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  •  ... vers un énorme scandale financier " la France" d'Emmanuel Macron >>>>>>>>>>>>

EXTRAITs

  • 13)... Macron, Philippe et "dégagisme", la génération Y au pouvoir. En entreprise, le problème de la génération Y était : comment manager les jeunes ? La question devient : comment les Y vont-ils gérer les vieux ?
  • 12)... Ivan Rioufol : «La Macronie, ou le syndrome de l'autruche». CHRONIQUE - Ce n'est pas l'homme providentiel qui manque à la France, mais le courage de la vérité.
  • 11)... Selon Macron, Trump pourrait réintégrer l'accord de Paris. Le chef de l'État, qui s'est confié ce dimanche au JDD, revient sur la visite du président américain qui est «reparti en ayant une meilleure image de la France qu'à son arrivée», et détaille sa vision de la politique étrangère.
  • 10)... Emmanuel Macron, chef désarmé. Macron reproche au général de Villiers, son chef d’état-major, d’avoir protesté contre les coupes sombres qui risquent de s’abattre sur nos brigades et nos divisions. Seulement c’est devant l’Assemblée que ce dernier s’est exprimé, pas devant la presse.
  • 9) .... «Macron c'est pas Jupiter, c'est Janus, le dieu du “en même temps”» Olivier Faure (PS)  .....Cette locution devait être le symbole de la “pensée complexe“ dépassant les clivages, elle se révèle être celui d'un président qui n'hésite pas à dire tout et son contraire, selon les lieux et les individus»
  • 8) ...La politique extérieure du président Macron : un virage révolutionnaire ?Le fait qu'Emmanuel Macron déclare vouloir abandonner la politique néo-conservatrice est «une surprise absolue», selon l'écrivain Philippe Grasset, qui s'interroge sur l'avenir de la diplomatie française.
  • 7) ... Crise politique et crise de nerfs. L'actuelle crise politique en France, liée à la démission de quatre ministres en 48 heures, pourrait annoncer, dans une destructrice confrontation au réel, le début de l’éclatement de la «bulle» Macron, estime l'économiste Jacques Sapir.
  • 6) ... Éric Zemmour : «Dès la Grèce et Rome, qui parle commande». CHRONIQUE - Imperator. Diriger en Grèce et à Rome est un recueil choisi de grands textes de l'Antiquité sur l'art de commander. Brillant et instructif.
  • 5) ... Emmanuel Macron évoque les «gens qui ne sont rien» et suscite les critiques. LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO - Lors de son discours d'inauguration de la Station F à Paris jeudi, où un millier de start-up sont accueillies, le président a évoqué «des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien». La formule, largement reprise, suscite des réactions d'anonymes et de personnalités politiques.
  • 4) .... Emmanuel Macron ....supernova ... jésus ou le diable ....? ....Ce nouveau messie auto-signifié dissimule une christique humilité en restant peu visible, mais omni-présent, se prétendant omni-potent : il se veut insolemment divin pour le “vulgum pecus”, et de la plus haute autorité jupitérienne , quand il prétend ouvrir les temps nouveaux de la consécration d’un règne céleste sans partage ; mais il maintient que cette allure hautement païenne, c’est, avec lui, la parousie chrétienne dont rien ni personne ne doit douter.Réjouissez-vous crédules éperdus, vous croyez béatement ses projections édéniques, vous attendez, dans la liesse, son monde meilleur et ses temps bienheureux pour l’immédiat ! Rêvez-vous donc extraits à jamais de vos noirs cauchemars, le prince de vos fantasmes vous guide maintenant vers une radieuse aurore .............
  • 3) ... Emmanuel Macron est-il gay ? ...NON ...il a une feuille de route ...
  • 2) .... Emmanuel Macron : un homme, un destin .....En Marche Emm Mac..... au NOM de .... vers quoi...? ... Au fil des mois, je me suis dit progressivement que son aisance à l'oral ne se reflétait pas à l'écrit, où il était moins convaincant, et peut-être un peu vide. Il avait indéniablement, dès ces années-là, un côté pipoteur de génie».
  • 1) .... L'ascension fulgurante d'Emmanuel Macron, un homme pressé ..... «Je ne crois pas que l'homme ou la femme providentielle existe seul, il est toujours l'instrument d'un changement plus profond, d'une transformation historique plus profonde. Mais il faut qu'il soit là à un moment donné pour la révéler»  ...hcq :  la porter ...se mettre en marche ... au NOM de .... vers quoi...?

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Macron, Philippe et "dégagisme", la génération Y au pouvoir

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En entreprise, le problème de la génération Y était : comment manager les jeunes ? La question devient : comment les Y vont-ils gérer les vieux ?

Par Alexandre Lavissière*, The Conversation France

« Ô jeunes gens ! Élus ! Fleurs du monde vivant,

Maîtres du mois d'avril et du soleil levant,

N'écoutez pas ces gens qui disent : soyez sages ! […]

Eux, ridés, épuisés, flétris, édentés, chauves,

Hideux ; l'envie en deuil clignote en leurs yeux fauves.

Oh ! comme je les hais, ces solennels grigous !

Ils composent, avec leur fiel et leurs dégoûts,

Une sagesse pleine et d'ennui et de jeûnes,

Et, faite pour les vieux, osent l'offrir aux jeunes ! »

Extrait du recueil posthume « Océan », de Victor Hugo.

Lors de la passation de pouvoirs présidentiels, puis de la nomination du Premier ministre, on aura entendu à maintes reprises, non ce poème de Victor Hugo, mais, l'alexandrin bien connu de Corneille : « La valeur n'attend point le nombre des années. » Certes, l'attelage exécutif est inédit d'un point de vue politique, mais d'un point de vue générationnel il est cohérent. On notera d'ailleurs l'incommunicabilité entre un Bernard Cazeneuve fier de partir en DS pour montrer que les vieilles voitures ont tout de même du cachet et un Édouard Philippe qui ne relève pas puisqu'il se déplace le plus souvent à pied dans sa ville du Havre.

Pour une fois, un président de la République française n'accède pas à la fonction suprême à l'âge de la préretraite. Emmanuel Macron (à quelques mois près) appartient à la génération Y. Il en a certaines caractéristiques majeures qui lui ont été reprochées telles que l'impatiente, l'individualisme (opportunisme ?) ou encore un rapport à l'autorité (des partis ?) différent. En somme, lors de cette dernière élection présidentielle, il n'a pas suivi les codes, et il sembla continuer en nommant son Premier ministre. D'aucuns, parfois flétris, rarement édentés, mais souvent chauves et ridés, lui reprochent déjà son manque d'expérience. À 39 ans, on a tout de même au moins une quinzaine d'années d'expérience professionnelle et c'est là qu'Emmanuel Macron marque peut-être un changement de paradigme : c'est lui le Boss maintenant. C'est un jeune qui dirige et les électeurs ont écarté lors des primaires puis de l'élection ses aînés.

Les Y aux commandes

C'est un changement, si ce n'est de paradigme, au moins de perspective, car, depuis une dizaine d'années, on nous explique comment gérer les jeunes générations, notamment les Y, et qu'aujourd'hui, à travers Emmanuel Macron, Édouard Philippe ou hier Matthias Fekl pour la France, mais aussi demain Leo Varadkar en Irlande, ce sont eux qui ont à manager les autres.

Dans l'entreprise, on arrive également à ce point charnière où les générations Y sont arrivées à maturité et poussent pour prendre des postes à responsabilité là où des organisations n'ont pas la flexibilité ou l'agilité pour leur donner le pouvoir. On voit parfois, dans les préfaces de trentenaires qui publient un mémoire de MBA, leurs patrons de vingt ans leurs aînés les féliciter du courage qu'ils ont eu de reprendre leurs études, tandis que, pour le diplômé, il s'agit simplement de rester connecté avec la réalité et de toujours progresser dans un monde où ne pas avancer c'est prendre du retard.

On note également un fort engouement pour les start-up et l'entrepreneuriat qui sont des formes d'entreprise, au sens large d'aventure. Ces aventures extirpent les salariés du modèle d'évolution par l'ancienneté et donc de l'autorité issue de l'âge plutôt que de la compétence ou des résultats. Une génération Y à qui l'on va demander une lettre manuscrite pour un recrutement saura qu'elle n'est pas jugée sur des critères objectifs et que ces pratiques surannées sont le marqueur d'entreprises où sévit certainement une forme de népotisme ou d'arbitraire.

Comment manager les vieux

Cette probité qui a tant défrayé la chronique durant les élections est un autre marqueur de la génération Y pour laquelle l'autorité dans sa verticalité organisationnelle ne va pas de soi mais se fonde sur un réel pouvoir, c'est-à-dire sur des compétences et du charisme. Dans l'entreprise, les travers ordinaires et acceptés de directeurs paternalistes qui se permettent de petites réflexions sexistes ou de petits commentaires racistes, pas bien méchants, ne sont plus tolérés par les générations Y qu'ils soient au travail ou dans l'isoloir.

Alors, si ces générations prennent le pouvoir, ce que cette élection présidentielle ne fait que mettre au grand jour, il faut certainement que la recherche en sciences de gestion, qui s'est jusqu'ici concentrée sur la problématique du comment manager les jeunes, se demande désormais comment manager les vieux… si tant est que les jeunes chercheurs ne puissent s'appliquer les résultats à eux-mêmes pour convaincre leurs aînés.

*Alexandre Lavissière est enseignant-chercheur en management, Laboratoire Métis, École de management de Normandie – UGEI.

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Ivan Rioufol : «La Macronie, ou le syndrome de l'autruche»

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CHRONIQUE - Ce n'est pas l'homme providentiel qui manque à la France, mais le courage de la vérité.

Emmanuel Macron a une vision pour la France: «Faire à l'homme enfin un pays digne de lui.» Les amateurs de phrases creuses adorent l'idée. Si de grands mots lancés sous de lourds décors font l'homme providentiel, alors en voilà un! C'est à Versailles, lundi, que le chef de l'État s'est présenté en défenseur de «la cause de l'homme». Devant les parlementaires réunis en Congrès, il a dit vouloir «faire de notre pays le centre d'un nouveau projet humaniste pour le monde». Il a prêché une heure et demie, du ton enfiévré et parfois obscur qui a fait son succès lors de la campagne présidentielle.
De ce fatras, rien de lisible, hormis des réformes constitutionnelles déjà annoncées (réduction des parlementaires, introduction d'une part de proportionnelle, suppression de la Cour de justice de la République, etc.). «Ce que nous avons à accompagner, c'est une véritable révolution», a expliqué le Guide. Mais bien les Français en ont soupé des logorrhées qui détournent les regards de la dislocation en cours de la nation.

