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Guillaume Musso : les coulisses d'un incroyable transfert littéraire

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ENQUÊTE - L'auteur le plus lu en France avec 28 millions d'exemplaires vendus quitte son fidèle éditeur depuis treize ans, XO, pour Calmann-Lévy. L'histoire révèle une bataille entre deux grands groupes - Hachette et Editis - mais aussi une histoire d'amitié...

C'est le transfert du siècle. On parle bien de littérature, même si le rapprochement entre le livre et le ballon rond a été évoqué. Quelques semaines après que le PSG a arraché le célèbre Neymar Jr à la grande équipe du Barça, la maison Calmann-Lévy a, en effet, débauché Guillaume Musso, l'auteur de best-sellers, de chez XO. Pour rester dans la métaphore footballistique, le romancier est le Ballon d'or de l'édition, et ce, depuis sept années consécutives. Autant dire que l'annonce a produit une onde de choc. Au moment où s'ouvre la Foire du livre de Francfort, avec la France comme invitée d'honneur, nous avons voulu en savoir plus sur les coulisses de ce transfert qui dépasse les seules «petites» maisons d'édition et devient une lutte entre deux grands groupes: Hachette, d'un côté ; Editis, de l'autre.

Guillaume Musso a-t-il quitté son fidèle éditeur pour une question d'argent ?

Autant poser tout de suite la question qui fâche: comme au foot, Guillaume Musso a-t-il quitté son fidèle éditeur pour une question d'argent? A-t-il lui aussi touché un gros pactole comme le joueur brésilien, «débauché» pour 222 millions d'euros? Le Figaro est en mesure de raconter la véritable raison de ce transfert hors norme. Un très proche du dossier s'agace dès qu'on lui pose la question. «Mais arrêtez de parler de Neymar et de ses millions d'euros, l'arrivée de Guillaume Musso chez Calmann-Lévy n'a rien à voir.» Renseignements pris: le romancier le plus lu en France a touché un chèque de… zéro euro. Même le pourcentage de ses droits d'auteur n'a pas connu une augmentation d'un point en changeant d'éditeur. En tout cas, pas pour le moment.

Alors, quel est le véritable mobile? Chez Calmann-Lévy, on préfère ne pas parler. Mais on sait qu'une rencontre entre Guillaume Musso et le patron de Hachette Livre, Arnaud Nourry, a été décisive. Le romancier a vendu plus de 28 millions d'exemplaires à travers le monde. Aujourd'hui, il est traduit en quarante langues. Il continue à conquérir des lecteurs dans le monde entier, notamment en Allemagne, en Italie et en Corée, où l'un de ses premiers titres, Seras-tu là?, adapté au cinéma et sorti en décembre 2016, a franchi la barre de 1,2 million d'entrées. Mais Musso a une «faiblesse»: le marché anglo-saxon, là où précisément le groupe Hachette est très fort. C'est cette idée qui lui a été vendue. Et qui intéresse beaucoup le romancier.

La boucle est bouclée

L'autre clé de ce transfert est une question d'homme et de femme. On peut s'étonner du choix de Calmann-Lévy. Mais, en rejoignant cette maison, Guillaume Musso rejoint deux personnes qu'il connaît bien et avec lesquelles il a aimé travailler. Philippe Robinet, directeur général de Calmann-Lévy depuis l'an passé, et Caroline Lépée, responsable du domaine français depuis le 1er septembre. Cette diplômée de Sciences Po Paris a commencé sa carrière comme assistante d'édition avant de suivre, en 2000, Bernard Fixot chez XO, où elle a édité entre autres… Guillaume Musso. La boucle est bouclée. D'autant que chez XO, le romancier a travaillé en étroite collaboration avec elle durant onze années. Musso a également une vieille histoire avec Robinet: ils sont tous deux actionnaires d'une société créée par l'actuel DG de Calmann-Lévy. «C'est aussi une histoire de potes, il faut le dire», dévoile l'un des proches du dossier. En fait, pour comprendre le «transfert» de l'auteur de best-sellers, il faut bien connaître Philippe Robinet et Caroline Lépée. Ce sont deux personnalités fortes, créatrices - ils ont d'ailleurs tous deux créé leur propre entreprise, les éditions Kero pour Robinet et les Éditions de l'épée pour Caroline Lépée, qui s'est spécialisée dans le numérique. Philippe Robinet est également à l'origine d'une des plus belles et des plus généreuses initiatives dans le monde de l'édition: Le Labo des histoires, qui propose des ateliers d'écriture créative gratuits, ouverts aux jeunes de moins de 25 ans.

Musso, dont les romans se vendent à des centaines de milliers d'exemplaires, est publié par XO depuis janvier 2004. XO est la maison fondée par Bernard Fixot, dont la réputation de savoir-faire en matière de best-sellers n'est plus à démontrer. Il publie Max Gallo, Christian-Jacq, Bernard Minier… Si ce transfert a fait autant de bruit, c'est qu'il révèle une bataille entre deux grands groupes. Hachette face à Editis. Et là, on peut sortir les comparaisons entre le PSG et le Barça! En étant chez XO, le romancier à succès, auteur notamment de La Fille de Brooklynet d'Un appartement à Paris, appartenait à XO, une écurie du groupe Editis, deuxième éditeur français et filiale du géant espagnol de l'édition, Planeta. Calmann-Lévy est une propriété du numéro un de l'édition française, Hachette Livre. Hachette arrache donc Musso à Editis… «Nous n'avons pas réussi à convaincre Guillaume Musso de changer d'idée ni, malgré le soutien actif de notre actionnaire, d'accepter une solution alternative dans notre groupe autour d'une autre de nos maisons. La proposition concurrente venait de trop loin, la chose était bien trop engagée», a regretté le directeur général d'Editis, Pierre Conte, au magazine professionnel Livres Hebdo. Bernard Fixot n'a rien dit pour le moment.

Puissance de frappe et logique mondiale

Dans le monde de l'édition, l'effet de taille est une réalité comme dans tout secteur. Le mouvement de concentration s'accompagne d'une préoccupation majeure: disposer de locomotives qui stabilisent les revenus. Un auteur peut faire le bonheur - ou le malheur - d'une maison et même du groupe auquel il appartient. Il ne suffit pas d'avoir Marcel Proust ou le Prix Nobel de littérature Patrick Modiano dans son catalogue pour garantir l'avenir. Il ne faut pas oublier que c'est grâce au succès phénoménal de Harry Potter que Gallimard a pu s'offrir Flammarion et ainsi constituer le numéro trois français de l'édition. En se rapprochant de Flammarion, la vieille maison de l'ex-rue Sébastien-Bottin, rebaptisée Gaston-Gallimard, a mis la main sur le best-seller mondial Michel Houellebecq ou la collection des Tintin des éditions Casterman.

Chez Calmann-Lévy, Guillaume Musso va apporter du souffle à une vieille maison qui a édité Dumas, Stendhal ou Aron

Récemment, Madrigall, le nouveau groupe d'Antoine Gallimard, né de ce rapprochement, a cédé sa place sur le podium à la réunion des groupes La Martinière-Le Seuil et Média-Participations. Dans ce dernier cas, ce ne sont pas les très beaux livres de La Martinière ou les têtes d'affiche du Seuil qui garantissent la pérennité du nouvel ensemble. Ce sont la puissance de frappe du business de la BD et ses revenus récurrents tirés des licences. Petit Spirou, Boule & Bill, mangas, comics… Dans la production de bandes-dessinées, de dessins animés ou même de longs-métrages pour le cinéma, la logique est industrielle. À l'échelle mondiale, Disney ne fait rien d'autre en déployant sur l'ensemble de la planète des systèmes fictionnels - on en est à la troisième trilogie de La Guerre des étoiles -, de même que Warner et ses superhéros, qu'ils s'appellent Batman ou Harry Potter…

Cette logique mondiale, qui a porté aux fonts baptismaux de nombreux groupes transnationaux, Hachette la pratique depuis longtemps. Filiale du géant des médias et de la distribution Lagardère, Hachette a ses stars anglo-saxonnes: Stephenie Meyer, série Twilight de 2005 à 2008, publiée par la filiale américaine de Hachette, Little, Brown and Company. Pendant la période faste, Arnaud Nourry, le PDG de Hachette Livre, lâchait un chèque de plusieurs dizaines de millions de dollars tous les ans…

Chez Calmann-Lévy, Guillaume Musso va apporter du souffle à une vieille maison qui a édité Dumas, Stendhal ou Aron, mais dont les têtes de gondole étaient américaines: Michael Connelly, Donna Leon… Dans l'autre sens, Musso pourra accéder au monde anglo-saxon, avec la force de frappe marketing de Hachette. Il sera publié en anglais par des filiales du groupe. Ce qu'il ne pouvait pas faire auparavant. «Editis appartient à un groupe espagnol dont les activités dans la littérature sont plus importantes en France, mais qui ne dispose pas d'un réseau mondial comme Hachette. C'est en réalité un groupe régional», souligne un observateur du monde de l'édition. Editis s'est constitué à partir de 2004 avec la réunion de maisons (Robert Laffont, Julliard, Plon…) et de rachats successifs (Le Cherche Midi, First, XO…). Dans le dispositif d'Editis, Guillaume Musso était une pièce maîtresse. Comme Neymar au Barça.

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Sarkozy-Kadhafi: la police rend un premier rapport accablant

20 octobre 2017 Par Fabrice Arfi et Karl Laske

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L’Office anticorruption de la police judiciaire a signé, le 5 septembre 2017, un premier rapport accablant dans l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy. Éric Woerth, trésorier de 2007 et actuel président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, est mis en cause. Les juges ont par ailleurs saisi plusieurs biens immobiliers de Claude Guéant.

lus de dix ans après les faits, le puzzle, enfin, prend forme. L’Office anticorruption (OCLCIFF) de la police judiciaire a signé, le 5 septembre dernier, un premier rapport accablant de 22 pages dans l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy et de son entourage, dont Mediapart a pu prendre connaissance.

Les enquêteurs, chargés par le juge d’instruction Serge Tournaire de conforter – ou non – l’hypothèse de circuits d’argent noir entre Tripoli et Paris au moment de la campagne présidentielle de 2007 de l’ancien chef de l’État français, ont donné des titres de “chapitre” à leur rapport qui parlent d’eux-mêmes : « la matérialisation des soupçons de financement libyen », « les mallettes de Ziad Takieddine », « le cash de Claude Guéant », « l’absence de sincérité des comptes de campagne », l’« ampleur de la circulation d’espèces en marge de la campagne »…

Claude Guéant, Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy à Tripoli en 2007. © Reuters Claude Guéant, Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy à Tripoli en 2007. © Reuters

Outre la recension des nombreux témoignages qui, depuis trois ans d’instruction, viennent corroborer une corruption franco-libyenne dès l’année 2006, les enquêteurs commencent aujourd’hui à mettre en cohérence plusieurs éléments matériels bien connus des lecteurs de Mediapart et d’autres, nouveaux, qui viennent confirmer, voire, à certains égards, amplifier nos révélations passées.

Parmi les pièces connues se trouvent ainsi les carnets manuscrits de l’ancien premier ministre et ministre du pétrole libyen, Choukri Ghanem, qui consignait en avril 2007, soit quatre ans avant la guerre en Libye, des versements du régime Kadhafi au profit de l’équipe Sarkozy pour plusieurs millions d’euros – Ghanem a été découvert noyé dans le Danube, en Autriche, dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle de 2012. Ou encore le procès-verbal devant la Cour pénale internationale (CPI) de l’ancien chef des services secrets libyens, Abdallah Senoussi, qui a reconnu avoir envoyé à titre personnel à MM. Guéant et Sarkozy 5 millions d’euros en cash par l’intermédiaire de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

Ce dernier a livré sur procès-verbal le récit circonstancié de ces remises de valises, au ministère de l’intérieur, en trois fois, fin 2006 et début 2007 : deux pour Claude Guéant et une pour Nicolas Sarkozy. Les enquêteurs notent d’ailleurs dans leur rapport à ce propos : « Un listing récapitulatif des voyages en Libye de M. Takieddine figurant dans un autre dossier judiciaire était obtenu. Des voyages de l’intéressé étaient bien constatés aux dates de transport des espèces mentionnés. » Ziad Takieddine, depuis ses aveux, est mis en examen pour ces faits.

Les policiers parlent également – élément inconnu jusqu’à aujourd’hui – d’une note de mars 2013 de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, aujourd’hui DGSI) selon laquelle « une source du Service indiquait [en mars 2011] que les autorités libyennes seraient en possession d'un enregistrement vidéo prouvant que la somme de vingt millions d'euros aurait été versée au candidat Nicolas Sarkozy par l'entourage du Guide, et ce dans le cadre de la préparation de la campagne présidentielle française de 2007 ».

Il n’est pas inutile de rappeler qu’un Libyen du nom de Mohamed Albichari, anti-kadhafiste notoire, avait confié aux services secrets français (DGSE et DGSI) pouvoir les mettre sur la piste de ces fameux enregistrements clandestins de Kadhafi, allant jusqu’à leur faire écouter des extraits authentifiés, avant de mourir à son tour soudainement en avril 2012 d’une crise de diabète, à Tunis.

Lui aussi mis en examen dans le dossier, Claude Guéant, l’ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 (avant de devenir no 2 de l’Élysée, puis ministre de l’intérieur), apparaît de plus en plus comme le personnage pivot du dossier.

Alexandre Djouhri, un intermédiaire au cœur du dossier libyen. © DR/Mediapart Alexandre Djouhri, un intermédiaire au cœur du dossier libyen. © DR/Mediapart

Claude Guéant est déjà poursuivi dans cette affaire pour la réception, en mars 2008, d’un virement de 500 000 euros derrière lequel se cache, d’après l’enquête judiciaire, l’intermédiaire Alexandre Djouhri et le gestionnaire des comptes de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi.

Pas à pas, les policiers ont, en plus, pu reconstituer ce qu’ils appellent « l’usage immodéré des espèces » par Claude Guéant. Le rapport de la PJ souligne que l’ancien “cardinal” de la République n’a retiré de son compte bancaire que… 800 euros entre mai 2003 et fin 2012, c’est-à-dire en près d’une décennie.

Outre les 110 000 euros de frais d’enquête qu’il est accusé d’avoir détourné au ministère de l’intérieur entre 2002 et 2004, faits pour lesquels il a été condamné en première instance et en appel, Claude Guéant est aujourd’hui soupçonné d’avoir manipulé au moins 200 000 euros en espèces dont l’origine n’est pas justifiée, selon la PJ. Et cela ne prend même pas en compte toutes les dépenses de la vie que Guéant réalisait également en cash, affirment les policiers.

On se souvient que c’est le même Guéant qui a loué, le temps de la campagne présidentielle de 2007, une chambre forte à l’agence Opéra de la BNP, à Paris, où il s’est rendu discrètement sept fois entre le 23 mars et le 19 juillet 2007. Devant les policiers, Claude Guéant a assuré, sans ciller, qu’il avait loué cette chambre forte – un homme pouvait y entrer debout – afin d’y mettre à l’abri… des discours de Nicolas Sarkozy.

De nombreux membres de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy ont été entendus à ce sujet dans le dossier libyen. Ils ont soit observé un silence embarrassé sur les déclarations fantasques de Guéant, soit carrément mis en cause son alibi.

Éric Woerth mis en cause

Ainsi, Vanessa D., ancienne collaboratrice de l’UMP et de Cécilia Sarkozy : « Cela me semble incohérent. Les discours de la campagne étaient consultables sous forme électronique depuis le QG. »

Ou Aurélia J. : « Non, il se moque des gens, c'est hallucinant de mensonge, je suis consternée. » À la question de savoir ce que le directeur de campagne pouvait bien exposer dans cette chambre forte, la même a répondu, non sans malice : « Je n'en ai pas la moindre idée, mais on peut faire des déductions. »

Une troisième, Séverine N. : « Je trouve bizarre que des discours soient entreposés dans un coffre. » Elle aussi n’exclut pas que « de l'argent peut-être » a pu y être caché. Avant d’ajouter : « Je ne sais pas si les discours de Nicolas Sarkozy sont des objets de valeur. » Une quatrième, Marie-Laure H. : « Je trouve cela aberrant. II y avait un coffre-fort dans le bureau de M. Sarkozy. Cela n'a aucun sens. Les discours ont toujours transité par mail, même à l'Élysée quand il était président de la République. »

La justice a décidé, en juin dernier, d’ordonner la saisie pénale de deux biens immobiliers de Claude Guéant, une maison de famille située dans le Maine-et-Loire et son appartement de la rue Weber, dans les beaux quartiers parisiens, financé en grande partie par les 500 000 euros qui lui valent déjà une mise en examen.

Éric Woerth et Nicolas Sarkozy, le 14 octobre 2009, à l'Élysée. © Reuters Éric Woerth et Nicolas Sarkozy, le 14 octobre 2009, à l'Élysée. © Reuters

Au-delà du seul cas Guéant, les policiers de l’OCLCIFF ont également établi la réalité d’une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007, sous l’autorité de son trésorier d’alors, Éric Woerth, aujourd’hui président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, et de son adjoint de l’époque, Vincent Talvas.

D’après l’enquête policière, tout le monde, ou presque, dans l’équipe de campagne a touché de copieuses enveloppes de billets, sans que rien n’apparaisse jamais dans les comptes de campagne déposés par Nicolas Sarkozy. Une ancienne petite main de la campagne a par exemple expliqué sur PV que les secrétaires avaient perçu des rémunérations occultes, mais aussi les « patrons » de la campagne, précisant que leurs enveloppes étaient « bien supérieures à ce que nous avons eu ». Selon un membre de l’équipe, François Fillon ou Claude Guéant faisaient partie des « patrons » qui ont touché.

Un autre témoin, lui aussi membre de la campagne, a confié une anecdote très gênante : « Je me souviens que c’était le défilé dans le bureau de Talvas [l’adjoint de Woerth – ndlr], que tout le monde venait chercher son enveloppe. Il a tiré cette enveloppe d’un coffre-fort qui contenait de nombreuses autres enveloppes, plusieurs centaines. »

Les deux responsables de la trésorerie de Nicolas Sarkozy en 2007 (Éric Woerth et Vincent Talvas), entendus comme mis en cause, ont expliqué l’origine de ces fonds en espèces par des envois postaux de dons anonymes de militants. Une explication « captieuse », selon les enquêteurs. C’est-à-dire qui vise délibérément à tromper.

« Les membres de l’équipe de campagne qui avaient reconnu avoir reçu des espèces et qui se rappelaient les valeurs faciales des billets remis évoquaient de grosses coupures. Ces affirmations étaient confirmées par Éric Woerth. Il semble utile de préciser que selon ses propres déclarations, les valises remises par Ziad Takieddine à MM. Guéant et Sarkozy contenaient elles aussi de grosses coupures », notent les policiers.

Un comptable de l’UMP a également confirmé qu’il était peu probable que de grosses coupures proviennent de dons militants. D’autres ont totalement battu en brèche les affirmations de Woerth sur l’envoi par courrier d’espèces. « Je n’ai jamais vu de courrier arrivant qui contenait des espèces », a assuré la chef du courrier à l’UMP.

Les policiers observent, piquants, que les déclarations de Woerth et Talvas dans l’affaire libyenne sont allées « à l’encontre des propos qu’ils avaient pu tenir dans le cadre du dossier Bettencourt, procédure dans laquelle ils avaient contesté toute circulation d’espèces pendant la campagne ». Oups.

Interrogée sur l’origine du cash, une petite main de la campagne s’est autorisé une hypothèse : « À l'époque je l'ignorais, maintenant avec ce que j'ai lu dans la presse, je m'imagine aujourd'hui que Takieddine en est à l'origine. J'ai souvenir d'avoir participé à deux meetings, ils étaient grandioses, le décor, les lumières. C'était digne d'une pop-star. »

L’affaire Bygmalion, qui vaut déjà à Nicolas Sarkozy un renvoi devant le tribunal correctionnel, a montré que la campagne de 2012 de l’ancien président n’avait pas coûté 22 millions d’euros, comme cela avait été déclaré aux autorités de contrôle, mais au moins le double.

Et celle de 2007 ?

Une chose paraît déjà certaine : « Les investigations menées ont permis de faire apparaître de nouvelles qualifications pénales », assurent les policiers.

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Nétanyahou attendu à Paris pour commémorer la rafle du Vél' d'Hiv

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Cerné par les affaires dans son pays, le premier ministre israélien sera dimanche à Paris.

C'est un Benyamin Nétanyahou traqué par les «affaires» qui arrive dimanche à Paris. Officiellement, il sera le premier chef d'un gouvernement israélien à participer aux commémorations de la rafle du Vél' d'Hiv par la police française de 13.152 juifs le 16 à 17 juillet 1942. Mais la présence de Benyamin Nétanyahou à cette occasion est passée relativement inaperçue. Yad Vashem, le Mémorial de la Shoah à Jérusalem, est resté muet sur la question. Le premier ministre lui-même a semblé beaucoup plus préoccupé par une rafale de scandales impliquant certains de ses proches qui font la une de tous les médias depuis plusieurs jours. La pression est telle qu'il a écourté sa visite en France de 24 heures.

Nétanyahous'est toujours sorti indemne des enquêtes menées contre lui et continue de se présenter comme la victime d'un «lynchage médiatique»

L'étau se resserre. Son cousin et avocat personnel, David Shimron, est soupçonné dans un dossier de pots-de-vin lors de la commande de trois sous-marins et de quatre corvettes au groupe allemand ThyssenKrupp. L'enjeu: un pactole de plus de 1,5 milliard de dollars. Il a été placé en résidence surveillée à son domicile après des heures d'interrogatoire. Parmi les autres protagonistes figurent un ancien amiral, des hommes d'affaires servant «d'intermédiaires», un deuxième avocat placé en garde à vue ou contraints de rester chez eux. Tous sont soupçonnés de fraude, de corruption, de blanchiment d'argent, d'entraves à la justice… Un deuxième proche collaborateur du chef du gouvernement, Shlomo Filberg, directeur général du ministère des Communications, a lui aussi été placé en résidence surveillée de même que Shaul Elovitch un millionnaire, ami de Benyamin Nétanyahou. Ils sont soupçonnés eux aussi de fraudes et autres manipulations. La police poursuit aussi ses investigations sur une série de «cadeaux» offerts par de riches hommes d'affaires étrangers à la famille Nétanyahou. Toute la question est de savoir si Benyamin Nétanyahou sera à la hauteur de sa réputation de «téflon» sur qui rien n'attache. Il s'est toujours sorti indemne des enquêtes menées contre lui et continue de se présenter comme la victime d'un «lynchage médiatique» visant à le chasser du pouvoir qu'il exerce sans interruption depuis huit ans.

À la recherche des alliés en Europe

Une situation pour le moins inconfortable qui ne devrait toutefois pas l'empêcher de parler diplomatie avec Emmanuel Macron. Sur ce front également, la discrétion est de rigueur. Selon la télévision publique, la priorité de Benyamin Nétanyahou est de s'assurer que la France soutiendra les efforts d'Israël pour empêcher l'Iran et le Hezbollah, son allié libanais, et les autres milices chiites de profiter d'un partage des zones d'influence en Syrie, qui semble imminent, pour déployer des forces et des armes susceptibles de menacer le plateau du Golan, une région-frontière stratégique conquise par Israël lors de la guerre de juin 1967.

Le premier ministre a laissé clairement entendre qu'un tel scénario est inacceptable et constituerait un casus belli pour Israël. Un appui de la France, membre du Conseil de sécurité de l'ONU et active militairement sur le terrain en Syrie, constituerait un atout certain pour lui. Le premier ministre se cherche aussi des alliés en Europe. Longtemps, l'Allemagne d'Angela Merkel a été traitée comme l'allié privilégié d'Israël. Mais les relations ont viré à l'aigre avec la chancelière qui n'apprécie guère la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et le gel de toutes négociations de paix depuis plus de trois ans. «Le premier ministre va tenter sa chance auprès d'Emmanuel Macron, l'homme neuf du Vieux Continent», explique sans trop se faire d'illusions un diplomate israélien. En guise d'échange de bons procédés, Benyamin Nétanyahou devrait proposer un renforcement de la coopération entre services de renseignement français et israélien, notamment pour tout ce qui concerne les ressortissants français embrigadés au sein de l'organisation de l'État islamique en Syrie.


Deux policiers israéliens tués à Jérusalem

Trois Arabes israéliens ont ouvert le feu vendredi matin dans la Vieille Ville de Jérusalem, tuant deux policiers israéliens avant d'être eux-mêmes abattus par les forces de sécurité israéliennes, a rapporté la police. Un troisième policier a été légèrement blessé.

La police a annoncé que les prières du vendredi ne pourraient pas avoir lieu sur l'Esplanade des mosquées

Les agresseurs sont arrivés sur l'Esplanade des mosquées (mont du Temple pour les juifs) et ont pris à pied la direction d'une des portes de la Vieille Ville. Lorsqu'ils ont aperçu les policiers, ils ont tiré sur eux avant de prendre la fuite vers l'une des deux mosquées. Une chasse à l'homme a été lancée et les trois assaillants ont été tués par la police.

La police a annoncé que les prières du vendredi ne pourraient pas avoir lieu sur l'Esplanade des mosquées en raison de cette fusillade. Le grand mufti de Jérusalem, Mohammad Hussein, a appelé les Palestiniens à défier cette interdiction.

«Nous rejetons totalement l'interdiction faite par les autorités israéliennes, a-t-il dit. Nous exhortons les nôtres à se rendre à la mosquée al-Aqsa aujourd'hui, comme tous les jours, pour prier».

Le premier ministre israélien a annoncé que l'accès à l'Esplanade des mosquées serait rouvert progressivement dans la journée de dimanche.

 

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Ces sept financiers activistes font trembler les plus grands groupes mondiaux

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PORTRAITS - Procter & Gamble, Nestlé, Yahoo!... Aussi puissantes soient-elles, ces multinationales ne sont pas à l'abri de l'agressivité de certains investisseurs insatiables.

● Nelson Peltz, la terreur de Procter & Gamble

Né en 1942, Nelson Peltz laisse tomber ses études à la prestigieuse Business School de Wharton en 1963 pour devenir moniteur de ski dans l'Oregon. Il entame sa carrière dans les affaires en conduisant des camions de livraison de la firme de son grand-père, distributeur de produits alimentaires pour des restaurants new-yorkais. En 1983, il réalise son plus beau coup, rachetant un petit fabricant de juke-boxes et distributeurs automatiques, qu'il transforme en géant de l'emballage métallique. En revendant cet empire baptisé Triangle au français Pechiney, Nelson Peltz empoche une plus-value de 830 millions de dollars.

Après s'être illustré dans le rachat des boissons Snapple et leur revente à Cadbury Schweppes en 2000, l'investisseur devient activiste et crée le fonds Trian. Avant d'entrer, début 2017, au capital de Procter & Gamble, il s'impose au board de Heinz en 2006, après une bataille d'actionnaires. Depuis, il sème la terreur dans les directions des groupes alimentaires, de Cadbury Schweppes à Kraft Foods, en passant par Mondelez et PepsiCo. En 2015, il échoue à placer des proches au conseil d'administration de Dupont. Mais ses arguments portent: cinq mois plus tard, la patronne du géant de la chimie démissionne et Dupont se restructure. Le récent départ de Jeff Immelt, patron de General Electric, est aussi le fruit de la pression de Trian. «On nous accuse d'être des investisseurs à court terme. Mais en moyenne nous restons investis pendant cinq ans dans une société», proclame Nelson Peltz, convaincu de servir les intérêts de tous, pas simplement de ceux qui lui ont confié 12,4 milliards de dollars.

● Daniel Loeb, le cauchemar de Nestlé

En Europe, beaucoup ont découvert l'agressivité de Daniel Loeb à l'occasion de son offensive récente pour restructurer Nestlé. Mais cet activiste de 55 ans, qui a fondé Third Point Partners en 1995 après s'être illustré chez Citigroup, a déjà fait trembler bien des dirigeants américains et japonais. Il s'est ainsi frotté à Sony, au géant nippon de la distribution Seven & i Holdings et à Suzuki Motors.

Avec 18 milliards de dollars sous sa gestion, il dispose d'une énorme force de frappe afin de prendre des positions dans le capital de sociétés et d'exiger des changements dans leur stratégie. Bien peu d'institutions peuvent mettre 3,5 milliards de dollars sur la table pour défier le plus grand groupe alimentaire du monde, exiger qu'il vende sa participation dans L'Oréal, réduise son portefeuille qui comprend plus de 2000 marques et rachète ses actions sur le marché. Surtout quand on s'attaque en même temps à Philips. Mais Daniel Loeb n'a peur de rien et fait travailler ses équipes dans le détail: c'est lui qui précipite la démission de Scott Thompson à la tête de Yahoo! en 2012, en révélant que ce dernier n'avait pas le diplôme d'informatique qu'il prétendait avoir décroché.

En 2013 il s'attaque à la gouvernance et à la compétitivité de Sotheby's en prenant 9,3 % de son capital. Un an plus tard, il entre au conseil du vénérable géant de commerce des œuvres d'art. Ce Californien a baptisé son fonds Third Point en raison du nom d'un endroit près de la plage de Malibu (Californie) où les vagues sont particulièrement intéressantes.

● Paul Singer, le «taliban de la finance»

- Crédits photo : Bloomberg/Bloomberg via Getty Images

Paul Singer ne lâche rien et se moque de ce que l'on raconte de lui. Certains l'appellent le «vautour», d'autres le «taliban de la finance». À 72 ans, il dirige un fonds de 31 milliards de dollars. Un avantage si une campagne de ralliement des actionnaires institutionnels à sa cause ne porte pas ses fruits et s'il faut monter le ton jusqu'à se battre dans les tribunaux.

Paul Singer ose aller plus loin que les autres dans la confrontation, là où des activistes préfèrent des méthodes plus feutrées. Avec à son service un des meilleurs procureurs d'Amérique, l'ex-bras droit du procureur fédéral de New York, Paul Singer traîne en justice ceux qui lui résistent, tels Arconic (métaux pour l'aéronautique), le géant minier australien BHP Biliton, Samsung ou encore Akzo Nobel, le géant néerlandais des peintures qui refuse de se faire racheter par l'américain PPG Industries.

Il est également détesté de l'Argentine au Pérou en passant par le Congo, pour avoir exigé que des États souverains en faillite virtuelle payent leurs dettes

Avant de devenir un activiste en quête de sociétés mal gérées, Singer s'est fait remarquer dans des batailles de créanciers. Prenant le contrôle de l'équipementier Delphi en 2009 lors de la faillite de General Motors et Chrysler, il est en position de force pour obtenir du Trésor une part des fonds publics destinés à sauver la filière automobile des États-Unis. Il est également détesté de l'Argentine au Pérou en passant par le Congo, pour avoir exigé que des États souverains en faillite virtuelle payent leurs dettes. En 2012 il fit saisir au Ghana un navire de la marine argentine dans l'intention de s'en servir de gage pour remboursement de ses créances. Il finance généreusement les causes du Parti républicain, mais se distingue de beaucoup de conservateurs en défendant les droits des homosexuels.

● William Ackman, un spéculateur devenu vedette

- Crédits photo : Eduardo Munoz/REUTERS

À la tête du fonds Pershing Square (11 milliards de dollars d'actifs), William Ackman est moins bavard et moins triomphant que jadis. Deux ans de rendements négatifs (- 20, 5 % en 2015 et - 13, 5 % en 2016), rien de tel pour donner une leçon d'humilité aux meilleurs financiers. En mars, le pétulant New-Yorkais de 51 ans a admis que son investissement dans Valeant Pharmaceuticals était «une énorme erreur» qui a coûté 4 milliards de dollars à ses investisseurs. Le cours de la société pharmaceutique canadienne s'est effondré en 2015 à la suite d'accusations de fraude et de pratiques tarifaires abusives.

Bill Ackman est devenu une vedette grâce à ses talents télévisuels et à son flair pour avoir, bien avant la crise des subprimes de 2008, alerté le monde de la finance sur les risques pris par les assureurs d'obligations gagées sur des hypothèques douteuses. En spéculant sur l'effondrement de MBIA, leader de l'assurance des titres hypothécaires, Bill Ackman a réalisé de jolis profits avec la crise de 2008-2009. Activiste, il a remporté des victoires, convaincant Wendy's International de coter sa filiale canadienne Tim Hortons en 2006.

Il a remporté en 2012 une bataille d'actionnaires avec Canadian Pacific Railway, qui a conduit à un changement de direction et une restructuration. Mais sa campagne de presse accusant Herbalife en 2013 d'être une société frauduleuse fonctionnant comme une pyramide de Ponzi a échoué. La dispute en direct à ce propos sur la chaîne financière CNBC entre Bill Ackman et Carl Icahn, le pape des activistes, est restée dans les mémoires et n'a pas servi les intérêts des investisseurs dans Pershing Square.

● Carl Icahn, un ex-«raider» ami de Trump

- Crédits photo : Brendan McDermid/REUTERS

Si Carl Icahn préfère l'étiquette d'activiste à celle de raider qui lui collait à la peau dans les années 1980, il ne se comporte pas comme tel dans toutes les sociétés où il investit. Sa barbe blanche, ses 81 ans et son expérience en font même un sage prisé des médias qui le honnissaient en 1985 après le dépeçage de la TWA. Ce natif du Queens, comme Donald Trump, est consulté par le président américain. Il ne se fait pas rémunérer, en raison des conflits d'intérêts que représentent les investissements d'Icahn Enterprises. Sa holding cotée au Nasdaq, valorisée 8 milliards de dollars, comprend des actifs dans dix secteurs dont l'automobile, l'énergie, les wagons de marchandises, le jeu, avec des casinos de Donald Trump ayant fait faillite, les investissements financiers…

Ses équipes représentent «trois cents années d'expérience collective» dans le rachat d'entreprises en difficulté, les restructurations, au besoin les OPA et batailles d'actionnaires. En 2006, ayant accumulé 3,3 % du capital de Time Warner, il propose que le géant de la communication s'éclate en quatre et consacre 20 milliards de dollars à des rachats d'actions. En échange d'une promesse de ne pas combattre la réélection des administrateurs, Time Warner fait la paix avec Carl Icahn et accepte une restructuration, avant de se séparer deux ans plus tard de Time Warner Cable, lui donnant raison.

Quand il investit 3,6 milliards de dollars dans Apple en 2013 et 2014, il se contente de demander par tweets et courrier aux actionnaires et à la direction que la firme rachète davantage de ses actions, augmente son dividende et s'endette. Trente-deux mois plus tard, Apple a suivi ses conseils et il revend ses actions. En 2013, il tente vainement d'empêcher Michael Dell de racheter son entreprise ; le Texan qui voulait la restructurer loin des regards des analystes et des activistes l'a coiffé au poteau. Même Icahn ne gagne pas à tous les coups.

● Jeffrey W. Ubben, un rare adepte de la discrétion

- Crédits photo : Ann Johansson/Corbis via Getty Images

Créé en 2000, ValueAct Capital gère depuis San Francisco 16 milliards de dollars d'actifs pour le compte d'institutionnels. Son fondateur, Jeffrey W. Ubben, a fait ses armes comme gérant de SICAV chez Fidelity et au fonds de capital-investissement Blum Capital, spécialisé dans la reprise de sociétés par endettement. Avec ValueAct, il adopte une stratégie d'investisseur de long terme.

Certains activistes aiment faire parler d'eux et lancer des campagnes de presse pour renverser la direction de firmes leur paraissant mal gérées? Jeffrey Ubben préfère la discrétion. Cette méthode le sert. On attribue à ses interventions auprès du conseil d'administration de Microsoft le départ, en 2013, du patron Steve Ballmer et la nomination de Satya Nadella. Depuis, le cours de Microsoft s'est envolé et le géant à l'image insulaire, englué dans le monde du PC, est redevenu «cool» et leader du cloud. Microsoft reste la principale position de ValueAct.

Cet ami de la famille Murdoch est entré au conseil d'administration de la 21st Century Fox en 2015, appuyant le transfert progressif de pouvoir de Rupert Murdoch à ses fils, et investissant plus d'un milliard de dollars dans le géant de la communication.

Autre coup: l'entrée au capital et au board d'Adobe Systems en 2012. En février il a rejoint les rangs des sceptiques, inquiets des valorisations élevées de grandes sociétés américaines à court de croissance… D'où son intérêt pour des entreprises européennes.

● Jeffrey Smith, un ancien de la «Sogé» fan de mariages forcés

- Crédits photo : Brendan McDermid/REUTERS

Ancien de l'équipe fusions & acquisitions de la Société générale, Jeffrey Smith cofonde Starboard Value à New York en 2002. Il présente sa firme comme conseillère en investissements visant des sociétés profondément sous-évaluées. Objectif: influencer leur direction pour «identifier et mettre en œuvre des initiatives qui vont libérer des richesses au profit de tous les actionnaires».

Jeffrey Smith affirme avoir appris l'art du management, de la motivation et des acquisitions en redressant la société de jus de fruits de son père dans les années 1990. Starboard, qui gère un portefeuille de plus de 6 milliards de dollars, vient d'œuvrer pour le limogeage de John Hendrickson, patron de la société pharmaceutique Perrigo, en place depuis un peu plus d'un an seulement. Il a mené une des batailles d'actionnaires les plus virulentes de l'histoire pour redresser la rentabilité de l'opérateur de chaînes de restaurants Darden.

En 2015, il exige une restructuration de Yahoo! et la revente du pionnier d'internet à AOL ; il est alors actionnaire des deux entités. Une stratégie aboutie cette année avec le rachat de Yahoo! par Verizon, devenu propriétaire d'AOL. Ses efforts, dans le secteur de la distribution de produits de bureau, pour forcer Staples à se vendre à Office Depot ont échoué. Toutefois Starboard a évité d'y laisser trop de plumes. En revanche, en 2016, son projet de rachat par Dell d'EMC a bien été mis en œuvre.

 

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Les actionnaires activistes montent à l'assaut des géants de la Bourse

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Ces investisseurs à l'affût de profits rapides tentent de provoquer un virage stratégique des groupes où ils investissent pour doper les cours de Bourse. Leurs méthodes allient négociation, pressions et provocations.

La guerre est déclarée. À tout juste 75 ans, Nelson Peltz n'a pas hésité à montrer ses muscles à Mr Propre. Fort des 1,5 % du capital de Procter & Gamble (P&G) acquis en février, l'investisseur a officiellement demandé lundi une place au conseil d'administration du géant mondial de la lessive (Ariel), du rasage (Gillette) et du détergent. Ses récents échanges avec la direction ne lui ayant pas permis d'imposer une inflexion de la stratégie, Nelson Peltz est passé à la vitesse supérieure. Il menace le géant de Cincinnati d'une «guerre des résolutions» lors de l'assemblée générale, attendue en octobre.

D'ici là, ses états de service ont de quoi faire réfléchir le top management de P&G. Et son nouveau coup d'éclat a de quoi faire peur à bon nombre de dirigeants de grands groupes cotés en Bourse, des deux côtés de l'Atlantique. Non seulement les actionnaires activistes, adeptes d'une irruption au capital suivie de l'exigence de mesures destinées à faire bondir le cours de Bourse (cessions d'actifs, plan d'économies, rachat d'actions…), sont de retour aux États-Unis, mais ils lorgnent les groupes européens. Le suisse Nestlé, leader mondial de d'agroalimentaire, est ainsi depuis le mois dernier la cible du financier Daniel Loeb.

«Ce sont de plus en plus souvent des investisseurs passifs se comportant comme des fonds indiciels, sans considération particulière pour chacune de leur participation»

Un grand patron

Les conditions sont réunies pour donner un écho favorable aux exigences de ces flibustiers du capitalisme, dont les méthodes rompent avec les us et coutumes des conseils d'administration et des assemblées générales. Une part de plus en plus importante du capital des grandes entreprises est détenue par des fonds de pension. «Ce sont de plus en plus souvent des investisseurs passifs se comportant comme des fonds indiciels, sans considération particulière pour chacune de leur participation, regrette un grand patron. En revanche, ils prêtent plus facilement une oreille attentive aux actionnaires activistes proposant une stratégie de rupture qu'aux dirigeants d'entreprises.»

L'évolution du droit des actionnaires en Europe donne plus de poids aux activistes. «Il leur est désormais possible de menacer implicitement les PDG de retoquer leur rémunération en assemblée générale, assure Frank Martin Laprade, avocat associé au cabinet Jeantet. D'autant qu'ils sont capables de mobiliser d'autres actionnaires et d'agiter les médias sur de tels thèmes.» Ils peuvent aussi menacer les administrateurs de demander leur révocation…

Si les actionnaires activistes ne sont mus que par le désir de faire progresser le cours de Bourse de leur cible, leur façon d'y parvenir n'est pas toujours dans l'intérêt à long terme de l'entreprise et des autres actionnaires. «Leur objectif? Vite ressortir du capital avec une plus-value et faire croire qu'ils sont à l'origine du changement de stratégie et de la hausse du cours», résume le dirigeant d'un grand groupe.

 «Dans le cas d'un changement de PDG, les observateurs savent que les objectifs ne pourront être atteints qu'avec des mesures drastiques»

Un financier

Pour atteindre cet objectif, l'idéal des activistes est de trouver une cible mûre, un groupe géré depuis longtemps de façon peu dynamique, mais qui semble en voie d'infléchir sa stratégie. C'est le cas lors d'un changement de PDG et quand les dirigeants, au détour d'une présentation devant des investisseurs, évoquent leur volonté de faire sensiblement progresser la rentabilité. «Dans ce cas, les observateurs savent que les objectifs ne pourront être atteints qu'avec des mesures drastiques, assure un financier. Un activiste sent alors une proie idéale…»

Dans l'identification de leur cible, les prédateurs analysent aussi la composition des conseils d'administration, leur goût pour «la création de valeur», et le plan d'attribution d'actions gratuites aux PDG. Une bonne indication de la réceptivité à leurs futures recommandations… Dans certains cas, PDG et activiste peuvent devenir alliés pour faire passer des décisions difficiles en interne ou auprès d'actionnaires historiques…

Le jeu consiste alors à offrir une porte de sortie honorable aux deux parties, après de longues semaines de négociations secrètes. Le plan est éprouvé: d'abord, l'entreprise attaquée laisse son activiste présenter publiquement ses doléances et renonce à lui couper l'herbe sous le pied ; ensuite, elle présente son plan dès les jours suivant. C'est la seule façon pour la direction de signifier au marché et aux salariés qu'elle n'a pas agi dans la précipitation, puisque les plans nécessitent des mois de préparation… Nestlé a ainsi annoncé un plan de rachat d'actions le lendemain du «coming out» de son activiste. «Même s'il n'a pas choisi le timing de son annonce, le PDG de Nestlé a ainsi fait un pied de nez à Daniel Loeb», résume un expert.

Cette opération «gagnant-gagnant» ne se concrétise pas à chaque fois. En cas de refus de coopérer de la direction, les activistes disposent d'une gamme de mesures plus musclées: campagne de relations publiques, pressions sur d'autres dirigeants et sur les administrateurs, menaces de procès… Chez Procter&Gamble, Nelson Peltz ne fait pas autre chose lorsqu'il en appelle à l'assemblée générale. «Cette méthode marche aux États-Unis, car les administrateurs sont sensibles à leurs obligations fiduciaires», résume un expert.

En France aussi, les pressions discrètes semblent efficaces. Chez Rexel, le distributeur français de matériel électrique, ex-filiale de PPR, l'activiste suédois Cevian a réussi à faire débarquer le PDG à l'été 2016 et une grande partie du comité exécutif à l'automne suivant. Et ce, sans être représenté au conseil d'administration. Face aux activistes, un PDG lâché par son board n'a aucune chance de survie…

 

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Saint-Tropez : les paroissiens rénovent et l’évêché encaisse les plus-values

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Alors que le presbytère de la célèbre commune a été récemment rénové grâce aux dons des fidèles, sa mise en vente pour plus de 8 millions d’euros suscite la colère des paroissiens.

Qui a dit que la vie à Saint-Tropez était forcément douce et paisible? En ce moment c’est un vent de colère et d’indignation qui souffle chez les habitants du célèbre port varois. En fait, surtout chez les paroissiens et habitués de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption. En cause: la vente du vieux presbytère situé en centre-ville décidé par l’évêché de Fréjus-Toulon. Une vente qui s’accompagnerait d’un déménagement des activités du presbytère et de l’accueil des paroissiens dans un autre bâtiment situé un kilomètre plus loin.

» Lire aussi - À Londres, cette chapelle de luxe est à vendre pour 7 millions d’euros

Et si les Tropéziens sont aussi chatouilleux sur la question, c’est qu’elle mélange vie locale et affaires de gros sous. Même si l’affaire semble perdue car un nouvel édifice paroissial est d’ores et déjà prêt pour le transfert, la population se mobilise à coups de lettre ouverte et de pétitions. Serge Astézan, le «Cepoun» de Saint-Tropez, c’est-à-dire le gardien des traditions lors de fêtes locales, soutien largement ce mouvement de protestation.

391.000 euros de travaux financés par les fidèles

Dans la lettre ouverte adressée à l’évêque, on peut notamment lire que ce bâtiment avait été offert à l’évêché en 1928 par un Tropézien, ce qui «a permis depuis lors aux différents curés de Saint-Tropez d’être au plus près de leur église et de leurs paroissiens». Montrant leur fidélité à ce lieux, ces paroissiens ont permis de récolter 391.000 euros il y a quelques années quand il a fallu financer sa rénovation et que les caisses de l’Église étaient vides. C’est pourquoi l’incompréhension a été grande lorsque la population locale a appris que l’évêché venait «d’acheter une ruine qui se situe à vingt minutes à pied de la Maison de Dieu pour la transformer en presbytère. Coût de l’opération 3 millions d’euros sans compter les travaux de rénovation et de gros œuvres». Une décision d’autant plus mal accueillie que la population locale proposait des locaux situés à 6 minutes à pied de l’église pour «seulement» 1,7 million d’euros. La vente de l’actuel presbytère, situé rue Gambetta, se serait quant à elle conclue pour plus de 8 millions d’euros...

De son côté, l’évêché tente de se justifier en expliquant que la vente du presbytère servira à financer les bonnes œuvres de la paroisse. Et un porte-parole de l’évêché, cité par Francetvinfo précise même: «Ce n’est pas parce que les gens ont fait un don qu’ils deviennent copropriétaires». Pas sûr que l’argument soit de nature à calmer la colère des Tropéziens de souche et de cœur qui avaient été spontanément 1100 à signer la pétition dès la publication du texte avant que la polémique ne prenne l’ampleur actuelle.

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La Jeddah Tower

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Alors qu’en Chine, le projet pharaonique de la Sky City Tower (voir l’article à ce sujet), qui devait dépasser de quelques mètres le Burj Khalifa en 3 mois de construction est à l’arrêt depuis plusieurs années, celui de la Jeddah Tower est en cours.

La Jeddah Tower est un gratte-ciel en construction à Djeddah en Arabie Saoudite, sur les rives de la mer Rouge, au milieu d’un no man’s land poussiéreux, dans un décor inhospitalier et sous un soleil de plomb.

La tour doit dépasser le kilomètre de hauteur mais sa hauteur finale est encore gardée secrète. A la fin de sa construction, elle devrait devenir la plus haute tour au monde, dépassant les 828 m du Burj Khalifa de Dubaï, conçue par le même architecte.

L’accueil du projet est partagé, entre une icône culturelle importante pour symboliser la richesse et la puissance du pays et l’impact financier et des facteurs socioéconomiques négatifs.

La Jeddah Tower en quelques chiffres :

   4,6 milliards de riyals saoudiens, soit 1,2 milliards de dollars

   plus de 1 000 m de hauteur (environ 3 tours Eiffel)

   5/6 ans de construction

   167 étages habités

   59 ascenseurs avec une vitesse de 10 m/s soit 36 km/h

   1 minute et 12 secondes pour atteindre le sommet

   5 512 marches

   540 000 m2 de superficie

   4 000 ouvriers

   40 000 occupants maximum dans la tour, dont 8 000 travailleurs

   25 000 euros le m² des appartements

   36 MWh de consommation électrique, soit l’équivalent d’une ville de 80 000 habitants

   156 000 m3 de consommation quotidienne d’eau, soit 60 bassins olympiques

   oscillation de 2,60 m sous des vents à 200 km/h

   900 000 tonnes de poids

   80 000 tonnes d’acier, soit 7 tours Eiffel

   500 millions de m3 de béton

   31 000 panneaux de verre

   5 654 portes

   270 pieux à une profondeur de 110 m

   5 mètres d’épaisseur et 60 terrains de foot de superficie pour la dalle de béton armé la plus grande jamais coulée

   150 mégapascals de pression supportée par le béton

   54 minutes pour évacuer théoriquement la tour

Autres infos :

   Architectes : Adrian Smith et Gordon Gill

   Maître d’ouvrage : prince Al-Walid ben Talal Abdelaziz Al Saoud via la société Kingdom Holding Company

   Société de construction : Saudi Binladen Group, entreprise de construction de la famille Ben Laden

Un défi qui de nouveau fait réfléchir sur le bon sens économique et écologique de ces projets démesurés, comme peut le prouver la construction du Burj Khalifa à Dubaï (voir mon article sur ce sujet).

En effet, même si ces constructions repoussent les lois de la physique, il est clair que ces projets sont impossibles à rentabiliser vu leur coût (1,5 milliards de dollars pour le Burj Khalifa).

Par ailleurs, que dire de la dimension écologique désastreuse de ces tours ?

Le Burj Khalifa consomme à lui seul en électricité l’équivalent d’une ville de 20 000 habitats à cause notamment de la climatisation (à Dubaï, la température est quasiment toujours supérieure à 30 °C) et de sa soixantaine d’ascenseurs qui montent à la vitesse record de 10 mètres/seconde.

La Jeddeh Tower devrait elle consommer l’équivalent d’une ville de 80 000 habitants pour seulement 40 000 occupants maximum.

Les matériaux utilisés sont également désastreux pour l’environnement avec des tonnes et des tonnes de béton modifiées avec des fluidifiants et des accélérateurs de prise mais aussi des milliers de panneaux d’isolation ultra-résistants aux rayonnements ultraviolets et infrarouges grâce à une pellicule d’argent dessus.

Enfin, nous pouvons également critiquer la dimension sociale de ces projets réservés à un public très aisé mais dont les ouvriers sont loin d’en profiter. Ils vivent en effet sur le chantier et sont bien souvent entassés dans de sinistres cabanes de chantiers sans aucun confort dans le désert. Quant à leur salaire (environ 4 dollars par jour) au vu des cadences imposées et du climat extrême, il est juste déplorable.

Quant ces constructions sont seulement une question d’égo et d’identité, le prix à payer est quand même cher pour avoir la plus grande quelques années…

Les tours Hermitage Plaza qui quant à elles doivent devenir les plus hautes tours d’Europe ont pris encore quelques années de retard.

En effet, comme je l’avais indiqué dans mon article à ce sujet, les travaux devaient durer 4 ans avec une livraison initiale fin 2014 puis fin 2017.

Aujourd’hui, le promoteur de l’opération nous indique que les travaux devraient commencer cet automne pour une fin prévue en 2024 soit environ 7 ans de travaux !

En effet, le permis de construire qui avait été déposé fin 2010 n’a été accepté que fin 2012 et les propriétaires des logements à démolir ont fait recours sur recours. L’association de syndicales libre (ASL) qui regroupe les propriétaires et copropriétaires d’immeubles et de terrains du quartier des Saisons a finalement donné son accord à l’unanimité le 4 avril 2017, levant l’interdiction de démolir des bâtiments existants.

Son coût est également passé de 2 milliards à 2,8 milliards, soit +40% !

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Derrière le débat sur l'ISF, la vieille rengaine du désamour entre le catholicisme et l'argent

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CHRONIQUE - Emmanuel Macron privilégie le nomade mondialisé sur le sédentaire enraciné.

Yachts, lingots d'or, œuvres d'art. Le débat politique a pris cette semaine des allures de magazine de luxe. Revu et corrigé par l'administration fiscale. Ce fut le concours Lépine de l'impôt, chacun y allant de son indignation et de sa taxation. C'est peu dire que la suppression, même partielle, de l'ISF passe mal. A gauche, mais aussi au centre, et même à droite. Comme si nos élus voulaient absolument confirmer la vieille rengaine du désamour entre le catholicisme et l'argent, que dément pourtant toute l'histoire de l'Europe catholique, que ce soit l'inventivité des banquiers italiens de la Renaissance, ou encore le rôle financier majeur que jouèrent les Français dans l'Europe d'avant la guerre de 1914.

Mais cette polémique prouve tout de même que les Français ont du mal à supprimer un impôt sur le capital que les autres pays d'Europe (catholiques ou protestants) ont tous aboli. Premier paradoxe: pendant longtemps, la France fut au contraire le seul pays sans imposition du capital. De même qu'elle avait établi l'impôt sur le revenu bien après les Anglais et les Allemands.

On ne peut plus cacher ses faiblesses derrière sa naissance ; on ne peut plus excuser ses échecs par la société. Seul son mérite est en cause.

Mais cette frénésie autour des possédants de yachts ou de lingots prouve à tout le moins une société travaillée par deux sentiments: l'égalité et l'envie. Deux sentiments qui vont souvent de pair. L'obsession de l'égalité pour assouvir son envie. Envie du plus riche, du plus puissant. Jalousie, mesquinerie. Sentiments humains sur tous les continents et de tous les temps.

Mais, sous l'Ancien Régime, dans une société d'ordres, où la naissance déterminait votre statut social, ces sentiments étaient contenus par l'impuissance. Avec la révolution de 1789, tout change. Chacun peut accéder librement et également à toutes les fonctions. Tout est possible pour tout le monde. C'est une formidable libération mais aussi une épreuve terrible. On ne peut plus cacher ses faiblesses derrière sa naissance ; on ne peut plus excuser ses échecs par la société. Seul son mérite est en cause. Chacun est le concurrent de l'autre sans la protection de sa condition, de son statut.

Cette rivalité de tous avec tous fait exploser les sentiments de jalousie et d'envie. Un sentiment accru aujourd'hui par la mondialisation et la médiatisation: de plus en plus de riches dans le monde, favorisés par un libre-échange qui sert le 1 % des plus aisés et accroît les inégalités ; et de plus en plus connus. Les riches ne se cachent plus mais s'exposent.

Emmanuel Macron fut le candidat de la France qui considère que ce système est bon et juste. Il fut élu président d'abord par les vainqueurs de cette mondialisation. Il leur renvoie l'ascenseur ; il sert sa clientèle: il privilégie l'argent de la start-up sur l'argent de l'immobilier ; le nomade mondialisé sur le sédentaire enraciné. Celui-ci paiera seul un impôt sur la fortune dont celui-là sera exempté. Son slogan subliminal est: la terre ment.

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Déforestation : anatomie d’un désastre annoncé

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Chaque année, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent à travers le monde, soit l’équivalent de quatre fois la superficie de la Belgique. Si l’agriculture intensive, l’urbanisation et le commerce du bois en sont les facteurs principaux, d’autres causes sont à explorer. Le Figaro a enquêté sur ce phénomène en nette progression, et qui risque d’avoir des conséquences irréversibles. 

Quarante terrains de football. C’est la superficie que les forêts perdent chaque minute à travers le monde. Cette perte nette représente plus de 13 millions d’hectares par an, selon la FAO (l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). Soit l’équivalent de la superficie de l’Angleterre, ou du quart de la France, parti en bois de chauffage, transformé en plantations ou laissé en pâture pour le bétail.

Un chiffre vertigineux. Surtout si on le compare aux ressources forestières qu’abrite la Terre. Au total, quatre milliards d’hectares sont aujourd’hui occupés par des massifs forestiers (voir cartes ci-dessous). Si les forêts boréales et tempérées ont légèrement progressé ces dernières années, notamment en Chine et en Occident, les zones tropicales - qui représentent 1,6 milliard d’hectares - régressent à un rythme soutenu depuis une cinquantaine d’années. Ces massifs sont les plus riches, les plus fragiles et, donc, les plus menacés. Au rythme actuel, les forêts tropicales devraient disparaître, selon les projections, d’ici 50 à 70 ans.

