dernier quand Mohammed, un Mossouliote bienveillant, l'a subtilisée à l'émir Hamza, un cadre de Daech. La seconde à la fin de l'année lorsque la partie orientale de Mossoul a été libérée par l'armée irakienne. Le 30 décembre dernier, Parwin a pris sa fille Suriana, âgée de 3 ans, dans les bras et a traversé la ville défigurée par les bombardements et les combats. Elle a marché des heures sous la pluie jusqu'à un lieu de rendez-vous où l'attendait un cheikh arabe qui l'a conduite à Bartalla, la cité chrétienne contrôlée par les Unités de protection de Ninive (NPU), une milice assyrienne.

D'une beauté remarquable, Parwin devait être considérée comme une prise de choix par les prédateurs de Daech. Vendue et revendue, passant d'un émir à l'autre, elle a connu onze maîtres. «Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre. Ils étaient tous ignobles et plus ou moins violents. J'ai été enchaînée, violée, tabassée, ma fille était battue», dit-elle. Ceux qui auraient pu montrer des sentiments cachaient leur humanité par lâcheté. Elle se souvient de Khaled, une brute épaisse qui s'est emparé d'elle après son enlèvement. C'était un yazidi converti secrètement à l'islam avant l'arrivée de l'État islamique. Il est mort au combat au bout d'un an. Elle se souvient surtout de son dernier mari, l'émir Hamza, un caïd. À Mossoul, il l'offrait comme cadeau à ses hôtes.

 
Avant de s'évader, Houda, 20 ans, ici avec son neveu de 8 mois, a passé plus de 40 jours aux mains des miliciens de l'État islamique. - Crédits photo : Emilien URBANO

D'une résistance impressionnante, Parwin s'est embarquée dans moult tentatives d'évasion. Un jour, l'insoumise a fui à pied en compagnie d'une camarade d'infortune sans s'apercevoir que l'émir Hamza les filait en voiture. La vengeance est tombée sur sa fille. La gamine a été séquestrée sans soins, ni nourriture. L'émir voulait l'envoyer en Syrie pour la séparer définitivement de sa mère. L'intervention de Mohammed, le Mossouliote, a mis fin au drame. «La bataille pour la libération de Mossoul avait commencé. Nous avions peur des frappes aériennes. Nous changions de cachette à la moindre alerte. Mohammed ne m'a rien demandé et n'a jamais cherché à abuser de moi. S'il avait été pris, il aurait été pendu», raconte Parwin.

Parwin a supporté l'abjection et l'avilissement, mais ses épreuves d'une insondable cruauté n'ont pas altéré son joli sourire

La jeune femme à l'élégance naturelle raconte patiemment son voyage au bout de la nuit djihadiste. Parwin est digne. Elle a connu des esclaves qui ont sauté sur un champ de mines en s'échappant. Elle a côtoyé une captive tuée en même temps que son maître, un haut responsable de l'État islamique, dans un véhicule ciblé par une frappe aérienne de la coalition. Elle a supporté l'abjection et l'avilissement, mais ses épreuves d'une insondable cruauté n'ont pas altéré son joli sourire.

Assise sur ses genoux, sa fille tire de temps en temps la langue pour la tordre et la malaxer avec ses doigts. Parwin la retient. Pendant la conversation, Suriana tente aussi d'arracher le corsage de la robe pourpre au col doré de sa maman. Un geste qu'elle a dû voir et revoir. Suriana va mal. Elle lance des pierres sur les passants dans les allées du camp Darkar Ajam. Il lui arrive de s'emparer d'un couteau et de crier «je vais te violer». «Je veux tout oublier pour recommencer à vivre», dit Parwin. «C'est difficile pour moi comme pour Suriana. Je l'entendais pleurer couchée derrière ma porte quand j'étais enfermée. Il n'y a pas longtemps, elle n'aurait pas tenu en place pendant l'entretien. Elle se serait levée et aurait saccagé le bureau.»

Le regard fou de la petite Asma

Ex-prisonnière, Nadira, 42 ans, a gardé les moutons de Daech dans un petit village chiite près de Tall Afar, un bastion de l'EI proche de la frontière syrienne. Elle a participé avec sa progéniture à une évasion de masse en avril 2015. Le groupe d'une quarantaine de personnes est parvenu à s'extraire de la nasse. Nadira avait coupé les cheveux de sa fille Asma, 8 ans à l'époque, et l'avait déguisée en garçon pour qu'elle échappe à un viol immédiat en cas de capture. Deux ans plus tard, la fillette ne se remet pas des horreurs qu'elle a endurées. Asma a le regard inquiet des bêtes traquées. Ses yeux tournent comme des billes dans leurs orbites ou fixent un point invisible. Elle est mutique. «Elle ne veut pas parler. Elle s'installe souvent dans un coin et pleure en silence mais la nuit c'est la folie», commente la mère. Nadira se ronge les sangs pour deux de ses filles toujours aux mains de Daech. Elle est sans nouvelle de l'une, âgée de 15 ans à sa disparition. La seconde, Eyam, 20 ans, est retenue par un djihadiste du nom d'Abou Khatab dans le réduit de Mossoul-Ouest toujours sous le contrôle de Daech. Des centaines de femmes yazidies sont ainsi toujours séquestrées à Mossoul, à Raqqa et dans les zones encore sous le joug de l'organisation.

Nadira, Koda, Parwin et Gulay ne sont pas près de retrouver leurs villages du Sinjar. Le secteur est en grande partie libéré mais le fief djihadiste de Tall Afar, une ville stratégique sur la route entre Mossoul et la Syrie, n'est pas repris. L'instabilité est grande dans cette contrée du Nord de l'Irak, placée de par sa position géographique entre l'Irak, la Syrie et la Turquie au cœur d'un grand jeu entre puissances régionales. Les autorités du gouvernement fédéral du Kurdistan irakien et le pouvoir central de Bagdad se disputent le territoire. Les pechmergas kurdes irakiens se mesurent à leurs frères ennemis kurdes du PKK turco-syrien tandis que les milices chiites liées à l'Iran se sont installées dans les parages. Des yazidis ont formé des groupes paramilitaires. Certains ont rejoint le PKK qui les a tant aidés en 2014. Ce cocktail explosif a toutes les chances de retarder le retour des déplacés. Il pourrait surtout entraîner la communauté dans un conflit dont elle serait la première victime.

(1) Fondée par l'acupunctrice Élise Boghossian l'ONG EliseCare lance un appel aux dons www.elisecare.org.

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Peut-on espérer le bonheur pour nos enfants?

Constance Guillot le 15 jin 2017    <<<<<<<<HN<<<<<<<<<

Avec Osez le bonheur pour vos enfants, l’abbé Hubert Lelièvre relève le grand défi de fournir aux parents les clés d’une éducation réussie dans le contexte difficile actuel pour la famille. Une œuvre pleine d’espérance et de foi en la famille d’aujourd’hui, pour aider les parents dans leur tâche quotidienne.

Vous dites dans l’introduction de Osez le bonheur pour vos enfants « Ne nous laissons jamais voler l’Espérance ». Votre livre est un livre d’espérance ? 

     Depuis de nombreuses années j’écoute des parents. À travers ce livre, j’ai voulu les rejoindre pour leur dire en tout premier lieu « merci » pour avoir dit « oui » le jour du sacrement de mariage; même si aujourd’hui ce oui peut être en souffrance. J’ai voulu les rejoindre pour les encourager dans une période difficile que nous traversons, où règne une confusion sans précédent qui rend leur mission difficile. Ce livre est un livre clairement d’espérance, sans cacher le contexte trop souvent hostile à la famille, à l’éducation chrétienne. En fait, je fais appel à la grâce du baptême et du « oui » du mariage des parents. Puis, la grâce du baptême de chaque enfant capable de recevoir cette nourriture spirituelle et humaine pour parcourir le chemin de sainteté. Au jour de mon baptême, j’ai reçu la vie même de Dieu : la foi, l’espérance, la charité. La vie même de Dieu, quel immense cadeau. La grande tentation est de croire et de vivre ce que j’ai reçu à ma naissance : des valeurs. Ce qui donne sens ou « fait sens » pour remplacer la foi. Un capital d’espoir pour remplacer l’espérance. Et la solidarité pour remplacer la charité. Au fond, de ne plus appartenir à Dieu, mais au monde. Nous sommes dans le monde, pas du monde, ne cesse de redire le Pape François.

Avec confiance, je me tourne vers l’espérance. Elle ne déçoit pas dit saint Paul. Puisque « l’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint Esprit » (Rm 5,5)

Quel rôle pour les parents « modernes » d’aujourd’hui ? Avec la société dans laquelle ils vivent ? 

L’exemple nous est donné par la Sainte Famille de Nazareth. En elle se trouvent tous les trésors dont les parents ont besoin pour « élever les enfants vers le Ciel » comme disaient saint Louis et sainte Zélie Martin. Élever vers le Ciel, c’est-à-dire donner, procurer la nourriture pour que l’âme tende vers les choses du Ciel, ce qui permet aux pieds d’être bien sur terre. Ou comme le disait saint Jean Bosco « devenir un bon chrétien et un bon citoyen ». Le regard tourné vers le Ciel. C’est en cela que consiste l’éducation des enfants.

Comment aujourd’hui, où Dieu est effacé, pouvons nous mettre le Seigneur au centre ?

Nous vivons la révolte la plus grande de la créature contre son Créateur. Du fils envers son Père. Le Gender et le transhumanisme en sont des exemples particulièrement douloureux. Notre époque n’efface pas Dieu, elle se révolte ouvertement contre Lui. La grande tentation de s’affranchir définitivement de la paternité de Dieu par la désobéissance est supérieure à celle du péché originel. Saint Jean Paul II en parlait aux évêques de France lors de sa première venue, en 1980. En utilisant le terme de « méta-tentation ». Notre époque n’efface pas Dieu. Elle crie sa soif de Dieu. Elle crie sa soif de Salut. Mais vers qui nous tournons-nous pour trouver la réponse ? Vers la paternité de Dieu... ou vers un État-Providence qui, depuis l’élection du nouveau Président en France, est passé de « l’État-providence » à « l’État-bienveillance » ce qui est pire encore parce qu’ici la « bienveillance » qui s’installe est profondément marxiste.

Vous parlez de confiance, d’espérance, mais comment, avec les lois sur la famille qui affluent, la famille peut-elle avoir confiance ? 

Nous devons être réalistes et opérer une conversion à 380 degrés si nous voulons que les choses changent vraiment. Nous voulons que les choses changent dans la société, mais nous ne voulons pas changer. Je souffre beaucoup de nous voir, baptisés, trop souvent subir, accompagner le mal qui s’installe. « Être vigi quelque chose » est peut-être utile. Mais, par notre baptême, nous avons reçu le don de prophétie. Qu’en fait-on ? Nous ne pouvons plus être des cathos qui subissent : « tais-toi et morfle ». Il est urgent que nous vivions notre Baptême, et soyons prophètes. Écrire l’Histoire et non la subir ! C’est ce que les parents sont invités à former, forger dans l’âme, le cœur, l’intelligence des jeunes. Ouvrir des chemins. Passer devant et cesser « d’accompagner » ce qui ne va pas en se contentant de dire « on va veiller » ou « ce qui se met en place ne nous semble pas bon »... Ou encore d’être des « cathos-clics » : avoir bonne conscience en un clic d’ordinateur pour dire ce que je pense ou pas. Pas très engageant !

La confiance, l’espérance : si on les prend du bon côté, ce sera plus facile. Faire le bien en commençant dans ma propre famille, dans ma propre vie personnelle. Puis locale. Alors les lois changeront. Avoir le courage de la cohérence entre ce que nous vivons et traduisons par le vote dans les urnes. Notre premier discernement pour une élection est : quel programme touche le moins à la famille ? Quel programme pulvérisera le moins la famille ? Quel programme valorisera la famille et la vie ? Relire des passages de l’encyclique Evangelium Vitæ avant d’aller voter, aidera à un discernement vrai. Sommes-nous prêts ? Le voulons-nous ?

Vous dites au chapitre 3, « L’enfant a besoin d’une colonne vertébrale pour se former ». Pour ceux qui n’ont pas encore lu votre livre qu’elle est cette colonne vertébrale ? 

La colonne vertébrale est multiple. D’abord, l’amour de mes parents. Et des autres membres de ma famille. La famille est la première école où je suis aimé, je reçois cet amour et j’apprends à aimer. La loi naturelle inscrite dans ma conscience. Conscience appelée à être formée et non formatée. Forgée pour que je devienne vraiment libre. Puis, la grâce de mon baptême. Le bienheureux père Marie-Eugène encourageait beaucoup les familles à laisser fructifier la grâce du baptême qui conduit un enfant vers la sainteté. Il y a une merveilleuse saison de saints dans nos familles. Chez les enfants, chez les jeunes. Ils sont nombreux, nombreux, dans nos familles ! Quel encouragement pour chacun.

Comment imaginez-vous le « concept » de la famille, des parents et des enfants, dans quelques années ?

La famille n’est pas un concept. Elle est une réalité naturelle voulue par Dieu depuis le Matin du monde, qui est bien antérieure à l’Église. Lorsqu’elle cesse d’être une réalité et devient un concept, alors, il y a un bug. Benoît XVI l’a dénoncé (20 décembre 2010 et 21 décembre 2012). C’est ce que nous vivons aujourd’hui avec le relativisme destructeur. Saint Jean Paul II nous invitait au début du nouveau millénaire à avoir le courage de partir, de repartir de la Parole de Dieu au Matin du monde sur l’homme et la femme, la famille. Cela aidera à sortir de l’impasse du relativisme ravageur. Et aidera des jeunes à se construire, à construire une famille et donc la société avec la colonne vertébrale de cette Parole de Dieu qui éclaire, féconde. Cela s’appelle le bon sens !  Et le bon sens a toujours survécu aux idéologies. Donc, la famille a de l’avenir devant elle !