Avec Macron, la tromperie se confirme. L'innovation politique annoncée est, en fait, un retour à l'emphase et au pédantisme. Si elle devait se prolonger, cette caricature élitiste serait fatale au président. Hier, il ne jurait que par la société civile. Or celle-ci a du bon sens ; elle ne se laissera pas séduire par le vide. Oui, d'accord: Macron a eu l'opportun talent d'avoir mis à bas les vieux partis. En deux mois, il a rétabli la fonction présidentielle abîmée par Nicolas Sarkozy et plus encore par François Hollande. Ce succès doit tout à sa maîtrise intelligente des symboles du pouvoir. Reste néanmoins le spectacle d'un ambitieux guidé par son destin. La photo officielle révèle un narcissisme: Macron y est debout devant le bureau présidentiel, un bout de fesse posé sur la tranche du meuble trophée, comme un «winner» poserait négligemment le coude sur une cheminée d'apparat.

Faut-il ici rappeler au président l'inquiétude d'une large partie de la France ?

Faut-il ici rappeler au président l'inquiétude d'une large partie de la France? Une étude (Le Monde, mardi) rappelle que l'immigration est décriée par 65 % des sondés ; 74 % estiment que l'islam «cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres». Lors de la visite d'un pôle de start-up, à Paris, Macron a parlé des «gens qui ne sont rien». Il les a comparés aux jeunes entrepreneurs, ses semblables, qui baignent dans la mondialisation, ses anglicismes, son monde à part. C'est à ce mépris involontaire que se mesure la distance entre le président optimiste et ceux qui craignent pour leur avenir dans leur propre pays. Un sondage du JDD montre, à rebours du discours dominant, que les gens sont moins préoccupés par le chômage (36%) que par la montée de l'islam radical (61%). Ces défis devraient mobiliser l'État. Ils n'ont été que survolés par Macron. Idem pour Édouard Philippe, mardi, devant les députés. Ce «populisme» ennuie la Haute-Macronie.

Une politique ne peut se contenter de faire l'éloge des «battants», ce retour aux années Tapie. Les inconditionnels qui répètent que Macron est un génie car il a dynamisé l'image de la France à l'étranger n'ont que partiellement raison. Ils négligent de s'arrêter à ces citoyens, la majorité, qui ne croient pas en une politique euphorique qui ignore leurs détresses. De surcroît, imiter Barack Obama à ce point limite la créativité qui est prêtée au chef de l'État. Non seulement il n'invente rien, mais il recycle une approche hors-sol qui a été rejetée par les Américains. Donald Trump doit tout au refus, par l'électorat populaire, de ce monde conçu pour les favorisés. Parlant de Jeanne d'Arc, en mai 2016 à Orléans, Macron s'était identifié à la Pucelle: «Elle sait qu'elle n'est pas née pour vivre mais pour tenter l'impossible (…) Elle porte sur ses épaules la volonté de progrès de tout un peuple». Mais Jeanne se battait contre l'ordre établi. Avec Macron, le Système (sa technocratie et son conformisme) a trouvé son protecteur. Il est l'homme d'un statu quo.

Tête dans le sable

Ce n'est pas l'homme providentiel qui manque à la France, mais le courage de la vérité. Macron l'a pressenti, lundi, en dénonçant «le déni des réalités, ce refus de voir le réel en face». Cependant, le président a aussitôt abandonné ce terrain révolutionnaire pour lui préférer ses envolées lunaires. Certes, le chef de l'État n'a pas de pudeurs déplacées pour évoquer le «terrorisme islamiste». Pourtant, ce sujet essentiel n'est pas creusé, ni celui de la place de l'islam dans la République. Les mots employés à Versailles laissent entrevoir la tentation du recul devant une idéologie portée en France par le salafisme et les Frères musulmans: des courants que le président se garde de désigner comme dangereux. En avalisant la «politique de l'inclusion de tous», Macron fait comprendre qu'il renonce à l'assimilation et à l'intégration, ces processus refusés par l'islam conquérant. Son désir d'«adapter nos politiques aux réalités locales» est aussi une porte ouverte au séparatisme culturel.

Cette capitulation habite également le premier ministre. Mardi devant l'Assemblée nationale, Philippe s'en est pris aux «autruches» qui réfutent les causes du réchauffement climatique. Mais lui-même garde la tête dans le sable pour tout ce qui a trait aux bouleversements identitaires qui fragilisent la nation. Il s'inquiète du «fossé» qui sépare la France des métropoles mondialisées et la France rurale (dite périphérique). Mais il n'a pas un mot pour alerter sur la contre-société qui s'islamise et a déjà rompu avec la communauté nationale. Philippe se garde de faire comprendre que son plaidoyer pour la laïcité s'adresse aux musulmans qui l'instrumentalisent. Cette laïcité, il dit vouloir la faire respecter «sans outrances», mais de manière «déterminée». Cette notion d'outrance, qui n'est qu'une fermeté, est l'argument de l'islam quand il négocie ses arrangements avec la République. La Macronie, qui se dit «conquérante», ne fera pas obstacle à l'islam politique.

Immigration: attendre les actes

Rien n'arrêtera non plus l'immigration de masse, cet autre sujet oublié. Quelque 100.000 «migrants» ou «réfugiés» sont arrivés depuis janvier en Europe. À terme, une nouvelle invasion africaine se profile. Macron, qui a applaudi la démentielle politique d'accueil d'Angela Merkel, assure que les réfugiés économiques seront reconduits. Mais il le fait si vaguement que seuls les actes prouveront sa détermination. Les paris sont ouverts.

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Selon Macron, Trump pourrait réintégrer l'accord de Paris

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Le chef de l'État, qui s'est confié ce dimanche au JDD, revient sur la visite du président américain qui est «reparti en ayant une meilleure image de la France qu'à son arrivée», et détaille sa vision de la politique étrangère.

Donald Trump pourrait revenir sur sa décision de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, estime Emmanuel Macron au regard de ses entretiens de cette fin de semaine avec le président américain. Selon le président français, cité par le Journal du dimanche , il n'est pas impossible que Donald Trump décide de réintégrer l'accord signé par 195 pays en décembre 2015 pour lutter contre le réchauffement de la Terre.

«Donald Trump m'a écouté», déclare Emmanuel Macron au JDD, qui veut «réancrer» le président américain «dans cette amitié franco-américaine». «Il a compris le sens de ma démarche, notamment le lien qui existe entre réchauffement climatique et terrorisme. Il m'a dit qu'il allait essayer de trouver une solution dans les prochains mois. On a parlé dans le détail de ce qui pourrait lui permettre de revenir dans l'accord de Paris».

» Lire aussi - Macron-Trump, les coulisses d'un dîner entre amis au sommet du monde

Lors d'une conférence de presse à l'Élysée jeudi, Donald Trump a affirmé que «quelque chose pourrait se passer» sur l'accord de Paris. «Nous verrons ce qu'il se passe», a-t-il ajouté, six semaines après avoir annoncé l'intention de son pays de se retirer de cet engagement universel. Pour Emmanuel Macron, les vives réactions à cette décision ont donné au président américain matière à réflexion. «Je pense qu'il a vu aussi [chez lui] la mobilisation des villes, des États, du monde des affaires et de son propre entourage pour que les États-Unis restent engagés dans la lutte contre le réchauffement», dit le président français dans le JDD. «C'est important de maintenir le dialogue pour que les États-Unis puissent à terme réintégrer le champ de l'action contre le réchauffement climatique et jouer le jeu du multilatéralisme».

«Je pense que Donald Trump est reparti en ayant une meilleure image de la France qu'à son arrivée.»

Emmanuel Macron dans le «Journal du Dimanche».

Plus largement, avec la visite aux Invalides, le dîner à la Tour Eiffel et le défilé militaire du 14 Juillet, Emmanuel Macron estime que la mission est accomplie. L'un des objectifs était de «donner aux Américains une image plus forte de la France et de Paris», confie le chef de l'État au JDD, qui lâche, avec un sourire: «Je pense que Donald Trump est reparti en ayant une meilleure image de la France qu'à son arrivée». Et d'ajouter: «C'est important de lui parler pour éviter qu'il ne construise des alliances opportunistes avec d'autres nations qui pourraient mettre à mal cette grammaire internationale dont nous avons besoin.» Une allusion à Moscou? Emmanuel Macron n'hésite pas à évoquer le danger de l'ingérence russe dans les processus électoraux, confie à avoir dit ce qu'il avait à dire sur ce point à Vladimir Poutine, mais assure que «ces sujets de susceptibilité ne doivent pas perturber notre relation bilatérale», notamment dans les négociations sur la Syrie, où le président français réaffirme qu'il n'exige pas le départ préalable de Bachar al-Assad. «C'est une inflexion par rapport à mon prédécesseur», confie-t-il.

» Lire aussi - Trump à Paris: la France au centre du jeu mondial?

De politique étrangère, il est beaucoup question dans cet article de confessions du président «jupitérien». Dans la veine de ce qu'il nomme la tradition «gaullo-mitterrandienne», Emmanuel Macron se veut «vertical» en France quand il est question de politique intérieure - à l'image de la question budgétaire où il a sévèrement recadré le chef d'État-major des Armées, Pierre de Villiers - mais plus «horizontal» en matière de politique extérieure, comme l'écrit Hervé Gattegno dans le JDD. Et le président de la République d'assurer qu'il passe «la moitié de son temps sur les sujets internationaux», même si ces derniers sont «indéfectiblement liés» avec les réformes intérieures, à l'image des sujets européens. Il confie à cet endroit être en contact presque quotidiennement avec la chancelière Angela Merkel avec qui il entretient un «dialogue extrêmement direct, franc, amical et permanent». «Nous avons rétabli une méthode qui existait du temps de François Mitterrand et Helmut Kohl: arrêter des positions communes en amont des Conseils européens». Politique intérieure et, en même temps, politique extérieure.

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Emmanuel Macron, chef désarmé

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Par Serge Federbusch.

Macron reproche au général de Villiers, son chef d’état-major, d’avoir protesté contre les coupes sombres qui risquent de s’abattre sur nos brigades et nos divisions. Seulement c’est devant l’Assemblée que ce dernier s’est exprimé, pas devant la presse.

 

Dans sa quête pour affirmer son autorité, qui le mène d’une poignée de main théâtralisée avec Trump à des gros yeux faits à Poutine ou d’un road-trip en Pick-up sur les Champs-Elysées à un hélitreuillage sur les flots bleus, Macron a décidé de jouer du menton face au chef d’État-major des armées.

Il fait reproche à ce dernier d’avoir protesté contre les coupes sombres qui risquent de s’abattre sur nos brigades et nos divisions. En réalité, le général de Villiers n’a pas fait de déclaration à la presse mais il était interrogé par une commission de l’Assemblée Nationale.

Le seul vrai patron

Macron, sautant sur l’occasion de s’affirmer, a néanmoins martialement fait savoir qu’il était le vrai et seul patron et qu’en cas de désaccord avec lui Villiers n’avait plus qu’à remiser son képi. On est au bord de la crise de nerfs dans les casernes.