Si onze flancs de déforestation sont recensés dans le monde par les ONG, trois sont réellement préoccupants : l’Amazonie, notamment brésilienne, l’Afrique centrale et l’Asie du sud-est, essentiellement l’Indonésie et la Malaisie. Ces trois zones représentent les principales forêts tropicales au monde, et forment une «ceinture verte» autour de la Terre. Dans l’avenir, les experts prévoient que 80% de la déforestation aura lieu dans ces régions de moins en moins isolées. Seulement, ce phénomène est difficile à appréhender. Ce n’est pas un processus brut qui s’applique de la même manière selon les pays. Il prend en effet différentes formes : sociales, économiques, industrielles... Et s’adapte aux failles des États où il s’implante. C’est sans doute cette polymorphie qui rend cet extractivisme - les moyens et stratégies d’exploitation industrielle de la nature par l’homme - si difficile à contrôler car il n’appelle pas à des mesures uniformes pour le réguler.

Aujourd’hui, la déforestation est responsable de 20 à 25% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, principales causes du réchauffement de la planète. Plus précisément, la destruction de la forêt tropicale provoque chaque année plus de rejet dans l’atmosphère que l’ensemble du secteur des transports à travers le monde. Dans les pays du Sud - qui déforestent davantage que les pays du Nord depuis 1990 -, 35% des émissions de gaz à effet de serre sont dues au déboisement. Ce chiffre atteint même 65% dans les régions les plus pauvres.

Si l’imaginaire collectif rendrait volontiers le commerce du bois comme principal responsable de la déforestation, il n’en est rien. L’acteur majeur de ce phénomène est l’agriculture, responsable à 80% des déboisements dans les zones tropicales. L’activité agricole peut prendre différentes formes : l’élevage, la culture du soja et de l’huile de palme, le caoutchouc, mais aussi la pâte à papier. Le marché illégal du bois a aussi sa part de responsabilité. Il est un facteur déclenchant, et s’alimente des autres activités. Si chaque région a ses spécificités, l’intrusion de l’homme dans les forêts primaires revêt également un aspect social non négligeable.

Quelque 1,6 milliard d’habitants dépendent directement des forêts, et contribuent pourtant à sa raréfaction, voire à sa disparition. Un paradoxe qui tient tant à la pauvreté de populations qui seront les premières victimes de ce phénomène qu’à l’appétit vorace de quelques multinationales peu sourcilleuses quant à l’avenir de la planète. Car l’enjeu est bien là. Le devenir d’une Terre menacée par l’activité de son occupant pourtant le plus intelligent : l’homme.

 

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L’examen du texte sur la moralisation de la vie publique, qui se poursuit en commission des lois à l’Assemblée nationale, a fait resurgir un débat récurrent chez les parlementaires : celui de leur rémunération. Mardi 18 juillet, Manuel Valls, député de l’Essonne apparenté au groupe La République en marche (LRM), a mis sur la table de la commission la question de l’augmentation de l’indemnité des élus, quitte à le faire « contre l’opinion ».

En mars, Emmanuel Macron avait lui-même mis le sujet sur la place publique, se disant favorable à ce que les parlementaires soient payés « comme des cadres supérieurs », manière, selon lui, de se prémunir contre les conflits d’intérêts.

Aujourd’hui, les députés touchent une indemnité de base de 7 209,74 euros brut mensuels, à laquelle s’ajoute l’indemnité représentative des frais de mandat (IRFM, 5 840 euros brut), non fiscalisée, et qui, historiquement, servait de complément de rémunération.

Davantage de transparence

La question est fréquemment débattue chez des députés, certains regrettant d’être « parmi les 20 % les moins bien payés » des personnes travaillant à l’Assemblée nationale. D’autres encore expliquant être moins bien rémunérés que les présidents d’exécutifs locaux.

Une question qui se pose d’autant plus cette année avec l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats. Les députés qui, en plus de leur mandat parlementaire national, avaient un mandat local obtenaient en sus des indemnités relatives à celui-ci. Par ailleurs, le Palais-Bourbon accueille des nouveaux élus issus du monde de l’entreprise, lesquels bénéficiaient de rémunérations très supérieures à celles d’un parlementaire. « J’ai quelques députés qui ont divisé par deux ou trois leur rémunération », observe un dirigeant de groupe parlementaire.

« Je veux faire venir des gens à la vie politique qui sont des cadres d’entreprise, des entrepreneurs. Mais ils prennent un risque : celui d’interrompre leur carrière professionnelle. On n’attire personne qui a un certain niveau de rémunération dans le privé pour 3 000 ou 4 000 euros », avait expliqué M. Macron en mars. Dans son programme, il proposait de fusionner l’indemnité actuelle avec l’IRFM, ce qui avait pour conséquence de fiscaliser cette dernière mais aussi de donner l’impression d’un doublement de la rémunération des élus.

La proposition a été modifiée et le projet actuel vise à transformer l’IRFM en un système de remboursement aux frais réels. Les députés en ont adopté le principe en commission, mercredi 19 juillet, renvoyant aux bureaux des deux Assemblées la responsabilité d’en déterminer les contours.

Dans ce contexte, plusieurs députés confient aujourd’hui réfléchir à demander davantage de moyens pour leur action. Beaucoup souhaiteraient notamment élargir l’enveloppe que leur alloue l’Assemblée nationale pour l’embauche de leurs collaborateurs parlementaires.

Politiquement incorrect

Devant le Sénat, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, n’a pas fermé la porte à des ajustements. « Il importe que les parlementaires puissent exercer leur mandat en disposant pour ce faire des moyens nécessaires », a-t-elle déclaré le 10 juillet.

Le sujet est politiquement très incorrect en ces temps de moralisation de la vie publique. Nombre de députés ne l’évoquent que du bout des lèvres. « C’est la loi confiance, pas la loi défiance », observe un élu de la majorité qui ajoute : « Ce n’est ni le moment ni le véhicule législatif pour le faire. » « Ce sera extrêmement violent », avait concédé Manuel Valls, en commission.

Le débat pourrait toutefois revenir à l’agenda avec la réforme constitutionnelle qui doit acter, d’ici au début de l’été 2018, la suppression d’un tiers du nombre de parlementaires.

En mars, le candidat Macron avait défendu cette baisse « pas forcément pour faire des économies mais aussi pour [que les élus] aient une manière de fonctionner et d’évaluer qui soit pertinente ». A budget égal, les parlementaires, moins nombreux, pourraient se voir allouer chacun une enveloppe plus large. Reste à déterminer ce qui tiendra de leur rémunération propre ou des moyens plus largement accordés au travail parlementaire.

Avec la disparition de l’indemnité des frais de mandat et le non-cumul, des élus souhaiteraient une revalorisation. Au risque de heurter l’opinion publique

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Opposés aux cigarettes à 10 euros, des buralistes s'attaquent aux radars

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Les buralistes ont mené une vaste opération coup de poing dans la nuit de jeudi à vendredi. Plusieurs centaines de radars automatiques ont été bâchés partout en France.

Les buralistes ne décolèrent pas depuis l'annonce par le premier ministre du passage du prix du paquet de cigarettes à 10 euros. Exaspérés par les augmentations de prix successives sans concertation avec les pays voisins, ils ont mené une vaste opération coup de poing dans la nuit de jeudi à vendredi. Visages masqués, devant les caméras, plusieurs centaines de buralistes ont recouvert 430 radars avec des bâches et des sacs en plastique, selon un communiqué de la confédération des buralistes. Et la mobilisation est nationale: l'action s'est rapidement propagée sur l'ensemble de l'Hexagone, touchant de nombreux départements (25 radars bâchés recensés dans le Gard, 15 dans le Finistère, 19 dans le Bas-Rhin...). «Dans toute la France, les radars automatiques seront couverts d'une bâche ou d'un sac-poubelle», avait assuré jeudi soir le président de la Fédération des chambres syndicales des buralistes d'Occitanie, Gérard Vidal. Une occasion de priver symboliquement l'État d'une manne financière, à l'heure où de nombreux automobilistes prennent la route des vacances.

Dans le sud ouest, des petites affiches «Non au paquet à 10 euros, clients spoliés, buraliste menacé» ont été collées sur les radars. Une banderole «Supprimer les buralistes ne fera pas baisser le tabagisme» a été déployée vers l'aéroport Toulouse-Blagnac. Et les buralistes ne comptent pas en rester là: d'autres manifestations sont prévues dans le Pays Basque, du côté de l'Allemagne mais aussi de la Belgique.

«On demande un plan de lutte contre le marché parallèle»

La confédération des buralistes avait rencontré mercredi la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, lui faisant part de «l'inquiétude montante» de la profession, deux semaines après l'annonce de l'augmentation du prix du paquet de cigarettes à 10 euros d'ici trois ans. «Nous lui avons fait part de l'inquiétude qui monte dans les rangs des buralistes», avait écrit dans un communiqué la confédération, qui compte 25.000 buralistes dans ses rangs. Le président de cette confédération, Pascal Montredon, avait souligné que si cette inquiétude «n'est pas apaisée, elle se manifestera durant l'été», faisant ainsi allusion à des manifestations possibles. Le projet du paquet de cigarettes à 10 euros avait néanmoins été confirmé le jour même par le ministère.

Selon Gérard Vidal, «Ce produit (les cigarettes) est dangereux mais tous les gouvernements successifs n'ont lutté contre ce fléau qu'en augmentant les prix, il n'y a pas assez de prévention à destination des jeunes». Pour les buralistes, l'augmentation du prix de cigarettes est surtout synonyme de hausse de la contrebande. Dans les régions frontalières, ils craignent notamment que les fumeurs aillent acheter leurs cigarettes chez leurs homologues espagnols, allemands ou belges. Le commerce parallèle de tabac engendrerait, selon les estimations, un manque à gagner fiscal annuel de 3 milliards d'euros pour l'Etat, ainsi qu'un manque à gagner de 250 millions d'euros pour les buralistes.

»Tabac: l'augmentation des prix agit sur la consommation

C'est pourquoi ils souhaitent obtenir des garanties de la part du gouvernement en matière de lutte contre le développement de l'achat aux frontières: «On demande un plan de lutte contre les marchés parallèles, comme les ventes frontalières ou sur internet. En Andorre par exemple, le paquet est à deux euros», affirme Gérard Vidal. Exaspérés par le manque de concertation avec les pays voisins, les buralistes espèrent rencontrer rapidement le président de la République, pour échanger sur une politique de santé européenne. Ils prônent également la mise en place de règles strictes, comme la limitation du nombre de cartouches autorisées par voiture aux frontières. Car selon les buralistes, un paquet sur trois aujourd'hui est vendu hors du réseau officiel.

Face à ces craintes, Édouard Philippe avait rappelé, lors de son discours de politique générale devant les députés de l'Assemblée Nationale, la volonté du gouvernement de «lutter sans merci contre les trafics qui minent cette politique de santé autant qu'ils fragilisent ceux qui respectent la loi». Le candidat Macron s'était déjà engagé à lutter fermement contre ce fléau lors de la campagne électorale.

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Brésil, un si grand gâchis

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Le Brésil est à la fois le pays le plus riche, le plus grand et le mieux armé du continent sud-américain. Les immenses gisements pétroliers des bassins de Santos et de Campos, au large de Rio de Janeiro, en font le pays où il y a plus de pétrole en réserve au monde. L'agence d'évaluation Price waterhouse Coopers prétend que le Brésil deviendra, en 2050, le 4e pays le plus riche du monde. Sauf que les inégalités sociales, la violence et la corruption gangrènent la société. Le Brésil du XXIe siècle attend toujours de goûter, enfin, à une démocratie fiable et enracinée. 

L'histoire moderne du Brésil avait bien commencé. Sous le règne de l'empereur Pierre II, le Brésil était un pays prospère. En 1850, en effet, sa croissance était comparable à celle des États-Unis et de l'Europe. Pierre II était catholique, abolitionniste et entraînait son pays vers la démocratie et la prospérité pour tous, à l'instar de Gabriel Garcia Moreno en Equateur. Pierre II fut chassé par un coup d'Etat, le 15 novembre 1889, financé par les grands propriétaires et inspiré par les habituelles loges bolivariennes. L'armée proclama la République en se gardant de parler de démocratie. Le pays fut dirigé par les riches propriétaires, les coronels, jusqu'à la crise de 1929. Là où le Brésil avait besoin de générosité, d'éducation et de démocratie, la ploutocratie s'accrochait à ses privilèges et alimentait la révolte.

Cette tragédie brésilienne s'est poursuivie jusqu'à nos jours, à travers le régime autoritaire de Getulio Vargas en 1930, comme dans les intérims de l'armée. Juscelino Kubitschek fit bien construire Brasilia, la capitale, en pleine Amazonie en 1960, pour ouvrir l'immensité du territoire aux populations des villes, le développement du pays fut freiné par les intérêts des grands propriétaires. Entre 1964 et 1985, ce fut la dictature militaire. Plus de 500 personnes furent tuées, sur fond d'opération Condor, pilotée par la CIA, et d'attentats « révolutionnaires » du  MR-8 carioca ou de l'Action de libération nationale (ALN), basée à Sao Paulo ; ce furent autant de troubles opportuns pour ne pas entamer de réformes démocratiques...

Quand Fernando Henrique Cardoso fut élu, en 1994, son gouvernement parvint à juguler l'inflation. Des membres du Collectif des travailleurs sans terre occupèrent son ranch familial, exigeant une réforme agraire qui ne vint pas. Cardoso finit sa carrière dans une lamentable histoire de corruption.

Luiz Inácio Lula da Silva, plus connu sous le nom de « Lula », remporta les élections présidentielles en octobre 2002, faisant naître beaucoup d'espoirs démocratiques. C'était le premier gouvernement de gauche du Brésil en 40 ans. Les grands propriétaires s'inquiétèrent d'autant plus que la classe moyenne soutenait massivement les réformes démocratiques du président. En avril 2004, pourtant, les militants du Collectif des travailleurs sans terre manifestaient, attendant toujours une réforme agraire. En mars 2005, un escadron de la mort, tuait encore 30 personnes dans une favela, à la  périphérie de Rio de Janeiro. 

En mai 2006, des dizaines de personnes étaient tuées à l'intérieur d'une prison de l'état de Sao Paulo. Le problème n'était pas nouveau : en 1992, au pénitencier de Carandiru (Sao Paulo), 111 prisonniers avaient été sommairement exécutés par la police militaire alors qu'ils se rendaient. Cette année, en janvier, des gangs se sont encore entretués dans la prison de Manaus. On a relevé 56 cadavres. « Le système pénitentiaire est toujours marqué par une forte surpopulation, des conditions dégradantes, la pratique de la torture et des violences fréquentes », écrit Amnesty International dans son rapport 2015-2016. 

En décembre 2007, le président du Sénat brésilien, Renan Calheiros, allié-clé du président Lula, démissionne afin d'éviter d'être interrogé sur un scandale de corruption. En juin 2011, c'est le chef d'état-major du président Rousseff qui démissionne, toujours pour des motifs de corruption. 

Le gouvernement lance, au même moment, un programme de protection sociale, Brasil Sem Miseria (Brésil sans pauvreté), visant à faire sortir des millions de Brésiliens de la pauvreté. Le Parlement approuve, l'année suivante, une loi qui oblige les universités à réserver 50 % de leurs places aux étudiants des écoles publiques et ainsi favoriser l'ascenseur social. Mais l'inflation galope et l'écart entre les classes aisées et les pauvres se creuse.

En mars 2015, c'est la douche froide. Le scandale de la compagnie pétrolière d'Etat Petrobras porte sur des millions de dollars ; plus de 80 politiciens et membres éminents du monde des affaires sont impliqués dans une corruption massive, dont le parti des Travailleurs de Lula et de la présidente Dilma Rousseff, qui a pris sa succession en 2011. 

Delcídio do Amaral, ancien chef du Parti des travailleurs au Sénat, impliqué dans le scandale, avoue que Dilma Rousseff avait bénéficié de pots-de-vin provenant de contrats sur-facturés liés à la construction du barrage de Belo Monte et qu'elle « savait tout » du réseau Petrobras. Le Parti des travailleurs utilisait ces fonds pour acheter les votes des politiciens et, selon Otávio Azevedo, ancien PDG de la deuxième société du BTP au Brésil, financer les campagnes électorales de Dilma Rousseff. 

Luiz Inácio Lula da Silva, l'ancien président du pays, est reconnu coupable. Il s'était fait offrir un appartement en bord de mer, d'une valeur de 690 000 $, par la firme d'ingénierie OAS pour qu'il l'aide à obtenir des contrats avec Petrobras. Il a été condamné à neuf ans et demi de prison. Le 17 mars 2016, Dilma Rousseff nomme Lula, ministre d'État et chef de cabinet du président de la République, la fonction la plus élevée du gouvernement, pour éviter qu'il soit mis en détention. Une écoute téléphonique, réalisée entre elle et Lula, rendue publique par le juge fédéral Sérgio Moro, démontre qu'il y a eu arrangement entre eux pour stopper les poursuites pénales contre Lula.

Mme Rousseff s'est également fait prendre en train de transférer des fonds entre les budgets gouvernementaux, ce qui est illégal, afin d'essayer d'atténuer les déficits de ses programmes sociaux et augmenter ses chances d'être réélue pour un second mandat en octobre 2014. 

C'est l'ancien président de la chambre basse, Eduardo Cunha, du même parti que Michel Temer, qui a œuvré officiellement à la mise en accusation de madame Rousseff, mais Michel Temer était à la manœuvre, en coulisse, pour savonner la planche de sa rivale. En août 2016, Michel Temer profitait des dispositions constitutionnelles pour remplacer, sans être élu,  Madame Rousseff pendant le reste de son mandat jusqu'au 1er janvier 2019.

La présidente Rousseff voulait créer un âge minimum pour la retraite, augmenter les programmes sociaux. Les gens du parti de Temer souhaitent maintenant réduire les dépenses obligatoires en matière de santé et d'éducation. L'économiste Laura Carvalho, de l'université USP prévient : "Il y aura beaucoup de résistance des mouvements sociaux et des syndicats".

Aujourd'hui, c'est Temer lui-même qui est directement impliqué dans des scandales de corruption. Marcelo Odebrecht, PDG du plus grand conglomérat de construction de l'Amérique latine, condamné à 19 ans de prison pour corruption, a avoué qu'une partie des 48 millions de dollars dont il avait fait don aux campagnes de Mme Rousseff, comme de M. Temer, lors de l'élection présidentielle brésilienne de 2014, était illégale. C'est encore Joesley Batista, patron de JBS, la plus grande société de viande du monde, qui a donné à la police judiciaire les enregistrements d'une réunion où il a invité Michel Temer à faire des indiscrétions; Un de ses gestionnaires a donné directement un pot-de-vin de 150 000 $ à un assistant de M. Temer.

Mais Temer et ses alliés de l'establishment ferment maintenant la porte à la justice. Deltan Dallagnol, le procureur principal de l'opération « Lava Jato » (lavage de voiture), la campagne anti-corruption, se plaint dans un nouveau livre, que sa petite équipe, déjà confrontée aux cabinets d'avocats les plus puissants du pays, est constamment sous surveillance. La police fédérale a annoncé que les agents affectés au groupe de travail chargé d'enquêter sur les faits liés à l'Operação Lava Jato consacreront une partie de leur temps sur d'autres enquêtes. "Les politiciens veulent entraver nos enquêtes. Si nous ne sommes pas vigilants, ça se passera comme en Italie, où il est aujourd'hui plus difficile d'enquêter qu'avant l'opération Mani pulite (l'opération mains propres des années 90 en Italie) ", a déclaré le Procureur Carlos Fernando dos Santos Lima.

Temer, en parlementaire expérimenté, verse de grandes quantités de fonds gouvernementaux aux membres du Congrès qui votent contre sa mise en accusation. Le 13 juillet 2017, un comité de la Chambre a déjà refusé la proposition du représentant Sergio Zveiter de poursuivre Temer devant la Cour suprême pour corruption. Malgré la décision du Comité, les accusations portées contre le Président Temer seront portées devant la Chambre des Députés pour être votée au début du mois d'août.

C'est un tournant pour le Brésil. L'ombre de Pierre II plane sur ce gâchis. Peut-être le pays tiendra-t-il toutes ses promesses, ou ce sera le chaos.

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Football : comment les prix ont explosé sur le marché des transferts

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En l'espace de plusieurs dizaines d'années les prix des joueurs de football ont explosé. Plusieurs variables permettent d'expliquer cette dynamique. Le Figaro fait le point.

Cet été le marché des transferts est entré dans une nouvelle ère. Celle de la démesure. Fin août, le Paris-Saint-Germain a assommé le mercato estival en déboursant plus de 220 millions d'euros pour s'attacher les services du jeune joueur brésilien de 25 ans, Neymar. Un transfert record qui n'a pas rassasié les dirigeants parisiens puisque ces derniers devraient acter dans les heures qui suivent le transfert du prometteur joueur de Monaco, Kylian Mbappé, - tout juste âgé de 18 ans - pour un montant global de plus de 150 millions d'euros. Des sommes folles qui révèlent une véritable explosion des prix sur le marché des transferts.

«Aujourd'hui on perçoit un joueur de football comme un investissement, un capital qui doit fructifier et qui doit apporter un retour sur investissement». C'est avec ces mots que l'économiste du sport Pierre Rondeau juge clairvoyant le chamboulement gigantesque qu'a connu le marché des transferts ces dernières années. Et pour cause, le mercato est devenu le terrain de jeu de clubs dirigés par des investisseurs - souvent étrangers - prêts à injecter des sommes faramineuses pour s'attacher les services du joueur considéré idoine. C'est notamment le cas de Manchester City, racheté par un groupe émirati en 2008, de son rival Manchester United, qui appartient à deux businessmen américains depuis 2005, du Paris-Saint-Germain, propriété d'un fonds souverain qatarien depuis 2011, ou encore de Chelsea, détenu par le milliardaire russe Roman Abramovitch depuis 2003.

• Les investisseurs chamboulent tout

Pour pouvoir rivaliser avec les plus grands clubs européens, ces «nouveaux riches» dotés de moyens colossaux ont investi à outrance dès leurs arrivées. Leur puissance financière est telle que les quatre clubs précédemment cités ont dépensé pas moins de 2.7 milliards d'euros sur les cinq derniers marchés des transferts estivaux. «Un investisseur étranger veut être sportivement compétitif rapidement et a donc tendance à surinvestir au départ, quitte à légèrement fausser les prix du marché», explique au Figaro Christophe Lepetit économiste du sport et responsable des études économiques au Centre de droit et d'économie du sport de Limoges.

Ainsi, les comportements d'achats ont largement été modifiés sur l'ensemble du marché: les prix des joueurs ont naturellement augmenté. D'autant plus que les «petites équipes», compte tenu de l'information dont elles disposent, savent désormais que certains clubs très fortunés sont prêts à toutes les folies. Ces derniers augmentent donc leurs exigences financières et peuvent ainsi fausser les échanges. «Les clubs vendeurs estiment que les nouveaux investisseurs peuvent mettre beaucoup d'argent sur la table pour un joueur. Ils leur demandent donc parfois un montant supérieur à la valeur réelle d'un joueur», décrypte au Figaro Pierre Rondeau.

Ainsi en 2012, les 200 transferts les plus onéreux représentaient plus de 1.8 milliard d'euros, contre 2.6 milliards en 2013, 2.4 milliards en 2014, 3 milliards en 2015 et 3.4 milliards en 2016. En l'espace de quatre mercatos l'enveloppe globale a donc presque doublé. Et comme le montre le graphique ci-dessous, le championnat anglais est celui qui investit le plus.

 

• Les revenus en constante hausse

Mais l'arrivée de ces «nouveaux riches» du football n'explique pas à elle seule l'augmentation constante des prix des joueurs depuis plusieurs années. La hausse du montant des droits télévisés est une variable qui pèse également fort dans la balance. Et dans ce domaine la ligue anglaise brasse des sommes colossales. «En 2016, les clubs anglais se sont partagés 2.3 milliards d'euros de droits domestiques et un peu plus d'1 milliard sur les droits internationaux», détaille Christophe Lepetit. Des revenus redistribués aux différents clubs de la ligue qui leur permettent de pouvoir réinvestir sur le marché des transferts. «Cette hausse des droits télé s'appliquent également pour les championnats espagnol, allemand, italien ou français mais dans une moindre mesure», précise l'économiste Pierre Rondeau.

Le boom de ces droits, des revenus publicitaires, du marchandising est révélateur de la globalisation de l'économie du football et de son expansion constante. Les pays d'Asie ou d'Amérique du Nord sont autant de nouveaux marchés à conquérir pour les grandes écuries qui ont soif de croissance. Chaque été, de nombreux clubs européens réalisent leur préparation d'avant saison loin du Vieux continent, afin d'augmenter leur notoriété dans les lieux concernés. Ainsi, cet été, des clubs comme Arsenal, Chelsea, Liverpool ou encore les deux clubs de Milan ont délocalisé leur préparation à Shanghai, Hong Kong ou encore Pékin. Il en est de même pour le FC Barcelone, le Paris-Saint-Germain ou la Juventus de Turin qui se sont réunis aux Etats-Unis. «Le football est par essence un sport mondialisé, présent à travers la planète. Et les grands clubs se concurrencent pour développer leur revenu sur de nouveaux marchés qui ne sont pas traditionnels», explique Christophe Lepetit.

Cette tendance de globalisation et de recherche de profit se traduit également sur le mercato. Ainsi, des clubs européens adoptent des stratégies d'achat et de revente de joueurs, notamment dans les pays d'Amérique du Sud - vivier de nombreux talents. C'est notamment le cas pendant longtemps des clubs portugais de Porto et du Benfica Lisbonne mais aussi, plus récemment, de l'AS Monaco. «Certains clubs ont pleinement intégré les transferts dans leur plan économique. Ils investissent sur des joueurs en fin de formation, donc jeunes, et ils les prêtent ou les font jouer avec l'objectif de les revendre avec une bascule financière importante et la volonté de faire des plus-values», estime Christophe Lepetit.

 

Comme le montre la carte ci-dessus, les échanges - achats et ventes - se sont intensifiés d'année en année. Sans surprise, les flux financiers qui partent ou qui arrivent au Royaume-Uni sont les plus importants, qu'importe la période. En outre, la carte permet de visualiser, en 2016, l'entrée dans la danse de la Chine et le fort investissement réalisé. Les clubs chinois n'hésite pas à dépenser des sommes importante pour s'attacher les services de grands joueurs afin de compenser le peu d'attractivité sportif du championnat. Une tendance qui tire, une nouvelle fois, les prix des joueurs à la hausse.

● L'avénement de l'extrasportif et le poids de l'inflation

Mais dans l'ère actuelle, marquer ou défendre à la perfection ne suffit plus. Les équipes misent, désormais beaucoup sur la notoriété des joueurs hors du terrain. Un argument pour lequel elles sont prêtes à faire des folies. Le meilleur exemple est celui de Paul Pogba, le français racheté par Manchester United à la Juventus Turin lors du mercato 2015/2016 pour un montant record estimé à 105 millions d'euros. «Ce transfert marque l'avènement de la majoration de la valeur d'un joueur grâce à la notoriété extra sportive. Globalement le prix d'un footballeur dépend de ses caractéristiques sportives mais également, et ce de plus en plus, de sa réputation, sa notoriété, sa popularité sur les réseaux sociaux et son impact sur les médias. Et les 15 millions d'abonnés qui suivent Paul Pogba sur Instagram sont autant de potentiels acheteurs de maillots, de goodies, d'équipements sportifs ou plus simplement de relayeurs d'informations pour favoriser la croissance et la notoriété de Manchester United. Et donc d'augmenter la valeur du club», analyse l'économiste Pierre Rondeau. Cette dynamique peut également jouer sur les partenariats, les contrats de sponsoring ou encore la billetterie dans des proportions non négligeables.

Enfin, outre l'arrivée de nouveaux investisseurs, l'augmentation des revenus liés aux droits télé ou au merchandising et le poids de la notoriété extra sportive, un autre élément doit être pris en compte: celui de l'inflation généralisée des prix. En l'espace de 50 ans, l'indice des prix à la consommation (IPC) a considérablement augmenté en fonction des pays. Nous avons donc tenté, grâce à cet indice de transposer ce concept sur le marché des transferts afin d'obtenir un ordre d'idée des possibles prix de certains joueurs de foot, à travers les âges. Ci-dessous les résultats de 9 joueurs qui ont battu les records de transferts à différents moments depuis 1973.

 

Ainsi un joueur comme Johan Cruyff, acheté 6.000.000 de florins en 1973 par le FC Barcelone (depuis l'Ajax d'Amsterdam), aurait coûté en 2016 (en fonction de l'IPC des Pays-Bas sur 46 années et converti ensuite en euros) près de 10 millions d'euros. De la même manière, Diego Maradona - transféré en 1984 de Barcelone à Naples - coûterait près de 24 millions d'euros et le buteur Brésilien Ronaldo - transféré en 1997 de Barcelone à l'Inter Milan - plus de 36 millions d'euros. Evidemment ces montants actualisés ne permettent pas de révéler le prix exact, à ce jour, d'un joueur transféré il y a plusieurs dizaines d'années. D'autant plus que des événements, comme l'arrêt Bosman, ont également joué un rôle important dans la libéralisation du marché (l'arrêt Bosman a permis la libre circulation des joueurs européens donc la suppression de quotas et par conséquent une concurrence plus importante sur le mercato). Toutefois, cette méthode permet de révéler une hausse mécanique des prix des joueurs.

Aujourd'hui une question se pose: la hausse des prix des joueurs pourra-t-elle être sans fin? À la vue des sommes évoquées pour le transfert de Neymar, un joueur brésilien de 25 ans qui pourrait rejoindre le Paris-Saint-Germain pour plus de 200 millions d'euros, rien n'est moins sûr.


Méthodologie

Pour réaliser nos infographies et analyses nous nous sommes basés sur les informations du site Transfertmarkt qui fait référence en ce qui concerne l'évaluation des joueurs et des transferts. Toutefois, les montants des échanges sont rarement donnés dans le détail par les clubs de football acheteurs ou vendeurs. Ces derniers fournissent généralement un chiffre global qui bien souvent masque des montages bien plus complexes avec un ensemble de primes ou d'options. Il faut donc considérer les montants des transferts comme des ordres d'idée plutôt que des sommes stricto sensu.

Pour les deux premières infographies, nous avons seulement sélectionné les 200 plus gros transferts de chaque année afin de s'intéresser aux échanges importants ou «records» qui révèlent réellement l'augmentation des prix des transferts les plus médiatisés, même si cette hausse s'applique sur l'ensemble du marché.

Pour la dernière infographie nous avons sélectionné le prix du transfert dans la monnaie originale du pays vendeur auquel nous avons appliqué l'indice des prix à la consommation (IPC) de ce même pays. Et nous avons enfin converti cette somme en euros afin de lisser et faciliter la comparaison.

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Un traité secret impose à l’Italie de se retrouver seule face à l’invasion migratoire

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Un accord secret. Ce n’est ni une métaphore ni une exagération : un traité ratifié à l’insu des citoyens italiens, sans aucun débat parlementaire ou autre consultation démocratique. On n’en a pas discuté avant, et on n’en aurait pas parlé après si, trois ans plus tard, Emma Bonino, alors ministre des Affaires étrangères, n’avait vendu la mèche aux médias : « Que les débarquements soient tous effectués en Italie, c’est nous qui l’avons demandé. L’accord, c’est nous qui l’avons fait, en plus en violant celui de Dublin. » Voilà, résumée en termes simples, la substance de l’opération Triton, qui prévoit que la totalité des clandestins naufragés secourus par n’importe quelle embarcation patrouillant en Méditerranée soient automatiquement convoyés vers un port italien. 1 

Des propos choc qui ont soulevé un véritable tollé politique et médiatique dans la péninsule.

Si, dans un premier temps, Matteo Renzi s’est efforcé de nier les faits, l’actuel ministre de l’Intérieur Marco Minniti n’a pu que les confirmer lors d’une interrogation parlementaire sur le sujet, expliquant gauchement que ceux-ci devraient être « replacés dans le contexte selon les caractéristiques de cette phase qui ont aujourd’hui changé et sont en voie d’évolution » (sic). Boileau ne disait-il pas « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément » ? 

 

Tentant d’y voir plus clair dans cette affaire qui s’apparente fort à de la haute trahison, le Mouvement 5 Étoiles a alors convoqué une audition au Parlement européen. Aucune des parties en présence interrogées, que ce soit l’agence Frontex, la Garde côtière italienne, la Commission européenne ou les ONG concernées, n’a cependant fourni de réponse satisfaisante sur les raisons d’un tel accord suicidaire, alimentant de la sorte les soupçons de plusieurs procureurs italiens sur les activités de connivence avec les passeurs et autres trafiquants d’êtres humains. Selon les oppositions, il aurait été ratifié par le gouvernement en place (le gouvernement non élu de Matteo Renzi) en échange de plus de flexibilité sur les comptes italiens.

Sur le plan géopolitique, la signature d’un tel protocole change la donne : il rend inutiles les appels à la « solidarité » dans le reclassement des clandestins, et incohérentes les menaces de fermeture des ports aux navires étrangers faisant office de « taxi de la mer » pour les migrants. À quel titre les autorités italiennes pourraient-elles le faire quand elles se sont elles-mêmes imposé ce fardeau ?

Il ne suffirait pourtant que de quelques jours à l’armée pour stopper les flux, comme l’a rappelé l’illustre général, ex-chef d’état-major Vincenzo Santo lundi au quotidien Libero : « La zone à contrôler est bien plus restreinte qu’on ne le pense. La première chose à faire serait de bloquer les bateaux des ONG pour empêcher qu’ils n’entrent dans les eaux libyennes, et aller ensuite frapper « à domicile » les esclavagistes avec nos forces spéciales, les capturant et les transférant dans nos prisons. Tout cela sans attendre la bénédiction d’organismes internationaux et sans crainte de violer la souveraineté de qui que ce soit. Notre souveraineté est violée à chaque fois qu’un navire non italien nous apporte à domicile un chargement humain de misère. »

Notes:

  1. une version du texte signé le 22/10/2014 et remanié le 29/1/2016 est consultable sur le site de l’agence Frontex.

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JO 2024 : Paris espère 10,7 milliards de retombées économiques

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Paris espère que l'organisation de la compétition internationale bénéficiera notamment aux secteurs du tourisme et de la construction.

Après trois échecs douloureux, Paris a enfin décroché ce mercredi l'organisation des jeux Olympiques 2024 grâce à un dossier calibré pour combler les attentes du CIO. La ville lumière va désormais devoir tenir son budget prévisionnel... et croiser les doigts pour que les retombées économiques attendues pleuvent bien. Le comité de candidature française, coprésidé par le champion olympique Tony Estanguet et le patron du rugby mondial Bernard Lapasset, a présenté en février dernier un projet évalué à 6,2 milliards d'euros au total. Très éloigné des 15 milliards d'euros investis par Londres pour les JO de 2012, la référence la plus pertinente. Paris s'appuie en effet largement sur des infrastructures déjà existantes. Ce faisant, la capitale limite ces investissements de construction.

Le budget prévisionnel se ventile ainsi: 3,2 milliards d'euros pour le volet opérationnel, financé par un subside du Comité international olympique (CIO) et les ventes de billets, auxquels il faut ajouter 3 milliards d'euros pour les infrastructures, dont 1 milliard pour les constructions spécifiques aux JO (rénovation du Stade de France, construction de la piscine, etc), et 1,92 milliard pour le village olympique, dont la construction devrait être au moins en partie prise en charge par des investisseurs privés.

Source: Paris 2024
Source: Paris 2024

Le budget du Comité d'organisation des Jeux (COJO), initialement estimé à 3,2 milliards d'euros, a été revu à la hausse, à 3,6 milliards, financé par les sponsors et autres investisseurs privés. Les organisateurs peuvent mettre 57.000 chambres d'hôtel à disposition sur la période des Jeux, c'est plus que les 40.000 demandées par le CIO.

Du côté de la billetterie, Paris 2024 est resté prudent en se basant sur un taux de remplissage des enceintes de 85% (et 75% pour les Jeux Paralympiques), alors qu'il a dépassé les 95% pour les JO de Londres de 2012. Par ailleurs, le comité d'organisation insiste sur l'accessibilité en proposant la moitié des billets à un prix inférieur à 50 euros et un prix de départ de 15 euros (et même 10 euros pour les Jeux Paralympiques). Paris 2024 assure que ces Jeux devraient être «les plus durables de l'histoire», avec une «réduction de 55% de l'empreinte carbone par rapport aux Jeux olympiques et paralympiques de Londres en 2012», jusqu'alors la référence en la matière.

Un budget prévisionnel qui pourrait augmenter

Si tout semble prévu dans les moindres détails, le budget n'est pour autant pas fixé. Il risque d'être ajusté au fur et à mesure de l'avancée du projet. Ainsi, la capitale anglaise annonçait en 2005 (année d'obtention des JO 2012) un budget total de 4,6 milliards d'euros, l'année suivante un budget de 5 milliards, pour finalement atteindre un coût total de 15 milliards d'euros. Une inflation qu'ont aussi connue les précédentes villes organisatrices.

Source: Microeconomix, basé sur les données de Flyvbjerg and Stewart (2012)
Source: Microeconomix, basé sur les données de Flyvbjerg and Stewart (2012)

Bien conscient du coût astronomique d'un tel événement, le CIO, dans son agenda 2020, prévoit, parmi ses 40 recommandations, de réduire le coût des Jeux et de renforcer la flexibilité de leur gestion ainsi que de réduire le coût de candidature.

Plusieurs scénarios possibles

L'organisation d'un tel événement est donc coûteuse... mais les retombées économiques attendues par les organisateurs sont elles aussi nombreuses. Les experts du Centre de droit et d'économie du sport (CDES) estiment l'impact économique des JO 2024 entre 5,3 et 10,7 milliards d'euros, le scénario médian s'établissant à 8,1 milliards. Le tourisme devrait bénéficier d'entre 27% et 35% des retombées (entre 1,4 et 3,5 milliards d'euros). Le secteur de la construction devrait lui gagner de 1 à 1,8 milliard mais c'est l'organisation, c'est-à-dire l'ensemble des partenaires qui contribuent à l'organisation des Jeux, qui arrive en tête des secteurs bénéficiaires, avec 2,9 à 5,4 milliards d'euros de retombées positives.

Crédit: CDES
Crédit: CDES

Seul bémol, ces retombées sont estimées sur du court terme. Un événement olympique peut être bénéfique à court terme mais devenir un fiasco financier sur le long terme. Bien consciente de cette problématique, Anne Hidalgo avait prévenu dès février 2015 que «les Jeux, c'est très joli, mais il n'y a pas une ville qui s'y soit retrouvée sur le plan financier».

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Neymar, Mbappé, Di Maria : les 3 infos mercato à retenir ce vendredi

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Les 3 infos à retenir de ce Vendredi :

La venue de Neymar à Paris actée lundi ou mardi ?

Neymar au PSG ? C’est le feuilleton mercato de cet été… Un feuilleton qui pourrait très rapidement trouver son épilogue. Selon RMC les deux parties seraient tombés d’accord sur un contrat de cinq ans et un salaire annuel proche de 30M€ net. «Tous les accords sont trouvés, même les discussions autour des détails ont été finalisées, souligne «un proche de Neymar.» La bagarre avec Semedo est un exemple parfait. On ne respecte pas vraiment Neymar à Barcelone. Il passera toujours derrière Messi, qui est le pape de la ville. Aujourd’hui, il a fallu faire un choix. Nous espérons que l’accord sera finalisé entre les deux clubs lundi ou mardi. Pour nous, son avenir est à Paris.» Neymar, 25 ans, est sous contrat jusqu’en 2021 au Barça, club qu’il a rejoint en 2013 après avoir débuté à Santos.

 Mbappé trop cher pour City et le Real ?

Selon les informations de la Cadena Ser, le montant réclamé par l'AS Monaco (180 millions d'euros) pour s'attacher les services de Kylian Mbappé refroidiraient sérieusement Manchester City et le Real Madrid. Favoris pour accueillir la pépite, les deux clubs ne souhaiteraient pas dépenser une telle somme. Toujours selon la radio espagnole, le Barca serait aussi rentré dans la course pour enrôler le Français de 19 ans, pour combler un éventuel départ de Neymar au Paris-Saint-Germain. 

Le Barça pense… à Di Maria

Alors que Neymar est annoncé de plus en plus proche du PSG, le FC Barcelone s'active pour lui trouver un remplaçant. Si les noms de Dybala et de Coutinho ont été évoqués, c'est désormais celui d'Angel Di Maria qui s'illumine. Selon RMC, le club catalan songerait à faire venir l'Argentin du PSG, en s'appuyant sur les bonnes relations qu'il entretient avec la star du club, Lionel Messi.

Cette piste pourrait cependant n'être vraiment lancée que vers la fin du mercato. Ainsi, le FC Barcelone s'éviterait d'aider le PSG à rentrer dans les clous du fair-play financier trop facilement.

Mais aussi :

Emanuel Mammana serait sur le point de quitter la Ligue 1. Le défenseur Argentin de l’Olympique Lyonnais devrait bientôt quitter le club du Rhône pour rejoindre le Zénith. Selon l'Equipe, l'opération pourrait rapidement se boucler contre un chèque de 16 millions d'euros.

Selon Sky Italia, l'AS Saint-Etienne se rapprocherait d'Assane Dioussé. Le Sénégalais évolue jusqu'à maintenant avec l'Empoli, en Serie A. Le club du Forez devrait débourser 5 millions d'euros, hors bonus, pour le joueur de 19 ans. La saison dernière, le natif de Dakar avait pris part à 33 rencontres de Serie A, dont 26 en tant que titulaire.

Selon le Corriere dello Sport, l'OGC Nice serait tombé d'accord avec la Juventus Turin et Stephan Lichtsteiner. Le latéral droit suisse devrait rejoindre la France, dès que le champion d'Italie lui aura trouvé un remplaçant.

Après avoir vu ses offres de 40 et 45 millions d'euros être repoussées par Monaco, Arsenal aurait décidé, selon L'Equipe, de proposer maintenant 50 millions d'euros aux dirigeants du club de la Principauté pour attirer Thomas Lemar. Le joueur de 21 ans avait été acheté seulement 4 millions d'euros à Caen en 2015.

Longtemps pisté par Montpellier, Baptiste Reynet a finalement prolongé son contrat avec Dijon jusqu'en 2021 a annoncé ce vendredi le DFCO sur son site internet. Le portier de 26 ans faisait partie des meilleurs gardiens de Ligue 1 la saison dernière.

L'ancien joueur de l'Olympique de Marseille Brandao  a signé en Grèce, du côte de levadiakos. Il y retrouve un homme qu'il connait bien, puisque l'entraîneur du club n'est autre que José Anigo. Les deux hommes se sont connus dans la cité phocéenne. 

La venue de Neymar à Paris actée lundi ou mardi ?
Neymar au PSG ? C’est le feuilleton mercato de cet été… Un feuilleton qui pourrait très rapidement trouver son épilogue. Diverses sources annoncent que la star brésilienne rejoindra prochainement la capitale. RMC va dans ce sens aussi, affirmant que les deux parties sont d’accord sur un contrat de cinq ans et un salaire annuel proche de 30M€ net. «Tous les accords sont trouvés, même les discussions autour des détails ont été finalisées, souligne «un proche de Neymar», dans des propos rapportés par RMC. Neymar a acté son choix. La bagarre avec Semedo est un exemple parfait. On ne respecte pas vraiment Neymar à Barcelone. Il passera toujours derrière Messi, qui est le pape de la ville. Aujourd’hui, il a fallu faire un choix. Nous espérons que l’accord sera finalisé entre les deux clubs lundi ou mardi. Pour nous, son avenir est à Paris.» Neymar, 25 ans, est sous contrat jusqu’en 2021 au Barça, club qu’il a rejoint en 2013 après avoir débuté à Santos.
Le Barça pense... à Di Maria
Alors que Neymar est annoncé de plus en plus proche du PSG, le FC Barcelone s'active pour lui trouver un remplaçant. Si les noms de Dybala et de Coutinho ont été évoqués, c'est désormais celui d'Angel Di Maria qui s'illumine. Selon RMC, le club catalan songerait à faire venir l'Argentin du PSG, en s'appuyant sur les bonnes relations qu'il entretient avec la star du club, Lionel Messi.
Cette piste pourrait cependant n'être vraiment lancée que vers la fin du mercato. Ainsi, le FC Barcelone s'éviterait d'aider le PSG à rentrer dans les clous du fair-play financier trop facilement.
28/07/2017
Le président de la Liga prêt à poursuivre le PSG en justice
L'éventuel départ de Neymar au PSG continue de faire grincer des dents en Espagne. Avant la rencontre amicale entre le FC Barcelone et le Real Madrid samedi à Miami, le président de la Liga Espagnole, Javier Tebas s'en est pris vertement au PSG, qu'il accuse de ne pas respecter le fair-play financier, instauré par l'UEFA.«Nous dénoncerons les dirigeants du PSG car ils enfreignent les règles du fair-play financier de l'UEFA et les normes de concurrence de l'Union européenne. Nous n'écartons pas non plus de le faire devant des tribunaux français et espagnols.» a menacé l’Espagnol de 54 ans. 

Alors qu’une arrivée de la star brésilienne est annoncée en début de semaine prochaine par RMC, le feuilleton Neymar est n'a pas encore trouvé son épilogue.                 

28/07/2017
Le jeune espoir Romagna rejoint Cagliari (officiel.)
Le défenseur italien Filippo Romagna s'est engagé pour cinq ans avec le club sarde Cagliari. Prêté par la Juventus à Brescia la saison dernière, le jeune espoir de 20 ans ne faisait pas partie des plans de Massimiliano Allegri malgré le départ de Leonardo Bonucci. 
28/07/2017
Caceres va rejoindre l'Hellas Vérone
L'ancien joueur de la Juventus, Martin Caceres devrait s'engager avec l'Hellas Vérone selon le journaliste italien Gianluca Di Marzio. Le défenseur uruguayen de 30 ans aurait trouvé un accord avec le club Gialloblu pour un prêt de 6 mois. A l'issue de celui-ci Caceres rejoindrait la Lazio. 


28/07/2017
Mbappé trop cher pour City et le Real ?
Selon les informations de la Cadena Ser, le montant réclamé par l'AS Monaco (180 millions d'euros) pour s'attacher les services de Kylian Mbappé refroidiraient sérieusement Manchester City et le Real Madrid. Favoris pour accueillir la pépite, les deux clubs ne souhaiteraient pas dépenser une telle somme. Toujours selon la radio espagnole, le Barca serait aussi rentré dans la course pour enrôler le Français de 19 ans, pour combler un éventuel départ de Neymar au Paris-Saint-Germain. 
28/07/2017
Thiago Silva : "On ne peut pas parler de Neymar avant le match"
Thiago Silva n'a pas pu éviter les questions sur l'éventuelle arrivée de Neymar au PSG ce vendredi, à la veille du Trophée des champions contre l'AS Monaco, à Tanger. «Ce n’est pas le moment d’en parler, a-t-il d'abord répondu. La priorité c’est le match contre Monaco. Après, on pourra en parler un peu mais pas tout de suite. Si je lui ai parlé ? Je parle normalement avec Neymar. C’est mon ami, tout le monde le sait. Je joue avec lui en sélection depuis sept ans, on a une relation très ouverte. C’est à lui de décider. Mais on ne peut pas parler de Neymar avant le match de demain (samedi contre Monaco), c’est le plus important. On doit attendre le match, et après, je crois que tout le monde va en parler bientôt.» -----> Thiago Silva : «Neymar ? Je crois que tout le monde va en parler bientôt»
28/07/2017
Mammana presque au Zénith
Emanuel Mammana devrait bien quitter l'OL pour le Zénith, comme annoncé plus tôt ce vendredi. Selon l'Equipe, l'opération devrait rapidement se boucler contre un chèque de 16 millions d'euros.
28/07/2017
Lanzini vers Liverpool ?
Le dossier Neymar pourrait avoir des conséquences jusqu'à West Ham. Liverpool, qui pourrait perdre Countinho, pisté par Barcelone en cas de départ du Brésilien au PSG, se serait penché sur le cas de Manuel Lanzini. Selon le London Evening Standard, les Reds chercheraient à faire venir l'Argentin s'ils ne parviennent pas à conserver Coutinho.
28/07/2017
Reina et le Napoli, bientôt fini ?
Le Napoli et Pep Reina, le gardien espagnol, ne parviennent pas à se mettre d'accord sur une éventuelle prolongation de contrat, comme le rapporte la Gazzetta dello Sport. Le champion du monde 2010 pourrait être libre de partir dès la fin de la saison prochaine, bien que les deux parties continuent de négocier une prolongation.
28/07/2017
Jesus Navas bientôt de retour à Séville
L'attaquant espagnol Jesus Navas a été aperçu du côté de Séville, avec son père et son agent, comme le rapporte Marca. Le champion du monde 2010, qui a quitté Manchester City cet été à la fin de son contrat, serait sur le point de finaliser son retour au FC Séville, qu'il a connu entre 2003 et 2013.
28/07/2017
L'AC Milan revient à la charge pour Costa
Le Milan AC n'a pas abandonné la piste menant à Diego Costa. Le directeur sportif du club italien, Marco Fassone, a confirmé qu'il avait rencontré l'agent du joueur, Jorge Mendes. Sans conséquence selon ses dires à Sky Italia. Mais Chelsea est vendeur, depuis que Conte a annoncé ne plus compter sur l'attaquant espagnol...
28/07/2017
Jorginho va partir
Arrivé à Saint-Etienne l'hiver dernier, Jorginho ne devrait pas faire de vieux os chez les Verts. Le milieu offensif, qui n'a disputé que cinq matchs en Ligue 1, devrait rentrer au pays selon L'Equipe. Un prêt à Chaves est à l'étude.
28/07/2017
Sunderland fait ses courses à Aston Villa
Selon le Birmingham Mail, Sunderland chercherait à recruter deux joueurs évoluant à Aston Villa, Ross McCormack et Tommy Elphick. Des premières offres pourraient arriver prochainement.
28/07/2017
Miazga encore prêté
L'International américain Matt Miazga a été de nouveau prêté par Chelsea. Il évoluera cette saison sous les couleurs du Vitesse Arnhem, aux Pays-Bas. Il s'agit de sa deuxième année de suite au club.
28/07/2017
Mammana sur le départ ?
L'Olympique Lyonnais pourrait voir certains de ses défenseurs centraux quitter le club. Outre Mapou Yanga-Mbiwa, courtisé par plusieurs clubs, c'est Emanuel Mammana qui serait sur le point de quitter la Ligue 1. Le défenseur intéresserait beaucoup le Zénith de Roberto Mancini. Une première offre pourrait arriver prochainement, comme le rapporte un journaliste argentin et  le site français spécialisé sur le football sud-américain, Lucarne-Opposée.
28/07/2017
Saint-Etienne sur un milieu sénégalais
Selon Sky Italia, l'AS Saint-Etienne se rapprocherait d'Assane Dioussé. Le Sénégalais évolue jusqu'à maintenant avec l'Empoli, en Serie A. Le club du Forez devrait débourser 5 millions d'euros, hors bonus, pour le joueur de 19 ans. La saison dernière, le natif de Dakar avait pris part à 33 rencontres de Serie A, dont 26 en tant que titulaire.
28/07/2017
Chicharito avait plusieurs pistes
Arrivé à West Ham, Javier Hernandez était très heureux de retrouver l'Angleterre, deux ans après avoir quitté Manchester United. Le Mexicain a même abandonné d'autres pistes pour retourner en Premier League : "J'avais d'autres options : une en Espagne et deux en Italie. Mais je suis heureux de revenir dans le meilleur championnat du monde."
28/07/2017
La Juve pas prête à laisser partir Dybala
Pisté par le FC Barcelone, Paulo Dybala devrait rester en Italie cette saison. Giuseppe Marotta, le directeur sportif de la Vieille Dame, a souhaité enterrer les rumeurs au plus vite, comme le rapporte Tuttosport : "Dybala ne partira pas. Peu importe le prix. Nous avons refusé quantité d’offres. Quand un joueur est content de poursuivre à la Juventus, il reste le temps qu’il souhaite."
28/07/2017
Dankler présenté à la presse
Prêté par le club portugais d'Estoril, le Brésilien Dankler a été présenté à la presse ce vendredi. Le défenseur a joué une saison en Liga Nos et trois saisons au Brésil.
28/07/2017
L'agent de Bale enterre les rumeurs
Fragilisé au sein du Real Madrid, Gareth Bale ne bougera pas. Annoncé en Angleterre (Tottenham, Manchester United, Arsenal), le Gallois sera toujours madrilène cette saison, selon son agent : "C’est une histoire ridicule et stupide."
28/07/2017
Sarr officiellement présenté
Le Stade Rennais a présenté à la presse Ismaïla Sarr, fraîchement arrivé en Bretagne contre 17 M€, en provenance de Metz. "J'ai hâte de rencontrer le public rennais, je vais tout faire pour les rendre heureux. Je suis prêt à jouer contre Lille. Je suis impatient de retrouver la compétition" a déclaré le joueur.
28/07/2017
Rummenigge parle de Sanches
Karl-Heinz Rummenigge, le président du Bayern Munich, est revenu sur le cas de Renato Sanches, courtisé par une bonne partie de l'Europe, dont Chelsea : "Il y a 10 équipes sur Renato Sanches. S'il part, ce sera probablement en prêt."
28/07/2017
Reynet prolonge à Dijon (officiel.)
Longtemps pisté par Montpellier, Baptiste Reynet a finalement prolongé son contrat avec Dijon jusqu'en 2021 a annoncé ce vendredi le DFCO sur son site internet. Le portier de 26 ans faisait partie des meilleurs gardiens de Ligue 1 la saison dernière.
28/07/2017
Un espoir sénégalais bientôt chez les Verts ?
A la recherche d'un milieu de terrain pour combler les départs de Jordan Veretout, Fabien Lemoine ou encore Henri Saivet, l'ASSE serait proche d'enrôler le jeune espoir sénégalais, Assane Diousse selon Gianluca Di Marzio. Le milieu de 19 ans qui évolue à Empoli (33 matches cette saison) pourrait rejoindre les Verts pour un montant de 5 millions d'euros plus bonus.
28/07/2017
Dankler présenté à la presse à Lens
Méconnu en France, le Brésilien Luis Danker, 25 ans a été officiellement présenté à la presse ce vendredi. Le défenseur central arrive en provenance du GD Estoril-Praia au Portugal. 
28/07/2017
Le Barca et le PSG posent un ultimatum à Neymar
Le feuilleton Neymar à Paris continue d'alimenter le mercato estival. Si la presse française parle seulement d'une question de temps pour boucler la transaction, les médias catalans sont quant à eux beaucoup plus mesurés. Selon le quotidien Sport, le Barca et le PSG auraient même posé un ultimatum au numéro 10 de la Seleçao, toujours incertain quant à la suite de son avenir.

Les deux clubs s'impatienteraient et demanderaient au joueur de prendre sa décision d'ici la semaine prochaine. Si l'arrivée de Neymar au PSG est aujourd'hui plus qu'envisageable, rien ne semble pour le moment être acté. Affaire à suivre. 