Pour aller plus loin : Père Hubert Lelièvre, Osez le bonheur pour vos enfants, Éd. Peuple Libre, 152 p., 12 €.

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Lyon: 12.000 personnes la Lesbian et Gay Pride

Le  17 juin 2017    <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<

Douze mille personnes, selon la police, ont défilé samedi après-midi dans une ambiance festive à la Lesbian et Gay pride de Lyon.

Derrière la banderole de tête sur laquelle était écrit:"Ici et ailleurs, nos droits ne sont pas négociables", la 22e marche des fiertés lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexe (LGBTI) d'Auvergne Rhône-Alpes s'est ébranlée peu avant 15h00 sous une chaleur écrasante depuis la place Bellecour avant d'y revenir en passant par les quais du Rhône, a constaté un journaliste de l'AFP.

Près d'une dizaine de véhicules, dont des chars musicaux sur lesquels de jeunes gens dansaient sur de la musique techno crachée par d'imposants haut-parleurs, accompagnaient le défilé composé essentiellement de lycéens et d'étudiants.

Certains portaient notamment à bout de bras le drapeau arc-en-ciel de la communauté homosexuelle tandis que d'autres le portaient en cape. Des élus locaux de gauche et de la République en Marche (REM), candidats pour certains aux élections législatives, étaient également présents.

"L'égalité, pas l'austérité ! La solidarité LGBTI brise les frontières" ou encore "Au coeur de la vague ou à contre-courant, ici ou en Tchétchénie (ndlr: où des personnes LGBT fuient les persécutions à leur encontre), nous lutterons", pouvait-on également lire sur de larges banderoles accrochées à quelques-uns des chars musicaux.

Mais la fête n'était pas samedi totalement au rendez-vous pour les organisateurs de la marche et certains militants, qui avaient préféré un passage dans le quartier historique du Vieux Lyon, côté Saône. Ce que la préfecture n'a pas validé, a indiqué à l'AFP une de ses porte-paroles, pour des "raisons d'accessibilité et de sécurité dans un contexte d'Etat d'urgence et de menaces terroristes".

Pour l'association Homosexualités et Socialisme (HES), cette interdiction est liée à la présence de plusieurs groupuscules d'extrême droite dans le quartier historique lyonnais.

"Certains quartiers de notre ville comme St Jean et St Georges sont réservés aux uniques fascistes, antisémites, homophobes, racistes, faisant actes de violences physiques, d'appels à la haine, rappelant les heures du nazisme, nous menaçant pour certain-e-s d'entre-nous en bas de nos domiciles, la liste est non exhaustive", déclare dans un communiqué HES appelant le préfet "à agir".

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Le pénis et la confiance, cercle vicieux ou vertueux ?

Le 18 juin 2017    <<<<<<<<<<<<LM<<<<<<<<<<<<<
Messieurs, la confiance est une qualité trop cruciale pour être confiée à votre partie la plus sensible, nous dit la chroniqueuse de La Matinale Maïa Mazaurette.

Quelle partie du corps des hommes est plus fragile que la zone génitale ? Des incessantes crises de la masculinité aux paniques identitaires à répétition, clairement : la confiance.

D’ailleurs sans confiance, les parties génitales sont les premières à chavirer. Les sexologues le disent et le répètent : rien de tel qu’un surinvestissement du pénis (une première nuit, une angoisse de performance) pour enclencher le cycle infernal des débandades.

« J’ai été nul, je dois me rattraper, sauf qu’avec deux fois plus de pression, j’ai deux fois plus de risque de perdre mes moyens, et j’en ai conscience, donc je commence à cogiter, l’existence précède-t-elle l’essence, ai-je racheté des aubergines, pourquoi ne suis-je pas moi-même une aubergine ? »

En 2017, les ennemis de la confiance masculine sont nombreux. Et comme toujours, nous sommes nos adversaires les plus coriaces. Sans même parler des idées fausses liées à la sexualité, sans même parler du perfectionnisme qui diminue le fonctionnement sexuel, nous nous acharnons à propager de fausses normes. Prenons le couple stable. Celui qui s’accorde deux rapports par semaine de quinze minutes avec une pénétration opérée par un pénis raisonnable de quinze cm.

Intériorisation de normes absurdes

Si cette description de la banalité vous semble juste, vous vous infligez une pression superflue. Selon le statisticien Seth Stephens-Davidowitz, qui s’appuie sur les ventes de préservatifs et non sur nos vantardises (il vient de publier Everybody Lies, HarperCollins, 2017), les hommes rapportent trois fois plus de rapports sexuels qu’ils n’en ont, et les femmes, un peu moins menteuses, deux fois plus.

Ce qui nous ramène à moins d’un rapport par semaine – une fréquence qui, selon la revue Social Psychological and Personality Science, est parfaitement suffisante pour assurer notre bonheur. Le temps médian d’une pénétration est de 5 minutes et 24 secondes (Journal of Sexual Medicine, 2015). Quant au pénis moyen, il mesure 13 centimètres en érection (King’s College de Londres).

Au-delà de nos propres attentes, encore faut-il ajouter celles de la culture. Nous avons plus facilement accès, visuellement, aux corps médiatiques qu’aux corps réels. D’où une fâcheuse tendance à comparer sa masculinité à celle d’hommes dont le travail consiste à l’incarner : acteurs hollywoodiens aux torses musclés, acteurs pornographiques aux pénis surdimensionnés.

Autant de spécialistes qui bénéficient souvent d’effets spéciaux, parmi lesquels on rangera non seulement les cadrages et les lumières avantageuses, mais aussi les phénomènes de dopage aux stéroïdes et au Viagra. Pour le dire clairement : les performances de ces professionnels sont hors de portée de l’homme moyen potelé, ce qui n’empêche pas l’intériorisation de normes absurdes.

Rompre le silence

Ainsi, selon une étude de l’Université Chapman (Californie) en 2016, les hommes rattrapent le niveau d’insécurité des femmes : 15 % sont extrêmement insatisfaits de leur poids (et 20 % des femmes), 6 % détestent leur apparence (et 9 % d’entre elles).

Là où ça devient compliqué, c’est que les mâles velus se trouvent face à un double discours inconciliable : il faut séduire, donc avoir conscience de son apparence (jusqu’au bout du pénis), mais un « vrai » bonhomme laisse ces basses considérations aux femmes... donc devrait être invisible à lui-même. Résultat : quand les hommes ont des problèmes de confiance, ils ne peuvent pas toujours s’épancher, surtout auprès d’autres hommes. Et parce qu’ils n’en parlent pas, la boucle du silence se resserre.

Malgré l’émergence du métrosexuel sensible, décomplexé dans sa vulnérabilité, la majorité des hommes doutant de leurs performances sexuelles (petit pénis, éjaculation rapide, aubergine tordue) se retrouvent avec une unique interlocutrice : leur compagne. Du moins quand l’intimité du couple autorise ce genre de confidences.

Ce besoin d’être rassuré prend la forme innocente de conversations sur l’oreiller : « C’était bien ? Tu as joui ? » Les femmes ont d’ailleurs intégré leur rôle de supportrices morales indéfectibles (« Tu as assuré dans la gloire phallique éternelle, Jean-Patrick, tel un étalon de Gengis Khan »). La simulation peut d’ailleurs être considérée comme une forme indirecte de soutien moral.

Quand tout repose sur la pénétration

Une fois encore, la pornographie de masse joue un rôle prescripteur. Les femmes y expriment leur validation de manière beaucoup plus explicite que dans le monde réel (nous en avions déjà parlé) : elles y célèbrent l’endurance du pénis, jouissent constamment, en redemandent... Surtout, elles remettent indéfiniment en scène et en mots leur plaisir. Un travail de constante paraphrase, compliqué à reproduire dans la vie conjugale, à moins de pouvoir se concentrer à la fois sur ses sensations et sur le bien-être émotionnel de Jean-Patrick.

Conséquence logique : selon une toute récente étude de l’université du Michigan, les hommes ont tendance à utiliser l’orgasme féminin comme un étalon à la fois de leur confiance sexuelle (ça peut se comprendre), mais aussi de leur masculinité en général. C’est sur ce second point que ça coince : faire reposer son identité sur le plaisir d’une autre personne reste une entreprise hautement risquée.

Ajoutons à cette équation une contrainte supplémentaire : dans le contexte d’une sexualité génitale classique, tout repose sur la pénétration, donc sur le pénis. Si « ça » ne marche pas, c’est la faute du pénis, qui se retrouve sous le feu des projecteurs – et qui a tendance à ne pas apprécier ce surcroît d’attention.

Le moment est idéal pour réactiver la métaphore de l’œuf et de la poule : la performance sexuelle est nécessaire à l’estime de soi, mais en retour, l’estime de soi est nécessaire pour atteindre la performance sexuelle.

Elargissez votre répertoire de pratiques

Dans ces conditions, par où commencer ? Soyons pragmatiques, sortons le rasoir d’Ockham, et guérissons ce qui regarde une seule personne plutôt que l’alchimie entre deux. Paradoxalement, c’est en déconnectant l’estime de soi du pénis qu’on arrivera le plus facilement à rétablir les performances péniennes – en impliquant le corps masculin entier dans l’acte sexuel. Sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, plus vous élargissez votre répertoire de pratiques, moins vous avez besoin d’élargir le pénis.

Le lâcher-prise peut aussi venir à la rescousse. Comme l’écrit la psychiatre Annie Boyer-Labrouche dans son ouvrage De la séduction à la perversion (Doin, 2013), « il est absolument nécessaire que le sujet (...) observe de lui-même qu’après une baisse d’énergie il y a toujours une remontée. Nous sommes là au cœur du travail. Lorsque la personne a accepté ces phénomènes, qu’elle n’en a plus peur et qu’elle peut se laisser aller, elle est libérée. »

Si la littérature médicale a rabâché la formule latine tota mulier in utero (toute la femme est dans son utérus), évitons de réduire à leur tour les hommes à leur pénis : totus vir in mentula*. La confiance est une qualité trop cruciale pour être confiée à votre partie la plus sensible.

*Ici, la sexperte prie les dieux du latinisme qu’ils ne l’aient point abandonnée depuis ses années lycée.


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Helmut Kohl, homme public, tragédie privée

Derrière l'ombre écrasante du père de l'unification allemande et européenne se cache une famille déchirée. Ses deux fils en sont les témoins vivants.

Pascale Hugues le 18 juin 2017      <<<<<<LP<<<<<<<<<<

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Des milliers de personnes à Paris réclament «la PMA pour toutes»

Le 24 juin 2017        <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<

EN IMAGES - Samedi dans les rues de la capitale, le mot d'ordre de la Marche des fiertés était «PMA sans condition ni restriction».

La 40e édition de la Marche des fiertés, qui se tenait samedi après-midi à Paris, avait pour mot d'ordre «PMA sans condition ni restriction». La procréation médicalement assistée (PMA) est aujourd'hui accessible aux seuls couples hétérosexuels.

» À la Gay Pride, elles veulent la PMA pour toutes «maintenant»

Pendant la campagne présidentielle, le candidat centriste Emmanuel Macron s'était dit «favorable» à son ouverture «aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires». Après quatre ans et demi de réflexion, le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) doit rendre mardi prochain son avis sur ce sujet sensible.

Dès 14h donc samedi, ils étaient des milliers à défiler entre la place de la Concorde et la place de la République. Des concerts étaient prévus au cours de la soirée à l'arrivée. En tête de cortège, on a vu Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes. D'autres responsables politiques étaient également présents, dont l'ancien candidat PS à la présidentielle Benoit Hamon.

- Crédits photo : JACQUES DEMARTHON/AFP

Une porte-parole de l'association organisatrice, l'Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans), a été acclamée avant le départ du cortège après avoir dit: «Ça fait quarante ans, et ce n'est pas fini!» «Nous ne sommes pas ici pour demander des miettes, mais des droits, et c'est pour cela que nous partons à quelques mètres de l'Assemblée nationale.»

- Crédits photo : JACQUES DEMARTHON/AFP

Les générations se côtoient: drapées dans des drapeaux arc-en-ciel, Agathe, Marwa et Laura ont 16 ou 17 ans. Elles sont là «pour faire avancer les choses» et se félicitent que «les jeunes assument plus» leur orientation sexuelle. Jean-Luc et Franck, enseignants au collège, ont perdu le compte précis des années: «Notre première marche? Il y a vingt ans, au moins.» Eux veulent avoir une pensée pour ceux qui «dans d'autres pays ne peuvent pas faire ce que l'on fait (comme à Istanbul, voir plus bas, ndlr)».

 
- Crédits photo : GONZALO FUENTES/REUTERS

Près du char des militants LGBT des forces de l'ordre, Mickaël Bucheron, président de l'association FLAG - dont était membre le policier Xavier Jugelé, tué dans un attentat jihadiste sur les Champs-Élysées en avril- est venu réclamer le droit de défiler en uniforme pour «dire à la population que la police est diverse, à son image».

Le président Emmanuel Macron a tweeté samedi: «La France est arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons en fiers! #MarcheDesFiertés#LoveisLove».

 

Dans le cortège, un groupe «LGBT - En Marche» parade sous son ballon géant. Mais les militants ont une consigne: «On ne parle pas à la presse.»


La marche interdite à Istanbul

Le gouvernorat d'Istanbul n'autorisera pas la «marche des fiertés» LGBTI prévue dimanche sur l'emblématique place Taksim pour des raisons de sécurité, selon un communiqué publié samedi.

Ailleurs dans le monde, on a aussi défilé samedi à Québec, x ou x.

 

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Image du suicide

le 24 juin 2017    <<<<<<<<<<<<Yves Daoudal<<<<<<<<

La vidéo suivante ne vous fera pas perdre de temps : elle dure 15 secondes. Et elle est une illustration du suicide de nos sociétés. Elle est produite par les services de santé de l’Ontario (Canada), donc financée par les contribuables. Avant de la regarder il convient aussi de savoir que le taux d’enfants par femme est tombé (depuis longtemps) à 1,5 dans cet Etat.