Les troupes, lit-on dans la presse, approuvent les protestations du général qui ne comprend pas comment on peut réclamer efforts et risques à des soldats dont on réduit concomitamment les moyens d’agir et de se protéger.

Mais le soldat suprême ?

Mais, au fait, Macron est-il légitime à se draper dans une toge de soldat suprême ?

Le Président de la République est le chef des armées aux termes de l’article 15 de la Constitution. Mais il faut bien comprendre qu’il s’agit, dans l’esprit et même la lettre du texte fondamental, de veiller à éviter le pire à la Nation.

Garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités, le Président est le seul responsable politique à pouvoir donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires.

Si l’on descend d’un cran, le Président définit certes les orientations et arrête les décisions en matière de défense au sein de conseils placés sous sa présidence. Mais c’est le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la Nation.

Pour cela, il dispose de l’administration et de la force armée (article 20 de la constitution). Le Premier ministre est responsable de la Défense nationale (article 21). Il assure la mise en œuvre des mesures décidées en conseil de défense et de sécurité nationale.

Il s’appuie sur le Secrétariat général de la Défense nationale (SGDN) qui s’est transformé en 2009 en un secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) aux missions élargies.

Le chef et ses subordonnés

Le ministre de la Défense prépare et met en œuvre quant à lui la politique de défense dont il assume, avec la Premier ministre, la responsabilité devant le Parlement : organisation et entraînement des forces armées, recrutement et gestion du personnel, réalisation des armements, infrastructures.

Il est assisté par des « grands subordonnés » : le chef d’état-major des armées, le délégué général pour l’armement, le secrétaire général pour l’administration, les chefs d’état-major de l’armée de terre, de la marine, de l’armée de l’air.

Bref, lorsqu’il s’agit comme en ce moment de trancher des questions budgétaires, on est en plein dans les compétences gouvernementales assignées au Premier ministre et dans sa foulée au ministre de la Défense.

Le devoir de dire la vérité

Et il est du devoir du chef d’État-major, interrogé par des parlementaires, de leur dire la vérité sur l’état des troupes. Macron veut jouer au chef mais il se trompe de combat.

Du reste, les industriels de la défense ont fait part, selon le journal L’Opinion, de leur mécontentement lors du discours du président de la République aux armées, la veille du défilé militaire du 14 juillet, face à l’effort de réduction de 850 millions d’euros des programmes d’équipements pour financer les opérations extérieures. Refusant d’applaudir au discours du président, ils ont quitté l’hôtel de Brienne sans participer à la garden-party.

Édouard Philippe et Florence Parly aux abonnés absents

Avez-vous entendu Monsieur Philippe et Madame Parly sur ce sujet ? Nenni. On doit même désormais se demander si madame Boulard n’a pas pris prétexte de l’affaire des emplois fictifs du Modem pour quitter son ministère, consciente qu’elle y compterait pour du beurre.

Tant que Monsieur Macron nous parlait de son rôle jupitérien avec le sourire, on pouvait croire à une forme de boutade. S’il prend les choses au sérieux, il faudra qu’il se souvienne que le pouvoir absolu est synonyme de responsabilité absolue. Même Zeus n’était pas seul sur l’Olympe.

Or, ici comme dans toutes les affaires qui agitent en ce moment l’exécutif, fait cruellement défaut à ce président ce que les anciens et Clausewitz nommaient le nerf de la guerre, à savoir l’argent.

Plus un sou en caisse

Macron prend des airs martiaux mais il n’a plus sou vaillant. À la première embuscade où périront des soldats français mal équipés, il devra rendre des comptes. Tout comme quand reprendront les attentats islamistes et qu’on constatera qu’à nouveau services de renseignement et de police furent défaillants dans un contexte de crédits diminués.

Plus les jours passent, plus le règne macronien apparaît comme un condensé, un précipité des errements de celui de son prédécesseur. Des grandes déclarations, des impôts pour la classe moyenne, des coupes budgétaires mal conçues et finalement la désillusion pour tous. Seul le

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«Macron c'est pas Jupiter, c'est Janus, le dieu du “en même temps”» Olivier Faure (PS)

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Par Joanne Saade
Mis à jour le 27/07/2017 à 21h26 | Publié le 27/07/2017 à 15h37

LE SCAN POLITIQUE - Dès sa prise de fonction, Emmanuel Macron a été comparé à Jupiter, le roi des Dieux, toisant ses détracteurs. Cette comparaison énerve Olivier Faure, le président du groupe Nouvelle Gauche (ex-PS) à l'Assemblée.

Il semblerait que la comparaison entre Emmanuel Macron et Jupiter, le roi des Dieux, ne fasse pas l'unanimité. «C'est pas Jupiter, c'est Janus. Le dieu du “en même temps“, le dieu à deux visages», a déclaré Olivier Faure à propos du Président dans Les Echos ce matin. Janus étant représenté comme un dieu pourvu de deux visages opposés: l'un regardant devant lui et l'autre derrière.

Le patron du groupe Nouvelle Gauche (ex-PS) a ensuite détaillé sa pensée. «Cette locution devait être le symbole de la “pensée complexe“ dépassant les clivages, elle se révèle être celui d'un président qui n'hésite pas à dire tout et son contraire, selon les lieux et les individus», a-t-il ajouté. Olivier Faure fait ici référence aux différents revirements de la majorité sur de nombreux sujets tels que le verrou fiscal de Bercy ou le casier judiciaire vierge. «C'est le double langage qui a remplacé la langue de bois», se justifie le socialiste.

Si le député de Seine-et-Marne note dans le début de mandat «d'indiscutables succès sur le plan diplomatique notamment sur la Libye», il juge qu'Emmanuel Macron paraît «s'éloigner des préoccupations des Français». «La décision sur les APL en est la démonstration», souligne le socialiste. Le gouvernement a annoncé il y a quelques jours que les aides personnalisées au logement diminueraient de 5 euros par mois dès octobre. Un coup de rabot qui s'inscrit dans la volonté de faire des économies.

«Vous étiez le nouveau monde mais vous êtes pire que l'ancien»

Olivier Faure était déjà très énervé hier en fin d'après-midi lors d'une séance à l'Assemblée nationale. Dérangé par le brouhaha des députés de la majorité pendant sa prise de parole, il ne s'est pas gêné pour leur répondre: «Vous étiez le nouveau monde mais vous êtes vraiment pire que l'ancien. Jusqu'ici, un président de groupe pouvait encore s'exprimer sans être coupé toutes les trente secondes.»

Depuis le début des discussions sur le projet de loi pour la confiance dans le vie publique, c'est un véritable tohu bohu qui règne à l'Assemblée nationale.

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La politique extérieure du président Macron : un virage révolutionnaire ?

Le 27 juin 2017               <<<<<<<RT<<<<<<<<<

Le fait qu'Emmanuel Macron déclare vouloir abandonner la politique néo-conservatrice est «une surprise absolue», selon l'écrivain Philippe Grasset, qui s'interroge sur l'avenir de la diplomatie française.

RT France : Emmanuel Macron a confié dans une interview à sept journaux européens vouloir abandonner la logique néo-conservatrice dans la politique étrangère française. Cela constitue-t-il un virage ?

Philippe Grasset (P. G.) : Oui ! Mais il faut, évidemment, d’abord voir comment un tel virage va être opéré. Il est certain que ce qu'Emmanuel Macron a dit était absolument révolutionnaire : il a parlé d'aggiornamento, il a annoncé que le départ de Bachar el-Assad n'était plus une condition préalable au règlement du conflit en Syrie. C’est révolutionnaire, parce qu’il dit que la France avait eu raison de ne pas participer à la guerre de l’Irak et tort de s'impliquer en Libye. Ça l'est encore plus lorsqu’Emmanuel Macron dit qu’il ne veut pas de logique néo-conservatrice. Jamais un chef d’Etat ou de gouvernement n’a parlé de la politique «néo-con». C’était auparavant une sorte de fantasme. Emmanuel Macron reconnaît que cela a existé, qu'on a suivi cette politique et affirme ne plus vouloir la suivre. C’est symboliquement très fort. C’est une transformation de type copernicien.

Rien ne laissait penser qu’Emmanuel Macron prendrait cette direction

Il y a un deuxième volet, qui concerne les relations avec la Russie. Quand on voit la diabolisation générale dont fait l’objet le président russe depuis quatre ans, depuis le début de la crise ukrainienne, et quand on voit ce qu’en dit Emmanuel Macron, on est forcé d'admettre que cela est aussi révolutionnaire. Pour l’instant, on ne peut en dire plus. Mais, quoi qu'il en soit, les échanges ont déjà commencé, avec le voyage du ministre français des Affaires étrangères à Moscou et la visite de son homologue Sergueï Lavrov en France. Les choses se mettent donc en place, mais il nous faut observer la suite des événements.

Pour moi, c’est une surprise absolue, rien ne laissait penser qu’Emmanuel Macron prendrait cette direction.

Il y a une correspondance entre l’élection de Macron et l’évolution, dans un désordre total, de la politique américaine

RT France : Comment expliquez-vous ce virage ? Est-ce lié à la personnalité du président américain Donald Trump ? Emmanuel Macron entendrait-il prendre le rôle de «leader du monde libre» ?

P. G. : Les deux sont liés. L’immense événement, c’est l’élection de Trump et tout ce qui a accompagné son élection. Le pouvoir américain est dans une crise profonde. Plus personne ne peut savoir ce que c’est la politique américaine, l’Occident a perdu son boussole, son gouvernail. L’Occident ne sait plus où il va. Dire qu’Emmanuel Macron veut prendre la place de «leader du monde libre» ne me paraît pas être le fond du problème. Le fait est que les Occidentaux se retrouvent sans gouvernail et se tournent donc vers une autre puissance qui permet une autre politique. Et cette puissance est la Russie. Emmanuel Macron va sans doute aller dans le sens d'un axe franco-russe et se dégager de la politique «néo-con» des Etats-Unis. Je ne sais pas si cela est pensé ou calculé mais il y a une correspondance entre l’élection de Macron et l’évolution, dans un désordre total, de la politique américaine.

Si Emmanuel Macron développe une telle politique, il va se trouver en contradiction avec l’Europe et sa politique bureaucratique anti-russe

RT France :La France faisant partie de l’OTAN, pensez-vous qu'il soit possible qu’elle mène une politique indépendante du bloc nord-atlantique et des Etats-Unis ?

P. G. : Aujourd’hui, tout est possible. Y compris que la France, tout en restant membre de l’OTAN, mène une politique quasiment anti-otanienne. Même au niveau européen, une telle doctrine n'irait pas sans poser de problèmes. Si Emmanuel Macron développe une telle politique, il va se trouver en contradiction avec l’Europe et sa politique bureaucratique anti-russe. On vit dans un univers où la communication est tellement importante et la compartimentation des choses est tellement grande que des mouvements complètement contradictoires peuvent être suivis parallèlement.