28/07/2017
Merino signe à Newcastle (officiel)
Le défenseur du Borussia Dortmund, Mikel Merino, s'est engagé avec Newcastle. Le club anglais a officialisé la signature de l'Espagnol, convoité par Marseille cet hiver, sur son compte twitter.
28/07/2017
Lichtsteiner d'accord avec Nice ?
Selon le Corriere dello Sport, l'OGC Nice serait tombé d'accord avec la Juventus Turin et Stephan Lichtsteiner. Le latéral droit suisse devrait rejoindre la France, dès que le champion d'Italie lui aura trouvé un remplaçant.
28/07/2017
Ben Arfa en Turquie ?
Non retenu dans le groupe parti aux Etats-Unis, Hatem Ben Arfa n'est pas disposé à quitter le club. Mais, à en croire le média turc Takvim, l'ancien niçois pourrait rebondir en Turquie, du côté de Fenerbahçe. Les dirigeants et le conseiller du joueur, Michel Ouazine, auraient eu de bons échanges dernièrement.
Non désiré par Unai Emery, le coach parisien, Ben Arfa pourrait toucher entre 3,5 et 4 M€ par an.
28/07/2017
Laurey prolonge avec Strasbourg
Le Racing club de Strasbourg a officialisé sur son site la prolongation de contrat de son entraîneur, Thierry Laurey. Le coach des champions de Ligue 2 est désormais lié avec le club jusqu'en 2019.
28/07/2017
Chelsea bien intéressé par Sanches
Selon Kaveh Solhekol, journaliste chez Sky et ancien du Times, Chelsea serait bien intéressé par Renato Sanches. Le coach des Blues, Antonio Conte, aurait discuté avec Carlo Ancelotti, l'entraîneur du Bayern, au sujet du milieu portugais. Mais le Bayern Munich n'est pas vendeur, dixit l'ancien coach du Paris Saint-Germain.
28/07/2017
Offre record en vue pour Sandro ?
La Juventus pourrait perdre un autre défenseur. Après Bonucci, c'est Alex Sandro qui pourrait quitter l'Italie. Dans le viseur de Chelsea depuis plusieurs semaines, le latéral gauche brésilien pourrait devenir le défenseur le plus cher de l'histoire, devant Benjamin Mendy, parti de Monaco pour Manchester City contre 57,5 M€ il y a quelques jours.
Le champion d'Angleterre prépare une offre de 68 M€, selon le Times. Une offre record.
28/07/2017
Tatarusanu arrive à Nantes
Le FC Nantes a confirmé l'arrivée du gardien roumain Ciprian Tatarusanu, 24h après la Fiorentina. Le portier de 31 ans a signé un contrat de deux ans avec les Canaries.
28/07/2017
Fletcher arrive à Middlesbrough
Selon Sky, le buteur Ashley Fletcher va rejoindre Middlesbrough. Le joueur passe sa visite médicale et quitte West Ham contre un peu plus de 8 M€. Il rejoint les autre recrues du club anglais, Britt Assombalonga et Martin Braithwaite.
28/07/2017
Neymar annule une opération commerciale en Chine
Attendu en Chine lundi pour une opération commerciale, Neymar ne sera finalement pas présent, comme l'a annoncé dans un communiqué sur le réseau social chinois Weibo l'agence de voyage chinoise Ctrip. "Neymar et son équipe travaillent actuellement sur un transfert et ils ne peuvent promettre d'être ici à Shanghai." Voilà une nouvelle qui devrait faire plaisir aux supporters parisiens. Le Brésilien doit cependant prendre part à une opération commerciale à Miami ce vendredi et au match face au Real demain.
28/07/2017
Garcia veut un autre attaquant
Après  la victoire 4-2 de l'OM face à Ostende lors du 3e tour préliminaire de la Ligue Europa, marquée notamment par un triplé de Valère Germain, Rudi Garcia a évoqué la suite du mercato marseillais, et confirmé sa volonté de prendre un autre avant-centre : "Germain ne peut pas tout jouer. Il a été bon dans son jeu dos au but, il nous a amené sa puissance athlétique, c’était bien, mais on ne peut pas compter que sur Valère pour toute la saison."
28/07/2017
Matuidi à la Juve pour 20 millions ?
Les discussions entre le PSG et la Juventus Turin pour Blaise Matuidi sont en bonne voie, selon la presse italienne. Mino Railo, l'agent du joueur, a même rencontré Massimiliano Allegri, l'entraîneur turinois, en marge du match amical entre les deux équipes (défaite du PSG 3-2).
Tuttosport confirme l'avancée des négociations, en affirmant que le club parisien aurait accepté la proposition de la Juventus pour le milieu de terrain. L'international français rejoindrai la Juve contre 20 M€.
28/07/2017
Bale n'ira pas à Manchester
Selon SkySportGareth Bale ne retournera pas en Angleterre. L'attaquant gallois, mis en danger par l'arrivée éventuelle de Kylian Mbappé au Real Madrid, devrait rester en Espagne.
28/07/2017
Conte sur deux joueurs anglais
L'entraîneur de Chelsea, Antonio Conte, a ciblé deux joueurs susceptibles de renforcer son milieu de terrain : Ross Barkley (Everton) et Alex Oxlade-Chamberlain (Arsenal). Selon The Sun, le coach italien serait prêt à mettre jusqu'à 55 M€ pour les joueurs anglais, mais doit faire face à la concurrence : Barkley est également ciblé par Tottenham, selon le Times.
28/07/2017
Guardiola motivé mais lucide
L'entraîneur de Manchester City, Pep Guardiola, a laissé entendre qu'il se plaisait à Manchester et qu'il souhaitait rester. Mais il est conscient que cette alternative ne s'offrira à lui que s'il remporte des titres : "Je vais essayer de rester aussi longtemps que possible, pour aider City à grandir. Je pense que le club doit travailler et écouter les directives du coach aux bons moments, mais doit aussi prendre ses propres décisions par moments. Personne ne sait ce qui se passera dans le futur. Pour tous les entraîneurs du monde, ce qui compte avant tout, ce sont les résultats."
28/07/2017
Les frères Dos Santos réunis en MLS
Le milieu international mexicain Jonathan Dos Santos a rejoint le Los Angeles Galaxy, comme l'a annoncé le club américain. En provenance de Villarreal, le joueur de 27 ans retrouve son frère, Givoanni, avec lequel il avait été formé à Barcelone, et qu'il avait côtoyé dans son ancien club.
28/07/2017
Rakitic contre Coutinho ?
Selon le Daily Mirror, le FC Barcelone serait prêt à tout pour recruter Philippe Coutinho. Même à inclure le milieu croate Ivan Rakitic dans la transaction. Liverpool assure ne pas être vendeur, mais le joueur serait lui intéressé par le projet catalan. Un transfert de plus de 100 M€ est évoqué.
28/07/2017
Guilbert signe à Caen (officiel)
Le contrat est signé. Frédéric Guilbert s'est engagé pour quatre saisons avec le SM Caen, pour lequel il évoluait déjà la saison passée sous forme de prêt. Passé par le club normand dans son parcours junior, il avait rejoint Cherbourg puis Bordeaux, qui l'avait prêté la saison dernière.
28/07/2017
Dupe prolonge avec Nantes
Au club depuis 2014 (45 matches), le gardien de but Maxime Dupé a prolongé son contrat avec le FC Nantes. Il est désormais lié avec le club français jusqu'en 2021.
28/07/2017
Brandao retrouve Anigo... en Grèce
L'ancien joueur de l'Olympique de Marseille Brandao  a signé en Grèce, du côte de levadiakos. Il y retrouve un homme qu'il connait bien, puisque l'entraîneur du club n'est autre que José Anigo. Les deux hommes se sont connus dans la cité phocéenne. 
28/07/2017
Belotti, c'est 100 millions
On aime les sommes avec huit zéro cette saison. L'entraîneur du Torino, Sinisa Mihajlovic, a précisé que quiconque souhaiter s'offrir les services du buteur italien Andrea Belotti devrait d'abord lever sa clause libératoire de 100 M€. Rien d'effrayant pour certains cadors européens, mais de quoi refroidir plusieurs clubs. Le joueur de 23 ans a inscrit 26 buts en Serie A cette saison.
28/07/2017
Piriz signe à Montpellier (officiel)
Le milieu de terrain uruguayen Facundo Piriz a signé un contrat d'un an avec le club français. Le joueur de 27 ans est prêté avec option d'achat par le Terek Grozny (Russie).
28/07/2017
La Roma prête à offrir 35 millions d'euros pour Mahrez
Econduite jusqu'à présent par Leicester au sujet de Riyad Mahrez, l'AS Roma n'aurait pas renoncé pour autant à recruter le milieu offensif. Ainsi, selon le Mirror, une dernière tentative, de l'ordre de 35 millions d'euros, devrait être émise par les dirigeants transalpins qui aimeraient bien trouver un successeur à Mohamed Salah.
28/07/2017
Arsenal revient à la charge pour Lemar
Après avoir vu ses offres de 40 et 45 millions d'euros être repoussées par Monaco, Arsenal aurait décidé, selon L'Equipe, de proposer maintenant 50 millions d'euros aux dirigeants du club de la Principauté pour attirer Thomas Lemar. Une somme qui pourrait une nouvelle fois s'avérer insuffisante mais qui commencerait toutefois à titiller les responsables monégasques, bien conscients de la fantastique plus-value réalisable pour un joueur acheté seulement 4 millions d'euros à Caen en 2015.
28/07/2017
Rivière de retour en Ligue 1 du côté de Metz ?
Parti à Newcastle en 2014, un club où il ne s'est finalement jamais véritablement imposé, Emmanuel Rivière pourrait tenter de relancer sa carrière en Ligue 1. En effet, l'ancien attaquant stéphanois serait en contacts avancés avec Metz. Mais le club lorrain doit cependant se méfier de la concurrence du club turc d'Osmanlispor qui souhaiterait également recruter Rivière.  
28/07/2017
Mbappé au Real Madrid : Ce sera au moins 200 millions d'euros
Selon L'Equipe, les dirigeants de l'AS Monaco seraient d'accord pour céder Kylian Mbappé au Real Madrid mais à une seule condition : que le transfert rapporte 180 millions d'euros net au club de la Principauté. Or, le fisc espagnol considère Monaco comme un paradis fiscal depuis un décret royal de 1991 et impose une taxe de 19% sur la plus-value réalisée par l'ASM. Autrement dit, le Real devra verser 180 millions d'euros à Monaco plus 34,5 millions au fisc ibère, le tout sans inclure de bonus. Une somme qui ferait fortement réfléchir la Maison Blanche. 
28/07/2017
Les infos à retenir de jeudi
Di Maria et Matuidi menacés par Neymar
Malgré un chiffre d'affaire annuel situé aux alentours des 500 millions d'euros, le Paris Saint-Germain va bel et bien devoir se résoudre à vendre un si ce n'est deux joueurs majeurs de son effectif pour enrôler le prodige brésilien Neymar (25 ans). Dans le cas contraire, le club de la capitale se verrait attirer les foudres de l'UEFA puisqu'il contournerait les règles du fair play-financier. D'après le Parisien, Blaise Matuidi qui plaît à la Juventus Turin et Angel Di Maria à l'Inter Milan seraient en pôle position pour quitter le club et ainsi, permettre le plus gros transfert de l'histoire.

Barcelone prêt à doubler le Real pour Mbappé ?
Selon Diego Torres, journaliste au très sérieux El Pais, Florentino Perez, le président du Real Madrid, craindrait de se faire doubler par Barcelone dans le dossier Kylian Mbappé. «Florentino Perez craint que le Barça ait trouvé un accord avec Mbappé et vende Neymar au PSG», a-t-il indiqué sur les réseaux sociaux. 

Eden Hazard pour remplacer Neymar ?
Un gros transfert en appelle un autre. Le FC Barcelone prospecte depuis plusieurs jours pour trouver l'éventuel remplaçant de Neymar, en cas de départ de ce dernier au Paris Saint-Germain. Si les noms de Dybala ou Coutinho ont été évoqué, c'est celui du Belge Eden Hazard qui arrive sur la table. Selon Radio Marca, l'ancien lillois intéresse grandement la direction du club catalan, qui s'informerait dessus. Chelsea n'est cependant pas vendeur.

Mais aussi :

-Mamadou Sakho  va vraiment devoir se trouver un nouveau point de chute. Écarté depuis plusieurs mois à Liverpool par Jurgen Klopp, Mamadou Sakho n'a, de nouveau, pas été convoqué par l’entraîneur allemand pour le stage de préparation en Allemagne. Selon le Mirror, les dirigeants des Reds voudraient uniquement le transférer de manière définitive et demanderaient pas moins de 35 millions d’euros 

-Alexis Sanchez participera à son premier entraînement de la saison avec Arsenal dimanche. Le Chilien, qui a obtenu quelques jours de vacances supplémentaires au vu de sa participation à la Coupe des confédérations, a récemment déclaré vouloir jouer la Ligue des champions cette saison, chose qu'Arsenal ne peut lui offrir.

-Paulo Dybala se dit heureux à la Juventus, mais pas certain d'y rester : "Je suis heureux à Turin, je m'y sens bien et je veux donner le maximum. Si je vais rester à 100% ? Je suis bien ici, mais s'il y a une offre, la Juventus la regardera, puis je le ferai à mon tour" a expliqué l'attaquant argentin après le match de la Juve contre le PSG (3-2).

-Nicolas Palois a officiellement quitté les Girondins pour s'engager avec le FC Nantes. Le défenseur central a signé un contrat de 3 ans et aurait coûté 2,5 millions aux Canaris.

-Nemanja Matic intéresse toujours Manchester United. Selon The Independant, les dirigeants mancuniens croient pouvoir persuader les champions de Premier League de vendre leur joueur autour de 45 millions d’euros.

-Philippe Coutinho, qui dispose d'un juteux contrat à Liverpool, serait prêt à baisser son salaire pour rejoindre le FC Barcelone. D'après le média brésilien Globoesporte, le Barça aurait proposé 70 millions d'euros + 10 millions d'euro de bonus pour recruter l'ami de Neymar.

-Zinédine Zidane s'est montré évasif sur l'avenir de son trio d'attaque Benzema-Bale-Ronaldo au Real Madrid. «J’espère que la BBC va rester mais jusqu’au 31 août, tout peut arriver», a glissé l'entraîneur français.

 

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À Cannes, l'atelier des Domergue

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LES VILLAS HISTORIQUES (6/6) - Chaque jour, Le Figaro présente un chef-d'œuvre d'architecture balnéaire ouvert à la visite. Aujourd'hui, rendez-vous sur les hauteurs de la Croisette.

De notre envoyé spécial à Cannes.

En ce début du XXe siècle, Cannes pétille d'azur et d'insouciance. L'époque est belle et, entre deux fêtes, la Riviera coule des jours enchantés. Jean-Gabriel Domergue, le portraitiste aux 3000 toiles (Joséphine Baker, Clemenceau, Nadine de Rothschild, etc.), reçoit aujourd'hui Liane de Pougy. La belle, mariée à 16 ans, prostituée sitôt après, puis courtisane aux mille conquêtes des deux genres, est désormais princesse… Elle se présente dans l'atelier du peintre parfaitement nue. Domergue hésite mais lui demande de s'habiller. Liane de Pougy s'exécute et revient avec un tour du cou de soie noire. Plus tard, elle entrera au couvent sous le nom de sœur Madeleine de la Repentance.

Cannes est alors le refuge de ces personnalités taillées pour bousculer le destin. On y croise Picasso, les Fitzgerald, des princes déchus, des aristocrates prêts à se ruiner pour un baiser, D'Annunzio ou la Belle Otero dont le sein aurait inspiré la coupole de l'hôtel Carlton… Ainsi que le couple Domergue, Jean-Gabriel et Odette, née Maugendre-Villers. Il peint, elle sculpte. Leur passion, plus de quarante ans de vie commune après leur mariage en 1918, se double d'une fusion artistique sans pareille, un même élan créatif sous les claires lumières cannoises.

La maison construite avec les pierres du voisinage abrite six pièces sur trois niveaux. Vue sur la baie, bleus tendus jusqu'à l'horizon. Grandiose

En 1926, le couple tombe sous le charme d'un domaine de 1,5 hectare dans le quartier de la Californie, une colline qui domine Cannes. Ici, le regard vagabonde entre les saillies de l'Esterel et les infinis de la Méditerranée. Calme absolu, chant des cigales, magie des palmiers et des pins parasol. Leur projet: bâtir une maison noyée dans ses jardins, comme ceux de la Villa d'Este à Tivoli dessinés par Fragonard. Quant à la villa, elle ressemblera à celle aperçue au cours d'un voyage en Toscane. Deux architectes, Émile Molinié et Charles Nicot, sont priés de plancher, le rêve sort de terre.

En 1932, le couple s'installe à l'abri de la villa baptisée Fiesole, hommage aux délicatesses architecturales de cette bourgade proche de Florence. Trente années durant, jusqu'à la mort de Domergue le 16 novembre 1962, ils passent ici trois mois d'hiver et autant l'été, en alternance avec Paris et les villes où le peintre doit organiser des fêtes, un art dans lequel il excelle. Peintre des décors de théâtre, c'est alors la Venise des princes et des bals masqués qui l'inspire. La maison construite avec les pierres du voisinage abrite six pièces sur trois niveaux. Vue sur la baie, bleus tendus jusqu'à l'horizon. Grandiose.

Jean-Gabriel Domergue et son épouse, Odette Maugendre-Villers (à droite).
Jean-Gabriel Domergue et son épouse, Odette Maugendre-Villers (à droite). - Crédits photo : Mairie de Cannes

Les deux ateliers sont installés en rez-de-chaussée, après l'entrée. Celui de Domergue, à droite, est resté en l'état. Y sont accrochées de grandes toiles lumineuses, Joséphine Baker en liane rieuse (1934), trois jeunes baigneuses sur la plage, éprouvant leur beauté nue face au miroir (1931), un décor peint sur bois pour le théâtre de Cannes… Le tout est éclairé par un lustre en verre de Murano dessiné par Odette et semé de plusieurs de ses bustes, terre cuite, marbre, pierre tendre. Aux fenêtres, elle a installé de délicates arabesques de fer forgé. Bienvenue chez les Domergue.

Créateur de la «Parisienne»

Le couple vit sur un joli pied. Lui croule sous les commandes de portraits et d'affiches, il n'a pas son pareil pour embellir les femmes qui posent devant son chevalet. La villa se prête aux soirées mondaines. On installe les invités dans le salon du premier niveau, servi par un large escalier de marbre, ainsi que sur la terrasse attenante. Les bouchons sautent, les robes sont légères, les compliments brillent avec les étoiles, on ajuste son monocle pour admirer la collection du couple, Manet, Renoir, Canaletto, Goya… La nuit est si douce à la Fiesole.

Ces toiles lui valent le titre de « peintre mondain », d'artiste de salon, fortuné, mais sans le génie d'un Picasso dont les fulgurances et les visages cabossés inventent la révolution

Domergue est célèbre pour peindre comme nul autre la «Parisienne», on dirait aujourd'hui la «femme idéale», la «it-girl», peut-être. Il l'avoue: «J'ai créé la pin-up». Comprendre la créature longiligne, cou très fin, toilette soignée ou nudité assumée, univers sensuel et coloré, boa et chapeau fantaisie ici, audacieux décolletés et lévriers là-bas. Ces toiles lui valent le titre de «peintre mondain», d'artiste de salon, fortuné, mais sans le génie d'un Picasso dont les fulgurances et les visages cabossés inventent la révolution. Du reste, les deux hommes ne s'appréciaient guère. Il se dit qu'un jour, ils se croisèrent dans une rue de Cannes. Une superbe jeune femme est au bras de Picasso qui lance: «Pas de chance pour toi, je t'ai pris ton modèle». Et Domergue de répondre: «Sois rassuré, je ne risque pas de te piquer les tiens».

L'atelier du peintre Domergue se situe au rez-de-chaussée de sa villa.
L'atelier du peintre Domergue se situe au rez-de-chaussée de sa villa. - Crédits photo : Ville de Cannes

Outre l'atelier du peintre, la visite de la villa suggère de suivre les allées du jardin qui l'entourent, une merveille. En prenant possession de son domaine, le couple a planté 111 cyprès qui servent aujourd'hui de guide à une découverte ponctuée de 38 sculptures de Madame. Une exposition de plein air qui permet d'applaudir la finesse de ses œuvres: plusieurs visages au regard perçant, un faune, des bronzes représentant Domergue, des amours rieurs, des lions, une splendide Femme à la colombe, des bustes… Autant la maison semble un rien figée dans sa perfection italienne désormais silencieuse, autant ce jardin touffu qui fait naître des vies de pierre au milieu des magnolias, pins, bananiers, palmiers, eucalyptus, est euphorisant. Sa beauté nature est soulignée par des cascades en escaliers, des fontaines, des chemins de senteurs et autant de recoins où faire la pause. Magique.

Enfin, pousser jusqu'à l'œuvre majeure des lieux, le tombeau de style étrusque où repose le couple depuis le 24 novembre 2000. Odette a rejoint son mari en 1973 après avoir sculpté cette incroyable sépulture. N'ayant pas d'héritier, elle a légué la propriété à la ville de Cannes. C'est du reste ici que, jusqu'en 2015, s'est réuni le jury du Festival de cinéma pour délibérer avant d'annoncer le palmarès.

Classée à l'inventaire des monuments historiques en 1990, la villa a accueilli ses anciens propriétaires désormais inhumés à l'abri du monument qu'ils avaient imaginé. Entourés par deux cariatides et six colonnes de (faux) marbre rose, ils figurent assis sur leur tombeau, comme s'ils participaient à un banquet, lui tout sourire et barbe frisée, elle visage serein et main sur le sein. Œil pétillant, pose amoureuse, on dirait bien qu'ils se réjouissent de leur éternité.

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Le 2 août, le jour où une seule Terre ne suffit plus à l'humanité

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INFOGRAPHIE - L'humanité vit à crédit. Ce mercredi, elle aura épuisé les ressources naturelles produites en une année par la Terre.

Ce mercredi 2 août 2017, une seule planète ne suffit plus à subvenir aux consommations de la population mondiale. C'est le jour dit du «dépassement de la Terre». Celui où toutes les ressources naturelles renouvelables en une année ont été épuisées, qu'il s'agisse de la production des terres agricoles, des forêts et des ressources halieutiques. Il faut 1,7 Terre pour subvenir aux besoins de l'humanité, car les ressources naturelles sont consommées trop vite.

De plus, cette date est calculée en fonction de ce que les forêts et les océans peuvent absorber de gaz à effet de serre produits depuis le début de l'année par les activités humaines. «Après le jour du dépassement de la Terre, ils n'ont plus la capacité d'absorber le CO2 émis par l'humanité. De ce fait, l'acidification des océans augmente. De plus, les terres agricoles et les forêts se dégradent plus rapidement», précise Pierre Cannet, responsable du programme climat, énergie et villes durables au WWF France. Les gaz qui ne peuvent pas être absorbés augmentent la concentration de CO2 dans l'atmosphère et aggravent le réchauffement climatique.

Ce déficit écologique mondial provoque «déforestation, érosion des sols, appauvrissement de la biodiversité et accumulation du CO2 dans l'atmosphère», confirme le Global Footprint Network, le réseau international de recherche qui calcule tous les ans, depuis 1986, le jour où l'humanité commence à vivre à crédit. La date est de plus en précoce chaque année, sauf pendant les crises économiques mondiales, où les émissions mondiales de gaz à effet de serre reculent.

Même si, depuis trois ans, les émissions de CO2 diminuent au plan international, du fait du développement des énergies renouvelables et, surtout, d'une baisse des émissions liées aux centrales au charbon en Chine et aux États-Unis, le jour du dépassement évolue plus lentement, mais toujours dans le mauvais sens. Ce moment a même été calculé pour chaque pays, selon ses modes de consommation. Au Luxembourg, ce jour du dépassement est atteint dès le 17 février, aux États-Unis le 13 mars, en France le 3 mai et en Chine le 23 juin.

Mais la tendance peut être inversée. Afin de marquer les esprits et si possible faire évoluer les comportements, le Global Footprint Network a mis en ligne un questionnaire (en anglais) pour que chacun estime, au moyen d'un nouveau calculateur, sa propre empreinte écologique, selon ses déplacements, son mode de vie et sa consommation alimentaire.

60%

de l'empreinte écologique est liée aux émissions de dioxyde de carbone

Des solutions globales sont également préconisées. Le plus puissant levier est de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, qui contribuent à 60 % à l'empreinte écologique mondiale. Développer les énergies renouvelables en 2030 dans la consommation mondiale, comme le préconisent les Nations unies, permettrait de gagner près de 3 mois (89 jours) sur le jour du dépassement de la Terre. Une division par deux des déchets alimentaires dans le monde pourrait faire avancer la date de 11 jours. Emprunter des moyens de transport propres et collectifs au détriment de la voiture pourrait également aider à gagner 10 jours.

Enfin, favoriser l'égalité des sexes contribuerait à une hausse plus modérée de la population mondiale à 8,7 milliards d'habitants en 2050, au lieu des 9,7 milliards attendus par l'ONU. «Renforcer le pouvoir des femmes est essentiel pour le développement durable», notent les experts. L'égalité des sexes aurait un effet bénéfique de 30 jours!

Outre une prise de conscience individuelle, l'exercice du Global Footprint Network vise aussi à inciter au développement de politiques publiques en faveur du climat et de la transition écologique. En France, «il existe des impulsions fortes à long terme. Mais cela risque de coincer sur les actions à court terme. Quels moyens seront mobilisés en période de disette budgétaire? Qu'en sera-t-il des subventions pour la conversion des exploitations agricoles au bio?», s'interrogent des experts du WWF en France.

 

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Nolita se fait un nom dans le cinéma

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Thierry Ardisson a investi dans cette société qui a produit cinq films en 2016.

Fondée en 2012 par Maxime Delauney et Romain Rousseau en association avec Thierry Ardisson (Ardimage), Nolita Cinéma prend de la hauteur dans le classement 2017 du Centre national du cinéma (CNC). Après Gaumont (six films), la jeune société de production arrive en deuxième position en termes d'activité de production sur l'année 2016 avec cinq films produits ou coproduits.

La montée en puissance a été rapide pour cette société montée par un ancien agent d'artistes et par ailleurs programmateur du Festival du film francophone d'Angoulême, Maxime Delauney, et le producteur Romain Rousseau. Le succès est en effet vite venu avec un film court, La Femme de Rio, réalisé par Emma Luchini et Nicolas Rey, qui a décroché le César du meilleur film de court-métrage en 2015, juste après la sortie en salle des Souvenirs, film de Jean-Paul Rouve, un des cofondateurs des Robins des Bois, qui atteindra au total 1,4 million d'entrées dont plus d'un million en France.

Fin 2015, un autre succès commercial (250.000 entrées) mais surtout critique, le premier film du rappeur Orelsan, Comment c'est loin, renforce encore la crédibilité de Nolita. Après une année 2016 de lancements de projets et de tournages, 2017 est donc particulièrement riche en sorties.

Premier film de Michèle Laroque

L'année a bien commencé avec un joli succès au box-office. Sorti en janvier, Il a déjà tes yeux de et avec Lucien Jean-Baptiste, est à ce jour la meilleure performance de Nolita, totalisant plus de 1,4 million d'entrées. Cet été, la société a aussi sorti Embrasse-moi, une comédie romantique lesbienne d'Océanerosemarie et Cyprien Vial. Et les prochains mois s'annoncent actifs avec la sortie en novembre de Tout nous sépare, de Thierry Klifa avec Catherine Deneuve, Diane Kruger et Nefkeu, puis, en janvier 2018, celle de Mon brillantissime divorce, premier film de Michèle Laroque en tant que réalisatrice.

«C'est un métier de confiance et on essaie d'imprimer petit à petit notre patte, avec l'ambition d'aborder de manière simple des sujets de société à forte dimension humaine», indique Romain Rousseau. Nolita veut être identifiée comme la société de production qui fait des «films pas chers» (autour de 4,4 millions de budget moyen) à «forte vocation populaire».

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Charlottesville : lâché par des grands patrons, Trump dissout deux de ses conseils économiques

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L’élection de l’homme d’affaires à la Maison Blanche avait suscité l’enthousiasme des PDG américains. Beaucoup déchantent aujourd’hui.

Mieux vaut parfois se saborder plutôt que de subir son propre naufrage. C’est visiblement le choix fait par Donald Trump, qui a annoncé, mercredi 16 août, dans un tweet la dissolution de deux des comités l’entourant pour le conseiller en matière économique après la vague de démissions de PDG qui en faisaient partie.

« Plutôt que de mettre sous pression les responsables d’entreprises du Conseil sur l’industrie et du Forum de stratégie et de politique, je mets fin aux deux. Merci à tous ! », a-t-il tweeté.

Le refus par le président américain de condamner sans équivoque les manifestants d’extrême droite qui s’étaient rassemblés, samedi, à Charlottesville (Virginie) a conduit, depuis lundi, à une série de démissions au sein du Conseil sur l’industrie – mis en place en janvier pour relancer la production aux Etats-Unis, il regroupe vingt-huit dirigeants d’entreprises et syndicalistes. Mercredi matin, à l’issue d’une conférence téléphonique organisée en urgence, la majorité des membres de ce conseil était prête à tirer sa révérence. Donald Trump a préféré prendre les devants.

Ce dernier sait qu’il n’a jamais pu compter sur le soutien d’Hollywood et il s’en vante. Mais il perd également, progressivement, celui des grands patrons. Or, assure dans un éditorial The Wall Street Journal, « un président Républicain qui perd le soutien du monde du business a un gros problème ».

Lire aussi :   Attaque de Charlottesville : la transgression sans précédent de Donald Trump

Les incidents de Charlottesville, au cours desquels une personne a été tuée, ont tout déclenché. Le premier dirigeant d’entreprise à réagir fut Kenneth Frazier, patron du groupe pharmaceutique Merck. « En tant que président de Merck et en conscience, j’estime de mon devoir de m’opposer à l’intolérance et à l’extrémisme », avait déclaré cet Afro-Américain natif de Philadelphie (Pennsylvanie) dès lundi. Donald Trump avait riposté, toujours sur Twitter : « Maintenant que Ken Frazier de Merck a démissionné du conseil industriel du président, il aura plus de temps pour abaisser les prix d’arnaqueurs de médicaments ».

Défections en série

Signe des temps, le courroux présidentiel n’a cette fois pas eu l’effet qu’on avait pu observer dans la foulée de son élection en novembre 2016, lorsqu’il avait fait chuter le cours de Bourse de Lockheed Martin après avoir dénoncé le coût exorbitant de l’avion chasseur F16 ou quand il avait fait tanguer celui du constructeur automobile General Motors accusé de commercialiser des voitures fabriquées au Mexique.

Après l’attaque de Donald Trump, l’action Merck a fini en hausse de 1 %. Chacun l’observe, il est aujourd’hui moins risqué de croiser le fer avec le président américain, la capacité de nuisances de ses tweets s’émoussant.

M. Frazier a été suivi par les dirigeants d’Intel (électronique) et d’Under Armour (habillement), par l’association patronale Alliance for American Manufacturing et les deux représentants de la centrale syndicale AFL-CIO : « Je ne peux pas siéger pour un président qui tolère le fanatisme et le terrorisme intérieur », a déclaré son leader Richard Trumka.

Chaque crise a donné lieu à des défections au sein des divers forums qui conseillent Donald Trump. Le premier à démissionner fut le patron d’Uber, suite aux décrets contre les migrants en provenance de pays arabo-musulmans en février. Il a été suivi par ceux de Tesla et de Disney, après que le président a dénoncé, en juin, l’accord de Paris sur le climat.

M. Trump a qualifié, mardi 15 août, les démissionnaires de « frimeurs » qui « ne prenaient pas leur job au sérieux ». Les dirigeants d’entreprises, qui n’ont pas bonne presse aux Etats-Unis, sont face à un dilemme. Moralement, il leur est de plus en plus délicat de se tenir aux côtés du président. En conscience personnelle mais aussi à cause de la pression de leurs salariés, de leurs syndicats ou de leurs clients. C’est ainsi que le patron de Wal-Mart, sans démissionner, a écrit à son 1,5 million d’employés, accusant Donald Trump d’avoir « perdu une chance décisive d’unir notre pays en rejetant sans équivoque les actes épouvantables des suprémacistes blancs ».

« Fardeau »

Le président nuit désormais à l’image de marque des entreprises ; être lié à lui devient un handicap. Le conseil économique « devait être sa suite : une cour de patrons. Au lieu de cela, Trump se retrouve avec des patrons qui ne veulent pas être [avec lui] sur la photo. Ce qui aurait dû être un honneur est devenu un fardeau », analyse pour le New York Times Douglas Brinkley, professeur d’histoire à Rice University (Houston, Texas).

Toutefois, il est difficile de se tenir à distance d’un président qui a encore trois ans et demi de mandat à accomplir. La constitution du groupe n’avait d’ailleurs pas été trop délicate à réaliser au début de l’année. Donald Trump avait été élu sur un agenda favorable aux entreprises : réduction de la régulation, programme de grands travaux et réforme fiscale. Mais ces projets patinent.

Au fil des mois, il apparaît que ce genre de conseils n’est pas d’une grande utilité. Les réunions se sont d’ailleurs espacées. Lawrence Summers, ancien secrétaire au trésor de Bill Clinton a appelé les grands patrons à s’en retirer : « Je ne pense pas que ces forums servent à donner des conseils détaillés ou des conseils critiques », a-t-il déclaré au New York Times.

Une grande partie du « business » n’est toutefois pas arrivée à ces conclusions. Les comités de direction soupèsent le pour et le contre, sollicitent parfois l’avis de leur conseil d’administration, aidés de conseillers externes.

Car il semble que le président, sur certains dossiers précis, écoute les chefs d’entreprise. C’est le cas du patron du fond d’investissement Gladstone, qui serait parvenu à atténuer – jusqu’à présent – les tensions commerciales avec la Chine. Désormais, ces interventions se feront en coulisses, sans le théâtre inhérent aux grands-messes de la Maison-Blanche.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/charlottesville/article/2017/08/16/apres-ses-propos-sur-charlottesville-plusieurs-grands-patrons-americains-lachent-donald-trump_5172992_5172840.html#OmdxscgWSBPuIROY.99

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Espagne, Italie : la fronde des habitants face à l'afflux de touristes

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FOCUS - Une manifestation a lieu ce jeudi à San Sebastiàn au Pays basque espagnol, pour protester contre les excès de l'activité touristique. D'autres pays européens victimes de la surfréquentation commencent à réagir.

La saison est bien aux orages. Alors que l'été décline doucement, une marche anti-tourisme est prévue ce jeudi 17 août à San Sebastiàn en Espagne, à l'occasion d'une grande fête culturelle basque. L'objectif: faire prendre conscience des dangers d'un tourisme de masse qui dérègle l'économie locale et dénature souvent les lieux et les identités. La région est en effet de plus en plus visitée, comme le reste du pays, et les habitants ressentent amèrement les conséquences du tourisme sur leur vie.

L'économie espagnole à l'épreuve du tourisme

Le pays a enregistré un nombre record de 75,6 millions de touristes l'année dernière, et en 2017, le chiffre devrait dépasser 80 millions. Le secteur touristique emploie maintenant 13% de la population en Espagne, et 20% en Catalogne. Reste que le tourisme, autrefois vu comme une opportunité pour sortir du marasme économique, est maintenant largement perçu comme une menace. À Barcelone, le nombre de visiteurs a explosé, passant de 1,7 million en 1990 à 9 millions l'année dernière. Conséquence directe de cette fréquentation, il suffit de louer son appartement 12 nuits par mois à des touristes pour obtenir une rentabilité supérieure à une location classique: les propriétaires ne se privent pas et l'offre tend à se raréfier pour les autochtones.

Dans la cité comtale, les mouvements d'extrême gauche récupèrent cette exaspération et font monter la tension avec des slogans paradoxaux tels que «tourists go home, refugees welcome» («touristes, retournez chez vous, les réfugiés sont bienvenus»). Symbole des divisions, les activistes s'attaquent principalement aux Espagnols qui profitent économiquement de l'activité touristique. En juillet, quatre militants du mouvement Arran, lié à un parti indépendantiste, ont arrêté un bus de touristes en pleine visite pour en crever les pneus et le taguer. Le groupuscule Endavant, collectif «socialiste de libération nationale», a aussi récemment publié une vidéo tournée de nuit, dans laquelle ses militants taguent les murs de la ville puis crèvent des pneus de vélos à louer et dégradent des devantures de magasins dédiés au tourisme:

 

Outre les perturbations sur l'économie, les comportements des touristes laissent également à désirer, entre incivilités, sentiment de toute-puissance face aux autochtones et pratiques dangereuses au nom de la fête. Sur toute la Costa Brava et dans les Baléares, les hospitalisations se sont multipliées ces dernières années après des «balconings», ces sauts que tentent les touristes depuis les balcons des hôtels, directement vers les piscines.

Pour tenter de calmer les esprits, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy y est allé de son commentaire: «Ce qu'on ne peut pas faire à monsieur le touriste, qui heureusement vient ici, génère d'énormes revenus et permet à de nombreux Espagnols de travailler, c'est le recevoir à coups de pied. Cela me semble une aberration», a-t-il déclaré, lundi 7 août, lors d'une visite à Majorque où il s'est entretenu avec le roi Felipe VI.

L'Italie et la Croatie touchées par le ras-le-bol

Autour de la Méditerranée, d'autres villes accusent le coup. En Italie, plus de 2000 Vénitiens ont manifesté le mois dernier contre les dégâts causés par les 27 millions de touristes annuels arpentant la Cité des Doges. La population du centre historique de Venise est passée de 175.000 dans les années 1950 à 55.000 aujourd'hui. Les loyers ont considérablement augmenté dans une ville qui propose de nombreux appartements aux touristes: environ un tiers des logements ont été reconvertis en «bed and breakfast». Des manifestations ont également eu lieu à Rome récemment.

» Lire aussi - Ces perles de la Méditerranée asphyxiées par le tourisme de masse

En Croatie, les pouvoirs publics sont passés à l'action pour juguler un tourisme qui a explosé en quelques années. En janvier, la municipalité de Dubrovnik - mise à l'honneur, entre autres, par la série Game of Thrones - a annoncé qu'elle limiterait à 8000 le nombre de touristes dans le centre historique, comme le souhaitait l'Unesco. Un chiffre encore ramené à 4000 par le maire élu en juin. À peine plus d'un millier d'habitants peuple le centre historique, composé de ruelles fréquemment bondées. Sur l'île de Hvar, la mairie dressera désormais des amendes pour les personnes en état d'ébriété sur la voie publique, afin de calmer les esprits souvent échauffés des touristes.

En France, la plupart des sites sont préparés et déjà habitués à un flux touristique importaant. Cependant, certaines villes connaissent un nouveau souffle, comme Bordeaux qui enregistre déjà 6 millions de visiteurs depuis le début de l'année. Sur place, certains habitants ne cachent pas leur crainte devant les déferlements de touristes et la capacité de la ville à y faire face dans les années qui viennent. Pour l'instant, les seules mesures prises dans l'Hexagone pour réguler les nouvelles formes d'hébergement visent les particuliers: les amendes pour location irrégulière de logements sur Airbnb ont d'ailleurs explosé à Paris.

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Le faux calme économique des États-Unis. Avant l’explosion du système !

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Marc Rousset, économiste ♦

Selon les médias et la bien-pensance, tout va très bien aux États-Unis !

Le chômage est au plus bas, le Dow Jones qui était à 2.400 en 1990 a dépassé les 20.000, et si le dollar baisse, c’est la faute au bouc émissaire Trump… Certains voient au contraire une bulle financière sur le point d’éclater et estiment que Trump est le dernier sursaut de bon sens blanc face au libre-échange mondialiste catastrophique et suicidaire pour les pays occidentaux, face à l’immigration multiethnique et hispanique qui menace de submerger et faire éclater les États-Unis, comme l’a prédit, à juste titre, Huntington.

Les signes évidents de la catastrophe économique à venir sont là : l’endettement public des USA est de 20.000 milliards de dollars, soit 100 % du PIB, et l’endettement privé (ménages, entreprises, banques) est trois fois plus élevé, de l’ordre de 60.000 milliards de dollars. Entre 1959 et 1983, il fallait un dollar de dette privée pour créer un dollar d’activité économique ; il en faut donc trois fois plus aujourd’hui.

La vérité pas bonne à dire, c’est que l’Amérique s’épuise, est en déclin malgré les derniers feux de la rampe de la révolution numérique californienne, des GAFA, des Google, des Apple, des Facebook, des Amazon. Le seul pays qui monte industriellement et économiquement, c’est la Chine, déjà première puissance économique au monde si l’on prend comme taux de change la parité des pouvoirs d’achat. La Russie, que la pensée unique présente comme malade, est au contraire, grâce à Poutine, en plein redressement politique, économique, militaire, sociétal, démographique nonobstant la baisse du prix du pétrole et du gaz. Son PIB avec les parités de pouvoir d’achat est même supérieur à celui de la France !

Si l’on ajoute à la dette publique et privée américaine les crédits étudiants ainsi que les aides sociales, la situation des États-Unis est encore plus dramatique, tout à fait comparable à celle de la France !

En 2016, les États-Unis ont importé 500 milliards de plus qu’ils n’ont exporté, et ce déficit atteint même 750 milliards de dollars pour le seul commerce des biens. Quant au bilan de la Fed, il est passé de 800 milliards de dollars en 2007 à 4.500 milliards aujourd’hui.

La liste est interminable, sauf pour ceux qui ne veulent pas voir la vérité en face. Un dernier chiffre, par exemple, vient de tomber : l’encours global des crédits à la consommation aux États-Unis s’est établi, en juin 2017, à 3.860 milliards de dollars, un niveau jamais observé. La dette « revolving » (renouvelable), qui repose sur les cartes de crédit, a atteint aussi un niveau record de 1.027 milliards de dollars et les taux variables de cette dette peuvent évoluer à tout moment.

Il faut toujours garder à l’esprit que la consommation intérieure représente 70 % du PIB de l’Amérique. Le banquier Macron connaîtra un krach économique mondial et n’est pas sûr de terminer son mandat. Quant aux Français, ils doivent vendre leurs obligations, leurs actions et acheter de l’or avant que le système économique et financier n’explose !

 

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Quatre conglomérats chinois sommés de rentrer dans le rang

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Anbang, Fosun, HNA, Wanda… Ces grands groupes se sont lancés dans de frénétiques acquisitions à l'étranger. Mais le gouvernement craint que cette expansion ne repose sur des bases trop fragiles.

Pékin

En janvier, lors du Forum économique mondial, à Davos, Xi Jinping vantait les mérites de la mondialisation. À l'opposé de l'America first de Donald Trump, le président chinois, lui, encourageait les échanges commerciaux internationaux et vantait les vertus de la mondialisation. Un constructeur automobile chinois, Great Wall, lorgne même Fiat Chrysler: la rumeur courait depuis plusieurs jours et le groupe a confirmé officiellement son intérêt lundi pour l'entreprise italo-américaine.

Les groupes chinois font preuve d'appétit. L'an dernier, selon le cabinet de conseil en stratégie PWC, leurs acquisitions à l'étranger se sont élevées à 221 milliards de dollars, contre 35,4 milliards en 2010. Au premier semestre, elles ont dépassé les 100 milliards de dollars. Mais le gouvernement veille au grain pour éviter que la machine ne s'emballe.

Anbang, la compagnie d'assurances, a été créée en 2004 avec 60 millions de dollars de capital

Quatre conglomérats, Fosun, Wanda, Anbang et HNA, partis à la conquête de la planète ont été rappelés à l'ordre. Depuis la fin de l'année dernière, alors que Xi Jinping se préparait pour Davos, Pékin a décidé de ne plus leur laisser la bride sur le cou. Cet été, la commission de régulation bancaire a ouvert une enquête sur les modalités de financement de leur expansion hors de l'empire du Milieu.

Ces quatre conglomérats, allant du tourisme à l'assurance en passant par le transport aérien, l'immobilier ou la pharmacie, ont représenté à eux seuls en 2016 près d'un cinquième des investissements chinois à l'étranger. Selon Denis Depoux, associé du cabinet de conseil en stratégie Roland Berger à Shanghaï, la plupart de ces sociétés investissaient dans des projets plutôt cohérents. L'une d'entre elles a cependant surpris. Anbang, la compagnie d'assurances, a été créée en 2004 avec 60 millions de dollars de capital. En à peine plus de dix ans, elle s'est placée en sixième position au classement des acquisitions à l'étranger des entreprises chinoises. Après avoir acheté l'hôtel new-yorkais Waldorf Astoria pour 2 milliards de dollars en 2014, Anbang s'est lancé dans une offre démesurée afin de racheter la chaîne hôtelière Starwood pour 14 milliards de dollars. «En proposant un tel deal, Anbang s'est fait remarquer, constate Denis Depoux. Si ces quatre entreprises sont particulièrement visées, c'est aussi parce qu'elles sont très médiatisées. Le signal envoyé par le gouvernement aux autres sociétés est donc plus fort.»

La crainte de l'endettement

Pour se remettre dans le droit chemin, Wanda a décidé de céder des actifs - 76 hôtels et 13 attractions touristiques - au groupe immobilier chinois Sunac. Grâce à cette transaction de 9,3 milliards de dollars, le géant des loisirs et de l'immobilier épongerait une partie de sa dette. La crainte de Pékin est que l'endettement des quatre conglomérats, s'ils rencontraient des difficultés, ne mette en péril l'économie du pays. Une telle manœuvre aurait également pour conséquence de refroidir les ardeurs de potentiels investisseurs étrangers en Chine.

«À quelques semaines du congrès, le message est clair : c'est le parti qui contrôle l'économie, pas les marchés»

Joerg Wuttke, ancien président de la Chambre de commerce européenne à Pékin

Mais derrière l'aspect économique se cache aussi une démarche plus politique de la part du président Xi Jinping. Le 25 avril, le leader chinois annonçait aux membres du Parti communiste que «la sécurité financière fait partie intégrante de la sécurité nationale». Un intérêt de sécurité nationale certes, mais aussi de sécurité personnelle pour le président chinois. Cet automne doit se tenir à Pékin le 19e congrès du Parti communiste: ce rendez-vous quinquennal sert d'examen de mi-parcours pour le dirigeant en place. «À quelques semaines du congrès, le message est clair: c'est le parti qui contrôle l'économie, pas les marchés», analyse Joerg Wuttke, ancien président de la Chambre de commerce européenne à Pékin. Si l'économie du pays va bien, l'efficacité de Xi Jinping ne peut être remise en question.

En plus d'affirmer son autorité, le président chinois profite peut-être aussi de cette occasion pour faire le tri de ses potentiels adversaires politiques. En 2015, le dirigeant de Fosun a disparu pendant quelques semaines. Plus tard, les autorités ont affirmé l'avoir interrogé pour une affaire de corruption. En juin, c'était au tour de Wu Xiaohui, PDG d'Anbang, de disparaître pendant trois jours. Si son mariage avec la petite-fille du très respecté Deng Xiaoping lui a certainement ouvert des portes pour les affaires, cela pourrait en revanche être un obstacle pour son avenir. «Anbang est un conglomérat clairement lié à des tendances politiques différentes de celles de Xi Jinping», a expliqué au Financial Times Victor Shih, professeur à l'Université de Californie à San Diego. Comme souvent en Chine, il reste difficile de démêler le véritable souci économique de l'intérêt politique.


Fosun au Club Med

Juste après avoir pris le contrôle de la société française de gestion immobilière Paref, Fosun a acquis cet été la margarine St Hubert, avec son compatriote Sanuyan. Le conglomérat s'est fait un nom en France dès 2015, en rachetant le Club Med pour plus de 900 millions d'euros. Présent dans l'immobilier, la finance, la pharmacie, l'acier et le divertissement, Fosun, qui fête ses 25 ans, est coté à la Bourse de Hongkong depuis 2007. L'an dernier, il a réalisé 9,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires et dégagé un résultat net de 1,6 milliard. Son patron, Guo Guangchang, s'est lancé dans une série d'investissements à l'étranger en misant beaucoup sur l'Europe, mais aussi des pays émergents comme le Brésil et l'Inde. Fosun possède près de 10 % du voyagiste britannique Thomas Cook, 20 % du Cirque du Soleil, mais aussi 80 % du capital du premier assureur portugais qu'il s'est offert pour 1 milliard d'euros en 2014. L'an dernier, le conglomérat est aussi devenu le premier actionnaire de Banco Comercial Portugues (BCP), la plus grande banque cotée du Portugal, avec 17 % du capital pour commencer (30 % à terme). En juin, Fosun a fait une offre à 290 millions d'euros, pour mettre la main sur le joaillier Fabergé. Il ne compte pas en rester là. Il se dit prêt à investir dans la Compagnie des Alpes, notamment. Fin 2016, Fosun avait déjà consacré plus de 15 milliards de dollars à des acquisitions. Ébranlé par la démission en mars de son directeur général, Liang Xinjun, le groupe a dû démentir début juillet que son président, Guo Guangchang, qui avait mystérieusement disparu fin 2015 pour coopérer à une enquête, ait de nouveau été interpellé par les autorités.

Fondé par: Guo Guangchang en 1992

Activités: Santé, finance, loisirs

Chiffre d'affaires: 9,4 milliards d'euros

Investissements à l'étranger : Club Med, margarine St Hubert, Cirque du Soleil, Fosun Insurance Portugal


HNA, géant du voyage

Rien ne semblait pouvoir stopper l'ascension de HNA, fondé il y a vingt-cinq ans par Chen Feng. Ancien officiel de l'aviation civile, à Hainan, il a su profiter des avantages fiscaux de cette île tropicale du sud de la Chine. Sa compagnie aérienne Hainan Airlines s'est muée en géant touristique de 400.000 salariés grâce à une boulimie d'acquisitions à l'étranger estimée à plus de 40 milliards de dollars. Depuis 2015, HNA a fait tomber dans son escarcelle 25 % des Hôtels Hilton pour 6,5 milliards, les services aéroportuaires Swissport, ou de juteux terrain sur l'ancien aéroport de Hongkong. L'ambition de HNA? devenir un géant mondial du voyage, en surfant sur l'essor du tourisme chinois. HNA, qui détient 10 % de Pierre & Vacances, avait jusqu'ici échappé aux rappels à l'ordre de Pékin grâce à ses connexions dans la capitale. Mais il semble rattrapé par les intrigues politiques à la veille du 19e congrès du Parti communiste chinois. Un milliardaire en cavale à New York, Guo Wengui, a affirmé que le groupe avait bénéficié de la protection de Wang Qishan, membre permanent du Politburo et fidèle allié de Xi Jinping, enrichissant en retour sa famille. Une attaque en règle contre Wang Qishan, «l'inquisiteur rouge», en charge de la campagne anticorruption du président et potentiel prochain premier ministre. Ces allégations, lancées sur YouTube ont semé le trouble jusque dans le Parti. Alors que la bataille entre factions fait rage à Pékin, l'horizon du groupe de Hainan se brouille soudain.

Fondé par : Chen Feng en 2000

Activités: Transport aérien, hôtellerie, services aéroportuaires

Chiffre d'affaires : 25 milliards d'euros

Investissement à l'étranger : Carlson Hotels, Hilton (25 %), Pierre & Vacances (10 %)


Wanda à Hollywood

Studio à Hollywood (Legendary), réseau de salles de cinéma aux États-Unis (AMC), club de foot en Espagne (Atletico Madrid)… Ces dernières années, le conglomérat chinois Wanda a multiplié les acquisitions loin de ses terres et de son métier d'origine, l'immobilier. En trente ans, l'entreprise créée à Dalian, au bout de la péninsule de Liaodong, à l'est du pays, s'est diversifiée sur tous les continents en multipliant les rachats dans le marketing sportif, les parcs à thème, l'industrie du cinéma et de la télévision… Wang Jianlin, PDG de Wanda, que sa fortune (31 milliards de dollars) place en tête des personnes les plus riches d'Asie, comptait même mettre la main sur la société de production des célèbres Golden Globes pour 1 milliard de dollars. Il a été coupé dans son élan. Son objectif est de faire de Wanda le nouveau Disney… en mieux. Mais, en juillet, Pékin a rappelé le milliardaire à l'ordre et placé Wanda sous surveillance. Depuis, le conglomérat a engagé la cession de 76 hôtels et de participations dans la plupart de ses parcs à thème pour un montant de 8 milliards d'euros. L'acquéreur est un autre promoteur chinois. Début août, le groupe Wanda a aussi mené une réorganisation financière de ses activités: Wanda Hotel, l'une des filiales du groupe, cotée à Hongkong, a racheté pour 1 milliard de dollars les actifs de deux autres filiales: Wanda Travel, qui construit et gère des parcs d'attractions, et Wanda Hotel Management, qui construit et gère des hôtels.

Fondé par : Wang Jianlin en 1988

Activités: Immobilier, tourisme, cinéma

Chiffre d'affaires: 32,3 milliards d'euros

Investissements à l'étranger : Cinémas AMC Theaters, Legendary Pictures


Anbang à New York

L'ascension du géant chinois de l'assurance Anbang a été stoppée net cet été. Fondée en 2004 à Pékin, la compagnie d'assurances auto était devenue en dix ans l'un des conglomérats chinois les plus puissants (30 000 salariés, 253 milliards de dollars d'actifs). L'un de ceux capables de débourser près de 2 milliards de dollars pour s'emparer d'un lieu mythique comme le Waldorf-Astoria à New York et 6,5 milliards de dollars pour s'offrir la chaîne américaine Strategic Hotels & Resorts. Mais l'appétit du dirigeant d'Anbang, Wu Xiaohui, a fini par causer sa perte. En juin, il a été interpellé par les autorités chinoises et conduit à la démission. Anbang assure que cela n'a pas affecté ses opérations. Outre le rachat spectaculaire du palace new-yorkais, Anbang avait mis la main sur Vivat, la branche assurances d'un groupe néerlandais, et Fidea, une entreprise belge. Il avait aussi acquis les filiales coréennes du groupe Allianz. Plus récemment, Anbang a subi une série de revers: le rachat manqué de l'américain Fidelity and Guaranty Life (GFL), le retrait de son offre de 14 milliards de dollars sur le groupe hôtelier américain Starwood. Anbang avait aussi projeté de rénover la tour de Donald Trump sur la Ve avenue à New York détenue par Kushner Companies. Mais les négociations ont été interrompues. Depuis, selon l'agence Bloomberg, Pékin aurait ordonné à Anbang de céder les actifs étrangers et d'en rapatrier les montants.

Fondé par : Wu Xiaohui en 2004

Activités: Assurances, hôtellerie

Chiffre d'affaires: 51 milliards d'euros

Investissements à l'étranger : Hôtel Waldorf-Astoria, Strategic Hotels & Resorts

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Glass-Steagall Act

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Le Glass-Steagall Act est le nom sous lequel est généralement connu le Banking Act de 1933 aux États-Unis par lequel sont instaurés :

  1. l'incompatibilité entre les métiers de banque de dépôt et de banque d'investissement ;
  2. le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires ;
  3. le plafonnement des taux d'intérêt sur les dépôts bancaires (règlementation Q).

Il tient son nom d'un sénateur démocrate de Virginie, Carter Glass, ancien secrétaire au Trésor, et du représentant démocrate de l'Alabama, Henry B. Steagall, président de la commission Banque et Monnaie de la Chambre des représentants. Cette loi du Congrès est votée sous majorité démocrate, puis signée par le président Franklin D. Roosevelt.

Battu en brèche depuis le milieu des années 1970 et largement contourné par l'ensemble de la profession bancaire, il est finalement abrogé « sous l'administration Clinton, le  » par le Financial Services Modernization Act, dit Gramm-Leach-Bliley Act, juste à temps pour permettre la fusion constitutive de Citigroup.

Sommaire

Contexte historique

L'application tardive du principe de séparation des pouvoirs

Selon Nicolas J. Firzli du Forum Mondial des Fonds de Pension, « le concept de stricte séparation des pouvoirs plonge ses racines dans la culture politique anglo-saxonne de la fin du XVIIe siècle1 fondée sur une lecture toute calviniste des prescriptions édictées par L'Ancien Testament. C'est donc tout naturellement que les rédacteurs du corpus constitutionnel américain, les « framers » insistent sur la stricte adhésion au principe de la séparation des pouvoirs dans le champ politique. Mais, il faudra attendre près d'un siècle et demi après la révolution Américaine pour que ce grand principe commence à s'appliquer dans le champ économique »2.