Bref, les enfants sont insupportables : il ne faut pas en avoir. Et pour cela l’Etat va vous aider : allez sur notre site et sur la rubrique « Options en matière de soins de santé ». Car la contraception et l’avortement (permis jusqu’à la naissance au Canada) sont des soins de santé : si vous ne voulez pas être malade d’avoir un enfant insupportable.

Ce qui est également ignoble, et devrait faire condamner l’Etat de l’Ontario pour discrimination, est que l’enfant est particulièrement insupportable parce qu’il est roux. Les statistiques montrent que les roux sont les plus maltraités dans les cours d’école. Dans la propagande de l’Ontario aussi…

(Source: LifeSiteNews)

 

 

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La consommation d’alcool pendant la grossesse modifie le visage des fœtus

Soline Roy le 14 jun 2017   <<<<<<<<<LF<<<<<<<<<<

Même à faible dose, l’alcool consommé par les femmes enceintes a une indicence sur le développement du bébé.

Il est des domaines où le doute ne doit pas profiter à l’accusé. La consommation d’alcool, même faible, par les femmes enceintes en est un. Pourtant, faute de preuves solides sur les dangers d’une faible consommation, ce message d’éviction absolue peine à passer : plus de 20 % des femmes continuent à boire quand elles sont enceintes, selon l’enquête Périnatale 2010 de l’Inserm.

Il est bien établi que maternité et abus d’alcool font très mauvais ménage. Sous sa forme la plus grave, le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) associe des anomalies dans la forme du visage, un retard de croissance et un déficit mental . Le SAF toucherait au moins 1 % des naissances (soit 8000 nouveau-nés par an), selon des estimations jugées par les experts en deçà de la vérité, et il serait la cause la plus fréquente de déficit mental évitable.

À moins de 2 verres par jour, en revanche, les dangers sont mal connus. Or «il n’est pas toujours facile de dire aux femmes enceintes de ne pas boire du tout, sans preuve solide», regrette le Pr Michel Reynaud, addictologue, président du Fonds action addictions et concepteur du portail Internet Addictaid.

«Ce type d’études est important car certains essaient de remettre en cause le dogme du zéro alcool pendant la grossesse»

Pr Mickaël Naassila, de l’Inserm

Une équipe de l’université de Melbourne (Australie) publie dans la revue Jama Pediatrics une étude montrant que l’apparence physique caractéristique des enfants souffrant du SAF peut être retrouvée chez des bébés exposés à l’alcool durant la grossesse, même à de plus faibles doses. «Ce type d’études est important car certains essaient de remettre en cause le dogme du zéro alcool pendant la grossesse» au motif que les preuves manquent, met en garde le Pr Mickaël Naassila, directeur du groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm.

Les auteurs ont analysé la morphologie faciale de 415 enfants nés dans des maternités accueillant des grossesses à bas risque. Recrutées au début de la grossesse, les mères indiquaient leur consommation (fréquence, quantités, types d’alcool) dans les trois mois précédant la grossesse, puis tout au long de celle-ci. À 1 an, le visage et le crâne des bébés étaient photographiés en 3 dimensions.

«L’un des mérites de cette étude est de mettre en lumière le potentiel de l’imagerie faciale pour améliorer le diagnostic»

Les auteurs de l’étude

Les auteurs ont eu la surprise de retrouver, même chez les enfants faiblement exposés (moins de 7 verres par semaine et jamais plus de 2 verres en une occasion) et même si les mères avaient cessé de boire au cours du 1er trimestre de grossesse, des traits caractéristiques du syndrome d’alcoolisation fœtale en particulier «autour du milieu du visage, du nez, des lèvres et des yeux», écrivent les auteurs. Ces modifications morphologiques étaient fines et tellement subtiles qu’elles n’étaient pas détectables à l’œil nu. «L’un des mérites de cette étude est de mettre en lumière le potentiel de l’imagerie faciale pour améliorer le diagnostic», écrivent les auteurs d’un éditorial associé à la publication. Un enjeu important pour une prise en charge précoce, surtout dans les formes incomplètes du syndrome.

Mais l’étude montre surtout que même à faible dose, l’alcool a une influence sur le développement du fœtus. «Le dimensionnement et le positionnement des éléments de la face démarrent 17 à 18 jours après la conception, avant que la plupart des grossesses soient reconnues», expliquent les auteurs. «Si les auteurs ont retrouvé des anomalies faciales à faible dose, il y a une certaine logique à penser que des anomalies cérébrales puissent aussi apparaître», juge le Pr Michel Reynaud.

Les auteurs mettent en garde: impossible à ce jour d’affirmer que des difficultés cognitives seront associées aux très légères modifications faciales observées. Mais une chose est sûre: quelle que soit la dose ingérée, l’alcool traverse le placenta et le fœtus a strictement le même taux d’alcoolémie que sa mère. Boire un «simple» verre de vin chaque jour pendant toute la grossesse, c’est donner à son bébé 270 fois 10 grammes d’éthanol, soit… 2,7 litres d’alcool pur. À un âge où le foie n’est pas encore capable de le métaboliser.

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Fabrice Hadjadj : «La figure du père a été remplacée par celle de l'expert»

Alexandre Devecchio le 2 juin 2017   <<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Écrivain, philosophe, et depuis peu musicien, Fabrice Hadjadj est également père de sept enfants. Un véritable sacerdoce qui a nourri son oeuvre et sa réflexion. Pour cet intellectuel catholique, auteur de Qu'est-ce qu'une famille ? (Éditions Salvator), la disparition du père est l'une des conséquences du «suicide démographique» de l'Occident.

LE FIGARO - Dans une chronique récemment publiée dans le quotidien italien Avvenire, vous notiez que, de Merkel à Macron en passant par Theresa May ou Juncker, la plupart des dirigeants européens n'avaient pas d'enfants. Vous y voyez un signe des temps…

«Les citoyens s'imaginent que le problème est d'abord celui de l'immigration, alors qu'il est celui de la natalité»

Fabrice HADJADJ - Theresa May a témoigné de sa souffrance de ne pas être mère, Emmanuel Macron a dit que c'était un choix (mais il enjambe allègrement cette privation pour aller - au travers des enfants de son épouse, qui ont à peu près le même âge que lui - à «l'art d'être grand-père»). Toutefois, quand on voit qu'à votre liste s'ajoutent les premiers ministres de l'Italie, des Pays-Bas, de la Suède, de l'Écosse, ainsi que la présidente de la Confédération helvétique, on se dit qu'il ne s'agit plus d'un simple accident, mais d'une caractéristique. C'est pourquoi je ne parle pas de volonté expresse mais de signe des temps. En nos temps où règnent la technologie et le marché, il est tout à fait normal que la figure du père soit remplacée par celle de l'expert, et celle du consolateur par celle du consommateur… Mais il y a encore autre chose. Michel Rocard le notait en 1989: «La plupart des États d'Europe occidentale sont en train de se suicider par la démographie sans même en avoir conscience.» Dans une population que ses taux de natalité destinent à une extinction totale aux environs de 2250 (date donnée par un ancien directeur de l'Ined), il est normal que les citoyens choisissent des représentants assez représentatifs… Avec une certaine inconscience, néanmoins. Car ils s'imaginent que le problème est d'abord celui de l'immigration, alors qu'il est celui de la natalité, d'un pays assez fort pour donner la vie, avant de donner des leçons.

Vous dites que la figure du père a été remplacée par la figure de l'expert. Qu'entendez-vous par là?

Ce remplacement s'inscrit dans une société où dominent les spécialistes - la spécialisation impliquant la consommation, puisqu'on achète aux spécialistes ce que l'on faisait autrefois soi-même, avec cette polyvalence désormais rare des pères et des mères qui savaient bâtir une maison, cultiver un jardin, bénir un repas, narrer des contes au coin du feu, mener des danses avec un violon (vous aurez reconnu Charles Ingalls dans La Petite Maison dans la prairie). La famille concentrait jadis toutes les pratiques les plus fondamentales, sans virtuosité, sans échange marchand non plus. Cela n'allait pas sans drame ni limites, notamment du côté de la santé ou de la mobilité sociale.

Avec la révolution consumériste, la seule pratique qui reste à la famille est celle de la délégation: délégation de la production aux industries et à la grande distribution, délégation de l'éducation aux institutions scolaires et maintenant délégation de la procréation elle-même à des entreprises de biotechnologie. L'expert démontrera qu'il vaut mieux faire un petit génétiquement parfait, élevé par les meilleurs pédagogues, suivi par de bons psychologues et mangeant une nourriture obéissant à des normes diététiques et sanitaires. Comment le père pourrait-il résister? Tout ça, c'est pour le bien de l'enfant, même si cela fait de lui moins un enfant que le sujet d'une expérience scientifique. Les parents sont vite séduits par l'expert, d'autant que le travail salarié les éloigne tous deux de la maison et que leur tâche est depuis le début celle de gagner assez d'argent pour payer une baby-sitter…

La disparition du père n'est-elle pas aussi la conséquence du combat mené par les féministes contre le «patriarcat»? Certains aspects de ce combat n'étaient-ils pas légitimes?

«Le pouvoir du père est d'abord d'accompagner le don de la vie, d'une vie qui lui échappe»

Sans doute, et plus que les féministes ne l'ont imaginé. C'est le patriarcat qui a détruit la paternité. Le bon père est d'abord un bon époux. S'il se change en une idole despotique, devant laquelle il faut filer doux, il ruine la relation paternelle pour la réduire à la dimension de l'efficience: être obéi au doigt et à l'œil pour conserver le patrimoine, fût-ce au prix de l'écrasement de la femme et des enfants. Or, lorsqu'il s'agit de commander sans rencontrer de discussion ni de résistance, mieux vaut abandonner la paternité pour le système expert: tout y est entièrement soumis à une télécommande infaillible. Le père n'est pas le tyran domestique: là où le pouvoir du tyran ou de l'expert est de ramener la vie à leur vision des choses, le pouvoir du père est d'abord d'accompagner le don de la vie, d'une vie qui lui échappe - de là une aventure inévitable, dramatique mais vivante…

Les sondages montrent que les Français réclament un État fort et davantage d'autorité. Cela a-t-il un lien avec la perte d'autorité des pères?

Il est certainement un lien entre ces deux phénomènes, mais il est difficile de savoir lequel est la cause et lequel, l'effet. Est-ce la disparition de la figure paternelle qui pousse à la chercher dans un État fort, qui incarnerait l'autorité? N'est-ce pas au contraire le centralisme de l'État providence ou du capital qui a retiré peu à peu aux pères leur pouvoir? Mais il y a aussi la confusion entre l'autorité et la compétence, qui se trouve au principe de la délégation systématique dont j'ai parlé. Souvent on croit que ces deux notions sont les mêmes, ou que l'autorité se fonde sur la compétence, comme c'est le cas dans le domaine technique, et comme cela devient la norme dans une société technocratique. Pourtant la paternité commence toujours avec ce vivant paradoxe: une autorité sans compétence. D'un coup, alors que nous nous sentons encore gamins - de fait, nous sommes d'abord des fils - et parce que nous avons couché avec une femme, à fond, sans préservation, nous voici pères, avec ce bébé entre les bras dont nous ne savons trop que faire. En quoi s'être ainsi livré à l'étreinte - je dirais presque «comme une bête» - octroie-t-il une quelconque compétence éducative?

«Ce qui fait son autorité vient de ce qu'il consent à cette vie qui se transmet à travers lui»

Certes, le père va essayer par la suite d'être compétent, mais son autorité ne tient pas à cela. Elle tient au fait qu'il a engendré. Encore une fois, l'expert communique ce qu'il a compris de la vie - c'est là sa compétence -, tandis que le père transmet la vie comme telle, même dans ce qu'elle a pour lui d'incompréhensible. Ce qui fait son autorité - être avec sa femme «l'auteur de mes jours» - vient de ce qu'il consent à cette vie qui se transmet à travers lui. Par là, il ne dit pas d'abord à son enfant: «Il est bon que tu sois ceci ou cela» ; il lui témoigne: «Il est bon que tu sois, il est bon d'être au monde.» Sans cette première attestation à la fois physique et métaphysique, qui se joue à même la paternité assumée, sans cette foi en la vie, l'acquisition des compétences devient vaine. À quoi bon devenir meilleur si la vie même est mauvaise? Cela n'a plus aucun sens, sinon pour obtenir de quoi se payer les divertissements qui nous font oublier notre foncier désespoir.

Dans les cités où la délinquance explose, les familles monoparentales sont surreprésentées. Les caïds de banlieue surjouent souvent la virilité. Qu'est-ce que cela révèle?

Que les images de la virilité se substituent à la virilité réelle. Le viril, c'est l'homme qui est tourné vers une femme et des enfants, qui les nourrit et les défend - son caractère guerrier ou courageux est secondaire, il découle de sa paternité. Dès que le besoin de virilité perd cette référence, vous n'avez plus que des clichés virils - l'agressivité ou la gonflette, les caïds de banlieue ou les Village People…

Vous êtes vous-même père de sept enfants. Que voulez-vous leur transmettre?

«Curieusement, rien n'est plus naturel que d'avoir un enfant, et, en même temps, parce que nous n'engendrons pas par instinct, rien n'est plus surnaturel aussi, car cela réclame une espérance»

La vie, encore et toujours, plutôt que des «valeurs». Je ne suis pas ce personnage de Woody Allen qui fait une dépression parce que son fils de 3 ans n'a pas été admis dans la meilleure maternelle de Manhattan. Pour moi, il s'agit d'abord d'être présent auprès de ma femme et de mes enfants, de passer du temps avec eux, à jouer, à parler, à vivre ensemble. Ensuite, parce que je ne suis pas le père mais, avant d'être père, un fils, je dois être le passeur d'un héritage et ne pas craindre de reconnaître mes propres errances - la gifle que je n'aurais pas dû donner: rien n'est plus grand pour un père que de s'agenouiller et de demander pardon à son fils et de se tourner avec lui vers le Père des miséricordes…

Enfin, la vie est reçue pour être donnée, c'est l'évidence, mais cette évidence est obscurcie par le mal et la mort. Curieusement, rien n'est plus naturel que d'avoir un enfant, et, en même temps, parce que nous n'engendrons pas par instinct, rien n'est plus surnaturel aussi, car cela réclame une espérance. Alors je suis aussi le témoin de cette «petite espérance» dont parle Péguy. Bien que sa figure soit celle d'une petite fille, elle est entièrement rattachée au père, car c'est avec elle qu'il peut «courir l'aventure» la plus radicale, celle qui rouvre l'avenir.