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Crise politique et crise de nerfs

Jacques Sapir, le 23 juin 2017             <<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<

L'actuelle crise politique en France, liée à la démission de quatre ministres en 48 heures, pourrait annoncer, dans une destructrice confrontation au réel, le début de l’éclatement de la «bulle» Macron, estime l'économiste Jacques Sapir.

Ce qui devait être un «simple remaniement technique», se transforme en cauchemar (ou presque) pour Emmanuel Macron et son Premier-ministre, Edouard Philippe. La démission de quatre ministres, plus ou moins compromis dans différentes affaires, depuis le 19 juin, soit madame Goulard et madame de Sarnez et messieurs Ferrand et Bayrou, secoue le cocotier. Elle fait tâche. On notera que deux de ces quatre ministres, madame Goulard et monsieur Bayrou, occupaient des portefeuilles régaliens : la défense et la justice. Cela fait effectivement beaucoup.

Surtout que l’on peut penser que l’on n’en restera pas là. Le nom de madame Pénicaud, ministre du Travail, est désormais cité de manière récurrente en liaison avec le financement du voyage d’Emmanuel Macron en Californie en 2016.

Bref, trois jours après l’élection de l’Assemblée nationale qui donne une majorité absolue au président, le voici confronté aux vieux démons de la politique française, avec une crise politique, en bonne et due forme, doublée d'une crise de nerfs de la part d’une partie des commentateurs politiques.

Si le gouvernement d’Emmanuel Macron se réduit à une alliance entre certains des plus modérés des ex-membres des Républicains et certains socialistes en rupture de ban et de parti, le renouvellement politique tournera court

Bien entendu, on dira que ceci n’est qu’une péripétie. Cela reste néanmoins à prouver. On dira aussi que cela permet à Emmanuel Macron de se dégager à moindre fais de l’emprise du Modem (dont trois sur quatre des ministres démissionnaires faisaient partie), et que cela pourrait permettre à la famille politique d’origine du Premier ministre, monsieur Philippe, de revenir aux affaires. Que monsieur Philippe et monsieur Darmanin, ex-UMP et Républicains ne voient pas d’un mauvais œil la déconfiture actuelle du Modem ne fait aucun doute. Sauf que, justement, toute la communication d’Emmanuel Macron reposait sur la notion d’équilibre entre les différentes forces politiques. Cet équilibre est aujourd’hui mis à mal. Si le gouvernement d’Emmanuel Macron se réduit à une alliance entre certains des plus modérés des ex-membres des Républicains et certains socialistes en rupture de ban et de parti, le renouvellement politique tant promis, et en un sens tant attendu, tournera court.

On peut assurément penser qu’il en faudrait plus pour distraire notre nouveau Président de ses grands projets. Il n’a nullement besoin du Modem pour avoir une majorité à l’Assemblée nationale. De plus, le groupe des Républicains vient de se diviser et une vingtaine de députés, par l’odeur du brouet ministériel alléchés, se préparent à rejoindre la majorité présidentielle. Sauf que, dans ce cas, cela marquera de plus en plus à droite Emmanuel Macron. Or, une partie de son succès reposait justement sur l’ambiguïté qu’il avait su faire régner sur ce point. S’il est renvoyé aux classiques équilibres de la vieille politique, il ne faudra guère longtemps pour que l’on soulève, aussi, la question de la légitimité même de l’Assemblée. Rappelons que cette dernière ne fut élue que par 38,5% des inscrits, un triste record dans les annales de la République.

Emmanuel Macron se voyait bien en joueur de flûte de Hamelin

Les tractations en cours vont donc viser à reconstruire la façade de l’édifice macronien. Nul ne doute qu’il y aura nombre de journalistes pour applaudir et féliciter le président et le Premier ministre. En ces jours de fête de la musique, il est cependant un instrument que l’on commence à entendre beaucoup : le pipeau.

Emmanuel Macron se voyait bien en joueur de flûte de Hamelin. Au son entraînant de son instrument, il conduisait les Français, hypnotisés, sur la route du néo-libéralisme et du fédéralisme européen. Mais, si sa flûte magique, qui a réussi à enchanter une large partie des médias tant en France qu’à l’étranger, devait se révéler n’être que le traditionnel pipeau dont on apprend à jouer dans tous les cabinets ministériels depuis de nombreuses générations, il se prépare à de grosses désillusions.

Car, c’est la confrontation au réel qui peut s’avérer la plus destructrice pour le projet macronien. Confrontation aux questions économiques et sociales, comme on le pressent avec la question de la réforme du code du travail. Signalons ici que l’Insee, dans sa note de conjoncture du mois de juin, détruit largement l’idée macronienne que les rigidités du code du travail seraient à l’origine du chômage. Mais aussi confrontation au réel sur la question de la moralisation de la vie politique ou du terrorisme islamiste. Enfin, Emmanuel Macron n’échappera pas à une confrontation avec le réel en ce qui concerne les relations franco-allemandes. Et cette confrontation pourrait bien faire éclater toutes les illusions qui, encore aujourd’hui, entourent son projet.

Le fait que cette crise politique survienne un mois à peine après la formation du gouvernement est significatif

La crise politique actuelle – car quand quatre ministres démissionnent en 48 heures dont deux régaliens sur quatre (le ministre de la Défense et celui de la Justice), c’est bien d’une crise politique qu’il s’agit – pourrait être le début de l’éclatement de la «bulle» Macron. Le fait que cette crise politique survienne un mois à peine après la formation du gouvernement est significatif. Quels que soient les artifices dont le président de la République usera pour chercher à redorer son blason, il vient d’entrer dans cette spirale qui voit les dirigeants de notre pays, parce qu’ils sont incapables ou se refusent à apporter des solutions réelles aux problèmes des Français, perdre – plus ou moins rapidement – de leur popularité. Mais, pour un homme élu par défaut et appuyé par l’Assemblée nationale la plus mal élue de la Ve République, et certainement la moins apte à faire face aux défis auxquels le pays est confrontés, cette perte de popularité pourrait prendre véritablement un tour tragique.

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Éric Zemmour : «Dès la Grèce et Rome, qui parle commande»

Le 5 juillet 20147        <<<<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<

CHRONIQUE - Imperator. Diriger en Grèce et à Rome est un recueil choisi de grands textes de l'Antiquité sur l'art de commander. Brillant et instructif.

Qu'est-ce qu'un chef ? Cette question a hanté la France pendant toute cette année de campagne présidentielle. Elle l'a hantée pendant les cinq ans du mandat de François Hollande, tant il était évident que le président en titre ne parvenait pas à se couler dans les habits de chef de l'État. La question courait dès avant, puisque, dans un genre différent, agité et survitaminé, Nicolas Sarkozy lui aussi avait suscité les mêmes questions et les mêmes rejets. On peut même dire que cette question hante la France, et même tout l'Occident, depuis la secousse libertaire et individualiste des années 1960. On se demande depuis dix ans si les institutions monarchiques de la Ve République ne sont pas définitivement surannées à une époque et dans une société, de la famille à l'entreprise, où toute autorité verticale est délégitimée au nom d'un égalitarisme niveleur et de la haine castratrice du «patriarcat».

Mais cette question du chef revient en force avec Emmanuel Macron, qui incarne à la fois l'enfant-roi, allure juvénile, père sans enfants à lui et épouse-mère, et, en «même temps», selon sa formule favorite, aspire à un pouvoir «jupitérien.»

Avec ce pouvoir jupitérien, on est en pays de connaissance. Depuis son élection, le nouveau président nous balade en command-car du Louvre à Versailles, tandis que les médias énamourés ressortent les tableaux de louis XIV en perruque ou de Bonaparte à cheval.

D'Homère à Aristote

Notre Roi-Soleil et notre Empereur eux-mêmes ne faisaient qu'imiter en tout point les héros, les rois et les empereurs de l'Antiquité gréco-romaine. Tous les Ulysse, Alexandre, César, ou encore Périclès, Alcibiade, Cyrus, Trajan, ou Constantin, que l'on voit défiler dans ce recueil de textes consacrés à la manière de diriger en Grèce et à Rome. Défiler est bien le mot: les textes sont brefs, nerveux, et agréablement mis en forme. On passe d'Homère à Aristote, de Thucydide à Platon. On tranche les nœuds gordiens avec l'épée d'Alexandre, on passe de Charybde en Scylla sur le bateau d'Ulysse, on veni, vidi, vici, avec César. On traverse les Alpes avec les éléphants d'Hannibal, on se perd en Sicile avec Alcibiade, on tremble avec Cicéron devant la soldatesque de Pompée. On prend des cours de rhétorique avec les sophistes d'Athènes et on constate que le général de Gaulle avait raison quand il disait: «Au fond des victoires d'Alexandre, on retrouve toujours Aristote.»

«Le peuple voit au fond des caractères…il aime et admire l'un, il déteste et méprise l'autre, autant pour sa conduite privée que pour sa conduite publique»

Plutarque

Au-delà de cette balade exotique et passionnante dans le temps, la question qui se pose est bien sûr celle du lien entre hier et aujourd'hui. Peut-on encore tirer des leçons des exemples de l'Antiquité, ce que firent pour leur plus grand profit nos ancêtres depuis la Renaissance? On voit bien sûr les points communs évidents: l'ambition, le talent, le caractère. La force, physique ou morale, le sens de l'effort et du sacrifice. Mais aussi le sens du spectacle, de la mise en scène. Un mélange d'égoïsme sacré et de générosité. D'optimisme et de lucidité. D'organisation et de folie. On voit bien aussi le prix à payer pour monter au sommet, et le demeurer. Thucydide nous explique qu'Alcibiade a gâché ses dons par le dérèglement de ses mœurs. Et on songe aussitôt à la mésaventure de DSK aux portes de l'Élysée… Plutarque annonce déjà la campagne ratée de François Fillon: «Le peuple voit au fond des caractères…il aime et admire l'un, il déteste et méprise l'autre, autant pour sa conduite privée que pour sa conduite publique». On découvre que la fameuse violence des réseaux sociaux n'est rien en regard de celle de Catulle contre César traité de «Romulus enculé, impudique, vorace et joueur». Et lorsque Homère vante le style «fleuri, au goût de miel», on pense au talent oratoire de notre dernier grand tribun national, Jean-Luc Mélenchon.

Alors, rien de nouveau sous le soleil? Tout recommence toujours? Il faut que tout change pour que rien ne change? Ces réactions spontanées et faciles nous laissent un goût d'inachevé. Les chefs de l'Antiquité ressemblent bien aux nôtres et en même temps (formule dont on ne peut plus désormais se passer!) on devine que quelque chose manque. Un souffle, une épaisseur, un je-ne-sais-quoi qui fait le héros. Dans un de ses dialogues socratiques, Platon nous dit: «Le gouvernement royal relève d'une science… Et pas n'importe laquelle, une science critique et directive.»