La doctrine Germain

Fin XIXe siècle et début XXe siècle, des faillites bancaires retentissantes soulèvent déjà la question du risque de liquidité pour les établissements financiers. La « doctrine Germain » – du nom du banquier français Henri Germain, directeur à l'époque du Crédit lyonnais – est formulée une première fois en 1882, puis en 1904. Elle préconise clairement la séparation des activités de banque de dépôt de celles de banque d'affaires.

L'époque du relâchement

Aux États-Unis, pendant les années qui précèdent la Grande Crise de 1929, des empires industriels et financiers se constituent sous la férule des « barons voleurs » (robber barons (en)) . Ceux-ci promeuvent leurs stricts intérêts sans que le gouvernement fédéral (notamment les présidents Harding ou Coolidge) n'aient la force ni la volonté d'intervenir. Et le secrétaire d'État à l'économie et aux finances, Andrew Mellon, est un des leurs.

La Grande Crise de 1929

Aux États-Unis, la crise boursière d'octobre 1929 déclenche l'inquiétude chez les déposants : ceux-ci craignent que leur compte bancaire -domicilié dans une banque de dépôt- puisse avoir subi de lourdes pertes à la suite de l'effondrement du marché des actions. Cette crainte n'est pas chimérique : Beaucoup d'établissements se sont effectivement engagés dans des investissements à moyen ou long terme, et ont ainsi immobilisé leurs avoirs à longue échéance, dans des opérations devenues déficitaires en raison de la crise générale. Une spirale dangereuse s'amorce : ne pouvant faire face aux demandes de retrait des déposants, les banques se retrouvent en situation de non-liquidité. Situation d'autant plus contagieuse que l'industrie bancaire est très morcelée, donc fragile : Parce qu'ils craignent la banqueroute, les déposants vident leurs comptes "runs" , acculent les banques à la faillite et finissent par causer une réaction en chaîne proprement dévastatrice.

L'action du sénateur Carter Glass et du député Henry Steagall

Dans le cadre d'un débat politique très dur – à droite les républicains ultra-libéraux réclament la dérégulation et des baisses d'impôt, à gauche certains démocrates exigent des nationalisations et le recours massif à la relance par la dette publique –, les deux hommes vont réussir à faire adopter de nouvelles mesures.

Réescompte des créances commerciales

En février 1932, la Banque de réserve fédérale autorise les banques à lui présenter plus facilement en réescompte les créances commerciales (commercial paper) qu'elles peuvent détenir. Puis le contexte politique bascule assez vite.
En 1933, un jeune procureur, conseiller auprès de la Commission des Affaires monétaires et Finances du Sénat américain, Ferdinand Pecora, conduit devant ladite commission des auditions spectaculaires et très violentes révélant le rôle détestable de certains dirigeants de banques lors du krach de 1929. L'opinion publique devient favorable à la limitation du rôle des banques.

Suppression des conflits d'intérêt

Avant 1933, les sociétés de bourse -qui évaluent les grandes entreprises et émettent des titres financiers pour leur compte- se trouvent en fait être contrôlées par ces mêmes banques qui prêtent aux entreprises et/ou gèrent l'épargne des particuliers. Après 1933, la législation fait disparaître ce conflit d'intérêt en disposant que désormais « Les vendeurs ne sont plus les évaluateurs » et « Les prêteurs cessent d'être les conseilleurs ».

Séparation des métiers bancaires

La loi Glass-Steagall érige, en juin 1933, la distinction entre deux métiers bancaires :

  • la banque de dépôt ou banque commerciale (commercial banking en anglais), c'est-à-dire les activités de prêts et de dépôts,
  • la banque d'investissement (investment banking en anglais) ou banque d'affaires (à laquelle sont ajoutées les sociétés de bourse : les courtiers), c'est-à-dire les opérations sur titres et valeurs mobilières.

L'exercice simultané de ces métiers par une même entité est désormais déclaré incompatible : les banques existantes doivent choisir d'abandonner l'un des deux métiers.

La FDIC et le système fédéral d'assurance des dépôts bancaires

Continuant à favoriser la préservation d'un paysage bancaire morcelé, le Glass-Steagall Act a également créé en 1933 la Federal Deposit Insurance Corporation, ou FDIC, dont l'objet est l'institution d'un système d'assurance des dépôts bancaires au niveau fédéral.

Portée par la suite jusqu'à 100 000 dollars, la garantie accordée aux déposants, pour leur dépôt dans chaque banque, va encourager ceux-ci à placer leur argent dans nombre d'établissements de petite taille.

Elle ne pourra cependant pas empêcher la vague de faillites spectaculaires de nombreuses caisses d'épargne (Savings and loan association (en) ou S&L) en 1989, dont l'activité avait été « déréglementée » dans les années 1980-82 sous le gouvernement de Ronald Reagan.

Les conséquences structurelles

Le paysage bancaire américain va donc se polariser et cette législation va en fait faire émerger des banques d'investissement de très grande taille mais qui n'ont pas la surface financière que donnerait leur adossement à une grande banque de dépôts :

  • J.P. Morgan & Co. choisit la banque commerciale, mais des dirigeants mécontents de ce choix quittent l'établissement et fondent la banque d'investissement Morgan Stanley.
  • Lehman Brothers ferme ses activités bancaires, ne restant que maison de titres.
  • Chase et City abandonnent toutes deux les marchés financiers.

Les nouvelles règles contribuent à limiter de facto la taille des groupes bancaires américains. Malgré la dimension de l'économie américaine, les plus grandes banques de la planète seront sans efforts particuliers - et ce jusqu'à la fin du XXe siècle- japonaises ou européennes.

Insuffisances et critiques

Impact de la croissance des marchés financiers

Les marchés financiers connaissent un développement spectaculaire à la suite de :

Ces évolutions fragilisent le Glass-Steagall Act et le privent de pertinence :

  • Les banques commerciales, via certains artifices comptables et juridiques — surtout via la création de filiales à l'étranger, en particulier à Londres — participent pleinement à la croissance des marchés financiers ;
  • Les banques d'investissement se trouvent, elles, de plus en plus sous-capitalisées ;
  • Le tissu du système financier semble se fragiliser : il se délocalise et redonne vie à la City de Londres, dont il fait durablement la première place financière du monde.

La banque centrale américaine va tenter plusieurs fois d'assouplir le système à partir de 1986, mais ce n'est que devant le lobby réclamant la légalisation de la fusion géante entre City et Travellers que le Sénat américain se résoudra à abolir ce qui est présenté comme étant le « dernier vestige des années trente » .

Effets de la Réglementation Q

La Règlementation Q, mise en œuvre en 1930, plafonne le taux de rémunération des dépôts bancaires à terme. N'étant pas conçue pour un univers inflationniste, elle a causé des déséquilibres importants dans le système financier américain dans les années 1960 et 1970. On lui doit l'essor original du marché de l'Eurodollar et, là encore, une part de l'importance de Londres comme place financière. Elle est abolie en 1980 par le Depository Institutions Deregulation and Monetary Control Act.

Abrogation du Glass-Steagall Act (1999)

Au printemps 1996, au terme de son premier mandat et en vue d'alimenter son budget de campagne électorale, l'équipe du président Bill Clinton propose aux enchères de passer une nuit à la Maison Blanche ou prendre un café à la Maison Blanche avec le président des États-Unis.

Le 13 mai 1996, les principaux banquiers américains sont reçus quatre-vingt dix minutes à la Maison Blanche par le président Bill Clinton, le Secrétaire du Trésor (équivalent Ministre des Finances en France) Robert Rubin (ex directeur de Goldman Sachs), l'adjoint chargé des affaires monétaires John Hawke, le trésorier du Parti démocrate, Marvin Rosen, et le directeur de la régulation des banques Eugene Ludwig. D'après le porte parole de ce dernier, « les banquiers discutèrent de la législation à venir, y compris des idées qui permettraient de briser la barrière séparant les banques des autres institutions financières ». Pour Serge Halimi, directeur du mensuel Le Monde diplomatique, au regard de la responsabilité directe de l'abrogation de la séparation entre banque de dépôt et banque d'investissement dans le déclenchement de la crise des subprimes en 2007, ce café de travail « pourrait avoir coûté quelques milliers de milliards de dollars à l'économie mondiale, favorisé l'envol de la dette des États et provoqué la perte de dizaines de millions d'emplois »3.

Au total, 103 cafés de travail ont lieu à la Maison Blanche. Le porte parole du président fait valoir que ces cafés de travail devaient "permettre aux membres des agences de réglementation de mieux connaitre les questions de l'industrie en cause"4

Au cours de l’année 1996, le Secrétaire du Trésor (équivalent Ministre des Finances en France) dépose une série de demandes de modification législative visant à l'abrogation de la loi Glass Steagall.

L'abrogation définitive intervient en 1999, sous la présidence Clinton : le congrès est majoritairement républicain, mais de nombreux démocrates votent en faveur de l'abrogation. Elle permet aux banques d'utiliser les dépôts des clients pour investir sur les marchés. Elle permet la fusion de Citicorp et Travelers Group pour former Citigroup.

Pour Joseph Stiglitz, l'abrogation de cette loi a été une des causes de la fragilisation du système bancaire américain, et à changé la culture de prudence des banques de dépôt vers la culture du risque des banques d'affaires5.

Vers un retour au Glass-Steagall Act ?

La crise financière de 2007-2010 remet sur le devant de la scène la question de la pertinence d'une séparation des fonctions bancaires :

  • En Europe, un nombre grandissant d'experts appellent également à l'adoption d'une législation bancaire stricte inspirée du Glass-Steagall Act7. Cette approche régulationniste est préconisée notamment par la Commission Vickers au Royaume-Uni, ainsi que le World Pensions Council (WPC) et le CJD8 en Europe Continentale afin d'éviter les conflits d'intérêts potentiels et les risques de contagion systémique en cas de crise9.

Ce point de vue se développe à la faveur de la « crise du Libor » au cours de l'été 2012, les éditorialistes, du Financial Times au Royaume-Uni, appelant désormais à l'adoption rapide d'un Glass Steagall II pan-européen10

En juillet 2012, l'ex-patron de Citigroup, Sandy Weill, se prononce également en faveur d'une séparation entre les banques d'investissement et les banques de dépôts aux États-Unis. Cette déclaration est d'autant plus remarquée que Sandy Weill avait été, sous la présidence de Bill Clinton, un des éléments les plus actifs prônant l'abrogation des dernières barrières de la loi Glass-Steagall11.

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Les bulles, les nouvelles monnaies et les crises qui nous attendent…

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La bulle subprime était gonflée par une surabondance de monnaie, le « quantitative easing » décidé au lendemain du 11 septembre qui a vu l’avènement d’un nouveau type d’inflation : plutôt qu’une dépréciation immédiate de la monnaie, une poche d’actifs s’est fictivement appréciée sans raison intrinsèque. Jusqu’à son éclatement.

La réponse à la crise financière d’il y a dix ans a été de sauver le système en injectant massivement des liquidités. Cette manne fut distribuée sans contrepartie : ni « golden share » ni droit de regard sur la gouvernance des banques et compagnies d’assurance ainsi sauvées. Les normes comptables se sont volatilisées pour que la finance puisse, au moins sur le papier, tenter d’inspirer confiance. Puis, les établissements financiers ont résisté farouchement à toute tentative de régulation autre que cosmétique, refusant le retour à une séparation de type Glass-Steagall. Et ils ont réussi. Et, depuis, ils continuent de profiter des injections massives de liquidités, qui se poursuivent.

Les mêmes causes produiront-elles les mêmes effets ? C’est probable. Les bulles éclateront, elles sont faites pour ça. Les prix des actions ou de l’immobilier sont des arbres qui tentent de monter jusqu’au ciel, et les valorisations des immeubles et les capitalisations boursières des entreprises sont des baudruches qui se dégonfleront.

Consécutivement, les dettes qui les financent seront en partie en défaut, et les investisseurs qui les portent seront nus. Mais les finances publiques sont exsangues, et il serait douteux que, tel Zorro, les États puissent venir à la rescousse des investisseurs mis en danger par cet éclatement futur, en premier lieu les banques. Gaël Giraud, dans son chapitre 2 d’Illusion financière, a mis en évidence cette dépendance entre les établissements de crédit et leurs garants, les États, pris en otages par la finance. Il file la métaphore de deux nageurs attachés l’un à l’autre par un fil élastique et condamnés à se noyer tous les deux ensemble. In fine, c’est le contribuable qui boit la tasse derrière l’institut d’émission et le pouvoir régalien.

Des financiers gagneront, peut-être même ont-ils déjà gagné. Les banques investissent massivement dans les technologies liées à la création de monnaies cryptographiques, nouvelles et indépendantes de tout pouvoir régalien, comme le Bitcoin ou l’Ether. Elles sont peut-être le plan B de cette finance qui permettra de s’affranchir de l’intrusion du politique dans la monnaie et qui s’imposera comme le deus ex machina de la prochaine crise. Instrument des échanges, étalon des valeurs et réserve des valeurs : si un consensus d’ordinateurs reliés entre eux faisant tourner une série d’algorithmes publics permet à ces monnaies nouvelles d’assumer ces trois fonctions mieux que ne le font des États ou des banques centrales, pourquoi pas ? Des États se sont, dans le passé, montrés indignes de confiance, et la monnaie reste fondamentalement une créance.

Les trois questions pertinentes et dérangeantes à se poser seraient dès lors : quelle gouvernance doit présider à la maintenance des algorithmes qui gèrent chaque monnaie cryptographique, comment s’assurer qu’elle ne sert pas d’autres intérêts que la fluidité des échanges et la préservation de la partie liquide des patrimoines et, surtout, comment éviter que la criminalité (des personnes physiques ou morales ou d’un État lui-même) ne prospère encore plus du fait de l’absence de régulateurs investis d’un pouvoir régalien ? Je n’ai pas de réponse. J’ai pourtant l’intuition qu’elles sont cruciales pour que ces monnaies futures deviennent un bien commun. Ou de nouvelles crises suivront…

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La Bundesbank a rapatrié ses derniers lingots d'or de Paris

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374 tonnes du précieux métal ont quitté les entrepôts de la Banque de France à Paris. Cette opération sensible, menée en toute discrétion, s'est achevée avec près de trois ans d'avance.

L'opération s'est déroulée dans la plus grande discrétion. Et elle a duré quatre ans. Les derniers lingots d'or appartenant à la banque centrale allemande ont quitté les chambres fortes de la Banque de France à Paris. La Bundesbank a annoncé mercredi la fin de cette exceptionnelle opération de rapatriement. Elle se termine avec trois ans d'avance sur l'objectif.

Au total, 374 tonnes de métal jaune stockées en France ont regagné les réserves de l'institution de Francfort. Soit 11 % du total des réserves d'or de l'Allemagne.

C'est au cours de la guerre froide que la République fédérale d'Allemagne avait choisi de mettre à l'abri une partie de son or chez ses alliés occidentaux, pour parer à une éventuelle invasion soviétique. New York et Londres, places financières de premier ordre, avaient été privilégiées, pour, en cas de besoin, monétiser les précieux lingots de 12 kg.

Lors de la crise de la zone euro qui a ébranlé les pays d'Europe du Sud en 2012, certaines voix en Allemagne, eurosceptiques notamment, se sont élevées pour réclamer le rapatriement de ces réserves de métal jaune.

En 2013, seulement 31 % de ce stock, le plus important du monde après celui des États-Unis, était entreposé en Allemagne. Désormais, la moitié des réserves a regagné Francfort, l'objectif fixé par la Buba. L'abondance des réserves allemandes s'explique par la balance commerciale de l'Allemagne, en excédent permanent depuis les années 1970.

Restent 1236 tonnes entreposées à New York et 432 à Londres. Au total, le stock d'or de la banque centrale allemande représente 270.000 lingots et une valeur marchande de 120 milliards d'euros.

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Brésil : l'exploitation minière d'une réserve d'Amazonie suspendue par un tribunal

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La semaine dernière, un décret présidentiel avait abrogé le statut d'une gigantesque réserve naturelle d'Amazonie en annonçant qu'elle pourrait être exploitée par des entreprises minières privées. Devant le tollé suscité par ce texte, un tribunal a décidé, ce mercredi, de l'abroger.

Le président brésilien Michel Temer avait décidé la semaine dernière d'abroger le statut de réserve naturelle à une réserve amazionienne - de la taille du Danemark - afin qu'elle puisse être exploitée à l'avenir par des entreprises minières. Ce mercredi, un tribunal a suspendu ce décret présidentiel qui avait suscité un tollé.

» Lire aussi - GRAND ANGLE - Déforestation: anatomie d'un désastre annoncé

Le décret, publié au Journal Officiel, met fin à cette réserve créée en 1984, durant la dictature militaire, qui réservait l'exploitation minière aux compagnies publiques. Il stipule néanmoins que le changement de statut «ne remet pas en cause l'application de la loi concernant la protection de la flore et des territoires autochtones».

Les ONG vent debout

En avril, un document officiel du ministère des Mines et de l'Énergie expliquait que la dissolution de la réserve «permettrait d'exploiter le potentiel minier de la région» en l'ouvrant au privé. Plusieurs ONG, comme Fonds mondial pour la nature (WWF) ont manifesté leur préoccupation au sujet de cette zone située dans les Etats du Para et de l'Amapa, où vivent de nombreuses tribus indiennes. Selon Greenpeace, cette décision «entraînera plus de conflits dans la région et aussi une plus grande déforestation, ce qui met en péril non seulement l'avenir de l'économie dans le pays, mais aussi l'avenir du climat dans le monde».

 

Les autorités locales assurent que le changement de statut de la réserve avait été placé sous contrôle d'organismes de protection de l'environnement. Mais le gouvernement Temer a été régulièrement accusé par des ONG de brader la forêt amazonienne sous pression du puissant lobby de l'agro-business et des intérêts des compagnies minières.

En juin, lors d'une visite du président brésilien à Oslo, la Norvège, principal bailleur de fonds pour la protection de la forêt amazonienne, a prévenu que ses paiements au Brésil seraient divisés par deux en 2017 du fait de l'accélération de la déforestation.

 

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Natacha Polony: «Numérique à l'école, nos enfants comme pactole»

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CHRONIQUE - L'Éducation nationale pourrait entrer de plain-pied dans le «paradis radieux» de l'environnement numérique de Google, Apple et autres... Les deniers des contribuables français abonderaient alors les caisses des géants américains.

L'information avait fait peu de bruit. À peine quelques articles de journalistes alertés par les éditeurs français de numérique scolaire. En mai dernier, alors que la France se passionnait pour l'arrivée au pouvoir du Bonaparte des cadres supérieurs, le directeur du numérique pour l'Éducation nationale, Mathieu Jeandron, autorisait l'entrée sur le marché des géants américains, Google, Apple et consorts. «Et si on arrêtait avec le “vilain Google” ou le “méchant Apple” pour se concentrer sur des services numériques originaux», tweetait-il élégamment en réponse aux inquiétudes des entrepreneurs qui, depuis quelques années, développaient des outils appuyés sur des logiciels libres en respectant scrupuleusement les exigences de la Cnil en matière de protection des données privées. Selon lui, les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) auraient mis leurs conditions générales d'utilisation en conformité avec le droit français. Tout va bien, les élèves français peuvent entrer sereinement dans le paradis radieux de l'environnement numérique.

Soudain, pourtant, des esprits inquiets se réveillent. Si les professeurs qui utilisent les «Google apps for education» (le globish règne en maître à l'école), pour lesquels le géant californien promet de ne pas réutiliser les données ni définir le profil des usagers, se mettent à naviguer à la recherche d'une carte sur Google Maps, ils subiront alors ce que subit avec son consentement paresseux l'usager lambda: une collecte de données réutilisable pour toute opération susceptible de rapporter un peu. Or, les éditeurs français l'on bien compris, le principe du capitalisme californien étant d'écraser toute forme de concurrence, ils seront rapidement étouffés sous le poids gigantesque de ces nouveaux entrants… qui consacrent vingt emplois en France aux questions scolaires, quand les éditeurs français représentent deux cents salariés.

Les technologies numériques sont un outil formidable tant qu'elles restent un outil...

Il ne fallait sans doute pas espérer de l'Éducation nationale une politique de défense de la souveraineté qu'aucune administration ni aucun politique n'ont voulu mener depuis des décennies. Une fois de plus, on livrera le marché français et ses millions de futurs usagers. Et les deniers des contribuables français abonderont les caisses d'Apple et Google dans les divers paradis fiscaux de la planète.

Car le numérique coûte cher. On y engouffre des millions, au niveau de l'État, au niveau des régions comme au niveau des départements. Peu importe, répondent les commentateurs enthousiastes (et empressés de montrer leur patte blanche progressiste): rien n'est trop cher pour garantir la réussite de nos jeunes (applaudissements nourris du côté des parents). Oui, de Claude Allègre en son temps à François Hollande lançant en septembre 2014 son «grand plan numérique à l'école», la liste est longue de ceux qui ont promis de sauver l'institution scolaire par le miracle de la tablette.

Aussi, rappelons quelques chiffres. Ils émanent du dernier rapport Pisa sur la question. Une comparaison des performances des pays de l'OCDE en fonction de leurs usages numériques: 10 % des élèves de Shanghaï (1er du classement Pisa 2012) naviguent sur Internet à l'école (contre 42 % en moyenne dans l'OCDE), 4 % des élèves japonais (5e du classement Pisa 2012) travaillent en groupe sur des ordinateurs (contre 23 % dans l'OCDE), 2 % des élèves japonais font leurs devoirs sur un ordinateur de l'école (contre 21 % dans l'OCDE), 2 % des élèves coréens (4e du classement Pisa 2012) postent leur travail sur le site du collège (contre 12 % dans l'OCDE). Les pays qui obtiennent les meilleures performances sont également ceux où le temps passé chaque jour sur Internet à l'école est le plus faible et où les élèves utilisent le moins l'ordinateur à la maison pour le travail scolaire (alors que, paradoxalement, les pays asiatiques sont ceux où les élèves maîtrisent le mieux l'environnement numérique). On ne rappellera jamais assez que les premiers à ne pas s'y tromper sont les cadres supérieurs des géants de la Silicon Valley, qui inscrivent massivement leurs enfants dans des écoles d'où les écrans sont proscrits.

Les technologies numériques sont un outil formidable tant qu'elles restent un outil, si possible au service d'une pédagogie fondée sur l'effort (le «ludique» est un artifice qui rencontre assez rapidement ses limites, sauf quand les ambitions sont modestes), la mémorisation (Internet, pas plus que la possession d'une bibliothèque, ne dispense de s'approprier certains savoirs pour simplement avoir l'idée d'aller chercher les autres) et la progression logique (butiner au hasard des rencontres, sur Internet comme au cours de «projets pédagogiques», laisse des pans entiers du savoir inexplorés ou obscurs). Mais la sacralisation de ces technologies a ceci d'opportun qu'elle conduit des milliards dans la poche des géants du Net, et qu'elle prépare nos enfants non à penser le monde et maîtriser ces outils, mais à s'en faire les esclaves en devenant de simples consommateurs.

Le rôle de la puissance publique étant de mettre en œuvre ce bien commun défini collectivement par les citoyens, il serait profitable que nos décideurs lisent un peu plus attentivement les études qui démontrent qu'embrasser le nouveau totalitarisme des géants du Net est non seulement cher, mais surtout parfaitement contre-productif. Sauf pour qui se réjouirait de n'avoir à gouverner qu'une armée de gentils consommateurs serviles.

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Nicolas Sarkozy raconte qu'il s'ennuie et veut gagner plus d'argent

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Que devient Nicolas Sarkozy? Pour avoir des nouvelles de l'ancien président, il faut lire les journaux et guetter les déclarations des personnes qui l'ont récemment croisé. Depuis sa défaite au premier tour de la primaire de la droite, l'ancien chef de l'État s'est retiré de la scène politique et s'astreint à une cure médiatique.

Dans un portrait de Christophe Castaner publié dans le Monde , le porte-parole du gouvernement raconte qu'il a croisé Nicolas Sarkozy à Nice, le 14 juillet dernier, le jour de la commémoration de l'attentat de la promenade des Anglais. «J'ai dit à Macron qu'il avait un bon porte-parole», aurait déclaré Sarkozy à Castaner. Avant d'ajouter: «Je vous vois à la télé! Je la regarde beaucoup. Vous savez, je m'emmerde!». Si Nicolas Sarkozy semble s'ennuyer dans sa nouvelle vie, cela ne devrait pas durer.

«Je vais m'installer à Dubaï, à Bahreïn, à Singapour et à Hong-Kong»

Interrogé par Valeurs actuelles, l'académicien Jean d'Ormesson, ami de Sarkozy, raconte qu'il a récemment déjeuné avec lui et que ce dernier lui a fait part de ses nouveaux projets. L'ancien chef de l'État aurait définitivement fait une croix sur la politique et souhaite désormais faire du business. Les raisons? «Parce que l'on ne gagne pas assez d'argent... J'en ai assez de gagner 3000 euros en étant ministre, je renonce à la politique», aurait répondu l'ancien chef de l'État à “Jean d'O”. Il aurait déjà réfléchi à ses futurs projets. «Je vais faire mon propre fonds et je vais gagner beaucoup d'argent. Je vais m'installer à Dubaï, à Bahreïn, à Singapour et à Hong Kong. Carla est très contente» aurait-il raconté.

Des déclarations qui semblent avoir amusé l'académicien de 92 ans: «Il m'a dit ça avec un naturel... Je me disais c'est épatant. J'ai trouvé ça très sympathique».

Au-delà de l'apparente concordance des ces récits, Véronique Waché, membre du cabinet de Nicolas Sarkozy, a tenu en à en démentir la teneur sur Twitter.

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comment le « free fight » a conquis le monde

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Sport de combat ultraviolent, le MMA (ou « free fight ») est devenu en quelques années une discipline aussi populaire que lucrative aux Etats-Unis.
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sports-de-combat/#0CKCxie8qsi4k4Tm.99
 suite :........Ce duel inattendu entre champions de deux disciplines avait été baptisé le « Money Fight », ou combat de l’argent, tant il avait attiré l’attention. Il devait battre une série de records, dont celui des recettes tirées par les ventes de télévision à la séance pour la chaîne de télévision Showtime >>>>>>>>>>>>>>>>>>

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Ubérisation : Les sociétés comme Deliveroo ne sont pas là «pour créer un service mais une servitude»

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RT France : Avec votre collectif Clap, vous organisez des mobilisations pour dénoncer le changement de rémunération des livreurs de la plate-forme de livraison de plats cuisinés Deliveroo. Pourquoi contestez-vous ces nouveaux contrats ?

Jérôme Pimot (J. P.) : Comme toutes les plateformes de ce type, Deliveroo s'est imposé sur les différents territoires français et européens avec des tarifications pour les livreurs relativement confortables en terme de revenus net, de pouvoir d'achat – aujourd'hui avec le statut d'auto-entrepreneur on ne parle plus en terme de salaire mais de pouvoir d'achat. Nous étions rémunérés à l'heure avec une prime à la course. Ces tarifs permettaient aux livreurs de gagner relativement bien leur vie.

Au fur et à mesure, ces rémunérations ont fondu comme neige au soleil. Déjà l'année dernière, en août, Deliveroo avait décidé que tout nouveau contrat ne serait désormais plus rémunéré sur la base de la tarification horaire mais à la course. Les anciens livreurs avaient, quant à eux, été assurés que leur rémunération horaire demeurerait. La tarification ne changeait donc que pour les nouveaux arrivés, qui évidemment n'avaient pas d'éléments ou d'instruments de comparaison. Si au début, personne n'a trop élevé la voix, c'est parce que Deliveroo avait mis en place pour les nouveaux contrat un système de minimum garanti. Les nouveaux livreurs bénéficiaient d'un minimum de courses garanties et payées qu'elles soient faites ou non. Ces assurances permettaient de donner des conditions de rémunération aux nouveaux proches de celles des anciens. Il faut aussi comprendre qu'au moment où Deliveroo a mis en place ce nouveau système de paiement, Take eat easy venait de faire faillite. Cela a été vécu comme un véritable traumatisme dans le milieu des coursiers et livreurs à vélo. Ce contexte a fait que ce nouveau contrat est passé sans encombre.

Deliveroo a mis en place un système avec un certain confort et une certaine sécurité pour leurs livreurs et retire aujourd'hui toutes les protections et garanties

Puis, mois après mois, petit à petit, les minima garantis assurés par Deliveroo ont disparu. Ils ont commencé par les supprimer pour les livraisons du midi, puis de certains soirs en semaine, dans certaines villes etc. C'était assez simple pour eux, car ces minima représentaient la part non contractuelle de la rémunération – la part contractuelle étant les cinq euros la course. Face à ce rabotage constant de cette part non-contractuelle, des livreurs ont commencé à se mobiliser comme en mai dernier à Marseille où ils ont décidé de faire les piquets de grève devant les restaurants. 

Enfin, le 27 juillet dernier, Deliveroo a décidé de passer à l'étape encore d'après : transformer tous les anciens contrats horaire en contrat à la course. Les anciens ont jusqu'au 28 août pour choisir entre accepter ce contrat et prendre la porte. Bien sûr, pour eux, on passe de tout à rien : plus de minimum garanti, plus de tarif horaire. C'est cinq euros la course, et ce n'est pas négociable. A ce moment-là, on a été assez nombreux à Paris, à Bordeaux ou à Lyon à se dire qu'on voyait désormais le vrai visage de Deliveroo. Ils ont mis en place un système avec un certain confort et une certaine sécurité pour leurs livreurs et aujourd'hui ils retirent toutes protections et garanties.

Le but de Deliveroo est de faire baisser en continu les prix de la livraison afin d'être compétitifs, d'être toujours séduisants auprès des investisseurs pour continuer à lever des millions

RT France : Quelles sont vos revendications ?

J. P. : Ce qu'on veut c'est quelque part le modèle des débuts. Nous partons du principe que Deliveroo nous a séduits avec ses rémunérations initiales. Il faut dire qu'ils pouvaient se permettre de bien nous payer puisqu'ils avaient obtenu plusieurs millions via leur levée de fonds.

En réalité, ces levées de fonds étaient surtout faites pour que Deliveroo ait les moyens, à terme, de baisser drastiquement le prix de la livraison. C'est leur objectif, leur travail. Ils le disent eux-mêmes que leur mission n'est pas de livrer des burgers. Ils sont là pour faire de la «mise en relation», pas de la livraison. Le but de Deliveroo est de faire baisser en continu les prix de la livraison afin d'être compétitifs, d'être toujours séduisants auprès des investisseurs pour continuer à lever des millions.

La vérité est qu'aucune de ces sociétés, de ces plate-formes ne gagne d'argent.

RT France : L'enjeu de Deliveroo est donc avant tout d'attirer des investisseurs plus que de permettre l'accès à un service de qualité à leurs utilisateurs et clients ?

J. P. : Oui tout à fait. Toute l'ubérisation de la livraison se base là dessus, tout comme l'économie des VTC d'ailleurs. Ils ont créé un marché artificiel grâce à des millions qui leur ont été prêtés. Cet argent prêté ou levé leur a permis de mettre en place un système de service peu coûteux et imbattable. «Faites vous livrer pour trois-quatre personnes dans la demi-heure pour 2,50 euros !» Qui ne le ferait pas ? Même Pizza Hut est plus cher...

Ce système n'existe que parce qu'il a été subventionné à coup de millions d'euros par des investisseurs. Or, cet argent n'était pas là pour créer un service mais une servitude. La valeur de Deliveroo, ce n'est pas son prix ou son chiffre d'affaires mais son flux. Cette plate-forme, grâce à ses prix très bas, créée constamment du flux. Sur quoi communique-t-elle ? Sur les millions de commandes passées à travers l'Europe. Par contre, vous ne l'entendez pas communiquer sur son chiffre d'affaire ou encore moins sa rentabilité. La vérité est qu'aucune de ces sociétés, de ces plate-formes ne gagne d'argent. Elles en gagneront peut-être à terme si elles réussissent à manger les autres et à ainsi obtenir une position quasi monopolistique. Là, elles seront en capacité d'imposer leurs tarifs. C'est-à-dire augmenter les tarifs pour les clients qui seront pris en otage par leur situation de monopole, augmenter la part qu'elles prennent aux restaurants tout en continuant, bien sûr, à faire baisser le coût du livreur. Tout ce qui compte pour ce genre d'entreprise est uniquement de créer du flux, toujours du flux, encore plus de flux afin de maintenir leur vie économique artificielle.

On risque de viabiliser politiquement et idéologiquement un système qui force nos jeunes à risquer leur vie pour de moins en moins cher

RT France : Craignez-vous qu'à l'instar des taxis face aux VTC, les plate-formes comme Deliveroo entraînent la précarisation de l'ensemble de l'activité des coursiers à vélo ?

J. P. : Bien sûr ! C'est ce que j'explique aux livreurs. Si Deliveroo arrive à payer de moins en moins cher des gens, a fortiori des jeunes, les autres suivront ce modèle. D'autant plus que ce modèle pousse tous ces jeunes à vélo au cœur du trafic urbain à prendre de plus en plus de risques toute la journée. En fin de compte, ils sont invités implicitement à griller chaque feu rouge pour aller le plus vite possible, pour enchaîner le plus de courses possibles. On risque de viabiliser politiquement et idéologiquement un système qui force nos jeunes à risquer leur vie pour de moins en moins cher. Cette voie vers l'ubérisation va s'étendre à tout un tas de métiers, certes moins risqués physiquement mais éreintant également. On le voit déjà avec des nounous, des femmes de ménages... Tout est fait pour que ces sociétés et ces plateformes-là fassent baisser la valeur du travail tout en poussant le plus grand nombre à consommer ces services en leur masquant le fait que celui qui paye réellement pour son travail, c'est celui qui livre, qui conduit ou qui rend le service commandé. Notre statut d'indépendant, d'auto-entrepreneur permet à ces plateformes de nous presser le plus possible. Quand nous aurons été pressés jusqu'au bout, elles presseront les restaurants puis les clients en augmentant les prix.

On a fait de nous une espèce de première ligne de mercenaires, et les lignes que nous étions censés tailler, c'était le salariat. On a divisé en un claquement de doigt la valeur du travail par deux !

Pour l'instant le client est complice, les restaurateurs le sont encore dans une certaine mesure. Le fusible, le consommable pressurable et jetable pour l'instant, c'est nous et beaucoup d'entre nous ne s'en rendent pas compte, s'en moquent ou l'ignorent. Nous sommes quelques anciens livreurs à avoir connu l'âge d'or de ces plate-formes et à avoir pris le recul nécessaire pour voir quel était le vrai visage de ces sociétés et leurs véritables objectifs. Voilà pourquoi nous sommes aujourd’hui là pour sensibiliser les livreurs, les restaurants et les clients mais aussi pour alerter les médias, les politiques et les associations. Je dis souvent qu'on a fait de nous une espèce de première ligne de mercenaires ; que les lignes que nous étions censés tailler c'était le salariat. On a divisé en un claquement de doigt la valeur du travail par deux ! Nous ne sommes quasiment plus payés qu'en net. Toute la valeur redistributive et sociale du salaire, qui relève majoritairement des cotisations patronales, a disparu du jour au lendemain avec ce nouveau marché, ces nouveaux statuts. En tant qu'auto-entrepreneur, nous sommes en quelque sorte obligés de racheter avec notre rémunération net du salaire brut en nous protégeant nous-même avec des assurances privées, des cotisations de retraites privées. En réalité, c'est une arnaque.

Ce modèle peut se développer dans n'importe quel secteur d'activité, notamment ceux de services

RT France : La création du statut d'auto-entrepreneur sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy a-t-il selon vous entraîné une précarisation accrue de ce secteur d'activité ?

J. P. : Oui, mais cette précarisation s'est faite doucement, sans le dire. Ce type de statut et de contrat joue sur le net. Cela donne l'illusion de faire augmenter le pouvoir d'achat en éliminant le brut et notamment la part patronale. Or cet argent, on ne le voit jamais, il est redistribué sans qu'on y touche. Quand on vous dit : «Aujourd'hui vous êtes salarié, demain vous serez auto-entrepreneur. Au lieu de vous payer 1200 euros, je vous payerai 1600 mais il n'y aura plus de cotisations patronales», évidemment que de nombreuses personnes se diront «pourquoi pas, après tout ?». Sauf que les cotisations patronales servent aux hôpitaux, à financer le chômage, les retraites...

Au début, on était cinquante livreurs sous ce statut et cela me posait déjà un souci idéologique. Aujourd'hui, on est 10 000 chez les vélos, 30 000 chez les VTC. Et ce modèle peut se développer dans n'importe quel secteur d'activité, notamment celui des services. Nous sommes une première ligne de mercenaires qui taillent dans le salariat. D'autant plus que tout un tas de gens vont se faire virer ces prochains mois, parce qu'on aura facilité les licenciements. Les employeurs leur diront : «Mettez-vous auto-entrepreneur, vous gagnerez plus qu'avant.» Mais personne ne leur dira que s'ils gagneront peut-être plus en pouvoir d'achat, ils perdront en salaire car ils n'auront plus le droit à tout un tas de cotisations.

Bien malgré elles, ces plateformes sont en train de nous offrir L'Internationale, puisque cette problématique est globale dans les pays européens occidentalisés [...] où la précarité arrive en mode Panzer

RT France : Ces plate-formes de livraison, de VTC, d'externalisation de services sont aujourd'hui globalisées. Deliveroo, Uber, AirBnB sont présents dans la plupart des pays européens et occidentaux. La seule manière de combattre de tels mastodontes pourrait-il être de rallier les contractuels d'autres pays à votre mouvement ?

J. P. : J'ai lancé cette idée il y a deux semaines. Nous avons contacté des mouvements à Berlin, à Londres, à Milan, à Turin et en Espagne. Il y a déjà eu des mobilisations à l'étranger, dont une grève l'année dernière au Royaume-Uni sous les bureaux de Deliveroo. Le PDG a été obligé de sortir et de venir négocier avec eux. Ils ont réussi, par la masse, à retarder des changements contractuels. Il y en a aussi eu en Italie, en Allemagne. Bien malgré elles, ces plateformes sont en fait en train de nous offrir L'Internationale, puisque cette problématique est globale dans les pays européens, occidentalisés et confortables socialement mais où la précarité arrive en mode Panzer.

Si tout le monde accepte de travailler juste pour du pouvoir d'achat, ce sont tous les modèles sociaux occidentaux et européens qui vont s'écrouler

Il faut lutter contre ce phénomène et créer un vrai front de lutte. On a l'Union européenne, la Commission, le Parlement... Il est temps d'avoir aussi un front européen. Nous n'avons d'ailleurs pas le choix, car sinon nous nous ferons dévorer petit à petit. Si tout le monde accepte de travailler juste pour du pouvoir d'achat, ce sont tous les modèles sociaux occidentaux et européens qui vont s'écrouler.

Si Uber s'est autant développé en France, ce n'est pas un hasard. Dans un pays où le chômage est haut, si on propose à tous un tas de gens, notamment des jeunes de quartiers sans travail de gagner de l'argent via l'auto-entrepreneuriat, bien sûr qu'ils l'accepteront. En fait, l'auto-entrepreneuriat que Nicolas Sarkozy et François Fillon ont créé, c'est l'Amérique. Or les Etats-Unis, c'est 30-35% de travailleurs indépendants. On sait très bien à quoi ressemble le modèle social américain et il n'est franchement pas à imiter.

Tous ces jeunes risquent leur vie à chaque feu rouge grillé, mais ce qui leur fait véritablement peur est de ne plus avoir la possibilité de pouvoir risquer leur vie à un feu rouge pour cinq euros la course

RT France : Vous mentionniez toute à l'heure la réforme du code du travail. De grandes manifestations sont prévues en septembre pour la dénoncer. Votre mouvement en prendra-t-il part ?

J. P. : Oui, bien sûr. Nous serons partout. Nous sommes déjà dans la rue toute la journée, car c'est notre lieu de travail. Ce n'est donc pas grand chose pour nous de nous mobiliser. D'autant plus qu'on nous utilise comme une première ligne de coupeurs de gorge des salariés, il faut que nous soyons là pour dire que ce n'est pas possible. Nous devons être en première ligne avec nos vélos. D'autant plus que nos petites mobilisations sont très médiatisées, il y a un coup de projecteur depuis deux semaines sur nous qu'il faut mettre en pratique au sein des grandes manifestations, de la CGT, du Front social et certainement aussi de la France insoumise car, quelque part, il n'y a que Jean-Luc Mélenchon qui a un peu parlé de la problématique de l'ubérisation. Nous sommes nés presque ex-nihilo de cette économie collaborative, de cette volonté politique de changer les modèles du travail. Nous devons aujourd’hui entrer en résistance et cela se fait petit à petit.

Le problème dans ce milieu, c'est qu'il y a une partie des livreurs qui se moquent de ces questions-là et surtout il y a ceux qui ont peur de perdre leurs contrats. Lors de nos premières mobilisations, les jeunes du Clap défilaient masqués parce que si ils se faisaient repérer en manifestations, ils pouvaient très rapidement se faire éjecter. Il y a là un vrai paradoxe. Tous ces jeunes risquent leur vie à chaque feu rouge grillé, mais ce qui leur fait véritablement peur est de ne plus avoir la possibilité de risquer leur vie à un feu rouge pour cinq euros la course. On en est là.

C'est ce qui est arrivé à Take eat easy, cela peut arriver à Deliveroo à tout moment. Ce ne sont que des colosses aux pieds d'argile

RT France : Votre mouvement remporte-t-il l'adhésion du grand public et des clients ?

J. P. : Non, pas encore. Les médias nous suivent et c'est déjà beaucoup. J'ai vu en deux ans comment le discours médiatique autour de ces plateformes a évolué. Il y a deux ans, on lisait dans la presse «C'est super ! Faites vous livrer : c'est pas cher, ce sont des jeunes qui travaillent, ils sont beaux, ils sont sportifs. C'est hype, c'est fun». C'était grosso modo le discours même des plateformes. Puis, il y a un an, j'ai commencé à faire une première interview, une première émission – je dis «je», car j'ai vraiment commencé seul, je l'étais aussi aux manifestations contre la loi Travail. Plusieurs articles se sont enchaînés et ont commencé à lever un coin du voile de cette nouvelle économie, présentée jusqu'alors comme si séduisante. Les VTC aussi ont beaucoup œuvré pour dénoncer la précarisation de ces emplois. La faillite de Take eat easy a aussi mis en lumière les finalités de l'ubérisation : une sorte bulle spéculative alimentée par des flux, qui attire des capitaux pour créer toujours plus de flux mais tout cela ne repose sur rien et un jour cela peut exploser. C'est ce qui est arrivé à Take eat easy, cela peut arriver à Deliveroo à tout moment. Ce ne sont que des colosses aux pieds d'argile. Les médias commencent à parler de tout cela.

Du côté des commerçants, on obtient petit à petit leur soutien. On doit faire auprès d'eux un travail de sensibilisation. C'est aussi l'objectif de nos rassemblements. On va d'abord se réunir place de la République, avant d'aller faire le piquet de grève devant les restaurants emblématiques où l'on trouve les plus gros consommateurs. L'idée est de leur dire qu'ils vont recevoir des commandes sur leurs tablettes mais que les livreurs n'iront pas distribuer. Très rapidement, ils débrancheront leurs tablettes pour ne pas faire de commandes pour rien. C'est ce qui s'est passé en mai dernier à Marseille et cela a très bien marché. 

Quant aux clients, c'est plus compliqué. D'abord, il y a les gens qui sont contre ce type de consommation et qui préfèrent aller chercher eux-mêmes dans la rue. Nous avons bien sûr leur soutien, mais ce ne sont pas eux qui perpétuent ce modèle. Ensuite, il y a les gens qui consomment et qui pensent ne pas avoir d'autres alternatives tellement le service est peu cher. Et enfin, il y a de nombreuses personne qui pensent – et l'écrivent tous les jours sur les réseaux sociaux – que si les livreurs ne sont pas contents, ils n'ont qu'à faire autre chose puisque, après tout, ils sont indépendants. Comment si cela était aussi simple...

Il faut que Deliveroo devienne à terme un mot aussi péjoratif qu'Uber

On obtiendra en définitive le soutien des clients par la médiatisation, par la pédagogie, par des campagnes de boycott et de dénigrement. C’est un peu la même méthode que celle que l'on suit avec les livreurs. Il faut que Deliveroo devienne à terme un mot aussi péjoratif qu'Uber. Je dis Deliveroo, mais c'est pareil avec des plateforme comme Foodora, Stuart ou Ubereats – la nouvelle activité de livraison de repas de l'application. Il faut faire du bashing contre ces sociétés, contre les modèles qu'elles prônent. En soi, c'est une bonne idée de se faire livrer de la nourriture chez soi. Il s'agit d'un métier de service qui a son intérêt mais il faut qu'il puisse dégager la valeur qui lui est nécessaire. Il faut pouvoir en vivre, car un métier dont on ne peut pas vivre ne peut pas être appelé comme tel.

C'est bien pour cela que ce métier existait dans les années 1920-1930 et qu'il a disparu après. Je suis tombé sur un article du Figaro qui racontait que Romain Gary avait été livreur à vélo de plats cuisinés dans les années 1930. Pourquoi ce métier a-t-il disparu ? Simplement parce qu'il n'était pas possible d'en vivre. Avec les normes salariales qui ont été mises en place, ce n'était pas rentable pour une entreprise d'embaucher des personnes qui iraient livrer des repas de restaurants. Ce marché est trop volatile et ses clients trop versatiles. Cela ne marche pas. 

Si vraiment il y a de l'argent à se faire autour de ce secteur, on va essayer de le faire de manière coopérative et non pas avec une vocation spéculative et capitalistique

RT France : Vous avez également comme projet de lancer des coopératives de livreurs à vélo. Dans quelle mesure cela peut-il permettre de lutter contre la précarisation de cette profession ?

J. P. : J'essaie de mettre en place des coopératives locales de livreurs à vélo, avec un outil et un algorithme que nous développons, afin que les collectivités territoriales s'emparent de ce marché. Je pense qu'il y a du travail à donner à des jeunes qui n'en ont pas, qui ont peu de qualifications mais il faut que ce travail soit normé. C'est-à-dire où les gens ne soient pas payés à aller toujours plus vite, mais à rendre un service. Aujourd'hui, ce sont les collectivités territoriales qui ont les moyens d'investir là-dedans, ainsi que les institutions et acteurs du mouvement de l'économie sociale et solidaire (ESS). Si vraiment il y a de l'argent à se faire autour de ce secteur, on va essayer de le faire de manière coopérative et non pas avec une vocation spéculative et capitalistique. Comme cette activité ne permet pas de dégager de bénéfice, aucune entreprise ne peut se former ex-nihilo, le partenariat avec des collectivités territoriales, des mairies, des communautés d'agglomération est nécessaire. Elles ont encore du mal à le comprendre et à voir ce qu'elles peuvent potentiellement en tirer. Il n'y aura jamais d'argent à gagner mais cela pourrait devenir un véritable service public où l'on ne ne se cantonnera pas uniquement à la nourriture mais à tout un tas de produits. 

La livraison à vélo est un enjeu de logistique globale pour ces trente prochaines années

Après tout, l'enjeu logistique de ces trente prochaines années c'est ce qu'on appelle «le dernier kilomètre». On sait qu'en milieu urbain ce dernier kilomètre ne pourra plus être motorisé. Cela veut dire que la livraison à vélo est un enjeu de logistique globale. Il faut faire en sorte qu'on puisse en vivre. Je prend souvent l'exemple de la navette spatiale qui a besoin, pour quitter l'orbite terrestre, de son gros booster qui consomme énormément, qui fait beaucoup de fumée, de bruit et qui est très polluant. Seulement, quand la navette est arrivée dans l'espace, elle quitte ce booster, plane et continue seule son voyage. Pour moi, le booster c'est l'économie collaborative, les start-up, l'ubérisation qui ont été très polluants mais qui ont lancé l'idée de se faire livrer à vélo. Il est temps de quitter le booster et de travailler sur des modèles économiques, éthiques et sociaux.

Lire aussi : Avant une rentrée qui s'annonce agitée, l'Etat commande pour 22 millions d'euros de lacrymogènes

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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Natacha Polony : «Airbnb et les quarante voleurs»

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Publié le 11/08/2017 à 16h50

LA CHRONIQUE DE NATACHA POLONY - Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n'a rien de la gentille utopie collaborative qui s'appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d'économie.

En France, huit professeurs agrégés en fin de carrière contribuent autant, par leurs impôts, aux hôpitaux, aux routes et aux écoles, qu'une multinationale américaine qui ruine un pan entier de notre économie. Airbnb a payé, en 2016, 92.000 euros d'impôts. Pourtant, la France est son deuxième marché, après les États-Unis. Un pays qui accueille 80 millions de touristes par an, quelle manne potentielle! D'ailleurs, est-ce un hasard: si les touristes sont revenus en France, après le désastre de deux années marquées par les attentats, ils dépensent moins chez nous qu'ailleurs. Et le sentiment d'insécurité qu'ils éprouvent du fait des pickpockets et des pilleurs divers et variés ne suffit pas à expliquer les économies qu'ils font. Mais un appartement loué sur une plateforme numérique revient tellement moins cher que quelques nuitées dans un hôtel écrasé par les charges et les contraintes et qui doit répercuter le coût de l'Urssaf et des taxes sur la note du client.

Chez Airbnb, en revanche, on ne paie pas de charges. Et très peu d'impôts. Par un système de facturation depuis la filiale irlandaise, la commission de 12 % perçue sur la location ne passe jamais par la France. L'entreprise ne crée aucun emploi, ni aucune richesse en France. Elle en détruit. Et les particuliers qui arrondissent leurs fins de mois en louant leur appartement n'ont pas conscience qu'ils créent un chômage dont les conséquences se verront sur leur propre fiche de paie, à travers les prélèvements, et sur leur feuille d'impôt, puisqu'il leur appartiendra de financer les infrastructures avec lesquelles Airbnb gagne des millions sans jamais en reverser aucun à la collectivité.

«Ce qu'on nous vante comme une libération des énergies n'est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs»

Certains s'imaginent encore que ce système économique a quoi que ce soit à voir avec le libéralisme. Une concurrence parfaitement déloyale, la déstabilisation de secteurs économiques qui contribuent à la richesse nationale par des emplois, des savoir-faire et le paiement de leurs impôts, l'instrumentalisation du droit, l'absence de toute décence et la prédation érigée au rang d'art de vivre, voilà qui aurait scandalisé les penseurs du libéralisme classique, mais qui semble tout à fait acceptable aux zélateurs actuels de l'économie dérégulée. Ceux-là tentent de nous faire croire que refuser ce système à la fois injuste et destructeur reviendrait à prôner la collectivisation soviétique des moyens de production. C'est confondre la liberté d'entreprendre avec le droit de piller. C'est oublier, surtout, que ce modèle ne relève d'aucune nécessité, mais bien de choix politiques.

Le capitalisme californien, mariage de la dérégulation financière et du numérique, n'a rien de la gentille utopie collaborative qui s'appuie sur le partage pour créer une nouvelle forme d'économie. Ce qui nous est présenté comme une meilleure utilisation du capital existant - en l'occurrence un appartement que nous n'occupons pas forcément tous les jours de l'année - repose sur la transformation de toute activité humaine et de toute propriété en une occasion de profit. Ce qu'on nous vante comme une libération des énergies n'est que le contournement de toutes les régulations mises en place par les États pour protéger les consommateurs.

«La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an»

Mais n'oublions pas un acteur essentiel de ce jeu de dupes. Face au scandale provoqué par la révélation du montant dérisoire de l'impôt acquitté par Airbnb, Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a appelé les pays membres de l'Union à mettre en place une «assiette commune» de l'impôt sur les sociétés, qui permettrait de se mettre d'accord sur les données fiscales, et donc sur le montant d'impôt que doit payer chaque entreprise dans le pays où il exerce son activité. Mais hors de question d'harmoniser les taux d'impôt sur les sociétés. Mieux, ladite assiette commune risque fort de préserver les exemptions dont bénéficient les multinationales et qui leur permettent de payer nettement moins d'impôts que n'importe quelle PME. La Commission européenne se réveille après des années d'optimisation fiscale forcenée par les géants du numérique américains, mais ne voudrait tout de même pas les fâcher trop. La destruction des économies européennes va pouvoir se poursuivre encore longtemps. La France y perd 60 à 80 milliards de recettes fiscales par an. Sans compter la fermeture d'hôtels, les emplois détruits, l'argent dépensé par les touristes, non pas en nuitées et petits déjeuners vendus par des artisans, mais en produits bas de gamme achetés en supermarché. Quelques propriétaires d'appartements, bien sûr, se seront enrichis. Ce système aura même encouragé la spéculation immobilière en permettant à certains de se lancer dans l'investissement locatif. Certains quartiers de Paris se sont déjà vidés, et les colocataires subissent les nuisances d'inconnus peu enclins à préserver les parties communes. Ceux qui voulaient croire que la mort de notre industrie serait compensée par le triomphe des services devront sortir de leurs doux rêves.

Il n'est d'autre solution que de reconstruire, face à cette économie de la prédation, une économie réelle, reposant sur des circuits courts et récompensant la création de valeur. Une économie qui protège de la concurrence déloyale en compensant ces distorsions par un soutien actif. Une économie au service d'un modèle de société pour que la société ne soit pas soumise à une économie régie par les prédateurs.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 12/08/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

 

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Carla Del Ponte, magistrate rebelle et « personnification de l’entêtement »

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Après avoir enchaîné les enquêtes sensibles, la procureure déplore l’impuissance de la commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie, dont elle a démissionné.

C’est avec son habituel franc-parler que Carla Del Ponte a annoncé, dimanche 6 août, qu’elle allait démissionner de la commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie, qu’elle avait rejointe en 2012. « Je ne peux plus être dans cette commission qui ne fait absolument rien », a-t-elle fait savoir lors d’un entretien au journal suisse Blick. Dans une interview pour France Culture, elle a souligné l’inaction de l’institution, « qui n’a plus de sens. (…) Chaque six mois, on fait un rapport au Conseil des droits de l’homme. Chaque six mois, on demande justice pour les victimes. Rien ne se passe ». Déplorant l’impuissance de cet organe de l’ONU face aux veto russe et chinois au Conseil de sécurité, la magistrate de 70 ans reproche à ses membres « de ne pas vouloir établir la justice ».

Alors que les chefs d’Etat font pour la plupart preuve de prudence lorsqu’ils abordent le cas de Bachar Al-Assad, elle, ne mâche pas ses mots. Pragmatique, elle considère, dans un rapport rendu à Genève en septembre 2015, que les négociations avec le président syrien sont nécessaires pour aboutir à la paix, mais qu’ensuite la justice devra passer, que Bachar Al-Assad reste au pouvoir ou non. Mais elle fustige toutes les parties, affirmant que « tous sont du côté du mal. (…) L’opposition n’est désormais composée que d’extrémistes et de terroristes ».

De Cosa Nostra à Slobodan Milosevic

« Missile non guidé », « nouvelle Gestapo », les surnoms attribués à Carla Del Ponte par les cibles de ses enquêtes sont le reflet de la hargne avec laquelle elle a cherché à les traduire en justice. Ses premiers ennemis, elle se les fait dans les années 1970, quand elle participe au démantèlement d’un trafic d’héroïne, la « Pizza Connection », dont la drogue passait de Turquie en Italie avant d’être revendue dans des pizzerias new-yorkaises tenues par des Siciliens.

Connue pour son opiniâtreté, elle s’est frottée à Cosa Nostra et réchappe d’un attentat en 1988, alors qu’elle rend visite à son ami Giovanni Falcone. Une bombe avait été placée dans la résidence du juge italien. La Mafia parviendra quatre ans plus tard à tuer le magistrat dans une explosion spectaculaire à Palerme (Sicile). Cet illustre allié dans le combat contre le crime organisé disait d’elle qu’elle était « la personnification de l’entêtement ».