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Luc Ferry : «Politique et sens de la vie»

Le 7 juin 2017               <<<<<<<<<<<<LF<<<<<<<<<<

FIGAROVOX/CHRONIQUE - Il est urgent que nos politiques replacent les progrès qu'ils sont censés favoriser dans la perspective d'un grand dessein, au sein d'une nouvelle conception de l'humanisme.

Dans un discours qu'il prononce en public  au cours de l'année 1930, alors que la crise de 29 n'en finit pas  de produire ses effets désastreux, John Maynard Keynes,  le plus grand économiste de son siècle avec Schumpeter, fait cette déclaration solennelle: «Je m'attends au plus grand changement qui se soit jamais produit dans l'histoire  de l'humanité.» Contre toute attente, il n'annonce pas la catastrophe, mais au contraire la fin de la lutte pour  la survie, le passage des sociétés  de subsistance à celles d'abondance. L'humanité, déclare-t-il devant une audience quelque peu médusée tant la période laisse plutôt présager le pire, «est en train de résoudre son problème économique. Je prédis que dans les pays de progrès, le niveau de vie dans cent ans sera de quatre à huit fois supérieur à celui d'aujourd'hui. Cela n'aurait rien d'étonnant, même à la lumière de nos connaissances actuelles. Et juger possible une amélioration de loin supérieure ne serait pas extravagant».

«Je prédis que dans les pays de progrès, le niveau de vie dans cent ans sera de quatre à huit fois supérieur à celui d'aujourd'hui»

John Maynard Keynes, économiste

L'histoire donnera raison à Keynes.  Il n'en est pas moins conscient que le système capitaliste, qu'il n'aime guère, crée sans cesse des besoins artificiels en quantité potentiellement infinie. Mais ce qui est clair à ses yeux, c'est que les besoins basiques - se nourrir, se vêtir, se loger, s'habiller - seront, eux, entièrement satisfaits pour tous dans un avenir proche.  C'est alors la question métaphysique du sens de la vie, de la sagesse et  de la vie bonne qui deviendra centrale et nous aurons enfin tout loisir de l'affronter de plain-pied.

«Le véritable sage est celui qui sait habiter le présent à l'écart  de ces deux illusions qui pèsent sur la vie humaine: le passé et le futur»

On verra deux attitudes se mettre en place. D'un côté, celle délétère, de ceux qui sacrifieront à la quête infinie  des artifices, qui continueront  à consommer pour consommer,  à chercher l'avoir plutôt que l'être et la richesse plutôt que la sagesse. Deux aspirations folles domineront alors leur existence: l'argent plus que la joie de vivre et le futur plus que  le présent. Où Keynes rejoint un des thèmes majeurs  de l'épicurisme: lorsqu'on est dans l'addiction, dans la quête vaniteuse des biens de ce monde, la vie ressemble, nous dit déjà Lucrèce,  au tonneau des Danaïdes. On est dans l'insatisfaction chronique, car on désire toujours ce qu'on n'a pas, sans jamais se contenter de ce qu'on a. Le véritable sage est au contraire celui qui sait habiter le présent à l'écart  de ces deux illusions qui pèsent sur la vie humaine: le passé et le futur, tous deux peuplés de «passions tristes» (Spinoza).

Voilà pourquoi notre économiste plaide pour une autre attitude, celle des sages  qui se contenteront des désirs naturels et qui feront du fameux carpe diem d'Horace un mot d'ordre vital:  «Je nous vois donc libres de revenir  aux principes les plus sûrs de la religion et de la vertu traditionnelles: la cupidité est un vice, l'usure un délit, l'amour  de l'argent est exécrable.» On pourrait objecter que le goût de la perfectibilité, de l'amélioration sous toutes ses formes des conditions de vie, de la santé, mais aussi des objets de tous les jours, n'est pas simplement affaire d'addiction, de vanité, d'amour-propre et de distinction, mais tout simplement de progrès.

«Tant que les êtres humains sont plongés dans la logique de la survie, les interrogations métaphysiques sont nécessairement plus ou moins secondaires»

Pourquoi, après tout, faudrait-il ne pas préférer ce qui est mieux à ce qui est moins bien? Qui voudrait revenir aux voitures des années 1930 alors que celles d'aujourd'hui sont infiniment plus sûres, plus fiables, plus confortables, plus silencieuses, plus agréables et plus rapides? Qui souhaiterait remplacer nos TGV par les tortillards lents et bruyants de mon enfance? Qui voudrait revivre à des époques où, faute d'antibiotiques, la moindre coupure, voire une simple rage de dents pouvait vous ôter la vie?

Reste que la question posée par Keynes est la bonne et qu'il a sans nul doute raison de la placer dans le cadre de l'élévation du niveau de vie. De fait, il est clair que seule une certaine abondance peut nous permettre d'affronter les interrogations métaphysiques. Tant que les êtres humains sont plongés dans la logique de la survie, elles sont nécessairement plus ou moins secondaires. Au lieu de s'en tenir à des sujets, certes importants, mais de simple gestion - réforme du Code du travail, des retraites, de la fiscalité, etc. -, il est urgent que nos politiques replacent les progrès qu'ils sont censés favoriser dans la perspective d'un grand dessein, au sein d'une nouvelle conception de l'humanisme faute de quoi, les efforts qu'ils demanderont aux peuples se heurteront toujours à une majorité de refus tant il est vrai qu'adapter à tout prix notre pays à la mondialisation n'est pas une fin en soi.

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PMA : à 69 ans, il obtient le droit d'être père

Le 7 juin 2017    <<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<

Un homme a obtenu le droit d'être père à 69 ans : l'Agence de la biomédecine française, sur ordre de la justice, a accepté que lui soit rendu son sperme congelé pour qu'il puisse entamer un processus de PMA en Belgique, avec son épouse âgée de 33 ans.

» Lire aussi - Un signal politique en faveur de la PMA pour toutes les femmes

L'établissement public a déclaré aujourd'hui avoir finalement donné son feu vert à cette exportation de sperme, confirmant une information du quotidien Le Parisien.

L'homme s'était vu refuser par un centre de PMA (procréation médicalement assistée) de pouvoir utiliser ses paillettes de sperme congelé en France, car il avait plus de 60 ans lors de sa demande. Le couple avait donc demandé à l'Agence de la biomédecine l'autorisation d'exporter ses paillettes pour procéder à une PMA en Belgique. Mais cette dernière avait refusé, également parce que l'homme était considéré comme trop vieux.

Luigi et son épouse vivant en Seine-Saint-Denis s'étaient engagés dans la PMA en 2013 car elle avait du mal à tomber enceinte, note le quotidien. Il avait alors 65 ans et était en pleine forme, ajoute-t-il. Jusqu'à ce que le traitement d'un problème de santé s'accompagne d'une stérilité irréversible. Il avait fait cependant congeler son sperme avant son traitement, comme cela se fait habituellement pour certains cancers.

Faute de pouvoir tenter une PMA en France, le couple se tourne vers la Belgique.

Confrontés au refus de restitution du sperme congelé, les époux saisissent la justice et obtiennent gain de cause auprès du tribunal administratif de Montreuil en février 2017. La cour administrative d'appel de Versailles a ensuite rejeté, le 24 avril, la demande de sursis à exécution de l'agence sanitaire, l'obligeant à accepter l'exportation des gamètes.

L'Agence de la biomédecine indique qu'elle poursuit la procédure judiciaire "au fond" auprès de la cour d'appel de Versailles car elle a, ainsi que les professionnels de terrain, "besoin d'une clarification des règles applicables en matière d'AMP (PMA) et de savoir de façon incontestable comment doit être interprétée la loi de bioéthique dans ce domaine".

La loi impose d'être en âge de procréer et renvoie pour apprécier cette condition aux équipes médicales de PMA puis à l'Agence de la biomédecine pour les exportations et les importations de gamètes. "Dans la pratique depuis de nombreuses années, un nombre important de professionnels de santé (...) se fixent une limite de prise en charge à 60 ans pour l'homme", commente l'agence sanitaire.

Ce n'est pas la première fois que l'Agence de la biomédecine refuse l'exportation de sperme congelé en raison de l'âge du dépositaire. Mais c'est la "première fois" qu'elle se trouve contrainte d'accepter de donner le feu vert à l'exportation de sperme congelé, refusée en raison de l'âge de l'homme, précise-t-elle.

 

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En Seine-Maritime, Bayrou a fourgué un curieux candidat halal à Macron

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07/06/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans la 4e circonscription de Seine-Maritime, qui fut le fief de Laurent Fabius, c’est un bien curieux candidat halal – pour na pas dire islamiste – qui fait office de suppléant, au nom du Modem, de la candidate d’En Marche pour les élections législatives. Dans son numéro paru ce matin, l’hebdomadaire Minute détaille une partie de l’étonnant CV de cette recrue qui répond au nom de Yanis Khalifa. Extraits.

Minute Couv Bayrou« A 27 ans, Yanis Khalifa affiche déjà un CV très macronien, qui aligne “Open Data“, “start-up“, “diagnostic export“, “innovation numérique“, etc. Il aurait même soutenu une thèse “sur la thématique de l’Open Data comme enjeu de démocratie“, aurait été champion de France de Kung-fu (à 15 ans, faut pas exagérer non plus) et dit juste, tout d’un coup plus pudique, avoir été “membre du CA, chargé des relations publiques pour un syndicat étudiant national“. L’Unef ? Que nenni…

   Yanis Khalifa est un pur produit d’un syndicat méconnu mais qui mérite plus ample notoriété : Etudiants musulmans de France (EMF). Si Khalifa est discret, c’est que la maison-mère d’EMF a une réputation légèrement sulfureuse. Etudiants musulmans de France est le bras de l’UOIF, la branche française des Frères musulmans, dans l’université française !

Or jusqu’à très récemment, il était effectivement membre de son bureau national, et entretenait, au titre de son poste de “chargé des relations publiques“, des liens amicaux et fraternels avec ce qui se fait de mieux dans le genre.

Ainsi, en se contenant de cet “Open Data“ qu’il affectionne – les ressources ouvertes comme sa page Facebook –, le trouve-t-on au côté de la “sœur“ tunisienne Sayidi Ounissi, ex-député du parti islamiste Ennahda, actuellement secrétaire d’Etat, ou lors d’une réunion interne de l’EMF organisée au siège social de l’Union des organisations islamistes de France, à La Courneuve. On le voit encore à côté de Bashar al-Sayadi, le président de l’Union des musulmans de Rouen (affiliée à l’UOIF, cela va sans dire) ou faisant la promotion du Gala du 25e anniversaire d’EMF organisé au sein de l’Institut européen des sciences humaines à Paris, que finance en partir la Qatar Charity, avec comme invités les islamistes Ahmed Jaballah et Hassan Iquioussen. […]

Sur un autre de ses CV, notre candidat suppléant, Yanis Khalifa, se flatte également d’être membre, depuis 2014, du conseil d’administration de Coexister, un “mouvement interconvictionnel“ (sic) “apartisan et aconfessionnel qui promeut la coexistence“. C’est beau comme du Gandhi mais ce n’en est pas vraiment. En 2015, la présidente honoraire de ce beau mouvement était Meherzia Labidi, ancienne élue du parti islamiste tunisien Ennahda. Elle a dû se trouver là par hasard…

Yanis Khalifa, qui a implanté Coexister à Rouen et à Caen, pratique donc maintenant l’“interconvictionnel“ sous les bannières réunies d’En Marche ! et du Modem.

   S’il cherche un slogan, on lui propose celui qu’il arborait à l’été 2014, quand Israël avait lancé l’offensive contre le Hamas et le Jihad islamique. Simple, choc et facile à retenir : “Gaza on est tous avec toi !“ Succès assuré. »

Extraits d’un article paru dans Minute n° 2825 daté du 7 juin 2017

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Google et Facebook pourraient accéder aux données scolaires des élèves

Caroline Beyer le 6 juin 2017 <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

Un courrier du directeur du numérique pour l'éducation autorise l'usage, par les écoles, des services numériques de Google, Apple, Facebook ou encore Amazon. Au grand dam de la Cnil et des syndicats.

Imaginez les parcours scolaires d'Emmanuel Macron ou de Donald Trump dévoilés dans le détail, alors qu'ils accèdent à la fonction suprême. Notes, appréciations des professeurs, assiduité aux cours… Et si des entreprises ou des chasseurs de têtes avaient en main ces précieuses données «comportementales» pour apprécier leurs futures recrues? Un moyen de faire la différence entre deux CV et de mettre en place un véritable profilage des postes. De la science-fiction?

«C'est comme si l'on connectait un espace personnel de télédéclaration d'impôts à un compte Facebook !»

Jean-François Clair, professeur de mathématiques en charge des questions numériques au Snes

Alors que «Big Brother» s'est insinué, l'air de rien, dans la vie des internautes, traquant leurs préférences pour mieux cibler les offres commerciales, l'Éducation nationale est aujourd'hui à la croisée des chemins. Le 12 mai, quelques jours après l'élection d'Emmanuel Macron, alors que la France attend, fébrile, l'annonce du gouvernement, le directeur du numérique pour l'éducation (DNE), Mathieu Jeandron, adresse à ses délégués académiques un courrier où il explique qu'il n'y a «pas de réserve générale» sur l'usage par les établissements scolaires des services numériques des grands fournisseurs de service du Web, les «Gafam» (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et autres.