On sait que Platon avait rêvé d'un roi-philosophe et même d'un philosophe-roi et qu'il avait essuyé un échec cuisant. On sait aussi que toute la pensée occidentale court depuis Platon, et plus encore depuis le XIXe siècle, avec Saint-Simon ou Comte, après un gouvernement scientifique, ou plutôt un gouvernement des choses à la place du gouvernement des hommes.

Imperator. Diriger en grèce et à Rome.Belles lettres.284 p. 13,90 €.
Imperator. Diriger en grèce et à Rome.Belles lettres.284 p. 13,90 €.

Nous y sommes parvenus. À Paris comme à Bruxelles, nos oligarchies technocratiques imposent leurs objectifs numériques et leurs quotas. L'économisme règne. Les hommes sont des variables ajustables et indifférenciées. Tout le reste est communication, comme le montre, avec une ironie involontaire, le patron de Saint-Gobain dans la préface de l'ouvrage, où il exalte le «management collaboratif» et «l'empowerment», tout ce baratin managerial inventé pour faire croire à chacun qu'il est autonome et indispensable, alors qu'il n'est qu'un pion dans une structure anonyme.

Et nous revenons là aussi à Emmanuel Macron qui incarne parfaitement cette science technocratique qui a plus que jamais le pouvoir et entend bien l'exercer sans partage. Un Macron qui n'a cessé de se vanter d'avoir été l'assistant du philosophe Paul Ricœur. Comme s'il se voulait l'incarnation de ce roi-philosophe rêvé par Platon. Mais derrière ce pouvoir on ne peut plus pyramidal, les apparences modernistes et «collaboratives» sont préservées : le mouvement En marche! n'est pas un parti ; les députés ont été recrutés sur CV comme dans une entreprise ; on fait appel à l'initiative, à l'inventivité de chacun, comme dans une start-up. Tout cela est mis en scène. Tout cela est vain. Tout cela est illusion.

  

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Emmanuel Macron évoque les «gens qui ne sont rien» et suscite les critiques

Le 3 juillet 2017   <<<<<<LFP<<<<<<<<

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO - Lors de son discours d'inauguration de la Station F à Paris jeudi, où un millier de start-up sont accueillies, le président a évoqué «des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien». La formule, largement reprise, suscite des réactions d'anonymes et de personnalités politiques.

Son discours se voulait un parallèle entre son parcours politique et celui d'un entrepreneur. Mais une phrase choisie par Emmanuel Macron lors de l'inauguration jeudi de la Station F, campus géant dédié aux start-up et initié par Xavier Niel, a éclipsé le reste. «Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien», a affirmé Emmanuel Macron à la Halle Freyssinet. La référence renvoie au passé du lieu, dépôt ferroviaire jusqu'en 2006, le long des voies de la gare d'Austerlitz.

» EN DIRECT - Le discours d'Emmanuel Macron lundi devant le Congrès à Versailles

Le président de la République a filé cette métaphore pendant son discours. «Ne pensez pas une seule seconde que si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non, parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien, parce que c'est un lieu où on passe, parce que c'est un lieu qu'on partage», a-t-il dit dans le détail.

Et de conclure: «N'oubliez jamais en faisant changer» votre pays «que vous devez le faire changer pour longtemps, que vous avez à chaque instant cette responsabilité d'être né ou d'avoir grandi aussi dans cette gare, à Paris, en France, en Europe, quelque part dans le monde, et que cela vous l'emmènerez tout au long de votre vie.» L'extrait du discours a été posté dans la soirée sur le compte Twitter d'Emmanuel Macron.

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De vives critiques

L'extrait a été repéré et partagé par de nombreux internautes. La formule du président a rapidement fait réagir sur Twitter, engendrant de vives critiques, y compris de la part de certaines personnalités politiques. Martine Billard, secrétaire nationale du Parti de gauche, a évoqué la «morgue de classe» d'Emmanuel Macron. «Propos plus que honteux», a attaqué Florian Philippot. L'ancien ministre Thierry Mariani a dénonce le «mépris du président», tout comme l'ancienne ministre Christine Boutin, Julien Bayou, porte-parole d'EELV ou Pascal Durand, eurodéputé EELV, pour qui ce discours «illustre parfaitement la pensée macronienne». «Ce n'est pas un dérapage, c'est une honte», a également attaqué le psychanalyste médiatique Gérard Miller, soutien de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle.

 
 
 
 
 
 
 

Invité de France 3 ce dimanche, Nicolas Dupont-Aignan a de son côté estimé qu'Emmanuel Macron «devrait s'excuser» pour ces propos «profondément méprisants», rapporte Le Lab. «Qu'est-ce qu'on aurait dit», interroge l'ancien candidat de Debout la France, «si Nicolas Sarkozy avait dit cela».

D'autres messages d'internautes reprenant ces propos ont été retweetés plusieurs centaines de fois. Parmi les personnalités ayant commenté cet extrait, le journaliste Aymeric Caron a également critiqué le «mépris de classe».

 
 
 
 
 

Comme le rappelle un internaute, le président de la République a déjà eu à essuyer des accusations de mépris pour des propos tenus par le passé. Alors tout juste nommé ministre de l'Économie, Emmanuel Macron avait évoqué, en 2014, les salariées pour beaucoup «illettrées» des abattoirs Gad, dans le Morbihan. La polémique naissante l'avait poussé à s'excuser. Deux ans plus tard, ses propos tenus lors d'un déplacement dans l'Hérault avaient de nouveau été taxés de mépris: «Vous n'allez pas me faire peur avec votre T-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler», avait-il rétorqué à un salarié gréviste. Plus récemment, sa référence à «l'acoolisme et le tabagisme» dans le Nord lui a également valu une série de réactions critiques. Cette fois, il avait maintenu ses propos, les défendant sur le fond dans un communiqué. Peu après son élection, il a aussi suscité l'indignation en ironisant sur les kwassa-kwassa, des embarcations régulièrement utilisées par des migrants de l'archipel des Comores.

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Emmanuel Macron ....supernova ... nouveau jésus ou le diable relouké....? ....

Gustin Saintaud ♦

Macron Emmanuel, génial initiateur d’ « En Marche » peut passer pour un phénomène, du genre esprit visionnaire, qui sait générer un étonnant nouvel univers politique.

Il apparaît, tout d’un coup, tout auréolé d’une insolente jeunesse ; et, malgré des origines opaques, immédiatement, une foule improbable se lève à ces côtés, le suit et le révère. A son avènement, on le prend pour une étoile filante ordinaire permettant des vœux impossibles en temps obscurs ; c’est en fait une éclatante comète qui s’installe au firmament d’une vie publique bouleversée quand il est brillamment élu Président.

Il semble enclin à vite chasser les grotesques vieux marchands du temple sacré des démocrates ; il en ménage néanmoins certains utiles parmi eux : à son contact merveilleux, ces lions-là doivent se muer en doux agneaux pour côtoyer celui qui prétend multiplier les pains de la suffisance ; tous ces vieux squales aux dents dures et longues se pressent pour tenir les plis de la toge du promu qui marche désormais sur leurs ondes troubles. Quel est donc l’étrange pouvoir de cet esprit qui les réduit en acolytes compassés ?

Ce nouveau messie auto-signifié dissimule une christique humilité en restant peu visible, mais omni-présent, se prétendant omni-potent : il se veut insolemment divin pour le “vulgum pecus”, et de la plus haute autorité jupitérienne , quand il prétend ouvrir les temps nouveaux de la consécration d’un règne céleste sans partage ; mais il maintient que cette allure hautement païenne, c’est, avec lui, la parousie chrétienne dont rien ni personne ne doit douter.

Réjouissez-vous crédules éperdus, vous croyez béatement ses projections édéniques, vous attendez, dans la liesse, son monde meilleur et ses temps bienheureux pour l’immédiat ! Rêvez-vous donc extraits à jamais de vos noirs cauchemars, le prince de vos fantasmes vous guide maintenant vers une radieuse aurore ! Vous le voyez déjà pourfendre et défaire tous les monstres affreux de la Ténèbre ; il est à lui tout seul, Jésus et Apollon, l’archange Michel et Héraclès, Saint-Georges et tous les héros et saints destructeurs de dragons, drakes, vouires, tarasques, …. ; et vous chantez sans plus attendre ses prouesses à venir de libérateur, et les louanges de sa rayonnante apothéose !

Certainement, une nouvelle religion monothéiste est née en Gaule, en ce vingt-et unième siècle

Il y eut annonciation, il y eut révélation avant fulgurante ascension, puis installation en majesté, et adoration ; il suffit uniquement d’y croire, peut-être cela nécessitera d’imposer cette nouvelle foi et ainsi contraindre tous les rétifs agnostiques en metuentes bien encadrés !!! N’est-il point que ce genre de croyance partagée déplace les montagnes, joue facilement des miracles, jusqu’à faire prendre vessies pour lanternes ? !!!

L’éphèbe Emmanuel à la gueule d’ange toute lisse, si nette, n’a pourtant rien de surhumain ; voilà tout simplement un surdoué aux allures de mutant. Et cet être pas tout à fait accompli, atrocement miné d’ambition, joue de son verbe clair, légèrement chuintant, comme si ses paroles sublimes s’étaient faites chair. Il se pense irrésistible depuis que, tout gamin, il hypnotisa une gironde mamie pour combler une présence maternelle déficitaire. Cette fée mûre pleine de gratitude amoureuse ne cesse dès lors, de le bader et de le couver en mère poule possessive. Depuis, tout semble permis et même promis au prodige ; il use et abuse d’une espèce de charme primesautier avec un regard quelque peu distant, comme vide et désintéressé, au-dessus d’un facile et très avenant sourire plein de petites dents acérées, légèrement écartées, révélatrices d’un appétit de jeune loup à peine cruel.

Si le bougre est assez gâté par dame Nature intellectuellement et physiquement, tous ses dons ne peuvent taire une culture personnelle sophistiquée d’avide prédateur aux appétits bien insondables. L’ensemble contenant-contenu séduit facilement les séductibles, surtout dans un contexte précisément dépressif qui les projette, en hâte, dans les bras accueillants d’un communiquant si charmeur. Cela rappelle le frêle passereau fasciné par le regard du cobra royal, tout prêt à se laisser docilement happer.

Nouveau Jésus ou Satan « relooké »?