Dans les années 1990, nommée à la tête du parquet fédéral suisse, elle enquête sur les mécanismes de blanchiment d’argent dans les banques helvétiques, notamment par la mafia russe et les cartels de drogue colombiens.

Mais le tour de force de Carla Del Ponte reste le procès de Slobodan Milosevic, premier chef d’Etat à comparaître devant la Cour pénale internationale. A la tête du Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie de 1999 à 2007, elle traque les responsables des exactions. L’ex-leader serbe, accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre au Kosovo, est mort en prison avant que le tribunal ne rende son jugement.

Les tensions avec le pouvoir rwandais

Nommée simultanément au TPI pour le Rwanda, elle en sera finalement écartée par un vote unanime du Conseil de sécurité des Nations unies, craignant, officiellement, qu’elle ne parvienne a mener les deux missions de front. Carla Del Ponte enquêtait sur le génocide, qui fit, selon les estimations de l’ONU, huit cent mille morts entre avril et juillet 1994. Elle souhaitait notamment faire la lumière sur les actes de vengeance commis par des membres du Front patriotique rwandais (FPR), à dominante tutsie, aujourd’hui au pouvoir à Kigali.

S’en est ensuivi un conflit entre la procureure et le président du pays, Paul Kagame, opposé à toute mise en cause de son parti. Après avoir quitté la ville d’Arusha, en Tanzanie, où est établi le TPI pour le Rwanda, elle a accusé le pouvoir rwandais d’avoir freiné ses investigations.

Cette petite femme impulsive fait peu de cas des conventions et du politiquement correct. Alors ambassadrice en Argentine, elle publie un ouvrage, La Traque, les criminels de guerre et moi (Héloïse d’Ormesson, 2008), dans lequel elle met au jour un trafic d’organes mis en place par la guérilla de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et organisé notamment par Hashim Thaçi, actuel président du Kosovo.

Un « monde de l’ombre »

Les victimes, issues des minorités rom ou serbe, étaient séquestrées dans des « maisons jaunes ». Des chirurgiens leur prélevaient successivement des organes. Puis elles étaient à nouveau enfermées, et maintenues en vie, jusqu’à l’opération suivante. Une révélation qui lui a valu de vives tensions avec le ministère des affaires étrangères suisse, et les rires moqueurs de politiques de premier plan. Le livre lève également le voile sur un « monde de l’ombre », selon ses termes, dans lequel des personnalités politiques — dont l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan — s’immisceraient dans les affaires. Mais pour la magistrate, pour traquer les criminels de guerre, il faut « ignorer critiques et menaces ».

La procureure ne fait à l’évidence pas l’unanimité. A plusieurs reprises, ses déclarations ont été vivement critiquées, notamment par ses pairs. S’agissant du conflit syrien notamment, elle avait jugé, en février 2016, que « l’intervention de la Russie était une bonne chose. […] Mais ils font trop peu de distinctions entre les terroristes et les autres ». Deux ans plus tôt, elle avait accusé les rebelles d’avoir utilisé du gaz sarin, propos que la Commission a ensuite désavoués.

Dans une interview au site Swissinfo, en 2011, après avoir quitté Buenos Aires, elle se réjouissait de retrouver les tribunaux internationaux, et se remémorait ses rares moments de doute. « Ça m’est aussi arrivé de dire à mes collaborateurs : “Cette fois, c’est fini. Le mur du silence est décidément trop épais, je n’y arriverai jamais.” Mais au fond de moi, je n’y croyais pas. »

Les ingérences auront-elles eu raison de son obstination ? Pour cette éternelle révoltée, sa démission est une ultime tentative de pression sur le Conseil de sécurité alors que la commission d’enquête des Nations unies n’a encore jamais obtenu l’autorisation de Damas de se rendre sur son territoire.

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Les prix élevés n'assurent pas à coup sûr la profitabilité des palaces

Mathilde Visseyrias, le 22 juin 2017   <<<<<<<<<LFP<<<<<<<<

La réouverture du Crillon relance la guerre des palaces à Paris. La capitale compte désormais 1900 chambres dans cette catégorie d'hôtels, contre 1100 en 2007.

Avec des nuits à plus de 1000 euros, voire des dizaines de milliers d'euros, les tarifs des chambres de palaces donnent le tournis. La rentabilité de ces hôtels de luxe est-elle à la mesure des prix qu'ils pratiquent? «Si les tarifs des palaces paraissent très élevés, il faut les mettre en perspective avec des coûts de fonctionnement et d'investissement eux aussi très importants», insiste Vanguelis Panayotis, président de MKG Consulting.

Le poids de la masse salariale dans les palaces est un record dans l'hôtellerie. Le Crillon emploie ainsi 400 personnes pour 124 chambres. «La masse salariale représente au moins 45% du chiffre d'affaires d'un palace, ce qui se traduit par un ratio supérieur à trois employés par chambre, affirme Gabriel Matar, associé de Sentinel Hospitality, conseil en investissement hôtelier. Les coûts de gestion et de commercialisation peuvent dépasser 20% du chiffre d'affaires.» Résultat? «Moins de la moitié des dix palaces parisiens sont profitables», selon cet expert.

Le poids des charges fixes est tel qu'en période de vaches maigres, les palaces souffrent bien plus que des hôtels plus économiques. «Les propriétaires ne s'enrichissent qu'une fois qu'ils revendent leur palace, assure François Delahaye, le patron du Plaza Athénée et du Meurice. Pour tous, le retour sur investissement ne se fait qu'à la fin, car pour rester dans la compétition, ils réinvestissent les profits dans l'hôtel.» Gabriel Matar parle de montants équivalant à 5 % du chiffre d'affaires annuel.

«La haute couture de l'hôtellerie»

Le monde des palaces, c'est en quelque sorte «la haute couture de l'hôtellerie». Il attire essentiellement des fortunes familiales ou des fonds souverains, qui ont une logique de création de valeur patrimoniale à long terme. Ces dernières années, les chambres de palaces se sont vendues entre 1 million et 3 millions d'euros chacune, selon Vanguelis Panayotis.

La situation est très différente pour les opérateurs hôteliers, tel Rosewood au Crillon. Ces gestionnaires se rémunèrent en percevant un pourcentage du chiffre d'affaires et des profits d'exploitation. «Rosewood prend le risque de ne rien gagner si l'exploitation de l'hôtel n'est pas bonne. Au pire, il peut perdre de l'argent en fonction des garanties de performances qu'il a pu donner au propriétaire», conclut un spécialiste.

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La dernière guerre du Général de Gaulle.

Le vaillant petit économiste  <<<<<<<<<<<<<<<<<

Madame, Monsieur,

Écoutez cette confidence du général de Gaulle :

Il n'y a pas moyen, à l'heure qu'il est, de faire en sorte qu'une majorité étrangère puisse contraindre des nations récalcitrantes.

Il est vrai que dans cette Europe intégrée, comme on dit, et bien, il n'y aurait peut-être pas de politique du tout.Ca simplifierait beaucoup les choses.

Et dès lors qu'il n'y aurait pas de France, pas d'Europe, qu'il n'y aurait qu'une politique, et faute qu'on puisse en imposer une à chacun des six Etats, on s'abstiendrait d'en faire.Mais alors, peut-être, tout ce monde se mettrait à la suite de quelqu'un du dehors, et qui, lui, en aurait une.

Il y aurait peut-être un fédérateur, mais il ne serait pas européen, et ça ne serait pas l'Europe intégrée.Ce serait tout autre chose de beaucoup plus large et de beaucoup plus étendu avec, je le répète, un fédérateur.

De quel "fédérateur de l'extérieur" parle-t-il ? Notre enquête commence quelques mois auparavant, une nuit troublée d'avril 1961.

Il y a 56 ans, dans la nuit du 21 avril 1961, le président Charles de Gaulle échappe de justesse à un coup d'État militaire : le putsch d'Alger, fomenté par 4 généraux dont le général Maurice Challe.

Ce que l'on ne vous dit pas en revanche c'est que le putsch d'Alger a été commandité par la CIA et les services secrets américains, de l'aveu même du président Kennedy :

Le lendemain du putsch, le président des États-Unis, John F. Kennedy appela personnellement l'ambassadeur de France à Washington Hervé Alphand pour lui assurer qu'il n'avait rien à voir dans ce complot mais qu'il ne pouvait en dire autant de ses services secret " aux pouvoirs si étendus et si mal supervisés qu'ils pouvaient être derrière les manœuvres les plus improbables".

Les "doutes" de Kennedy ont depuis été confirmés suite à la déclassification des archives secrètes de la CIA. Mais les livres écrits sur le sujet, dont celui de référence : "The Devil's chessboard" (L'Échiquier du diable) n'ont jamais été traduits en français.

Il faut dire que c'est toute une armée de l'ombre qu'entretenait en France et en Europe Allen Dulles, grand manitou de la CIA.

Cette armée était appelée "stay-behind groups", ceux qui restent derrière les lignes ennemies. Elle s'était développée depuis la Seconde Guerre Mondiale afin de s'assurer que l'Europe ne tombe pas dans le communisme.

C'est le premier ministre italien Giulio Andreotti qui vendit la mèche de cette armée secrète, le 24 octobre 1990 dénonçant le « secret politico-militaire le mieux gardé et le plus préjudiciable depuis la Seconde Guerre Mondiale ».

Cette armée était entretenue à grands frais. À chacun de ses séjours à Paris, Dulles s'installait dans une suite au Ritz où il recevait ses obligés et distribuait des valises de billets.

Et ce soir là, ils avaient tout prévu pour accueillir Challe à Fontainebleau, où l'OTAN avait alors ses quartiers, et marcher sur Paris avec mille hommes prendre l'Élysée et l'Assemblée.

Si le général Challe, héros de la Seconde Guerre Mondiale n'avait hésité à l'instant décisif devant la gravité de son acte, nulle doute qu'il serait arrivé au Général De Gaulle la même chose qu'à son homologue américain Kennedy assassiné quelques mois plus tard.

Cet épisode fut le premier de la longue guerre de l'ombre qui opposa De Gaulle aux services secrets américains et une nouvelle élite mondialisée.

Il révéla la côté obscur du pouvoir français et occidental... Un gouvernement de l'ombre, d'hommes politiques, d'espions, de financiers et d'hommes d'affaires contre lequel il lutta jusqu'à sa dernière bataille : celle de l'or de la France. (...)

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Comment Nadeen est devenue styliste de mode à Beyrouth grâce à Zeina

Le 29 juin 2017           <<<<<<<LFP<<<<<<<

FIGARO DEMAIN - Au Liban, une jeune femme, Zeina Saab, a mis en place un projet pour mettre en contact des jeunes talentueux mais sans moyen de réaliser leurs projets, avec des formateurs et des professionnels pour cultiver et développer leur passion.

Par Marc-Antoine Pelaez, L'Orient-Le Jour (Liban)

Zeina Saab fondatrice du Nawaya Project.
Zeina Saab fondatrice du Nawaya Project.

L'on a coutume de dire qu'une simple rencontre peut changer le cours d'une vie. Rien de plus vrai pour Zeina Saab. En 2009, alors que cette Libano-Américaine effectue son premier voyage humanitaire avec USAid à Chmestar, un village isolé du Liban, Zeina Saab rencontre Nadeen Ghosn dans un dédale de ruelles. Pas farouche, Nadeen, 14 ans, lui présente spontanément une collection de dessins. Ses dessins. Ce que Zeina Saab découvre, ce ne sont pas des dessins d'enfants maladroits, mais une série de croquis de robes élaborées. Des compositions qui ne détonneraient pas dans un atelier de couture. Et, pourtant, Nadeen n'a jamais appris ne serait-ce que les bases du dessin de mode.

Zeina Saab est époustouflée. En rentrant chez elle, la jeune femme n'a qu'une idée en tête: aider Nadeen. «Quand je l'ai rencontrée, j'ai su qu'un jour elle pourrait être la prochaine grande créatrice de mode. Mais Nadeen ne pouvait compter sur aucun soutien. Et, sans moyens ni ressources, son talent n'allait probablement jamais être mis en avant», raconte Zeina Saab, aujourd'hui âgée de 33 ans.

Un programme à visée mondiale

Aider Nadeen: l'idée fait son chemin dans la tête de la jeune titulaire d'une maîtrise en urbanisme du MIT. Jusqu'à 2012, année où elle fonde «The Nawaya Project», une ONG innovante dont la mission est de révéler les talents de jeunes Libanais marginalisés pour qu'ils puissent intégrer le monde du travail. Plus précisément, au cours des trois ans ayant suivi la rencontre avec Nadeen, Zeina Saab a eu le temps d'entreprendre les démarches nécessaires pour lancer le «Talent Program». Il s'agit là, pour la jeune femme et les 10 membres de l'équipe du Nawaya Project, de mettre en relation des jeunes issus de milieux défavorisés avec des formateurs et des professionnels.

«Nous créerons une communauté mondiale interconnectée, engagée dans le développement et l'autonomisation des jeunes marginalisés du monde entier»

Zeina Saab, fondatrice du Nawaya Project

L'objectif pour les bénéficiaires, quelques 300 jeunes depuis le début du projet: développer et cultiver leur passion dans des domaines aussi variés que la conception, la musique, l'athlétisme, l'écriture, les arts du spectacle, et même le codage ou la robotique. Si aujourd'hui son champ d'action se concentre sur le Liban, Zeina Saab veut voir plus loin. «Nous voulons élargir notre plateforme à tout le Moyen-Orient. Et si cela fonctionne, nous créerons une communauté mondiale interconnectée, engagée dans le développement et l'autonomisation des jeunes marginalisés du monde entier», lance la fondatrice avec conviction.

Nadeen expose ses dessins à Khaldoun, un bénéficiaire du réseau Nawaya.
Nadeen expose ses dessins à Khaldoun, un bénéficiaire du réseau Nawaya.

La première année où Nawaya Network s'est implanté à Beyrouth, Zeina a fait le nécessaire pour inscrire Nadeen Ghosn, la toute première bénéficiaire du programme, à la CAMM Fashion Academy, une des meilleures écoles de mode du Liban. Grâce à une opération de financement participatif (crowdfunding), Nadeen a bénéficié de 15.000 dollars pour ses trois ans d'études. «En m'envoyant à Nawaya, Zeina m'a donné la possibilité de prendre des cours dans des ateliers de mode de renom. Grâce au Talent Program, j'ai été formée par les meilleurs professionnels de mode. J'ai eu l'occasion de voir comment on réalisait des bijoux, des vêtements, des sacs à main…» déclare Nadeen avec enthousiasme. Aujourd'hui, la jeune fille est indépendante. Elle travaille à temps plein à l'Atelier C. à Beyrouth, et rêve de créer sa propre ligne de vêtements dans quelques années.

«Ce programme concerne énormément de personnes, car il est destiné avant tout aux Libanais, aux Syriens et aux Palestiniens»

Maria Achkar, chargée de communication chez Nawaya

Pour que perdure son ONG, Zeina Saab compte sur des sponsors ainsi que sur des partenaires régionaux et internationaux, parmi lesquels Patchi, une entreprise libanaise de fabrication de chocolat, Global Fund for Children, King Abdullah Fund for Development ou encore l'Unicef... Un système de donations en ligne est également accessible sur le site de Nawaya. «Les dons anonymes représentent la majorité de nos financements. Nous organisons aussi des événements pour le grand public et d'autres pour des investisseurs de tout le pays. Ce programme concerne énormément de personnes, car il est destiné avant tout aux Libanais, aux Syriens et aux Palestiniens», explique Maria Achkar, chargée de communication chez Nawaya.

De nouvelles perspectives de projets

Des jeunes participant aux Nawaya Project qui tend à se développer.
Des jeunes participant aux Nawaya Project qui tend à se développer.

Aujourd'hui, Nawaya a un nouveau grand projet, le programme «Impact Lab», financé par l'Unicef. L'objectif ici n'est pas de dénicher des talents, mais plutôt d'aider des jeunes Libanais sans emploi -sélectionnés via des rencontres organisées à travers tout le Liban- afin qu'ils puissent se lancer dans la vie active. «Tous doivent savoir lire et écrire, et avoir entre 18 et 26 ans. Sans quoi, il sera difficile de mettre en œuvre notre programme», explique la fondatrice du projet, qui consiste à organiser des rencontres avec ces jeunes et à leur proposer des ateliers de réflexion. «Nous passons une semaine à leurs côtés pour qu'ils développent, de manière créative, des solutions novatrices aux problèmes que rencontre leur communauté. Les idées les plus viables sont ensuite soumises à des entrepreneurs, lesquels contribuent à la poursuite et au financement des projets, à hauteur de 2000 dollars pour les plus intéressants», poursuit Zeina Saab. À terme, les idées des jeunes doivent devenir rentables, afin qu'ils puissent avoir les moyens de prendre, vraiment, leur vie en main: et c'est là le cœur du projet Nawaya.

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Un orchestre féminin au pays des talibans

Le 26 juin 2017    <<<<<<LFP<<<<<<<<<<<

FIGARO DEMAIN - En Afghanistan, un groupe de jeunes filles a constitué un orchestre de musique classique composé exclusivement de femmes, qui se produit régulièrement à l'étranger.

Par Hassan Karimi (Hasht e Sub, Afghanistan)

Dans l'une des salles de l'Institut National de Musique d'Afghanistan (ANIM), Zarifa Adeeb s'applique à jouer du violon au milieu de ses camarades avec une dextérité admirable. Cette jeune Afghane a longtemps rêvé de devenir chanteuse de pop, mais elle s'est finalement prise de passion pour la musique classique. Elle n'avait qu'un an lorsqu'elle s'est réfugiée au Pakistan où elle est restée plus de 15 ans, avant de décider de retourner dans son pays. «Je suis venue ici fin 2014. Lorsque je cherchais un professeur de musique, je me suis rendue compte qu'il y avait un institut de musique où l'on apprend la musique de manière professionnelle.» Actuellement en classe de terminale, cela fait deux ans que Zarifa Adeeb pratique le violon. Son cœur est rempli d'espoir. Et pourtant, cet enseignement lui aurait été interdit il y a à peine dix ans.

L'ANIM a été inauguré en 2010 par Ahmad Naser Sarmast, son actuel directeur général, et l'établissement s'inscrit dans une tradition d'enseignement musical fragilisée par l'histoire récente. Avec la création de l'Ecole de Musique en 1974, la musique est entrée dans le cursus du ministre de l'Education Nationale. Cette école a poursuivi ses activités jusqu'en 1988, mais elle est restée fermée durant la guerre et la période des talibans parce qu'ils avaient interdit la musique en prétendant qu'elle était illégale (Harâm).

Puis l'école a repris ses activités durant la période d'Hamid Karzai, l'ancien président d'Afghanistan. En 2008, Ahmad Naser Sarmast a pris la tête d'un projet nommé «Reconstruction de la Musique Afghane» subventionné par la Banque Mondiale. Deux ans plus tard, l'Ecole de Musique devient l'ANIM et propose des formations à la musique classique occidentale et orientale: des instruments comme le violon, l'alto, la guitare, le piano, la trompette, la flûte, mais également le robab, le ghichak, le tambour, le tabla, le qashqarcha, le 3 tar sorod et le delroba sont ainsi enseignés aux élèves. Le patrimoine musical de l'Afghanistan est l'un des plus riches au monde, du fait de l'influence croisée de l'Orient et de l'Occident.

75 filles sur 250 élèves

L'enseignement de la musique aux femmes, longtemps interdit, reprend timidement. Actuellement, l'ANIM compte 250 élèves, dont 75 filles. Et celles-ci se sont organisées pour jouer ensemble et former l'Orchestre Zohra, le premier orchestre afghan constitué exclusivement de filles. Il a commencé son activité en 2014 et son premier événement a eu lieu à l'ambassade du Canada à Kaboul. Zarifa Adeeb raconte: «L'année où je suis venue ici, nous étions seulement cinq filles, nous voulions organiser un groupe féminin car cette année-là à l'Institut, les garçons créaient des groupes de rock et de pop. C'était comme une concurrence. Alors, nous avons créé un groupe de chant. Au fur et à mesure, d'autres filles ont rejoint notre groupe. A ce moment-là nous n'étions qu'un groupe de chant et trois semaines après, le groupe s'est transformé en orchestre.»

Les musiciennes avec Ahmad Naser Sarmast, fondateur et directeur de l' ANIM (crédits Redis Azi).
Les musiciennes avec Ahmad Naser Sarmast, fondateur et directeur de l' ANIM (crédits Redis Azi).

«L'idée de l'Orchestre Zohra venait d'une jeune fille qui s'appelle Mina et qui était étudiante ici. Cette idée a été prise en compte par le Dr Naser Sarmast et aujourd'hui nous sommes témoins du succès de l'Orchestre Zohra», raconte Mohammad Murad Sharkhush, qui y enseigne le qashqarcha, un ancien instrument afghan. Il rappelle que Mina avait appris la trompette à l'Institut et qu'elle était une fille talentueuse. Malheureusement, comme beaucoup de monde, elle a été touchée par des problèmes familiaux et lorsqu'elle est partie dans sa province natale, sa famille ne l'a plus autorisée à revenir à Kaboul.

Mohammad Murad Sharkhush indique que les musiciennes de l'Orchestre ont entre 12 et 21 ans. Ces dernières années, l'Orchestre Zohra a participé à différents programmes à l'extérieur du pays comme le forum de Davos en Suisse. «L'un de nos succès était de pouvoir montrer une image positive de l'Afghanistan et de sa culture au monde. Cet orchestre a été soutenu par plusieurs pays et est également connu sous le nom des Anges de la musique.» indique-t-il.

La moitiés des élèves sont issus de la rue

Chaque année entre 300 et 400 candidats passent le concours d'entrée à l'Institut, et seulement 50 d'entre eux sont reçus. La moitié des candidats sont issus de la rue ou d' orphelinats, présentés par les ONG travaillant sur les droits de l'enfant en Afghanistan. En dehors de l'orchestre Zohra, onze autres groupes sont actifs au sein de l'institut.

Mohammad Murad Sharkhush continue: «Lorsqu'un changement vient dans un pays, il ne faut pas s'inquiéter, il faut être positif et je suis optimiste. L'Afghanistan est un pays où l'art occupe une place prépondérante dans la vie du peuple.»

À l'Institut national de musique d'Afghanistan, il y a des élèves riches et des orphelins qui suivent les cours de la musique sous le même toit. Ils jouent leur douleur, leur espoir, leur joie et leur chagrin en espérant qu'un jour, ils arrivent à réaliser leurs rêves d'enfance. Comme l'indique Ahmad Naser Sarmast, «l'institut national de musique d'Afghanistan est comme un îlot d'espoirs dans l'obscurité. Cet institut est le symbole de l'Afghanistan de demain.»

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Le sulfureux trésor de M. Bührle

Par Eric Biétry-Rivierre le 30 juin 2017    <<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<

Monet, Cézanne, Gauguin, Picasso ainsi  que quelques faux… Le plus riche fonds privé suisse s'expose, sans rien cacher de son histoire, à Lausanne.

Envoyé spécial à Lausanne

Outre la beauté du site qui domine Lausanne et le lac Léman, l'avantage d'aller à la Fondation de l'Hermitage est que s'y trouve régulièrement exposé, souvent en exclusivité, le meilleur des plus grandes collections privées suisses. Cette saison, c'est au tour de la Fondation E. G. Bührle d'être à l'honneur, puisque la demeure-musée de Zurich -lieu comparable à l'Hermitage- est en chantier. Elle prêtera à long terme deux cents de ses tableaux et sculptures au musée d'art de cette ville lorsque, en 2020, celui-ci disposera de l'extension construite actuellement par l'architecte britannique David Chipperfield.

Même si l'essentiel de la collection a été rassemblé entre 1951 et 1956, Emil Georg Bührle l'avait commencée dès les années 1930

Une telle reconfiguration s'impose, depuis qu'en 2008 quatre chefs-d'œuvre Bührle avaient été volés à la suite d'une attaque à main armée. Champ de coquelicots près de Vétheuil, de Monet et Branches de marronniers, de Van Gogh que l'on admire ici ont été heureusement retrouvés sur un parking voisin. Le Garçon au gilet rouge de Cézanne, et Ludovic Lepic et ses filles de Degas, ont quant à eux été saisis en avril 2012 à Belgrade lors d'un vaste coup de filet démantelant un réseau international.

Cet épisode n'est qu'un chapitre de plus dans une histoire pour le moins dramatique. Même si l'essentiel de la collection a été rassemblé entre 1951 et 1956, Emil Georg Bührle (1890-1956) l'avait commencée dès les années 1930. La recette de sa réussite? Après des études d'histoire de l'art, cet industriel s'était marié avec la fille d'un banquier, avait acheté le brevet d'un canon antiaérien et, de Suisse, avait participé à la modernisation militaire française, anglaise mais aussi au réarmement caché de l'Allemagne.

Un assidu des enchères

À partir de 1933, les nazis au pouvoir confisquent des biens de Juifs et expurgent des musées allemands l'art qu'ils jugent «dégénéré». Une grande partie est écoulée par le marché de l'art suisse, qui restera très actif durant le conflit. Dès l'été 1939, Bührle est un assidu des enchères organisées à Lucerne. Il se fait également conseiller par Fritz Nathan, marchand d'art munichois juif émigré à Saint-Gall. Bilan: entre 1939 et 1945 il a acquis 76 œuvres, rien qu'en Suisse.

Lors d'un autre procès, le tribunal a estimé que Bührle était de bonne foi lorsqu'il se fournissait auprès de ses marchands

Son usine, Oerlikon-Bührle & Co. figure sur la liste noire des Alliés. Mais c'est en tant que collectionneur que l'homme est jugé. Treize de ses peintures sont identifiées comme appartenant à des familles spoliées. Elles seront restituées… et parfois rachetées! C'est le cas de deux des tableaux présents aux cimaises: La Liseuse, magnifique Corot, et Été à Bougival de Sisley. Ils ont appartenu respectivement à Paul Rosenberg (voir l'exposition jusqu'au 23 juillet au Musée Maillol de Paris sur ce galeriste d'avant-garde, grand-père maternel de la journaliste Anne Sinclair) et aux héritiers de Moïse Lévy de Benzion.

Lors d'un autre procès, le tribunal a estimé que Bührle était de bonne foi lorsqu'il se fournissait auprès de marchands. Il aurait ignoré que les pièces qu'il obtenait provenaient au départ d'un vol ou d'un achat sous contrainte. Quoi qu'il en ait été, le juge lui a accordé le remboursement du prix d'achat.

Simultanément, l'entreprise de fabrication de matériel militaire se diversifie et s'internationalise considérablement, alimentant notamment l'Otan. Et Bührle fonde une banque d'industrie et de commerce à Zurich (l'actuelle banque privée IHAG Zurich AG). Cela lui permet de maintenir en partie son train de vie et sa politique d'acquisition. Jusqu'à sa mort, celle-ci tournera autour d'une centaine d'œuvres par an. Avec, par exemple, Le Garçon au gilet rouge, acquis en 1948, ou, l'année suivante, La Petite Irène, un des plus exquis portraits de Renoir.

Deux magnifiques faux

En 1960, sa veuve et leurs deux enfants créent la fondation, lui léguant 167 tableaux et pastels, ainsi que 31 sculptures. Le tout représentant environ un tiers de la collection d'alors. Ces faits sont expliqués très franchement, archives à l'appui, au dernier étage de l'Hermitage. Car depuis plus de douze ans, la Fondation E. G. Bührle mène des recherches approfondies sur ce passé gris-noir (www.buehrle.ch).

«Depuis 1998, la Suisse participe activement à la recherche sur l'histoire des œuvres entre 1933 et 1945» 

Sylvie Wuhrmann, directrice de la Fondation de l'Hermitage

Dernière surprise émaillant cette saga sulfureuse: dans ces combles sont également visibles deux magnifiques faux. Dans sa frénésie d'achats d'après-guerre Bührle s'était en effet fait pigeonner avec une copie falsifiée d'un autoportrait de Van Gogh. Il avait également acquis un autoportrait tardif de Rembrandt pour la plus grosse somme qu'il ait jamais déboursé. Las: en 1951 une radiographie des couches sous-jacentes a invalidé cette attribution sans appel possible.

Aux étages inférieurs, les toiles sont heureusement authentiques. Les portraits au rez-de-chaussée montrent comment les impressionnistes s'insèrent dans la tradition de ce genre, de Hals à Renoir en passant par Ingres, Corot, Courbet ou Fantin-Latour. Un autre groupe réunit des toiles de Delacroix, Daumier et Manet (Le Suicidé) afin d'illustrer l'influence du romantisme et du réalisme dans l'émergence de la peinture moderne.

Les paysages impressionnistes et postimpressionnistes occupent le premier étage autour des grands Champ de coquelicots près de Vétheuil de Monet, Le Semeur, soleil couchantde Van Gogh et Tournesols sur un fauteuilde Gauguin. Enfin, les nabis, les fauves, Toulouse-Lautrec, Modigliani (Nu couché, 1916) ou Picasso (Barcelone la nuit du début de la période bleue et une somptueuse Italienne de 1917) sont accrochés au sous-sol.

«Chefs-d'œuvre de la collection Bührle», à la Fondation de l'Hermitage, Lausanne (Suisse), jusqu'au 29 octobre. Catalogue La Bibliothèque des Arts/Fondation de l'Hermitage, 200 p., 48CHF (44€). Tél.: +41 (0)21 320 50 01. www.fondation-hermitage.ch

 

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Emmanuel Macron évoque les «gens qui ne sont rien» et suscite les critiques

Le 2 juillet 2017  <<<<<LF<<<<<<<<

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉO - Lors de son discours d'inauguration de la Station F à Paris jeudi, où un millier de start-up sont accueillies, le président a évoqué «des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien». La formule, largement reprise, suscite des réactions d'anonymes et de personnalités politiques.

Son discours se voulait un parallèle entre son parcours politique et celui d'un entrepreneur. Mais une phrase choisie par Emmanuel Macron lors de l'inauguration jeudi de la Station F, campus géant dédié aux start-up et initié par Xavier Niel, a éclipsé le reste. «Une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien», a affirmé Emmanuel Macron à la Halle Freyssinet. La référence renvoie au passé du lieu, dépôt ferroviaire jusqu'en 2006, le long des voies de la gare d'Austerlitz.

Le président de la République a filé cette métaphore pendant son discours. «Ne pensez pas une seule seconde que si demain vous réussissez vos investissements ou votre start-up, la chose est faite. Non, parce que vous aurez appris dans une gare, et une gare, c'est un lieu où on croise des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien, parce que c'est un lieu où on passe, parce que c'est un lieu qu'on partage», a-t-il dit dans le détail.

Et de conclure: «N'oubliez jamais en faisant changer» votre pays «que vous devez le faire changer pour longtemps, que vous avez à chaque instant cette responsabilité d'être né ou d'avoir grandi aussi dans cette gare, à Paris, en France, en Europe, quelque part dans le monde, et que cela vous l'emmènerez tout au long de votre vie.» L'extrait du discours a été posté dans la soirée sur le compte Twitter d'Emmanuel Macron.

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De vives critiques

L'extrait a été repéré et partagé par de nombreux internautes. La formule du président a rapidement fait réagir sur Twitter, engendrant de vives critiques, y compris de la part de certaines personnalités politiques. Martine Billard, secrétaire nationale du Parti de gauche, a évoqué la «morgue de classe» d'Emmanuel Macron. «Propos plus que honteux», a attaqué Florian Philippot. L'ancien ministre Thierry Mariani a dénonce le «mépris du président», tout comme l'ancienne ministre Christine Boutin, Julien Bayou, porte-parole d'EELV ou Pascal Durand, eurodéputé EELV, pour qui ce discours «illustre parfaitement la pensée macronienne». «Ce n'est pas un dérapage, c'est une honte», a également attaqué le psychanalyste médiatique Gérard Miller, soutien de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle.

 
 
 
 
 
 
 

Invité de France 3 ce dimanche, Nicolas Dupont-Aignan a de son côté estimé qu'Emmanuel Macron «devrait s'excuser» pour ces propos «profondément méprisants», rapporte Le Lab. «Qu'est-ce qu'on aurait dit», interroge l'ancien candidat de Debout la France, «si Nicolas Sarkozy avait dit cela».

D'autres messages d'internautes reprenant ces propos ont été retweetés plusieurs centaines de fois. Parmi les personnalités ayant commenté cet extrait, le journaliste Aymeric Caron a également critiqué le «mépris de classe».

 
 
 
 
 

Comme le rappelle un internaute, le président de la République a déjà eu à essuyer des accusations de mépris pour des propos tenus par le passé. Alors tout juste nommé ministre de l'Économie, Emmanuel Macron avait évoqué, en 2014, les salariées pour beaucoup «illettrées» des abattoirs Gad, dans le Morbihan. La polémique naissante l'avait poussé à s'excuser. Deux ans plus tard, ses propos tenus lors d'un déplacement dans l'Hérault avaient de nouveau été taxés de mépris: «Vous n'allez pas me faire peur avec votre T-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler», avait-il rétorqué à un salarié gréviste. Plus récemment, sa référence à «l'acoolisme et le tabagisme» dans le Nord lui a également valu une série de réactions critiques. Cette fois, il avait maintenu ses propos, les défendant sur le fond dans un communiqué. Peu après son élection, il a aussi suscité l'indignation en ironisant sur les kwassa-kwassa, des embarcations régulièrement utilisées par des migrants de l'archipel des Comores.

 
 

 

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Macron, dans les yeux des grands patrons

Bertille Bayart le 2 jullet 2017 <<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

ENQUÊTE - Soulagés par l'élection d'Emmanuel Macron qui a changé l'image de la France, les dirigeants du CAC 40 cèdent à l'euphorie ambiante. Interrogés par Le Figaro, ils confient leur espoir que les réformes annoncées soient menées pour de bon.

On n'est pas patron du CAC 40 sans avoir voulu ni sans aimer le pouvoir. Alors c'est en connaisseur que les dirigeants de multinationales ont assisté à la conquête de la République par Emmanuel Macron. Denis Kessler, PDG de Scor, compare sa victoire à l'élection présidentielle à une «diagonale du fou magistrale». La suite a été un sans-faute. «Il a montré une maestria impressionnante pour se donner les moyens d'agir, avec une large victoire aux législatives et un gouvernement de personnes compétentes dans leur domaine», affirme Pierre-André de Chalendar, le PDG de Saint-Gobain.

Pas de doute, pour les grands patrons, l'élection d'Emmanuel Macron a été une divine surprise. Pour ceux de gauche qui, à l'instar de Paul Hermelin, le PDG de Capgemini, ou Jean Peyrelevade, ancien PDG du Crédit lyonnais, ne croyaient pas la victoire possible par le centre et conseillaient l'an dernier à «Emmanuel» d'avoir la patience de réaliser la révolution sociale-démocrate de la gauche française. Pour ceux de droite, qui ont glissé sans hésitation un bulletin Macron dans l'urne au deuxième tour... et parfois même dès le premier.

«Les Français ont porté au pouvoir un homme jeune, avec une vraie vision pour le pays, et qui veut vraiment changer les choses»

Thomas Buberl, PDG d'AXA

«Après des semaines d'incertitude, j'ai été heureux que le résultat de l'élection ait été très clair. Les Français ont porté au pouvoir un homme jeune, avec une vraie vision pour le pays, et qui veut vraiment changer les choses», s'enthousiasme le PDG d'Axa, Thomas Buberl. De nationalité allemande, lui, n'a pas voté, mais il le dit: «La France a de la chance!» Ses homologues français sont gagnés par le même optimisme. Il faut dire que l'hiver et le printemps derniers, à force de les fréquenter comme l'exige leur métier, les grands patrons avaient fini par intérioriser une part de la peur des investisseurs anglo-saxons à l'idée d'une victoire populiste en France. Le verdict des urnes le 7 mai a été à la hauteur de cette inquiétude: cela a été «un grand “ouf” de soulagement!», reconnaît le PDG d'Orange, Stéphane Richard.

La France a mis un coup d'arrêt à la mécanique délétère enclenchée par le Brexit et l'élection de Donald Trump. La fierté a changé de camp. «L'image de la France a changé du tout au tout», affirmait il y a huit jours, sur Europe 1, Thierry Breton, PDG d'Atos. «Chez mes interlocuteurs internationaux, le doute vis-à-vis de la France s'est transformé en envie. La France fait envie! Et cela faisait longtemps que ce n'était pas arrivé», explique Stéphane Richard. «Il y a un avant et un après l'élection. Avant, nous devions presque nous excuser d'être basé à Paris. Aujourd'hui, c'est plutôt un atout», dit Antoine Flammarion, cofondateur de Tikehau Capital.

Vue d'ailleurs, l'élection d'Emmanuel Macron «interroge et fascine», décrit Henri Poupart-Lafarge, PDG d'Alstom. «L'effet générationnel», selon l'expression de Pierre-André de Chalendar, est massif. Même constat de la part de Patrick Pouyanné, le PDG de Total, interrogé sur le site Boursorama: «Cette élection, c'est un saut dans la modernité, notre pays est à l'avant-garde.» Cela donne envie d'y croire: «La France a une carte à jouer. Nous pouvons être la Californie de l'Europe. Notre pays regorge de talents qui ont le pied marin dans la data», illustre Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas.

Le président, jeune, probusiness, proeuropéen, «rapide, agile, global», selon les mots de Denis Kessler, séduit grands patrons et entrepreneurs. Et au salon Vivatech, le 15 juin, a touché juste: «En France, on aime les entrepreneurs à condition qu'ils ne réussissent pas trop bien. Et quand un entrepreneur réussit, on le jalouse, on se dit qu'il y a quelque chose de louche, on le stigmatise et, généralement, on le fiscalise. C'est terminé.»

Tout le monde a envie d'y croire

En fait, le plus dur commence... Il faut maintenant transformer l'essai, capitaliser sur la bouffée d'optimisme créée par l'élection, «se nourrir de ce sentiment, de cette énergie», selon Thomas Buberl. L'échec, qui ferait de nouveau courir le risque du populisme, est interdit. «Les attentes sont élevées. Il ne faut pas décevoir», explique Pierre-André de Chalendar, pour qui il «y a un peu de vent dans les voiles» avec l'amélioration de la conjoncture. «Cela va aider. Il ne faut pas gâcher cette chance.»«Il faut montrer des résultats rapidement», confirme Thomas Buberl. «On baigne encore dans cette ambiance un peu euphorique», reconnaît Stéphane Richard, mais «le moment de l'atterrissage est arrivé. Il va maintenant falloir s'attaquer à nos problèmes de fond».

« La seule voie possible pour réoxygéner la société civile, c'est de diminuer le poids de la dépense publique»

Denis Kessler

Emmanuel Macron et le gouvernement d'Édouard Philippe entrent «dans le dur», et tout le monde a envie d'y croire malgré la somme des contraintes notamment rappelée au souvenir de tous, la semaine dernière, par l'audit de la Cour des comptes. Malgré aussi, les interrogations persistantes sur l'ampleur des réformes envisagées. «Macron a été prudent pendant la campagne, maintenant on veut du concret», dit un dirigeant. Plusieurs patrons attendent encore des engagements clairs et ambitieux sur la réforme de l'État. «La seule voie possible pour réoxygéner la société civile, c'est de diminuer le poids de la dépense publique», martèle Denis Kessler. «L'étape du cadrage des dépenses publiques est déterminante», affirme Pierre-André de Chalendar, «notamment sur le volet de la dépense publique, sur lequel les annonces ont à ce jour été peu précises». «La réalité de l'action réformatrice sera aussi jugée sur quelques symboles», relève Stéphane Richard, «comme les nominations, le comportement de l'État actionnaire et les privatisations». «J'hésite encore», sourit un autre patron qui, au-delà des discours, constate «l'absence de “vrais” libéraux au gouvernement».

«Je suis d'un naturel optimiste!», déclare Henri Poupart-Lafarge. «Ils ont manifestement la volonté de faire, et il y a aujourd'hui dans le pays un élan, un positivisme indéniable.»«Pour le moment, il n'y a eu que des victoires», commente le PDG d'Axa, «les heures difficiles vont arriver. Il y aura des reculs, des crises. C'est normal. Il faut espérer qu'Emmanuel Macron saura garder le cap.» Même encouragement de la part de Denis Kessler: «L'ordre politique, c'est comme l'ordre gastronomique: poivré, salé, sucré. Il ne faut surtout pas temporiser sur les réformes annoncées.»

«Deux grands rendez-vous : la réforme du droit du travail et celle de la fiscalité. La première sera la mère de toutes les batailles»

Stéphane Richard

Comme le résume Stéphane Richard, le nouvel exécutif est face à «deux grands rendez-vous: la réforme du droit du travail et celle de la fiscalité. La première sera la mère de toutes les batailles. Si la réforme est jugée trop timide, il y a aura une forte déception, en France comme à l'étranger». Les patrons observent de près les tractations en cours avec les partenaires sociaux. Discrètement, pour ne pas gêner. Mais avec une pointe de scepticisme tout de même. Un peu décontenancés aussi par la méthode de négociation qui consiste à hacher si menu tous les sujets potentiels de discorde qu'on finit par perdre un peu de vue l'architecture globale. Le compte y sera-t-il en matière d'inversion de la hiérarchie des normes, de simplification? Au dîner du Siècle mercredi dernier, la mine - très - réjouie affichée par le dirigeant de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, en a inquiété plus d'un. «L'enjeu est au moins autant psychologique que technique. Il faut que le résultat soit une incitation forte à embaucher», résume Pierre-André de Chalendar.

Le test crucial du budget 2018

Le défi budgétaire s'annonce aussi considérable, et il a été rendu encore plus complexe par les «révélations» de l'audit de la Cour des comptes. Les patrons redoutent déjà depuis quelques semaines des reculs de la part de l'exécutif. «La maîtrise de la dépense publique est cruciale pour démontrer la crédibilité de la France», notamment vis-à-vis de l'Allemagne avec laquelle, affirme (l'Allemand) Thomas Buberl, «l'élection d'Emmanuel Macron permet d'envisager un rapport plus équilibré et donc bien meilleur». Pour plusieurs dirigeants d'entreprise, la promesse de campagne de contenir le déficit public à moins de 3 % du PIB en 2017 est déterminante. «C'est l'heure de vérité, dit Thierry Breton, si le premier acte politique est de dire qu'on ne respecte pas les règles (...) alors le quinquennat est mort!»

Le budget 2018 sera aussi un test crucial. «La mise en œuvre des réformes fiscales annoncées fera le plus grand bien à l'économie, notamment sur la fiscalité du capital, pour stopper les sorties régulières de notre pays de nombreux investisseurs et entreprises», explique Jean-Laurent Bonnafé. «Une priorité est d'amener l'épargne vers les canaux fertiles de l'économie», renchérit Antoine Flammarion.

Le gouvernement a commencé à laisser envisager un report de la transformation du CICE en baisse de cotisations patronales. Les grandes entreprises, à ce jour, laissent filer, espérant qu'au moins la réforme fiscale sera maintenue. Pas question de briser l'élan par des récriminations. Pour l'heure, le CAC est en soutien. «La confiance, il faut l'alimenter (...). Donc, l'intérêt, c'est que les bonnes volontés soutiennent Emmanuel Macron», disait la semaine dernière Patrick Pouyanné. À ce stade en tout cas, l'élite de l'économie française fait bloc derrière le nouvel exécutif.

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Intercontinental va ouvrir le premier 5-étoiles de Lyon

 

Jean-Yves Guérin le 22 juin 2017    <<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<

Imaginé après la fermeture de l'hôpital de l'Hôtel-Dieu, l'hôtel, qui comprendra 143 chambres, ouvrira ses portes fin 2018.

Une immense salle aux proportions impressionnantes dominée par un dôme culminant à 58 mètres. Quand l'Hôtel-Dieu de Lyon était un hôpital, ce lieu servait de chapelle. Demain, il va devenir le bar du nouvel hôtel Intercontinental. Il faudra patienter pour siroter un punch planteur dans ce lieu magique. Tout est encore en travaux. L'ouverture de l'établissement, qui comprendra 143 chambres, est prévue fin 2018.

Le projet d'installer un 5-étoiles est né en 2010, à la fermeture de l'hôpital, après huit siècles de bons et loyaux services. Pour donner une nouvelle vie à ce bâtiment de 51.000 m2 en cœur de ville, son propriétaire (les Hospices civils de Lyon) et la Ville de Lyon ont souhaité le transformer en partie en hôtel de luxe. Avec à la clé un appel d'offres où un promoteur immobilier devait s'allier avec un groupe hôtelier.

Monument historique

«Nous voulions disposer d'un 5-étoiles car Lyon n'avait pas d'établissement de ce standing, explique Georges Kepenekian, adjoint au maire de Lyon, en charge de la culture. Et, avec le développement du tourisme d'affaires, cela devenait indispensable.» C'est l'attelage Eiffage-Intercontinental qui l'a emporté fin 2010 pour mener à bien la plus grosse opération de reconversion d'un monument historique en France.

«Nous voulions disposer d'un 5-étoiles car Lyon n'avait pas d'établissement de ce standing»

Georges Kepenekian, adjoint au maire de Lyon, en charge de la culture

Cité de la gastronomie, commerces, bureaux, centre de convention… Le nouvel Hôtel-Dieu sera multi-usages. Mais c'est le 5-étoiles qui suscite le plus d'attentes. La suite présidentielle aura un balcon donnant sur le bar et le grand dôme. Et il y aura une vingtaine de chambres duplex. «Nous avons fait une chambre duplex témoin pour qu'Intercontinental sache à quoi s'attendre», explique Thierry Brossard, en charge chez Eiffage construction de ce projet à 180 millions d'euros.

Ce chantier n'a débuté qu'en 2015, car il a fallu beaucoup de temps pour obtenir les permis de construire. Et, comme il s'agit d'un monument historique, pas mal de pièces ou d'éléments doivent être changés en respectant le style de l'époque. «Nous sommes en train de remplacer ou de rénover à l'identique 1400 fenêtres, 15.000 m2 de toitures et de refaire 40.000 m2 de façades», illustre Thierry Brossard. Visiblement, les investisseurs ont confiance dans le résultat: Eiffage a vendu l'Hôtel-Dieu à Crédit Agricole Assurances pour plus de 200 millions il y a deux ans.


Bouygues en pointe dans la rénovation de grands hôtels

Si le Crillon rouvre comme prévu le 5 juillet, c'est en partie grâce à Bouygues. Le groupe de BTP a terminé ce chantier fin mai en temps et en heure. Une performance car les travaux étaient complexes: il fallait notamment créer un deuxième niveau de sous-sol pour y installer une piscine. Le George V, le Prince de Galles, le Ritz: Bouygues s'est fait une spécialité de la rénovation des grands hôtels. Il refait actuellement le Concorde Lafayette et l'hôtel Fouquet's. «En 2016, l'hôtellerie a représenté 50 % de notre chiffre d'affaires, qui s'est élevé à 350 millions d'euros», résume Thierry Auriault, directeur général de Bouygues Bâtiment Ile-de-France rénovation privée.

 

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"Biens mal acquis": de nouvelles inculpations

Le 25 juin 2017    <<<<<LFP<<<<<

La fille et le gendre du président congolais Denis Sassou-Nguesso ont été inculpés dans l'enquête ouverte depuis 2010 sur l'origine du patrimoine en France de familles de dirigeants africains, indiquent dimanche des sources proches du dossier.

» «Biens mal acquis» : le procès de Teodorin Obiang à Paris reporté

Après le neveu du président, Wilfrid Nguesso, en mars, les juges d'instruction parisiens ont mis en examen mardi, Julienne Sassou-Nguesso, 50 ans, et son mari Guy Johnson, 53 ans, pour les mêmes faits de "blanchiment de détournement de fonds publics" dans le cadre de l'enquête sur les "biens mal acquis". Celle-ci porte sur les conditions d'acquisition de riches patrimoines en France par plusieurs dirigeants africains.

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Déradicalisation : « Le gouvernement délègue tout aux associations»

Anne Jouan,  le 25 jun 2017   <<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<

VIDÉO - Les familles d'enfants partis faire le djihad s'inquiètent de la mise en examen de trois parents de djihadistes français, membres d'associations, pour détournement des fonds envoyés en Syrie.

Les parents, notamment les mères de jeunes Français partis en Syrie, sont très critiques sur la façon dont les associations de lutte contre la déradicalisation sont gérées et laissées sans contrôle de la part de l'État: «Certaines profitent du système. On est dans un business lamentable, regrette une mère dont le fils est mort en Syrie. Le gouvernement devrait plus réfléchir et mieux se renseigner avant d'allouer des fonds. Il est facile de monter une structure qui dit lutter contre la radicalisation. Mais derrière, que fait-elle réellement? Les pouvoirs publics doivent savoir à qui ils donnent de l'argent et mieux contrôler les associations.»

«Cette histoire va jeter le discrédit sur les familles qui n'ont pas besoin de ça. Car il faut bien comprendre le traumatisme que peut représenter le fait d'être parents de djihadistes»

Véronique Roy

Véronique Roy, 54 ans, a perdu son fils Quentin à l'âge de 23 ans en Syrie l'an dernier (1). Elle est en colère contre le manque de transparence de ces associations qui va «jeter l'opprobre» sur les familles dont les enfants sont partis. «C'est effrayant. On a l'impression d'être dans un film de science-fiction. Cette histoire va jeter le discrédit sur les familles qui n'ont pas besoin de ça. Car il faut bien comprendre le traumatisme que peut représenter le fait d'être parents de djihadistes. Le grand public a peur du terrorisme et de l'islam radical violent. Mais le jugement des gens sur nous, parents, est dur. Nous serions déficients, nous n'aurions pas donné assez d'amour à nos enfants.» La mère de Quentin déplore le manque d'engagement de l'État dans la lutte contre la radicalisation.

L'an dernier, elle avait alerté la ministre de la Famille, Laurence Rossignol et le président Hollande de l'opacité de certaines associations. «Le gouvernement ne fait rien et délègue tout aux associations. Bien sûr, sur le terrain, Daech est affaibli. Mais ici, que faisons-nous réellement?», demande Véronique Roy.

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(1) Auteur de Quentin, qu'ont-ils fait de toi? , Robert Laffont, février 2017

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Un banquier escroque sa cliente jugée «raciste»

Le 25 juin 2017        <<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<

Un jeune banquier sera jugé en août à Bobigny pour avoir escroqué pour près de 400.000 euros sa cliente octogénaire, expliquant notamment avoir "craqué" face aux propos "racistes" de cette dernière. Cet homme de 27 ans a voulu "pousser un coup de gueule" contre son employeur a expliqué son avocat, Manuel Abitbol.

"Plusieurs éléments se sont ligués", a ajouté l'avocat: "une surcharge de travail, le fait qu'il ne se sentait pas considéré par sa hiérarchie et les propos racistes et islamophobes tenus selon lui par sa cliente, alors que lui et sa famille sont musulmans".

Le jeune homme qui travaille dans une agence LCL à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) est soupçonné d'avoir détourné, entre mars et décembre 2016, 380.000 euros de l'assurance vie de cette cliente âgée de 89 ans.

36.000 euros de lingots d'or

L'enquête a démarré après un signalement du directeur de l'agence qui s'inquiétait d'un changement d'adresse de la victime. Contactée par la banque, la cliente qui n'avait jamais changé d'adresse, avait alors déposé plainte. Il s'est avéré que cette adresse correspondait en réalité à un appartement appartenant au banquier. Cet appartement, et un deuxième logement acheté avec l'argent détourné, ont été saisis, ainsi que 36.000 euros de lingots d'or découverts en perquisition.

Placé sous contrôle judiciaire vendredi, selon une source proche du dossier, le banquier sera jugé le 21 août pour "escroquerie". "Son casier judiciaire est vierge et il a reconnu les faits à la première seconde de sa garde à vue", a souligné son avocat.

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Après la débâcle électorale, les difficultés fnancières pour le PS

Mathilde Siraud le 25 juin 2017  <<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<<<

Actuellement de 25 millions d'euros, la dotation publique ne sera plus que de 7 millions d'euros en 2018.

Un PS au bord de la faillite? Passé les lendemains funestes des défaites électorales, le parti doit désormais réfléchir à comment vivre plus chichement. Car la baisse du nombre d'élus coûte cher. Actuellement de 25 millions d'euros, la dotation publique ne sera plus que de 7 millions d'euros en 2018. Soit une division par presque quatre… «C'est un scénario pire que celui qu'on avait envisagé en mars-avril, indique Jean-François Debat trésorier du parti. Nous sommes dans la même situation qu'une entreprise qui vit un bouleversement de ses conditions économiques.» Le budget annuel, qui s'élève à 30 millions d'euros, devrait être sérieusement revu à la baisse. Même les frais engagés pour la campagne présidentielle de Benoît Hamon, estimés entre 14 et 15 millions d'euros, devraient être dépassés…

Plusieurs décisions vont s'imposer au PS. Pour pallier cette réduction des ressources financières, le parti pourrait se séparer de ses biens immobiliers, à commencer par son emblématique siège parisien, un imposant hôtel particulier de la rue de Solferino (VIIe arrondissement), estimé entre 50 et 60 millions d'euros par les experts. À Marseille, la fédération souhaite mettre en vente son local, évalué à environ 3 millions d'euros, expliquait il y a deux jours le secrétaire général PS des Bouches-du-Rhône. Mais dans un communiqué transmis dimanche soir par le PS à Paris, Jean-Christophe Cambadélis «dément tout acte de vente du siège de la fédération PS des Bouches-du-Rhône». Ces «locaux sont majoritairement détenus par le PS national, or celui-ci n'a pas encore pris de décision de vente.» «Il n'y a de toute façon aucune urgence, puisque la baisse de la dotation n'interviendra qu'en 2018 et que nous n'avons aucune dette», précise Jean-François Debat.

Un comité d'entreprise mardi

Autre poste de dépense sur lequel le PS pourrait faire des économies : la masse salariale, qui s'élève à 12 millions d'euros par an au niveau global.

Autre poste de dépense sur lequel le PS pourrait faire des économies: la masse salariale, qui s'élève à 12 millions d'euros par an au niveau global. Dans son siège national, le parti emploie 110 personnes. «Des réunions d'information vont avoir lieu entre les organisations syndicales et les instances du personnel pour présenter la situation aux salariés», annonce le trésorier.

Premier rendez-vous: un comité d'entreprise, réuni ce mardi, ainsi qu'une réunion le lendemain avec les permanents. Ce nouveau contexte financier sera l'un des éléments de la feuille de route de la future direction collégiale, installée le 8 juillet prochain. «On va devoir entériner des propositions globales pour l'avenir financier du PS», annonce Jean-François Debat.

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La ministre de la santé envisage de rendre onze vaccins obligatoires

François Béguin le 16 juin 2016    <<<<<LM<<<<

Dans un entretien au « Parisien », Agnès Buzyn souligne la recrudescence de maladies infantiles. Aujourd’hui, seuls trois vaccins sont obligatoires.

C’est l’amorce d’un tournant majeur dans la politique vaccinale en France. La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a annoncé, vendredi 16 juin, dans Le Parisien réfléchir « à rendre obligatoire les onze vaccins » destinés aux enfants, « pour une durée limitée, qui pourrait être de cinq à dix ans ».

Seuls trois vaccins sont aujourd’hui obligatoires pour les enfants de moins de 18 mois : diphtérie, tétanos et poliomyélite (DTP). Huit autres, dont la coqueluche, l’hépatite B ou la rougeole, sont seulement recommandés.

Les onze vaccins qui pourraient être rendus obligatoires :

  1. Polio
  2. Tétanos
  3. Diphtérie
  4. Coqueluche
  5. Rougeole
  6. Oreillons
  7. Rubéole
  8. Hépatite B
  9. Bactérie Haemophilus influenzae
  10. Pneumocoque
  11. Méningocoque C

Alors que la France connaît un taux de couverture vaccinale parmi les plus faibles d’Europe et qu’une vive défiance vis-à-vis des vaccins a émergé depuis quelques années, Mme Buzyn estime que ce « double système » de vaccins obligatoires et de vaccins recommandés « pose un vrai problème de santé publique ».