Il précise qu'il n'y a pas non plus de «blocage juridique de principe à la connexion d'un annuaire avec l'un de ces services». «C'est comme si l'on connectait un espace personnel de télédéclaration d'impôts à un compte Facebook!», lance Jean-François Clair, professeur de mathématiques en charge des questions numériques au Snes. De concert avec la CGT, le principal syndicat d'enseignants du secondaire s'est inquiété dès le 18 mai de «données scolaires bradées aux Gafam». «Initiative personnelle ou préfiguration d'une nouvelle politique numérique dans l'éducation?», s'interrogent les organisations qui vont saisir la direction des affaires juridiques du ministère.

«Les données scolaires sont aussi sensibles que les données médicales qui, elles, sont très encadrées»

Gilles Dowek, chercheur à l'Inria

Surprenante décision. Car l'Éducation nationale s'était jusque-là fixée pour ligne de conduite la protection des données scolaires, excluant le recours aux géants du Web pour développer ses «Espaces numériques de travail» (ENT) sécurisés. «Administrer les données scolaires et personnelles des élèves permet à la puissance publique de conserver sa souveraineté nationale sur ces informations. L'État souhaite-t-il sous-traiter cette fonction régalienne à une entreprise privée?», interroge Gilles Dowek, chercheur à l'Inria. «Les données scolaires sont aussi sensibles que les données médicales qui, elles, sont très encadrées», ajoute-t-il. Et de souligner que les Gafam ne sont pas forcément «des entreprises maléfiques». Mais qu'elles n'ont pas de compte à rendre à leurs utilisateurs…

Ainsi, si le fameux logiciel APB (Admission post-bac) n'avait pas été public, les lycéens et leurs familles n'auraient pu en obtenir - en partie - l'algorithme, en octobre dernier. Au Snes, Jean-Marc Clair évoque des difficultés à obtenir de la part de «Pronote» - un logiciel de vie scolaire répandu - des informations sur son système de protection de données. Et ce malgré des demandes répétées…

Pas de communication du ministère

Dans cette affaire des Gafam poussant les portes de l'Éducation nationale, la Cnil a réagi vertement, le 23 mai, évoquant, «compte tenu de la sensibilité des données en jeu», un nécessaire «encadrement juridique contraignant». Mais peut-on imposer des garde-fous à des géants dont le pouvoir est supérieur à celui des États? «Il ne faut pas être naïfs, résume Gilles Dowek. Pour autant, l'Éducation nationale ne doit pas rester dans sa tour d'ivoire. Il faut mener une réflexion approfondie sur le sujet. Et donner l'exemple aux élèves à qui l'on ne cesse d'expliquer que l'information se répand à la vitesse de la lumière, qu'elle est duplicable, éternelle…», ajoute-t-il.

Arrivé le 17 mai Rue de Grenelle, le nouveau ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, hérite de cette délicate situation. Le ministère explique ne pas communiquer, pour l'heure, sur le sujet, précisant que le secrétaire d'État au Numérique, Mounir Mahjoubi, présente ce mercredi, en Conseil des ministres, la politique gouvernementale numérique. À suivre de près.

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Jean-François Bouvet - Le grand business de la procréation

Faire congeler ses ovocytes pour ne pas geler sa carrière ou pour attendre le père idéal : une pratique devenue très courante aux États-Unis.

Le 6 juin 2017  <<<<<<<<<LP<<<<<<<<<

Business de la procréation (photo d'illustration)
Business de la procréation (photo d'illustration) © BURGER/PHANIE

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En Europe et dans le Monde, le temps des maîtres et des esclaves ?

Auran Derien le 5 juin 2017   <<<<<<<<<<<<<METAMAG<<<<<<<

Parmi les européens lucides et courageux, il y eut quelque surprise lorsqu’ils entendirent Emmanuel Macron parler d’absence de culture française. Les mêmes divagations ont été répétées en Allemagne, sur la non-existence d’une culture allemande. Toute cette médiocrité concentrée, répétée, acceptée signifie quelque chose de très profond qu’il convient de préciser ici une fois pour toutes. Ces responsables politiques ont raison. Ils nous ont dit leur vérité et nous devons les en remercier. Tout est plus clair désormais pour chacun d’entre nous.

Des esclaves volontaires ?

Il suffit de revenir à Aristote, voire d’ouvrir un livre du professeur Julien Freund, pour prendre conscience que l’essence de la relation économique est la dialectique du Maître et de l’esclave. Dans une Europe devenue un centre de la criminalité en col blanc, la relation économique domine tout. Les politiciens sont passés sous les fourches caudines de la corruption, ont tous été évalués sur le marché aux esclaves des écoles de commerce, de sciences-po et autre ENA. Ils ne sont plus rien.

L’esclave ne s’appartient pas. Il se met sous la dépendance d’autrui qui en fait sa chose. Il obéit à tout ordre . L’esclave n’a pas de Patrie, pas de langue maternelle, pas de culture spécifique. Il est un récipient que le maître remplit de sa propre vulgarité, affirmant que cela est la culture. Il est muet sauf lorsque le maître lui intime l’ordre de parler. Alors il s’exprime dans la langue de son propriétaire, dont chacun voit désormais qu’elle ne dépasse pas le niveau d’un patois de Canaan. L’esclave n’est même plus membre du peuple puisque les éléments nobles de ce dernier conservent leur dignité face aux tombereaux de crachats médiatiques.

Sans-patrie-ni-frontièreLa situation de ces esclaves-politiciens est devenue répugnante depuis qu’ils ont abandonné toute dignité, qu’ils sont volontaires dans la servitude sous commandement de maîtres dégénérés. Ils ont eu un simple reste d’honnêteté, certainement le dernier. Cette inhumanité a déjà existé au début du XXème siècle avec les  bolchéviques au service desquels se sont mis des individus sans personnalité. Les esclaves-politiciens se coulent dans le même moule. Ils remplacent l’URSS pour le nouvel axe de l’inhumanité que Donald Trump vient de visiter. Un grand écrivain a décrit cette horreur dans un ouvrage resté célèbre chez les européens éduqués : “Sans patrie ni frontière”. Nous vivons l’époque des êtres sans personnalité: ils prennent des formes autour du vide intérieur. Ce sont des robots pour lesquels les maîtres ont remplacé la laisse par l’oreillette.

Du pillage à l’impolitique, la situation du XXIème siécle se dessine chaque jour plus clairement 

Un ramassis d’esclaves est placé à la tête des anciens États avec la mission de les détruire. Diverses fonctions vont aller aux membres de la commission Européenne. D’autres responsabilités seront transmises à des niveaux inférieurs. Chacun sera la chose des banquiers et des multinationales de la technologie aliénante. Sauf si quelque chose vient gripper cette machine à fabriquer de l’inhumanité.

Toute absolutisation débouche sur un totalitarisme primitif inculte. L’époque des “banksters” vérifie cette loi : leurs esclaves se complaisent dans une médiocrité satisfaite. Le vide existentiel est rempli par les dollars produits pour la circonstance. La politique s’efface. Il surnage le trafic sordide, la haine contre les humains qui pensent, la stupidité révélée par des escrocs intellectuels voulant faire passer leurs histoires ridicules pour de la bonne et belle science. L’inquisition a été intronisée en leur faveur nous rappelant que le monothéisme au pouvoir en Occident depuis Constantin peut changer de forme ; les sectes se succèdent, se disputent, mais finalement les mêmes méthodes s’appliquent : le meurtre de masse de l’humanité civilisée ; jusqu’à ce que de nouvelles générations se lassent des bouffonneries révélées.

Les esclaves en possession d’État ont finalement une certaine probabilité de ne jamais être tenus pour responsables de leurs crimes. Seuls leurs maîtres s’octroient le droit de les faire passer de vie à trépas puisqu’ils en sont propriétaires. Et ils le savent. La population peut éventuellement en battre un bien répugnant, à l’occasion.

Il se peut aussi que les méthodes de Gandhi soient un jour remises à l’honneur, quoiqu’avec d’autres populations, car il faudra du temps pour que tombent les œillères des paumés actuels.

Pour l’instant, le génocide des européens continue, l’abrutissement des esclaves se renforce, l’inquisition condamne à tour de bras. L’inhumanité est à la fête….

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Irlande : le futur premier ministre est jeune, homosexuel et métis

Le 3 juin 2017    <<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

Leo Varadkar a été élu vendredi à la tête du parti Fine Gael. Il remplacera dans 10 jours le premier ministre démissionnaire Enda Kenny. Son arrivée au pouvoir témoigne des changements de la société irlandaise depuis 20 ans.

Il est jeune, homosexuel et métis. Leo Varadkar, élu vendredi à la tête du parti de centre-droit Fine Gael, deviendra premier ministre irlandais dans dix jours. Il y a encore une génération, ces attributs auraient représenté une barrière pour quiconque voulait prétendre aux plus hautes fonctions dans ce pays de 4,6 millions d'habitants à forte tradition catholique.

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Mais la prochaine arrivée au pouvoir de Leo Varadkar, 38 ans, à la place du premier ministre démissionnaire Enda Kenny, témoigne des profonds changements qui traversent la société irlandaise depuis deux décennies. Fils d'un immigré indien et d'une mère Irlandaise, ce médecin est devenu en 2015 le premier membre d'un gouvernement irlandais en activité à déclarer son homosexualité. Il a été plébiscité vendredi par les parlementaires, les élus locaux et les militants du Fine Gael qui l'ont préféré à son concurrent, Simon Coveney, actuel ministre du Logement.

» Lire aussi: Les Irlandais votent pour l'ouverture du mariage aux homosexuels

«Si mon élection montre quelque chose, c'est que les préjugés n'ont pas de prise dans cette république», a-t-il déclaré vendredi depuis la Mansion House de Dublin, bâtiment qui a abrité le premier Parlement irlandais il y a près d'un siècle. «Quand mon père a voyagé 5000 miles pour construire un nouveau foyer en Irlande, je doute qu'il ait jamais rêvé qu'un jour son fils deviendrait le dirigeant (du pays) et qu'en dépit de ses différences, il serait jugé pour ses actions, pas son identité», a-t-il ajouté.

«Les préjugés n'ont pas de prise dans cette république»

Leo Varadkar, futur premier ministre irlandais.

À la tête d'un gouvernement minoritaire, et plombé par des mesures impopulaires, Enda Kenny avait annoncé fin mai qu'il allait démissionner d'ici le 2 juin, le temps de trouver un successeur à la tête de son parti et du gouvernement.

» Lire aussi: En Irlande, Enda Kenny désavoué par les urnes

Lorsqu'il deviendra premier ministre le 12 juin, Leo Varadkar sera à la fois le chef de gouvernement le plus jeune de l'histoire du pays, le premier à avoir un père d'origine étrangère et le premier à être ouvertement gay. Une révolution en Irlande où l'avortement reste interdit, sauf si la vie de la mère est en danger, où l'homosexualité n'a été décriminalisée qu'en 1993 et où le divorce n'a été autorisé que deux ans plus tard. Leo Varadkar refuse cependant d'être réduit à ce rôle de pionnier. «Je ne suis pas un homme politique moitié indien ou gay ou un médecin. Ce sont juste des aspects qui font ce que je suis. Mais aucun de ces termes ne me définit en tant que tel», expliquait-il au moment de son coming-out.

 

Nouvelles élections législatives?

Élu député en 2007 avant d'occuper plusieurs postes de ministre, Leo Varadkar a connu une ascension très rapide. Né d'un père médecin originaire de Bombay et d'une mère infirmière, il a grandi avec ses deux sœurs aînées à Dublin. Médecin généraliste, il attrape rapidement le virus de la politique, devenant conseiller municipal à 25 ans avant de faire son entrée au parlement en 2007 avant même de devenir trentenaire. Entré au gouvernement en 2011, il a détenu les portefeuilles des Transports, du Tourisme et des Sports, puis de la Santé et enfin de la Protection sociale.

En 2015, il a fait campagne en faveur du mariage entre partenaires du même sexe, gay, et d'un assouplissement des lois sur l'avortement, tout en défendant, comme la majorité du Fine Gael, des mesures d'austérité économique. Premier ministre, Lep Varadkar ne devrait pas déroger à cette politique de rigueur. Il pourrait profiter de l'élan pour convoquer de nouvelles élections législatives afin de tenter de renforcer la représentation de son parti au gouvernement selon certains analystes.

Des partisans de Leo Varadkar.
Des partisans de Leo Varadkar. - Crédits photo : PAULO NUNES DOS SANTOS/AFP

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Le Monténégro devient le 29e membre de l'Otan

Le 5 juin 2017        <<<<<<<<<LFP<<<<<<<

Le Monténégro est officiellement devenu lundi le 29e membre de l'Otan, au moment où le président américain Donald Trump envoie des signaux ambigus à l'égard de l'Alliance atlantique.

Donald Trump fait volte-face sur l'Otan qu'il ne juge «plus obsolète»

Le ministre des Affaires étrangères Srdjan Darmanovic a remis lundi l'instrument d'accession de son petit pays de 620.000 habitants à l'Alliance, dans une cérémonie en milieu de journée au département d'Etat américain.

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Climat : Bannon a, cette fois-ci, gagné la bataille à la Maison-Blanche

Laure Mandeville le 2 juin 2017 <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<

ANALYSE - La sortie de l'Accord de Paris permet à Donald Trump de mettre en oeuvre sa politique économique pro-américaine et de tenir ses promesses électorales. Son choix reflète aussi la bataille musclée qui se joue en coulisses pour influencer les prises de décision de la présidence.

