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BENOIT et MOI

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Si on n'a pas éprouvé l'amour, on ne peut pas en parler. Je l'ai éprouvé d'abord à la maison, auprès de mon père, de ma mère, de mon frère et de ma soeur. Et puis, même s'il n'est pas question d'entrer dans des détails intimes, je dirais que j'en ai été touché, dans diverses dimensions et sous différentes formes. Être aimé et aimer les autres en retour s'est révélé pour moi chaque jour plus fondamental pour pouvoir vivre ; pour pouvoir se dire « oui » et dire « oui » aux autres. Et j'ai pris conscience de plus en plus clairement que Dieu lui-même n'est pas seulement, disons, un puissant souverain, une puissance lointaine, mais qu'Il est amour, qu'Il m'aime - et que la vie doit donc être déterminée par Lui. Par cette force qui s'appelle l'amour.

(Benoît XVI, Dernières conversations avec Peter Seewald)

 

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Voici deux extraits du livre "La mort et l'au-delà" (éd. Fayard, Regensburg, 1977)

p. 223 et suivantes.
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"Dieu a un respect absolu de la liberté de sa créature. L'amour peut lui être donné, et, partant, la possibilité d'échapper à toute insuffisance qui est en elle-même. L'homme n'a pas à "produire" le oui à un tel amour; C'est l'amour lui-même, par sa propre vertu, qui suscite ce oui. Mais la liberté de refuser cet assentiment, de ne pas le prendre à son compte, demeure. [...] Il (ndlr. le Christ) ne traite pas les hommes comme des êtres immatures, incapables en définitive d'assumer la responsabilité de leur propre destin. Son ciel au contraire, repose sur la liberté qui, même au damné, donne le droit de vouloir sa damnation. Le trait distinctif du christianisme se manifeste ici dans la conviction de la grandeur de l'homme. La vie de l'homme est une affaire sérieuse. L'artifice de la pensée ne saurait en définitive la réduire tout entière à n'être qu'un pion sur l'échiquier de Dieu. Il y a de l'irrévocable et même une destruction irrévocable. C'est avec cette gravité et avec la conscience de cette gravité que doit vivre le chrétien. Cette gravité de l'existence et de l'agir humains trouve toute sa dimension et devient perceptible dans la croix du Christ qui éclaire notre sujet de deux manières différentes. Dieu souffre et meurt. Le mal n'est pas pour lui de l'irréel; pour lui, qui est amour, la haine n'est pas rien. Il triomphe du mal, non par la dialectique de la raison universelle qui de tous les refus peut faire des acquiescements, non par une passion spéculative, mais dans un vendredi bien réel .Il entre lui-même dans la liberté des pécheurs et la dépasse par la liberté de son amour qui s'abîme."

p. 213.
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"Le Christ ne condamne personne; il est ,lui, pur salut, et celui qui se tient à son côté se trouve dans le lieu du salut. La damnation ne dépend pas du Christ; mais elle est le fait de l'homme resté loin de lui; elle consiste en ce que l'homme s'isole en lui-même. La parole du Christ, en tant qu'offre de salut devient alors manifeste: l'homme qui va à sa perte a lui-même tracé la ligne de séparation et s'est retranché du salut."

 

COMMENTAIRE DE CETTE LECTRICE:

Face aux chrétiens qui tiennent l'enfer pour une légende incompatible avec la miséricorde infinie de Dieu, on voit que Joseph Ratzinger affirme la réalité de la damnation et donc de l'enfer, quelle que soit la représentation visuelle qu'on peut en faire selon les époques et les lieux. Dans son encyclique SPE SALVI, Benoît XVI rappelle que l'enfer n'est pas un lieu mais un état de séparation irrémédiable d'avec Dieu, consécutif à un refus de l'homme et non à un châtiment voulu par Dieu, puisque Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, comme l'a écrit Saint Paul.

Benoît XVI écrit au § 44 une phrase saisissante: "A la fin, au banquet éternel, les méchants ne siègeront pas indistinctement à table à côté des victimes, comme si rien ne s'était passé." Il écrit ceci pour les croyants qui pensent que tout le monde va au Paradis, directement ou selon certains détours car, disent-ils, Dieu ne peut pas "permettre" l'enfer.

Pour Benoît XVI : "Dieu est justice et crée la justice. C'est cela notre consolation et notre espérance. Mais dans sa justice il y a aussi en même temps la grâce. [...] La grâce n'exclut pas la justice. Elle ne change pas le tort en droit. "