« Il y a des fois où l’obligation est une bonne chose pour permettre à la société d’évoluer », ajoute-t-elle, rappelant que la rougeole a causé la mort de dix enfants depuis 2008, et que le taux de couverture de vaccination contre cette maladie est de 75 % alors qu’il devrait être de 95 %.

Délai serré

Si la nouvelle ministre prend position aussi rapidement sur cette question sensible, c’est en raison du calendrier très serré imposé par le Conseil d’Etat. Saisie par une association de promotion des « médecines naturelles », la plus haute juridiction administrative avait enjoint en février au gouvernement de prendre des mesures pour rendre disponibles d’ici au 8 août les trois vaccins obligatoires (DTP), introuvables depuis 2008 sans être associés avec d’autres. Une mise sur le marché impossible dans un délai aussi serré, avaient fait valoir les laboratoires pharmaceutiques, pour qui la mise au point d’un nouveau vaccin DTP prendrait une « dizaine d’années ».

Dès lors, l’alternative de Mme Buzyn était simple : lever l’obligation vaccinale par décret ou demander aux députés d’étendre les obligations vaccinales, afin que celles-ci correspondent aux vaccins disponibles sur le marché. C’est la solution préconisée par Marisol Touraine, la prédecesseure de Mme Buzyn, qui avait annoncé lors de la passation de pouvoir le 17 mai avoir préparé un texte de loi en ce sens. C’était également ce que recommandait en novembre 2016 le comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination présidé par le spécialiste en immunologie pédiatrique Alain Fischer.

Clause d’exemption

En contrepartie, le comité souhaitait proposer, outre une prise en charge intégrale par l’Assurance-maladie de ces onze vaccins, la mise en place d’une clause d’exemption, motivée par leurs convictions, aux parents qui ne souhaitent pas faire vacciner leur enfant. Une clause amenée à être supprimée si elle était trop utilisée, avait prévenu M. Fischer. A ce stade, Mme Buzyn n’a cependant pas annoncé si elle comptait reprendre ces propositions à son compte.

Augmenter le nombre de vaccins obligatoires « constituerait un recul sans précédent de nos libertés ainsi qu’un parfait mépris pour les victimes de la vaccination qui, sans être nombreuses, existent et méritent d’être prises en compte », avait fait valoir jeudi 15 juin dans une lettre à ses adhérents Augustin de Livois, le président de l’Institut pour la protection de la santé naturelle, l’association à l’origine des requêtes déposées devant le Conseil d’Etat.

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Carl Hubert : Comment Macron a-t-il fait disparaître les « millions Rothschild » de son patrimoine ?

Le 31 mars 2017     <<<<<<<<BV<<<<<<<<<

Comment Emmanuel Macron a-t-il fait disparaître de son patrimoine les millions qu’il a gagnés chez Rothschild ? Certains points étranges ne devraient-ils pas donner lieu à une enquête du fisc ? Pour « gommer » cet argent, l’a-t-il investi dans un trust, des œuvres d’art ? Ces opérations pourraient-elles indirectement financer sa campagne ? Carl Hubert s’est penché pour Boulevard Voltaire sur toutes ces zones d’ombre potentiellement explosives à quelques jours des élections si, d’aventure, « on » daignait s’y intéresser de plus près.

 

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Traite des êtres humains en France: un portrait-robot des victimes

Jean-Marc Leclerc le 13 juin 2017          <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<

INFOGRAPHIE - Une étude inédite dresse le profil des prostituées, mendiants, forçats et autres esclaves domestiques exploités par les mafias sur le territoire.

Huit fois sur dix, il s'agit d'exploitation sexuelle. En France, les victimes de traite des êtres humains sont majoritairement ressortissantes du Nigeria, puis viennent les Roumaines et les Marocaines. Le Figaro a eu accès à une étude inédite portant sur 1826 victimes suivies par des associations. «Parmi elles, 1476 ont été victimes d'exploitation sexuelle, 185 de servitude domestique, 80 de travail forcé, 66 de contrainte à commettre des délits et 13 de mendicité forcée.»

En partenariat avec la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) a donc choisi d'éclairer cette forme de criminalité du point de vue de celles et ceux qui en souffrent.

 «Les filles ne découvrent bien souvent qu'à leur arrivée en France que le travail qu'elles effectueront sur les trottoirs de Paris ou de Poitiers n'est pas celui promis au départ»

Un représentant d'association

Un questionnaire a donc été élaboré, envoyé à 59 associations identifiées. Sur les 33 ayant répondu, 13 ont pu fournir des données pour 2015, année de référence de ce travail très documenté. Bien sûr, «ces résultats ne sont pas représentatifs de l'ensemble des victimes de traite suivies par les associations», mettent en garde les auteurs de l'enquête. Celle-ci renseigne en tout cas sur les profils des personnes et les formes d'exploitation subies.

Dans le détail, «parmi les victimes de traite suivies en 2015 par les associations, 888 étaient originaires du Nigeria (49 %). On note également une forte présence sur le territoire français de victimes originaires de Roumanie (116 victimes), du Maroc (96), de Bulgarie (51) et d'Algérie (46). On dénombre également 87 Françaises», constate l'ONDRP. De quoi établir les premières proportions.

L'examen par type de délit «permet de mettre en lumière des profils de victimes particuliers». Ainsi, «plus de 9 victimes d'exploitation sexuelle sur 10 sont des femmes». La part des Nigérianes pour ce type d'atteinte grimpe même à 60 %! Dans la coulisse prospère une véritable mafia. «Les filles ne découvrent bien souvent qu'à leur arrivée en France que le travail qu'elles effectueront sur les trottoirs de Paris ou de Poitiers n'est pas celui promis au départ», confie un représentant d'association.

Les victimes en provenance d'Afrique du Nord ne représentent que 5 % des victimes d'exploitation sexuelle concernées par l'étude. «En outre, en France, il a été aussi mis en évidence que de nombreuses victimes étaient originaires d'Europe (16 %). Un peu moins des deux tiers provenaient d'Europe de l'Est et du Sud (65 %, soit 152 victimes sur 233), notamment de Roumanie (55 victimes), de Bulgarie (43) et d'Albanie (37)», précise l'ONDRP.

L'analyse se veut nuancée: «La traite des êtres humains ne se résume pas à un phénomène transfrontalier. Les associations ont également suivi 80 victimes françaises d'exploitation sexuelle, soit 34 % des victimes d'Europe et 5 % de l'ensemble des victimes.» Par ailleurs, relève ses auteurs, «2 % des victimes étaient originaires d'Amérique (36 victimes), la plupart venant du Brésil (72 %). Environ 1 % des victimes venaient d'Asie (soit 18 victimes, dont 15 originaires de Chine).»

Selon les données traitées, chez les prostituées suivies, 57 % sont tombées enceintes au cours de leur exploitation, 80 % sont ou ont été logées par leur «exploiteur» et 10 % sont mineures.

L'esclavage domestique se déroule quant à lui dans un cadre très souvent familial

L'esclavage domestique? Il se déroule quant à lui dans un cadre très souvent familial. «La quasi-totalité des personnes victimes de servitude domestique sont des femmes, pour les deux tiers originaires d'un pays d'Afrique du Nord ou de l'Ouest (hors Nigeria), alors que le travail forcé est subi principalement par des hommes (74 %)», écrivent les chercheurs. Cette dernière catégorie inclut maints travailleurs saisonniers.

Par ailleurs, «concernant la contrainte à commettre des délits, les victimes sont toutes mineures et dans leur quasi-totalité originaires de l'Europe de l'Est et du Sud». Dans cette catégorie, «la majorité avaient entre 15 et 17 ans (54 victimes). Douze autres victimes, encore plus jeunes, avaient entre 13 et 14 ans. La plupart étaient originaires d'Europe de l'Est et des Balkans (58 de Roumanie, 2 de Bosnie-Herzégovine, 2 de Serbie). Il est à noter que 4 victimes venaient du Vietnam.»

Une telle peinture peut sembler un peu trop clinique, mais «c'est une première étape pour essayer de quantifier un phénomène criminel en pleine expansion que les statistiques administratives de la police et de la justice ont du mal à appréhender», rappelle Christophe Soullez, le directeur de l'ONDRP. Son étude révèle par exemple que, pour la moitié des victimes contraintes à commettre des délits, les associations avaient détecté «une situation d'addiction (drogues, alcool, médicaments)». Auteurs de larcins à la chaîne, ces jeunes restent avant tout les otages d'un système.

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Panama Papers : le premier ministre pakistanais devant la justice

Emma de Pierrepont le 14 juin 2017           <<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<

Un an après le scandale des Panama Papers, le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif est appelé jeudi à répondre aux soupçons de corruption liés aux révélations du cabinet d'avocats panaméen, le visant lui et sa famille.

Mis en cause dans l'affaire des Panama Papers dévoilée il y a un an, les services du gouvernement ont annoncé que le premier ministre pakistanais répondrait jeudi à la convocation de la commission d'enquête conjointe chargée de l'affaire. Soupçonné de détournement de fonds via les holdings offshore inscrites dans les documents panaméens, Nawaz Sharif, d'abord élu à deux reprises (en 1990 et 1997) puis écarté du pouvoir par un coup d'État de l'armée en 1999, avait été réélu premier ministre en 2013 après la victoire de son parti la Ligue musulmane. C'est la première fois qu'un chef de gouvernement pakistanais en exercice répond à une telle procédure. À un an des prochaines élections qui lui semblaient acquises, Sharif risque la destitution.

Scandale familial

Les Panama Papers ont été divulgués par le Consortium international des journalistes d'investigation en avril 2016. Ils ont provoqué un véritable séisme dans la classe politique pakistanaise, en révélant le lien entre la famille Sharif, l'une des plus grosses fortunes pakistanaises, et pas moins de 8 compagnies offshore. Les enfants du premier ministre apparaissent sur la liste des personnalités possédant des sociétés et des biens immobiliers via des holdings offshore, gérées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca.

Ce système aurait permis à la famille Sharif d'acquérir notamment plusieurs appartements luxueux du centre de Londres avec des fonds n'apparaissant pas dans leurs déclarations fiscales. Maryam, l'une des filles de Nawaz Sharif, est le membre de la famille le plus visé par les révélations. Désignée comme héritière politique de son père (c'est elle qui avait organisé sa campagne victorieuse en 2013), son avenir politique pourrait être fortement compromis par les suites de cette affaire.

Le premier ministre pakistanais a nié publiquement toutes malversations, et affirme que les fonds proviennent de sociétés familiales basées au Pakistan et dans le Golfe. Son fils, Hussain Nawaz, a lui déjà été entendu 5 fois par la Commission d'enquête conjointe.

Un pays rongé par la corruption

L'affaire des Panama Papers pakistanais agite le pays depuis des mois. Créée fin avril par la Cour suprême du pays à la suite des révélations, et composée de représentants du bureau anti-corruption et de membres des services secrets militaires, la Commission d'enquête conjointe doit rendre ses conclusions d'ici 60 jours. Elle avait annoncé en avril que les éléments de l'affaire ne permettaient pas d'engager une procédure de destitution à l'encontre de l'actuel premier ministre. Elle a cependant continué son investigation malgré les pressions politiques du parti au pouvoir. L'opposition incite, elle, Nawaz Sharif à démissionner avant la publication des conclusions de l'enquête.

La convocation officielle de la Commission, relayée sur les réseaux sociaux, somme le premier ministre de présenter jeudi tous les documents justifiant l'enrichissement de sa famille. La ministre de l'Information, Marriyum Aurangzeb, a confirmé, dans un communiqué, que le premier ministre présenterait ses archives fiscales aux enquêteurs.

L'audition d'un membre du gouvernement membre de la haute société pakistanaise reste une première dans ce pays pourtant gangrené par la corruption. Pour Naeem ul Haque, porte-parole du parti d'opposition Mouvement du Pakistan pour la Justice, cet épisode est aussi un test pour le système judiciaire pakistanais et une façon de prouver que «tous les citoyens sont égaux devant la loi.»

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La course au bistouri des jeunes Chinoises

Cyrille Pluyette le 14 juin 2017            <<<<<<LFP<<<<<<<<<

REPORTAGE - Pour tenter de faire fortune grâce au boom des vidéos en direct sur Internet, les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses en Chine à faire appel à la chirurgie esthétique. Quitte à dépenser des fortunes et à finir par toutes ressembler à des personnages de dessins animés.

De notre correspondant à Pékin

En sa présence, on ressent une sorte de malaise qui ne se dissipera pas au cours de l'entretien, dans le bar d'un hôtel chic de Pékin où elle a donné rendez-vous. Chen Shiqing, 21 ans, fait partie des bataillons de jeunes Chinoises ayant changé de visage pour devenir des célébrités sur Internet. Sagement assise, vêtue d'une jupe en jean blanc et de sandales rose métallique, elle a des yeux démesurément grands depuis qu'elle s'est fait opérer des paupières. La jeune fille, qui a aussi modifié son nez et injecté de la graisse dans ses pommettes, fait penser à un personnage de dessin animé japonais.

 «Après mes opérations de l'an dernier, j'ai gagné 100.000 abonnés en deux mois sur ma page Weibo»

Chen Shiqing

Originaire de la province du Shandong (au sud de Pékin), Chen Shiqing est parvenue à faire régler la facture - 9000 euros - aux deux tiers par ses parents, après «plusieurs disputes». Elle considère que c'est un excellent investissement. «Après mes opérations de l'an dernier, j'ai gagné 100.000 abonnés en deux mois sur ma page Weibo», le Twitter chinois, assure-t-elle. Quelque 370.000 adolescentes suivent ses conseils de mode, parfois prodigués dans des vidéos en direct, et peuvent acheter les articles de sa ligne de vêtements sur le site de commerce en ligne Taobao. Six mois après le lancement, c'est une affaire qui marche: elle dit toucher de 60.000 à 80.000 yuans par mois (7800 à 10.400 euros).

UrAshi - c'est son pseudonyme - réalise son rêve et celui de beaucoup de Chinois de la nouvelle génération: bien gagner sa vie sans travailler trop dur. «Je ne voulais pas exercer un métier traditionnel», témoigne-t-elle. Chen Shiqing a commencé à partager son quotidien sur Internet dès sa sortie de l'université et s'est rapidement dit que «devenir une star en ligne était un bon plan de carrière».

La célébrité à portée de clics

Depuis l'explosion ces dernières années des pages personnelles et des plateformes de vidéos en ligne, de nombreux jeunes Chinois rêvent d'imiter la réussite des vedettes «virtuelles». Dans ces vidéos, des filles (à 80%) s'offrent au regard de leurs fans en égrainant quelques platitudes ; d'autres chantent ou dansent. Les internautes sont incités à leur faire des cadeaux en cliquant sur des icônes. Ces dons peuvent être convertis en monnaie sonnante et trébuchante. Certaines starlettes sont aussi sponsorisées par des marques. Dans ce panthéon électronique, les divinités les plus connues gagnent des fortunes. La plus populaire (5,16 millions d'abonnés), Zhang Dayi, a récolté l'an dernier l'équivalent de 2,6 millions d'euros en deux heures, lors d'une vente effectuée via une vidéo en ligne. Cherie, la petite amie du fils de l'homme le plus riche de Chine, Wang Jianlin, est suivie par 3,7 millions de Chinois. Elle percevrait près de 20 millions d'euros par an grâce à ses ventes de vêtements. Même si beaucoup ne l'avouent pas, une grande partie des filles qui se sont fait un nom sur Internet sont refaites.

Chen Shiqing, qui a tenté sans succès il y a quelques années de devenir actrice, estime qu'elle n'avait pas le choix.«Tout le monde n'a pas la chance d'être né avec le beau visage que demandent les fans. Pour la majorité des filles qui veulent s'imposer sur le créneau de la beauté ou de la mode, la chirurgie est indispensable», diagnostique-t-elle.

Il n'y a pas si longtemps, c'est la beauté plus naturelle des actrices de cinéma qui nourrissait l'imaginaire

Il n'y a pas si longtemps, c'est la beauté plus naturelle des actrices de cinéma qui nourrissait l'imaginaire. Mais les vedettes de la K-pop (un style musical sud-coréen très populaire en Chine) et, plus récemment, les stars du Net ont imposé des canons différents. «Celles qui visent une carrière en ligne, et qui cherchent à devenir célèbres du jour au lendemain, veulent des traits exagérés, qui font penser à un célèbre personnage de dessin animé chinois, avec de très grands yeux, un nez droit et un menton très pointu», explique Luan Jie, chirurgien à l'hôpital de chirurgie esthétique de Pékin, qui voit des patientes de plus en plus jeunes. Le pire, précise-t-il, «c'est que certaines ne trouvent même pas ça beau!». Son établissement refuse ce type d'opérations, mais rien n'empêche de se rabattre sur des cliniques clandestines.

Beaucoup de ces jeunes filles veulent obtenir un visage qualifié de «sang-mêlé», intégrant des caractéristiques européennes poussées à outrance, renchérit Liu Di, le fondateur de Gengmei («plus belle»), une plateforme Web spécialisée dans la chirurgie esthétique réunissant 18 millions d'utilisateurs. Pour coller à la demande, les cliniques ont changé les noms des opérations: elles proposent désormais des yeux ou nez «européens». Spectaculaires en vidéo, ces visages refaits sont toutefois souvent étranges dans la vie réelle et ont tendance à tous se ressembler.

Un rendez-vous au bloc opératoire

«Depuis l'avènement des stars en ligne, les jeunes pensent que la célébrité est à leur portée et que leurs revenus seront directement liés à leur apparence», souligne Liu Di. Le marché de la célébrité sur Internet (vidéos, ventes de produits…) a été estimé à plus de 7,5 milliards d'euros en Chine l'an dernier par la société CBNData, affiliée au géant du e-commerce Alibaba. Davantage que les recettes des entrées de cinéma dans ce pays! Plus de 200 plateformes diffusent en permanence des vidéos en direct. Des agences de talents recrutent les futures stars et gèrent leur carrière. Leur premier réflexe, selon un connaisseur du secteur, est de leur organiser un rendez-vous au bloc opératoire…

En quelques clics, les internautes peuvent choisir leur opération, prendre rendez-vous avec un médecin et faire un prépaiement

Mais beaucoup de candidates prennent les devants. Un écosystème assez surréaliste favorise cette pratique. Pour coller à la demande d'adolescentes accros aux selfies, des constructeurs chinois de téléphones ont perfectionné la fonction appareil photo et l'ont dotée d'applications permettant de retoucher le cliché. Il est ensuite très simple de transformer l'image obtenue en réalité. Sur le site Gengmei, des jeunes passés sur le billard partagent leur expérience et publient des photos «avant, après».

On trouve aussi des conseils pour des injections et des liens vers des cliniques. En quelques clics, les internautes peuvent choisir leur opération, prendre rendez-vous avec un médecin et faire un prépaiement. Le passage par l'hôpital ne garantit cependant pas le succès dans un secteur que se disputent toujours plus de clones. Sur plus d'un million de «stars en ligne» plus ou moins connues, seule une petite minorité parviendrait à vivre de leurs «shows».

Un secteur très peu réglementé

Pour se distinguer, certaines choisissent de parler… de chirurgie esthétique. Li Yuan (son nom a été modifié) connaît bien le sujet: elle a effectué une dizaine d'opérations sur tout le corps, pour une facture totale de près de 80.000 euros. La jeune ambitieuse de 24  ans, qui a déjà participé à une célèbre émission de téléréalité, est suivie par 29.000 fans, mais rêve d'aller beaucoup plus haut. Sur son site, elle fait la promotion du bistouri, en s'affichant notamment avec son meilleur ami qui «va se faire une nouvelle tête», ou aux côtés d'une «fan» qui s'est fait retoucher exactement comme elle. Mais ce que ne dit pas l'animatrice du site, c'est que sa passion est loin d'être désintéressée: elle est embauchée par une clinique spécialisée pour attirer des clients, qu'elle oriente au moyen de conversations privées. Grâce aux commissions sur les affaires apportées, Li Yuan touche 4000 à 5200 euros par mois, soit 3 à 4 fois plus que lorsqu'elle travaillait dans la finance, après ses études.

À mesure que cette pratique se diffuse, notamment sur Internet, la chirurgie esthétique est mieux acceptée socialement en Chine

À mesure que cette pratique se diffuse, notamment sur Internet, la chirurgie esthétique est mieux acceptée socialement en Chine. Plus de 7 millions de personnes y ont eu recours en 2014. Évalué à 400 milliards de yuans en 2015 (52 milliards d'euros), ce marché pourrait atteindre le double en 2019, selon l'association chinoise de chirurgie esthétique. Le géant asiatique deviendrait alors à cet horizon le troisième marché mondial du secteur, derrière les États-Unis et le Brésil. «C'est une vraie tendance chez les jeunes Chinois», observe la psychologue Zhou Xiaopeng. Et pas seulement chez ceux qui aspirent à la gloire 2.0. La compétition sociale pousserait aussi les autres à améliorer leur physique, pour augmenter leur confiance en eux. «Les gens moins beaux ont plus de mal à trouver un partenaire amoureux. Et, à diplôme équivalent, les plus séduisants décrochent plus facilement un emploi», poursuit cette experte.

Les transformations physiques ne font toutefois pas l'unanimité, surtout si elles sont exagérées. «La moitié des garçons adorent les visages refaits et les autres préfèrent les visages naturels», reconnaît UrAshi, dont toutes les amies sont passées par la case hôpital. «Ma mère ne trouve pas que tous ces efforts m'ont rendu plus belle», confie de son côté Li Yuan, qui veut malgré tout continuer à peaufiner son apparence… Elle dit n'avoir jamais eu peur avant ses interventions. Pourtant, ce choix comporte des risques. Même les interventions les plus légères - les plus populaires - ne sont pas sûres, car ce jeune secteur est encore peu réglementé. Seules 20 % des injections d'acide hyaluronique (pour rajeunir la peau et redessiner les contours du visage) utilisent des produits approuvés par les autorités, révèle une étude de HSBC de l'an dernier. Et alors que le pays compte 3000 cliniques privées certifiées, entre 50.000 et 100.000 salons de beauté non qualifiés pratiquent différentes formes de chirurgie esthétique.

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Le «Samouraï» afghan, entre bling-bling et charité

Nathalie Simon le 13 juin 2017    <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

PORTRAIT -Acteur, réalisateur et producteur, Salim Shaheen est une star dans son pays. La journaliste Sonia Kronlund en a fait le héros de son documentaire.

«Vous êtes jolie, j'aurais pu vous épouser, mais je suis déjà marié », lance Salim Shaheen à une journaliste après l'interview. L'acteur, réalisateur, producteur et même chanteur afghan omet de préciser qu'il a déjà deux femmes qui l'attendent chez lui. Engloutissant un plat de semoule et du taboulé en quelques bouchées, l'homme est aussi célèbre dans son pays que l'est Alain Delon en France. Il fait lui-même l'article de ses films : «Servez-vous, celui-ci a très bien marché », lâche-il à son interlocuteur, désignant une pile de DVD.

Enchaînant un second entretien, ce narcisse aux formes généreuses propose un nouveau selfie avec la pochette de l'un de ses films en évidence. Pas question de refuser. «Il s'aime beaucoup et est complètement rabelaisien, observe la documentariste Sonia Kronlund, qui a filmé Salim Shaheen pour Nothingwood. C'est un homme qui couvre une grande superficie, avec son exagération, sa démesure, son énergie incroyable, extrême, comme Vittorio Gassman dans Le Fanfaron. Il parle fort, beaucoup, et de lui uniquement. C'est plus intéressant pour moi de filmer ce bateleur quand il est dans l'action, sinon ses pics d'énergie retombent.»

«Le Sultan du cinéma»

À travers le portrait de cet artiste, auteur de plus de cent films (principalement de série Z), la productrice a voulu montrer une autre facette de ce pays qu'elle connaît bien, déjà au cœur d'une quinzaine de ses reportages. «J'ose à peine le dire, mais on a bien ri avec Salim», confie-t-elle. Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs lors du dernier Festival de Cannes, Nothingwood a été longuement applaudi. C'était la première fois que Salim Shaheen venait sur la Croisette : «Je n'ai jamais été aussi heureux, avoue-t-il, encore ému. Pour la première fois, j'ai été encouragé en France.» Sonia Kronlund raconte : «Avec ses copains, c'était comme s'ils avaient gagné une coupe de football. Ils ne pensaient à rien d'autre.»

Être la vedette, Salim y est habitué. «C'est mon devoir de représenter le cinéma afghan, personne n'a autant travaillé que moi dans cet objectif. Je suis une superstar, dans tout l'Afghanistan, on m'appelle le Sultan du cinéma », signale-t-il, pas peu fier. Et d'affirmer qu'il est «plus connu » qu'Alain Delon. Au point de s'être payé le luxe de n'avoir pas tout de suite dit oui à Sonia Kronlund ; il souhaitait savoir si elle envisageait d'offrir une image positive de son pays. «Je lui ai demandé de ne rien couper, elle devait parler des personnes qui ont été tuées là-bas. Je voulais montrer au monde entier que notre pays est hospitalier et que nos ennemis nous empêchent de nous épanouir. Je veux pouvoir vivre comme tout le monde », explique-t-il.

«Il a une fonction sociale. Il essaie de donner une parole et une image à ceux qui en sont dépourvus»

Sonia Kronlund

Pendant que Sonia Kronlund tournait, les attentats se poursuivaient en Afghanistan. Mais Salim Shaheen n'a jamais craint pour sa vie. «Je suis en permanence en compétition avec la mort. Je me sens plus fort qu'elle, je le dirai mille fois, c'est Dieu qui décide du jour de ta naissance et de celui de ta fin », scande-t-il en piochant dans la semoule. Jovial, expansif, il souhaite faire un cinéma «militant », pas seulement pour améliorer la condition des femmes. Elles sont rares dans Nothingwood et il n'a pas souhaité présenter les siennes. Il espère néanmoins «influer » sur la politique de son pays en guerre depuis plus de trente ans. «Au lieu d'envoyer des armes, donnons des stylos aux enfants », martèle-t-il.

«C'est un gosse qui continue à faire des films avec ses copains, à jouer avec une espèce de joie et de plaisir comme un temps volé à la guerre », résume Sonia Kronlund, qui l'a vu tourner quatre films en même temps. Salim Shaheen aime la série des Rambo, Arnold Schwarzenegger et Bruce Lee. «Il a un univers d'une grande poésie », soutient cependant la réalisatrice, intarissable sur son «sujet », qui l'observe avec un mélange de respect et d'admiration. «Il est un commandant artistique et fut aussi un vrai commandant pendant la guerre. Il a déjà tué quand cela s'avérait nécessaire, faisant preuve de courage.»

La cour des Miracles

Aussi «fatigant, mégalo et égocentrique » que sensible, cet «homme du peuple » dépeint par la réalisatrice est toutefois loin d'être indifférent aux déshérités. «Avec lui, c'est la cour des Miracles. Il s'entoure toujours de la même bande: un sourd-muet, un borgne, un homme efféminé, un businessman et une personne de petite taille.»

Son immense popularité lui vaut ainsi d'être acclamé à chacune de ses apparitions, comme en témoigne le documentaire. «Il a une fonction sociale. Il essaie de donner une parole et une image à ceux qui en sont dépourvus », indique encore celle qui l'a suivi des mois durant. Avant de préciser qu'avec ses films, il fait vivre à lui seul dix-sept personnes. «Ses deux épouses, très jolies, m'aiment bien parce que je maintiens leur mari hors de la maison !»

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F.Luchini commente la présidentielle et parle du pouvoir de l'argent

Le 28 mars 2017 <<<<<<<<YOUTUBE<<<<<<<<<<

 

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L'industrie informatique indienne en crise

Publié le

Ingénieur expérimenté de la high-tech indienne, Raghu Narayanaswamy a récemment perdu son emploi et craint de ne pouvoir en retrouver un autre alors que le secteur, fierté nationale, fait face à la menace de licenciements de masse.

Les délocalisations de services informatiques en Inde ont contribué à créer une industrie qui constitue l'un des moteurs de la croissance du pays depuis 20 ans. Mais l'automatisation croissante, un manque d'assimilation des nouvelles technologies et la politique restrictive de visas des États-Unis bouleversent le secteur.

La presse indienne rapporte régulièrement les licenciements de milliers de salariés tandis que des études prédisent la perte de centaines de milliers d'emplois au cours des quatre prochaines années. Les entreprises concernées refusent de s'exprimer sur ces chiffres.

Un sort qu'a connu Raghu Narayanaswamy en mars lorsqu'il a été évincé de l'une des plus grandes entreprises indiennes de la high-tech, après onze années à y travailler. Le futur ne lui apparaît pas rose.

"J'ai rencontré de grandes difficultés à trouver un emploi ces derniers mois", raconte à l'AFP le quadragénaire, basé dans la capitale économique Bombay.

Avec la libéralisation de l'économie indienne au début des années 1990, les entreprises occidentales y ont délocalisé à tour de bras pour profiter du vivier d'une main-d'oeuvre anglophone, qualifiée et bon marché. Ce boom a permis l'émergence de nouveaux champions nationaux comme Wipro, Infosys ou Tech Mahindra.

L'industrie emploie près de quatre millions d'Indiens et génère 150 milliards de dollars de chiffre d'affaires par an, selon le groupement d'entreprises informatiques indiennes Nasscom.

Si les vagues de licenciements ne sont pas rares, surtout au dernier trimestre de l'année financière (avril-mars en Inde), les syndicats estiment qu'elles atteignent cette fois-ci des volumes inquiétants alors que les profits des entreprises fondent.

"Les sociétés sont réticentes à parler des licenciements", note J.S.R. Prasad, président de la National Confederation of Unions of IT Employees.

Tout repenser

Les grandes entreprises de services informatiques indiennes font état depuis quelque temps de difficultés à trouver de nouveaux clients, les sociétés explorant de plus en plus de nouvelles voies comme l'automatisation, la robotique et des technologiques innovantes telle l'informatique en nuage.

"Les mutations sous-jacentes à ces licenciements de masse et réductions de voilure étaient nécessaires depuis un certain temps et la chaîne des événements dans le monde actuellement les a accélérées", décrypte pour l'AFP D.D. Mishra, de la société d'étude des technologies Gartner.

Nasscom réfute les articles rapportant des milliers de licenciements, largement couverts par la presse économique locale, mais a cependant concédé que le rythme des embauches ralentissait.

Le groupement prédit que trois millions de nouveaux emplois seront créés dans le secteur d'ici 2025 mais que cela nécessitera une refonte complète des pratiques et des technologies utilisées.

Une tâche gigantesque d'après Kris Lakshmikanth, président du cabinet de recrutement The Headhunters à Bangalore, capitale des hautes technologies de l'Inde. Selon ce chasseur de tête, 60 % des quatre millions d'employés du secteur de l'IT nécessitent d'être formés à nouveau.

À l'inverse des voeux pieux de Nasscom, la société américaine HfS Research prévoit elle une perte de 14 % des emplois du secteur des services informatiques en Inde à cause de l'automatisation, avec 480.000 salariés menacés d'ici 2021.

Une mauvaise nouvelle pour les centaines de milliers d'aspirants ingénieurs qui se forment dans les instituts technologiques du pays.

Pour ne rien améliorer, l'industrie devrait aussi pâtir de la politique migratoire de l'administration Trump. Le gouvernement américain veut réduire l'usage du visa H-1B.

Ce dernier permet aux entreprises indiennes d'envoyer chaque année des milliers de leurs ingénieurs hautement qualifiés aux États-Unis, ce qui constitue une part substantielle de leur chiffre d'affaires.

Avec tous ces défis, "un gros tsunami s'annonce", estime Kris Lakshmikanth, "et cela perdurera longtemps, jusqu'à ce que l'industrie se stabilise".

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Jusqu'à 13 ans de prison pour les organisateurs de «narco-croisières»

Louis Germain, Publié le 09/06/2017  <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné 34 personnes. Parmi elles, des passeurs, des organisateurs et des revendeurs. Le procès a levé le voile sur cette nouvelle route de la drogue entre l'Europe, le Maghreb et l'Amérique latine.

Verdict dans l'affaire des «croisières de la cocaïne». Des peines allant de dix-huit mois de prison avec sursis jusqu'à treize ans d'emprisonnement ont été prononcées par le tribunal correctionnel de Marseille, ce vendredi. Trente-quatre prévenus ont été reconnus coupables d'avoir pris part à un trafic international inédit pour transporter cannabis et cocaïne entre l'Europe, le Maroc et le Brésil.

» Lire aussi - À Marseille, un réseau de «narco-croisière» devant le tribunal

L'organisation était bien huilée. Les «mules», aux escales de Casablanca ou de Rio de Janeiro, se scotchaient la drogue sur le corps pour monter à bord des bateaux de croisière de la compagnie Costa. Elles ont été condamnées à des peines entre dix-huit mois de prison avec sursis et trois ans ferme.

«On leur a fait miroiter Copacabana mais on leur a fait risquer les geôles brésiliennes».

La procureure de la République de Marseille

Ces jeunes du quartier des Moulins à Nice, recrutés pour participer à ces «narco-croisières», échappent pour la plupart à l'amende douanière de 810.000 euros à laquelle sont condamnés certains prévenus. Les trafiquants leur promettaient jusqu'à 15.000 euros. Ils «n'ont été que des objets qu'on achète», avait indiqué la procureure Audrey Jouaneton dans son réquisitoire.

De leur côté, les organisateurs du trafic ont été condamnés à 11 ans de prison avec une mesure de sûreté aux deux tiers pour Victor Sanches Tavares, un Capverdien de 34 ans, positionné par l'accusation «au sommet de la pyramide» avec Karim Moutakhaouil, en fuite, condamné, à 12 ans de prison.

Par ailleurs, le tribunal a condamné à 13 ans de prison et prononcé un mandat d'arrêt à l'encontre de deux co-organisateurs de ce trafic, également en fuite.

» Lire aussi - Consommation, saisies, chiffre d'affaires: les chiffres de la drogue en France

Enfin, les prévenus en charge de l'écoulement de la drogue, Samir Moutakhaouil et Domenico Stanganelli, ont été condamnés à huit ans de prison, tout comme Abdelilah Amri qui apparaît être l'initiateur de cette nouvelle route de la drogue.

Le cannabis marocain échangé contre de la cocaïne brésilienne

Selon l'enquête, 13 «narco-croisières» auraient été effectuées entre avril 2012 et mars 2014, certaines transportant jusqu'à une douzaine de passeurs.

Le cannabis embarqué par les «mules» au Maroc était livré au Brésil où il était échangé contre de la cocaïne transportée ensuite en Europe en navire de croisière par d'autres passeurs. L'accusation estime que 25 kilos de cannabis échangés au Brésil contre de la cocaïne revendue en Europe généraient 1,9 million d'euros.

En mars 2014, les policiers espagnols étaient intervenus à Tenerife à bord d'un paquebot de retour du Brésil, interpellant dix Français, les mules et leurs contremaîtres, et saisissant 25 kilos de cocaïne d'une très grande pureté.

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L'Église d'Angleterre compte parmi les meilleurs financiers du monde

DanièleGuinot le.23 mai 2017 <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

Son fonds d'investissement a dégagé un rendement de 17,1 %, grâce également à de judicieux investissements dans les actions mondiales, le capital-investissement et l'industrie forestière.

L'Église d'Angleterre est un financier hors pair. Son fonds d'investissement, qui gère 7,9 milliards de livres (9,2 milliards d'euros), a su pleinement tirer profit de la chute de la livre sterling, qui a suivi le référendum sur le Brexit. L'an dernier, il a dégagé un rendement de 17,1 %, grâce également à de judicieux investissements dans les actions mondiales, le capital-investissement et l'industrie forestière. Cette «brillante performance», comme l'a qualifiée dimanche Andreas Whittam Smith, premier commissaire des biens de l'Église, a de quoi faire pâlir d'envie un grand nombre de gestionnaires de fonds. D'autant que, grâce à sa gestion dynamique,le fonds de l'Église anglicane, qui est géré par une équipe de 35 professionnels, affiche un rendement de 9,5 % par an, sur 20 ans. Une performance comparable à celle des meilleurs fonds mondiaux.

Le secret? Des investissements souvent effectués à rebours des tendances en vogue sur les marchés tout en respectant les valeurs chrétiennes. Les commissaires de l'Église ont notamment voté en 2016 contre la plupart des rapports de rémunération présentés aux assemblées générales des sociétés dans lesquelles ils ont investi. En 2013, le fonds avait toutefois été épinglé pour avoir investi dans Wonga, une société de prêt sur salaires accusée d'étrangler financièrement les emprunteurs et dont l'Église réprouvait les pratiques. L'an dernier, les 230 millions de livres générés par le fonds d'investissement ont représenté environ 15 % des dépenses de l'Église d'Angleterre, dont la majorité des revenus proviennent des dons des fidèles.

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Donald Trump désigne le Grand Satan : c’est l’Iran !

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22/05/2017 – RIYAD (NOVOpress) : « En attendant que le régime iranien montre sa volonté d’être un partenaire dans la paix, toutes les nations dotées d’un sens des responsabilités doivent travailler ensemble pour l’isoler », a lancé Donald Trump hier à Riyad, devant un parterre de représentants d’une cinquantaine de pays musulmans du monde entier, dont 37 chefs d’Etat ou de gouvernement.

« C’est une bataille entre le Bien et le Mal », a insisté le Président des Etats-Unis qui accomplissait, en Arabie saoudite, son premier déplacement à l’étranger.

A la grande satisfaction de ses hôtes, avec lesquels il a conclu un accord commercial faramineux, il a désigné l’Iran comme l’ennemi public numéro un – son Grand Satan à lui –, l’accusant de financer le terrorisme islamique et mettant dans le même sac l’Etat islamique – que l’Iran combat –, Al Qaida – que l’Iran combat également – et le Hezbollah – déployé face à l’Etat islamique !

Donald Trump a donc choisi son camp : c’est celui des sunnites – et du pognon qui offre des « jobs ». Encore quelques jours et on va regretter Obama…

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Paris va-t-il séduire Wall Street grâce à Emmanuel Macron ?

Le 24 mai 2017 <<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<

La place financière de Paris entend draguer un Wall Street, en pleine réflexion sur les conséquences du Brexit en se servant de l'élection d'Emmanuel Macron comme argument. De quoi damer le pion à la City de Londres ?

Traditionnellement, la City de Londres servait de tête de pont européenne aux grandes banques et aux fonds d'investissement américains. Mais, pour conserver leur pied dans l'Union européenne (UE), ceux-ci vont devoir procéder à des transferts de leurs employés et de leurs opérations après la décision du Royaume-Uni de sortir de l'Union.

Pour essayer de récupérer une partie de ces activités, le nouveau président français a fait parvenir le 23 mai un message à Wall Street par la voix de l'ancien gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer.

«Aujourd'hui, la France est prête à poursuivre et à accentuer ses réformes et à accueillir les entreprises financières internationales que vous représentez», a lu en anglais et de la part d'Emmanuel Macron, celui qui joue le rôle de VRP pour Europlace Paris.

Des débuts qui contrastent avec ceux de François Hollande

Cette invitation adressée à quelques dizaines de banquiers, de gérants d'actifs et de responsables de fonds d'investissements américains réunis dans un grand hôtel new-yorkais tranche avec les débuts de son prédécesseur François Hollande. Celui-ci, avant d'être élu, s'était posé en «adversaire» de la finance.

«Le résultat de l'élection française change la donne, un changement radical pour l'image de la France dans le monde et notamment ici aux Etats-Unis on le constate dans tous les contacts qui sont les nôtres depuis 15 jours», a estimé Arnaud de Bresson, délégué général d'Europlace.

De fait, les intervenants ont fait l'article en détaillant les promesses économiques d'Emmanuel Macron et notamment celles concernant la fiscalité et le marché du travail.

«Il a été très critiqué pour avoir été un banquier mais pour ce que l'on à faire ensemble, avoir été un banquier est un avantage», a mis en avant Jean-François Serval, du cabinet Constantin - Serval & Associés.

En coulisses, les tractations vont bon train depuis plusieurs mois pour attirer les grandes banques américaines à Paris.

Le résultat de l'élection présidentielle française, perçu à New York comme l'échec des partis populistes et anti-européens, a dégagé le terrain pour les promoteurs de la place de Paris. «Ils se sont fait très peur avec ça et effectivement cela les a rassurés», explique ainsi Christian Noyer.

Londres et l’Asie en ligne de mire

En plus de New York, où ils se rendent régulièrement, les promoteurs de la place de Paris ont rencontré les milieux financiers londoniens et asiatiques et s'intéressent à la direction que comptent prendre les grandes banques suisses.

Mais Paris n'est pas seule en lice. Elle affronte des concurrents déterminés, en premier lieu la ville allemande de Francfort, capitale économique de la première économie européenne et qui abrite la Banque centrale européenne (BCE).

Dublin et Amsterdam, toutes deux situées à peine à plus d'une heure d'avion de Londres, sont également sur les rangs, tout comme, dans une moindre mesure, Luxembourg et Bruxelles où siègent des institutions européennes.

Principal enjeu : récupérer les salles de marchés pour l'Europe car ce sont autour d'elles que se structurent équipes et activités importantes alors que les autres divisions des banques peuvent être plus facilement dispersées sur plusieurs sites, selon Christian Noyer.

En cas de Brexit «dur», le secteur bancaire londonien pourrait ne plus pouvoir accéder sans entrave au marché de l'UE. Les établissements n'auraient plus le fameux passeport européen qui permet de vendre un produit financier dans l'ensemble de l'UE après l'approbation d'un seul des 28 régulateurs nationaux.

Pour l'instant aucune des cinq grandes banques américaines, qui emploient 40 000 personnes à Londres, n'a fait le choix de Paris. Seule la britannique HSBC a annoncé que 1 000 emplois supplémentaires seraient créés en France.

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Routes de la soie: Xi se pose en rempart contre le protectionnisme.

Le 14 mai 2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<LP<<<<<<<<<<<<<

Le président chinois, Xi Jinping, s'est posé lundi en rempart contre le protectionnisme devant un parterre de chefs d'Etat venus célébrer à Pékin son projet de "Nouvelles routes de la soie".

"La mondialisation fait face à des vents contraires", a résumé l'homme fort du régime communiste, au deuxième jour d'un sommet qui rassemble autour de lui une trentaine de responsables mondiaux, dont les présidents russe, Vladimir Poutine, et turc, Recep Tayyip Erdogan, mais peu de grands dirigeants occidentaux.

Le communiqué final publié lundi soir affirme que les pays signataires "rejettent toutes les formes de protectionnisme".

Xi Jinping a lancé en 2013 l'initiative des Nouvelles routes de la soie, un ensemble de projets d'infrastructures, afin d'arrimer l'Asie à l'Europe et à l'Afrique à l'instar des caravanes qui traversaient l'Asie centrale dans l'Antiquité.

Dans un discours très remarqué, M. Xi avait déjà défendu le libre-échange et la mondialisation en début d'année au Forum économique de Davos (Suisse), au moment où l'arrivée au pouvoir de Donald Trump faisait craindre une dérive protectionniste aux Etats-Unis.

Si le milliardaire américain a fait de la Chine une de ses cibles favorites pendant sa campagne électorale, accusant Pékin de "voler" des millions d'emplois aux Etats-Unis, il s'est montré beaucoup moins agressif depuis son arrivée à la Maison Blanche. Pékin et Washington ont même annoncé la semaine dernière un accord commercial portant sur la viande, le gaz naturel et certains services financiers.

Carte indiquant les nouvelles routes de la soie que le gouvernement chinois entend promouvoir  © Laurence CHU  AFP
Carte indiquant les nouvelles routes de la soie que le gouvernement chinois entend promouvoir © Laurence CHU AFP

Donald Trump n'a pas fait le déplacement de Pékin. A l'exception de l'Italien Paolo Gentiloni, aucun dirigeant du G7 n'a participé au sommet, donnant l'impression que les Occidentaux craignent que la Chine ne cherche avant tout à tirer à elle la couverture du commerce international.

Des investissements en milliards

Plusieurs pays européens ont refusé de s'associer à un communiqué sur le commerce préparé par la Chine, a par ailleurs indiqué à l'AFP une source diplomatique.

Ces pays - parmi lesquels l'Allemagne, l'Estonie et la Hongrie - ont jugé que ce texte ne faisait pas suffisamment mention des préoccupations des Européens en matière de transparence des marchés publics ou de normes sociales et environnementales.

Pékin, qui s'efforce de consolider ses relations commerciales avec le reste du monde, est prêt en tout cas à investir largement dans les projets des Nouvelles routes de la soie.

Xi Jinping a annoncé dimanche à l'ouverture du sommet une nouvelle enveloppe de 113 milliards d'euros pour ces différents projets réunissant une soixantaine de pays: voies ferrées, ports, parcs industriels...

La Banque de développement de Chine a déjà prévu, à elle seule, de débloquer plus de 800 milliards d'euros d'investissements sur 900 projets.

Pékin assure que son initiative est ouverte à tous et a invité au sommet des représentants des Amériques, comme les présidents du Chili et de l'Argentine. Une vision saluée par les participants.

"En ces temps où la tentation est grande de répondre à la crise de la mondialisation par l'isolement et par les murs, cette initiative offre une vision de connectivité, de coopération et de dialogue", s'est félicité le chef du gouvernement grec, Alexis Tsipras.

Poignée de main du président chinois Xi Jinping et du Premier ministre grec Alexis Tsipras lors de la cérémonie de bienvenue du sommet sur les Routes de la Soie, à Pékin le 15 mai 2017  © Roman PILIPEY POOL/AFP
Poignée de main du président chinois Xi Jinping et du Premier ministre grec Alexis Tsipras lors de la cérémonie de bienvenue du sommet sur les Routes de la Soie, à Pékin le 15 mai 2017 © Roman PILIPEY POOL/AFP

Dans le cadre des privatisations imposées par ses créanciers, Athènes a dû céder à des capitaux chinois le contrôle du port du Pirée, un projet initialement combattu par M. Tsipras, qui a fini par s'y rallier. Ces investisseurs chinois aspirent à faire du Pirée "un pont entre l'Asie et l'Europe".

Evoquant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et la nécessité pour Londres de trouver de nouveaux partenaires commerciaux, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a assuré que son pays était prêt à "travailler à la réussite de cette initiative avec tous les partenaires des Nouvelles routes de la soie".

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Vers un énorme scandale la France de Macron  .... Macron = Cheval de Troie des puissances financières

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Bernard Arnault se dévoile

Par Sylvie Marcovitch Publié le 24/10/2014 <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<

Les happy few du monde entier se pressaient ce lundi au Jardin d'Acclimatation pour inaugurer sa Fondation Louis-Vuitton pour l'art contemporain, le grand œuvre du très secret patron de LVMH. Mais qui est vraiment Bernard Arnault ? Rencontre.

«J'ai trouvé un artiste en Bernard Arnault.» Quand Frank Gehry, l'architecte canadien qui a réalisé la Fondation Louis Vuitton, prononce cette phrase lors de son inauguration, lundi dernier, un sourire s'affiche sur le visage de Bernard Arnault. Un vrai sourire de bonheur. Bernard Arnault, un artiste? C'est probablement le compliment le plus surprenant que l'on puisse lui faire en ce jour exceptionnel. Pour inaugurer le bâtiment, planté au milieu du Jardin d'Acclimatation, tous ceux qui comptent dans le monde de l'art, de la mode, des affaires, de la banque ont fait le déplacement. L'Aga Khan, le prince Albert, Bernadette Chirac, des ministres, le maire de Paris Anne Hidalgo, des stars, de Marion Cotillard à Alain Delon en passant par Karl Lagerfeld, Anna Wintour, des galeristes célèbres, comme Larry Gagosian ou Thaddaeus Ropack, mais aussi Pierre Bergé, Olivier Picasso, et même le président de la République. Oui, François Hollande troussa pour l'occasion un joli compliment, rendant hommage, une fois n'est pas coutume, au chef d'entreprise-mécène et à son groupe.

Evidemment, Bernard Arnault goûte ce moment, qui a des airs de couronnement, dans une fondation, sorte de Versailles du XXIe siècle dédié à l'art contemporain, qui a même sa galerie des glaces. Evidemment, il apprécie cette démonstration de puissance, ce pied de nez à l'Etat qu'il supplée, car «seule une entreprise privée pouvait mettre sur pied un projet de cette ampleur», glisse-t-il. Mais cette petite phrase de Frank Gehry le touche probablement plus que tout. Non pas qu'il se considère comme un artiste mais, comme l'analyse sa femme, la pianiste Hélène Mercier-Arnault, «il est content que l'on ait saisi qu'il comprend les artistes, en leur donnant l'impression que tout est possible, en montrant une grande ouverture d'esprit tout en donnant un cadre».

Numéro un

Que pourrait-il désirer encore? Aujourd'hui, Bernard Arnault a tout. Il est la première fortune de France, l'une des premières fortunes mondiales, il a créé le numéro un mondial du luxe. Il est «redoutable et redouté». Admiré, jalousé, caricaturé aussi. On agite l'encensoir ou on le voue aux gémonies en pointant du doigt«une personne chez qui tout est calculé, froid, jamais spontané», «une intelligence puissante, super efficace, un obsessionnel sans affect qui paye quand il veut quelque chose ou quelqu'un». Des critiques toujours émises en «off», sous couvert d'anonymat, car l'homme est craint dans son groupe comme à l'extérieur, ce qu'il feint de ne pas voir. «Vous trouvez que ça file doux autour de moi?», interroge-t-il suavement, avant d'ajouter: «Le groupe LVMH est bien organisé ; je suis un fervent adepte de la transparence et de la confrontation des idées ; chacun peut et doit apporter son point de vue, sans aucune restriction.» Soit.

Par sa réussite, par son allure princière et altière, Bernard Arnault incarne une espèce de race de seigneurs. Mais qu'il soit un artiste, cela, on ne le lui a jamais dit, et c'est sans doute l'un des compliments qui le touche le plus. Lui qui ne cesse d'insister sur la créativité consubstantielle à la réussite de son groupe et qui entretient les meilleures relations avec les créateurs. Lui, le polytechnicien qui a choisi John Galliano - à l'époque un véritable pari - ou Frank Gehry pour cette fondation, dont le projet remonte à 1991. «La rencontre Gehry-Arnault, c'est un peu la rencontre du gefilte fish (la carpe farcie) et du poisson froid», s'amusait lundi soir un convive du dîner de gala inaugural. Peut-être. Il n'empêche, lorsque l'on voit le croquis initial gribouillé par l'architecte canadien d'un seul trait pour figurer la fondation, on se dit qu'il faut un sens de l'abstraction et de l'imagination assez développé pour avoir osé faire le pari de faire sortir de terre un tel monument, à partir de cette simple ébauche. En ce sens, ce bâtiment spectaculaire de 11.000 m2, ce grand vaisseau aux voiles en verre déployées, dont la construction «a nécessité autant d'acier que la tour Eiffel» et mobilisé plus d'une centaine d'ingénieurs, est très révélateur de la manière de travailler et de la personnalité profonde de Bernard Arnault. Un homme plus complexe qu'il n'y paraît.

«J'ai toujours été assez compétitif»

Pour le comprendre, il faut comme souvent remonter au «premier homme» cher à Camus. Elevé à Roubaix, dans le Nord, Bernard Arnault a été fortement imprégné par les valeurs transmises par ses grands-parents, et notamment par sa grand-mère, qui lui répétait comme un leitmotiv: «Le prix d'excellence ou rien.» «Elle m'a donné le sens du travail et de l'économie et mes racines du Nord, probablement, le sens de l'effort» note-t-il. Docile, déterminé, le petit enfant timide et réservé accumule les bons résultats, les prix d'excellence, à l'école comme au piano. Et, lorsque son grand-père adoré meurt, en 1959, alors qu'il a 10 ans, il glisse son carnet de notes dans son cercueil.

Depuis toujours, ce provincial qui a grandi en marge d'un establishment qui l'a longtemps méprisé, avant de le courtiser, s'est construit avec l'exigence chevillée au corps. Le désir du dépassement de soi comme un défi permanent. Il s'est infligé une discipline de fer pour y parvenir. «J'ai toujours été assez compétitif», reconnaît-il. Un euphémisme. Un tel engagement implique une concentration à toute épreuve. Partout. Sa manière de jouer au tennis - il le pratique tous les week-ends, le samedi et le dimanche - est à cet égard révélatrice. On l'interroge: qui ose prendre le risque de perdre face à l'un des hommes les plus puissants du monde? Il rigole. «Peut-on gagner face à moi? Evidemment, j'en suis très content. C'est comme dans les affaires, on se bat et après, on se serre la main.»

«Il est le leader mondial du luxe mais son métier - son travail -, il le conçoit comme un sportif de haut niveau. Le but dépassé, l'inconnu, des opportunités insoupçonnées et l'évolution du monde du luxe sont des moteurs puissants», analyse d'ailleurs Karl Lagerfeld. Le champion de tennis Roger Federer, devenu un ami de la famille, ne cache pas qu'il peut y avoir des similitudes dans leur désir à l'un et à l'autre d'être numéro un sinon rien, et de ne jamais abandonner. «Bernard aime son travail, il est incroyablement compétitif, concentré et attentif aux détails» reconnaît le champion. À se demander si cet homme relâche parfois la pression, malgré son insistance à dire qu'il «s'amuse».«Il ne pense pas que l'hédonisme ce n'est pas bien, mais il pense que, comme en tout, il doit être mesuré», nuance son ami Thierry Breton, qui vient parfois lui rendre visite en sortant de son bureau pour papoter une heure de musique, de maths ou de nanotechnologies.

«Il s'est construit dans la musique, dans la solitude, le silence, l'écoute»

Hélène Mercier-Arnault, son épouse

La musique, les maths, deux passions de Bernard Arnault qui reposent sur les mêmes ressorts. Beaucoup de travail, le dépassement de soi. Le mathématicien Cédric Villani (médaille Fields 2010), qui est venu dîner chez Bernard Arnault, note en s'amusant que lorsque ce dernier a lu son livre, Théorème vivant, il a voulu essayer de faire les exercices proposés dans la deuxième partie. Tout comme il s'est efforcé de suivre ses fils en maths (l'un a fait maths sup, maths spé et l'autre, admis à Normale sup, vient d'intégrer Polytechnique). «Réussir une équation difficile, cela peut être un défi qu'on se livre à soi- même ; c'est aussi une certaine forme d'esthétisme.» De narcissisme, diraient certains. C'est un combat que l'on se livre à soi-même. Comme lorsque l'on arrive à jouer au piano des œuvres difficiles.

La musique est sans doute l'une des autres clés de la personnalité de Bernard Arnault. Qui explique pourquoi, derrière ses déclarations d'amour à la créativité, cet introverti entend conjuguer son cerveau droit et son cerveau gauche, selon une image qu'il affectionne. «La capacité de travailler avec les créateurs dans un processus souvent irrationnel, itératif», explique-t-il, et, dans le même temps, celle d'«organiser le fonctionnement de la maison afin que les produits merveilleux que nous créons soient fabriqués et ensuite distribués dans le monde entier. C'est un mélange subtil qui marie l'irrationnel créatif à une grande rigueur d'exécution.»

Hélène Mercier-Arnault a avancé un jour une explication, dans Paris Match. Selon elle, son mari «s'est construit dans la musique, dans la solitude, le silence, l'écoute». Et de confier son impression la première fois qu'elle l'a entendu jouer au piano: «En jouant, il dégageait autre chose. Il y a un décalage entre le rapport distant, froid et réservé, et son jeu au contraire extraverti, plein de souffle, donnant tout.» Le piano serait-il pour «B. A.», comme le surnomment ses collaborateurs, un moyen d'ouvrir les vannes? Derrière l'espèce d'homme bionique qui tutoie l'excellence, à défaut de tutoyer le genre humain, qui semble rarement effleuré par le doute - «Quand il a pris une décision, il n'en change pas, il a une incroyable résistance au stress et au questionnement» - se cacherait un homme sensible, à mille lieues du robot souvent décrit. C'est en tout cas ce que pense Anna Wintour, la fameuse papesse de la mode du Vogue américain, selon qui il «n'a pas grand-chose à voir avec l'image contrôlée qu'il offre: il est quelqu'un qui ne montre pas ses sentiments. Mais il est amusant et charmeur, avec un véritable sens de l'humour.»