Pour ceux qui s'interrogeaient encore, la singulière séquence qui s'est terminée ce jeudi après-midi dans le Jardin aux roses de la présidence par l'annonce de la sortie des États-Unis de l'Accord climat de Paris aura levé les derniers doutes. Il n'y a qu'un seul chef à la Maison-Blanche, un décideur ultime: Donald Trump. C'est lui, et personne d'autre, qui a tranché le débat houleux qui agitait l'Administration. «Je combats pour le grand peuple de ce pays… je représente les électeurs de Pittsburgh, pas ceux de Paris», a justifié le président américain dans un discours placé dans le droit-fil de sa campagne présidentielle, affirmant que l'Accord de Paris faisait peser un désavantage «punitif» sur les ouvriers et les industries d'Amérique sans imposer «d'obligations significatives» au reste du monde. «Notre retrait est une réaffirmation de la souveraineté de l'Amérique», a-t-il martelé devant un parterre de journalistes bouche bée, tandis que le soleil faisait briller sa toison blond platine. Un thème qui avait été au cœur de ses promesses de campagne. Clairement, son électorat des régions souffrantes du Michigan ou de l'Ohio l'a emporté sur tout le reste. Le camp de «l'Amérique d'abord» l'a emporté sur celui des globalistes et des internationalistes. «Steve Bannon: 1. Ivanka: 0», pourrait-on résumer sommairement cette «manche» entre son chef stratège et sa fille.

«Je combats pour le grand peuple de ce pays… je représente les électeurs de Pittsburgh, pas ceux de Paris»

Donald Trump

Défendre les intérêts de l'Amérique

Car si Trump a suivi son instinct, son choix reflète aussi la bataille musclée qui s'est jouée en coulisses entre les camps qui tentent d'influencer quotidiennement la prise de décision à la présidence. «Il y aura une lutte pour le cerveau de Trump», nous avait confié avant l'élection l'ancien conseiller de Ronald Reagan Pat Buchanan, pariant que le nouveau président oscillerait «en fonction des circonstances» entre différents groupes de pression et écoles de politique étrangère.

C'est en réalité toujours le cas à Washington, même si la nature des groupes qui s'affrontent et leurs poids respectifs varient selon les présidents en place. Loin du modèle français - où, en politique étrangère, le chef de l'État décide en quasi-majesté, en vertu de la notion de «domaine réservé» défini par la Constitution de 1958, une multitude de groupes et de bureaucraties participent à la décision, processus complexe théorisé par le politologue Graham Allison dans son étude du processus de décision pendant la crise de Cuba. Cela fut le cas bien sûr sous la présidence Obama, notamment pendant la discussion sur l'envoi de nouvelles troupes en Afghanistan ou au moment de l'intervention libyenne. On avait alors beaucoup évoqué l'implication du groupe des militaires et l'opposition du vice-président Joe Biden, et mais aussi les divergences entre écoles interventionniste et réaliste comme éléments structurants du débat. Ces écoles, auxquelles s'ajoute désormais l'école nationaliste jacksonienne, et parfois les isolationnistes jeffersoniens, sont toujours à pied d'œuvre, mais sous la présidence Trump les observateurs identifient en général quatre groupes majeurs: les militaires, qui plaident pour une approche reaganienne «de paix par la force» et ont pris le dessus en matière de sécurité, notamment pendant les frappes menées en Syrie. Ils semblent travailler main dans la main avec le patron du département d'État, Rex Tillerson.

«Trump aime à garder plusieurs groupes en compétition.Cette méthode de management lui permet de garder ses options ouvertes et de rester le seul astre solaire du système»

Walter Russell Mead, professeur à l'Institut Aspen France

Deuxième groupe de poids: les nationaux populistes, emmenés par le stratège en chef de Donald Trump, Steve Bannon, qui se méfient d'un interventionnisme excessif et s'étaient prononcés contre les frappes. Pour eux, l'essentiel est de défendre les intérêts de l'Amérique de manière sourcilleuse, sans céder aux logiques contraignantes des organisations supranationales. Ce groupe, qui s'est appuyé sur les idées climatosceptiques du patron de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Scott Pruitt, pour combattre l'accord climat, avait été jugé affaibli après les frappes menées en Syrie, certains annonçant une démission de Bannon. Mais le voilà qui triomphe aujourd'hui.

Un troisième groupe, très influent selon le rédacteur de la revue American Affairs, Julius Krein, regroupe hommes d'affaires et économistes venus de Wall Street pour aider Trump à mener la renégociation des traités de commerce, point central de son projet. «Des réalistes qui n'hésitent pas à aller contre les vaches sacrées du libre commerce», parce qu'ils ont été dans l'économie réelle, affirme Krein. Ils avaient aussi plaidé pour un maintien dans l'accord climat.

Géométrie variable

La famille du président, et notamment sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, représente une quatrième force clé, censée modérer les élans des populistes. Mais comme l'a raconté le journal Politico, ce premier cercle n'a pas réussi à convaincre le président de l'importance de l'Accord de Paris malgré le soutien des hommes d'affaires et de Tillerson. Ivanka avait pourtant organisé pour son père toute une série de rencontres avec des présidents de compagnies, l'ancien vice-président Al Gore et nombre de scientifiques pour emporter la mise, a raconté le journal Politico. Mais Bannon et Pruitt auraient été extrêmement offensifs, convainquant le président de ne pas sacrifier ses plans de redressement économique sur l'autel de la lutte contre le réchauffement climatique.

Il serait toutefois hâtif d'en conclure à une victoire décisive des populistes. En réalité, la faveur du président reste à géométrie variable. Comme le professeur Walter Russell Mead le rappelait ce mercredi lors d'une rencontre à l'Institut Aspen France, «Trump aime à garder plusieurs groupes en compétition». Cette méthode de management, qui ne serait pas sans rappeler celle de Franklin Roosevelt, dit-il, «lui permet de garder ses options ouvertes et de rester le seul astre solaire du système».

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Boubakeur : "La burqa n'a jamais été citée dans le Coran"

Le recteur de la Mosquée de Paris explique pourquoi il tient à clarifier définitivement les écritures du Coran sur la femme, son statut et ses droits.

Propos recueillis par Jérôme Béglé le 1er juin 2017 <<<<<<<<<<LP<<<<<<<<<<<<

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Troubles bipolaires : l’hérédité en cause

Cécile Thibert le 29 mars 2017   <<<<<LF<<<<<<<<

INFOGRAPHIE - La journée mondiale des troubles bipolaires, le 29 mars, est l’occasion de rappeler que les facteurs génétiques contribuent pour 60% à l’apparition de cette maladie, en interaction avec des facteurs psychologiques et environnementaux.

Cela commence par un petit coup de déprime rapidement suivi d’une phase d’exaltation dite «maniaque». Entre les deux, un calme plat, du moins, en apparence. En réalité, chaque émotion ressentie déclenche chez les personnes atteintes d’un trouble bipolaire un «tsunami», une «épilepsie mentale», des «incendies émotionnels». Un peu plus tard, la dépression revient, s’installe des semaines, des mois, avant de laisser de nouveau place à l’euphorie. «Une personne atteinte de troubles bipolaires est en proie à une très grande instabilité émotionnelle et à un manque de communication entre les émotions et la raison», explique le Dr Daniel Souery, psychiatre au centre Psypluriel à Bruxelles.

Les troubles bipolaires, qui touchent près de 1% de la population française, sont fortement héréditaires. Si les deux parents sont atteints, l’enfant a un risque sur deux de développer la maladie

Les troubles bipolaires, qui touchent près de 1% de la population française, sont fortement héréditaires. Si les deux parents sont atteints, l’enfant a un risque sur deux de développer la maladie.

«On estime que les facteurs génétiques contribuent pour 60% à l’apparition des troubles bipolaires, affirme le Dr Stéphane Jamain, de l’Institut Mondor de recherche biomédicale de Créteil (Inserm). Plusieurs études ont montré que les mêmes gènes peuvent être impliqués dans plusieurs pathologies psychiatriques». Stéphane Jamain et son équipe sont actuellement en train de décrypter l’ADN de personnes avec un trouble bipolaire et celui de personnes avec une schizophrénie. «Le but est de redéfinir la cartographie des maladies psychiatriques à partir de marqueurs génétiques, et non plus seulement sur la base d’un entretien clinique», explique-t-il.

À quoi servent les gènes identifiés? «Il s’agit notamment de gènes qui codent des molécules ayant un rôle essentiel dans la fonction des neurones», rapporte le chercheur. D’autres sont responsables du bon fonctionnement des circuits de neurotransmetteurs tels que la dopamine, la sérotonine ou encore le glutamate. «Il est communément admis que l’origine des troubles bipolaires réside dans des anomalies de structure et de fonctionnement de circuits cérébraux impliqués dans le contrôle et la gestion des émotions, explique Daniel Souery.

Traumatismes de l’enfance

Cependant les gènes ne sont pas les seuls responsables. Des événements survenant très tôt dans la vie de l’individu ont également un poids important dans le déclenchement de troubles bipolaires. «Des études montrent que les personnes qui ont été exposées à des traumatismes dans l’enfance sont plus vulnérables, explique le Dr Bruno Etain, médecin psychiatre responsable du centre expert trouble bipolaire Fernand-Widal (AP-HP). Attention, nous ne concluons pas que les parents de personnes souffrant de bipolarité ont été maltraitants!», insiste le médecin.

«Ces facteurs vont entraîner, durant le développement de l’individu, des perturbations subtiles au niveau du cerveau ; ce dernier, fragilisé, va décompenser une fois confronté à des facteurs environnementaux proximaux (proches de la maladie) qui vont déclencher la première phase thymique à proprement parler», explique le Manuel du bipolaire*.

La période entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte est également déterminante. Le trouble bipolaire apparaît pratiquement toujours avant 30 ans, aux alentours de 25 ans. «Entre un tiers et la moitié des jeunes patients qui entrent dans la maladie sont des consommateurs réguliers de cannabis ou d’alcool», rapporte le Dr Etain. D’autres études ont montré que les personnes ayant un sommeil irrégulier pendant l’adolescence ont un risque plus important de développer des troubles bipolaires. Enfin, il est clairement établi que le stress et l’anxiété, même mineurs, participent au déclenchement de la maladie.

* Manuel du bipolaire, par Martin Desseilles, Nader Perroud et Bernadette Grosjean, édition Eyrolles, janvier 2017.

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Coignard - Comment l'école transforme les élèves en "chair à canon"

Un professeur de lettres classiques dans un lycée de banlieue instruit le procès de l'institution à laquelle il appartient. Aussi instructif que désespérant.

Par Vous saviez que cette école n'enseignait rien, qu'elle faisait sortir de son sein une proportion sans cesse croissante d'enfants sans repères, qu'elle ne transmettait plus rien de la France, de son histoire, de ses combats, qu'elle engendrait les inégalités et nourrissait des criminels potentiels, et vous n'avez rien fait ? »

Dans son livre Un petit fonctionnaire (Grasset), véritable bijou d'écriture et témoignage irremplaçable pour qui veut comprendre la faillite de l'Éducation nationale, Augustin d'Humières, professeur de lettres classiques depuis vingt ans dans un lycée de Seine-et-Marne, raconte des scènes ordinaires de la vie d'enseignant, qui laissent à chaque page le lecteur au bord de l'asphyxie. Dans une introduction en forme de conte moral, un universitaire anglo-saxon venu du futur dresse un réquisitoire contre l'auteur, coupable à ses yeux, comme ses centaines de milliers de collègues, d'avoir regardé et laissé le système scolaire français sombrer entre 1995 et 2015.

LIRE aussi Jean-Michel Blanquer répond aux parents d'élèves

Ce qui l'a conduit à écrire ces pages, cruelles mais justes, ce sont les attentats de janvier 2015. Peu de temps après, il croise une de ses anciennes élèves dans le train de banlieue qu'il emprunte pour se rendre à son lycée. Celle-ci lui raconte que sa meilleure amie était en classe avec l'un des frères Kouachi, qui ne posait pas de problème particulier à l'école : « C'est dingue, ça pourrait être n'importe qui », conclut-elle. Incapable, désormais, de doter chacun d'un esprit critique suffisamment entraîné, l'école produit des élèves manipulables à l'envi, que ce soit par la télé-réalité ou par des ennemis de la démocratie.

« Tous collabos »

« J'ai donné ce titre à mon livre parce que j'ai parfois l'impression que nous, professeurs, sommes tous collabos d'un système pensé, structuré pour que l'élève en sache le moins possible, explique Augustin d'Humières. Le ministère recrute des enseignants bien dociles pour éviter toute contestation de ses réformes absurdes. Il se contente de faire de la gestion de flux, essayant de se débarrasser aussi vite que possible et au moindre coût des élèves en leur donnant des diplômes qui ne valent plus rien. Comment pourrait-il ne pas y avoir de colère chez les bacheliers qui comprennent trop tard qu'on leur a menti, que les lacunes qu'ils ont accumulées au cours de leur scolarité ne seront pas rattrapables et que ce handicap leur interdira, sauf exception, de mener une vie épanouie ? » Et de comparer la satisfaction qu'il y a à donner le baccalauréat à 90 % d'une classe d'âge au triomphalisme d'un directeur d'hôpital dont la quasi-totalité des malades ressortirait les pieds devant, et qui se féliciterait d'accueillir dix fois plus de patients que par le passé.

« Vous ne sanctionnez l'orthographe que si, phonétiquement, vous ne comprenez pas »

Augustin d'Humières n'applique pas toujours à la lettre, loin s'en faut, les directives venues d'en haut. Ainsi, il ne peut plus se taire quand on lui donne des consignes de correction révoltantes : « Vous ne sanctionnez l'orthographe que si, phonétiquement, vous ne comprenez pas. »

Il appelle donc à s'indigner et à se révolter contre une machine à fabriquer des inégalités en toute bonne conscience. « Dans le système éducatif français, c'est la famille qui éduque, dit-il à une mère d'élève. À l'école, l'enfant expérimente des projets, se divertit, passe de classe en classe, comme un boxeur groggy. Mais, pour les fondamentaux, ça se passe chez vous. Vous n'avez pas de temps, pas de possibilité de lui payer un précepteur ? C'est dommage, Madame, mais c'est ainsi. Votre enfant est libre, c'est ce que lui crie chaque jour le système éducatif français. Il peut choisir une grande partie de ses enseignements, il peut se syndiquer, il peut même ne pas venir en classe, venir sans ses affaires, ne pas rendre un travail, et, vous voyez, il ne lui arrive rien. Les choses importantes, le cadre, la maîtrise du français, d'une langue vivante, d'une culture scientifique et littéraire, ça se fait chez vous. »

Comme le souligne l'auteur, il y a urgence. Et nous sommes tous responsables.