Voilà toute la question qui commence de s’imposer depuis le trône Elyséen où a été déposé le prince charmant de ce conte moderne, merveilleux mais éventuellement périlleux. Un porteur concours de circonstances a favorisé ce couronnement républicano-démocratique : la communauté des croyants démocrates suffoquait ; elle devait définitivement dégueler la pelote épaisse de tous les profiteurs qui l’étouffait depuis longtemps ; et , dans le courant d’une eau bien turpide, elle se rua pour gober la nymphe d’un insecte aquatique qui tourbillonnait à contre-courant.

Les pêcheurs à la mouche espéreront que Macron Emmanuel n’est que larve d’éphémère.

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Emmanuel Macron est-il homosexuel ?

En dépit de ses récentes déclarations dans TETU au sujet de sa prétendue relation avec Mathieu Gallet, la presse s'interroge. Pour le sociologue à lunettes, E.Macron n'est PAS homosexuel : il simplement fait un pari classique des étudiants de Sciences-Po : celui de la feuille de route.

>>>>>>>voir Video >>>>>>>>>>>>>>>>

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Emmanuel Macron : un homme, un destin .....En Marche Emm Mac..... au NOM de .... vers quoi...? .

Publié le 12/05/2017 à 09h00 >>>>>>>>>>>>>>>>>

Avant l'Élysée, il y eut En marche!, le gouvernement Valls, la banque Rothschild, l'ENA, le lycée Henri IV... Les témoins des grandes étapes de cette ascension fulgurante racontent.

Durant l'été 2016, de petits groupes épars, rassemblés en comités, ont sillonné l'Hexagone, questionnaire en main, pour enregistrer les attentes des Français. «C'est en banlieue et dans les provinces d'ordinaire négligées que les retours ont été les plus riches», raconte Chiara, en 4e année à Sciences-Po, qui a participé à Metz et à Paris à ce porte-à-porte pour En marche! «Avec des moyens faibles, pas de sandwich ni de rémunération, on allait partout au contact. On a fait de la vraie politique, à l'endroit: en permettant à chacun de se réapproprier la chose publique». Les efforts de l'étudiante ont été récompensés lorsque, collant des affiches le 14 avril dernier sur le boulevard Saint-Germain vers 23 h, elle s'est retrouvée nez à nez avec Emmanuel et Brigitte Macron qui sortaient de la librairie L'Ecume des pages. Il s'est ensuivi une conversation de vingt minutes sur le trottoir «empreinte de reconnaissance et de simplicité». Lancé le 6 avril 2016, En marche! a aussi permis de voir émerger une quinzaine de «groupes d'experts» aussi dynamiques qu'informels. «Sans carte de visite ni titre hiérarchique, nous étions une dizaine à nous réunir pour travailler à la réforme de la justice qu'il nous faudrait mener durant le quinquennat», raconte Julie Minkowski, 36 ans, coordinatrice du groupe qui a eu l'occasion de voir le «candidat servir lui-même les cafés lors d'une réunion à Fresnes dans un lieu d'accueil pour les familles de détenus». Un engagement chronophage, au rythme d'une fois par semaine, et de très bon niveau. A n'en pas douter, certains de ces experts rejoindront les équipes opérationnelles du gouvernement.

● Au gouvernement: “Il est fait pour être vu et attirer la lumière”

C'est François Hollande qui m'a annoncé qu'il nommait Emmanuel Macron à la place d'Arnaud Montebourg, raconte Michel Sapin il y a tout juste deux ans. Il me dit: “C'est Macron.” Je suis surpris, forcément, et Emmanuel aussi, d'ailleurs. L'idée du remaniement de la fin août 2014, c'est de faire monter des jeunes ministres et Emmanuel en fait partie. C'est une bonne stratégie.» Le ministre de l'Economie poursuit: «Assez vite, sa légitimité a été contestée à l'Assemblée, mais c'est assez classique chez les députés puisqu'ils sont eux-mêmes issus du scrutin. Emmanuel est ambitieux au bon sens du terme. Mais l'ambition politique en France, cela passe par le travail de terrain. Il est là, le vrai combat politique. Une ambition politique, c'est un terrain qu'on laboure, un terrain qu'on conquiert et un terrain fidèle. François Hollande, c'est la Corrèze qui lui a donné sa force […]. Emmanuel a du talent, une belle gueule, il attire la lumière médiatique, il est fait pour ça en termes de casting ministériel. Après, il faut tenir le rôle. Mais il est fait pour être vu, pour prendre la lumière, pour faire du buzz médiatique.»

 

● À l'Élysée: “Je l'ai vu faire des pompes dans le bureau à côté de Hollande”

Tous les lundis matin, nous avions une réunion dans le bureau du secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas à l'époque, se souvient Christian Gravel. Nous étions l'équipe rapprochée, une petite dizaine de personnes à balayer absolument tous les sujets, une réunion à laquelle participait aussi le Président. La plupart du temps, Emmanuel avait une petite phrase pour détendre l'atmosphère. Il y avait toujours un angle sérieux, mais ça faisait rire l'équipe. C'était très révélateur de son intelligence et de sa nature.» Le responsable de la communication de l'Elysée pendant la première partie du quinquennat de François Hollande ajoute: «Emmanuel Macron est quelqu'un de profondément optimiste et généreux. Il utilise l'humour pour créer une distance par rapport à ceux qui se prennent au sérieux. Ça permettait de dédramatiser et c'était bienvenu vu le nombre de dossiers extrêmement complexes que nous avions à traiter. Un jour, avant une réunion très importante, nous attendions dans le bureau d'Aquilino Morelle et nous avions un peu charrié Emmanuel sur son côté crâne d'œuf pas très sportif, incapable de faire des pompes. Il ne s'était pas démonté et en avait enchaîné 20 d'affilée en costard-cravate pendant que le Président travaillait juste à côté. Il n'y en a pas beaucoup d'autres qui seraient partis dans ce jeu-là en allant jusqu'au bout. Emmanuel était ainsi à l'Elysée, plein d'énergie avec un bon état d'esprit.»

● À la Commission Attali: “Il saura prendre le meilleur,et les meilleurs pour le faire”

A l'époque, c'était en août 2007, Emmanuel Macron n'avait pas encore 30 ans. Jacques Attali l'avait choisi sans le connaître au sein d'un «casting» concocté par l'Inspection des finances afin qu'il y déniche l'un des trois rapporteurs de sa Commission pour la libération de la croissance française.

La mèche est encore folle, mais les formidables capacités de travail sont déjà là. L'idéal pour Jacques Attali, qui cherchait un rapporteur infatigable.
La mèche est encore folle, mais les formidables capacités de travail sont déjà là. L'idéal pour Jacques Attali, qui cherchait un rapporteur infatigable. - Crédits photo : LUDOVIC/REA

D'abord «séduit par la brillante intelligence et la grande compétence» du jeune énarque, Attali le fut ensuite par «sa gentillesse, son humilité, ses qualités de synthèse et ses immenses capacités de travail: jusqu'à dix heures par jour à mes côtés, pendant des mois». Plus tard, lorsqu'on le fit passer du poste de rapporteur adjoint à celui de membre de la commission, Macron se révéla, en prime, «très utile dans le débat collectif». Le futur ministre en tirera d'ailleurs quelques-unes des idées appliquées à Bercy (dont un début de réforme des professions réglementées) et le futur candidat, plusieurs de celles inscrites à son programme présidentiel. Mais, d'après son mentor (qui le présenta à François Hollande en 2011), c'est surtout avec l'esprit de cette commission - «Prendre le meilleur de ce que veulent la droite et la gauche, et prendre les meilleurs pour le faire» - que le jeune homme fut alors le plus en adéquation. Et Jacques Attali ajoute, pour finir, avec une modestie rare chez lui: «Il serait devenu président, même s'il ne m'avait pas rencontré.»

● À la banque Rothschild: “C'est un économiste de droite et un politique de gauche”

Mon rêve aurait été que vous restiez chez nous pendant les vingt prochaines années mais je comprends qu'il soit irrésistible à votre âge de rejoindre le service de la République.» Avec ces mots, l'un des principaux associés de Rothschild & Cie accueille la démission d'Emmanuel Macron, en mai 2012.

Retrouvailles avec David de Rothschild, en avril 2015, à l'occasion d'un dîner public.
Retrouvailles avec David de Rothschild, en avril 2015, à l'occasion d'un dîner public. - Crédits photo : LICHTFELD EREZ/SIPA

Quittant après trois ans et demi de «succès multiples» la prestigieuse banque, il s'y sera illustré comme un virtuose de la gestion du temps: «En mars 2012, il pouvaitdans la même journée conduire des affaires complexes comme associé-gérant chez Rothschild, prendre en charge des aspects économiques du programme de la campagne de François Hollande et dialoguer avec un écrivain le soir devant des lycéens, raconte son ami et condisciple de l'ENA, Jérôme Rivoisy. Emmanuel aime faire des choses très différentes dans un laps de temps très court.» Lorsqu'il rejoint en 2008 la maison de David de Rothschild, réputée «discrète, pas pyramidale, sans querelles intestines» selon l'un de ses membres, Emmanuel Macron est marié à Brigitte Trogneux depuis juste un an. Il s'illustre dans plusieurs dossiers difficiles comme la vente du département Nutrition de Pfizer à Nestlé (9 milliards d'euros). «Emmanuel est convaincu que l'entreprise crée de l'emploi et qu'il faut la libérer de ses freins. C'est un économiste de droite et un politique de gauche. J'ai constaté à maintes reprises son souci des autres. Il se montrait concerné par le désarroi de ses compatriotes, leur sentiment de déclin. Chez nous, d'ailleurs, il a laissé le souvenir de quelqu'un de très humain, qui suscite l'adhésion et l'affection.» Plusieurs années après avoir quitté la banque, devenu ministre à Bercy, il invite un jour à déjeuner la secrétaire personnelle de David de Rothschild. Sans caméra. Ni agenda. Plutôt classe.

● À l'ENA et à l'Inspection des finances: “Avec Brigitte, il avait faitun choix précoce et différent”

Nous n'avons rien d'un millésime exceptionnel», sourit l'un des camarades d'Emmanuel Macron à l'ENA. Pourtant, la promotion Léopold Sédar Senghor, sortie en 2004, a représenté un vivier dans lequel ont abondamment puisé Nicolas Sarkozy et François Hollande. Il faut plisser les yeux pour distinguer «le meilleur d'entre nous», alors âgé de 25 ans, avec sa veste blanche col Mao, au 6e rang. Il figure aux côtés d'Aurélien Lechevallier, de Sybile Veil et de Gaspard Gantzer, tous restés des amis. Sur les 139 élèves qui se prévaudront d'avoir côtoyé le futur président à Strasbourg, «peu nombreux sont ceux qui peuvent dire qu'ils le connaissent intimement», confie Aymeric Ducrocq, qui l'a accueilli sur son canapé pendant deux semaines, le temps que «Manu» trouve un appartement dans la ville. «Peut-être pour la première fois de sa vie, ajoute ce directeur des fusions-acquisitions chez EDF, et parce qu'il avait fait un choix précoce et différent (avec Brigitte, ndlr), il a eu avec nous ce qu'on appelle “une bande de copains”. Nous étions une poignée, huit tout au plus, à rire, déjeuner, dîner ensemble tous les jours. Confinés en Alsace, nous allions au Bunny's, un pub karaoké pour chanter Aznavour et Johnny (Emmanuel a une très bonne voix), nous disputions d'interminables parties de ping-pong dans les sous-sols de l'école. Manu se mettait parfois au piano. Et nous avons tous gardé un lien.»