Une success-story française

Drôle d'animal, en tout cas. Un empereur du luxe qui n'aime pas tout ce que trimballe ce mot «luxe» dans son sillon. La superficialité, un certain laisser-aller, une facilité dans laquelle on pourrait se vautrer. «C'est un mot qui est un peu réducteur, reconnaît-il, parce qu'il ne reflète pas réellement les valeurs qui sont les nôtres. Le mot luxe peut être associé à une certaine futilité, à un côté exhibitionniste, show off, voire superficiel des choses. Or ce que représentent nos maisons est à l'opposé. Nous essayons d'apporter la plus haute qualité artisanale, en nous appuyant sur les racines de nos maisons et à la légitimité historique qu'elles ont dans la plupart des cas.» Celui qui est malgré tout l'empereur du luxe est par ailleurs un homme qui déteste paraître, refuse de chercher à plaire ou à se mettre en avant. «Je ne souhaite pas que l'on parle de moi, ce que je préfère c'est que l'on parle de mes marques et de mes produits», répète-t-il inlassablement. «Ce qui compte, c'est la réussite de nos entreprises, la motivation de nos salariés, l'opinion de nos actionnaires, réunir les meilleurs créateurs du monde.» Sa martingale.

Il dit ça mais au fond, Bernard Arnault, semble un peu souffrir du syndrome dont Nicolas Sarkozy se plaignait à une époque, désolé «d'être respecté mais pas aimé». «Aux Etats -Unis, quand Warren Buffet ou Bill Gates marchent dans la rue, ils sont reconnus comme un emblème du pays, les gens leur demandent des autographes. Cela peut m'arriver aussi, mais en France, l'attitude du public vis-à-vis des chefs d'entreprise est différente» ,regrette-t-il. Alors, oui, il ne le dit pas comme ça, mais un zeste de reconnaissance lui mettrait un peu de baume au cœur. Cette reconnaissance qui, comme disait le banquier Antoine Bernheim, qui l'aida à bâtir son empire, «est une maladie du chien non transmissible à l'homme». Après tout, comme le note David de Rothschild, qui en a vu d'autres, LVMH est tout de même «une formidable success story à la française». Le résultat de l'ascension irrésistible d'un provincial à l'allure mal assurée qui, à sa sortie de l'X, décide de rejoindre l'entreprise familiale, Ferret-Savinel, en prend la direction à 24 ans et parvient, à partir de ce modeste socle, à bâtir le premier groupe mondial dans le luxe.

«La France est pleine de talents et de potentiel»

Bernard Arnault

Oui, une success-story française. Même si Bernard Arnault pense aujourd'hui planétaire ; même s'il passe beaucoup de temps à l'étranger et a voulu prendre la nationalité belge, avant d'abandonner l'idée, il demeure malgré tout français. La France est le pays où il a ses racines, où il habite, dont il vante le système des grandes écoles et particulièrement, celle dont il est issu, Polytechnique («un acquis unique de la formation à la française»). La réussite économique du groupe LVMH est basée pour l'essentiel sur des maisons françaises et il est à l'étranger «un ambassadeur de la France, du savoir-faire français, de l'excellence française».

Enfin et surtout, et même s'il est agacé par certains de ses travers - «On voit ce qui va mal plutôt que ce qui peut s'améliorer. On a tendance à s'autoflageller et à se polariser sur le négatif. Et, quand il faut faire des efforts, on manque souvent de courage. Alors les difficultés subsistent. La France est pourtant pleine de talents et de potentiel» - c'est bien en France, à Paris, qu'il a décidé d'ouvrir la Fondation Louis Vuitton. Une manière, dit-il «d'illustrer le génie créatif français, même si l'architecte est américain». Une manière aussi de se démarquer d'un François Pinault - à qui il a fait visiter la fondation avant son ouverture- et qui a installé, lui, sa fondation à Venise.

«Bernard Arnault a l'œil et l'oreille. Rien ne lui échappe.»

Sidney Toledano

Cette fondation, il y a consacré un temps fou, toute son énergie depuis de longs mois, voire des années. Ne laissant aucun détail au hasard, il a multiplié les visites de chantier, vérifiant l'accrochage des œuvres, visant la liste des invités lors de l'inauguration. Une exception? Non, un mode de fonctionnement. Bernard Arnault procède toujours de la sorte. Sidney Toledano, qui travaille à ses côtés depuis vingt ans témoigne. «Bernard Arnault a l'œil et l'oreille. Rien ne lui échappe. Quand on ouvre un nouveau magasin, il est attentif à tout, les plans, les matériaux. Il remarque si une pièce est trop grande, si la circulation n'est pas bonne ou si les sièges sont mal placés.»«Il s'attache aux détails, sans jamais se perdre dans les détails» ajoute David de Rothschild. Bernard Arnault s'est penché, avec Frank Gehry, sur les plans, les brevets nécessaires, a retrouvé son âme d'ingénieur. Lui le polytechnicien, l'ancien patron de l'entreprise familiale Férinel «propriétaire à la montagne» qui, petit garçon, n'aimait rien tant que visiter les chantiers avec son grand-père, a observé des semaines durant la grande maquette qu'il avait fait venir dans son bureau de l'avenue Montaigne, au siège du groupe LVMH, à côté du monochrome de Klein et du Mondrian qui sont au mur. On ne peut rien comprendre à l'ascension de Bernard Arnault si on efface cette dimension: lui que l'on a décrit à ses débuts comme un prédateur, qui a racheté le groupe Boussac, en 1984, au nez et à la barbe de concurrents bien plus capés - et grâce à l'appui d'un gouvernement socialiste à l'époque - est aussi quelqu'un qui aime bâtir, construire et a toujours été passionné par l'architecture. De la tour LVMH à New York au chai du château Cheval Blanc, dessinés tous deux par Christian de Portzamparc, en passant par l'immeuble Christian Dior de l'architecte japonaise Kazuyo Sejima et toute une série de projets pour les magasins du groupe dans le monde entier.

«Il y aura un avant et un après fondation. Cette œuvre magistrale le projette dans une nouvelle relation par rapport au temps»

Thierry Breton

«J'ai une espèce de brique dans le ventre» disait-il drôlement dans le documentaire de France 5 qui lui a été consacré. Alors, évidemment, certains voient dans cette Fondation Louis Vuitton un aboutissement. Une sorte d'ancrage pour un entrepreneur qui règne sur un royaume de l'éphémère s'il en est, celui de la mode et du luxe. Une manière de «planter son tombeau symbolique au milieu du Jardin d'Acclimatation, de s'offrir une parcelle d'éternité». «Il y aura un avant et un après fondation. Cette œuvre magistrale le projette dans une nouvelle relation par rapport au temps», renchérit son ami Thierry Breton. L'œuvre de sa vie? Bernard Arnault est surpris par la question et hausse ses sourcils broussailleux en accent circonflexe. «Je vais vous dire franchement, cela me passionne, son édification m'a passionné, son inauguration est un grand moment d'émotion et pourtant je pense avant tout au futur. En particulier au chantier de la Samaritaine qui va reprendre cette semaine afin que l'hôtel Cheval Blanc qui sera, je l'espère l'un des plus beaux hôtels du monde, puisse ouvrir fin 2017, début 2018. Un site qui, avec le grand magasin de la Samaritaine et les bureaux, emploiera plus de 3000 personnes» ,précise-t-il. Le coup d'après toujours, encore. C'est probablement son moteur. «Je hais l'autosatisfaction», dit-il, et ce n'est pas une pose. Le mouvement perpétuel, la conquête. Tout sauf le statu quo, l'embourgeoisement.

Bernard Arnault a la fortune, la reconnaissance, une famille unie - c'est un père très attentif avec ses cinq enfants, témoignent à l'unisson tous ses proches - à laquelle il accorde une importance infinie. Mais pas question d'arrêter. De baisser la garde. Lui qui cite en exemple Steve Jobs, «ce paranoïaque productif» estime qu'il faut sans cesse «se remettre en cause pour s'améliorer, c'est la voie du progrès.» Et après? Selon un proche, Bernard Arnault, «comme tous les dirigeants de cette trempe, a une relation presque animale à la mort, et l'accumulation capitalistique serait une manière de répondre à cette angoisse». Cependant, il n'élude pas la question de sa succession. Lui qui accorde tant d'importance aux valeurs familiales, refuse de désigner d'office l'un des siens. «S'il y en a un qui est capable et si cela l'intéresse, il me succédera peut-être. Sinon on verra: la décision, le moment venu, sera prise uniquement en fonction des compétences.» Et il va de soi que le moment n'est pas venu.

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Google, Apple, Facebook et Amazon: toujours plus vite, plus haut, plus fort

Par Benjamin Ferran, Publié le 05/05/2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<

 

Bénéfices, réserves de cash, part de marché, impact économique et social : les «Gafa» n'ont jamais été aussi puissants.

Rien n'arrête les Gafa. Au cours du premier trimestre 2017, les profits cumulés de Google, Apple, Facebook et Amazon ont encore bondi de 18 %. Sur les douze derniers mois, les quatre géants de la tech ont engrangé 80 milliards de dollars de profits cumulés, pour un chiffre d'affaires de 487 milliards. Ils possédaient fin mars 407 milliards de dollars de réserves de cash, soit davantage que le PIB de l'Autriche ou de la Norvège. Leur capitation boursière, de 2 300 milliards de dollars, était environ 40 % supérieure à celle de l'ensemble des sociétés françaises du CAC 40!

Les Gafa, qui collectionnent les records et défient les lois du marché, sont le fruit de deux révolutions successives, dont ils récoltent la majorité des fruits. Celle d'Internet, d'une part, et de ses effets de réseau qui fait tendre vers zéro le coût de leurs services. Celle du smartphone d'autre part, qui place l'équivalent d'un ordinateur non plus dans tous les foyers, comme l'avait rêvé Microsoft, mais entre toutes les mains. L'information, le commerce, le divertissement deviennent accessibles partout, tout le temps, et pour tous.

Riches à milliards, les quatre géants de la tech achètent tout ce qui se trouve sur leur passage, comme WhatsApp, Instagram, Waze, Beats, DeepMind et tant d'autres

Sur la base de ces deux ruptures technologiques, les Gafa ont chacun à leur manière érigé des places fortes imprenables. Google règne dans les moteurs de recherche et les systèmes d'exploitation mobiles. Facebook dans les réseaux sociaux et la messagerie. Amazon dans l'e-commerce et l'hébergement de données. Apple, de son côté, a bâti un empire en s'attirant la fidélité des clients les plus lucratifs, qui dépensent 695 dollars en moyenne pour un iPhone. Il capte à lui seul 80 % des profits dans l'industrie des smartphones. Son activité de services, dans les applications, la musique ou la vidéo, pèse désormais 30 milliards de dollars annuels, autant que le chiffre d'affaires mondial de L'Oréal ou de la Société générale.

Riches à milliards, les quatre géants de la tech achètent tout ce qui se trouve sur leur passage, comme WhatsApp, Instagram, Waze, Beats, DeepMind et tant d'autres. L'an dernier, ils ont consacré 45 milliards de dollars dans leur recherche et développement, notamment pour leurs projets dans la santé ou l'automobile. Ils verrouillent les marchés les uns après les autres, en s'appuyant sur leurs réussites passées. Sur Amazon, les 80 millions d'abonnés du service Prime, qui offre la livraison gratuite, dépensent quatre fois plus que les clients traditionnels.

Une telle domination pose plus que jamais la question de la régulation des Gafa

La domination des Gafa, tous quatre issus de la côte Ouest américaine, s'est étendue en Amérique du Sud, en Europe, puis en Afrique et en Asie. La Chine, avec son Internet fermé, est l'un des rares pays à leur opposer une résistance. Les discours pour faire émerger de futurs géants de la tech en France ou en Europe paraissent dérisoires. Aussi, les points de frictions et les tensions se multiplient, à mesure que s'accroît l'influence de ces quatre entreprises dans les économies mondiales. Ces derniers mois, toutes ont formulé les promesses apaisantes. Tim Cook, qui a mis au point l'implacable mécanique de fabrication des iPhone en Asie, vient de s'engager à investir un milliard de dollars dans un fonds pour l'emploi manufacturier aux États-Unis. Cette semaine, Mark Zuckerberg a annoncé l'embauche de 3 000 personnes supplémentaires pour modérer les vidéos violentes sur Facebook. Google, qui tente de normaliser ses relations fiscales, a fini par s'entendre avec l'Italie et le Royaume-Uni.

Le temps est-il venu de couper Google en deux?

Jonathan Taplin, directeur émérite au sein de l'université de Caroline du Sud

Une telle domination pose plus que jamais la question de la régulation des Gafa. La Commission européenne a adressé deux communiqués des griefs l'an dernier à Google, pour ses pratiques dans les comparateurs de prix et dans le mobile. Dans une lettre adressée à Bruxelles, Spotify, Deezer, Rocket Internet et d'autres européens ont appelé à de nouvelles actions contre les grandes plateformes. Aux États-Unis, les enquêtes ont été abandonnées. «Le temps est-il venu de couper Google en deux?», interrogeait toutefois Jonathan Taplin, directeur émérite au sein de l'université de Caroline du Sud, dans un éditorial publié fin avril par le New York Times. Incluant Amazon et Facebook dans sa réflexion, il dresse le parallèle avec le monopole d'AT&T démantelé dans les télécoms, lui aussi né d'une révolution technologique. Et envisage pour les Gafa une issue similaire, si leur croissance devait encore se poursuivre à ce rythme dans les prochaines années.


GOOGLE

654 milliards de dollars, la valorisation d'Alphabet, la maison mère de Google. Cela représente cinq fois la capitalisation boursière du groupe LVMH.

Google est le roi de la publicité en ligne. Le géant du Web, connu pour son moteur de recherche, réalise encore aujourd'hui l'immense majorité de ses revenus grâce aux annonces qu'il affiche sur ses sites et ceux des autres, grâce à ses activités de régie. Plus de 86 % du chiffre d'affaires d'Alphabet, sa société mère, provient des recettes publicitaires de Google. Sur mobile, cette stratégie est poussée par le succès d'Android, le système d'exploitation de Google, qui équipe plus de 80 % des smartphones dans le monde.


APPLE

265 milliards de dollars de cash, plus que le PIB de la Finlande.

C'est l'arme secrète d'Apple. Au deuxième trimestre, le géant des smartphones a annoncé avoir atteint 256,8 milliards de dollars de trésorerie. Un butin amassé grâce au succès phénoménal de l'iPhone. Apple en a écoulé 1,1 milliard depuis le lancement du premier, en 2007. L'entreprise américaine n'est pas le leader des smartphones dans le monde - elle occupe 15 % de part de marché, derrière Samsung - mais rentabilise fortement ses appareils grâce à une marge qu'elle maintient autour de 40 % depuis dix ans.


FACEBOOK

2 milliards d'utilisateurs. Soit le quart de la population mondiale.

Son audience est supérieure à la population de l'Inde ou de la Chine. Treize ans après son lancement, Facebook continue à recruter des nouveaux utilisateurs tous les trimestres. Le réseau social est par ailleurs propriétaire d'autres applications elles aussi très fréquentées: Messenger (1,2 milliard d'utilisateurs mensuels), WhatsApp (1 milliard) et Instagram (700 millions). Une large audience au cœur du modèle économique de Facebook, dont 97 % du chiffre d'affaires repose sur la publicité en ligne.


AMAZON

1382%. La progression d'Amazon en Bourse en dix ans. À titre de comparaison, celle du Nasdaq a été de 136 % surla même période.

Petite librairie en ligneà ses débuts, Amazon a diversifié ses activités. Il a élargi sa plateforme d'e-commerce: on peut désormaisy acheter de tout, y compris de la nourriture. La majorité de ses profits sont réalisés par sa filiale Amazon Web Services, spécialisée dans l'hébergement et l'analyse de données pour les entreprises, lancée en 2006. Amazon mise enfin sur des investissements d'avenir: les drones, la reconnaissance vocale, l'intelligence artificielle.

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La Petite Histoire : "Napoléon était-il un "sale con"?

Le 18 avril 2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<Novopress<<<<<<<<<<<<<

18/04/2017 – FRANCE (NOVOpress) : Dans une vidéo récente, le site Topito.com dresse la liste des « 5 trucs cool inventés par des sales cons ». Dans cette liste on retrouve Hitler, Pétain, Saddam Hussein et… Napoléon !

Tantôt accusé d’être un « tyran colonialiste », sans pitié pour ses adversaires, tantôt jugé responsable de la mort de deux millions de personnes, l’empereur Napoléon se voit ainsi insulté par des gens qui, visiblement, n’ont pas cru bon d’ouvrir un livre d’histoire avant de réaliser leur vidéo. Cet épisode de La Petite histoire, diffusé par TV Libertés, est tout simplement une réponse à ces inepties grossières et pseudo-cool.

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DSK fréquente encore les couloirs du FMI

Par Jean-Pierre Robin
Publié le 21/04/2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

L'ex-directeur du FMI et candidat à la présidentielle participait cette semaine à une conférence en marge des grandes réunions du Fonds et de la Banque mondiale à Washington.

Les réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale -leur nom officiel et tellement poétique - attirent énormément de monde à Washington, et même de plus en plus. Une cinquantaine de ministres des Finances et autant de gouverneurs de banques centrales bien sûr, mais aussi des responsables de banques privées et de fonds d'investissement, des économistes. Cette année on a pu voir Dominique Strauss-Kahn déambuler dans les grands halls du FMI qu'il connaît si bien.

L'ancien ministre français des Finances, qui a dirigé l'organisation financière internationale de 2007 à 2011, est venu participer aux rencontres du «Bretton Woods Committee» qui se tiennent toujours en marge des réunions officielles et dans les locaux mêmes du FMI. Cette association porte le nom de la station de ski du New Hampshire où ont été signés en 1944 les accords de Bretton Woods décidant de la création du FMI et de la Banque mondiale. Fondée en 1983, sa mission principale est précisément de répandre «l'esprit de Bretton Woods» dans les cercles politiques américains, notamment auprès du Congrès des États-Unis. Car le multilatéralisme qu'incarnent le FMI et la Banque mondiale a de nombreux adversaires outre-Atlantique, dont le plus influent n'est autre que le président Donald Trump.

Carter, Bush senior et Kissinger

Parmi ses 200 membres, le Bretton Woods Committee compte plusieurs anciens présidents des États-Unis (Jimmy Carter, George Bush père), des ex-secrétaires d'État (Henry Kissinger, James Baker), des économistes de renom tel Lawrence Summers, également ancien secrétaire au Trésor de l'administration Clinton, ou encore Paul Volcker, l'ancien Président de la Fed, la banque centrale américaine. Outre quelques grands noms de la finance privée américaine, le Bretton Woods Committee, accueille des banquiers centraux étrangers, comme François Villeroy de Galhau (Banque de France), Mark Carney (Banque d'Angleterre), ainsi que Jean-Claude Trichet qui a présidé la Banque centrale européenne.

En plus de son assemblée annuelle qui s'est réunie cette semaine à Washington, le Bretton Woods Committee, a organisé un séminaire spécial sur un thème pratique et très actuel: «Catalyser les investissements du secteur privé en infrastructures dans les économies émergentes et en développement». Christine Lagarde, l'actuelle directrice générale du FMI , y a fait une communication spéciale sur la situation économique mondiale. Pour sa part son prédécesseur, Dominique Strauss-Khan était venu non seulement avec sa casquette d'ancien patron du FMI, mais surtout comme conseiller économique et financier de plusieurs États africains dont les besoins d'infrastructures sont insatiables.

 

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NOUS SOMMES LES CONDAMNES ...LES SACRIFIES ....CHEMIN des DAMES ... Centenaire  ..la chanson de Craonne chantée pour la premiere fois

Par Arthur Dubois
Publié le 16/04/2017 à 08h00  >>>>>>>>le Fig>>>>>>>>>>>>>>>

VIDÉO - En 1917, à la suite de la terrible défaite des alliées lors de la bataille du Chemin des dames, 30.000 hommes se sont engagés dans une mutinerie entonnant leur hymne, longtemps censuré, à la fois polémique et engagé.

«C'est à Craonne, sur le plateau, qu'on doit laisser sa peau, car nous sommes tous condamnés, c'est nous les sacrifiés» chantaient en chœur quelque 30.000 mutins à la suite de la terrible défaite des alliés lors de la bataille du chemin des dames. Pour la première fois dans l'histoire de la France La chanson de Craonne sera entonnée lors d'une cérémonie militaire. Un événement de taille et symbolique qui fête le centenaire de cet événement.

Les restes d'un soldat anglais sur le Chemin des Dames
Les restes d'un soldat anglais sur le Chemin des Dames - Crédits photo : Rue des Archives/Rue des Archives/BCA

L'origine de la chanson est assez floue, elle aurait été écrite entre septembre 1914 et septembre 1915. Elle apparaît sous le nom de La Chanson de Lorette, avec comme sous-titre «complainte de la passivité triste des combattants». Mais elle fut interdite et censurée par le commandement militaire à cause de ses paroles contre les combats «Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance», de son appel à la mutinerie «On va se mettre en grève» et de son engagement d'extrême gauche et ses phrases anti-patronat «Ce s'ra votre tour, Messieurs les gros, De monter sur le plateau».

Ces caractéristiques en font une chanson à tendance polémique. Le 1er juillet 2016, le secrétaire d'État français des Anciens Combattants Jean-Marc Todeschini a refusé que soit entonné le chant des soldats lors de la cérémonie d'anniversaire commémorant les cent ans de la bataille de la Somme. Le député du PCF Jean-Jacques Candelier a quant à lui dénoncé «un nouvel affront qui sonne comme une insulte de plus pour les descendants des victimes».

Tragiquement populaire

La chanson n'a cessé d'évoluer au fil du temps en fonction des affrontements. Mais elle prit de l'ampleur en 1917 lors de la défaite du chemin des Dames. Les erreurs cumulées par le général Nivelle en plus de la malchance (intempéries et fuites des infos) firent perdre 350.000 hommes aux Alliés, blessés ou morts, pour une avancée dérisoire.

La ville de Craonne en 1917 à la suite d'affrontements.
La ville de Craonne en 1917 à la suite d'affrontements. - Crédits photo : Rue des Archives/©Rue des Archives/RDA

Cet événement tragique, bénéficia à Pétain qui devenu célèbre pour être l'homme redonnant le moral aux troupes françaises d'une main de fer. Il fit exécuter 57 hommes pour l'exemple et en condamna 554 à mort. Mais rappelons aussi que Craonne fut totalement détruite au cours de la Grande Guerre.

Le maréchal après cette terrible défaite décida de changer les tactiques de l'armée française, se concentrant sur la défense, délaissant les assauts au profit d'une autre conception tactique «L'artillerie conquiert, l'infanterie occupe». Ce choix permis aux Alliés d'attendre l'arrivée des Américains.

La musique de la Chanson de Craonne est basée sur l'air de la chanson Bonsoir M'amour et est souvent jouée sur un air de valse musette. Mais c'est une chorale qui l'interprétera lors de la journée de commémoration. Elle rappellera peut-être la manière dont nos soldats la chantaient.

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Cyberprolétaires

Par Elisa Braun
Publié le 14/04/2017  >>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

ENQUÊTE - Sur des plateformes de « digital labor », des jeunes passent des nuits à créer des sites Internet ou à corriger les noms de modèles de voitures mal écrits dans des ­bases de données.

Des générations d'étudiants se sont succédé dans les restaurants McDo pour financer leurs études. Désormais, derrière un smartphone ou leur ordinateur, certains choisissent d'effectuer des «microtâches» sur le Web. Ces étudiants sont en France parmi les premiers à rejoindre les rangs des travailleurs du clic. Sur des plateformes de «digital labor» comme Crème de la Crème, Side ou Foule Factory, ils passent des nuits à créer des sites Internet ou à corriger les noms de modèles de voitures mal écrits dans des bases de données.

«En général, j'écris des articles pour des start-up et je peux gagner 100 euros, alors que ça ne me prend qu'une journée. Je crée aussi des pages Wikipédia pour des marques parfois»

Mélanie, 22 ans

Mélanie, 22 ans, travaille via Crème de la Crème, une plateforme qui met en relation les étudiants avec des entreprises et compte plus de 20.000 inscrits. «En général, j'écris des articles pour des start-up et je peux gagner 100 euros, alors que ça ne me prend qu'une journée. Je crée aussi des pages Wikipédia pour des marques parfois», raconte au Figaro l'étudiante en communication. Il y a trois ans, elle est devenue autoentrepreneur, condition indispensable pour remplir des «missions ». «Mes parents n'ont pas du tout apprécié de recevoir le courrier de l'Urssaf sans que je leur en aie parlé!»«L'inconvénient, c'est qu'il faut enlever les 25 % de charges à la fin de l'année et la commission de 20 % de la plateforme», nuance Thomas, âgé de 25 ans. À la fin de ses journées d'alternance, l'apprenti chef de projet Web commence son second travail. Il réalise pour une agence de communication parisienne une dizaine de bannières publicitaires Facebook, à moins de 300 euros. «C'est peu payé, quand on connaît les tarifs en agence de publicité, mais c'est toujours mieux que de se faire exploiter dans la restauration ou les grandes surfaces.»

Couteaux suisses

Crème de la Crème s'inscrit dans une réalité déjà attestée aux États-Unis: de plus en plus de travailleurs passent au travail en free-lance, à la tâche, et ces profils de couteaux suisses se développent aussi en France. «On cherche des gens qui en ont dans le cerveau et qui ne se retrouvent pas dans les jobs étudiants classiques», explique Grégory Beck, marketing manager du site. Rares sont les voix discordantes chez les étudiants plutôt ravis de ce nouveau modèle. Crème de la Crème est même un moyen d'approcher ce qu'ils appellent leurs «clients». Air France, Axa, EDF comptent parmi les références très courues de la plateforme. «C'est en partie grâce à cela que j'ai trouvé mon premier job», se réjouit Camélia, diplômée de Sciences Po et community manager d'un hôtel de luxe pour seulement 200 euros nets mensuels.

«On voit des entreprises ne plus du tout faire appel à des agences ou des free-lances, car cela devient beaucoup plus rentable de le proposer à ces milliers de travailleurs en ligne»

Aude*, ancienne étudiante de HEC

La start-up ne se voit pas du tout comme un nouveau Uber, dont les prix trop bas dévalueraient l'ensemble d'un secteur: «C'est un travail beaucoup plus qualifié que ceux qu'on propose d'habitude aux étudiants. Ils peuvent eux-mêmes négocier les tarifs ou refuser les missions», fait valoir Grégory Beck. «Sauf que là, on voit des entreprises ne plus du tout faire appel à des agences ou des free-lances classiques, car cela devient beaucoup plus rentable de le proposer à ces milliers de travailleurs en ligne qui le font volontiers pour moins cher», nuance Aude*, ancienne étudiante de HEC et connaisseuse de ces plateformes.

Cyberprolétaires

D'autres acteurs comme Side se sont engouffrés dans la brèche et offrent un modèle plus souple encore. Parmi les listes de missions, les étudiants peuvent servir des toasts à un cocktail d'investisseurs ou réviser des business plans pour 12 euros de l'heure. «J'y cherche du travail que je peux faire plusieurs heures d'affilée, quand je ne travaille pas», raconte Boubakar*, diplômé de l'Edhec. Pour Drivy, une célèbre start-up de location de voitures entre particuliers, il s'occupe de nettoyer des bases de données informatiques. «Souvent les loueurs mettent la marque et le modèle du véhicule dans la même case ou font des fautes. Les algorithmes n'arrivent pas à les lire, donc il faut tout réécrire», raconte le jeune entrepreneur. Les entreprises, qui ont tant besoin de voir ces tâches chronophages complétées au plus vite à faible coût, prennent parfois le risque de transmettre des documents avec des données sensibles ou de livrer une partie des secrets de leur fonctionnement. C'est pourquoi Side appelle systématiquement les nouveaux membres pour un entretien, afin de limiter l'espionnage industriel.

Sur Foule Factory, le relationnel est inexistant. Cette plateforme discrète rémunère non pas à l'heure, mais à la pièce. Rémi*, 25 ans et une L2 de sciences informatiques en poche, s'y est essayé. «En tant que personne lourdement handicapée, l'ordinateur est l'une des rares activités que je peux faire seul, donc je voyais en ce site un moyen d'exercer une activité et gagner un peu d'argent. Au final, ce n'est pas du tout rentable: j'ai rempli 60 missions pour un total de 11,24 euros.» Une trentaine de ces missions n'ont jamais été payées, sans qu'il puisse obtenir un quelconque recours.

«Ce qui est grave, c'est que ce sont ces tâches malhonnêtes qui payent le mieux»

Rémi*, 25 ans, L2 de sciences informatiques

La nature des tâches a aussi gêné le jeune homme. «On nous a de plus en plus demandé d'aller voter sur des sondages, de mal noter un restaurant sur Trip Advisor ou bien de créer des comptes sur tel ou tel site et de donner nos adresses et nos mots de passe… Ce qui est grave, c'est que ce sont ces tâches malhonnêtes qui payent le mieux.» Pour un célèbre site de référencement de médecins généralistes en ligne, Rémi a obtenu 8 centimes par adresse mail de docteur débusquée. «Pendant les primaires de la droite, j'ai aussi dû dire si des tweets sur François Hollande étaient positifs ou négatifs. J'en avais une centaine à évaluer, à hauteur de 8 centimes pièce», se souvient-il. Une rémunération dérisoire, qui ne tient pas compte du temps de recherche de mission. «Ce système ne marche que s'il y a beaucoup de tâches. Là, ils balancent des miettes et nous nous battons pour en récupérer quelques-unes», insiste Rémi.

Amaury d'Everlange, cofondateur de StaffMe, est conscient des limites du système. «Notre métier, c'est la délégation de tâches chronophages pour les entreprises.» Le site revendique 13.000 inscrits, tous jeunes, dont 3500 autoentrepreneurs actifs payés 15 euros par les entreprises, moins 20 % reversés à la start-up. «L'autoentrepreneur n'a pas d'obligation d'être assuré et nous ne couvrons pas les missions, or la plupart du temps les étudiants ne s'assurent pas», souligne l'ancien avocat.

Les risques existent pourtant, explique Ambroise Fargere, responsable des partenariats start-up et économie collaborative pour Axa France: «Même sur un simple travail en ligne, si l'étudiant qui programme introduit un virus involontairement du côté de l'entreprise cliente, il risque de devoir des dizaines de milliers d'euros, voire plus, de responsabilité civile à sa charge». L'assureur, qui s'essaie à la construction de nouveaux modèles de protection avec Crème de la Crème, reste cependant confiant: «Les plateformes doivent progressivement s'adapter aux législations en vigueur. En théorie, la récente loi travail les obligera à contribuer à la protection sociale de leurs utilisateurs indépendants». En attendant, le «digital labor» turbine.

* Les prénoms ont été modifiés.

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 15/04/2017. Accédez à sa version PDF en cliquant ici

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Fabrice Luchini : l'argent fait notre bonheur

Au théâtre des Déchargeurs, l'acteur fait une lecture où des écrivains (Zola, La Fontaine, Pagnol ou Péguy) parlent d'argent. Un régal.

Par
Publié le vous

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MEXIQUE/AMERIQUE ... entre accord de libre echange,militaires et bi-partisme ...Parti unique ...

>>>>>>>>>>>>>>>>Metamag 25.03.17>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Auran Derien, universitaire ♦

Depuis que Donald Trump a été élu président des États-Unis, des Mexicains affirment qu’ils sont indignés, attitude qui surprend puisque les États-Unis et les oligarques mexicains ont toujours servi à enrichir des groupes privés et à spolier le peuple. Donald  Trump est un président issu du monde de la haute finance mondialiste. A quoi rime la pantalonnade de cette pseudo protestation ?

Les trafiquants n’aiment pas l’incertitude

Une première observation pourrait être que l’oligarchie mexicaine ne sait pas encore  ce que va faire Donald Trump dans les domaines qui intéressent le Mexique. Certes, le discours de campagne du Président, appuyé sur le slogan “D’abord l’Amérique”, implique en pratique une restriction des séjours illégaux sur le territoire étatsunien, ce qui concerne plusieurs millions de Mexicains. Mais les oligarques hispano-américains ne s’intéressent qu’à leur enrichissement, en compagnie ou sous la direction de quelques associations installées de l’autre côté de la frontière.

Le gouvernement des gringos a toujours exercé des pressions  pour bloquer tout développement scientifique et technologique ainsi que toute indépendance financière. En réalité, la plupart des problèmes de cet ancien empire espagnol sont venus de l’absolutisme anglo-saxon et de son obsession des monopoles économiques. Les déclarations de Donald Trump, en faveur de son propre pays, sont normales si ce dernier est une élite conséquente. Il n’a pas à résoudre les problèmes des Mexicains qui sont trahis, comme le sont les Européens, par leurs dirigeants.

Renégocier l’accord de libre échange -TLC

Cela pourrait affecter financiers et  politiciens qui en perçoivent des prébendes, gratifications et autres soultes. Les banques apprécient fort l’argent de la drogue, de même que la CIA qui finance des programmes d’assassinats avec de tels fonds. Nous avons déjà signalé que le principal gagnant du TLC, entré en vigueur en 1994, a été l’ancien Président mexicain Salinas de Gortari propulsé au sommet de la richesse. Les produits mexicains de bonne qualité, surtout en agriculture, ont été accaparés et organisés en réseaux  bien protégés, comme l’enseigne l’exemple du maïs.

Le Mexique produit le meilleur maïs du monde. Sauf qu’il est exporté aux États-Unis dans sa quasi totalité. En sens contraire, le Mexique reçoit du voisin un maïs transgénique, un maïs qui n’est même pas utilisé pour les animaux, un vrai résidu collecté par les multinationales un peu partout. Il semble que le TLC ait accompli sa mission de vidanger les richesses mexicaines puisque le pétrole et la compagnie d’électricité ont été vendus aux entreprises étrangères par Peña Nieto, le Président actuel, affidés des parrains de Davos.

Cependant, le déficit commercial est observable du côté étatsunien. Vouloir le combler signifie remettre en cause les gains fantastiques des quelques groupes qui s’enrichissent de ces échanges. Du côté méxicain, ces mafias possèdent aussi l’industrie de la novlangue. Les vociférations apparaissent donc normales de la part des quelques familles qui ont profité du TLC et pensent perdre quelques chose si les règles changent. Elles mettent en branle, grâce à leur monopole de la propagande, les critiques de Trump et voudraient faire croire que celles-ci expriment le point de vue des Mexicains. C’est tout le contraire. Éructer contre Trump ne prouve aucunement leur patriotisme mais plutôt leur rage de perdre un peu de leurs rentes…

Une autre confusion s’observe chez les militaires

A quoi sert l’armée mexicaine ? L’ex-Président Calderon, en poste avant Peña Nieto, avait mobilisé l’armée pour  lutter contre les trafiquants de drogue. On est déjà attristé quand on prend conscience que ce politicien n’avait pas compris la différence de nature entre une armée régulière et des bandes de voyous. Les “narcos” n’emploient pas les mêmes tactiques que l’armée. On est doublement perturbé lorsqu’on sait quel rôle joue l’argent de la drogue dans les circuits financiers. Personne ne souhaite éradiquer cela. Le résultat observable est la perte de prestige de l’armée et une grande tristesse à constater qu’aucun militaire de haut rang n’a eu le courage de dénoncer cette politique sordide.

Normalement, ces forces défendent une Patrie. Elles jurent loyauté à un principe : le peuple, le territoire, le bien commun. Les forces armées sont au service de la Patrie et non d’un gang qui affirme la représenter. Si Trump donne un tour plus “patriote” à l’armée étatsunienne, les militaires mexicains vont-il suivre le même chemin ?

Le parti unique PRI-PAN va-t-il se renforcer ?

Le Parti Action Nationale (PAN) a été fondé en 1939 par un proche de Callés, politicien responsable de la guerre civile contre les “Cristeros”. Le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) a dirigé le pays pendant des décennies et est revenu au pouvoir avec Peña Nieto. La dialectique PRI-PAN, comme celle des Républicains /Démocrates aux États-Unis participe de la méthodologie  : “dissoudre” et “coaguler”. Il convient de fonder une opposition qui reste sous contrôle. Cela permet de tromper les véritables opposants car ils sont enrégimentés dans le faux parti d’opposition qui les neutralise.

Le PAN défend la nécessité de tout privatiser afin d’éviter la corruption des politiciens. Le résultat clair et net consiste à tout donner à des mafias étrangères qui transforment les autochtones en simples gérants à leur service. L’ancien Président Salinas de Gortari, signataire du TLC, était du PRI, quoi qu’il realisât un programme type PAN. Ainsi, la lutte entre le PAN et le PRI, comme cela se déroule dans d’autres pays soumis à la même tactique, consiste à chercher à privatiser lorsqu’on est au pouvoir mais à faire semblant de s’y opposer lorsqu’on ne se trouve pas aux affaires. Le PRI s’oppose au PAN sur certains thèmes afin de garder des richesses disponibles pour le moment où il reviendra au pouvoir, et vice versa. Le Mexique baigne dans cette situation. Le PRI avait freiné les privatisations que voulait réaliser le PAN jusqu’au moment de son retour au pouvoir. L’actuel Président Peña Nieto, du PRI, a privatisé pour remplir les poches de son entourage. Chacun son tour dans la course au grisbi ! Le discours de Trump sera parfaitement compris.

Un État est une entreprise comme une autre. Trump a de bons élèves au Mexique. Quelques frictions au moment de se partager ce qui reste du gâteau sont probables. Mais rien de sérieux. La route de la servitude  est bien entretenue.

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Prime, le trésor caché d'Amazon

Par Benjamin Ferran

Publié le 21/11/2016 <<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<

Depuis 2005, le champion de l'e-commerce étoffe son offre premium réservée aux millions d'acheteurs qui, chaque année, souscrivent un abonnement pour obtenir des services supplémentaires.

Ce sont les clients chéris d'Amazon. Ceux que le géant de l'e-commerce entoure de tous les soins. Chaque année, des millions d'acheteurs du site souscrivent un abonnement pour obtenir des services supplémentaires. Le premier avantage, historique, est la livraison gratuite en deux jours, mais l'entreprise n'a eu de cesse d'enrichir son offre.

Lancé en 2005 aux États-Unis, étendu dans huit autres pays, dont la France dès 2008 (sous le nom de «Premium») et en Chine dernièrement, Prime est l'une des pierres angulaires, pourtant sous-estimée, du succès de l'entreprise. Il totaliserait 60 millions de fidèles, selon les estimations récentes les plus conservatrices, dont environ 3,5 millions de Français.

Pour Amazon, le système est exceptionnellement vertueux. Les abonnés Prime, après avoir payé jusqu'à 99 dollars par an selon les pays, dépensent ensuite en moyenne 4,5 fois plus que les autres clients dans les rayons, et même jusqu'à 10 fois plus pour les inscrits de la première heure, d'après une note de Morgan Stanley publiée début octobre. Chaque année, le site organise pour eux une journée de promotion, le Prime Day. Le 12 juillet, il a enregistré une hausse des commandes de 60% par rapport à 2015. Cet engagement, qui ne cesse de se renforcer, «constitue une source d'optimisme sur la croissance future» de l'entreprise, écrit l'analyste Brian Nowak, de Morgan Stanley.

Le succès de Prime vient nourrir celui des autres services d'Amazon. La livraison de produits dans l'heure dans les grandes villes ou les boutons d'achat immédiat de produits, Dash, sont réservés à ces utilisateurs déjà conquis et dépensiers. Selon une étude d'Experian et de Creative Strategies, 96% des possesseurs de l'assistant virtuel d'Amazon, Echo, sont abonnés.

Ambitions dans les médias

En France, la Fnac et Cdiscount ont réagi avec des formules centrées sur la livraison. Prime se déploie cependant au-delà de l'e-commerce et sert de rampe de lancement aux ambitions d'Amazon dans les médias. Le forfait comprend un accès à des films et à des séries, dont des productions originales. Jusqu'alors proposé dans une poignée de marchés, il devrait être étendu à la quasi-totalité des pays d'ici à la fin de l'année.

Dans la musique, les abonnés bénéficient de deux millions de morceaux en écoute gratuite. Depuis octobre, ils peuvent aussi souscrire à un accès illimité sur le modèle de Spotify et de Deezer pour 7,99 dollars par mois, soit deux dollars de moins que les prix du marché. Une raison supplémentaire de rester dans le giron d'Amazon.

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L'abonnement, nouveau Graal des géants du high-tech

Par Benjamin Ferran
Publié le 21/11/2016 <<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<

Ils cherchent à fidéliser leurs clients et à générer des revenus récurrents.

Pour qui vient de dépenser plusieurs centaines d'euros dans un smartphone, le prélèvement paraît presque indolore. Les utilisateurs d'iPhone dont le stockage approche de la saturation peuvent, moyennant 99 centimes d'euro, obtenir une recharge pour stocker 50.000 photos supplémentaires. Les données sont alors conservées sur des serveurs informatiques à distance, et non plus dans la mémoire du téléphone. Seule condition: pour les conserver, il faut s'acquitter de cette somme chaque mois.

Comme Apple, la plupart des géants de la tech ne se contentent plus de vendre des produits ou de diffuser de la publicité, les deux modèles sur lesquels ils ont fondé leur fortune. Ils cherchent désormais à se constituer en parallèle un matelas de revenus récurrents, en développant des systèmes d'abonnement. Ils ont pour eux une énorme base de clients fidèles, avec lesquels ils ont noué une relation privilégiée, et qu'ils peuvent ainsi recruter à moindres frais. Google attire chaque mois plus de 1 milliard de visiteurs sur YouTube.

Il propose maintenant une formule à 10 dollars par mois pour voir des vidéos sans publicité. Il permet aussi depuis l'été de s'abonner à des applications, et prélève une commission de 15 % sur ces revenus. Microsoft, de son côté, distribue les logiciels Word, Excel, PowerPoint par abonnement, associés à un espace de stockage en ligne, pour 7 euros par mois.

Le cours de l'action Adobe a triplé

Facebook, après avoir passé dix ans à prôner un modèle gratuit financé par la publicité ciblée, a lancé une offre pour les entreprises, avec un accès facturé 3 dollars par salarié. Quant à Amazon, il ne cesse de développer son forfait Prime («Premium» en France), qui donne en premier lieu accès à des livraisons gratuites et à du stockage en ligne, mais aussi à de la musique, des films et des séries.

Dans le high-tech, les abonnements se sont d'abord développés avec des offres à destination des professionnels, les plus susceptibles de payer, avant de s'étendre dans le commerce aux particuliers, aux médias (presse, musique, cinémas et séries) et à un large nombre de services Internet. Adobe est le meilleur exemple de réussite. Il a converti l'ensemble de ses logiciels créatifs, Photoshop, Illustrator et les autres, sous cette formule. Les prix débutent à 12 euros par mois, et peuvent dépasser la centaine d'euros.

Après une période de transition délicate, ses revenus ne cessent de progresser. Le chiffre d'affaires de la Creative Suite a encore augmenté de 39 % au cours du troisième trimestre. Il représente 3,7 milliards de dollars en rythme annuel.

Les ventes d'iPhone patinent, et les abonnements deviennent plus rémunérateurs pour Apple que la vente de Mac

Les revenus récurrents sont particulièrement appréciés par les analystes financiers, car ils donnent une bonne vision du futur des entreprises. L'action Adobe a plus que triplé depuis le lancement de la Creative Cloud, il y a trois ans. Les abonnements expliquent aussi le récent regain de forme de Microsoft, qui totalise 24 millions d'abonnés grand public à sa suite Office 365. Apple a lui aussi décidé de mettre ces revenus en évidence dans ses comptes. Tandis que les ventes d'iPhone patinent, cette activité affiche une très forte croissance, jusqu'à devenir plus rémunératrice que la vente de Mac.

Avec une base installée d'un milliard de terminaux, les services sont une «large et importante source de revenus récurrents », avait souligné le PDG de l'entreprise, Tim Cook, devant des analystes en janvier. Apple a aussi commencé à vendre des iPhone aux États-Unis, pour 36 dollars par mois, qui donne droit à un nouvel iPhone par an. Samsung l'a suivi. Son offre up2you est disponible en France, à partir de 27 euros mensuels.

Dans une note parue le mois dernier, la banque d'affaires Morgan Stanley encourage Apple à aller beaucoup plus loin et à revoir son modèle économique. Elle lui recommande de proposer un forfait unique à 50 dollars par mois, qui donnerait droit à un nouvel iPhone tous les ans, un Apple TV tous les trois ans, ainsi qu'à un accès illimité à des films, des séries et de la musique. En mai, un analyste de Bernstein avait émis la même proposition audacieuse, à même, selon lui, de porter la valorisation du groupe au-delà des 1000 milliards de dollars, contre moins de 600 milliards aujourd'hui.

Si tous ces forfaits sont sans engagement, en changer n'est pas sans difficulté. Les réglages et les archives ne se transfèrent pas aisément d'un service à l'autre. Cet appétit pour les abonnements renforce un peu plus l'emprise des géants du Web, qui se positionnent en guichets uniques pour le matériel, les logiciels et les services.

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Google, une «citadelle du gratuit» en état de siège

Par Benjamin Ferran
Publié le 27/12/2015 <<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<

En se lançant dans le domaine du payant, la première fortune du Web, plus connu pour sa philosophie du gratuit, s'engage dans une voie où il n'était pas attendu.

Payer un abonnement de quelques dollars par mois et voir moins de publicités sur le Web. La proposition a de quoi surprendre lorsqu'elle émane du champion toutes catégories de la gratuité sur Internet, Google.

Ce service, appelé Contributor, a été lancé en toute fin d'année dernière en partenariat avec un petit groupe de médias, comme Mashable, The Onion et Imgur. Il s'agit de l'une des toutes premières tentatives de Google de développer un modèle payant sur Internet dans lequel les contenus sont financés par les revenus des abonnements et plus seulement par la publicité. Fin octobre, le groupe Internet a récidivé en lançant YouTube Red, une version premium de sa plateforme de vidéos. Comme dans Contributor, les abonnés premium peuvent regarder des vidéos sans publicité. À l'avenir, des films et des séries exclusives de producteurs partenaires leur seront réservées.

Les vérités de 2009 ne sont plus celles de 2015

Avec Contributor et YouTube Red, Google s'engage dans une voie où il n'était pas attendu. La première fortune du Web, valorisée à plus de 500 milliards de dollars, a bâti son incroyable succès en proposant des contenus et des services gratuits, exclusivement financés par la publicité. La gratuité, chez Google, est «au cœur de la philosophie» de l'entreprise américaine, écrivait le journaliste Chris Anderson dans un livre paru en 2009 (1). Ce modèle lui permet de toucher le marché le plus vaste possible et d'en tirer un profit considérable en récoltant quelques dollars de revenus auprès de chaque utilisateur, auquel il administre de la publicité ciblée.

«Si la gratuité numérique démonétise des industries avant que de nouveaux modèles ne parviennent à la remonétiser, tout le monde est perdant»

Chris Anderson, journaliste

Google, en véritable «citadelle du gratuit» sur le Web, a appliqué cette recette gagnante dans la recherche Internet, la messagerie électronique, la cartographie, la vidéo, le livre ou encore la musique. Les seuls services payants étaient jusqu'alors réservés aux entreprises.

Sur Internet, les vérités de 2009 ne sont plus tout à fait celles de 2015. Depuis dix ans, la gratuité s'est en effet avérée particulièrement efficace pour quelques autres géants du Web, mais beaucoup trop peu pour les autres. De façon paradoxale, cette réussite sans partage est une menace pour le fonctionnement de Google. Le groupe américain a en effet «besoin que d'autres créent des informations qu'il pourra ensuite indexer, organiser et emballer à son profit, prévenait Chris Anderson dans son ouvrage. Si la gratuité numérique démonétise des industries avant que de nouveaux modèles ne parviennent à la remonétiser, tout le monde est perdant.» Et la «citadelle du gratuit» risque de se fissurer.

Limites du modèle publicitaire

Depuis deux ans, Google tente d'apporter son aide à la presse au travers des fonds de soutien. En lançant des offres premium, il pousse la logique plus loin et reconnaît à demi-mot les limites du modèle publicitaire pour financer l'ensemble des contenus. Dans la musique, les producteurs martèlent depuis des années que l'abonnement payant est le seul modèle d'avenir pour leur industrie. En France, 3 millions d'abonnés à Spotify, Deezer et les autres plateformes de streaming rapportent déjà deux fois plus que les 18 millions d'internautes qui écoutent de la musique gratuitement sur YouTube. La situation est la même dans la vidéo, où les services de vidéo à la demande par abonnement, comme Netflix, ont la faveur des producteurs et des abonnés grâce à leurs contenus exclusifs.

Google est toutefois loin d'abandonner le gratuit pour le payant. Pragmatique, il adopte une stratégie mixte, «freemium», sans jamais rogner sur son chiffre d'affaires publicitaire. La plupart des utilisateurs continueront à profiter gratuitement de ses services. Ceux qui veulent un meilleur confort de navigation ou des contenus exclusifs choisiront de payer. Il renforcera ainsi sa position d'intermédiaire unique entre les créateurs de contenus et les consommateurs et sera plus incontournable que jamais. La «citadelle» Google pourrait alors en sortir consolidée.

(1) Free! Comment marche l'économie du gratuit, Flammarion.

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Supprimer l'argent liqide ...les BRICS ne Nous protegeront pas 

Auran Derien, universitaire ♦ 10.03.2017  >>>>>>>>>>>>>>>Metamag>>>>>>>>>>>>>>>

L’Inde a prouvé, avec sa réforme monétaire, qu’elle était passée résolument sous la domination de l’internationale financière. La diversité du monde, qu’elle a incarnée depuis 5000 ans, ne l’intéresse plus.

Une méthode totalitaire parfaitement infâme est la suppression de la diversité des formes de paiement. L’obsession est répandue comme une traînée de poudre  et trouve une oreille attentive chez tous les dirigeants de la planète. A son tour, la Russie considère cette méthode comme merveilleuse. La Chine, quand à elle, avance dans le même sens .

Chine et GPS : l’obligation

Ils ont commencé en Mongolie, lieu où vivent des populations converties à l’Islam, Ouïghours, Kazakhs, ….et peu à peu le Parti de la Stabilité Sociale (l’ex-parti communiste) la généralisera. Le GPS dans les véhicules sera obligatoire pour suivre les déplacements de la population. En cas de refus, il ne sera plus possible au conducteur d’acheter de l’essence. Au-delà, la Chine se lance dans l’enregistrement de données biologiques de la population, données qui seront nécessaire pour demander les passeports et autres documents.

Entre l’augmentation de la population que l’on ne cherche plus à éduquer, mais à abrutir puis la grande vague technologique de substitution des hommes par des robots pour baisser les coûts, accroître le pillage par les actionnaires et leur permettre de s’endetter à bon compte pour acheter le monde et ceci jusqu’à la parousie monothéiste, le chemin est tout tracé. Il y a peu, on pouvait lire sur le site insolentiae  qu´« une usine chinoise remplace 90 % des travailleurs par des robots. La production augmente de 250 %, le taux de défaut chute de 80 % ». Or, si le système socialiste donnait du travail à tous quoiqu’il nageât dans la pénurie, le système occidentiste ne sait que débaucher, insulter, criminaliser et piller au profit d’un gang de financiers aussi immondes que leur modèle Al Capone. La vague de robotisation a des effets visibles sur l’emploi en Chine, où on ne peut pas dire que les coûts de travail soient particulièrement élevés ; les pays européens  vont continuer eux-aussi à s’enfoncer.

S’il est impossible de créer des emplois au même rythme que leur destruction par la robotisation, si la relocalisation, thème fort pertinent, est difficile et problématique dans un monde où le travail est effectué par les machines, on n’observe aucune réflexion pertinente sur le futur. La seule obsession réside dans la volonté de tuer les cultures pour qu’il ne reste à la fin que les trafiquants et leur montagne de richesse. La Chine surveille sa population, plus que les démons de Londres ou les Al Capone de Wall Street. Il convient de ne pas s’illusionner sur l’aide que pourrait apporter cette “civilisation” à la beauté du monde du moment qu’elle accepte d’enlaidir toutes choses, comme n’importe quelle crapule occidentale actuelle.

Du côté de la Russie, un son de cloche sinistre se fait entendre aussi

La Russie va supprimer l’argent liquide. Le porte-parole de la Présidence Russe, Dimitri Peskov, a proclamé la volonté de son pays de réduire l’usage de l’argent liquide en tenant compte du syncrétisme local. Cet objectif a été lancé par le ministre de l’économie, Anton Siluanov, dans des termes qui reprennent les paroles des parrains de Davos. La justification  est de pouvoir encaisser plus d’impôts, quand le problème fiscal naît des paradis fiscaux.

L’obligation de ne payer qu’avec une monnaie électronique, à partir de cartes, de portables, de montres, voire de puces placées sous la peau est une certitude de contrôler toutes les transactions. Le thème est récurrent à Davos. On eût pu penser que les dirigeants du groupe de pays connu sous l’acronyme BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ne se seraient pas prosternés devant les homoncules davosiens.

A Davos, on aime bien les borborygmes des professionnels de l’éructation économico-carnavalesque. Les parrains leur donnent un prix en mémoire du sieur Nobel pour qu’ils épatent le journaliste  qui en rend compte. Les USA sont incités par toute une tribu à se débarasser du liquide, thème repris en boucle par le directeur de Paypal et autres vendeurs de monnaie électronique protégés et encouragés par la finance mondialiste.

Entre des superstitions ridicules et la volonté de nuire, une parfaite corrélation existe à laquelle ni la Chine ni la Russie s’opposeront. Rappelons que le Président Lui, Xi Jinping, est venu  à Davos, le 17 janvier dernier, pour rappeler, avec sa cravate rouge, que la mondialisation était merveilleuse, comme le proclamaient dès 1917 tant les  bolchéviques que les tenants de l’internationale financière. Les victimes sont les peuples et les cultures.

La tyrannie finira un jour. Mais avant, beaucoup de sang, de larmes et de crimes seront commis. On pourrait commencer à se rebeller contre le système bancaire en généralisant la frugalité volontaire et la réciprocité entre gens civilisés. Mais ceci est une autre histoire.

 
 hcq :
 Voir le film LION ...>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>
à comparer avec SLUMDOG MILLIONNAIRE .... >>>>>>>>>voir sous 1er mai 2011>>>>>>>>>>>><
 
où sont passés les PERES ?  ... ENfants-PAIRE-ENtsts>>>>>>>>>>>>><<
 

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Pendant ce temps, Obama s'adonne aux joies du kitesurf avec le milliardaire Richard Branson

RT, 7 février 2017

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Après l'investiture de Donald Trump, Barack Obama s'est accordé un peu de répit et a rendu visite au fondateur de Virgin. Sur l'île privée de ce dernier, les deux hommes ont pratiqué des sports aquatiques devant les caméras.

Alors que Donald Trump est déjà pleinement absorbé par ses nouvelles fonctions, son prédecesseur Barack Obama redécouvre les joies d'une vie simple après huit ans à la Maison Blanche. Invité par le milliardaire britannique Richard Branson, fondateur de la marque Virgin, il a été filmé en compagnie de ce dernier en train de pratiquer le kitesurf sur l'île Mosquito, dans les Caraïbes, achetée par Richard Bronson pour l'équivalent de 11,7 millions d'euros en 2007.

Le milliardaire a expliqué qu'il avait défié l'ancien président : «Nous avons décidé de faire un concours amical : Barack peut-il apprendre le kitesurf avant que j'apprenne le foil-board ?»