"Un petit fonctionnaire" d'Augustin d'Humières, Grasset, 144 pages

 

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Éric Zemmour: «L'origine oubliée du culte de l'industrie»

Le 31 mai 2017 <<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

CHRONIQUE - L'industrie vue comme une religion. La vraie religion de l'Occident. Un nouveau christianisme. Une histoire iconoclaste et érudite.

Il nous faut tout oublier. Tout reprendre à zéro. Mettre de côté notre savoir, ou pseudo-savoir, sur la «crise du religieux», le «désenchantement du monde». L'opposition, devenue lieu commun, entre science et religion, christianisme et économie, foi et industrie. Il nous faut même remettre en question la fameuse leçon de Max Weber sur les liens fondateurs de la religion protestante et du capitalisme. Rien, il ne restera rien. On plonge dans le livre de Pierre Musso et on en sort - enfin, pas tout de suite, vu la taille de l'ouvrage et l'érudition ébouriffante et intimidante qui met parfois un écran entre le texte et le lecteur! - changé. Grandi. Notre philosophe n'est pas le seul à entreprendre une histoire du dynamisme industriel exceptionnel de l'Occident. C'est même la mode en ce moment où l'Occident voit s'achever sa domination sur le monde. Mais Musso prend des chemins de traverse, voire emprunte l'autoroute des idées reçues en sens inverse. Dangereux mais salvateur.

Au contraire de ce qu'on nous a appris, l'industrie n'est pas née malgré la religion, mais grâce à la religion. Pas contre mais par le christianisme.

Par une série de particularités que Musso nous décrit et analyse avec un brio enchanteur. Le christianisme est la religion de l'incarnation. Au contraire de toutes les autres, qui privilégient l'esprit sur le corps, le christianisme met en scène la descente et la manifestation du divin dans le corps. Au contraire de l'Antiquité, qui privilégia la contemplation sur l'action, le catholicisme, reprenant la Genèse, incita les hommes à faire fructifier la nature. Au contraire des autres religions qui organisèrent la confusion entre temporel et spirituel, la religion catholique fut la seule, par la révolution grégorienne du XIe siècle, à distinguer entre le pape et l'empereur, entre le pouvoir temporel et le spirituel. Entre la foi dans le Christ et le droit romain. Entre la légitimité et l'action, entre le mystère et la raison. Entre le pourquoi et le comment. Enfin, c'est à l'intérieur des monastères du XIe siècle que s'élabora une éthique du travail pour mieux dégager du temps pour la prière: ordre, ponctualité, méthode, livre de comptabilité, emploi du temps. C'est l'ensemble du christianisme, bien avant le protestantisme, qui pense l'industrie. Les Cisterciens développent l'esprit de production au XIIe siècle et les Franciscains l'esprit de commerce, au XIIIe.

«La religion industrielle sort de l'ombre, prend forme et commence à entrer en concurrence avec la religion politique, qui, elle, occupe le devant de la scène»

Pierre Musso

Préalable à la première révolution industrielle du XIIIe siècle, le monastère annonce la manufacture, liée à l'État et au marché, et enfin, l'entreprise déterritorialisée et mondiale. C'est ce que Musso appelle «l'industriation» qui précède de plusieurs siècles l'industrialisation. Monastère, manufacture, usine, cette trilogie occidentale mettra huit siècles à dominer le monde. «La mystique appelle la mécanique», dit Bergson.

La suite de l'histoire est mieux connue. Ce que Pierre Musso appelle les «deux autres bifurcations» de l'histoire occidentale. Celle du XVIIe et du XVIIIe siècle d'abord: «Bacon et Descartes ont mis en place un programme de connaissance et de maîtrise de la nature au nom des sciences et des techniques… La religion industrielle sort de l'ombre, prend forme et commence à entrer en concurrence avec la religion politique, qui, elle, occupe le devant de la scène.»

C'est le temps de la mathématisation du monde, qui annonce le travail organisé scientifiquement. Puis, un siècle plus tard, les «Lumières écossaises», Hume, Smith et Watt, qui mettent en œuvre l'industrialisation pensée par les grands anciens.

Il restera au XIXe siècle la tâche de faire de l'industrie la nouvelle religion. C'est l'œuvre de Saint-Simon, Comte et leurs héritiers. L'usine devient la cathédrale de la religion industrielle. On quitte le ciel pour la terre. «L'humanité industrieuse fouille les entrailles de la terre, pour découvrir ses richesses secrètes, à commencer par la houille.»

L'État avait éliminé l'Église ; mais l'Entreprise a éliminé l'État. Le politique est marginalisé au profit de l'économie

La religion est reléguée avec la politique au sens de simple morale. La religion industrielle a pris la place. Toute la place. Ce n'est pas une sécularisation, mais un grand remplacement. Pendant un temps, elle aussi a respecté la dichotomie héritée du christianisme, avec un pouvoir spirituel, la science, et l'industrie comme pouvoir temporel. Et puis la religion industrielle a tout écrasé, tout exclu, même la distinction entre la science et l'industrie, entre le spirituel et le temporel. Entre le pourquoi et le comment. C'est la dernière révolution, qui clôt le cycle des révolutions de l'Occident, «la révolution managériale». Celle qui, forgée en France par les héritiers rebelles de Saint-Simon, prendra son essor dans l'Amérique du XXe siècle avec la rencontre féconde entre les ingénieurs et les sociologues. «L'hégémonie naît dans l'usine», nous avait prévenus Gramsci.

L'État avait éliminé l'Église ; mais l'Entreprise a éliminé l'État. Le politique est marginalisé au profit de l'économie.

Musso nous laisse hébétés au terme de ce parcours de huit siècles. Hébétés et désemparés. La religion chrétienne a enfanté un monstre: une religion scientifico-industrielle. Un pouvoir technocratique et financier s'est substitué au pouvoir politique. «La question du pourquoi est évacuée, seule reste celle du comment.» Musso nous pose une question finale: «Peut-on gouverner les hommes avec une seule mesure, celle des nombres et des normes managériales d'efficacité et d'efficience?» C'est une question qui n'attend pas de réponse. Mais ouvre au contraire vers d'autres questions: la politique est-elle définitivement soumise à la religion industrielle qu'on appelle aussi (à tort) «libéralisme», alors même qu'on dénomma ses premiers apôtres (à tort aussi) «socialistes»? Peut-elle prendre sa revanche? Le christianisme peut-il être autre chose qu'une simple morale? Sa force ancestrale - la séparation entre spirituel et temporel - est-elle devenue sa faiblesse? Comment les autres religions vont-elles s'acclimater à cette religion industrielle qui a conquis le monde? Comment s'affranchir du totalitarisme managérial? Encore et toujours des questions sans réponses.

La religion industrielle. Pierre Musso.Fayard, 710 p., 28 €.

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Guy Sorman - Trump ou la revanche de l'homme blanc

Les contre-pouvoirs aux États-Unis sont si contraignants que le pouvoir véritable de Trump sera une magistrature d'influence, estime l'essayiste.

Par Guy Sorman le 9 novembre 2016 <<<<<<<<<<<<<<<<LP<<<<<<<<<<<<<<<<

Les États-Unis étant le laboratoire de notre avenir, que nous enseigne le scrutin du 8 novembre ? Deux tendances de fond innovent. Tout d'abord, le partage entre droite et gauche, qui semblait universel, sous des appellations diverses, ne fonctionne plus. Il y a quatre ans, la confrontation entre Barack Obama pour les démocrates et Mitt Romney pour les républicains ressemblait à n'importe quelle élection antérieure aux États-Unis comme chez nous, la gauche américaine était seulement moins révolutionnaire que les gauches françaises et la droite américaine plus « conservatrice ».

Cette fois-ci, placer Clinton à gauche et Trump à droite n'explique rien. Les candidats à la présidence se sont situés sur un axe nouveau, qui va de la « société ouverte » (Clinton) à la « société fermée » (Trump). Du côté de la société ouverte, on accepte la diversité culturelle, l'immigration, les échanges internationaux. Pour les partisans de la société fermée avec Donald Trump, les traditions, les intérêts nationaux paraissent assiégés par les migrations, le multiculturalisme et la mondialisation. Que l'électorat de Trump soit plutôt blanc, plutôt masculin, plutôt chrétien décrit le malaise de cette population-là face aux métamorphoses de la société moderne, qu'il s'agisse des mœurs ou de l'économie.

Trump est le contemporain de Twitter

Donald Trump a enflammé cette moitié du peuple américain, mobilisant ses frustrations grâce aux médias sociaux : Trump est le contemporain de Twitter, support déterminant de sa campagne. Jamais la presse classique n'aurait relayé des sentiments aussi tabous que sa xénophobie et son sexisme. Sur les réseaux sociaux, tout est permis : de l'allergie à un président noir à « l'invasion » des musulmans et des « latinos », au mariage homosexuel et à l'égalité entre les sexes. On croit que les idées changent le monde, mais les techniques de communication le changent plus encore.

Lire également l'interview de Douglas Kennedy : « Le plus grand choc de ma vie »

En conclura-t-on que les États-Unis sont devenus ingouvernables, la société irréparablement divisée et que la démocratie n'y fonctionne plus ? Je ne partage pas ce pessimisme. Les États-Unis sont bien équipés pour survivre à ce scrutin grâce à leur Constitution, ce contrat sacré qui transcende l'adversité partisane. Les fondateurs des États-Unis, hantés par un retour possible de la monarchie ou le risque d'une dictature militaire, ont créé des institutions qui interdisent tout excès de pouvoir : Donald Trump ne sera que président, et, comme Barack Obama, un Gulliver ficelé par des nains.

Les contre-pouvoirs aux États-Unis sont si contraignants que, au contraire de la France, le président seul ne peut pas grand-chose. Toute décision majeure ne procède que d'une lente négociation avec les représentants et les sénateurs, y compris ceux de son propre parti : l'Amérique est un régime de cohabitation perpétuelle. Si Trump ne s'y plie pas, il sera destitué, impeached, par le Congrès. Ajoutons que Trump ne gouvernera que la Fédération, tandis que chaque État conservera d'immenses pouvoirs comme l'éducation et la police. L'économie ? Capitaliste et mondialisée, elle restera insensible aux injonctions présidentielles : le pays n'a d'ailleurs pas de ministère de l'Économie. Et cet ensemble baroque continuera à obéir aux juges qui ont le dernier mot sur tout.

Son pouvoir véritable sera une magistrature d'influence

Commandant en chef est le seul espace de pouvoir autonome du président, en supposant que le complexe militaro-industriel (une expression du président Eisenhower) y trouve son intérêt. Au total, loin des promesses de campagne, le pouvoir véritable de Trump sera une magistrature d'influence : c'est important quand l'opinion publique et les médias dictent les choix politiques, mais pas plus que cela.

Au-delà de la présidence, le 8 novembre, les Américains ont élu leurs représentants fédéraux et locaux, des magistrats et des shérifs. Ils ont répondu par des référendums locaux à des questions de société, comme la légalisation du cannabis et l'ouverture de casinos. Cette démocratie directe change la société américaine au moins autant que le choix du chef du pays. Rappelons que le mariage homosexuel a été légalisé par des juges contre le vœu initial d'Obama et que Obama n'est pas parvenu, en huit ans, à fermer Guantánamo : Donald Trump en dépit de sa bravache ne pourra faire ni plus ni moins.

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Hommes - Femmes : quelle identité ? Débat entre Éric Zemmour et Chantal Delsol au Collège des Bernardins.

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Enregistré le 23.06.2009
Posté ici le 14.06.17
Durée : 0 heures 52 minutes 1 secondes

Alors que la relation homme-femme semblait un fondement stable de la vie et de l’organisation sociale, repenser la différence sexuelle et l’identité sexuelle est devenu rapidement une question existentielle pour beaucoup.
S’agit-il d’une mode ou d’un changement anthropologique profond ?
Emancipation et libération de la femme, rythmes professionnels, immigration, nouveaux médias, savoirs et pouvoirs médicaux, avancées risquées des sciences humaines, développement de valeurs postchrétiennes et renouveau des valeurs de fidélité chez les jeunes croyants… les signaux et les causes d’un changement d’époque sont multiples et leur combinaison semble avoir un effet "boule de neige".
Peut-on nommer des invariants, et comment évaluer leur qualité et leur durabilité? De quelle richesse se révèle porteuse la différence des sexes qui nous traverse et comment réfléchir sur son dynamisme ?

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http://premium.lefigaro.fr/flash-actu/2017/06/14/97001-20170614FILWWW00157-corps-sur-les-voies-de-tgv-suspicion-de-meurtre-suicide.php

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/14/01016-20170614ARTFIG00187-affaire-du-petit-gregory-trois-personnes-interpellees-dans-les-vosges.php

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/11/01016-20170611ARTFIG00118-en-france-le-nombre-d-exorcismes-en-nette-augmentation.php

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/11/01016-20170611ARTFIG00126-la-question-de-l-existence-du-diable-agite-l-eglise-catholique.php

http://premium.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/11/01016-20170611ARTFIG00113-je-ne-croyais-pas-possible-qu-un-baptise-puisse-etre-possede-par-le-demon8230.php

 

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ARTICLES en HOMOCOQUES

 

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LA PUISSANCE INCONNUE

Par Marie de Solemne

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                                                                                                                             .... à Paule ...

On ne sait jamais vraiment combien de souffrances nous sommes capables de supporter.
Jamais avant.
Avant, on se croit fragile, incapable de voir le feu en face, d'affronter l'épreuve qui glace.
On se pense démunit de toute force si l'horreur survenait.
Si la mort se mettait à frapper, comme une démente, à n"importe quelle heure.

Avant d'être soudain happé par l'immonde possible qu'une vie peut réserver, on croit vraiment que nous serions à jamais incapable de nous en relever.

Pourtant…
En nous, quelqu'un veille.
En nous, dans une part secrète de notre esprit, de notre âme, de notre corps lui-même, une immense force est là, pour nous, pour nous accompagner dans cette épreuve qui pourrait arriver.

Il faut juste accepter d'être plus fort, courageux et vainqueur qu'on ne l'avait jamais pensé.
Il faut juste comprendre que sans épreuve on ne se connait jamais assez.
Il faut juste apprendre à se laisser aider par une force inconnue de nous jusqu'alors, et qui pourtant ne nous avait jamais quitté.

Il y a en chaque être, de toute éternité, la force de vie, l'énergie absolue pour traverser tous les enfers, pour supporter toutes les douleurs, les pertes et les horreurs qu'une destinée peut parfois imposer.

On peut douter de tout, mais pas de ça.
Pas de cette puissance à renaître de tous les malheurs indicibles, Car cette puissance ne vient pas de nous.
Ce n'est qu'une fine lumière déposée sur nos fronts quand on prend son premier souffle, mais qui deviendra flamboiement de force, le jour où nous serons à bout de vivre, à bout d'espoir.

À la fine pointe de cette lumière sans ombre, il y a un dieu, un ange, un partenaire qui n'est là que pour ça, pour nous aider à traverser les épreuves inhumaines jusqu'à apprendre que leur vrai nom n'est pas "épreuve", mais "expérience".

Il suffit de dire oui.
Oui à l'épreuve, oui à la peur.
Et se laisser enfin porter par plus grand que soi, se laisser enfin aider par plus aimant que soi.

Car la source de cette énergie de vie se trouve dans l'amour que l'on est encore capable de donner, même quand on pense avoir été dévasté.

On ne sait jamais vraiment combien de souffrances nous sommes capables de supporter, que lorsqu'on a pris la main tendue de l'Invisible et qu'on a traversé, au moins une fois, un brasier de douleur, sans perdre son pouvoir d'aimer.

© Marie de Solemne

 

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Jean-Paul II .... sur la dignité et la vocation de la femme.

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  • le 15 août 1988 : Jean-Paul II publie la lettre apostolique "Mulieris dignitatem" sur la dignité et la vocation de la femme.

L'intégralité de la lettre est ici.

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_15081988_mulieris-dignitatem_fr.html

En voici des extraits :

«L'heure vient, l'heure est venue où la vocation de la femme s'accomplit en plénitude, l'heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu'ici. C'est pourquoi, en ce moment où l'humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l'esprit de l'Evangile peuvent tant pour aider l'humanité à ne pas déchoir»(1)

[…] C'est pourquoi l'Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d'elles: pour les mères, pour les sœurs, pour les épouses; pour les femmes consacrées à Dieu dans la virginité; pour les femmes dévouées à tant d'êtres humains qui attendent l'amour gratuit d'une autre personne; pour les femmes qui veillent sur l'être humain dans la famille, ce signe fondamental de la communauté humaine; pour les femmes qui exercent une profession, celles sur qui pèse parfois une grande responsabilité sociale; pour les femmes «vaillantes» et pour les femmes «faibles»: pour toutes, telles qu'elles sont sorties du cœur de Dieu dans toute la beauté et la richesse de leur féminité, telles qu'elles ont été entourées de son amour éternel; telles qu'avec l'homme elles accomplissent le pèlerinage de cette terre, «patrie» temporelle des hommes, parfois transformée en «vallée de larmes»; telles qu'elles portent, avec l'homme, la responsabilité commune du destin de l'humanité, selon les nécessités quotidiennes et suivant la destinée finale que la famille humaine a en Dieu, au sein de l'ineffable Trinité.

L'Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du «génie» féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine. »

(1) Message du Concile aux femmes (8 décembre 1965) : AAS 58 (1966), p. 13-14

 

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The Federation “One of Us”  firmly supports the statement of the Polish Government

The Federation “One of Us”  firmly supports the statement of the Polish Government on the HRC’s draft of interpretation of art. 6 ICCPR defending that, “the inherent and inalienable right to life is an attribute of every human being and international human rights instruments properly recognize it as a primary right(1), being a precondition for the enjoyment of any other human right”.

From the point of view of science, human life begins at conception. It is then that every individual member of humanity is formed and begins to exist. This was also confirmed in the ruling by the Grand Chamber of the Court of Justice of the European Union in Oliver Brüstle v. Greenpeace e.V. (2011), that clearly stated: “fertilisation is such as to commence the process of development of a human being”. From this moment, legal protection derived from inherent human dignity, begins. 

Therefore Article 6 ICCPR, must protect the life of every human being regardless her/his stage of development. This is the only way of protecting human life as an “inherent” and “inalienable” human right. We need to emphasize and unit our voice to the polish statement affirming that the right to life is an attribute of every human being, and as such deserves especially intensive protection as a pre-condition of any other human right.

European Federation "One of Us" adds its voice to the strong support of the international community of non-governmental organizations as social bases. This social support proves that Polish government actions and statements regarding the right to life protection of every human being are deeply rooted in our societies and represents the social endorsement to the right to life.

(!) Inter alia: Universal Declaration of Human Rights, G.A. Res. 217 (III) A. U.N. Doc A/RES/17 (III) (10 December 1948); the ICCPR; United Nations Declaration of the Rights of the Child, G.A. Res. 1386 (XIV)( 10 December 1959); Convention on the Rights of the Child, G.A. Res. 44/25 (20 November 1989) [hereinafter: “the CRC”]; Declaration of the Rights and Duties of Man, 9th International Conference of American States, Bogota, Colombia, 1948; Council of Europe, European Convention for the Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms, as amended by Protocols No. 11 and 14 (4 November 1950) ; Organization of American States, American Convention on Human Rights, “Pact of San Jose”, Costa Rica (22 November 1969); Organization of African Unity, African Charter on Human and Peoples' Rights (Banjul Charter) as amended by Protocol adopted in 1998 (27 June 1981); Cairo Declaration on Human Rights in Islam (5 August 1990).

Contact
+34 645734423

 

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 «Le Notre Père fait partie du patrimoine spirituel commun de notre société»

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Par Eugénie Bastié
Mis à jour le 24/11/2017 à 16h41 | Publié le 24/11/2017 à 16h39

FIGAROVOX/ENTRETIEN.- À partir du 3 décembre, les chrétiens diront une nouvelle traduction du «Notre Père». Une révolution ? Pour le père Mathieu Rougé, cette évolution montre la richesse de la Révélation chrétienne n'en finit pas d'être interprétée.

 Le père Matthieu Rougé est curé de Saint-Ferdinand des Ternes et professeur à la Faculté Notre-Dame (Collège des Bernardins).

LE FIGARO.- Le 3 décembre prochain entrera en vigueur le nouveau «Notre Père». Le «nous ne soumets pas à la tentation» sera transformé en «ne nous laisse pas entrer en tentation». Pourquoi un tel changement maintenant?

Mathieu ROUGE.- Parler d'un nouveau «Notre Père» est excessif: il ne s'agit que de modifier la formulation d'une de ses invocations finales. La traduction de cette prière par excellence de tous les chrétiens n'a jamais cessé de faire débat, comme du reste l'ensemble des traductions bibliques et évangéliques. Car traduire, c'est interpréter et on n'a jamais fini d'interpréter la Révélation. Cela est heureux, parce que l'interprétation de la Parole de Dieu est une des expressions significatives de la liberté spirituelle qui fait partie, de manière fondatrice, de l'expérience chrétienne. La traduction encore en vigueur datait de la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II et du passage habituel du latin au français. Elle ne semblait pas pleinement satisfaisante et, dans le cadre d'une révision générale de la traduction des textes de la Messe (encore en chantier), le moment a semblé venu d'améliorer un texte qui gênait beaucoup de fidèles dans leur vie de prière.

La formule latine «ne nos inducas in tentationem» était autrefois traduite par «ne nous laisse pas succomber à la tentation». N'est-ce pas là la formule plus juste, en ce qu'elle délivre Dieu de la responsabilité d'être le tentateur mais lui donne pouvoir d'aider l'homme?

L'important n'est pas d'abord de trouver une formulation conforme à notre théologie, fût-elle excellente, mais de proposer une traduction aussi exacte que possible du grec du Nouveau Testament tout en tenant compte des hébraïsmes qu'il peut véhiculer. Ainsi le texte évangélique, le texte révélé, peut-il nous entraîner au-delà de nos réactions et de nos réflexions seulement humaines. «Ne nous laisse pas entrer en tentation» exprime bien et la responsabilité qui incombe à l'homme lui-même de ne pas choisir ce qui mène au mal et la force que Dieu peut lui donner de ne pas se tromper de chemin. Le mot «peirasmos», traduit par «tentation», a lui aussi fait discussion: s'agit-il de l'attrait du mal ou plutôt de l'épreuve (matérielle, psychologique) éventuellement lourde mais moralement neutre? La traduction aujourd'hui proposée tranche en faveur de la première solution: ce qui est en cause ici, c'est la question du mal et de l'emprise qu'il peut avoir sur nos cœurs et sur nos vies.

La modification d'une prière essentielle au christianisme peut jeter dans le trouble beaucoup de fidèles (quand on pense que le schisme oriental a eu lieu à propos d'un mot: filioque). Cela veut-il dire que pendant cinquante ans les fidèles ont récité une prière fausse?

L'introduction du filioque (l'Esprit Saint procède du Père «et du Fils») dans le Credo - qui sema en effet, avec beaucoup d'autres malentendus, la discorde entre catholiques et orthodoxes - et le changement de traduction du Notre Père ne sont pas du même ordre: dans un cas, ce qui était en cause était la présentation du cœur même de la foi tandis que, dans l'autre, il ne s'agit que de la précision d'une attitude spirituelle. Pour ce qui concerne le Notre Père d'ailleurs, l'Église catholique s'aligne aujourd'hui pratiquement sur l'usage déjà en vigueur chez les orthodoxes francophones. Cette nouvelle traduction ne prend pas le contre-pied de la précédente mais l'améliore, l'affine. La version qu'on qualifiera d'ancienne dans quelques jours n'était pas fausse mais risquait de prêter à confusion en donnant l'impression que Dieu lui-même pourrait être notre tentateur, l'auteur de l'attrait du mal. Dieu respecte notre liberté même de faire le mal, par amour de notre liberté, mais ne cesse de nous rendre capables de choisir le bien et de nous en donner le désir.

Raphaël Enthoven, de manière certes un peu polémique, a mis le doigt sur un des enjeux essentiels de la relation croyante à Dieu :L'homme qui se place dans la main de Dieu renonce-t-il à sa liberté?

Dans une chronique qui a fait polémique, le philosophe Raphaël Enthoven a vu derrière ce changement une volonté cachée de se distinguer de l'islam qui prône lui la «soumission» à Dieu. Que vous inspire cette réflexion? En quoi le Dieu des chrétiens diffère du Dieu des musulmans de ce point de vue: exige-t-il une soumission des hommes?

La bonne nouvelle, la nouvelle surprenante, est que de nombreux médias s'intéressent à cette réforme de la traduction du Notre Père. Elle aurait pu passer inaperçue, rester le sujet interne d'une minorité de pratiquants. Tout se passe au contraire comme si le Notre Père faisait partie du patrimoine spirituel commun de notre société, constituait un de ses «lieux de mémoire», pour reprendre le beau concept forgé par Pierre Nora. Raphaël Enthoven, de manière certes un peu approximative et polémique dans un premier temps, a mis le doigt sur un des enjeux essentiels et sans cesse discuté de la relation croyante à Dieu: L'homme qui se place dans la main de Dieu (comme dit le Livre de la Sagesse) renonce-t-il à sa liberté? Celui qui prie «que ta volonté soit faite» abdique-t-il de son libre arbitre et de sa responsabilité proprement personnelle? La réponse chrétienne à ces questions est que le Dieu Père, de qui tout vient et vers qui tout va, est la source de notre liberté. Chercher à faire sa volonté, c'est, paradoxalement mais bien réellement, grandir en liberté.

«Le Notre Père est un des textes fondateurs du christianisme. Cette courte prière, d'une facture parfaite et d'une profondeur secrète, a connu un destin extraordinaire. Traduite dans toutes les langues de la terre, elle est devenue une des formes privilégiées de la piété de générations innombrable» écrit Marc Philonenko. En quoi cette prière est-elle extraordinaire?

C'est la prière que Jésus lui-même a enseignée à ses disciples. Elle constitue une synthèse étonnante de la piété juive et de la nouveauté chrétienne. Elle articule la louange et l'action de grâces de la première partie avec les demandes de la seconde. Elle est à la fois intime et communautaire. Elle prend en compte nos besoins les plus quotidiens («le pain de ce jour») mais aussi nos attentes spirituelles les plus profondes («le pain de ce jour» peut également être compris comme celui de l'eucharistie). Dès les premiers siècles, les adultes qui se préparaient au baptême ont appris à prier en étudiant le Notre Père. Il en est de même pour les catéchumènes d'aujourd'hui. Maîtres spirituels et théologiens n'ont pas cessé de proposer leurs traductions du Notre Père et d'en rédiger des commentaires. On peut penser, à notre époque, à la philosophe d'origine juive Simone Weil (Bayard), à l'intellectuel orthodoxe Olivier Clément (DDB) ou au Cardinal Jean-Marie Lustiger (Ad Solem). Finalement, c'est à chaque croyant, à chaque époque, de traduire le Notre Père à sa façon, de se l'approprier pour en vivre.