«Emmanuel n'est pas un homme de détail. Il a le sens de la synthèse plus que celui de la précision. Il n'entre pas dans la complexité des dossiers»

Thierry Breton

Un lien qui allait perdurer avec certains à l'Inspection des finances, un corps qui rassemble les élèves sortis «dans la botte», c'est-à-dire les mieux classés à l'ENA. «Pas ceux qui savent le mieux compter, mais ceux qui ont eu les meilleures notes durant leur scolarité, dans toutes les matières, et lors de leur stage»,explique l'un d'eux. Ils sont cinq, six parfois à décrocher le Graal chaque année sur 140 élèves. Emmanuel Macron, comme Sébastien Proto, Pierre-Alain de Malleray, Marguerite Bérard, Amélie Verdier et son grand ami Jean-Baptiste Nicolas furent de ceux-ci en 2004. «Emmanuel n'aimait pas les technos rigides ou trop sérieux de l'Inspection, confie un collègue de l'époque. Il aimait faire des blagues potaches, souvent en décalage avec le sérieux des réunions et les sujets arides. Pour cela, il avait trouvé un complice sûr en Jean-Baptiste Nicolas.» Indissociable de ses trois premières années de carrière, cet ami votant à gauche comme lui, aujourd'hui DRH à la Mairie de Paris, évolue encore dans la galaxie Macron.

Un autre de ses collègues, à l'époque où il devient chargé de mission à l'Inspection, répondant aux demandes du cabinet de Thierry Breton (entre 2005 et 2007), confie: «Emmanuel n'est pas un homme de détail. Il a le sens de la synthèse plus que celui de la précision. Il n'entre pas dans la complexité des dossiers, mais en comprend très vite le sens.» C'est là, en 2007, que Jean-Pierre Jouyet, alors chef du service de l'Inspection, le repère. Question: ses collègues de l'Inspection ont-ils voté pour lui par solidarité? «Pour le premier tour, je crois qu'on a tous beaucoup hésité entre François Asselineau et Emmanuel Macron, tous deux inspecteurs des Finances, ironise Renaud Guidée, 36 ans, qui a suivi la même trajectoire trois ans plus tard. Je me rappelle le petit bureau de Manu à Bercy, volontairement décoré d'un vieux secrétaire vernis et d'une table ancienne. Il aimait, je crois, cet aspect esthétiquement suranné au cœur d'un bâtiment ultramoderne.» Déjà, cette façon de cultiver sa différence.

 Au lycée Henri-IV: “Il parlait beaucoup aux profs en dehors des cours”

J'ai connu Emmanuel Macron en classe préparatoire au Lycée Henri IV. Il m'a frappé d'emblée par son aplomb, sa maîtrise des codes de langage et de la critique littéraire. Il était très à l'aise avec tout le monde, y compris avec les professeurs, auxquels il parlait beaucoup en dehors des cours», se souvient Jean-Baptiste de Froment, aujourd'hui conseiller d'Etat. «A l'époque, je n'avais pas vu en lui une disposition pour la politique, mais plutôt une dextérité dans le contact humain, ce qui en faisait un camarade à la fois très urbain et un peu mondain. Il avait un profil très littéraire, il donnait l'impression qu'il allait faire une carrière d'écrivain. Il s'intéressait beaucoup à la poésie, au théâtre. Je me souviens qu'il écrivait unroman dont l'histoire se passait en Amérique du Sud, dans le genre épique», poursuit le conseiller de Paris (IXe), avant d'ajouter: «Dans la classe, certains voulaient devenir économistes, d'autres visaient une carrière de politique ou technocrate. Lui, pas du tout. En revanche, Emmanuel Macron n'excellait pas dans les matières plus scientifiques. L'économie ne l'intéressait pas et il était mauvais en math, mais il réussissait toujours à donner le change. Cela dit, cette sociabilité avec tous ne le liait pas à quelques-uns parmi nous. C'était plutôt un solitaire. Il n'appartenait à aucune bande, aucun sous-groupe de copains. Au fil des mois, je me suis dit progressivement que son aisance à l'oral ne se reflétait pas à l'écrit, où il était moins convaincant, et peut-être un peu vide. Il avait indéniablement, dès ces années-là, un côté pipoteur de génie».

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 12/05/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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L'ascension fulgurante d'Emmanuel Macron, un homme pressé

hcq ..au profit de qui ...?

Publié le 07/05/2017 à 20h09  >>>>>>>>>>>>>>>>>>>

............... à gauche il me semble la BNF ...François Mitterand .............."pressé" au profit de qui ...,?

PORTRAIT - Récit de l'histoire d'un jeune conseiller du roi qui, saisi par l'impuissance de son maître, décide sans vraiment le savoir de le remplacer et part à la conquête de l'Élysée, seul contre tous.

Il voulait devenir écrivain, il sera président de la République, et c'est déjà tout un roman. L'histoire d'un jeune conseiller du roi qui, saisi par l'impuissance de son maître, décide sans vraiment le savoir de le remplacer et part à la conquête de l'Élysée, seul contre tous, franchissant un à un les obstacles qui se dressent sur sa route. Une histoire improbable donc, presque une légende, mais qu'Emmanuel Macron s'est appliqué à écrire avec obstination, jusqu'à achever son récit dimanche soir à 20 heures, élu huitième président de la Ve République, le plus jeune jamais arrivé à ce poste.

«Il y a des moments de grande accélération de l'Histoire et je pense que nous en vivons une, confiait-il en mars dernier pendant sa campagne. Ces cinq dernières années ont été marquées par le terrorisme, l'accélération de transitions très fortes sur le plan économique et technologique, de transformation aussi de nos démocraties. Dans ces moments où tout s'accélère, des parcours comme celui qui est le mien sont possibles.» Emmanuel Macron n'est pas dupe. Et surtout pas des circonstances qui l'ont mené jusque-là, à commencer par celles de son entrée dans le monde politique. Tout a commencé par un fiasco politico-champêtre organisé à Frangy-en-Bresse par le ministre de l'Économie Arnaud Montebourg à l'occasion de sa traditionnelle et annuelle Fête de la rose. Avec Benoît Hamon, il y met en cause la politique économique de François Hollande et le provoque en lui offrant un vin spécialement tiré pour l'occasion: la «cuvée du redressement». Le chef de l'État ne digère pas, décide de virer ses ministres et de remanier son gouvernement.

Au même moment, Emmanuel Macron est dans sa résidence secondaire du Touquet. Il est en vacances, il fait du vélo. Son téléphone sonne, c'est François Hollande. Il lui propose Bercy, Emmanuel Macron ne pose qu'une seule question: «Est-ce que je pourrai faire des réformes?» Le président de la République l'en assure, il accepte. Non sans avoir consulté son épouse Brigitte au préalable, sa «part non négociable», «celle sans qui je ne serais rien» dit-il, son ancienne professeur de théâtre du lycée de la Providence à Amiens, sa ville natale. Elle est de vingt-quatre ans son aînée. Une histoire improbable déjà, mais essentielle pour comprendre le caractère et la détermination d'Emmanuel Macron, la place et le rôle qu'occupe Brigitte à ses côtés aussi.

«Quand il se lance dans quelque chose, il se donne toujours à fond»

Brigitte Macron à propos de son mari

À peine sorti de l'adolescence, il a tout affronté avec elle dans leur petite ville de province d'Amiens. Le scandale, les rumeurs, les sarcasmes, les «on-dit». Si bien que l'élection présidentielle française, sa dureté, ses coups bas, ses rebondissements et ses fake news… ça les fait bien rire, même si parfois c'est un peu jaune. «Après tout ce qu'on a traversé…», soupire Brigitte Macron pour minimiser les difficultés de la campagne. Elle ne s'attendait toutefois pas à se retrouver à l'Élysée, lorsqu'elle a donné son accord pour que son mari devienne ministre de l'Économie. Même si elle se doutait qu'il irait loin. «Quand il se lance dans quelque chose, il se donne toujours à fond», confiait-elle alors.

Voici donc Emmanuel Macron ministre de l'Économie. Son destin a basculé, lui qui s'était préparé à une autre vie. Un mois plus tôt, il était encore secrétaire général adjoint de l'Élysée mais avec un horizon bouché. François Hollande lui avait refusé le secrétariat d'État au Budget qu'il visait. Trop jeune, pas assez expérimenté, trop peu instruits des arcanes du PS. On offre aux jeunes des postes à responsabilité et allez savoir où ils finissent. Las, dans l'urgence de la crise politique qui menace François Hollande en cette fin d'été 2014, l'ennemi autoproclamé de la finance se retrouve contraint de nommer au ministère de l'Économie un ancien banquier d'affaires de chez Rothschild. Angle d'attaque idéal pour les frondeurs du PS.

Ils voient dans l'argent une sorte de mal absolu. Emmanuel Macron reconnaît en avoir gagné beaucoup. Mais à une seule fin expliquent ses amis: acheter sa liberté, ne pas avoir à dépendre d'un appareil politique pour vivre, encore moins devoir se plier aux contorsions idéologiques qu'implique parfois l'appartenance à un parti. Va donc pour Rothschild, première pièce du puzzle de l'ambition d'Emmanuel Macron. Avant lui, un ancien de la banque a déjà tracé sa voie jusqu'à l'Élysée, Georges Pompidou. Personne n'y pense alors, pas même lui. Certains glissent des indices pourtant.

Un jour, c'est Jacques Attali qui assure qu'Emmanuel Macron a «l'étoffe d'un président de la République». Un autre, c'est Alain Minc qui raconte lui avoir demandé ce qu'il voulait faire plus tard et s'être vu répondre «président de la République». Une plaisanterie d'accord mais l'idée est là, pour l'heure encore enfouie. À la différence de presque tous ses prédécesseurs, Emmanuel Macron n'a jamais prétendu avoir reçu dès l'enfance la révélation de son ambition élyséenne. Tout petit déjà… il lisait beaucoup plus qu'il ne pensait à devenir président. L'influence de sa grand-mère adorée, ancienne institutrice, chez qui il passe tous ses mercredis et samedis pendant que ses parents médecins travaillent.