Entre deux pirouettes au soleil, l'ancien président a toutefois trouvé le temps de critiquer la politique de son successeur. «Barack Obama est en profond désaccord avec la notion de discrimination contre des individus en raison de leur foi ou de leur religion», a annoncé son porte-parole, en référence au décret migratoire pris par Donald Trump en janvier dernier.

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VIDEO : FINANCIARISTION DE L'ECONOMIE : CASH MISERE

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INTERVIEW - Le leader de U2 et le fondateur de Microsoft participaient à la Conférence de Munich sur la sécurité.

Par Mario Calabresi (La Repubblica), Lola Huete-Machado (El País), et Thorsten Jungholt (Die Welt)

Le 23 février 2017

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L'un porte une chemise et une cravate, l'autre un t-shirt noir, des bottes et des boucles d'oreille. L'un est le chef d'entreprise le plus riche du monde, l'autre une grande star du rock. Ils sont assis l'un à côté de l'autre ; Bill Gates boit un Coca light, et Bono un verre d'eau. Mais que font-ils ensemble à la Conférence de Munich sur la sécurité?

Bill GATES. - Nous nous connaissons depuis un bon bout de temps. Nous nous sommes rencontrés à New York, juste après le 11 septembre 2001...

BONO. - C'est vrai, tu étais en train de manger un Big Mac!

Bill GATES. - J'ai soutenu Bono dans cette mission et dans ses expériences en Afrique. La Fondation en était encore à ses débuts à l'époque. L'Alliance GAVI (vaccination) et le Fonds mondial venaient tout juste de s'associer, et c'est depuis lors que nous avons commencé à soutenir et apprécier le travail effectué par ONE. Et nous avons réalisé que l'on avait obtenu pas mal de bons résultats.

BONO. - Après notre première rencontre et ... quelques conseils diététiques ( rires!), je suis allé voir Bill et Melinda pour discuter de leur proposition d'investissement dans ONE, de façon à ce que nous puissions structurer notre opération et engager les personnes les plus brillantes pour le faire. Cependant, ce que j'ai retenu de notre première réunion, c'est que tout n'était pas une question d'argent ici! Ces deux personnes seraient notre plus gros avantage.

«Nous venons de vivre 15 années de grandes avancées. Et si la générosité ne faiblit pas, les quinze prochaines années seront tout aussi exceptionnelles, car la science est avec nous.»

Bill Gates

Bill GATES. - Eh bien, nous étions plutôt naïfs... à cette époque, nous pensions que nous aiderions à inventer de nouveaux outils, directement grâce aux vaccins et aux médicaments. Cependant, nous ne savions pas vraiment comment procéder, à quel point ce serait difficile d'accéder aux enfants pauvres et de les vacciner. Nous ne savions pas non plus qu'il y aurait des problèmes de couverture et à quel point nous serions dépendants de l'aide étrangère pour acheminer les vaccins. La question du transport, de l'aide étrangère et de la nécessité de créer un partenariat avec différents gouvernements a vraiment connu une évolution dans les années qui ont suivi. Ce qu'a fait ONE, c'est prouver que les choses pouvaient fonctionner, trouver des politiciens qui se préoccupaient vraiment de cette problématique et nous donner une chance de les rencontrer. Nous ne sommes pas des experts en la matière, mais nous pouvons vous raconter une histoire sensationnelle. Nous venons de vivre 15 années de grandes avancées. Et si la générosité ne faiblit pas, les quinze prochaines années seront tout aussi exceptionnelles, car la science est avec nous. Nous sommes beaucoup moins naïfs aujourd'hui et savons à quel point c'est dur d'y arriver, mais nous l'étions quand nous nous sommes rencontrés pour la première fois.

BONO. - Ces derniers jours, je n'ai pas arrêté de conseiller aux gens déprimés par les gros titres des journaux et par l'état du monde de lire la lettre annuelle de Bill et Melinda. Elle contient les meilleures nouvelles de la planète. C'est incroyable: 122 millions d'enfants sauvés depuis 1990. C'est dingue: je pense que ça fait plus de 13.000 par jour, ou quelque chose comme ça. C'est énorme! Si vous êtes découragé par la tournure que prend le monde, soutenez ce genre de mouvement. Vous aurez le sentiment d'être utile, car vos actes auront un réel impact. Vous pouvez rejoindre ONE et faire partie intégrante du mouvement, car ça fonctionne vraiment.

Vous avez participé à la Conférence de Munich sur la sécurité pour sensibiliser la population au fait que les maladies constituent un risque sécuritaire mondial. Êtes-vous satisfait de la Conférence?

Bill GATES. - Nous sommes super-heureux, car la conscience du lien qui existe entre notre prospérité, le développement et la sécurité, ainsi qu'entre la santé et la sécurité est très forte ici. Aujourd'hui, j'ai estimé que nous parlerons beaucoup des épidémies et du fait que nous devons travailler avec les services de sécurité, réaliser des investissements et être mieux préparés à ces choses-là. Et la chancelière Merkel a déclaré que, même si elle s'engage à augmenter les dépenses militaires, nous devions toujours penser aux dépenses de développement.

BONO. - C'est une chose extraordinaire à laquelle nous assistons là, l'armée semblant parfois avoir une longueur d'avance sur ses patrons en ce qui concerne le besoin d'investir dans l'être humain, d'investir dans la prévention plutôt que dans l'intervention. Je pense que c'est probablement parce qu'elle connaît mieux que quiconque le coût des conflits. Il n'y a pas une seule personne en Europe qui pense que ce qui se passe en Afrique du Nord n'a aucune importance. Il y a cinq ans, c'était facile de dire «Je m'en fous un peu, ça se passe loin d'ici», mais maintenant nous savons à quel point le continent est proche, et je pense que ça nous a permis d'établir des priorités dans le travail que nous réalisons... le travail de la fondation Gates, qui est de procéder à des améliorations tant sanitaires qu'agricoles, et le travail de ONE, qui est de donner un coup de pouce aux politiciens prêts à s'engager pour faire le bien.

Que pensez-vous de la nouvelle stratégie de développement du gouvernement allemand et de sa contribution au plan Marshall national?

Bill GATES. - Pour l'instant, ce plan n'a pas encore de chiffres concrets et de forme exacte, mais ce qui est fantastique, c'est de voir qu'il sollicite la contribution des Africains. Hier soir, j'ai dîné avec les grands investisseurs du secteur privé africain ici à Munich, et j'ai compris quelque chose. Qu'est-ce qui nous empêche de réaliser plus d'investissements sur place? Que peuvent faire les gouvernements riches comme celui de l'Allemagne, qui souhaite s'engager, et que doivent faire les Africains eux-mêmes?

BONO. - J'ai vu le ministre Wolfgang Schäuble hier, et la passion qu'il a pour ce projet, le «Compact with Africa» du G20, m'a beaucoup surpris. Il a beaucoup insisté sur la nécessité pour l'Allemagne et l'Europe de voir des États prospères, une stratégie des États prospères. De très bonnes raisons justifient également que l'on discute des États fragiles, car les États fragiles deviennent des États en déroute, et nous nous retrouvons alors confrontés à de graves problèmes. Il ne peut exister d'espace non gouverné - dans le chaos, le radicalisme est roi. Nous devons commencer à voir l'Afrique d'un œil différent, comme une opportunité. Il y a danger, mais c'est une immense opportunité.

«On a vu ce qui s'est passé lorsque la Syrie, un pays qui comptait autrefois 20 millions d'habitants, a sombré dans l'oubli. Alors, imaginez un peu ce qui pourrait se passer dans un pays dix fois plus grand, ce qu'est le Nigeria»

Bono

On a vu ce qui s'est passé lorsque la Syrie, un pays qui comptait autrefois 20 millions d'habitants, a sombré dans l'oubli. Alors, imaginez un peu ce qui pourrait se passer dans un pays dix fois plus grand, ce qu'est le Nigeria. La faillite du Nigeria est l'objectif déclaré de Boko Haram. Je ne sais pas si vous connaissez le concept de «zone grise». En avez-vous déjà entendu parler? Une zone grise, c'est une zone où les chrétiens et les musulmans cohabitent en harmonie. Et au Nigeria, les deux religions entretiennent d'excellentes relations. C'est une communauté très interconfessionnelle. On appelle ça une zone grise. Si vous êtes un extrémiste, vous aspirez à détruire cela. Je viens d'aller à Borno, au nord-est du Nigeria. J'ai vu à quoi ressemblaient 2,25 millions de personnes déplacées - le chaos. Je pense que la réflexion qui sous-tend le «Compact with Africa», c'est que les gens n'ont pas envie de quitter des États prospères. L'année dernière, j'ai visité quatre pays abritant des camps de réfugiés. Et la seule chose importante que j'ai entendue, c'est «Nous voulons simplement rentrer chez nous». Ils n'ont pas envie de s'entasser sur des bateaux et de traverser la mer. C'est là que nous devons aller à leur rencontre - chez eux, pour les aider à prospérer. Je suis également ravi d'entendre la chancelière parler de l'éducation aujourd'hui, et de l'éducation des filles en particulier, car les statistiques sont affolantes. Un enfant né d'une mère qui sait lire a 50 % de chances supplémentaires de dépasser l'âge de 5 ans.

Vous avez donné le ton dans votre discours, vous avez mentionné les trois E: éducation, emploi et émancipation.

BONO. - Oui, j'ai beaucoup insisté sur ces trois E. La présidence allemande du G20 sera extrêmement stratégique. Il ne s'agit pas seulement de compassion et d'aide intelligente. Il s'agit de retravailler une relation. S'il y a des pays prêts à lutter contre la corruption, à faire passer leur population en premier et à mettre en place une bonne gouvernance, nous sommes derrière eux! Nous les soutenons et pouvons peut-être leur offrir une connectivité à grande vitesse. Vous savez que Bill est un as en la matière.

Et qu'en est-il de la stratégie applicable aux réfugiés? Car vous avez commencé à vous intéresser à la cause des réfugiés l'année dernière, aux problèmes de la Syrie...

Bill GATES. - Oui, c'est une petite partie de nos activités, ce n'est pas énorme. Nous sommes surtout actifs dans la santé, l'hygiène et les services financiers. Nous nous sommes donc dit «Ok, prenons tout ce que nous savons et veillons à ce que tous ces réfugiés en profitent.» Nous voulons organiser des campagnes de vaccination dans ces camps, y installer des toilettes pour éviter la propagation de maladies et y créer une qualité de vie décente.

Le refus croissant de la vaccination, en Occident et dans le reste du monde, vous préoccupe-t-il?

Bill GATES. - Vous savez, les vaccins sont totalement sûrs. Lors de ma première rencontre avec le président Trump, j'en ai discuté avec lui. Ce message est passé. Il est déjà arrivé que dans certains pays riches, le taux de vaccination descende en dessous du seuil requis et que l'on assiste même à une recrudescence des cas de rougeole et de coqueluche mortels... C'est vraiment tragique. C'est vrai que les rumeurs négatives se propagent parfois bien mieux que les faits positifs. Les faits positifs ont souvent du mal à faire le poids face aux faits négatifs. C'est comme le prétendu lien entre l'autisme et la vaccination, qui a été réfuté il y a maintenant près de 20 ans. Cet article a été retiré de la circulation, mais il a toujours des adeptes. Il s'agit donc d'un défi de communication sur lequel nous devons continuer de travailler. Et c'est en partie pour cela que nous sommes si attentifs à l'innocuité des vaccins. Car si un vaccin rencontrait des problèmes, cela aurait un impact sur la perception que les gens ont de tous les vaccins. Nous ne pouvons donc pas nous permettre de prendre des risques, car tous nos efforts seraient réduits à néant en cas d'erreur. Voilà pourquoi l'innocuité joue un rôle si important. Bien sûr, cela signifie que l'autorisation de nouveaux vaccins prend beaucoup plus de temps que la normale, mais nous soutenons pleinement cette procédure.

Si le président Trump décidait de réduire le budget alloué à des programmes comme le planning familial et l'éducation, qu'adviendrait-il de l'Afrique?

«Les États-Unis sont de loin les plus grands donateurs, avec environ 30 milliards de dollars par an, dont environ 10 milliards sont alloués à la santé, y compris à la malaria et au VIH»

Bille Gates

Bill GATES. - Les États-Unis sont de loin les plus grands donateurs, avec environ 30 milliards de dollars par an, dont environ 10 milliards sont alloués à la santé, y compris à la malaria et au VIH. L'administration Trump n'a pas encore présenté son budget. Elle n'a donc rien réduit. Lorsque vous avez une nouvelle présidence, il incombe à la société civile et à des organisations comme la nôtre d'expliquer que même dans un contexte «America First», la stabilité que vous obtenez, le rôle économique que vous jouez et les épidémies que vous repoussez sont de bons investissements. Je connais le nouveau secrétaire d'État Rex Tillerson. Je pourrai l'observer dans son nouveau rôle dans quelques semaines. Ça va être difficile, car le budget américain est très serré, il y a beaucoup de priorités, donc... cette histoire d'aide étrangère est toujours compliquée, car vous êtes loin et vous entendez dire que 2 % n'ont pas été dépensés correctement et que les 98 % restants sont corrompus. Nous sommes donc dans une période où nous devons défendre les nombreux avantages de tels programmes.

BONO. - Je trouve que les Américains tendent à se montrer plus patriotiques lorsqu'ils parlent de ce que fait leur gouvernement pour combattre le VIH/le sida. Ils ressentent une grande fierté, et il s'agit de la plus grande intervention sanitaire de l'histoire de la médecine. Et c'est un conservateur qui l'a dirigée, le président Bush. J'étais dans le Bureau ovale et lui ai dit «Vous pouvez colorer ces pilules en rouge, blanc et bleu, M. le Président. Elles seront la meilleure publicité qui aura jamais été faite des États-Unis.» Il a ri, mais a suivi mon conseil. Et la popularité des États-Unis est très élevée en Afrique. Je pense que le maintien de cette relation devrait être un impératif stratégique, et non simplement un impératif moral. Nous verrons.

De nombreux hommes politiques occidentaux, parmi lesquels des hommes politiques américains bien évidemment, gagnent actuellement les élections en faisant passer les intérêts de leur pays en premier. Ce débat se retrouve non seulement aux États-Unis, mais également en Europe. Pensez-vous que cette attitude pourrait affecter vos efforts pour l'Afrique?

Bill GATES. - Eh bien... évidemment, les pays font passer leurs intérêts en premier. Ces mots ne constituent pas un problème en soi. La question est de savoir si les gens se rendent compte à quel point depuis la Seconde Guerre mondiale, la collaboration entre les pays a fait des merveilles en termes de paix et de développement. Je pense que oui, l'Amérique a toujours fait passer les intérêts de l'Amérique en premier. Cependant, nos programmes d'aide, ainsi que notre amitié et collaboration avec l'Europe ont également servi nos intérêts. Et donc... Je pense que le danger, c'est plutôt que les gens commencent à voir les choses à court terme et ne se rendent pas compte des progrès qui ont été faits. C'est un challenge.

BONO. - Soixante-dix ans de paix... grâce à la coopération internationale. Je pense que le souvenir d'un monde en guerre s'est estompé et avec lui, les raisons pour lesquelles Franklin Delano Roosevelt et d'autres ont tenté de réimaginer un monde de coopération. L'ONU, les institutions Bretton Woods, l'OTAN... Je pense qu'il est probablement temps de repenser ces organisations, en ce sens qu'il faut essayer de les rendre meilleures, si possible. Nous devons le faire avec tout. Et je ne pense pas que nous ayons le choix. En fait, nous n'avons pas du tout le choix. Il ne faut pas rétablir la mentalité insulaire, remonter le pont-levis. Vous savez, les maladies, les pandémies ne respectent pas les ordres. Cette mondialisation est parmi nous, nous sommes un peu comme le roi Knut, vous connaissez l'histoire? Il a essayé d'arrêter les vagues,... mais c'est tout simplement impossible. Je pense que nous devons comprendre que les gens traversent une période difficile. La crise financière a tué l'Irlande,... et de nombreuses personnes étaient en colère. Elles savaient que ce n'était pas leur faute,... mais elles ont dû supporter le fardeau qui leur était imposé.

«Je pense que le capitalisme est une brute qui a besoin d'instruction. C'est un peu comme une bête à qui on doit expliquer comment se comporter»

Bono

Les gens sont en colère contre la mondialisation, en particulier dans certaines communautés. Nous savons que la mondialisation a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté. Et cela a été bon pour l'économie en général, mais tout le monde n'en a pas profité. Je pense que le capitalisme est une brute qui a besoin d'instruction. C'est un peu comme une bête à qui on doit expliquer comment se comporter. On ne peut pas le laisser nous dicter notre conduite. Je pense que c'est ce qui se passe pour le moment. Nous sommes en pleine réinitialisation, et je pense vraiment que ce sera temporaire. Nous retrouverons une société dans laquelle les gens se font confiance. Les gens parlent de post-vérité, de post-faits... Nous nous trouvons peut-être dans une ère de post-confiance, et je pense qu'il sera primordial de rétablir cette confiance. Pour rétablir la confiance, nous avons besoin du storytelling.

À votre avis, pour rétablir la confiance, la philanthropie sauvera-t-elle le monde ou la politique s'en chargera-t-elle?

Bill GATES. - Eh bien, la philanthropie représente une très petite partie de l'économie mondiale. Même aux États-Unis, où nous disposons d'une large base composée de personnes de tous niveaux, la philanthropie représente 2 % de l'économie. Cependant, elle peut jouer un rôle très spécial. Parfois, on fait face à des problèmes qu'aucune institution du secteur privé ne peut résoudre, comme la malaria. Souvent, ces problèmes nécessitent une créativité et une prise de risque que les gouvernements ne sont pas forcément capables de vous offrir. La philanthropie peut financer d'excellentes solutions, dont beaucoup de nouveaux vaccins en cours d'élaboration. Nous avons réussi à devancer les gouvernements en la matière. Cependant, quand il s'agit d'intervenir à l'échelle - de quoi parlons-nous? - éducation des filles, systèmes agricoles, stabilité, justice, nous sommes totalement dépendants des gouvernements. Les grands acteurs de ce monde sont donc le secteur privé et les gouvernements. Vous savez, la philanthropie, c'est ma vie, mais tout bien considéré, c'est seulement une note de bas de page. Elle conduit des essais pilotes qui peuvent aider les deux grands secteurs à mieux fonctionner.

M. Gates, certaines personnes pensent que vous investissez beaucoup d'argent via la Fondation parce que vous en avez un retour. Pourquoi faites-vous ça?

Bill GATES. - Pour moi, toutes les vies ont autant de valeur l'une que l'autre, et c'est ça qui me motive à financer les vaccins ou médicaments contre la malaria, les voyages de Melinda au Mali, ses rencontres avec les mères afin de comprendre quels sont leurs besoins en matière de contraception ou l'étude des soins de santé primaires au nord du Nigeria. Voilà comment nous dépensons notre argent. Nous avons fait de l'argent, vous savez que Microsoft a eu beaucoup de succès, fourni à peu près la moitié des ressources pour la Fondation, et c'est désormais un moyen pour nous de rendre la pareille. Il n'y a aucune autre raison. C'est un travail très agréable, ça se passe très bien. C'est pourquoi j'aime travailler de longues heures. Car je suis enthousiaste devant les progrès réalisés.

Bono, quelle est votre motivation personnelle dans ce combat?

BONO. - Se dire que toutes les vies humaines ont la même valeur - c'est la base de tout. Si nous sommes capables d'assister au gaspillage du potentiel humain sans rien faire, c'est que nous ne croyons pas que ces vies sont aussi précieuses que les nôtres. Cette notion me motive. Cette idée de gaspillage du potentiel humain me met vraiment en colère. Par exemple, lorsque je vois un sans-abri dans la rue, je me dis qu'il pourrait être peintre ou joueur d'échecs. Je vois des personnes qui n'ont pas été à l'école simplement parce qu'elles ont eu de mauvais parents et une adolescence difficile...

«Si nous sommes capables d'assister au gaspillage du potentiel humain sans rien faire, c'est que nous ne croyons pas que ces vies sont aussi précieuses que les nôtres»

Bono

Je vois cela tout le temps. Je pense qu'il faut voir les choses de cette façon: nous devons voir ça comme si l'amour existait, et il existe. L'amour sert l'idée du potentiel humain. Et si l'opposé de l'amour existe, il prend plaisir à gaspiller le potentiel humain. S'aligner avec les forces de l'amour est quelque chose d'extraordinaire - pour être abstrait, si ça ne vous dérange pas - car le coup de poing que vous donnerez sera bien plus puissant que celui que de petites stars du rock ou de grands philanthropes sont capables de donner.

Vous vous alignez avec quelque chose d'autre, je pense... et est-ce que ça fait du bien? Oui, ça fait du bien d'être du bon côté de l'histoire, et la chose que nous avons tous apprise, c'est que nous pensions que la liberté, la justice pour tous, la poésie, nous pensions que toutes ces choses étaient inévitables d'une certaine façon. J'ai grandi en pensant que chaque jour était un peu mieux, respect mutuel, droits des homosexuels, droits des femmes, tout semblait avancer. Ce n'est que récemment que l'on a l'impression que tout ralentit et on se dit «Ok, le progrès n'est pas quelque chose d'acquis, et nous devons désormais nous exprimer, quelle que soit notre couleur politique. C'est désormais le moment de dire clairement où l'on veut se positionner dans cette conversation, dans cette marche morale en avant.»

Cette hausse des fausses informations vous préoccupe-t-elle?

Bill GATES. - Absolument! Non seulement les fausses informations, et c'est un problème, mais l'idée d'un centre commun, où les gens lisent tous les mêmes choses et ne voient pas que des choses avec lesquelles ils sont d'accord. Vous savez, c'est une critique de la liberté numérique, qui permet parfois aux gens de cloisonner l'information. Je pense que ça oblige même les personnes qui voient la technologie comme une chose merveilleuse à réfléchir à la façon de l'aborder. Je pense que ces systèmes sont autocorrectifs, que ces fausses informations vont mener les gens à des impasses, mais ne vont pas les engloutir. Mais c'est intéressant de voir que cela fait l'objet d'autant de discussions.

«Je ne pense pas que le futur repose sur des hommes forts. Je pense qu'il repose sur des femmes instruites»

Bono

BONO. - J'ai tendance à faire confiance à la direction que prennent les technologies de l'information, à savoir vers l'information et une meilleure information. Pour le moment, nous nous voyons imposer des informations de mauvaise qualité sans que nous ne disposions d'un mécanisme correctif. Je pense que ces mécanismes de correction seront intégrés aux systèmes. En fait, comme il existe des vérités empiriques, vérifier les faits ne devrait pas être si compliqué que ça. Et je le remarque. D'une certaine façon, on dirait que ces fausses informations sont confrontées à un retour de flamme. Des sites de vérification sont déjà en train d'émerger. Les gens commencent à acquérir une bonne connaissance de ces sites. Cependant, c'est au contrôle de l'information qu'il faut faire attention, car il peut se faire de deux façons: en stoppant l'accès à l'information - les autocrates et leurs semblables s'y essaient - ou par la désinformation. Nous devons surveiller cela de près, car la vérité risque de perdre toute crédibilité. C'est extrêmement dangereux. Mais au final, je ne pense pas que le futur repose sur des hommes forts. Je pense qu'il repose sur des femmes instruites.

Pensez-vous que nous pouvons éradiquer la malaria?

«Alors oui, je travaillerai à l'éradication des maladies infectieuses pour le restant de ma vie»

Bill Gates

Bill GATES. - Éradiquer la polio sera un immense triomphe pour tous les systèmes de santé internationaux, et cela renforcera la crédibilité de tout ce que nous faisons. Je pense en particulier que cela renforcera les efforts que nous allons déployer au cours des prochaines décennies pour éradiquer la malaria. Au cours de la première décennie, nous allons nous attaquer à des régions particulières, l'Amérique du Sud, l'Afrique du Sud et l'Asie du Sud-Est, afin de prouver que nous pouvons éradiquer la malaria à l'échelle régionale. Ces régions ne sont pas aussi complexes que l'Afrique centrale, mais si nous parvenons à les nettoyer et que nos outils continuent à se perfectionner, notre compréhension ne pourra que s'améliorer. Au cours de la deuxième décennie, nous nous concentrerons sur l'Afrique équatoriale, où la malaria est la plus fortement enracinée. Alors oui, je travaillerai à l'éradication des maladies infectieuses pour le restant de ma vie - je ne saurai assez insister sur le fait que la science va nous donner des outils toujours plus perfectionnés. Vous savez, nous devons défendre notre financement, c'est important, mais nous serons bien mieux armés dans cinq ans, dans dix ans. C'est très stimulant.

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Le fondateur d'eBay investit dans un revenu universel au Kenya

Pierre Omidyar, le fondateur d'eBay.

Par Elisa Braun, Publié le 10/02/2017

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Pierre Omidyar, fondateur d'eBay et multimilliardaire, a investi près de 500.000 dollars dans un projet de revenu universel à destination de milliers de Kenyans.

L'idée de revenu universel séduit des figures notoires de la Silicon Valley. Pierre Omidyar, fondateur d'eBay et 54e fortune mondiale, est l'une des dernières à lui avoir apporté son soutien. Sa fondation Omidyar Networks vient d'investir 493.000 dollars dans un projet de revenu universel prochainement expérimenté au Kenya, et piloté par GiveDirectly. Cette organisation souhaite verser 30 millions de dollars à près de 26.000 Kenyans, grâce à un financement participatif en ligne. Elle a déjà recueilli 23,7 millions de dollars à ce stade.

Parmi les bénéficiaires du projet, 6000 Kenyans recevront 0,75 dollar mensuel pendant 12 ans, soit la moitié du revenu moyen d'un adulte dans les zones rurales du pays. Cette somme est en-dessous du seuil de pauvreté, fixé à 1,90 dollar par jour en 2015 par la Banque mondiale. Des économistes du MIT ou de Princeton travailleront en partenariat avec les responsables de l'initiative afin de réaliser des études d'impact dès la première année du projet.

Un nouveau moyen d'expansion pour la Silicon Valley

Depuis quelques années, l'opulente Silicon Valley se fascine pour le revenu universel. L'ambition d'accorder à chacun une somme de base découle notamment de l'idée que les machines vont finir par remplacer de nombreux travailleurs ou alléger le temps de travail. «Le revenu universel a le potentiel de nous redonner la liberté de choisir notre travail et notre vie», plaident les partisans de l'Economic Security Project, un groupe de réflexion sur le revenu universel financé à hauteur de 10 millions de dollars par des PDG et des business angels californiens. Si l'idée rencontre un tel succès auprès de ces riches entrepreneurs, c'est aussi parce qu'elle rejoint l'idéologie libertarienne, répandue du côté de la Silicon Valley.

Give Directly soutient pour partie cette idéologie. Ses cofondateurs, les économistes Michael Faye et Paul Niehaus, s'opposent à l'adage selon lequel il vaut mieux apprendre à pêcher à un homme qui a faim, plutôt que de lui donner du poisson. «L'implicite pêché d'orgueil, derrière ce dicton d'‘apprendre à pêcher', réside dans le fait que nous pensons être de bons pêcheurs. C'est faux», soutient Paul Niehaus. Plutôt que d'apprendre aux Kenyans à croître économiquement, GiveDirectly veut donc leur transmettre l'argent et les «laisser faire», pour créer de la valeur économique et assister à l'amélioration des conditions de vie du pays en développement.

L'instauration du revenu universel a aussi des ambitions lucratives pour ses investisseurs. Les cofondateurs de GiveDirectly, Michael Faye et Paul Niehaus, se trouvent être aussi chefs d'une entreprise de transfert d'argent, Segovia Technology. La fondation a elle-même investi 10 millions de dollars dès le lancement de l'opération de revenu universel kenyanne. Omidyar Networks est de son côté la branche lucrative du vaste organe de «capital-risque philanthropique» de Pierre Omidyar. Son groupe est lié à «Better than Cash Alliance», un regroupement d'acteurs cherchant à promouvoir les moyens de paiement électroniques dans les pays en développement. L'organisation est également soutenue par les établissements bancaires Citi, Mastercard et Visa.

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L'argent, maladie de l'âme

Jean-Claude Guillebaud, journaliste, écrivain et essayiste publié le 13/02/2017

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Profitons de l’affaire Fillon pour élargir le débat. Cette désolante histoire illustre une maladie bien plus générale : celle de l’argent. Des chiffres fous sont périodiquement rendus publics. Ils concernent ce fameux 1% de possédants qui détiendraient autant de richesse que les 99% d’humains restant. Et sans complexe. Aujourd’hui – en Chine, en Russie, comme en Europe ou aux États-Unis – les riches, non contents de confisquer la richesse planétaire, affichent leur voracité comme des champions exhibent leurs trophées. Du coup, on n’ose plus se moquer d’eux. Dans le passé pourtant, les ancêtres de Charlie Hebdo ne s’en privaient pas. Pensons au grand caricaturiste que fut le peintre et sculpteur Honoré Daumier au XIXe siècle. Publiés dans le journal La Caricature puis dans Le Charivari, ses portraits à charge des possédants, des bourgeois louis-philippards et des rentiers contents d’eux-mêmes valurent au dessinateur des ennuis avec la justice.

Daumier, il est vrai, n’oublia jamais de prendre la défense des pauvres et des « opprimés ». Au début du XXe siècle, c’est l’hebdomadaire L’Assiette au beurre qui prit le relais pour dénoncer, par le rire, l’ordre établi et – surtout – les nantis. Et maintenant ? Si l’époque se moque volontiers des hommes politiques, du pape, des profs, des magistrats, de Johnny Hallyday, de l’armée, de l’Académie française, du mariage, de l’abbé Pierre ou des paysans, elle se défile, sauf exception, devant la vraie, la seule puissance du moment. On peut rire de tout, sauf d’une chose : l’argent. Ce n’est pas un détail.

Ohé, Daumier ou Villon ! Ohé Molière, Ohé la presse anarchiste et les autres… Dans la France de 2017, oublieuse de cet irrespect fondateur, plus grand monde n’ose ironiser sur les « bourgeois », comme les chantait Jacques Brel. La dévotion qu’inspire l’argent est pesante comme une étiquette, elle est d’essence religieuse. L’adorateur du compte en banque est le seul bigot contemporain que la modernité hésite à ridiculiser. Chaque époque a le sacré qu’elle mérite. Et pourtant, sur le sujet, c’est fou comme on bavarde.

Prenons un exemple. Voilà très longtemps que la même question revient périodiquement dans les médias. Je parle du cynisme insensé de quelques (je dis bien « quelques ») grands patrons, victimes de cette maladie de l’âme qu’est la rapacité. Et, à chaque fois, le débat reprend dans les mêmes termes. On échange des arguments dont on connaît depuis longtemps la fausseté, avant de l’oublier de nouveau. Je pense à cette réponse qui consiste à évoquer la règle du marché : si ces grands patrons sont surpayés, c’est parce que le marché juge qu’ils le méritent. L’argument est mensonger : leur nomination résulte, en réalité, de cooptations feutrées. On est entre soi. Et bien rares sont les assemblées générales d’actionnaires qui s’opposent – quand il est déraisonnable – au montant dudit salaire.

Alors, tous les trois ou quatre ans chez nous, le débat reprend comme une ritournelle. Les éditorialistes se querellent, les ministres froncent les sourcils. Et puis, très vite, la vie reprend son cours. En ­arrivera-t-on, un jour ou l’autre, à juguler cette maladie-là ? On n’en prend pas le chemin.

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Klaus Schwab, le directeur du Forum de Davos est devenu le maître des maîtres du monde

Par Jean-Pierre Robin
Publié le 16/01/2017 à 10h42 <<<<<<<<<<<<<<<<LFP<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

 

Le professeur Schwab organise depuis 47 ans le Forum économique mondial, accueillant les patrons et les chefs d'État les plus puissants de la planète. Les «maîtres du monde» ont trouvé leur chef.

Tous les hommes recherchent le bonheur, sans exception, et il leur arrive d'y nager, comme le bébé dans le ventre maternel. Klaus Schwab, le fondateur et directeur du Forum économique mondial de Davos s'apprête à éprouver un bonheur magique quand il recevra, mardi 17 janvier, le président chinois pour la première fois à Davos. Sa phrase d'introduction est toute prête: «Excellence, Mesdames et Messieurs c'est un très grand honneur d'accueillir au World Economic Forum, le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping».

C'est la formule rituelle pour présenter les personnalités les plus prestigieuses et Klaus Schwab ne laisserait à personne cette tâche élémentaire et essentielle. Lui dont l'anglais est parfait, s'évertue à prononcer «Foroum» à l'allemande, sa langue maternelle en tant que natif du Bade-Wurtemberg .

À trois jours de l'intronisation de Donald Trump à Washington, il ne pouvait rêver plus belle affiche pour inaugurer les débats du Forum 2017, qui en est à sa 47ème édition annuelle. Cela n'avait rien d'évident. Il aura fallu ni plus ni moins avancer d'une semaine les dates du congrès qui se tenait habituellement dans les derniers jours de janvier. Ce calendrier avait le gros inconvénient de se télescoper avec le Nouvel An chinois (28 janvier cette année) qui empêche les plus hauts dirigeants de quitter leur pays en cette période.

Qui d'autre connaît personnellement autant de chefs d'État ou de gouvernement de la planète? Il ne cesse de les démarcher pour les inciter à venir dans la station des Grisons, avec cet argument irrésistible: «Vous pourrez vous adresser aux patrons des mille entreprises mondiales les plus essentielles». Sarkozy (2010 et 2011) et Hollande (2015) ont fini par céder, après plusieurs rencontres préalables en tête à tête à Paris, tant l'image de «Davos temple de la mondialisation libérale» semble dérangeante pour un politique français. «Poutine, je l'ai rencontré il y a vingt-cinq ans, et nous avons parlé en allemand», confie-t-il pour montrer son intimité avec l'homme fort de la Russie à l'importance grandissante sur l'échiquier international.

Premier congrès à l'été 1971

Ces dialogues d'égal à égal avec les puissants de ce monde n'étaient pourtant pas inscrits dans les astres pour cet ingénieur et économiste, formé en Allemagne et en Suisse, avant de passer par la Harvard Business School. Il a commencé sa carrière professionnelle comme professeur de management industriel à la fin des années 1960 à l'université de Genève où il a enseigné jusqu'en 2002. «Au premier congrès de Davos, à l'été 1971, nous étions bien peu nombreux, entre cent et deux cents, des chefs d'entreprise et des professeurs de gestion, pour ce qui s'appelait alors le Symposium européen du management», se souvient un industriel français.

Le professeur Schwab avait demandé le soutien de Raymond Barre, qui était Vice-Président de la Commission européenne à Bruxelles. Celui-ci donna son accord, à la condition expresse que la manifestation se tienne sur le territoire de la Communauté européenne. «Mais Monsieur le Commissaire, la Suisse se joindra bientôt aux institutions européennes!» avait répliqué Schwab qui en rit encore. On connaît la suite. Le tropisme helvétique pour le grand large et sa méfiance vis-à-vis de tous ses riverains font que la Suisse est restée à l'écart de l'UE.

1987: Le symposium rebaptisé World Economic Forum

Pour sa part Klaus Schwab en tire la leçon et décide en 1987 de transformer son Symposium européen de management en World Economic Forum. Avec cette devise ambitieuse un peu kitsch Committed to improving the state of the world (engagé pour améliorer l'état du monde). Tout en élargissant son horizon, le professeur de Genève est persuadé que les recettes du management peuvent s'appliquer avantageusement à d'autres domaines que l'entreprise. C'est ce qu'il appelle «les 3 B- Bounding, Binding, Building», autrement dit «créer un cadre, établir des liens, construire».

Le centre des congrès du Forum de Davos
Le centre des congrès du Forum de Davos - Crédits photo : RUBEN SPRICH/REUTERS

Voilà le secret du consensus. Et cela peut faire des merveilles, au moment où le monde est en pleine reconfiguration après la chute du mur de Berlin et l'éclatement de l'URSS au début des années 1990. Davos devient la plate-forme idéale pour faire se rencontrer les dirigeants des pays émergents ou en transition (les ex-communistes) d'un côté, et de l'autre les capitalistes, les banques d'affaires américaines tout particulièrement, qui sont prêts à les financer.

Mieux, «Professor Schwab» se met à jouer les entremetteurs capables d'amener les frères ennemis à se parler. En 1992 il invite dans les neiges des Grisons le président sud-africain Frederik de Klerk et Nelson Mandela, prélude à la réconciliation historique de l'Afrique du Sud. De même on y voit Simon Pérès, alors ministre des Affaires étrangères israélien, converser amicalement avec Yasser Arafat, le président de l'autorité palestinienne.

«Faisons du commerce, pas la guerre»

Les rumeurs vont bon train, Klaus Schwab viserait-il le Prix Nobel de la Paix, voire le secrétariat des Nations Unies? Les années 1990 sont celles de la mondialisation heureuse, avec ce slogan, détourné de la contre-culture américaine, «faisons du commerce, pas la guerre». Bill Clinton, qui a toujours été fan de Davos, pendant sa présidence et après, y exprime son enthousiasme pour l'internet et les technologies de l'information, «un changement économique fondamentalement merveilleux» (sic).

Les grands patrons de multinationales applaudissent au nouvel ordre libéral international . «La mondialisation inverse le slogan de Karl Marx, Travailleurs de tous pays unissez-vous, en, Travailleurs du monde entier entrez en concurrence», proclame au début des années 2000 Percy Barnevik , le patron suédois d'ABB. Le Forum de Davos acquiert sa réputation de repaire des «global leaders» fiers d'eux-mêmes et dominateurs, de maîtres du monde, dit-on en Français, avec une pointe moqueuse.

Klaus Schwab a toujours tenu quant à lui à se distancier de cette foire aux vanités dont il est pourtant le Monsieur Loyal tout puissant et respecté. «Il faut une réforme du système capitaliste. Les gens ne s'y identifient pas en raison de trois sortes de défaillances: la corruption, le court- termisme des acteurs, des mécanismes fondés sur la méritocratie qui en tant que tels engendrent des gagnants et des perdants, or les premiers tendent à se désintéresser totalement du sort des seconds!», expliquait-il de façon incisive lors d'un récent passage à Paris.

Son cœur penche pour le capitalisme rhénan, pour l'économie sociale de marché à l'allemande, sa culture d'origine, où tous les «stake holders» (les parties prenantes, dont les salariés) sont pris en compte, et pas seulement les «stock holders» (les actionnaires). «J'ai fait adopter une déclaration dans ce sens dès 1973», aime-t-il à rappeler.

Il a banni toute indication d'année de naissance sur les biographies des participants au Forum

Mais la raison et ses admirations le portent vers les prouesses et les innovations technologiques de l'Amérique dont il est un observateur attentif et particulièrement bien informé. Ce qu'il appelle La Quatrième révolution industrielle , titre de son nouveau livre, dont la traduction française est publiée ces jours-ci. Sans doute la meilleure introduction aux transformations économiques et sociales de la révolution numérique.

À 78 ans - il en paraît dix de moins - il ne cache pas sa fascination pour la voiture autonome, sans chauffeur, qu'il a personnellement expérimentée en Californie. Ce sosie de l'acteur réalisateur Erich von Stroheim a horreur qu'on évoque l'âge des gens, au point de bannir toute indication d'année de naissance sur les biographies des participants au Forum.

Chacun a l'âge de ses artères et de ses neurones. Une demi-heure de natation quotidienne dans sa maison de Cologny, le faubourg huppé de Genève, et une boulimie de rencontres et de lectures suffisent à entretenir sa forme physique et intellectuelle. «Le bonheur , c'est faire ce que l'on veut et vouloir ce que l'on fait.». Cette règle de vie énoncée par Françoise Giroud lui convient parfaitement.

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Canada : le gendarme de l'éthique enquête sur les vacances de Justin Trudeau

Le 16/01/2017 <<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<RT<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<<

La commissaire à l'éthique du Canada a annoncé l'ouverture d'une enquête sur les vacances de fin d'année controversées du Premier ministre Justin Trudeau sur l'île privée du philanthrope milliardaire et leader spirituel Aga Khan.

Dans une lettre à un membre de l'opposition obtenue par l'AFP, le commissaire à l'éthique Mary Dawson révèle qu'il enquête sur les vacances du Premier ministre pour déterminer si ce dernier a enfreint les règles morales en acceptant de se rendre sur une île dans l'hélicoptère privé de l'Aga Khan et de se faire offrir ses vacances par le milliardaire.

Justin Trudeau, qui avait dans un premier temps gardé secret les détails de son déplacement, a finalement reconnu avoir passé ses vacances de fin d'année sur une île des Bahamas en compagnie de sa famille, du président du Parti libéral, d'un parlementaire libéral et de leurs épouses.

La fondation Aga Khan a reçu des centaines de millions de dollars du gouvernement et est enregistrée comme groupe de pression auprès de ce dernier, faisant craindre à certains des conflits d'intérêt.

La loi canadienne sur les conflits d'intérêt interdit aux ministres en fonction d'accepter des cadeaux. Les voyages offerts font spécifiquement partie des activités interdites aux élus.  

Justin Trudeau s'est défendu face à l'opposition la semaine dernière en répétant que ce séjour était «un voyage familial personnel», et que l'Aga Khan était un «ami de longue date» de sa famille.

Au cours d'une tournée autour du Canada visant à renouer avec son électorat, le Premier ministre a admis le 16 janvier que certains de ses concitoyens étaient «préoccupés» par ces vacances et ajouté qu'il serait «heureux de répondre à toutes les questions» du commissaire à l'éthique.

S'il était trouvé coupable, Justin Trudeau serait le premier chef de gouvernement canadien à enfreindre les règles d'éthique fédérales.

Le Premier ministre s'expose à une simple réprimande mais cette sanction risquerait d'entacher la réputation du dirigeant libéral qui a fait de l'éthique une règle d'or de son gouvernement.

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Klaus Schwab, le directeur du Forum de Davos est devenu le maître des maîtres du monde

COMMENTAIRE RELEVE :

Marino ESCOFFIER

Les huit hommes les plus riches du monde possèdent autant que 50% des habitants de la planète

Un chiffre «au-delà du grotesque» annonce l'ONG Oxfam, qui publie un rapport alarmant sur la progression des disparités dans le monde alors que s'ouvre le Forum économique mondial de Davos.

C'est un rapport sans appel que vient de publier l'association Oxfam alors que s'ouvre ce 15 janvier le Forum économique mondial à Davos, en Suisse : les huit personnes les plus riches du monde possèdent autant à elles seules que les 50% les plus pauvres des habitants de la planète (soit 3,6 milliards de personnes).

Un chiffre «au-delà du grotesque» selon l'ONG qui dénonce une «concentration injuste et surtout dangereuse» des richesses mondiales. A titre d'exemple, le fondateur de Microsoft Bill Gates, l'homme le plus riche du monde, détient près de 400 milliards de dollars, soit le PIB annuel de pays comme la Belgique, la Suède ou l'Autriche.
Outre Bill Gates, on retrouve parmi les huit personnes les plus riches du monde Amancio Ortega, fondateur de Zara, Warren Buffett, investisseur américain, Carlos Slim Helú, magnat de la téléphonie mexicain, Jeff Bezos, créateur d'Amazon, Mark Zuckerberg, patron de Facebook, Larry Ellison, PDG de l'entreprise américaine Oracle, et Michael Bloomberg, l'ancien maire de New York.
Le capitalisme doit être réformé d'urgence, s'affole le Forum économique mondial

16/01/2017 à 12h41

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Six ans après un premier essai, le clan Murdoch rachète Sky

21st Century Fox fait une offre de 14 milliards d’euros pour acquérir 100 % du premier bouquet de télévision satellite d’Europe.

 

Le magnat Rupert Murdoch entouré de ses fils, Lachlan et James, à l'église St-Bride

...le lendemain de son mariage avec le mannequin Jerry Hall ... mars 2016

LE MONDE ECONOMIE |

Le clan Murdoch n’abandonne jamais. Depuis six décennies, Rupert Murdoch, le magnat de la presse américano-australien, désormais âgé de 85 ans, poursuit ses proies inlassablement, construisant son empire médiatique à coup d’acquisitions.

Son fils cadet, James, 43 ans, semble en avoir pris de la graine. Sous son impulsion, 21st Century Fox, le groupe familial, a annoncé, jeudi 15 décembre, le rachat de l’intégralité de Sky, le bouquet de télévision satellite européen dont il possède déjà 39 %. Il y a cinq ans, il avait fait une offre similaire qu’il avait dû abandonner, humilié, en plein scandale. L’offre, d’un montant de 14 milliards d’euros, valorise le groupe à 22,1 milliards d’euros.

 
 

Une vache à lait très tentante

Il s’agit d’une revanche pour James Murdoch. Le rejeton, facilement cassant et arrogant, a longtemps été à la tête de Sky, « son bébé », selon Claire Enders, qui dirige le cabinet Enders Analysis et suit le clan Murdoch depuis trente ans. Il a toujours rêvé de voir l’empire familial prendre le contrôle complet du bouquet satellite.

Ce dernier, avec son cocktail de matchs de football et de films hollywoodiens ainsi que des offres d’accès à Internet et de téléphonie, compte 22 millions d’abonnés au Royaume-Uni, en Irlande, en Italie, en Allemagne et en Autriche. Il est extrêmement rentable, particulièrement outre-Manche. En 2015, son chiffre d’affaires était de 12 milliards de livres, avec une marge opérationnelle de 13 %. Mettre la main sur l’intégralité de cette vache à lait était très tentant.

James Murdoch avait lancé une première offensive en 2010, malgré les réticences de son père. Mais l’offre était intervenue au moment de « l’affaire des écoutes téléphoniques » : après une longue enquête, le Guardian avait révélé que le tabloïd dominical News of the World, qui appartenait au clan familial, avait régulièrement recours à des détectives privés pour écouter illégalement les messageries téléphoniques de ses proies. Ces dernières pouvaient être les starlettes du moment, des membres de la famille royale, des hommes ou femmes politiques ou même des victimes de faits divers. Au total, des centaines de personnes avaient été mises sur écoute.

Un contexte différent de 2010

Le scandale a servi de levier aux nombreuses personnes qui s’inquiétaient de la toute-puissance de Rupert Murdoch, connu pour intimider la classe politique depuis des décennies. Au Royaume-Uni, le papivore possède le Times, le Sun et contrôle donc 39 % de Sky et Sky News, sa chaîne d’information en continu. Ainsi, autoriser une mainmise encore plus forte de la famille Murdoch sur le paysage médiatique aurait été extrêmement difficile pour le gouvernement britannique.

L’affaire, explosive, a connu des rebondissements pendant des mois, jusqu’à ce que la famille ne jette l’éponge, en juillet 2011. Rupert Murdoch et son fils ont ensuite été traînés à plusieurs reprises devant des comités parlementaires et des comités d’enquête publique, forcés de se justifier, eux qui ont l’habitude de régner en maîtres.

Aujourd’hui, la situation est différente, estiment les analystes. « Je ne pense pas qu’ils rencontreront les mêmes difficultés réglementaires », explique Mme Enders. Sur le papier, les deux offres ne sont pas directement comparables. Après l’affaire, Rupert Murdoch a divisé son empire en deux. D’un côté se trouve l’audiovisuel, la partie la plus rentable, regroupé dans 21st Century Fox : il comprend Fox News, les studios de cinéma 20th Century Fox, National Geographic Channel, la boîte de production Endemol… De l’autre côté se situent les journaux, rassemblés sous le nom de News Corp : The Wall Street Journal, New York Post, The Times, The Sun… Théoriquement, le propriétaire de 39 % de Sky n’est donc plus le même que celui des journaux britanniques de la famille.

Raisons financières et sentimentales

Certes, Rupert Murdoch et son fils aîné Lachlan président les deux groupes, qui sont contrôlés en dernier ressort par le clan familial. Mais le gouvernement britannique aura beaucoup de mal à bloquer l’acquisition au nom de la pluralité de la presse.

Pourquoi cette volonté inoxydable de s’emparer de Sky ? La réponse est bien sûr financière : le premier bouquet satellite d’Europe a rapporté l’an dernier un flux de trésorerie de plus de 2 milliards d’euros. Mais elle est aussi sentimentale. Si Rupert Murdoch a créé Sky en 1989, James Murdoch en a fait un succès retentissant. Depuis son arrivée à la direction générale, en 2003, à tout juste 30 ans, « il en a fait une entreprise qui grandit de 5 % par trimestre, sans interruption », constate Mme Enders.

Les journaux, que son père adore, l’ennuient. Lui aime les écrans et a compris très tôt le pouvoir d’attraction de la télévision à péage et la convergence avec Internet. Restait à trouver le bon moment. La chute de 30 % de l’action de Sky depuis un an l’a offert. Les actionnaires n’ont pas aimé l’achat des droits de la Bundesliga, le championnat allemand de football, à un prix jugé trop élevé. Et la perspective du Brexit, qui a fait chuter la livre sterling de 16 % fait au dollar, a encore fait baisser le prix à débourser. Si les régulateurs ne bloquent pas l’acquisition, James Murdoch tient sa revanche.

 
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«De Jimi Hendrix à Bill Gates» par Eric Zemmour

Par Eric Zemmour 649 abonnés
Publié le 07/12/2016 à 14h20>>>>>>>>>>>>>le fig>>>>>>>>>>>>>>

LA CHRONIQUE D'ÉRIC ZEMMOUR - Dans La silicolonisation du monde, Éric Sadin livre une analyse fort critique des nouvelles technologies et de leur domaine d'élection : la Californie. Un contrepoint utile et contestable à la fois.

 Ils sont les dieux de notre époque. Ils en ont la gloire et la toute-puissance ; il ne leur manque que l'immortalité, mais comptent bien régler ce petit détail dans les années qui viennent. Ils règnent au paradis - autrement dit en Californie - d'où ils ont d'ailleurs chassé tous les pauvres humains assez minables pour avoir besoin de travailler pour vivre. Le travail, c'est bon pour les esclaves chinois qui fabriquent leurs créations divines, reliques sacrées de notre époque. Ici, en Californie, on ne travaille pas, on a des idées qui changent le monde, qu'on a mises au point dans des garages, nouveaux buissons ardents où le Dieu de la Science parle aux Moïse de notre temps. La légende est écrite et elle est aussi enluminée que celle de la Bible.

Le «même processus de décivilisation»

Elle s'étale dans tous les journaux, magazines, livres, sur tous les écrans. Les Steve Jobs, Bill Gates, Marc Zuckerberg sont désormais plus connus et adulés que les stars de Hollywood. La menace des Google, Apple, Facebook, Amazon, le fameux Gafa, est plus redoutée que les armées les plus puissantes.

Ce regard critique, très critique, sur nos nouveaux maîtres du monde, est passionné et passionnant.

Les politiques de tous les pays leur font allégeance. La Silicon Valley n'est pas une «économie-monde» chère à Braudel, mais «un concept-monde». Ce n'est pas la suite historique des grandes cités qui ont tenu l'économie mondiale dans leurs mains, Gênes, Venise, Amsterdam, Londres, New York, mais une colonisation sans armes, par la fascination qu'elle exerce sur les colonisés volontaires que nous sommes tous, et qui achève - au double sens d'accomplir et de terminer - le processus de mondialisation. Dans son analyse de la «silicolonisation du monde», Éric Sadin fait feu de tout bois, historique, économique, sociologique, psychologique et même psychanalytique. Ce regard critique, très critique, sur nos nouveaux maîtres du monde, est passionné et passionnant. Dommage que l'auteur, qui se voit comme un «lanceur d'alerte», se regarde écrire et laisse sa prose s'alourdir au fil de ses théorisations et de ses indignations. Dommage aussi qu'il atteigne si vite et si souvent le fameux point Godwin et que la comparaison avec le nazisme revienne en boucle, alors que, si notre auteur tenait absolument à dénoncer la tentation totalitaire de ce «libéralisme numérique», il avait à sa disposition le modèle communiste qui lui ressemblait bien davantage: même (faux) égalitarisme, même (fausse) absence de hiérarchie, même progressisme, même refus (apparent) de l'argent. Même «antihumanisme radical contre l'autonomie de jugement et de libre choix». Mêmes «fantasmes d'une économie “déhiérarchisée”, d'une démocratie “horizontale” et d'une fin “fukayamesque” de l'histoire». Même «processus de décivilisation».

Un contrepoids à la propagande médiatique

Sadin analyse avec une rare pertinence la pulsion libidinale, la volonté de toute-puissance, qui anime nos nouveaux maîtres du monde. Mais en quoi est-elle différente de celle des géants de la Renaissance? Et celle des Luther, Calvin, Robespierre?

Éric Sadin nous plonge pour notre plus grand plaisir dans une généalogie de notre révolution numérique, qui fut d'abord révolution musicale, générationnelle, où les drogues faisaient bon ménage avec toutes les libérations: les campus californiens, les concerts des Grateful Dead, de Jimi Hendrix ou des Rolling Stones sont les vrais ancêtres des Steve Jobs et autres Bill Gates.

Le vote Trump, après le Brexit, fut la revanche des manants contre les nouveaux seigneurs.

L'échec politique de la révolution des années 1960 conduisit certains de ses adeptes à poursuivre les mêmes objectifs subversifs de destruction des structures traditionnelles, famille, nation, Églises, frontières, patriarcat, etc., et d'avènement d'un monde meilleur par d'autres moyens: l'informatique.

Le livre d'Éric Sadin est un utile contrepoids à la propagande médiatique: tout ce qui nous est servi d'habitude avec des trémolos dans la voix - voiture sans chauffeur, transhumanisme, capteurs numériques, intelligence artificielle, etc. - est vu comme l'émergence d'«une organisation automatisée du monde qui disqualifie l'action humaine au profit d'un être computationnel jugé supérieur». Un totalitarisme qui ne vise pas «l'extinction de la “race humaine” mais l'éradication de la “figure humaine”».

La fureur humaniste de notre auteur a quelque chose de sacré et de respectable ; a le mérite de nous pousser dans nos retranchements: quand il nous explique que nos consommations seront dictées par des capteurs numériques en fonction de nos pulsions intimes, ce ne sera rien d'autre qu'une sophistication ultime des méthodes publicitaires. Quand il nous prévient qu'ainsi «la figure historique du consommateur s'efface», nous pouvons aussi voir cet effacement comme la fin d'une aliénation.

Une résistance déjà commencée

Sadin voit bien dans l'économie numérique «l'acmé du positivisme tenant la rationalité technoscientifique comme le vecteur privilégié du perfectionnement de l'organisation des sociétés». Le fil est tendu droit des émules de Saint-Simon aux héritiers de Steve Jobs. Mais il oppose la «quête de l'infinité» de ceux-là à la «quête de l'illimité» de ceux-ci sans qu'on comprenne bien la distinction. Il analyse fort pertinemment la tenaille qui menace nos sociétés occidentales: «Deux pathologies aujourd'hui coexistent. Celle de Daech et celle du technolibertarisme. L'une comme l'autre promettent la suppression de toutes les imperfections du monde et de la vie. Toutes deux relèvent d'un millénarisme… L'une est à juste titre considérée comme une maladie mortelle, l'autre comme un remède à tous nos maux.» Mais pourquoi parler de pathologies? Pourquoi psychiatriser des phénomènes historiques, pour mieux les diaboliser?

Éric Sadin appelle à la résistance contre la «silicolonisation du monde» sans se rendre compte qu'elle ne l'a pas attendu pour être lancée. Le vote Trump, après le Brexit, fut la revanche des manants contre les nouveaux seigneurs, dans une nouvelle version de la bonne vieille lutte des classes. Les patrons californiens des nouvelles technologies ne s'y sont pas trompés, qui avaient tous pris parti pour Hillary Clinton. Mais notre distingué «lanceur d'alerte» ne sera peut-être pas ravi de coudoyer les «rednecks de l'Amérique profonde, tous ces “déplorables”», comme disait Hillary Clinton, qu'ils soient d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique.

La silicolonisation du monde, Éric Sadin, Éditions l'Échappée, 272p, 17€.