«Il m'a trahi avec méthode»

François Hollande à propos d'Emmanuel Macron

Car s'il affiche le cursus royal Science Po-ENA-inspection des finances, s'il emprunte l'accélérateur de carrière Rothschild-conseiller économique de François Hollande-secrétaire général adjoint de l'Élysée, c'est en réalité presque par hasard. Emmanuel Macron n'a qu'un objectif, ne pas passer à côté de sa vie. Il saisit les opportunités comme elles se présentent au gré de ses intérêts successifs: théâtre, littérature, philosophie, économie, finance, politique… À chaque fois qu'il se lance dans un projet, il veille toutefois à ne pas se laisser enfermer dans son activité du moment, à toujours garder une porte ouverte sur un autre monde. C'est ainsi qu'il sera un théâtreux chez les énarques, un énarque chez les philosophes, un philosophe chez les banquiers, un banquier chez les socialistes…

Seul regret, son échec pour entrer à Normale, l'école de la rue d'Ulm, le temple des études littéraires, l'antichambre des carrières d'écrivain. «Mais la vie est inventive», se console-t-il. À tel point qu'elle va dégager devant lui la route de l'Élysée. À Bercy, il devient populaire. Grâce au couple hors norme qu'il forme avec Brigitte, il se retrouve propulsé dans la presse people. Un accélérateur de notoriété qui lui permet de rattraper son retard sur les poids lourds de la scène politique. Et puis à l'Assemblée nationale où il porte sa loi Macron, il bénéficie d'une tribune quotidienne. Il y défend la libéralisation de l'économie, ce que l'on n'appelle pas encore l'«ubérisation». C'est là qu'apparaît ce concept flou et encore mal défini de «macronisme». Un peu de droite, un peu de gauche, un peu de centre, peu importe le dosage pourvu que cela fonctionne à peu près. Le symbole en sera les cars Macron: un secteur économique libéralisé, donc plus concurrentiel et risqué pour les salariés, mais en contrepartie d'une baisse des coûts de transport pour les usagers. Au final, plus d'égalité donc. Les Français découvrent Emmanuel Macron, commencent à l'apprécier, lui qui était encore totalement inconnu quelques mois auparavant.

En ce début 2015, le ministre de l'Économie est donc la sensation du moment. L'homme neuf qui attire la lumière et ringardise ses camarades socialistes. Manuel Valls surtout. Au départ pourtant, il regardait ce petit jeune prometteur d'un bon œil. Mais le premier ministre se met à voir d'un mauvais œil ce concurrent qui s'installe sur son terrain du réformisme pragmatique de gauche. Dans le quinquennat chaotique de François Hollande, il apparaît comme la seule nouveauté. Le chef de l'État laisse prospérer la rivalité qui pointe entre Emmanuel Macron et Manuel Valls. Elle va culminer en février lorsque le premier ministre va utiliser l'article 49-3 pour faire passer la loi Macron à l'Assemblée nationale. Sans vote donc alors que le ministre était persuadé de pouvoir obtenir une majorité.

Cette loi, c'était son passeport pour le monde politique. Il s'était appliqué à rendre une copie parfaite, passant ses jours et ses nuits dans l'Hémicycle avec les députés pour les convaincre un à un. Un talent d'Emmanuel Macron d'ailleurs que cette force de persuasion. Cette façon de plonger son regard bleu acier dans celui de son interlocuteur pour lui donner, le temps d'une discussion, l'impression que rien d'autre au monde ne compte plus que cet échange. «Quelque chose que je n'ai trouvé jusqu'alors que chez les têtes couronnées», s'amuse son ami Stéphane Bern. Un talent de séducteur dont Emmanuel Macron a usé et abusé pour multiplier les rencontres et lier des amitiés. L'ancien premier ministre Michel Rocard, le philosophe Paul Ricoeur, le haut fonctionnaire Jean-Pierre Jouyet, le banquier d'affaires François Henrot, le mécène de la deuxième gauche Henry Hermand… la liste est interminable de ces vieux messieurs fascinés par Emmanuel Macron qui, tous, chantent ou ont chanté ses louanges en chœur.

Emmanuel Macron est un président élu sur un champ de ruines, celui qu'il a contribué à créer en bâtissant sa stratégie de conquête sur l'explosion des deux grands partis de gouvernement qui structuraient la vie politique depuis les débuts de la Ve République

Auprès d'eux, il s'abreuve. Il puise dans leur expérience. Il apprend. Il gagne du temps et du savoir. C'est ce qu'il essaye de faire avec les députés, laissant parfois son côté baratineur prendre le dessus. Cette faconde qui lui permettait, lorsqu'il était élève et appelé au tableau, de s'en sortir par un beau discours sans avoir répondu à la question. Même méthode à l'Assemblée nationale où, pour défendre sa loi, il appelle à «lever les verrous», «libérer les énergies», «ouvrir les fenêtres», «ne pas avoir de tabous», «faire bouger les lignes»... Le même genre de clichés dont il truffera ses discours pendant sa campagne présidentielle.

À l'inverse, il peut parfois tenir des propos abscons. Comme lorsqu'il assure au JDD en février dernier avoir «toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance. Mais en même temps, elle doit s'ancrer dans de l'immanence complète, de la matérialité». Creux ou incompréhensibles donc. Mais ça fonctionne pourtant. Pas de problème auprès des députés en tout cas. Car en parallèle, il maîtrise le volet technique de son texte sur le bout des doigts et ne se laisse jamais prendre en faute. D'où sa confiance. D'où son désarroi aussi lorsque Manuel Valls brandit le 49-3.

Un geste qu'Emmanuel Macron perçoit encore aujourd'hui comme une attaque politique. Elle est essentielle dans son parcours. C'est la dernière pièce du puzzle, celle qui lui révèle son ambition: devenir président de la République. Il y fera d'ailleurs référence dans son discours de candidature fin novembre 2016 en assurant avoir «vu de l'intérieur la vacuité de notre système politique qui empêche les majorités d'idées, au motif qu'elles fragilisent les appareils (…), qui a transformé la vie des Français en simple décor de son propre théâtre d'ombres».

Le voilà donc lancé en campagne. La conclusion logique d'une année 2016 marquée par une lente montée en puissance. Lancement de son mouvement politique En marche! en avril, meeting de précandidature à la veille de la traditionnelle intervention du chef de l'État pour le 14  Juillet, démission du gouvernement fin août 2016 -  deux ans jour pour jour après sa nomination  -, diagnostic du pays réalisé par les «marcheurs» de son mouvement et donc, en ce 16 novembre 2016, déclaration officielle de candidature à la présidence de la République. Quitte ou double à chaque étape, ça passe ou ça casse. Un parcours d'obstacles sur lesquels chacun de ses adversaires le voyait trébucher. «Une bulle, disaient-ils. Elle va finir par exploser.»

C'était en réalité une opération de conquête organisée de bout en bout, réglée au millimètre. Une mécanique de précision qui permet même à Emmanuel Macron de refiler au passage le costume de traître à Manuel Valls. Après tout, c'est bien le premier ministre que l'on retrouve début décembre 2016 à côté du cadavre politique du président de la République, le couteau ensanglanté entre les mains. Pour la présidentielle de 2017, «je suis prêt», venait-il de déclarer, précipitant le renoncement de François Hollande.

Pourtant, c'est bien grâce au chef de l'État qu'Emmanuel Macron a émergé, grâce à lui qu'il a prospéré et surtout contre lui qu'il a construit sa candidature, sa campagne donc sa victoire. «Je ne prétends pas être un président normal. Je compte être un président qui préside, un président engagé sans jamais être un président de l'anecdote, avec des décisions prises de manière rapide, des chantiers présidentiels suivis de manière prioritaire et un gouvernement qui gouverne», explique aujourd'hui Emmanuel Macron, dressant en creux le portrait de François Hollande. «Il m'a trahi avec méthode», confiera d'ailleurs le président de la République à propos de son ancien conseiller.

«Je ne crois pas que l'homme ou la femme providentielle existe seul, il est toujours l'instrument d'un changement plus profond, d'une transformation historique plus profonde. Mais il faut qu'il soit là à un moment donné pour la révéler»

Emmanuel Macron, le 1er mai 2016 à Orléans

C'est qu'à force de travailler avec lui, Emmanuel Macron a fini par se lasser de ses éternelles et improductives recherches d'équilibre entre socialistes. Lui se place, selon ses propres mots, dans une perspective «mitterrando-gaullienne». Et ne rechigne pas à endosser le costume d'homme providentiel. Il en joue d'ailleurs. Le 1er mai 2016 à Orléans, il prononce un discours à l'occasion des fêtes johanniques et dresse un parallèle entre son propre parcours et celui de la pucelle. «Elle sent déjà en elle une liberté qui sommeille. Elle sait qu'elle n'est pas née pour vivre mais pour tenter l'impossible (…). Jeanne n'est personne, mais elle porte sur ses épaules la volonté de progrès de tout un peuple», déclare-t-il à l'occasion de ce premier grand discours. Parfois, il évoque aussi Napoléon ou Charles de Gaulle, deux figures de l'Histoire de France qui, selon lui, ont remplacé la figure du roi qui manque aux Français depuis la décapitation de Louis XVI.

«Cela fait partie de notre histoire. L'histoire est faite de figures, de grandes dates et de transformations profondes. Les grandes figures, hommes ou femmes, sont bien souvent ceux qui catalysent ou qui accélèrent quelque chose qui est plus profond qu'eux. Je ne crois pas que l'homme ou la femme providentielle existe seul, il est toujours l'instrument d'un changement plus profond, d'une transformation historique plus profonde. Mais il faut qu'il soit là à un moment donné pour la révéler», confiait-il en mars. Le changement profond, c'est la décomposition du paysage politique français sur laquelle il a prospéré pour une élection par défaut.

Défaut de candidat à droite avec François Fillon empêtré dans les affaires d'emplois fictifs supposés de sa famille. Défaut de projet à gauche sur fond de règlements de comptes entre socialistes au terme d'un quinquennat raté. Défaut d'adversaire à l'extrême droite avec le fiasco de Marine Le Pen lors du débat d'entre-deux-tours. À la fin, il ne restait plus que lui.

Emmanuel Macron est un président élu sur un champ de ruines, celui qu'il a contribué à créer en bâtissant sa stratégie de conquête sur l'explosion des deux grands partis de gouvernement qui structuraient la vie politique depuis les débuts de la Ve République. «Quelle histoire…», avait soufflé François Mitterrand en apprenant sa victoire en 1981. «Quelle histoire insensée…», aurait-il peut-être constaté en jaugeant celle d'Emmanuel Macron, l'ascension fulgurante d'un homme pressé. «Être candidat à la présidence, c'est avoir un regard et un style. Aussi vrai qu'un écrivain a un regard et un style», expliquait le futur président de la République àL'Obs en février 2017. Le roman de la conquête s'achève, celui du quinquennat démarre.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 08/05/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici